{"id":919,"date":"2005-09-19T18:59:07","date_gmt":"2005-09-19T18:59:07","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/2005\/09\/19\/la-condition-humaine\/"},"modified":"2020-11-13T19:15:31","modified_gmt":"2020-11-13T18:15:31","slug":"la-condition-humaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/2005\/09\/19\/la-condition-humaine\/","title":{"rendered":"La condition humaine"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Le probl\u00e8me rencontr\u00e9 par l&rsquo;Humanisme M\u00e9thodologique c&rsquo;est que les questions qu&rsquo;il \u00e9claire sont souvent \u00ab\u00a0oubli\u00e9es\u00a0\u00bb des intellectuels tout en \u00e9tant l&rsquo;enjeu des probl\u00e8mes les plus cruciaux de notre \u00e9poque et de nos contemporains. Par exemple la pauvret\u00e9 des analyses sur le travail, l&rsquo;\u00e9conomie ou sur la mondialisation n&rsquo;ont d&rsquo;explication que dans la pauvret\u00e9 de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la question de l&rsquo;homme et de la condition humaine au profit des passions conflictuelles, du tableau miroir des productions humaines, et de l&rsquo;all\u00e9geance passive aux \u00ab\u00a0processus naturels\u00a0\u00bb qui exon\u00e8rent si bien de toute exigence et de toute responsabilit\u00e9, nous laissant amputer complaisamment de notre humanit\u00e9 m\u00eame. Rencontrer la pens\u00e9e de Annah Arendt est alors r\u00e9jouissant et d\u00e9solant.<\/p>\n<p>La lecture de l&rsquo;ouvrage d&rsquo;Hannah Arendt &ldquo;The human condition&rdquo;, publi&eacute; en 1958 et traduit par : &ldquo;la condition de l&rsquo;homme moderne&rdquo;&nbsp; (Pocket Agora) m&rsquo;inspire deux sentiments contradictoires.<\/p>\n<p>D&rsquo;abord une certaine joie de la rencontre avec une pens&eacute;e dont les questions et les analyses me semblent pour une grande part si proches, si famili&egrave;res, si convergentes avec l&rsquo;Humanisme M&eacute;thodologique. Il y manque la th&eacute;orie anthropologique du Sens et des coh&eacute;rences humaines pour pouvoir dire les choses de fa&ccedil;on plus syst&eacute;matiques qu&rsquo;elle ne le fait, plus m&eacute;thodologique. L&rsquo;objet de sa pens&eacute;e ? l&rsquo;activit&eacute; humaine d&eacute;terminant diff&eacute;rents visages de la condition humaine et ses diff&eacute;rents Sens.<\/p>\n<p>Les commentateurs comme le pr&eacute;facier Paul Ricoeur semblent ne pas bien percevoir le lien avec ses travaux sur le totalitarisme ou m&ecirc;me la question de l&rsquo;esprit humain et la question des liens entre la pens&eacute;e et l&rsquo;action.<\/p>\n<p>Ses analyses du proc&egrave;s Eichmann&nbsp; convergent aussi avec cette question du Sens de l&rsquo;agir humain. Le fait qu&rsquo;il y ait tant d&rsquo;hommes ordinaires dont la vertu s&rsquo;exon&egrave;re de consid&eacute;ration humaine jusqu&rsquo;au crime administratif ou technique contre l&rsquo;humanit&eacute;, elle l&rsquo;appelle &rdquo;la banalit&eacute; du mal&rdquo;.<\/p>\n<p>C&rsquo;est alors qu&rsquo;un sentiment d&rsquo;amertume vient avec le fait que ses &eacute;clairages, ses mises en garde, sa pens&eacute;e, ne semblent avoir eu aucun effet sur ceux qui s&rsquo;int&eacute;ressent aujourd&rsquo;hui aux mouvements de la soci&eacute;t&eacute; et aux activit&eacute;s humaines.<\/p>\n<p>Comme si la pens&eacute;e, en dehors d&rsquo;&ecirc;tre &ldquo;r&eacute;fl&eacute;chie&rdquo; par de belles intelligences, n&rsquo;&eacute;tait pas faite pour discerner et agir. Il est vrai qu&rsquo;Hannah Arendt donne l&agrave; des r&eacute;ponses et pose la question. Avec Heidegger elle fera sans doute la diff&eacute;rence entre penser et r&eacute;fl&eacute;chir; entre le penser, agissant par mouvement de conscience et le r&eacute;fl&eacute;chir, passivant anesth&eacute;sie de la conscience (conscience d&rsquo;humanit&eacute; et non simple reflet mental des choses).