{"id":827,"date":"2004-08-11T11:29:32","date_gmt":"2004-08-11T11:29:32","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/2004\/08\/11\/politique-cultures-et-societes\/"},"modified":"2021-02-24T11:35:32","modified_gmt":"2021-02-24T10:35:32","slug":"politique-cultures-et-societes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/2004\/08\/11\/politique-cultures-et-societes\/","title":{"rendered":"Politique cultures et soci\u00e9t\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Le politique se d\u00e9finit par la cit\u00e9 et la cit\u00e9 est une communaut\u00e9 humaine dont le devenir est l&rsquo;affaire du politique dans son rapport \u00e0 la communaut\u00e9. La probl\u00e9matique du pouvoir a ext\u00e9nu\u00e9 toute pens\u00e9e du politique en occupant avec l&rsquo;\u00e9conomie tout l&rsquo;espace o\u00f9 on aurait pu comprendre les communaut\u00e9s humaines et les ph\u00e9nom\u00e8nes qui s&rsquo;y rattachent. Pour cela il faut aller \u00ab\u00a0au coeur du sujet\u00a0\u00bb l&rsquo;homme et penser les communaut\u00e9s comme \u00e9tant de nature humaine. Tout le reste en d\u00e9coule.<\/p>\n<p>Une illustration de la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines est ici d\u00e9velopp\u00e9e dans le champ du politique mais \u00e0 partir aussi de diff\u00e9rents aspects de la question de la constitution et du d\u00e9veloppement des soci\u00e9t\u00e9s ou communaut\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>Nous sommes, pr\u00e9cisons-le, dans une perspective tout \u00e0 fait particuli\u00e8re qui consid\u00e8re que l&rsquo;homme est \u00e0 l&rsquo;origine des soci\u00e9t\u00e9s humaines en m\u00eame temps qu&rsquo;il en est la finalit\u00e9.<\/p>\n<p>Nous affirmons donc que les ph\u00e9nom\u00e8nes de soci\u00e9t\u00e9 ont une origine humaine et qu&rsquo;il en va de la responsabilit\u00e9 humaine de conduire nos soci\u00e9t\u00e9s dans un sens b\u00e9n\u00e9fique pour les hommes. C&rsquo;est l&rsquo;enjeu du politique.<\/p>\n<p>Nous pourrions ici aussi mettre en \u00e9vidence diff\u00e9rents sens de la conception du politique et des soci\u00e9t\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>Nous y retrouverions nos vieilles r\u00e9f\u00e9rences et ces discours, toujours les m\u00eames, qui s&rsquo;affrontent en t\u00e9moignant des coh\u00e9rences humaines qui les fondent.<\/p>\n<p>Oui il y a un lien entre des positions de vie et des positions politiques c&rsquo;est un lien de Sens (plus que de forme)!<\/p>\n<p>Oui il y a un lien entre les visions de l&rsquo;homme et de l&rsquo;accomplissement humain et la conception des soci\u00e9t\u00e9s humaines!<\/p>\n<p>Oui les sciences humaines et politiques sont productions humaines et par l\u00e0 empreintes de subjectivit\u00e9 et d&rsquo;objectivations subjectives!<\/p>\n<p>Non il n&rsquo;y a rien de fatal qui oblige \u00e0 s&rsquo;enfermer dans les m\u00eames errements!<\/p>\n<p>Nous n&rsquo;envisagerons pas la question du niveau ou de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e2ge\u00a0\u00bb des discours politiques les plus fr\u00e9quents, nous situant dans la perspective d&rsquo;un sens et d&rsquo;un niveau dignes de soci\u00e9t\u00e9s avanc\u00e9es.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines entra\u00eene cependant \u00e0 une r\u00e9vision profonde de nos certitudes les plus fr\u00e9quentes et \u00e0 relire autrement ces questions. On verra que cela d\u00e9bouche sur des \u00e9clairages et des possibilit\u00e9s qui peuvent aider \u00e0 la r\u00e9solution des probl\u00e8mes majeurs de notre \u00e9poque.<\/p>\n<p>Nous traiterons successivement quatre questions :<br \/>\na) la notion de culture selon la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines avec l&rsquo;exemple de l&rsquo;Europe.<br \/>\nb) le probl\u00e8me de l&rsquo;int\u00e9gration, exacerb\u00e9 par la multiplication des exclusions et la sollicitation d&rsquo;\u00e9trangers \u00e0 l&rsquo;immigration.<br \/>\nc) le d\u00e9veloppement local rural ou urbain<br \/>\nd) le politique, sa vocation et son action.<\/p>\n<p><strong>LA THEORIE<br \/>\nDES COHERENCES CULTURELLES<\/strong><\/p>\n<p>Une des cons\u00e9quences importantes de la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines est le renouvellement de la notion de culture, culture humaine il va sans dire. Le plus int\u00e9ressant, au-del\u00e0 de la compr\u00e9hension des ph\u00e9nom\u00e8nes culturels et des rapports entre cultures, c&rsquo;est le caract\u00e8re op\u00e9rationnel de ce concept qui permet, et une connaissance intime des cultures dans leur profondeur d&rsquo;humanit\u00e9, et l&rsquo;utilisation de cette connaissance pour entreprendre des actions politiques, strat\u00e9giques, \u00e9conomiques culturellement fond\u00e9es.<\/p>\n<p>Nous allons envisager cette question tout d&rsquo;abord sur le fond. Qu&rsquo;est-ce qui constitue la racine d&rsquo;une culture humaine ?<\/p>\n<p>Ensuite, nous verrons ce que sont les modes d&rsquo;expression d&rsquo;une culture en m\u00eame temps que le caract\u00e8re strictement culturel de toutes r\u00e9alit\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir envisag\u00e9 les cons\u00e9quences de la multitude des communaut\u00e9s culturelles auxquelles nous participons et sommes confront\u00e9s, nous terminerons par un exemple de coh\u00e9rence culturelle : celle de l&rsquo;Europe<\/p>\n<p><strong>LES RACINES ANTHROPOLOGIQUES<br \/>\nDES CULTURES HUMAINES<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Toute communaut\u00e9 humaine, d\u00e8s lors qu&rsquo;elle est identifi\u00e9e, s&rsquo;inscrit dans une histoire. Celle-ci peut \u00eatre br\u00e8ve mais aussi durer des mill\u00e9naires. Ce qui fonde l&rsquo;unit\u00e9, la permanence et la particularit\u00e9 de chaque communaut\u00e9 c&rsquo;est sa culture ou plus exactement ses racines : le consensus entre les instances humaines.<\/p>\n<p>Il nous faut rappeler ce point de la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines qui est que les sens sont rassembl\u00e9s en centres de rayonnement (des coh\u00e9rences) que l&rsquo;on peut imaginer comme une infinit\u00e9 h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne de tendances, propensions, orientations, dispositions comme autant de rayons partant d&rsquo;un centre : les sens de ces entit\u00e9s appel\u00e9es ici \u00ab\u00a0coh\u00e9rences\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;Instance de chaque personne est faite de toutes les \u00ab\u00a0coh\u00e9rences\u00a0\u00bb qui forment son \u00ab\u00a0capital d&rsquo;humanit\u00e9\u00a0\u00bb et \u00e0 partir desquelles il \u00e9tablit ses consensus avec d&rsquo;autres.<\/p>\n<p>Selon son histoire et le contexte de son existence chacun inscrit une part importante sinon majeure de lui-m\u00eame dans le consensus de la soci\u00e9t\u00e9 ou il vit ( ou des communaut\u00e9s o\u00f9 il existe : famille, ethnie, etc&#8230;).<\/p>\n<p>Ainsi on peut dire que :<br \/>\n&#8211; chaque communaut\u00e9 a une culture fond\u00e9e sur une coh\u00e9rence humaine en consensus, qu&rsquo;on appellera la Coh\u00e9rence Culturelle,<\/p>\n<p>&#8211; cette coh\u00e9rence humaine est partag\u00e9e par une partie de l&rsquo;humanit\u00e9 : la population qui s&rsquo;y retrouve et s&rsquo;y reconna\u00eet plus au moins consciemment.<\/p>\n<p>&#8211; cette coh\u00e9rence humaine repr\u00e9sente une part de l&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;homme une part d&rsquo;Instance humaine parmi d&rsquo;autres.<\/p>\n<p>Ainsi chaque culture est fond\u00e9e dans une part d&rsquo;humanit\u00e9 et concerne, de fa\u00e7on principale, une partie de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Cependant on peut d\u00e9duire de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que :<br \/>\n&#8211; chaque personne peut participer \u00e0 plusieurs cultures investissant alors des parts de son humanit\u00e9 diff\u00e9rentes (et qui quelques fois s&rsquo;ignorent).<br \/>\n&#8211; nous pouvons rejoindre au plus profond de nous-m\u00eames la culture de communaut\u00e9s \u00e9trang\u00e8res (sous r\u00e9serve d&rsquo;une \u00ab\u00a0approche\u00a0\u00bb authentique).<br \/>\n&#8211; l&rsquo;ensemble des cultures constitue l&rsquo;universalit\u00e9 mais une universalit\u00e9 diff\u00e9renci\u00e9e en multiples cultures.<br \/>\n&#8211; chaque culture (et donc chacun de ses membres) a en h\u00e9ritage sa part d&rsquo;humanit\u00e9 et que c&rsquo;est par cela qu&rsquo;elle participe \u00e0 l&rsquo;universalit\u00e9 humaine (\u00e0 sa mani\u00e8re propre et non pas selon un standard formel qui lui demanderait d&rsquo;\u00eatre autre).<br \/>\n&#8211; c&rsquo;est par sa culture que l&rsquo;homme acc\u00e8de \u00e0 l&rsquo;universel humain.<\/p>\n<p>Tout ceci doit \u00eatre nuanc\u00e9 par le fait que chacun participe de plusieurs cultures et qu&rsquo;il faut donc se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 chaque fois \u00e0 la culture de pr\u00e9dominance dans laquelle on est investi \u00e0 un moment donn\u00e9.<\/p>\n<p>Il faut encore rajouter une consid\u00e9ration sur ces coh\u00e9rences qui constituent l&rsquo;Instance humaine. Si la connaissance de la nature humaine \u00e9claire sur la consistance des cultures humaines, inversement ce sont les r\u00e9alit\u00e9s culturelles qui t\u00e9moignent de l&rsquo;humain qui y est investi et auquel on peut acc\u00e9der par cette m\u00e9diation.<\/p>\n<p>La culture c&rsquo;est ce qui, par le rapport aux autres, nous fait acc\u00e9der \u00e0 nous-m\u00eames et inversement peut nous permettre de servir les autres au sein m\u00eame de la communaut\u00e9 d&rsquo;humanit\u00e9 et de culture.<\/p>\n<p>Enfin il faut s&rsquo;approcher un peu plus de ce qui constitue le fond de chaque culture, cette coh\u00e9rence qui est un ensemble de Sens rayonnants d&rsquo;un m\u00eame centre.<\/p>\n<p>Chaque coh\u00e9rence en l&rsquo;homme est une probl\u00e9matique humaine. En effet l&rsquo;enjeu, \u00e0 chaque fois, est celui du discernement et de l&rsquo;engagement du \u00ab\u00a0bon\u00a0\u00bb sens, engagement de la personne dans le sens du bien. Les autres sens n&rsquo;\u00e9tant pas \u00ab\u00a0bon\u00a0\u00bb sens parce que ne visant pas le \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb humain sont donc sources de difficult\u00e9s et de probl\u00e8mes.<\/p>\n<p>Ainsi le lot de chaque culture, faisant consensus sur une probl\u00e9matique qu&rsquo;elle a en h\u00e9ritage, c&rsquo;est de trouver et cultiver son \u00ab\u00a0bon sens\u00a0\u00bb et donc d&rsquo;y ajuster son consensus et ainsi son existence.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0bon\u00a0\u00bb sens de chaque culture est le sens de sa \u00ab\u00a0vocation\u00a0\u00bb, le sens de sa \u00ab\u00a0civilisation\u00a0\u00bb, le sens de la culture qu&rsquo;elle a \u00e0 faire d&rsquo;elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>C&rsquo;est aussi le sens selon lequel elle d\u00e9ploie ses meilleurs talents, meilleurs potentiels, meilleures oeuvres.<\/p>\n<p>C&rsquo;est le sens par lequel elle permet \u00e0 ses membres de s&rsquo;accomplir au mieux en tant que tels et par lequel elle peut \u00e9tablir les meilleures relations avec d&rsquo;autres cultures, leur apportant ainsi le service d&rsquo;une vocation originale dont le m\u00e9rite est la r\u00e9solution d&rsquo;une probl\u00e9matique humaine. Si chaque culture en a une en h\u00e9ritage cela veut dire que toute son histoire t\u00e9moigne des probl\u00e8mes, conflits, tendances et aussi vertus correspondantes.<\/p>\n<p>Chaque culture porte ses tares et ses vertus en portant la probl\u00e9matique humaine qui la justifie pour elle m\u00eame et pour toutes les autres. Chaque culture est investie d&rsquo;une certaine probl\u00e9matique particuli\u00e8re mais sa vocation a une partie universelle dans la mesure o\u00f9 elle vise tous les hommes concern\u00e9s par cette probl\u00e9matique.<\/p>\n<p>Ainsi, pour r\u00e9sumer, chaque communaut\u00e9 humaine est une culture, elle est bas\u00e9e sur une coh\u00e9rence en consensus. Cette coh\u00e9rence est une part de l&rsquo;Instance humaine et constitue l&rsquo;une des probl\u00e9matiques de l&rsquo;humain. Les sens de cette coh\u00e9rence qui fonde chaque culture, rayonnent autour d&rsquo;un centre et parmi eux se trouve le sens de la vocation de cette culture \u00e0 r\u00e9soudre sa probl\u00e9matique. C&rsquo;est le sens \u00e0 cultiver pour le service de ses membres et des autres hommes.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nLES MANIFESTATIONS DE LA CULTURE<\/strong><\/p>\n<p>La th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines montre que toutes les r\u00e9alit\u00e9s humaines sont le fait d&rsquo;un consensus, celui simplement d&rsquo;une communaut\u00e9 de culture. Ainsi le consensus d&rsquo;une culture s&rsquo;actualise-t-il dans le monde manifeste de celle-ci , ses r\u00e9alit\u00e9s.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-761\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_SetCH4.png?resize=469%2C345\" alt=\"SetCH4.png\" width=\"469\" height=\"345\" align=\"center\" \/> <cite><strong><br \/>\nSTRUCTURE COHERENCIELLE DES REALITES CULTURELLES<\/strong><\/cite><strong><br \/>\n<\/strong><cite><br \/>\nC&rsquo;est donc selon la structure coh\u00e9rencielle que l&rsquo;on peut envisager comment se manifeste une culture dans la r\u00e9alit\u00e9.