{"id":874,"date":"2005-02-07T16:53:16","date_gmt":"2005-02-07T16:53:16","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/2005\/02\/07\/leau-bien-public-ou-bien-marchand\/"},"modified":"2020-11-13T19:15:04","modified_gmt":"2020-11-13T18:15:04","slug":"leau-bien-public-ou-bien-marchand","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/2005\/02\/07\/leau-bien-public-ou-bien-marchand\/","title":{"rendered":"L&rsquo;eau bien public ou bien marchand"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Une lecture humaniste de la probl\u00e9matique. Pour sortir du pi\u00e8ge dualiste.<\/p>\n<p>Dans un monde stable les mots valent par l&rsquo;usage habituel qui en est fait. Dans un monde en mutation il faut avoir recours \u00e0 leur Sens. Les formules h\u00e2tives risquent d&rsquo;obscurcir la compr\u00e9hension des situations et paralyser l&rsquo;action ou l&rsquo;entra\u00eener dans des errances pr\u00e9judiciables \u00e0 tous.<\/p>\n<p>Aramon, trois m\u00e8tres d&rsquo;eau dans ce village du Gard le 9 Septembre 2002. Distribution d&rsquo;eau en bouteille aux habitants. L&rsquo;eau ; bien public ou bien marchand ? On voit que ces notions sont ici inad\u00e9quates. L&rsquo;eau n&rsquo;est pas toujours un bien, bien public et bien marchand ne sont pas toujours opposables.<\/p>\n<p>Les rapports \u00e0 l&rsquo;eau sont souvent charg\u00e9s d&rsquo;imaginaire, de sentiments, de passions m\u00eame. La raison technique quelque fois s&rsquo;en empare et tente illusoirement de s&rsquo;abstraire de toute subjectivit\u00e9. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;un effort de discernement de la probl\u00e9matique ici soulev\u00e9e est indispensable.<\/p>\n<p>Il est possible de la lire en quatre sens diff\u00e9rents, chacun ayant sa coh\u00e9rence interne, sa logique et ses cons\u00e9quences pratiques.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;eau \u00e9cologique<\/strong><\/p>\n<p>Elle est con\u00e7ue comme une mati\u00e8re circulant au travers de processus d&rsquo;\u00e9changes et de transformation et catalysant des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels physiques ou biologiques.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me naturel qui se d\u00e9finit en soi, vaudrait pour lui m\u00eame et ne devrait pas \u00eatre perturb\u00e9 par des interventions ou des pr\u00e9l\u00e8vements \u00ab\u00a0contre nature\u00a0\u00bb forc\u00e9ment d\u00e9gradants.<\/p>\n<p>Dans cette vision la valeur de \u00ab\u00a0bien naturel\u00a0\u00bb ne peut \u00eatre d\u00e9finie ou rapport\u00e9e \u00e0 aucune activit\u00e9 humaine ou aucun usage. Seuls ceux qui seraient mandat\u00e9s pour assurer la pr\u00e9servation du syst\u00e8me naturel pourraient dire quel usage est compatible ou non avec lui. De ce fait l&rsquo;eau ne peut \u00eatre un bien particulier, ni un bien communautaire. Elle est pos\u00e9e comme bien universel \u00e0 mettre sous le contr\u00f4le de ceux qui auraient mandat de \u00ab\u00a0g\u00e9rer l&rsquo;universel\u00a0\u00bb. Qui ? L\u00e0 est le probl\u00e8me, celui de la mise en question de la d\u00e9mocratie au nom de cet universel.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;eau, ressource pr\u00e9cieuse<\/strong><\/p>\n<p>Elle est con\u00e7ue comme une substance porteuse de richesses de pouvoirs, de puissances. Sa possession est donc l&rsquo;objet de tous les enjeux et de ce fait les jeux de pouvoir, d&#8217;emprise, d&rsquo;appropriation de la ressource sont \u00e0 la base des syst\u00e8mes de valeur qui s&rsquo;y attachent. Un bien est l\u00e0 pr\u00e9cieux lorsqu&rsquo;il n&rsquo;est pas accessible \u00e0 tous.<\/p>\n<p>L&rsquo;accaparement est le mobile de l&rsquo;action organisant le conflit entre tous les \u00ab\u00a0int\u00e9r\u00eats particuliers\u00a0\u00bb (conflits d&rsquo;usages) et l\u00e9gitimant un \u00ab\u00a0int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb par opposition aux jeux des int\u00e9r\u00eats particuliers avec lesquels il rentre \u00e0 son tour en conflit.<\/p>\n<p>C&rsquo;est alors l&rsquo;intensit\u00e9 du conflit qui fait monter la valeur de l&rsquo;eau et qui en fait un bien. L&rsquo;organisation par les uns de la p\u00e9nurie pour les autres se fait au nom de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral le plus souvent. Il en va de m\u00eame lorsque la p\u00e9nurie est syst\u00e9matiquement annonc\u00e9e insistant sur la fragilit\u00e9 de la ressource et la malignit\u00e9 des acteurs.<\/p>\n<p>Bien public et bien marchand sont alors ici deux conceptions antagonistes de l&rsquo;appropriation de la ressource. La valeur du bien nait du conflit, pas de la jouissance. C&rsquo;est pour cela que l&rsquo;eau est ici consid\u00e9r\u00e9e comme un patrimoine dont il faut s&rsquo;assurer du contr\u00f4le, jeu de puissance et d&#8217;emprise fort en usage actuellement.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;eau moyen utilitaire<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;eau vaut ici par ses propri\u00e9t\u00e9s utiles aux activit\u00e9s humaines \u00e9conomiques, esth\u00e9tiques, ludiques, biologiques, etc.