<\/p>\n<p>Nous sommes dans un monde de r&eacute;fl&eacute;chisseurs qui a perdu de vue son humanit&eacute; au point de se d&eacute;clarer volontiers &ldquo;anti humaniste th&eacute;orique&rdquo; par humanisme abstrait. La haine de la pens&eacute;e, largement d&eacute;nonc&eacute;e, trouve sans doute de ses sources dans le d&eacute;ni de consid&eacute;ration humaine de la r&eacute;flexion focalis&eacute;e sur les choses d&rsquo;une part et dans le risque du d&eacute;voilement par le discernement de la pens&eacute;e d&rsquo;autre part. La pens&eacute;e n&rsquo;exclue pas la r&eacute;flexion mais ne s&rsquo;y confond pas.<\/p>\n<p>Heureusement que le mouvement du monde et la mutation engag&eacute;e renverseront cet h&eacute;ritage anti-humaniste.<\/p>\n<p>Pour rejoindre Hannah Arendt dans son analyse de la condition humaine la carte des Sens, dite &eacute;pist&eacute;mologique est particuli&egrave;rement &eacute;clairante (un des outils de l&rsquo;Humanisme M&eacute;thodologique).<br \/>Dans le Sens de la possession d&rsquo;abord,&nbsp; Hannah Arendt d&eacute;veloppe la th&eacute;orie de la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e. Ce qui importe ce n&rsquo;est pas l&rsquo;activit&eacute;, r&eacute;serv&eacute;e aux esclaves dans l&rsquo;antiquit&eacute;, mais la propri&eacute;t&eacute;. Propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e d&rsquo;une tranche du monde, d&rsquo;un morceau priv&eacute; pris sur le monde qui donne place dans un espace public auquel n&rsquo;ont pas acc&egrave;s les non propri&eacute;taires.<\/p>\n<p>Les propri&eacute;taires ici n&rsquo;ont d&rsquo;autre souci qu&rsquo;&eacute;tendre ou g&eacute;rer leur domaine qui est leur existence publique m&ecirc;me.<\/p>\n<p>On est alors &agrave; l&rsquo;&eacute;poque moderne dans le monde des affaires, des &eacute;changes commerciaux portant sur des &ldquo;parts de monde&rdquo;, bien et march&eacute;s qu&rsquo;il s&rsquo;agit de s&rsquo;approprier.<\/p>\n<p>Le &ldquo;travail&rdquo; fait partie de ces possessions, celle des &ldquo;outils de production&rdquo; que l&rsquo;on vend ou ach&egrave;te, auxquels sont r&eacute;duits d&rsquo;ailleurs ceux qui ne sont pas &ldquo;du monde&rdquo;.<\/p>\n<p>Renverser la propri&eacute;t&eacute; du monde et des moyens de production ne change rien &agrave; cette logique. Son obsession de l&rsquo;entreprise de puissance, de la &ldquo;volont&eacute; de puissance&rdquo;, puissance toujours en manque, en sont les moteurs, ceux aussi de toute guerre d&rsquo;emprise et de possession qui ne fait que renforcer cette logique et la pr&eacute;tendre fatale (guerre &eacute;conomique&#8230;).<\/p>\n<p>A l&rsquo;inverse, se situerait la place de l&rsquo;homo faber pour Hannah Arendt. C&rsquo;est le Sens du rationalisme id&eacute;aliste. B&acirc;tir la cit&eacute;, fabriquer un monde artificiel, fait des oeuvres humaines, artistes et artisans. C&rsquo;est toute une tradition o&ugrave;, dit-elle, &ldquo;l&rsquo;homme se fabrique une patrie o&ugrave; habiter&rdquo;. Les villes mais aussi toute l&rsquo;organisation d&rsquo;un monde moderne en sont le cadre et le produit.<\/p>\n<p>Participer &agrave; l&rsquo;oeuvre commune d&rsquo;&eacute;dification d&rsquo;un &ldquo;monde pour l&rsquo;homme&rdquo;, fait de main d&rsquo;homme, telle y est la condition humaine.