<\/cite><\/p>\n<p>L&rsquo;intention &#8211; Vocation<br \/>\nLe sens de la culture se traduit en intention, aspiration, en vocation, syst\u00e8me de valeurs etc&#8230;<br \/>\nChaque culture est fond\u00e9e sur tout un ensemble de sens formant Coh\u00e9rence parmi lesquels le Sens de sa vocation, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une culture locale, r\u00e9gionale, nationale, de celle d&rsquo;une ville, d&rsquo;une organisation, d&rsquo;une entreprise, la vocation commune est \u00e0 rechercher parmi toutes les tendances inh\u00e9rentes \u00e0 cette vocation Un choix, \u00e9minemment \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb, consiste \u00e0 privil\u00e9gier cette vocation, \u00e0 cultiver comme intention collective ou volont\u00e9 politique.<br \/>\nL&rsquo;objet et l&rsquo;univers d&rsquo;existence<br \/>\nLes cultures humaines ont souvent \u00e9t\u00e9 associ\u00e9es \u00e0 un territoire ou bien un centre g\u00e9ographique comme une cit\u00e9 (Rome). Elle ont pu l&rsquo;\u00eatre \u00e0 un livre : La Thora ou une religion; l&rsquo;Islam&#8230;<\/p>\n<p>Chaque culture a ainsi un objet autour duquel semble se vouer l&rsquo;existence de cette culture. Les peuples se sont dot\u00e9s d&rsquo;objet ou lieux symboliques, marques de leur unit\u00e9 .<\/p>\n<p>Plus g\u00e9n\u00e9ralement chaque culture se vit dans un espace qui est le sien, <cite>qu&rsquo;elle l&rsquo;\u00e9rige en universel ou qu&rsquo;elle le r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un universel c&rsquo;est toujours un trait, une manifestation de cette culture que de se d\u00e9terminer par son domaine et ce qui fait son unit\u00e9.<\/cite><\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;une culture par l\u00e0 m\u00eame se confond avec son territoire ou sa race alors on n&rsquo;est pas loin des nationalismes meurtriers.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement de l&rsquo;histoire<br \/>\nCette troisi\u00e8me dimension est celle qui permet de caract\u00e9riser une culture par le d\u00e9veloppement de son histoire ou encore l&rsquo;histoire de son d\u00e9veloppement. On y puisera des rationalisations r\u00e9trospectives pour expliquer, comment la culture s&rsquo;est constitu\u00e9e, d\u00e9velopp\u00e9e, a subi avatars et gloire. On y puisera aussi des ambitions et des projets jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;une \u00ab\u00a0mission\u00a0\u00bb qui r\u00e9alise la conscience d&rsquo;une raison d&rsquo;\u00eatre originale.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement dans une r\u00e9gion, une cit\u00e9, par exemple, n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la poursuite de l&rsquo;histoire de la communaut\u00e9, si possible dans le sens de son bien, mais en tout cas selon les buts et les mani\u00e8res propres \u00e0 cette culture.<\/p>\n<p>Usages et moyens<br \/>\nLe plan factuel nous fait envisager les usages et pratiques qui caract\u00e9risent une culture, ce sont les fa\u00e7ons de faire, de produire, les produits et les techniques forg\u00e9es ou appropri\u00e9es.<\/p>\n<p>Il faut, bien souvent, un oeil exerc\u00e9 pour se rendre compte de l&rsquo;existence de ces usages culturels persistants l\u00e0 o\u00f9 il semble y avoir eu banalisation des produits et des techniques.<br \/>\nRepr\u00e9sentations<br \/>\nDepuis les mythes fondateurs jusqu&rsquo;aux fa\u00e7ons de comprendre le monde et de s&rsquo;exprimer, le champ des repr\u00e9sentations a souvent \u00e9t\u00e9 assimil\u00e9 \u00e0 celui sp\u00e9cifique de la culture. Il s&rsquo;agit encore l\u00e0 d&rsquo;une r\u00e9duction. Son identification aux yeux de la communaut\u00e9 comme aux yeux des autres est une caract\u00e9ristique et quelque fois un souci des communaut\u00e9s culturelles.<\/p>\n<p>On notera que la crise des repr\u00e9sentations du monde moderne bouleverse les r\u00e9f\u00e9rents identificatoires ce qui se traduit par une sorte de dissolution des cultures ou par une crispation identitaire quasi pathologique. Les \u00ab\u00a0mentalit\u00e9s\u00a0\u00bb sont les modes de repr\u00e9sentations culturelles.<\/p>\n<p>Sensibilit\u00e9s et moeurs sociales<br \/>\nChaque culture appr\u00e9cie selon ses valeurs subjectives ses conditions objectives, les choses, les affaires humaines et de la vie en soci\u00e9t\u00e9. Cela s&rsquo;exprime dans ses sensibilit\u00e9s. D&rsquo;une culture \u00e0 l&rsquo;autre les personnes sentent les choses diff\u00e9remment jusqu&rsquo;\u00e0 la douleur qui semble-t-il n&rsquo;est pas la m\u00eame selon les cultures pour ce qui semble \u00eatre la m\u00eame maladie. Cette sensibilit\u00e9 culturelle se traduit de fa\u00e7on \u00e9labor\u00e9e dans les moeurs sociaux, les r\u00f4les et leurs relations, les responsabilit\u00e9s et leurs architectures, leurs hi\u00e9rarchies etc&#8230;<\/p>\n<p>La construction de la soci\u00e9t\u00e9 est une dimension culturelle et on aurait tort de vouloir normaliser toutes les soci\u00e9t\u00e9s humaines quant \u00e0 ce qu&rsquo;elles estiment important ou secondaire et aux r\u00f4les et responsabilit\u00e9s qu&rsquo;elles en d\u00e9duisent.<\/p>\n<p>La tendance \u00e0 pr\u00e9coniser des mod\u00e8les standards est, pour certains occidentaux, une mani\u00e8re de se d\u00e9tourner du fond d&rsquo;humanit\u00e9 des cultures pour en faire une question de formes (r\u00e9ductions culturelles ou id\u00e9ologies politiques).<\/p>\n<p><strong>LA MULTIPLICITE DES CULTURES ET LEURS RELATIONS<\/strong><\/p>\n<p><strong>LE CAS DE L&rsquo;EUROPE<\/strong><\/p>\n<p>La multitude des communaut\u00e9s culturelles et leurs rapports est un des probl\u00e8mes les plus complexes et les plus transversaux de ce temps, compte tenu de la rapidit\u00e9 et de la g\u00e9n\u00e9ralisation des relations.<\/p>\n<p>Probl\u00e8mes entre les nations, les pays, les r\u00e9gions, les ethnies; probl\u00e8mes dans les organisations multiculturelles, probl\u00e8mes m\u00eame entre cultures professionnelles, philosophiques, sociales, etc.<\/p>\n<p>On sait, d&rsquo;exp\u00e9rience, ces probl\u00e8mes solubles mais aussi qu&rsquo;aucune solution classique n&rsquo;est v\u00e9ritablement valide.<\/p>\n<p>Annuler le fait culturel c&rsquo;est renoncer \u00e0 une identification du lien social ancr\u00e9 dans l&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;homme. Comment renoncer \u00e0 sa personnalit\u00e9 pour participer \u00e0 un jeu collectif abstrait de ces racines humaines. On voit bien que des d\u00e9cennies ou des si\u00e8cles apr\u00e8s les cultures sont toujours l\u00e0..<\/p>\n<p>Enfermer le fait culturel dans une r\u00e9alit\u00e9 close, territoire, formes culturelles ou religieuses, d\u00e9bouche sur les nationalismes et int\u00e9grismes meurtriers.<\/p>\n<p>\u00c9tablir une vaste circulation des objets culturels d\u00e9connect\u00e9s de leurs racines propres pour, au mieux, en faire le support d&rsquo;images folkloriques, cela aussi est dommageable. L&rsquo;universalisation de la soci\u00e9t\u00e9 marchande, lorsqu&rsquo;elle est r\u00e9duite au fonctionnement du syst\u00e8me \u00e9conomique et seulement r\u00e9gi par ces lois suppos\u00e9es \u00e9conomiques est toujours une solution d\u00e9mentie par l&rsquo;histoire. Ce sont toujours les coh\u00e9rences humaines qui r\u00e9gissent les rapports humains et l&rsquo;histoire et non pas des lois \u00e9conomiques r\u00e9sidant dans quelques cieux abstraits d&rsquo;o\u00f9 elles r\u00e9gneraient.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Culturelles \u00e9claire ce probl\u00e8me du multiculturalisme autrement.<\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord si le lot de chaque culture est d&rsquo;\u00eatre ancr\u00e9e dans un consensus sur la coh\u00e9rence d&rsquo;une probl\u00e9matique humaine alors c&rsquo;est au coeur de chacun, en son Instance que se situe d\u00e9j\u00e0 le multiculturalisme. Il faut donc le r\u00e9soudre en soi-m\u00eame si on veut le r\u00e9soudre dans la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Ainsi il faut reconna\u00eetre en soi ou se reconna\u00eetre dans les autres cultures pour, d\u00e9j\u00e0, apercevoir la pluralit\u00e9 en question. L&rsquo;absence de cette reconnaissance est aliment\u00e9e d&rsquo;ailleurs par ce qui rel\u00e8ve du simple descriptif, ne t\u00e9moigne pas ou ne parle pas au coeur, au plus profond de soi, constituent ainsi ces savoirs d\u00e9pourvus de connaissance v\u00e9ritable.<\/p>\n<p>Cette ignorance qui peut aller avec force \u00e9rudition entra\u00eene \u00e0 une sorte de clivage o\u00f9 la personne ne sait plus lorsqu&rsquo;elle est d&rsquo;une culture ou d&rsquo;une autre. Les personnes dites biculturelles vivent souvent ce probl\u00e8me d&rsquo;un d\u00e9placement int\u00e9rieur, d&rsquo;une coupure entre deux mondes.<\/p>\n<p>Les relations multiculturelles impliquent aussi cette sorte de reconnaissance de la culture de l&rsquo;autre mais aussi de la sienne qui d\u00e9passe celle que l&rsquo;on en a en g\u00e9n\u00e9ral. On verra dans un prochain chapitre comment la pratique des coh\u00e9rences humaines permet ces d\u00e9couvertes par l&rsquo;analyse des coh\u00e9rences culturelles.<\/p>\n<p>On peut en d\u00e9finitive concevoir quatre solutions pour les relations entre deux cultures.<\/p>\n<p>&#8211; ou bien la rencontre dans l&rsquo;une des cultures ce qui suppose un d\u00e9placement de l&rsquo;autre qui renonce (provisoirement) \u00e0 la sienne.<\/p>\n<p>&#8211; ou bien un double d\u00e9placement sur une culture commune plus profonde et surplombante si bien que la diff\u00e9rence entre les cultures devient une diff\u00e9rence dans la culture commune.<\/p>\n<p>&#8211; ou bien encore un double d\u00e9placement sur une culture tierce, \u00e9ventuellement cr\u00e9\u00e9e pour la circonstance autour d&rsquo;un objet commun et qui sera de ce fait beaucoup plus superficielle. C&rsquo;est un peu le cas des relations internationales qui s&rsquo;\u00e9tablissent sur un jeu d&rsquo;\u00e9changes relativement r\u00e9duit ou bien qui tentent d&rsquo;\u00e9tablir des r\u00e8gles r\u00e9gissant un espace commun o\u00f9 personne ne se retrouve r\u00e9ellement. Cette solution est juste suffisante pour des rapports contingents.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude des coh\u00e9rences culturelles de l&rsquo;Europe \u00e0 un double int\u00e9r\u00eat ici. D&rsquo;une part elle illustre ce qu&rsquo;est une culture dans ses diff\u00e9rents sens \u00e0 partir de la probl\u00e9matique qu&rsquo;elle a en charge. D&rsquo;autre part il se trouve que la probl\u00e9matique de la culture europ\u00e9enne, li\u00e9e \u00e0 la question du rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, d\u00e9ploie en tous sens des tentatives de r\u00e9solution de ce probl\u00e8me des relations entre cultures.<\/p>\n<p>On peut m\u00eame conclure que la vocation de l&rsquo;Europe, son meilleur sens et sa possible vertu (comme ses principaux vices), c&rsquo;est justement d&rsquo;avoir \u00e0 r\u00e9soudre cette question en \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 communaut\u00e9 de communaut\u00e9s. La question du lien social et de la constitution des communaut\u00e9s humaines est aussi l&rsquo;une des plus europ\u00e9ennes qui soit, ce qui fait qu&rsquo;en Europe se jouent des questions auxquelles il va falloir r\u00e9pondre \u00e0 nouveaux frais.<\/p>\n<p><strong>La Coh\u00e9rence de la Culture Europ\u00e9enne et ses sens<br \/>\n<cite>Europe ou le rapport \u00e0 l&rsquo;inconnu.<\/cite><\/strong><br \/>\n\u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e en 1989<\/p>\n<p>D\u00e8s l&rsquo;origine l&rsquo;identit\u00e9 de l&rsquo;Europe est un myst\u00e8re. La ph\u00e9nicienne mythologique, s\u00e9duite par Zeus d\u00e9guis\u00e9 en un taureau \u00e9trange qui a donn\u00e9 son nom \u00e0 l&rsquo;Europe n&rsquo;y avait jamais mis les pieds. D\u00e8s le VIIe si\u00e8cle avant J\u00e9sus-Christ le terme d\u00e9signe le territoire form\u00e9 par le p\u00e9ninsule de l&rsquo;Asie et les \u00ab\u00a0terres inconnues\u00a0\u00bb du nord de la Gr\u00e8ce.<\/p>\n<p>Terme de g\u00e9ographie, ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e9pisodiquement, avec de longues \u00e9clipses que l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une communaut\u00e9, d&rsquo;une culture, d&rsquo;une unit\u00e9 politique diff\u00e9renci\u00e9e se fait jour.<\/p>\n<p>Ce que l&rsquo;\u00e9tude nous r\u00e9v\u00e8le c&rsquo;est que le lien commun, le lieu de la rencontre des consensus europ\u00e9ens est cette probl\u00e9matique humaine du rapport \u00e0 l&rsquo;Inconnu.<\/p>\n<p>L&rsquo;Inconnu c&rsquo;est ce qui est et que l&rsquo;on ne conna\u00eet pas, le myst\u00e8re, le coeur ou la v\u00e9rit\u00e9 des choses, l&rsquo;Etre, derri\u00e8re les apparences, l&rsquo;inconscient en nous-m\u00eame et les autres, l&rsquo;Autre \u00eatre, \u00e9trange \u00e9tranger qui nous est pr\u00e9sent sans que l&rsquo;on puisse le saisir, le conna\u00eetre absolument. C&rsquo;est une pr\u00e9sence invisible que l&rsquo;on manque \u00e0 ma\u00eetriser, un d\u00e9faut de ma\u00eetrise, un manque au coeur du visible et qui tient lieu d&rsquo;Etre.<\/p>\n<p>Culture de l&rsquo;Etre, de l&rsquo;Etranger, elle est la culture de la personne comme \u00eatre singulier original et unique, insaisissable dans sa radicalit\u00e9.<\/p>\n<p>Philosophie grecque et anthropologie chr\u00e9tienne en font la terre d&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;une pens\u00e9e humaniste et d&rsquo;un personnalisme qui peuvent ainsi tourner \u00e0 l&rsquo;anti-humanisme et \u00e0 l&rsquo;individualisme.<\/p>\n<p>L&rsquo;Inconnu est ce qui interpelle l&rsquo;europ\u00e9en et suscite ses r\u00e9actions, les r\u00e9actions en tous sens qui caract\u00e9risent sa culture aux fronti\u00e8res si floues, au coeur si insaisissable, et pour cause.