<\/p>\n<p>Sa valeur est donc qualifi\u00e9e et mesur\u00e9e par ces utilit\u00e9s. L&rsquo;eau n&rsquo;a pas de valeur en soi mais uniquement par les usages qu&rsquo;elle permet.<\/p>\n<p>La gestion des questions d&rsquo;eau rel\u00e8ve des m\u00eames rationalit\u00e9s que la gestion des activit\u00e9s humaines : mesure, prudence, efficacit\u00e9, rationalit\u00e9.<\/p>\n<p>On ne peut plus dire que l&rsquo;eau est un bien en soi, ni public, ni marchand puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a rien de commun entre l&rsquo;eau qui sert \u00e0 l&rsquo;\u00e9vacuation des d\u00e9chets (\u00e9gout), l&rsquo;eau min\u00e9rale vendue en bouteilles, l&rsquo;eau d&rsquo;un lac, celle qui fait tourner des turbines hydro \u00e9lectriques, etc.<\/p>\n<p>Il y a des usages publics, des usages particuliers et des prestataires de services qui  r\u00e9pondent \u00e0 leurs besoins.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;eau au service du bien commun<\/strong><\/p>\n<p>Dans cette optique la poursuite du bien commun est le crit\u00e8re de toutes valeurs. Il n&rsquo;y a de bien que de ce qui y contribue, qui le sert.<\/p>\n<p>L&rsquo;eau fait partie des biens d&rsquo;une communaut\u00e9 autant qu&rsquo;elle en sert les fins. Elle vaut non en tant que substance mais en tant que service potentiel.<\/p>\n<p>Or le service du bien commun est affaire de chaque communaut\u00e9 (et communaut\u00e9 de communaut\u00e9s). Il est le crit\u00e8re de participation responsable \u00e0 la vie communautaire (citoyennet\u00e9). Le bien commun ne s&rsquo;\u00e9value en final qu&rsquo;\u00e0 la mesure du service des membres de la communaut\u00e9 en tant que tels.<\/p>\n<p>Ici le seul crit\u00e8re c&rsquo;est la mesure de la contribution au bien commun.<\/p>\n<p>Chaque communaut\u00e9 a donc \u00e0 en d\u00e9finir les enjeux et les modalit\u00e9s qui lui sont propres, dire ce qui est service public marchand, service public non marchand, service assur\u00e9 par des particuliers ou des entreprises, services assur\u00e9s par des organisations communautaires.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a de r\u00e9ponse que dans la culture propre \u00e0 chaque communaut\u00e9 et cette r\u00e9ponse rel\u00e8ve du politique et seulement du politique. C&rsquo;est sa vocation m\u00eame.<\/p>\n<p>D\u00e9finir une politique de l&rsquo;eau, c&rsquo;est prendre une position qui a un Sens et dont la mise en \u0153uvre sera alors coh\u00e9rente.<\/p>\n<p><strong>Conclusions<\/strong><\/p>\n<p>Choisir parmi ces quatre Sens, c&rsquo;est un choix politique par excellence. Cependant en cette p\u00e9riode de crise du Sens, il est temps aussi de faire la diff\u00e9rence entre :<\/p>\n<p>&#8211; Une conception humaniste du politique au service de la communaut\u00e9 (la cit\u00e9) o\u00f9 l&rsquo;eau vaut en tant qu&rsquo;elle sert le bien commun.<\/p>\n<p>&#8211; Une conception archa\u00efque du politique, affrontement des volont\u00e9s de puissance o\u00f9 l&rsquo;eau est une ressource pr\u00e9cieuse \u00e0 accaparer (privation des autres).<\/p>\n<p>&#8211; Une conception naturaliste du politique, r\u00e9gulation des syst\u00e8mes naturels et de l&rsquo;eau \u00e9cologique.<\/p>\n<p>&#8211; Une conception id\u00e9aliste et utilitaire du politique, organisateur et gestionnaire des activit\u00e9s humaines et de l&rsquo;eau utilitaire.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;Humanisme M\u00e9thodologique, dont s&rsquo;inspire cette analyse, l&rsquo;eau n&rsquo;est pas un bien en soi. Ce qui vaut c&rsquo;est le service du bien commun quelque soient ceux qui l&rsquo;assurent ou en b\u00e9n\u00e9ficient. C&rsquo;est ce qui doit focaliser les intelligences et les comp\u00e9tences. Le Sens du bien commun s&rsquo;exprime notamment dans la projection dans le futur du Sens de la communaut\u00e9 c&rsquo;est-\u00e0-dire son projet. Encore faut-il que la communaut\u00e9 ait une identit\u00e9, puisse dire \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb. Ce sont donc les deux pr\u00e9alables \u00e0 toute politique de l&rsquo;eau : l&rsquo;identit\u00e9 collective de la communaut\u00e9 territoriale, sa projection dans le futur au travers de son projet de d\u00e9veloppement sans lesquels le Sens du bien commun ne peut \u00eatre d\u00e9fini et par suite la valeur de l&rsquo;eau faute d&rsquo;\u00e9chelle de valeur communautaire. En d\u00e9poss\u00e9der la communaut\u00e9 rel\u00e8ve toujours d&rsquo;une autre logique dont on peut montrer qu&rsquo;elles ont toutes un fondement anti-humaniste.<\/p>\n<p>Pour en savoir plus sur l&rsquo;Humanisme M\u00e9thodologique et l&rsquo;approche des territoires et politiques territoriales : http:\/\/www.journal.coherences.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une lecture humaniste de la probl\u00e9matique. 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