<\/p>\n<p>Cependant c&rsquo;est &agrave; son produit que l&rsquo;homme se r&eacute;f&egrave;re alors; pas &agrave; son humanit&eacute; intrins&egrave;que mais &agrave; une effigie d&rsquo;humanit&eacute; par les &oelig;uvres de l&rsquo;homme. S&rsquo;il ne s&rsquo;agit plus d&rsquo;exister en &ldquo;prenant sur le monde&rdquo; mais en &ldquo;ajoutant au monde&rdquo; le sujet humain est invit&eacute; &agrave; se vouer &agrave; cette production plus qu&rsquo;&agrave; son propre accomplissement. Il en vient &agrave; oublier son humanit&eacute; au seul profit des oeuvres humaines, son miroir. Cet id&eacute;al de l&rsquo;activit&eacute; humaine, celle des &ldquo;oeuvriers&rdquo; s&rsquo;est trouv&eacute;e en lutte avec le &ldquo;monde des affaires&rdquo; de la possession mais aussi avec le monde du travail dont Hannah Arendt d&eacute;crit maintenant la condition terrible.<\/p>\n<p>La logique naturaliste. Le &ldquo;travail laborens&rdquo; est celui d&rsquo;une condition humaine o&ugrave; il s&rsquo;agit de l&rsquo;effort de survivre du labeur, n&eacute;cessaire pour assurer sa subsistance, selon &ldquo;les lois de la nature&rdquo;. Or la nature s&rsquo;est r&eacute;v&eacute;l&eacute;e souvent bien r&eacute;tive mais il faut aux hommes se soumettre &agrave; ses lois, &agrave; ses processus pour esp&eacute;rer s&rsquo;en nourrir en r&ecirc;vant d&rsquo;abondance.<\/p>\n<p>Pas &eacute;tonnant que la fourmili&egrave;re et la ruche en sont des mod&egrave;les du succ&egrave;s. La nature mater du mat&eacute;rialisme r&eacute;clame la soumission &agrave; ses lois. Respect f&eacute;tichiste de la nature, condamnation de l&rsquo;homme qui y porte atteinte, cela doit nous rappeler quelque chose et nous alerter aussi sur un programme scientifique tant de connaissance de la nature que d&rsquo;organisation du travail selon ses lois, mod&egrave;les mat&eacute;rialistes, mod&egrave;les syst&eacute;miques, mod&egrave;les naturalistes.<\/p>\n<p>Toujours l&rsquo;homme y est agent du syst&egrave;me qu&rsquo;il sert, comme condition de subsistance. Il n&rsquo;y a rien &agrave; produire que pour consommer et &agrave; consommer que pour produire encore selon un cycle &ldquo;naturel&rdquo; dont se justifie les &ldquo;lois de l&rsquo;&eacute;conomie&rdquo;, sinon celles du travail avec le travailleur consommateur.<br \/>N&rsquo;est-on pas proche des cl&eacute;s du totalitarisme. Lorsque s&rsquo;emparant des &ldquo;lois de la nature&rdquo; (des choses) les uns ou les autres ou tous ensemble y r&eacute;duisent l&rsquo;humanit&eacute; et la condition humaine, soit au labeur de la n&eacute;cessit&eacute; de survie, soit &agrave; en profiter en quelque lieu d&rsquo;abondance naturelle du syst&egrave;me.<\/p>\n<p>Voil&agrave; &agrave; nouveau la figure d&rsquo;un paradis de l&rsquo;abondance naturelle, d&rsquo;une nature m&egrave;re qui abonde et celle d&rsquo;un travail peine condamnation &agrave; la survie dans une condition de nature r&eacute;tive dont il faut subir la loi et reproduire les processus pour en tirer b&eacute;n&eacute;fices &agrave; consommer.<\/p>\n<p>C&rsquo;est &ldquo;l&rsquo;&eacute;cart de l&rsquo;homme &agrave; la nature&rdquo; qui le condamne et son adh&eacute;sion totale qui le r&eacute;compense dira-t-on ici.<\/p>\n<p>L&rsquo;anti humanisme radical, pas d&rsquo;humanit&eacute; libre et autonome mais une nature &ldquo;totalitaire&rdquo; dont les r&eacute;gimes &ldquo;totalitaires&rdquo; se disent mandataires au nom des &ldquo;lois de la nature&rdquo; donc. Lorsque ces lois de science se font lois de droit, lorsque la loi administrative se justifie par les n&eacute;cessit&eacute;s alors l&rsquo;administration totalitaire, le crime contre l&rsquo;humanit&eacute; n&rsquo;ont plus d&rsquo;obstacle au nom de la vertu de conformit&eacute; aux n&eacute;cessit&eacute;s. L&rsquo;homme a &eacute;t&eacute; alors d&eacute;sarm&eacute; de sa conscience d&rsquo;humanit&eacute; au profit d&rsquo;une conscience des choses et des processus naturels qui n&rsquo;est rien d&rsquo;autre, elle aussi qu&rsquo;un processus naturel ind&eacute;pendant de l&rsquo;homme. Il suffit de lire Jean Claude Guillebaud pour savoir que nous y sommes et la fr&eacute;n&eacute;sie technico-scientiste peut y prendre part. Ne confondons pas avec la science &#8211; conscience d&rsquo;humanit&eacute;, ni avec une technologie -vecteur d&rsquo;humanit&eacute;, l&rsquo;autre face de l&rsquo;agir et de la condition humaine.