<\/p>\n<p>La carte de coh\u00e9rence servira pour cela de guide ou plut\u00f4t de boussole dont les directions sont autant de sens pour les r\u00e9actions \u00e0 cette interpellation par l&rsquo;Inconnu. Autant de sens pour des sensibilit\u00e9s, des mentalit\u00e9s, des usages diff\u00e9renci\u00e9s. Autant de sens pour des logiques, des dynamiques et des valeurs diversifi\u00e9es, pour le pire et le meilleur.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-762\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_SetCH5.png?resize=450%2C512\" alt=\"SetCH5.png\" width=\"450\" height=\"512\" align=\"center\" \/> <cite><br \/>\nChaque sens de la carte de Coh\u00e9rences se comprend par opposition \u00e0 son inverse et par conjugaison de ses lat\u00e9raux.<\/cite><\/p>\n<p>Horizontalement<br \/>\nA gauche, l&rsquo;Europe est celle des contrastes, de l&rsquo;aventure, aux fronti\u00e8res du connu, de l&rsquo;entreprise incertaine et du saut dans l&rsquo;inconnu. Elle est celle du courage, de la rencontre de l&rsquo;\u00e9tranger, du myst\u00e9rieux. Culture d&rsquo;aventuriers et d&rsquo;entrepreneurs et culture de la confrontation&#8230; des cultures, de la rencontre des diff\u00e9rences.<\/p>\n<p>A droite, au contraire, l&rsquo;inconnu suscite recul et retrait, crainte et d\u00e9fensive. Il appelle s\u00e9curit\u00e9 et protection derri\u00e8re ce qui efface la diff\u00e9rence, \u00e9limine l&rsquo;incertain, l&rsquo;inconnu. Id\u00e9es toutes faites, id\u00e9ologies, go\u00fbt de l&rsquo;ordre \u00e9tabli sont autant de d\u00e9fenses. La r\u00e9duction du r\u00e9el au conscient, de l&rsquo;univers au connu, font partie des d\u00e9fenses que la psychanalyse (bien europ\u00e9enne) a mis en \u00e9vidence et que les soci\u00e9t\u00e9s europ\u00e9ennes savent cultiver par toutes sortes d&rsquo;artifices.<\/p>\n<p>Verticalement<br \/>\nEn haut, l&rsquo;Europe est celle du formidable d\u00e9sir de connaissance qui en fait le berceau de grandes d\u00e9couvertes et de la science moderne par exemple. L&rsquo;inconnu appelle la curiosit\u00e9, l&rsquo;ouverture et celles-ci d\u00e9bouchent \u00e0 la fois sur l&rsquo;humanisme et la tol\u00e9rance et sur la recherche du nouveau. Le manque de ma\u00eetrise provoque le d\u00e9sir de compr\u00e9hension; le probl\u00e8me: le d\u00e9sir de r\u00e9solution. Connaissances et techniques fleurissent sous la gouverne de cette r\u00e9action.<\/p>\n<p>En bas, \u00e0 l&rsquo;inverse, il y a en Europe une r\u00e9action n\u00e9gative face \u00e0 l&rsquo;inconnu et l&rsquo;\u00e9tranger. Tout simplement il n&rsquo;existe pas, c&rsquo;est quantit\u00e9 n\u00e9gligeable et bon \u00e0 \u00eatre ignor\u00e9. L&rsquo;Europe s&rsquo;enorgueillit d&rsquo;autant plus d&rsquo;\u00eatre LA culture, LA civilisation qu&rsquo;elle refuse de voir et d&rsquo;entendre ce qui lui est \u00e9tranger et qu&rsquo;elle ne peut que subordonner. L&rsquo;individualisme est avant tout rejet de l&rsquo;autre dans son \u00e9tranget\u00e9, son alt\u00e9rit\u00e9. L&rsquo;\u00e9gocentrisme est refus de l&rsquo;\u00eatre, de l&rsquo;inconscient, de la profondeur source de diff\u00e9rence. Le manque de ma\u00eetrise se r\u00e9sout par la fermeture sur le territoire de l&rsquo;\u00e9go, celui du \u00e0 soi et du m\u00eame.<\/p>\n<p>Combin\u00e9s ces quatre sens donnent :<\/p>\n<p>Au Sud-Ouest, une confrontation n\u00e9gatrice paradoxale qui fait de l&rsquo;autre un rival, de l&rsquo;\u00e9tranger un concurrent et une opportunit\u00e9. L&rsquo;Europe des puissances n&rsquo;a cess\u00e9 de nouer des alliances et des compromis pour mieux rivaliser avec l&rsquo;autre. Son manich\u00e9isme est m\u00e2tin\u00e9 de compromissions, si bien que les extr\u00eames se trouvent complices dans un affrontement dont l&rsquo;antagonisme supporte tout \u00e0 fait une identification r\u00e9ciproque des partis. Berceau des id\u00e9ologies de la lutte des classes et de la concurrence fondatrice l&rsquo;Europe ne cesse de reconstituer ses blocs et ses tours d&rsquo;ivoire corporatistes pour les nouvelles batailles qui ne sont que la r\u00e8gle du jeu de d\u00e9jouement de la pr\u00e9sence de l&rsquo;autre et de l&rsquo;\u00eatre en soi.<\/p>\n<p>Au Nord-Est c&rsquo;est le contraire \u00e9videmment, \u00ab\u00a0Ouverture d\u00e9fensive\u00a0\u00bb, nouveau paradoxe de la culture europ\u00e9enne. Oui \u00e0 l&rsquo;inconnu \u00e0 condition de l&rsquo;inscrire dans une structure connue ordonn\u00e9e. Le rationalisme est europ\u00e9en et la France en est l&rsquo;un des plus fameux berceaux. Objectiver l&rsquo;inconnu, normaliser les diff\u00e9rences, r\u00e9gler et r\u00e9glementer. Telles sont les r\u00e9actions face \u00e0 l&rsquo;incertain, l&rsquo;\u00e9tranger, le non familier. Encyclop\u00e9distes, rationalistes, r\u00e9publicains, d\u00e9mocrates formalistes, syst\u00e9mistes, scientistes contribuent \u00e0 tisser cette immense broderie de l&rsquo;organisation commune d&rsquo;une Europe ouverte sur un ordre toujours \u00e0 repriser, qu&rsquo;il soit mental, juridique, administratif, politique, scientifique, social, \u00e9conomique, etc.<\/p>\n<p>Au Sud-Est refus d\u00e9fensif, crainte et r\u00e9action s\u00e9curitaire, n\u00e9gation de l&rsquo;autre, de l&rsquo;\u00e9tranger, font le lit des fascismes, totalitarismes, nationalismes extr\u00e9mistes. La x\u00e9nophobie, le racisme, alli\u00e9s aux envol\u00e9es romantiques et aux exaltations morbides ont connu leur sommun dans le nazisme. Nier le N\u00e9ant et se retrouver fascin\u00e9 par la mort de l&rsquo;Autre, qui n&rsquo;\u00e9puise d&rsquo;ailleurs pas le sujet tant qu&rsquo;il y a de l&rsquo;\u00eatre en soi \u00e0 suicider. Destin des violences parano\u00efaques. L&rsquo;Europe ma\u00eetre du monde tel est l\u00e0 son destin impossible, source d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 in\u00e9puisable. Le refoulement de l&rsquo;autre, de l&rsquo;\u00eatre et de l&rsquo;\u00e9tranger, sont une tentative de fuite dans le d\u00e9ni de l&rsquo;Etre. Edgar Morin voit l\u00e0 le fondement de l&rsquo;Europe. Cela n&rsquo;en est que son pire penchant.<\/p>\n<p>Au Nord-Ouest, ouverture et confrontation. La rencontre se fait concourance. Reconstitution du tissu des \u00eatres, des autres, des inconnus. Alliances et r\u00e9conciliations, union des diff\u00e9rences, l&rsquo;Europe est alors communaut\u00e9 de communaut\u00e9s, elle est en qu\u00eate d&rsquo;int\u00e9gration mais int\u00e9gration veut dire respect de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de l&rsquo;autre dans une union f\u00e9conde. Alliance de l&rsquo;esprit et de la mati\u00e8re dans la cr\u00e9ativit\u00e9, alliance de la philosophie et de la science dans la connaissance et le discernement. Alliance des valeurs compl\u00e9mentaires reconnues et risqu\u00e9es ensemble. Union entreprenante d&rsquo;entreprises autonomes. Bouquet des valeurs et des talents. Commerce des valeurs diff\u00e9renci\u00e9es pour trouver une unit\u00e9 de consensus. R\u00e9solution de la question de l&rsquo;unit\u00e9 des diff\u00e9rences. Concourance des entreprises, \u00e9conomie de concourance. Telle est la vertu majeure de la culture europ\u00e9enne. Ce qui est sa probl\u00e9matique est la source de ses meilleures valeurs. C&rsquo;est aussi sa vocation.<\/p>\n<p>La vocation Europ\u00e9enne tient en deux mots, r\u00e9conciliation et concourance. Elle a une vis\u00e9e aussi bien philosophique et spirituelle que culturelle et sociale en m\u00eame temps que dynamique et pratique.<\/p>\n<p>Cet esprit europ\u00e9en n&rsquo;est pas dominant m\u00eame si on peut en pressentir \u00e0 bas bruit l&rsquo;\u00e9mergence :<br \/>\n&#8211; construction europ\u00e9enne en butte aux r\u00e9actions normatives, rivalisantes ou fascisantes,<br \/>\n&#8211; rencontre, d\u00e9couverte et cr\u00e9ation de r\u00e9seaux d&rsquo;entreprises,<br \/>\n&#8211; recherche d&rsquo;une unit\u00e9, d&rsquo;une identit\u00e9 europ\u00e9enne r\u00e9paratrice des exc\u00e8s de l&rsquo;histoire, tant pour elle-m\u00eame que pour les territoires qu&rsquo;elle a occup\u00e9, dans le respect des autres et avec leur concours.<\/p>\n<p>Mais pour imaginer une Europe engag\u00e9e dans sa vocation, encore faut-il accepter l&rsquo;Inconnu et ne pas refuser l&rsquo;aventure, avoir le courage de la d\u00e9couverte, de la rencontre, de la cr\u00e9ation. Telle est l&rsquo;aventure toujours neuve que l&rsquo;Europe offre \u00e0 l&rsquo;homme moderne pendant qu&rsquo;elle ne cesse de le tenter sur des pentes plus faciles et si bien balis\u00e9es par l&rsquo;histoire. Peut-\u00eatre faut-il retrouver les chemins des p\u00e8lerins et des marchands, des b\u00e2tisseurs de cath\u00e9drale et des ma\u00eetres d&rsquo;antan pour qu&rsquo;au Moyen \u00e2ge r\u00e9ponde aujourd&rsquo;hui l&rsquo;\u00e2ge mur de l&rsquo;Europe, gage d&rsquo;une plus grande maturit\u00e9 de l&rsquo;homme, int\u00e9gr\u00e9 et r\u00e9concili\u00e9. Cette Europe n&rsquo;a pas de fronti\u00e8res puisqu&rsquo;elle peut habiter partout o\u00f9 il y a des hommes originaux, des cultures singuli\u00e8res et des entreprises de concourance \u00e0 vivre.<\/p>\n<p>A l&rsquo;Europe de s&rsquo;inventer comme foyer et non comme territoire ou comme norme. Telle est la voie de son universalit\u00e9, non exclusive de celle des autres cultures.<\/p>\n<p><strong>DESINTEGRATION<br \/>\nET INTEGRATION SOCIALE<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Dans les pays occidentaux, et en France notamment, on assiste \u00e0 un d\u00e9veloppement extraordinaire des \u00ab\u00a0exclusions\u00a0\u00bb, ch\u00f4meurs, jeunes sans emploi, nouveaux pauvres, handicap\u00e9s physiques et mentaux, immigr\u00e9s ou descendants de l&rsquo;immigration&#8230;<\/p>\n<p>Si toutes ces cat\u00e9gories se recoupent il n&rsquo;en reste pas moins que ce sont en France des millions de personnes qui sont concern\u00e9es, avec leur famille bien souvent.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agit plus d&rsquo;une question de \u00ab\u00a0marginalit\u00e9\u00a0\u00bb mais de d\u00e9sint\u00e9gration sociale.<\/p>\n<p>Depuis au moins une d\u00e9cennie r\u00e8gne l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il y a d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 une soci\u00e9t\u00e9 assimil\u00e9e \u00e0 un syst\u00e8me (\u00e9conomique principalement) et de l&rsquo;autre des exclus. Les politiques d&rsquo;insertion reposent sur ce sch\u00e9ma d&rsquo;un dedans\/dehors. Ce sch\u00e9ma occulte le fait qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une seule soci\u00e9t\u00e9 et que c&rsquo;est au coeur d&rsquo;elle m\u00eame que les ruptures s&rsquo;op\u00e8rent.<\/p>\n<p>Au lieu de fabriquer une sorte d&rsquo;excroissance du syst\u00e8me socio-\u00e9conomique pour inclure les exclus par toutes sortes de \u00ab\u00a0mesures\u00a0\u00bb et de dispositifs il faudrait s&rsquo;interroger sur le ph\u00e9nom\u00e8ne de d\u00e9sint\u00e9gration de notre soci\u00e9t\u00e9<\/p>\n<p>Pour cela, si on ne veut pas continuer \u00e0 accumuler les raisons qui n&rsquo;expliquent rien, il faut en venir \u00e0 la question de l&rsquo;int\u00e9gration d&rsquo;une communaut\u00e9 humaine.<\/p>\n<p>Comment se forme une communaut\u00e9 humaine, comment elle tient, quel est son lien, sa nature et ses modalit\u00e9s. C&rsquo;est comme cela que l&rsquo;on pourra comprendre le ph\u00e9nom\u00e8ne de d\u00e9sint\u00e9gration et aussi penser des solutions d&rsquo;int\u00e9gration individuelles et collectives.<\/p>\n<p>Ce type de question : d\u00e9sint\u00e9gration\/int\u00e9gration se pose aujourd&rsquo;hui tr\u00e8s largement dans la mesure ou cela touche aussi bien les individus que des groupes entiers (professions en difficult\u00e9, minorit\u00e9s etc&#8230;).<\/p>\n<p>Le point fondamental est li\u00e9 \u00e0 la conception du lien social, \u00e0 la conception de l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9. On reprendra ici les quatre tendances \u00e0 l&rsquo;oeuvre aujourd&rsquo;hui, \u00e9voqu\u00e9es en introduction, qui nous donnent quatre visions de la question reposant chacune sur un sens diff\u00e9rent, un regard avec sa coh\u00e9rence propre.<\/p>\n<p>Premier regard, premi\u00e8re version :<br \/>\nLa soci\u00e9t\u00e9 est un amalgame qui tient son unit\u00e9 d&rsquo;un pouvoir de coh\u00e9sion. L&rsquo;exclu est celui qui, par quelque biais, trahit la communaut\u00e9, l&rsquo;\u00e9tranger est suspect et le ch\u00f4meur fain\u00e9ant, le handicap\u00e9 l&rsquo;a bien cherch\u00e9.<\/p>\n<p>On voit bien que c&rsquo;est par quelque proc\u00e9dure d&rsquo;all\u00e9geance que peut se faire une int\u00e9gration qui vise \u00e0 abolir la diff\u00e9rence d&rsquo;\u00eatre c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9. En effet la communaut\u00e9 formant un seul corps il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;un \u00eatre : le d\u00e9tenteur du pouvoir, identifi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00eatre de la communaut\u00e9 (le peuple), l&rsquo;un et l&rsquo;autre se justifiant mutuellement, union du peuple gr\u00e2ce au pouvoir, pouvoir au nom du peuple.<\/p>\n<p>Toute alt\u00e9rit\u00e9 : autre peuple, autre \u00eatre, diff\u00e9rent, autonome, est aper\u00e7u comme alt\u00e9ration, souillure, pollution, impropre (le \u00ab\u00a0sale \u00e9tranger\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>Les exclusions sont donc v\u00e9cues comme la sanction d&rsquo;une alt\u00e9ration plus au moins coupable, et l&rsquo;int\u00e9gration comme une prise de possession ou d\u00e9possession de l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;autre, une soumission consentie (assimilation?). Malheureusement il arrive que sur le terrain ce soit de telles injonctions qui sont pratiqu\u00e9es, r\u00e9clamant le renoncement \u00e0 l&rsquo;Etre pour \u00ab\u00a0avoir le droit\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Second regard, deuxi\u00e8me version :<br \/>\nLa soci\u00e9t\u00e9 est l&rsquo;architecture rationnelle des fonctions sociales. Il y a une sph\u00e8re du priv\u00e9, du personnel, et une sph\u00e8re du social dont le lien est la structure rationalis\u00e9e de la cit\u00e9 sur tous les plans, mat\u00e9riel, politique, \u00e9conomique, etc&#8230;<\/p>\n<p>D&rsquo;une certaine mani\u00e8re le lien-structure s&rsquo;impose aux personnes pour r\u00e9gir leur participation \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 et donc leur permettre d&rsquo;y subsister et d&rsquo;y fonctionner selon leur comp\u00e9tence.<\/p>\n<p>L&rsquo;exclusion est donc l\u00e0 une question de comp\u00e9tence et naturellement la solution un probl\u00e8me de formation \u00e0 la comp\u00e9tence socio-technique requise.<\/p>\n<p>Un surcro\u00eet de rationalisation sociale, associ\u00e9 \u00e0 un effort de (con) formation devrait venir \u00e0 bout du probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Il semble bien l\u00e0 que quelques chose \u00e9chappe \u00e0 la raison, qui rende globalement vaines les structures d&rsquo;int\u00e9gration b\u00e2ties dans ce sens. La raison \u00e9conomique, politique, sociale, technique, ne serait-elle pas d\u00e9terminante de la constitution de la communaut\u00e9 ? Probablement pas mais quelle r\u00e9vision pour l&rsquo;id\u00e9alisme rationaliste et la plupart des id\u00e9ologies modernes qui y sont ancr\u00e9s !<\/p>\n<p>En effet il est quelque peu \u00e9tonnant que les sommets de perfectionnement, de rationalisation, que les techniques, notamment, s&rsquo;assortissent d&rsquo;un tel \u00e9chec sur la structure d&rsquo;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9 qui semble quelque peu se d\u00e9sagr\u00e9ger.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me regard, troisi\u00e8me version :<br \/>\nLe lien social n&rsquo;est rien d&rsquo;autre ici que l&rsquo;ensemble des interactions qui constituent le syst\u00e8me social. Les individus (il n&rsquo;y a plus \u00ab\u00a0personnes\u00a0\u00bb au bout du compte) n&rsquo;existent que par l&rsquo;ensemble des interd\u00e9pendances auxquelles ils participent. La logique du syst\u00e8me, en termes d&rsquo;\u00e9quilibre, veut que le bilan des interactions soit positif ou n\u00e9gatif.<\/p>\n<p>S&rsquo;il est positif alors les individus profitent du syst\u00e8me dans la mesure m\u00eame de leur adaptation, les autres sont plut\u00f4t d\u00e9chus du syst\u00e8me ce qui est dans la nature des choses lorsqu&rsquo;il sont moins \u00ab\u00a0adapt\u00e9s\u00a0\u00bb. Cette ligne de l&rsquo;\u00e9quilibre adaptatif s\u00e9pare la soci\u00e9t\u00e9 en deux. C&rsquo;est le fondement logique r\u00e9el de la soci\u00e9t\u00e9 duale.<\/p>\n<p>M\u00eame les inadapt\u00e9s sont en quelque sorte int\u00e9gr\u00e9s au syst\u00e8me dans la mesure ou c&rsquo;est une loi de nature qui leur assigne une place.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me n&rsquo;est plus que d&rsquo;organiser la circulation qui permettra le libre fonctionnement du syst\u00e8me quitte \u00e0 pr\u00e9voir des voies de recyclage o\u00f9 certains trouveront le moyen de revenir dans la premi\u00e8re cat\u00e9gorie et les autres n&rsquo;auront plus qu&rsquo;\u00e0 assumer cette position d&rsquo;exclus dans une infrastructure ad\u00e9quate \u00e0 leur condition mineure.<\/p>\n<p>L&rsquo;insertion dans les interstices de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre facette du syst\u00e8me social est synonyme d&rsquo;int\u00e9gration. Voyons bien que lorsque le syst\u00e8me des interactions extra individuelles est consid\u00e9r\u00e9 comme lien social, c&rsquo;est une extra territorialit\u00e9 humaine qui forme le terrain social, le lieu du lien. L&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;homme comme le pr\u00e9figurait le rationalisme est exclue du lien social. Ici le prix de l&rsquo;insertion, c&rsquo;est la n\u00e9gation d&rsquo;humanit\u00e9 de la personne.<\/p>\n<p>Dans ces trois versions l&rsquo;homme est invit\u00e9 \u00e0 \u00eatre autre qu&rsquo;une personne dou\u00e9e d&rsquo;humanit\u00e9 pour se r\u00e9duire \u00e0 l&rsquo;individu que r\u00e9clame la soci\u00e9t\u00e9 pour s&rsquo;y trouver int\u00e9gr\u00e9. Le prix de l&rsquo;int\u00e9gration c&rsquo;est la perte d&rsquo;int\u00e9grit\u00e9.<\/p>\n<p>Si, au contraire, le lien social, selon le sens que reconna\u00eet la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines comme le meilleur, est sens et consensus. C&rsquo;est le coeur m\u00eame de la personne, l\u00e0 ou r\u00e9side son int\u00e9grit\u00e9 qui y est investie.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration sociale est l&rsquo;univers des int\u00e9grit\u00e9s. L&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 personnelle (sous le meilleur sens) est la condition de l&rsquo;int\u00e9gration \u00e0 la communaut\u00e9 et, par suite, de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration de la communaut\u00e9 est le processus par lequel les hommes s&rsquo;int\u00e8grent \u00e0 la communaut\u00e9 et d\u00e9couvrent et d\u00e9veloppent leur int\u00e9grit\u00e9.<\/p>\n<p>Autrement dit, la recherche et le renforcement de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 personnelle, l&rsquo;int\u00e9gration \u00e0 la communaut\u00e9 et la formation de la communaut\u00e9 elle-m\u00eame vont de concert. L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 stable et d&rsquo;une modification de l&rsquo;individu pour s&rsquo;y int\u00e9grer est dangereuse et m\u00eame d\u00e9sint\u00e9grative avec son lot de d\u00e9linquance, d\u00e9viance, drogue, auto-destruction. L&rsquo;injonction d&rsquo;insertion, dans cette perspective, est la source de la d\u00e9sint\u00e9gration.<\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;int\u00e9gration de personnes \u00e0 une communaut\u00e9 sans mise en question de cette communaut\u00e9 est dangereuse. Elle fonde son d\u00e9veloppement dans l&rsquo;annulation des alt\u00e9rit\u00e9s et non dans leur concourance dont la configuration d\u00e9pend des membres (alter), m\u00eame si le sens commun reste le m\u00eame.<\/p>\n<p>Autrement dit, toute communaut\u00e9 humaine est une communaut\u00e9 fraternelle d&rsquo;\u00e9trangers (lorsqu&rsquo;elle est vue dans le sens ad\u00e9quat).<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration dans une communaut\u00e9 implique donc simultan\u00e9ment :<br \/>\n&#8211; la reconnaissance de la personne (ou du groupe humain) dans son int\u00e9grit\u00e9 et sous ses meilleurs potentiels personnels et culturels.<br \/>\n&#8211; la reconnaissance de la communaut\u00e9 dans son int\u00e9grit\u00e9 culturelle, et sous ses meilleurs potentiels.<br \/>\n&#8211; la rencontre et l&rsquo;accueil r\u00e9ciproque dans la recherche des conditions d&rsquo;une int\u00e9gration o\u00f9 l&rsquo;un \u00e9volue vers l&rsquo;autre, micro p\u00e9dagogie des personnes, macro p\u00e9dagogie des groupes humains.<br \/>\n&#8211; le d\u00e9veloppement d&rsquo;une concourance, autrement dit du service de la personne \u00e0 la communaut\u00e9, et de la reconnaissance par celle-ci de la valeur de ce service par rapport aux fins et au devenir de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>On pourrait dire ainsi que l&rsquo;int\u00e9gration sociale se fait par un \u00ab\u00a0commerce des valeurs\u00a0\u00bb c&rsquo;est-\u00e0-dire connaissance, reconnaissance et conjugaison des \u00ab\u00a0valeurs\u00a0\u00bb r\u00e9ciproques. Le commerce, comme moyen du lien social, est bien justifi\u00e9 \u00e0 condition que ce soit ce \u00ab\u00a0commerce des valeurs\u00a0\u00bb o\u00f9 rien n&rsquo;interdit de resituer les \u00e9changes de \u00ab\u00a0biens\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0services\u00a0\u00bb s&rsquo;il s&rsquo;agit du bien et du service des hommes.<\/p>\n<p>Enfin l&rsquo;int\u00e9gration sociale ne peut se faire qu&rsquo;en partage de consensus selon un sens, c&rsquo;est-\u00e0-dire selon une perspective ou un projet. C&rsquo;est la concourance \u00e0 un projet commun qui permet cette int\u00e9gration et non pas un face \u00e0 face duel.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration des personnes \u00e0 la communaut\u00e9 fait \u00e9voluer le projet de la communaut\u00e9 qui p\u00e8se \u00e9videmment plus lourd en g\u00e9n\u00e9ral que l&rsquo;apport de quelques personnes. Le projet social, la perspective de d\u00e9veloppement de la communaut\u00e9 au travers de ses modalit\u00e9s d&rsquo;existence, est le terrain de tout rapprochement.<\/p>\n<p>Une soci\u00e9t\u00e9 sans projet humain se d\u00e9sint\u00e8gre par d\u00e9simplication de ses membres. Il en va de m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;agit de faux projets humains n\u00e9gateurs ou r\u00e9ducteurs de l&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Pourquoi s&rsquo;\u00e9tonner que des projets par trop rationalistes, technocratiques, \u00e9conomistes, naturalistes ne mobilisent pas les populations. Elles ne sont pas touch\u00e9es au coeur. Alors les manipulateurs d&rsquo;affectivit\u00e9 archa\u00efque ou de sentimentalit\u00e9 immature ont le terrain libre pour substituer la violence des affects au discernement du sens et de la vocation humaine des personnes et des communaut\u00e9s. Les \u00e9preuves de l&rsquo;Europe devraient nous questionner sur la connaissance qu&rsquo;ont les europ\u00e9ens de leur propre culture et vocation culturelle locale et des autres cultures de la m\u00eame communaut\u00e9 europ\u00e9enne (au-del\u00e0 des repr\u00e9sentations, des affects et des int\u00e9r\u00eats imm\u00e9diats).<\/p>\n<p>L&rsquo;Europe est interpell\u00e9e dans sa vocation m\u00eame. Il n&rsquo;est pas \u00e9tonnant qu&rsquo;int\u00e9gration et d\u00e9sint\u00e9gration y soient simultan\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;oeuvre. Il s&rsquo;agit que les europ\u00e9ens, et avant tout ceux qui font profession de responsabilit\u00e9, discernent le bon sens et cessent d&rsquo;alimenter les sens destructeurs d&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 avec des certitudes fig\u00e9es en guise de conscience des sens. Les responsables ont \u00e0 r\u00e9pondre du sens des entreprises qu&rsquo;ils dirigent, des communaut\u00e9s qu&rsquo;ils orientent.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 le probl\u00e8me du politique.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nLE DEVELOPPEMENT LOCAL<br \/>\nRURAL ET URBAIN<\/strong><\/p>\n<p>Consid\u00e9r\u00e9e \u00e0 partir de la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines, il nous faut observer que la question du d\u00e9veloppement est au croisement de la question de la culture, pour le fait qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une communaut\u00e9 locale, et de la question de l&rsquo;entreprise pour ce qui concerne les modalit\u00e9s et la ma\u00eetrise du d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>La g\u00e9n\u00e9ralisation du terme de d\u00e9veloppement, tant dans les pays du tiers monde que dans les r\u00e9gions et localit\u00e9s du monde occidental, est significative de l&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;une nouvelle fa\u00e7on d&rsquo;envisager la vie des collectivit\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agit pas simplement de conservation ou de subsistance mais de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Cependant il ne faut pas prendre le d\u00e9veloppement comme un chose, que l&rsquo;on fabrique, que l&rsquo;on met en place, que l&rsquo;on apporte l\u00e0 o\u00f9 il en manquerait. Il faut le comprendre comme le mouvement m\u00eame d&rsquo;une communaut\u00e9 humaine qui d\u00e9ploie les potentialit\u00e9s qui lui sont propres et progresse ainsi dans l&rsquo;accomplissement de ses vertus et par l\u00e0 m\u00eame de ses hommes.<\/p>\n<p>Trop souvent le d\u00e9veloppement est envisag\u00e9, ou m\u00eame r\u00e9alis\u00e9, \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;encontre\u00a0\u00bb de ceux qui sont cens\u00e9s en \u00eatre b\u00e9n\u00e9ficiaires.<\/p>\n<p>Il nous faut donc envisager ici trois couples de rep\u00e8res pour discerner la logique d&rsquo;un d\u00e9veloppement v\u00e9ritable, celui dont les finalit\u00e9s humaines en justifient le projet et les moyens.<\/p>\n<p>Au d\u00e9veloppement forc\u00e9, contrainte n\u00e9cessaire impos\u00e9e par quelque crise ou conjoncture, nous opposerons un d\u00e9veloppement ambitieux, qui traduit des aspirations et une esp\u00e9rance de progr\u00e8s humain au travers des modalit\u00e9s de l&rsquo;existence collective.<\/p>\n<p>Au d\u00e9veloppement exog\u00e8ne, con\u00e7u selon des mod\u00e8les, des normes et des m\u00e9thodes \u00e9trang\u00e8res, nous pr\u00e9f\u00e9rerons le d\u00e9veloppement endog\u00e8ne qui est l&rsquo;expression originale de la collectivit\u00e9 et de sa culture propre.<\/p>\n<p>Au d\u00e9veloppement plaqu\u00e9, construction artificielle ou am\u00e9nagement install\u00e9 sur le terrain d&rsquo;une collectivit\u00e9 locale et coup\u00e9 de ses racines, nous substituerons un d\u00e9veloppement participatif et communautaire, fruit d&rsquo;une \u00ab\u00a0concourance\u00a0\u00bb entre les partenaires concern\u00e9s.