<\/p>\n<p>L&rsquo;agir &ldquo;politique&rdquo;. Hannah Arendt souligne que ce n&rsquo;est pas ici le produit qui compte mais son Sens. La pens&eacute;e, la parole sont action mais parce qu&rsquo;elles v&eacute;hiculent un Sens et que ce Sens fait cit&eacute;, (universit&eacute;) ou communaut&eacute; humaine engag&eacute;e.<\/p>\n<p>En cela oui pens&eacute;e, parole, actes sont politiques puisqu&rsquo;ils concourent &agrave; faire la cit&eacute; humaine, la cit&eacute; de l&rsquo;esprit &#8211; Sens, la cit&eacute; d&rsquo;humanit&eacute;.<\/p>\n<p>Cette cit&eacute; a-t-elle des murs &agrave; b&acirc;tir, &agrave; fabriquer, a-t-elle &agrave; prendre en compte les conditions d&rsquo;une nature universelle, champ d&rsquo;alt&eacute;rit&eacute;s. Les hommes y existent-ils selon la participation qui est la leur? Certes! Mais nous ne sommes plus dans les Sens pr&eacute;c&eacute;dents mais dans un autre Sens ou les conditions entrevues pr&eacute;c&eacute;demment ne sont plus le Sens de la condition humaine &agrave; chaque fois mais des circonstances auxquelles il faut donner un autre Sens, humain cette fois.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l&agrave; que l&rsquo;anthropologie philosophie de Hannah Arendt aurait pu b&eacute;n&eacute;ficier de la th&eacute;orie et de l&rsquo;ing&eacute;nierie du Sens et des coh&eacute;rences humaines, d&rsquo;un &ldquo;Humanisme M&eacute;thodologique&rdquo;. Il rend compte des &ldquo;positions d&rsquo;humanit&eacute;&rdquo; que sont les trois pr&eacute;c&eacute;dentes caract&eacute;ris&eacute;es par un d&eacute;centrage de cette humanit&eacute; sur la possession, sur le produit, sur le processus naturel, auxquels elle en vient &agrave; chercher sa source, sa v&eacute;rit&eacute; et son salut.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;Humanisme M&eacute;thodologique, l&rsquo;homme est Sens et l&rsquo;agir humain consensus.<\/p>\n<p>L&rsquo;agir humain fait le monde non pas comme un produit mais comme un &ldquo;r&eacute;alis&eacute;&rdquo;. Ce &ldquo;r&eacute;alis&eacute;&rdquo; qui est le monde peut aider au discernement des Sens et &agrave; la libert&eacute; responsable du choix de Sens pour l&rsquo;agir en consensus.<\/p>\n<p>L&rsquo;essentiel c&rsquo;est le Sens mais ce n&rsquo;est que par la m&eacute;diation du monde et des existences dans le monde, par consensus, que le Sens peut se r&eacute;v&eacute;ler.<\/p>\n<p>L&rsquo;agir humain tout en r&eacute;alisant le monde et les mondes par consensus vise &agrave; r&eacute;v&eacute;ler l&rsquo;homme &agrave; lui m&ecirc;me. <\/p>\n<p>R&eacute;alisation, r&eacute;v&eacute;lation sont les deux moments de la condition humaine.<\/p>\n<p>Sont-ils, pour rejoindre le questionnement de notre auteur comme le contemplatif et l&rsquo;actif, le th&eacute;orique et la pratique?<\/p>\n<p>Le Sens c&oelig;ur de l&rsquo;homme est la source et la vis&eacute;e de l&rsquo;agir humain tout &agrave; la fois th&eacute;orique et pratique, tant pour &ldquo;r&eacute;aliser le monde&rdquo; que pour y &ldquo;r&eacute;v&eacute;ler l&rsquo;homme&rdquo;.<\/p>\n<p>Le premier est expression du Sens et toute expression du Sens est agir pour faire consensus et ainsi r&eacute;aliser l&rsquo;homme et le monde, chemin de r&eacute;v&eacute;lation du Sens.