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement est la r\u00e9alisation d&rsquo;une ambition propre fond\u00e9e sur un consensus.<\/p>\n<p>Dans de nombreux cas, ces principes ne sont pas respect\u00e9s.<br \/>\n&#8211; par exemple le d\u00e9veloppement d&rsquo;activit\u00e9s \u00e9conomiques au d\u00e9triment des populations locales ou au profit d&rsquo;int\u00e9r\u00eats individuels ou ext\u00e9rieurs,<br \/>\n&#8211; par exemple le gaspillage d&rsquo;investissements qui s&rsquo;av\u00e8rent non pertinents ou qui ne sont pas int\u00e9gr\u00e9s par les gens,<br \/>\n&#8211; par exemple la mise en place d&rsquo;am\u00e9nagements qui r\u00e9pondent plus \u00e0 la satisfaction d&rsquo;experts ou de technocrates qu&rsquo;\u00e0 celle des habitants qui les d\u00e9sertent.<\/p>\n<p>On pourrait taxer d&rsquo;incoh\u00e9rent tout d\u00e9veloppement dont les justifications et les r\u00e9alisations ne seraient pas authentiquement fond\u00e9es dans le milieu social, la collectivit\u00e9 humaine dont ce doit \u00eatre l&rsquo;engagement propre.<\/p>\n<p>Au travers de quelques questions simples, on peut v\u00e9rifier, \u00e9valuer et m\u00eame fonder la coh\u00e9rence et l&rsquo;authenticit\u00e9 de tout projet de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement de qui ? Le d\u00e9veloppement de quoi ? Le d\u00e9veloppement pourquoi ?<\/p>\n<p>LE DEVELOPPEMENT DE QUI ?<br \/>\nQuestion largement oubli\u00e9e. Il n&rsquo;y a de d\u00e9veloppement que celui d&rsquo;une communaut\u00e9 humaine. Autrement dit, tous les probl\u00e8mes, processus et fruits du d\u00e9veloppement ne peuvent qu&rsquo;\u00eatre ceux de la collectivit\u00e9 en propre. S&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;habitat, c&rsquo;est son habitation, s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;agriculture, c&rsquo;est son activit\u00e9 agricole, s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9quipements collectifs ce sont ses \u00e9quipements.<\/p>\n<p>Cela ne veut pas dire que la collectivit\u00e9 acqui\u00e8re quelque chose en plus mais qu&rsquo;elle d\u00e9veloppe ce qu&rsquo;elle est. Il s&rsquo;agit plus d&rsquo;un Etre que d&rsquo;un Avoir.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement doit toujours \u00eatre envisag\u00e9 comme un acte d&rsquo;auteur, celui de la collectivit\u00e9 elle-m\u00eame. Ce sont ainsi les potentialit\u00e9s de la collectivit\u00e9 qui devront s&rsquo;actualiser pour qu&rsquo;un d\u00e9veloppement soit endog\u00e8ne.<\/p>\n<p>Mais pour cela il faut reconna\u00eetre ce que sont les potentialit\u00e9s propres, ce qui fonde le caract\u00e8re propre et original de la population concern\u00e9e.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines montre qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 de ce que l&rsquo;on a appel\u00e9 la culture du groupe humain.<\/p>\n<p>Le sujet du d\u00e9veloppement, c&rsquo;est donc la culture de la collectivit\u00e9. C&rsquo;est elle qui se d\u00e9veloppe, c&rsquo;est-\u00e0-dire qui s&rsquo;actualise dans un pr\u00e9sent en devenir.<\/p>\n<p>LE DEVELOPPEMENT DE QUOI ?<br \/>\nCette question est li\u00e9e \u00e0 la premi\u00e8re. On pourrait consid\u00e9rer le d\u00e9veloppement des choses, des structures, des syst\u00e8mes en eux-m\u00eames, pour eux-m\u00eames, par exemple, le d\u00e9veloppement de l&rsquo;agriculture. Or de nombreux exemples montrent que le d\u00e9veloppement (au sens de croissance) de l&rsquo;agriculture peut se faire au d\u00e9triment des agriculteurs eux-m\u00eames. En outre, il arrive souvent que l&rsquo;on confonde le d\u00e9veloppement avec l&rsquo;installation ou l&rsquo;extension d&rsquo;am\u00e9nagements qui ne concernent pas les gens.<\/p>\n<p>En fait, il n&rsquo;y a de d\u00e9veloppement que du mode d&rsquo;existence propre de la collectivit\u00e9. Si c&rsquo;est la culture qui se d\u00e9veloppe, ce qu&rsquo;elle d\u00e9veloppe, ce sont les modalit\u00e9s d&rsquo;existence du groupe humain. Ces modalit\u00e9s sont aussi riches et vari\u00e9es que ce qui fait la vie en soci\u00e9t\u00e9, habitat, techniques, relations, connaissances, vocation, repr\u00e9sentations, projets, oeuvres, r\u00e9alisations, \u00e9changes internes et externes, etc&#8230;<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement est donc celui des modes d&rsquo;existence collectifs qui sont eux-m\u00eames l&rsquo;expression de la culture propre.<\/p>\n<p>Ces modes d&rsquo;existence pr\u00e9existent forc\u00e9ment \u00e0 toute action de d\u00e9veloppement. De ce fait, le d\u00e9veloppement est toujours une \u00e9volution de l&rsquo;existant et ne doit pas \u00eatre plaqu\u00e9 comme sur un terrain vierge, une table rase.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le d\u00e9veloppement de telle ou telle r\u00e9alisation ne vaut qu&rsquo;en tant qu&rsquo;elle participe \u00e0 la vie commune et \u00e0 son \u00e9volution. C&rsquo;est la condition pour que le d\u00e9veloppement soit int\u00e9gr\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il soit en coh\u00e9rence avec l&rsquo;ensemble des modalit\u00e9s de la vie collective. En effet, un am\u00e9nagement urbain qui ne participe pas des modes d&rsquo;habitation et des donn\u00e9es \u00e9conomiques du lieu, restera une greffe artificielle susceptible de ph\u00e9nom\u00e8nes de rejets, \u00e0 moins d&rsquo;une \u00ab\u00a0r\u00e9cup\u00e9ration\u00a0\u00bb par le milieu social.<\/p>\n<p>C&rsquo;est comme cela que l&rsquo;on gaspille de grands investissements en n\u00e9gligeant l&rsquo;essentiel : le d\u00e9veloppement des modalit\u00e9s d&rsquo;existence commune, de co-existence.<\/p>\n<p>LE DEVELOPPEMENT POURQUOI ?<br \/>\nSachant qu&rsquo;il n&rsquo;y a de d\u00e9veloppement que celui des modes de vie d&rsquo;une communaut\u00e9 culturelle, il reste encore \u00e0 justifier le sens de ce d\u00e9veloppement. Pour se d\u00e9velopper, il faut sortir de tous les fatalismes et du pathos n\u00e9cessitaire qui n&rsquo;ont pour effet que de d\u00e9velopper l&rsquo;angoisse et son commerce florissant.<\/p>\n<p>Au contraire, le d\u00e9veloppement doit \u00eatre justifi\u00e9 par une esp\u00e9rance, des aspirations qui expriment des valeurs humaines communes. En fait, chaque communaut\u00e9 culturelle poss\u00e8de une diversit\u00e9 de tendances, les pires comme les meilleures, parmi lesquelles on peut discerner une \u00ab\u00a0vocation culturelle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Autant on peut souhaiter \u00e0 une personne de se d\u00e9velopper selon sa vocation propre, autant on peut l&rsquo;esp\u00e9rer d&rsquo;une collectivit\u00e9 locale ou nationale, celle d&rsquo;un quartier ou d&rsquo;une r\u00e9gion. Chaque collectivit\u00e9 humaine porte dans sa culture les dispositions \u00e0 plusieurs d\u00e9veloppements qui lui sont propres. Mais elle porte parmi elles une vocation qui correspond \u00e0 ses meilleures valeurs, ses meilleures potentialit\u00e9s et donc le meilleur accomplissement de ses richesses et de ses hommes.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement pour le d\u00e9veloppement est st\u00e9rile ou m\u00eame n\u00e9faste. Il suffit d&rsquo;en voir les effets dans le tiers monde et m\u00eame ailleurs.<\/p>\n<p>Tout d\u00e9veloppement qui n&rsquo;est pas l&rsquo;accomplissement d&rsquo;une vocation culturelle originale n&rsquo;est pas justifi\u00e9 ni pour les hommes de la communaut\u00e9, ni pour les autres collectivit\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il est orient\u00e9 selon la vocation propre de la collectivit\u00e9 culturelle, le d\u00e9veloppement est le plus f\u00e9cond et le plus profitable, non seulement \u00e0 la collectivit\u00e9 elle-m\u00eame, mais \u00e0 tous ses partenaires ext\u00e9rieurs. C&rsquo;est ainsi que les int\u00e9r\u00eats peuvent converger, contrairement aux vis\u00e9es captatrices et concurrentielles qui pr\u00e9valent souvent.<\/p>\n<p>Le lecteur habitu\u00e9 \u00e0 se confronter aux aspects techniques, financiers, aux probl\u00e8mes r\u00e9glementaires de pouvoir, de coordination, etc..pourrait juger utopique ou irr\u00e9aliste cette conception du d\u00e9veloppement. Ce peut \u00eatre le cas de projets dont le sens est discutable ou dans une perspective r\u00e9ductionniste, si courante, qui tend \u00e0 traiter les affaires humaines sans les hommes ou malgr\u00e9 eux.<\/p>\n<p>C&rsquo;est aussi probablement le fait d&rsquo;une carence des sciences humaines qui n&rsquo;ont pas permis jusqu&rsquo;ici de ma\u00eetriser les implications anthropologique fondamentales de cette approche, pourtant \u00e9nonc\u00e9e ou r\u00e9clam\u00e9e ici ou l\u00e0 (le d\u00e9veloppement endog\u00e8ne fond\u00e9 sur la culture, ou les recherches d&rsquo;un urbanisme vraiment \u00ab\u00a0&lsquo;habit\u00e9\u00a0\u00bb par les gens, etc..).<\/p>\n<p>En d\u00e9finitive, la r\u00e9alit\u00e9 du d\u00e9veloppement est celle issue d&rsquo;un consensus culturel. Elle est, dans son fondement, li\u00e9e au partage d&rsquo;humanit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;originalit\u00e9 d&rsquo;une probl\u00e9matique humaine qui constitue les racines de la communaut\u00e9. C&rsquo;est pour cela que lorsqu&rsquo;il est pris dans le sens de la vocation culturelle du milieu, alors ses formes sont toujours originales. Il a fallu souvent chausser les lunettes d&rsquo;une vision normative pour ne plus d\u00e9celer cette originalit\u00e9, la personnalit\u00e9 de toute communaut\u00e9, et en venir \u00e0 imposer des mod\u00e8les dont le standard est d\u00e9personnalisant, cela rejoint certaines conceptions de l&rsquo;int\u00e9gration-insertion.<\/p>\n<p>Par ailleurs le d\u00e9veloppement au travers de ses multiples visages trouve sa coh\u00e9rence dans le sens de son \u00ab\u00a0entreprise\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les projets de d\u00e9veloppement ont alors toutes les caract\u00e9ristiques des entreprises humaines et, \u00e0 leur mani\u00e8re, sollicitent toutes les questions du gouvernement des entreprises humaines. Cet aspect entrepreneurial du d\u00e9veloppement pose la question d&rsquo;une direction qui renvoie au politique. Il pose la question d&rsquo;une mobilisation collective, celle des strat\u00e9gies, des identifications, des op\u00e9rations, de l&rsquo;\u00e9conomie etc..<\/p>\n<p>Il faut observer que lorsque le d\u00e9veloppement est r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomique on se trouve souvent dans un sens \u00ab\u00a0culturel\u00a0\u00bb qui r\u00e9duit la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 une alternance d&rsquo;abondance ou de p\u00e9nurie: profiter ou survivre.<\/p>\n<p>On se trouve aussi quelques fois tout simplement au niveau d&rsquo;une vision primaire, judicieuse uniquement s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une communaut\u00e9 d&rsquo;\u00e2ge primaire.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9volution des ph\u00e9nom\u00e8nes humains montre en effet qu&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e2ge primaire trouvera son meilleur d\u00e9veloppement dans l&rsquo;apprentissage du perfectionnement de son \u00e9conomie (r\u00e8gles de l&rsquo;existence de la communaut\u00e9)<\/p>\n<p>Une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e2ge secondaire cherchera \u00e0 d\u00e9velopper son identit\u00e9 au travers de ce qui peut la qualifier aux yeux des autres populations et de la sienne.<\/p>\n<p>Une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e2ge tertiaire cherchera plut\u00f4t \u00e0 d\u00e9velopper une vocation originale en cultivant ses potentiels en vue d&rsquo;accomplir une \u00ab\u00a0mission\u00a0\u00bb vis-\u00e0-vis de ses membres et des autres communaut\u00e9s. Reste \u00e0 ce que le sens de cette mission soit sain.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9volution de la situation internationale remet en question la responsabilit\u00e9 des nations, les unes vis-\u00e0-vis des autres, et m\u00eame des peuples ou r\u00e9gions minoritaires.<\/p>\n<p>On peut aussi avec ce moyen de lecture comprendre les situations o\u00f9 il semble qu&rsquo;un \u00ab\u00a0sous d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb soit \u00e0 l&rsquo;oeuvre.<\/p>\n<p>Pour certaines il s&rsquo;agit de soci\u00e9t\u00e9s qui n&rsquo;ont pas pris la voie de cette progression des \u00e2ges et dont le d\u00e9veloppement est vain par rapport \u00e0 cette civilisation .<\/p>\n<p>Observons comment des r\u00e9gions tr\u00e8s industrialis\u00e9es aux 19 et 20 si\u00e8cles connaissent une desh\u00e9rence d&rsquo;autant plus grave que le succ\u00e8s industriel s&rsquo;est alli\u00e9 avec une d\u00e9responsabilisation collective, un d\u00e9sapprentissage de la ma\u00eetrise locale de l&rsquo;\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Observons aussi cette \u00e9tonnante impuissance de communaut\u00e9s humaines enti\u00e8res (ch\u00f4meurs, concentrations urbaines, populations du tiers monde) \u00e0 assurer, comme l&rsquo;homme l&rsquo;a toujours fait, leur subsistance. Tous se passe comme si il y avait un d\u00e9sapprentissage du savoir exister ensemble, du savoir constituer une communaut\u00e9 en d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>N&rsquo;est-ce pas une des cons\u00e9quences de l&rsquo;id\u00e9e moderne que le d\u00e9veloppement est l&rsquo;extension d&rsquo;un syst\u00e8me (par lui-m\u00eame ou par l&rsquo;Etat) plut\u00f4t que celui du tissage des liens de concourance qui forme la communaut\u00e9 au travers des \u00e9changes de services.