<\/p>\n<p>Toute &ldquo;r&eacute;alit&eacute;&rdquo; est acte humain susceptible de r&eacute;v&eacute;ler le Sens en consensus et donc l&rsquo;homme qui y trouve sa libert&eacute; et sa responsabilit&eacute; vis-&agrave;-vis des autres et d&rsquo;un monde &agrave; r&eacute;aliser vou&eacute; &agrave; la r&eacute;v&eacute;lation de l&rsquo;humanit&eacute;.<\/p>\n<p>Beau programme de prospective humaine que de relire l&rsquo;histoire et l&rsquo;actualit&eacute; dans ce Cens, de discerner quels Sens humains se r&eacute;alisent par consensus (inconscients) dans les trois logiques pr&eacute;c&eacute;dentes et quelle libert&eacute; d&rsquo;humanit&eacute; l&rsquo;homme est-il invit&eacute; &agrave; cultiver dans un Sens qui le recentre sur lui m&ecirc;me.<\/p>\n<p>Le crime contre l&rsquo;humanit&eacute; c&rsquo;est le d&eacute;ni d&rsquo;humanit&eacute;, l&rsquo;enfer de ses conditions inhumaines d&rsquo;ali&eacute;nation de lui-m&ecirc;me et de r&eacute;duction au monde.<\/p>\n<p>A l&rsquo;inverse un Humanisme M&eacute;thodologique se doit de ne plus s&eacute;parer le &ldquo;contemplatif&rdquo; et l&rsquo;agir, d&rsquo;en avoir sans cesse l&rsquo;exigence pour que contribuent non seulement l&rsquo;une &agrave; l&rsquo;autre la pens&eacute;e et l&rsquo;action mais aussi qu&rsquo;elles soit vou&eacute;es l&rsquo;une et l&rsquo;autre &agrave; l&rsquo;accomplissement humain. C&rsquo;est cela l&rsquo;Humanisme M&eacute;thodologique. C&rsquo;est cela la condition humaine qui se dessine, habiter un monde &ldquo;r&eacute;alis&eacute;&rdquo; par l&rsquo;homme et non pas seulement fabriqu&eacute; (hominescence) pour qu&rsquo;il s&rsquo;y r&eacute;v&egrave;le, dans la pleine libert&eacute; de son humanit&eacute;.<\/p>\n<p>R&eacute;volution copernicienne : l&rsquo;homme est au coeur des affaires humaines et l&rsquo;humanit&eacute; au coeur de l&rsquo;homme, ainsi &ecirc;tre de Sens. L&rsquo;environnement humain est l&rsquo;espace communautaire de l&rsquo;humanit&eacute;, le lieu d&rsquo;incarnation des consensus, le th&eacute;a&acirc;tre des affaires humaines.&nbsp; C&rsquo;est la mutation qui ouvre ses horizons &agrave; la conscience d&rsquo;une nouvelle condition humaine &agrave; assumer. Ni animal possessif, ni chose parmi les choses, ni&nbsp; producteur d&rsquo;une id&eacute;e de lui-m&ecirc;me mais un peu de tout cela, seulement de fa&ccedil;on accessoire et contingente, pour un essentiel qui est la r&eacute;v&eacute;lation de son humanit&eacute; en chacun et en tous. Telle est la nouvelle pens&eacute;e pour l&rsquo;action, le nouveau visage de la condition humaine.<\/p>\n<p>En chaque chose chercher le meilleur Sens pour l&rsquo;accomplir, c&rsquo;est l&rsquo;essentiel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le probl\u00e8me rencontr\u00e9 par l&rsquo;Humanisme M\u00e9thodologique c&rsquo;est que les questions qu&rsquo;il \u00e9claire sont souvent \u00ab\u00a0oubli\u00e9es\u00a0\u00bb des intellectuels tout en \u00e9tant l&rsquo;enjeu des probl\u00e8mes les plus cruciaux de notre \u00e9poque et de nos contemporains. Par exemple la pauvret\u00e9 des analyses sur le travail, l&rsquo;\u00e9conomie ou sur la mondialisation n&rsquo;ont d&rsquo;explication que dans la pauvret\u00e9 de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la question de l&rsquo;homme et de la condition humaine au profit des passions conflictuelles, du tableau miroir des productions humaines, et de l&rsquo;all\u00e9geance passive aux \u00ab\u00a0processus naturels\u00a0\u00bb qui exon\u00e8rent si bien de toute exigence et de toute responsabilit\u00e9, nous laissant amputer complaisamment de notre humanit\u00e9 m\u00eame. 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