<\/p>\n<p>Les r\u00e9gressions sont nombreuses aujourd&rsquo;hui, m\u00eame dans les pays dits d\u00e9velopp\u00e9s. Elles peuvent m\u00eame conduire des soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 un \u00e2ge archa\u00efque, celui du d\u00e9cha\u00eenement des passions aveugles.<\/p>\n<p>Dans le sens inverse c&rsquo;est bien \u00e0 une v\u00e9ritable reconstitution de la communaut\u00e9 que l&rsquo;on aura \u00e0 faire :<br \/>\n&#8211; reconnaissance de peuples, ou communaut\u00e9s r\u00e9gionales ou locales ab\u00eem\u00e9es dans la confusion, la violence ou l&rsquo;apathie.<br \/>\n&#8211; r\u00e9\u00e9ducations lorsque le savoir-faire de la vie \u00e9conomique est perdu et qu&rsquo;il faut r\u00e9apprendre de fa\u00e7on tr\u00e8s pragmatique \u00e0 assumer collectivement la subsistance et la croissance.<br \/>\n&#8211; r\u00e9habilitation lorsqu&rsquo;une communaut\u00e9 ne trouve pas sa place ou ne trouve plus la qualification de son originalit\u00e9 \u00e0 force de banalisation ou d&rsquo;enfermement dans les st\u00e9r\u00e9otypes de l&rsquo;id\u00e9ologie ou des modes s\u00e9ductrices.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui les v\u00e9ritables probl\u00e8mes du d\u00e9veloppement sont de cet ordre, non pas pour r\u00e9parer artificiellement un syst\u00e8me \u00e9conomique accident\u00e9 mais pour r\u00e9parer une soci\u00e9t\u00e9 qui a perdu le sens et la ma\u00eetrise de son existence. De ce fait la connaissance des coh\u00e9rences humaines qui font le lien social est indispensable.<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 une sorte de clinique sociale qu&rsquo;il faut faire appel, mais il n&rsquo;y a pas de clinique sociale sans une th\u00e9orie de la nature humaine, des soci\u00e9t\u00e9s (carence des sciences humaines et sociales contemporaines qui ont \u00e9vacu\u00e9 la question de la nature de l&rsquo;homme).<\/p>\n<p>Concluons sur le fait que la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines, p\u00e9n\u00e9trant au coeur de l&rsquo;histoire des communaut\u00e9s humaines, sans n\u00e9gliger ses r\u00e9alit\u00e9s, montre que les questions de d\u00e9veloppement renvoient \u00e0 une confrontation avec les probl\u00e9matiques humaines qui forment l'\u00a0\u00bb\u00e2me\u00a0\u00bb des soci\u00e9t\u00e9s et avec la g\u00e9n\u00e8se de celles-ci et l&rsquo;accomplissement de leur vocation.<\/p>\n<p>Le coeur de la question est gravement ignor\u00e9 de la majorit\u00e9 des experts et un nouveau regard est la condition incontournable de la r\u00e9solution des probl\u00e8mes pos\u00e9s au monde actuel dans les pays pauvres et au coeur m\u00eame des soci\u00e9t\u00e9s riches dont la pauvret\u00e9 du d\u00e9veloppement humain \u00e9clate de plus en plus. Les auteurs de science fiction nous ont pr\u00e9sent\u00e9 ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, des soci\u00e9t\u00e9s modernes dans leur technologie et profond\u00e9ment arri\u00e9r\u00e9es sur le plan de la civilisation.<\/p>\n<p>Ce que des mill\u00e9naires ont construit est toujours \u00e0 la merci de la n\u00e9gation ou de l&rsquo;ignorance du sens humain du d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nLE POLITIQUE<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;un des probl\u00e8mes majeurs de notre temps est celui du politique. Il se pr\u00e9sente sous deux aspects: la remise en cause de certitudes et de nouveaux probl\u00e8mes difficiles \u00e0 r\u00e9soudre. Les remises en causes sont notamment de trois types:<br \/>\n&#8211; Le probl\u00e8me de la cr\u00e9dibilit\u00e9 des hommes politiques qui sur le fond traduit une \u00ab\u00a0perte de sens\u00a0\u00bb ab-sens que l&rsquo;abstentionisme \u00e9lectoral exprime souvent ainsi qu&rsquo;une nouvelle exigence \u00e9thique sous la forme ambigu\u00eb du soup\u00e7on.<br \/>\n&#8211; Le probl\u00e8me de la d\u00e9mocratie o\u00f9 l&rsquo;on voit qu&rsquo;en son nom tout est possible et on peut se demander s&rsquo;il faut sauver le concept, ou s&rsquo;il faut sauver ce qu&rsquo;il serait sens\u00e9 signifier. En particulier l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une \u00e9galit\u00e9 de valeur des opinions, quelque soit leur sens dans le jeu d\u00e9mocratique, ignore la question du sens de la vie collective. De m\u00eame que celle d&rsquo;une \u00e9galit\u00e9 de conscience, de discernement et de maturit\u00e9 humaine ignore le probl\u00e8me de la responsabilit\u00e9, relative au progr\u00e8s humain puisque tous les jugements se vaudraient, ind\u00e9pendamment de leur pertinence.<br \/>\n&#8211; Les probl\u00e8mes n\u00e9s de l&rsquo;effondrement du bloc de l&rsquo;Est qui confrontent \u00e0 des nationalismes dont on ne sait que faire, pris entre le respect de l&rsquo;identit\u00e9 des peuples et la peur parano\u00efaque de la diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>Faut-il tout normaliser ou tout cloisonner ? Sans doute faudrait-il voir les choses autrement.<\/p>\n<p>Parmi les questions nouvelles \u00e0 r\u00e9soudre il y a justement \u00e0 penser le probl\u00e8me de l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;une entit\u00e9 politique constitu\u00e9e d&rsquo;une diversit\u00e9 de peuples autonomes. Le principe de subsidiarit\u00e9 ne r\u00e9sout pas le fond du probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Il y a aussi \u00e0 envisager ce que pourrait \u00eatre un progr\u00e8s du politique qui ne serait pas arr\u00eat\u00e9 \u00e0 des conceptions qui datent de quelques mill\u00e9naires, quelquefois.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines am\u00e8ne \u00e0 envisager le probl\u00e8me du politique d&rsquo;une nouvelle mani\u00e8re.<\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord consid\u00e9rons qu&rsquo;il s&rsquo;agit au premier chef de la question du rapport de l&rsquo;homme politique \u00e0 la communaut\u00e9 o\u00f9 il a un r\u00f4le \u00e0 jouer.<\/p>\n<p>On pourrait y adjoindre aussi la question des structures et enjeux du politique au niveau du \u00ab\u00a0gouvernement des nations\u00a0\u00bb et enfin celle des \u00ab\u00a0espaces\u00a0\u00bb du politique, de leurs rapports et des politiques locales.<\/p>\n<p>Nous examinerons successivement ces trois aspects du point de vue de la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines<\/p>\n<p><strong><br \/>\nL&rsquo;HOMME POLITIQUE ET LA COMMUNAUTE<\/strong><\/p>\n<p>Si nous nous r\u00e9f\u00e9rons aux quatre courants qui, parmi d&rsquo;autres, marquent la crise de sens actuelle, leur coh\u00e9rence humaine propre se traduit \u00e0 chaque fois par une conception de la soci\u00e9t\u00e9 et du lien social, de l&rsquo;homme politique et de son r\u00f4le.<\/p>\n<p>&#8211; Par exemple, la logique de possession fait du politique le terrain de la question du pouvoir, pouvoir de possession, qui se mat\u00e9rialise sur un territoire auquel se confond la soci\u00e9t\u00e9 dont le lien tient justement : et de l&rsquo;appartenance au territoire et du pouvoir qui noue ce lien m\u00eame.<\/p>\n<p>Le pouvoir politique se pr\u00e9sente comme la condition d&rsquo;existence de la collectivit\u00e9 tant pour son unit\u00e9 que pour la possession r\u00e9ciproque communaut\u00e9 &#8211; territoire. Cela nous est tellement familier que personne ne s&rsquo;\u00e9tonne de faire des \u00e9lections une lutte de pouvoir alors que cela n&rsquo;appartient qu&rsquo;\u00e0 cette coh\u00e9rence humaine l\u00e0.<\/p>\n<p>&#8211; A l&rsquo;inverse le politique est li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;organisation de la cit\u00e9. L&rsquo;appareil d&rsquo;Etat notamment, en tant que chose publique (res-publica), fait l&rsquo;objet de tous les soins du politique. De m\u00eame l&rsquo;organisation formelle de la d\u00e9signation des repr\u00e9sentants est-elle identifiable au jeu de la d\u00e9mocratie. Le \u00ab\u00a0Chef de l&rsquo;Etat\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas le \u00ab\u00a0Chef du Peuple\u00a0\u00bb, mais, l&rsquo;Etat incarnant ce qui structure la soci\u00e9t\u00e9 et la r\u00e9git, son repr\u00e9sentant peut identifier service de l&rsquo;Etat et service public. C&rsquo;est ici totalement diff\u00e9rent du service des personnes, ou du public, notions appartenant \u00e0 une autre coh\u00e9rence humaine.<\/p>\n<p>&#8211; La logique qui ne voit dans le fait de soci\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;une fonction de lois d&rsquo;un syst\u00e8me, r\u00e9serve au politique le seul r\u00f4le de r\u00e9gulateur du fonctionnement ou bien de r\u00e9parateur des dysfonctionnements. De l\u00e0 certaines difficult\u00e9s pour des partis politiques \u00e0 se positionner dans ce sens. Il est clair que dans ces derniers cas, l&rsquo;homme politique tient un r\u00f4le impersonnel et, il faut bien le dire, se place face \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 impersonnelle. De l\u00e0 une ambigu\u00eft\u00e9 fondamentale entre la \u00ab\u00a0repr\u00e9sentation\u00a0\u00bb impersonnelle et l&rsquo;autorit\u00e9 personnelle de l&rsquo;homme politique, entre la personnalit\u00e9 \u00ab\u00a0\u00e9lue\u00a0\u00bb et les id\u00e9es repr\u00e9sent\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;identification entre l&rsquo;\u00e9lection d\u00e9mocratique et la lutte personnelle et partisane pour le pouvoir est le contre-sens commun inflig\u00e9 aux nations modernes.<\/p>\n<p>A la lumi\u00e8re de la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines (et on aimerait que se manifestent aussi clairement d&rsquo;autres lumi\u00e8res \u00e0 ce propos), on peut dire que :<br \/>\n&#8211; l&rsquo;identification du politique \u00e0 la prise de pouvoir et son exercice n&rsquo;est pas fatale, du moins lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit, comme la plupart du temps, du pouvoir de possession dont l&rsquo;un des signes est la pr\u00e9tention omnisciente et omnipotente signifi\u00e9e par le leader politique,<\/p>\n<p>&#8211; l&rsquo;abstraction du caract\u00e8re personnel du rapport entre l&rsquo;homme politique et la communaut\u00e9 au profit d&rsquo;un jeu de rapports formels est un leurre puisqu&rsquo;elle masque l&rsquo;essentiel et le complexe de cette relation qui m\u00e9riterait le plus grand discernement au profit d&rsquo;un jeu de sc\u00e8ne dont les complications cachent le simplisme : par exemple l&rsquo;illusion d&rsquo;une parfaite conscience et maturit\u00e9 de jugement de l&rsquo;\u00e9lecteur o\u00f9 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de droit des positions et jugements quelque soit leur contenu.<\/p>\n<p>Il y a donc \u00e0 repenser, refonder, une conception du politique \u00e0 la fois soucieuse du r\u00e9el dans sa pl\u00e9nitude et sans r\u00e9ductionisme id\u00e9aliste notamment, et sans fatalisme cynique qui ne se nourrit que d&rsquo;une vision perverse de l&rsquo;humain.<\/p>\n<p>L&rsquo;ang\u00e9lisme et le cynisme existent, ils ne doivent pas \u00eatre les seuls coh\u00e9rences humaines \u00e0 l&rsquo;oeuvre. L&rsquo;apolitisme des visions \u00ab\u00a0naturalistes\u00a0\u00bb qui attribue au \u00ab\u00a0syst\u00e8me\u00a0\u00bb, qu&rsquo;il soit \u00e9conomique, \u00e9cologique, biologique, sociologique, psychologique, etc&#8230; le statut de d\u00e9terminant de l&rsquo;humain (lois de la nature) renvoie le r\u00f4le de l&rsquo;homme politique \u00e0 celui du r\u00e9parateur-r\u00e9gulateur servant du syst\u00e8me. Celui-ci devient source de toute justification et obstacle \u00e0 tout jugement personnel.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines am\u00e8ne \u00e0 poser la question comme cela : La communaut\u00e9 est li\u00e9e par un consensus (partage des sens multiples d&rsquo;une probl\u00e9matique de la nature humaine). L&rsquo;enjeu de son devenir, sa vocation, est de trouver et cultiver le consensus sur le \u00ab\u00a0meilleur\u00a0\u00bb sens. Tout cela est au niveau des fondements et de la \u00ab\u00a0fondation\u00a0\u00bb de la communaut\u00e9, mais reste inconscient aux yeux des membres de la communaut\u00e9. La culture de celle-ci en t\u00e9moigne cependant, notamment au travers de signes : mythologie des origines, repr\u00e9sentations de l&rsquo;histoire, identification \u00e0 des valeurs support\u00e9es par des oeuvres, des comportements, des projets&#8230;<\/p>\n<p>Les hommes politiques constituent les rep\u00e8res, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;incarnation renouvel\u00e9e de la fondation (re-p\u00e8res fondateurs), d&rsquo;o\u00f9 la dramaturgie complexe des questions de successions ou de leur n\u00e9gation.<\/p>\n<p>Cependant, la communaut\u00e9 les reconna\u00eet comme rep\u00e8res lorsque, par tout ce qu&rsquo;ils sont et signifient par leur personne, elle se reconna\u00eet dans son meilleur. Le lien entre l&rsquo;homme politique et la communaut\u00e9 est un lien de consensus sur l&rsquo;un des sens (pr\u00e9dominant) de la coh\u00e9rence culturelle et de la probl\u00e9matique humaine de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>On peut dire par l\u00e0 que l&rsquo;homme politique est \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9lu du coeur\u00a0\u00bb de la communaut\u00e9, le coeur \u00e9tant justement ce fondement qui ne r\u00e9side pas en un autre lieu que l&rsquo;Instance de chaque membre de la communaut\u00e9, le coeur de chaque sujet.<\/p>\n<p>Cependant, chaque sens de la probl\u00e9matique fondatrice est celui possible d&rsquo;une \u00e9lection pour le pire et le meilleur.<\/p>\n<p>Il est aussi celui d&rsquo;une coh\u00e9rence humaine sous-tendant une vision du politique se traduisant aussi dans des modalit\u00e9s sp\u00e9cifiques justifiant l&rsquo;\u00e9lection.<\/p>\n<p>De ce fait, les modalit\u00e9s et la conception du politique ne sont pas neutres dans le type de consensus \u00e9lectif \u00e9tabli et donc dans le type de personne \u00e9lue et le type de devenir engag\u00e9. La pr\u00e9tention \u00e0 la neutralit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e9lectoral sur l&rsquo;\u00e9lu neutralise l&rsquo;acc\u00e8s au r\u00e9el de l&rsquo;\u00e9lection de sens.<\/p>\n<p>Une vision duelle, manich\u00e9enne, de la prise de pouvoir installe dans ce sens tout le politique et l&rsquo;y enferme.<\/p>\n<p>Une vision \u00ab\u00a0ang\u00e9lique\u00a0\u00bb du politique d\u00e9connecte le politique de la r\u00e9alit\u00e9 des probl\u00e8mes de la communaut\u00e9 sauf \u00e0 les id\u00e9aliser (ou id\u00e9ologiser). Se dessine l\u00e0 l&rsquo;enjeu du politique, c&rsquo;est le devenir de la communaut\u00e9 et l&rsquo;accomplissement de sa vocation.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;hypoth\u00e8se souhaitable d&rsquo;un consensus sur ce meilleur sens, l&rsquo;\u00e9lu est un rep\u00e8re symbolique r\u00e9v\u00e9lateur (m\u00e9diatement). C&rsquo;est par ce que signifie son discours et singuli\u00e8rement par l&rsquo;intention qu&rsquo;il manifeste pour la communaut\u00e9 et son devenir, son d\u00e9veloppement donc, qu&rsquo;il peut trouver \u00e9cho avec l&rsquo;aspiration collective.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9lection de l&rsquo;homme politique est affaire de vouloir et ce qui se r\u00e9alise du consensus engag\u00e9 ne l&rsquo;est que de la communaut\u00e9 qui seule en a le pouvoir.<br \/>\nCette lecture qui renverse tant d&rsquo;id\u00e9es re\u00e7ues n&rsquo;est-elle pas plus conforme \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9. Que peut l&rsquo;homme politique si son vouloir n&rsquo;est pas assum\u00e9 par les autres. Inversement on pourrait se demander si le vouloir de l&rsquo;homme politique est indispensable \u00e0 la communaut\u00e9. On peut l&rsquo;affirmer dans la mesure o\u00f9 justement la communaut\u00e9 n&rsquo;est pas en parfaite ma\u00eetrise, ni en parfaite conscience dans ses fondements et que c&rsquo;est au signe que repr\u00e9sente l&rsquo;homme politique qu&rsquo;elle fait \u00e9cho, inconscient en g\u00e9n\u00e9ral, au sens.<\/p>\n<p>Comme cela l&rsquo;homme politique est rep\u00e8re indispensable. Notons cependant que s&rsquo;il y a un homme politique de r\u00e9f\u00e9rence dans une communaut\u00e9, il n&rsquo;est pas seul dans son cas, y compris dans le m\u00eame sens.<\/p>\n<p>La grande affaire est donc une question de sens, c&rsquo;est la question du sens commun, consensus des collectivit\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme politique est en quelque sorte celui dont la position de vie (sens) est justement celle que la communaut\u00e9 aspire \u00e0 tenir. S&rsquo;il s&rsquo;agit du sens de la vocation, il incarne la r\u00e9solution de la probl\u00e9matique de la communaut\u00e9 et s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;autres sens, une tentative de r\u00e9solution, m\u00eame des pires. Pensons aux nationalismes violents qui entra\u00eenent des populations massivement et celles m\u00eame que l&rsquo;on croyait \u00ab\u00a0cultiv\u00e9es\u00a0\u00bb, sous la f\u00e9rule d&rsquo;un leader au charisme pervers, avec force manipulation de l&rsquo;affect archa\u00efque mais qui incarne toujours une \u00ab\u00a0promesse de r\u00e9ponse au mal\u00a0\u00bb, qu&rsquo;est \u00ab\u00a0l&rsquo;autre communaut\u00e9\u00a0\u00bb, en l&rsquo;occurence.<\/p>\n<p>Il en va dans le choix de l&rsquo;homme politique et la nature des rapports avec la communaut\u00e9 d&rsquo;\u00e9lection (fusse-t-elle par for\u00e7age consenti et complaisance r\u00e9ciproque) des fondements de l&rsquo;humain et donc des plus graves implications, encore une fois pour le pire et le meilleur mais o\u00f9 c&rsquo;est l&rsquo;existence humaine n\u00e9e du collectif qui est en jeu.<\/p>\n<p>Le politique, s&rsquo;il se fonde \u00e0 ce niveau de l&rsquo;humain, se situe \u00e0 la cl\u00e9 du collectif au lieu m\u00eame de la vocation propre des communaut\u00e9s humaines dont les consensus sont seuls fondements de notre r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Le politique, m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;inscrit dans la question du sens (l&rsquo;esprit) et y plonge ses racines, a pour enjeu celui de toute communaut\u00e9 : la r\u00e9alit\u00e9 et donc l&rsquo;existence humaine. C&rsquo;est au passage ce qui la lie au \u00ab\u00a0spirituel\u00a0\u00bb mais la voue au \u00ab\u00a0temporel\u00a0\u00bb c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 l&rsquo;espace-temps de la communaut\u00e9, \u00e0 son histoire.<\/p>\n<p>Le lecteur qui aura consenti \u00e0 envisager ces horizons verra l&rsquo;immensit\u00e9 de la t\u00e2che de relecture et reconception du politique et ses probl\u00e8mes tout en red\u00e9couvrant un r\u00e9el qui n&rsquo;a cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre l\u00e0, m\u00eame masqu\u00e9 ou travesti. Toutes les questions sont \u00e0 reposer, le politique est \u00e0 remettre en question. La crise des sens l&rsquo;interpelle et on peut pr\u00e9voir de longues ann\u00e9es, pour le moins, \u00e0 la fois d&rsquo;errance, de r\u00e9gression, d&rsquo;\u00e9mergences et d&rsquo;innovations en la mati\u00e8re.<\/p>\n<p>Le discernement (des sens ou des esprits) est plus que jamais n\u00e9cessaire. Est-il trop esp\u00e9rer que d&rsquo;attendre que s&rsquo;y attellent les hommes politiques et, pour cela, tous ceux qui peuvent les y aider.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nSTRUCTURES ET ENJEUX DU POLITIQUE<\/strong><\/p>\n<p>La communaut\u00e9 se r\u00e9alise dans les diff\u00e9rentes expressions de sa culture. Elle est engag\u00e9e dans sa vocation comme entreprise de son d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Ainsi les structures et enjeux existentiels du politique sont-ils inscrits dans un coh\u00e9renciel de la r\u00e9alit\u00e9 collective.<\/p>\n<p>Il est possible d&rsquo;examiner simultan\u00e9ment les composantes de l&rsquo;enjeu politique et les structures politiques tendant \u00e0 la ma\u00eetrise de ces enjeux, laissant de c\u00f4t\u00e9 provisoirement la question des \u00e2ges et des espaces du politique.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-763\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_SetCH6.png?resize=485%2C525\" alt=\"SetCH6.png\" width=\"485\" height=\"525\" align=\"center\" \/> <cite><br \/>\nSTRUCTURE COHERENCIELLE DU POLITIQUE<\/cite><\/p>\n<p>Le sch\u00e9ma coh\u00e9renciel permet d\u00e9j\u00e0 de retrouver les structures ternaires classiques qui se trouvent ainsi refond\u00e9es dans les racines anthropologiques des r\u00e9alit\u00e9s humaines. Cela n&rsquo;est ici qu&rsquo;effleur\u00e9.<\/p>\n<p>Les conditions d&rsquo;existence : \u00c9conomie et administration<br \/>\nL&rsquo;\u00e9tat des r\u00e9alit\u00e9s collectives fait l&rsquo;objet d&rsquo;une attention bienveillante du politique. Difficult\u00e9s et ressources, modalit\u00e9s d&rsquo;existence sont l&rsquo;enjeu d&rsquo;une ad-ministration (minist\u00e8re = service) dont le souci des choses publiques est (dans cette vision \u00e9videmment) le principal int\u00e9r\u00eat. Administrer le budget de l&rsquo;Etat ou de la collectivit\u00e9 locale. Administrer les \u00ab\u00a0services publics\u00a0\u00bb en sont des exemples. Nous parlerons aussi d&rsquo;administration de l&rsquo;\u00e9conomie \u00e0 condition de renverser le sens habituel de ces termes; Mais ne s&rsquo;agit-il pas ici d&rsquo;un renversement de sens de tout le politique ? En d\u00e9finitive, tous les objets de pr\u00e9occupation importants de la communaut\u00e9, selon sa culture et le sens de sa vocation, participent de l&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;existence collective et sont susceptible d&rsquo;une administration qui \u00ab\u00a0g\u00e8re\u00a0\u00bb l&rsquo;\u00e9tat des lieux. Y faudrait-il un \u00ab\u00a0conseil d&rsquo;administration\u00a0\u00bb? Cela serait \u00e0 \u00e9tudier.<\/p>\n<p>La r\u00e9duction du politique \u00e0 cette dimension de gestion de la maison commune ou de la maison nation, fait, avec l&rsquo;Etat, r\u00e9gner la contingence tout en en ignorant les racines ce qui aggrave la situation \u00e9conomique du pays ou de la collectivit\u00e9 (tout \u00c9tat, ou bien, administration et gestion sur\u00e9valu\u00e9e des collectivit\u00e9s)<\/p>\n<p>Les usages et pratiques de la vie collective.<br \/>\nLa subsistance de la collectivit\u00e9 et de ses membres passe par une organisation, qu&rsquo;elle soit de la production ou de l&rsquo;am\u00e9nagement ou des t\u00e2ches multiples d&rsquo;entretien, de r\u00e9alisations mat\u00e9rielles mais aussi de toute nature.<\/p>\n<p>Le politique n&rsquo;a pas pour charge de se substituer \u00e0 la communaut\u00e9. Il a pour fonction ici de r\u00e9aliser ce qui ne pourrait l&rsquo;\u00eatre autrement. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ici que le principe de subsidiarit\u00e9 trouve son int\u00e9r\u00eat (mais le politique ne peut se r\u00e9duire \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cutif).<\/p>\n<p>L&rsquo;ex\u00e9cutif est charg\u00e9 d&rsquo;ex\u00e9cuter et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de r\u00e9aliser par le travail de diff\u00e9rents \u00ab\u00a0corps d&rsquo;\u00e9tat\u00a0\u00bb; organisation, ordre des choses (\u00e9dification et maintien de l&rsquo;ordre font partie de cette t\u00e2che).<\/p>\n<p>D\u00e9veloppement et gouvernement<br \/>\nDans la conception \u00ab\u00a0vectorielle\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire engag\u00e9e, des communaut\u00e9s humaines, le d\u00e9veloppement est justement le dessin et la r\u00e9alisation de la marche en avant de la communaut\u00e9. Mais il y faut une conduite strat\u00e9gique. Le d\u00e9veloppement, si on l&rsquo;entend aussi largement que ce que la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines sugg\u00e8re, est bien, comme on le voit de plus en plus, une dimension majeure du politique.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agit pas seulement de g\u00e9rer un \u00e9tat des choses mais de conduire un devenir. Le \u00ab\u00a0gouvernement\u00a0\u00bb peut \u00eatre con\u00e7u comme ayant \u00e0 assurer cette conduite, une sorte d&rsquo;encadrement et de pilotage strat\u00e9gique. Mais cette lecture fait le rapprochement, gouvernement-d\u00e9veloppement. Que peut-on gouverner s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de but politique ? Que peuvent \u00eatre ces buts s&rsquo;ils ne sont pas de d\u00e9veloppement, de progr\u00e8s.<\/p>\n<p>Si on examine de pr\u00e8s ce qui tend \u00e0 se passer au niveau national, europ\u00e9en, celui des r\u00e9gions et celui des communes, on aper\u00e7oit effectivement la croissance de cette dimension sans qu&rsquo;elle soit toujours bien explicit\u00e9e.<\/p>\n<p>Identification et repr\u00e9sentativit\u00e9<br \/>\nLa communaut\u00e9 se reconna\u00eet par ses signes et repr\u00e9sentations, mythes, oeuvres, philosophies. L&rsquo;identit\u00e9 collective est enjeu du politique et, dans la crise d&rsquo;identit\u00e9 du monde moderne, le politique est aux premi\u00e8res loges, c\u00f4toyant intimement le monde des m\u00e9dias et de la communication. Politique spectacle ou sp\u00e9culatrice, jeu de la s\u00e9duction c&rsquo;est-\u00e0-dire du d\u00e9tournement, ont \u00e9t\u00e9 tellement florissants que beaucoup ont du mal \u00e0 imaginer que le politique soit autre chose que cela. N\u00e9anmoins, dans cette dimension il y est bien question de repr\u00e9sentativit\u00e9, de repr\u00e9sentants et des d\u00e9cisions repr\u00e9sentatives que sont les lois.<\/p>\n<p>Il faut donc consid\u00e9rer qu&rsquo;il y a l\u00e0 un jeu de miroir entre le politique et la communaut\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;on peut jouer \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification d&rsquo;une repr\u00e9sentation collective coh\u00e9rente et humainement qualifiante, authentique et significative.<\/p>\n<p>La manipulation du miroir-m\u00e9dia est politiquement dommageable pour la collectivit\u00e9. Par contre un souci de ma\u00eetrise de cette dimension est judicieux. La repr\u00e9sentation de la communaut\u00e9 est donc inh\u00e9rente au politique mais elle n&rsquo;est qu&rsquo;une de ses composantes.<\/p>\n<p>Vocation politique et magist\u00e8re<br \/>\nLa vocation de la communaut\u00e9 traduit le meilleur sens de son consensus, celui de la r\u00e9solution de sa probl\u00e9matique humaine. La dimension intentionnelle dit le sens, celui de l&rsquo;origine et des fins, de la raison d&rsquo;\u00eatre, des valeurs et des horizons.<\/p>\n<p>Cette dimension du politique pose le sens d&rsquo;une fa\u00e7on plus directe mais aussi plus symbolique. L&rsquo;homme politique y fonde son magist\u00e8re c&rsquo;est \u00e0 dire l&rsquo;exercice de son autorit\u00e9, sa responsabilit\u00e9 qui doivent t\u00e9moigner d&rsquo;une certaine ma\u00eetrise humaine. Il vaut mieux que l&rsquo;homme politique incarne le Sens par effet de ma\u00eetrise plut\u00f4t que par rigidit\u00e9 pathologique. Il y faut d&rsquo;autant plus de ma\u00eetrise que l&rsquo;illusion du pouvoir est proche, avec la corruption du r\u00f4le, et que l&rsquo;investissement de la communaut\u00e9 dans ce que l&rsquo;homme politique incarne l&rsquo;expose personnellement \u00e0 toutes les tendances de la culture commune. C&rsquo;est pour cela que c&rsquo;est un r\u00f4le d&rsquo;une terrible exigence qui demande discernement, d\u00e9termination et grand courage.<\/p>\n<p>Int\u00e9gration communautaire, r\u00e9gulation et justice<br \/>\nLe consensus, le tissage des liens de la communaut\u00e9 autour d&rsquo;un sens pr\u00e9dominant se traduit par un ordre des valeurs culturelles. Il en va de l&rsquo;int\u00e9gration sociale ou sa d\u00e9sint\u00e9gration mais aussi de l&rsquo;exercice politique r\u00e9gulateur de la justice.<\/p>\n<p>Si la justice a quelque chose \u00e0 voir avec le juste et l&rsquo;injuste, alors c&rsquo;est le sens du consensus collectif fondant le syst\u00e8me de valeurs communes qui est pris comme crit\u00e8re du juste et la d\u00e9viance par rapport \u00e0 ce sens qui est injuste pour la communaut\u00e9. De ce fait la justice est relative culturellement, mais aussi elle peut \u00eatre profond\u00e9ment injuste par rapport au bien de l&rsquo;homme et \u00e0 la vocation de la communaut\u00e9 si elle n&rsquo;y est pas engag\u00e9e.<\/p>\n<p>Si au niveau de l&rsquo;essentiel, de l&rsquo;esprit, c&rsquo;est le sens du consensus qui est crit\u00e8re de justice, c&rsquo;est la loi repr\u00e9sentative qui est la lettre de r\u00e9f\u00e9rence. Tout le jeu des rapports de l&rsquo;esprit et de la lettre de la loi mais aussi du juste et de l&rsquo;injuste dans la communaut\u00e9, li\u00e9 \u00e0 son \u00e9thique donc, est le t\u00e9moin de la justice.<\/p>\n<p>Comme le politique est justement affaire de sens il surplombe la justice dans l&rsquo;existence de la communaut\u00e9. Par ailleurs le m\u00eame sens est lien social cl\u00e9 de l&rsquo;int\u00e9gration de la communaut\u00e9 (ensemble dans la m\u00eame direction) et lieu des probl\u00e8mes de d\u00e9sint\u00e9gration ou de d\u00e9viance jug\u00e9s comme d\u00e9linquance. Ici on peut dire que les actes et faits incrimin\u00e9s le sont par la d\u00e9viance de sens par rapport au consensus.<\/p>\n<p>Des remous profonds agitent et agiteront le terrain de la justice l\u00e0 o\u00f9 il y a crise de sens donc du crit\u00e8re du juste et de l&rsquo;injuste.<\/p>\n<p>La prolif\u00e9ration des lois, signe de trouble, tente de substituer l&rsquo;abondance de la lettre au d\u00e9faut de sens (d&rsquo;esprit).<\/p>\n<p>Un m\u00e9lange entre justice, int\u00e9gration sociale, politique, rapports \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger est de plus en plus vif et il faut s&rsquo;attendre \u00e0 une aggravation majeure des probl\u00e8mes du politique avec la justice tant qu&rsquo;une issue \u00e0 la crise des sens ne sera pas engag\u00e9e et que le politique n&rsquo;aura pas retrouv\u00e9 une nouvelle autorit\u00e9.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nLES ESPACES DU POLITIQUE<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s le sens et les structures du politique la question des espaces du politique est aussi \u00e0 l&rsquo;ordre du jour. De quoi s&rsquo;agit-t-il ? Il s&rsquo;agit en France de la question de la nation et son lien avec l&rsquo;Etat, de la question des communes et de l&rsquo;intercommunalit\u00e9, de la question des d\u00e9partements et leur p\u00e9rennit\u00e9, de la question des r\u00e9gions et de leur nombre et de la question de l&rsquo;Europe et des relations des \u00ab\u00a0espaces\u00a0\u00bb pr\u00e9c\u00e9dents avec elle. Il s&rsquo;agit aussi des cit\u00e9s, des p\u00f4les d&rsquo;attraction, des\u00a0\u00bb bassins\u00a0\u00bb multiples etc&#8230;<\/p>\n<p>D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale l&rsquo;Europe, les pays d&rsquo;Europe Centrale, les pays de l&rsquo;Ex Union Sovi\u00e9tique, le Moyen-Orient, notamment, posent tr\u00e8s fortement la question des rapports entre communaut\u00e9 (ethnique ou autre), territoire, \u00c9tat.<\/p>\n<p>La superposition des trois dans l&rsquo;Etat-nation, identifi\u00e9 au territoire, a \u00e9t\u00e9 une r\u00e9ponse dont on sent qu&rsquo;elle n&rsquo;est plus suffisante.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le probl\u00e8me de l&rsquo;articulation de l&rsquo;unit\u00e9 et de la multiplicit\u00e9 est pos\u00e9 trop uniquement en termes de pr\u00e9rogatives et donc de d\u00e9fense de territoire (cf. Culture europ\u00e9enne). Une vision plus moderne cherche au contraire \u00e0 effacer toute hi\u00e9rarchie entre l&rsquo;un et le multiple dans le tissage de r\u00e9seaux o\u00f9 tout est au m\u00eame niveau (id\u00e9alement).<\/p>\n<p>La th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines propose un nouvel \u00e9clairage des espaces du politique \u00e0 partir de la structure coh\u00e9rencielle des r\u00e9alit\u00e9s humaines et aussi celle des \u00e2ges des soci\u00e9t\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>La notion d&rsquo;espace n&rsquo;est pas simple et celle d&rsquo;espace politique non plus lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de d\u00e9finir l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;une population.<\/p>\n<p>On laissera de c\u00f4t\u00e9 les extr\u00eames, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 l&rsquo;espace archa\u00efque du confusionnel, fait d&rsquo;un lien mythique mystificateur (la race pure par exemple ou l&rsquo;appartenance \u00e0 des puissances occultes), de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 ce qui d\u00e9passe les phases de d\u00e9veloppement existentiel (communion des saints dans le christianisme par exemple et la dimension transcendante des \u00e9glises ou des communaut\u00e9s spirituelles).<\/p>\n<p>Il reste donc trois types d&rsquo;espaces existentiel compl\u00e9mentaires auxquels la notion d&rsquo;espace du politique peut se r\u00e9f\u00e9rer.<\/p>\n<p>L&rsquo;espace factuel de l&rsquo;\u00e2ge primaire,<\/p>\n<p>C&rsquo;est principalement un espace physique o\u00f9 la corpor\u00e9\u00eft\u00e9 et les interactions corporelles forment un espace quasi substantiel.<\/p>\n<p>Incorporation, corporation, font parties d&rsquo;un vocabulaire qui y est particuli\u00e8rement valide. L&rsquo;espace du politique c&rsquo;est ici par excellence le territoire o\u00f9 se trouvent rassembl\u00e9s les corps. Les questions sont li\u00e9s \u00e0 cela : subsistance, rapports au territoire et entre territoires, rituels et pratiques reproductrices, agglom\u00e9rations, occupation de l&rsquo;espace. Pouvoir et savoir-faire sont les pr\u00e9occupations du politique. L&rsquo;homme politique y est plut\u00f4t chef de corps, ordonnateur mais aussi garant de l&rsquo;unit\u00e9 et de la coh\u00e9sion du territoire, du maintien de l&rsquo;ordre.<\/p>\n<p>Les rapports entre les espaces du politique sont des rapports de territoires et de corps sociaux : coop\u00e9ration ou rivalit\u00e9, agglom\u00e9ration ou cloisonnement, sup\u00e9riorit\u00e9 ou inf\u00e9riorit\u00e9 etc&#8230;<\/p>\n<p>On voit bien que toute une philosophie du politique est toujours inscrite dans les faits et la r\u00e9duction au territoire toujours pr\u00e9sente.<\/p>\n<p>On peut se demander si l&rsquo;am\u00e9nagement du territoire n&rsquo;est pas alors un de ses actes politiques majeurs.<\/p>\n<p>L&rsquo;espace social ou espace des repr\u00e9sentations (\u00e2ge secondaire).<\/p>\n<p>La cit\u00e9, d\u00e8s qu&rsquo;elle se d\u00e9finit par un statut, des r\u00e8gles de droit, une distribution des r\u00f4les sociaux, devient un espace de repr\u00e9sentation. C&rsquo;est l&rsquo;espace des signes, des identifications.<\/p>\n<p>L&rsquo;espace du politique est, par exemple, celui d&rsquo;une constitution, le champ d&rsquo;application d&rsquo;une loi, celui d&rsquo;une juridiction, ou bien celui d&rsquo;une pens\u00e9e, d&rsquo;une philosophie, bref de toute repr\u00e9sentation commune \u00e0 laquelle un groupe humain s&rsquo;identifie et qu&rsquo;il produit et reconna\u00eet simultan\u00e9ment.<\/p>\n<p>L&rsquo;espace du politique est donc alors conventionnel, d&rsquo;une convention entre les membres d&rsquo;une communaut\u00e9 mais aussi inscrite dans un champ de repr\u00e9sentation plus vaste. Dans cet espace, le discours r\u00e9publicain est en grande partie fond\u00e9 et fondateur, la citoyennet\u00e9 est question de droit.<\/p>\n<p>Le rapport entre les espaces de repr\u00e9sentation est un rapport de rationalit\u00e9, un rapport de coh\u00e9rence au sens de la participation harmonieuse, rationnelle, \u00e0 un m\u00eame ensemble de repr\u00e9sentations. De ce fait certains confondront espace id\u00e9ologique et territoire, ils feront de leur communaut\u00e9 un ghetto.<\/p>\n<p>Il y a une grande souplesse d&rsquo;arrangement des rapports entre ces espaces du politique autant que de conventions possibles entre eux formant autant d&rsquo;espaces plus larges mais aussi autant de croisements entre ces espaces.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme politique s&rsquo;y d\u00e9finit \u00e9videmment par sa repr\u00e9sentativit\u00e9 et le souci d&rsquo;identit\u00e9 et d&rsquo;image peut prendre le pas sur celui de re-pr\u00e9sentation authentique et de participation diff\u00e9renci\u00e9e \u00e0 une identit\u00e9 commune.<\/p>\n<p>L&rsquo;espace de la communaut\u00e9 ou espace de l&rsquo;engagement commun (\u00e2ge tertiaire)<\/p>\n<p>Ni le territoire, ni les conventions (collectives) ne suffisent \u00e0 le d\u00e9terminer. C&rsquo;est plut\u00f4t un foyer de rayonnement, un lieu d&rsquo;o\u00f9 source un engagement qui le d\u00e9termine.<\/p>\n<p>Ainsi telle cit\u00e9 dont le rayonnement est tr\u00e8s vaste, de par ses oeuvres, s&rsquo;inscrit dans un territoire qui d\u00e9borde ses fronti\u00e8res et peut traverser plusieurs champs de repr\u00e9sentation culturels.<\/p>\n<p>Le rapport entre les espaces des communaut\u00e9s est celui, fort difficile, du rapport entre les hommes, du m\u00eame et de l&rsquo;autre, le rapport de la diff\u00e9rence entre les semblables.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines montre la profondeur humaine de la question et des voies de r\u00e9solution : rapports inter-culturels notamment (qui touche aussi subtilement au rapport des sexes) et aussi rapports de concourance de par l&rsquo;engagement des vocations propres, soit r\u00e9ciproquement soit dans une unit\u00e9communautaire plus essentielle.<\/p>\n<p>Ainsi le probl\u00e8me des espaces du politique ne peut pas se traiter simultan\u00e9ment \u00e0 tous les niveaux comme s&rsquo;il \u00e9tait le m\u00eame : celui du territoire commun, celui des repr\u00e9sentations communes, celui de la communaut\u00e9 de sens, sans qu&rsquo;ils soient exclusifs non plus.<\/p>\n<p>L&rsquo;espace politique fran\u00e7aisest aussi celui ou s&rsquo;engage une communaut\u00e9 de vocation nationale bien au-del\u00e0 des fronti\u00e8res, un espace de repr\u00e9sentation avec l&rsquo;identit\u00e9 nationale, avec tout le th\u00e9\u00e2tre de ses repr\u00e9sentations, un espace territorial aux fronti\u00e8res qui ont \u00e9volu\u00e9 dans l&rsquo;histoire. Il est ainsi possible de relativiser ces espaces et l&rsquo;importance de l&rsquo;un ou de l&rsquo;autre selon le niveau de maturit\u00e9 politique.<br \/>\nC&rsquo;est toujours la confusion des niveaux et de la nature des espaces qui est source de probl\u00e8mes et leur diff\u00e9renciation qui ouvre le champ des possibles.<\/p>\n<p>Avec ces facettes du politique la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines ouvre a une refondation de la pens\u00e9e du politique mais aussi de l&rsquo;action, en m\u00eame temps qu&rsquo;elle conjoint la question du politique et celle du collectif humain, le devenir des communaut\u00e9 humaines et leurs entreprises.<\/p>\n<p>Sans confondre les registres elle montre l&rsquo;unit\u00e9 anthropologique de tous les ph\u00e9nom\u00e8nes humains et la transdisciplinarit\u00e9 de ses concepts th\u00e9oriques. Il en est de m\u00eame pour la pratique des coh\u00e9rences humaines abord\u00e9e au prochain chapitre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le politique se d\u00e9finit par la cit\u00e9 et la cit\u00e9 est une communaut\u00e9 humaine dont le devenir est l&rsquo;affaire du politique dans son rapport \u00e0 la communaut\u00e9. La probl\u00e9matique du pouvoir a ext\u00e9nu\u00e9 toute pens\u00e9e du politique en occupant avec l&rsquo;\u00e9conomie tout l&rsquo;espace o\u00f9 on aurait pu comprendre les communaut\u00e9s humaines et les ph\u00e9nom\u00e8nes qui s&rsquo;y rattachent. Pour cela il faut aller \u00ab\u00a0au coeur du sujet\u00a0\u00bb l&rsquo;homme et penser les communaut\u00e9s comme \u00e9tant de nature humaine. Tout le reste en d\u00e9coule.<\/p>\n","protected":false},"author":682,"featured_media":761,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[628,633,36],"tags":[],"class_list":["post-827","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-e0-lephenomene-communautaire","category-e28-lepolitique","category-f66-le-politique"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/827","targetHints":{"allow":["GET","POST","PUT","PATCH"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/users\/682"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=827"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/827\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3127,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/827\/revisions\/3127"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=827"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=827"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=827"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}