{"id":824,"date":"2004-08-10T22:44:02","date_gmt":"2004-08-10T22:44:02","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/2004\/08\/10\/le-sens-du-controle-de-gestion\/"},"modified":"2021-02-24T11:31:09","modified_gmt":"2021-02-24T10:31:09","slug":"le-sens-du-controle-de-gestion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/2004\/08\/10\/le-sens-du-controle-de-gestion\/","title":{"rendered":"Le sens du contr\u00f4le de gestion"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Cet article a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une intervention<\/p>\n<p>aux 2\u00e8mes joun\u00e9es d&rsquo;histoire de la comptabilit\u00e9<\/p>\n<p>\u00e0 Tours le 29 mars 1996 et d&rsquo;une publication dans Les<\/p>\n<p>cahiers de recherche de l&rsquo;A.F.C. n\u00b01 mai 1996<\/p>\n<p>D\u00e9finir le contr\u00f4le de gestion est un exercice particuli\u00e8rement<\/p>\n<p>difficile, tant les pratiques au sein des entreprises et les<\/p>\n<p>conceptions expos\u00e9es dans divers ouvrages et articles<\/p>\n<p>recouvrent des notions vari\u00e9es. Tant\u00f4t l&rsquo;expression<\/p>\n<p>contr\u00f4le de gestion re\u00e7oit une acception si large<\/p>\n<p>qu&rsquo;il devient difficile de faire la diff\u00e9rence avec la<\/p>\n<p>gestion ou avec le contr\u00f4le en g\u00e9n\u00e9ral, tant\u00f4t<\/p>\n<p>au contraire cette expression est interpr\u00e9t\u00e9e d&rsquo;une<\/p>\n<p>mani\u00e8re tellement restrictive que l&rsquo;on pourrait imaginer<\/p>\n<p>que cette fonction se limite \u00e0 la mise en oeuvre de m\u00e9thodes<\/p>\n<p>et d&rsquo;outils standardis\u00e9s. Nous nous proposons, dans cette<\/p>\n<p>communication, de tenter de d\u00e9passer cette querelle de<\/p>\n<p>d\u00e9finitions en esquissant les bases d&rsquo;une r\u00e9flexion<\/p>\n<p>\u00e9pist\u00e9mologique sur le contr\u00f4le de gestion.<\/p>\n<p>Chacune des conceptions du contr\u00f4le<\/p>\n<p>de gestion correspond en effet \u00e0 une mani\u00e8re bien<\/p>\n<p>particuli\u00e8re d&rsquo;appr\u00e9hender la r\u00e9alit\u00e9<\/p>\n<p>de l&rsquo;entreprise. En recherchant le sens qui est \u00e0 l&rsquo;oeuvre<\/p>\n<p>dans chacune de ces visions, il est possible de dresser une typologie<\/p>\n<p>des conceptions du contr\u00f4le de gestion et, subsidiairement,<\/p>\n<p>de mettre en \u00e9vidence leur \u00e9volution dans le temps.<\/p>\n<p>Notre d\u00e9marche prend appui sur une<\/p>\n<p>r\u00e9flexion th\u00e9orique et pratique d\u00e9velopp\u00e9e<\/p>\n<p>par R. Nifle (1993). Certains des r\u00e9sultats de sa recherche<\/p>\n<p>peuvent \u00eatre sch\u00e9matis\u00e9s sous forme d&rsquo;un<\/p>\n<p>graphique d\u00e9nomm\u00e9 carte des coh\u00e9rences ou<\/p>\n<p>carte des Sens. L&rsquo;utilisation de toute carte suppose une r\u00e9f\u00e9rence<\/p>\n<p>\u00e0 un syst\u00e8me de coordonn\u00e9es; la carte des<\/p>\n<p>coh\u00e9rences n&rsquo;\u00e9chappe pas \u00e0 cette r\u00e8gle<\/p>\n<p>et, parmi une infinit\u00e9 d&rsquo;orientations possibles, retient<\/p>\n<p>huit axes qui font office de rep\u00e8res: un axe nord-sud,<\/p>\n<p>un axe est-ouest et les deux diagonales.<\/p>\n<p>Nous \u00e9tudierons successivement chacun des sens et la conception<\/p>\n<p>de l&rsquo;entreprise et du contr\u00f4le de gestion qui lui est associ\u00e9e.<\/p>\n<p>Le sch\u00e9ma ci-apr\u00e8s permet de visualiser la d\u00e9marche<\/p>\n<p>qui est expos\u00e9e dans les pages suivantes.<\/p>\n<p><b>CARTE DES SENS ET COHERENCES DE<\/b><\/p>\n<p><b> L&rsquo;ENTREPRISE<\/b><\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-756\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_cartcont.png?resize=403%2C306\" alt=\"cartcont.png\" width=\"403\" height=\"306\" align=\"center\" \/><\/p>\n<p>1. Les axes fondamentaux: axes est-ouest et nord-sud<\/p>\n<p>Les sens port\u00e9s sur chacun des axes s&rsquo;opposent deux \u00e0<\/p>\n<p>deux: opposition est-ouest entre une entreprise con\u00e7ue<\/p>\n<p>comme un structure fonctionnelle et une entreprise vue comme<\/p>\n<p>un acte engag\u00e9; opposition nord-sud entre une entreprise<\/p>\n<p>d\u00e9crite en termes de projet et une entreprise r\u00e9duite<\/p>\n<p>\u00e0 n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;une simple exploitation.<\/p>\n<p>1.1. Opposition est-ouest: structure fonctionnelle versus acte<\/p>\n<p>engag\u00e9<\/p>\n<p>1.1.1 Orientation est: une structure fonctionnelle<\/p>\n<p>La structure est la \u00ab\u00a0disposition des \u00ab\u00a0parties\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>d&rsquo;un ensemble abstrait, d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne, d&rsquo;un syst\u00e8me<\/p>\n<p>complexe, g\u00e9n\u00e9ralement envisag\u00e9e comme caract\u00e9ristique<\/p>\n<p>de cet ensemble et comme durable\u00a0\u00bb; quant au structuralisme,<\/p>\n<p>c&rsquo;est la \u00ab\u00a0th\u00e9orie selon laquelle l&rsquo;\u00e9tude d&rsquo;une<\/p>\n<p>cat\u00e9gorie de faits doit envisager principalement les structures\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans ce sens, lorsqu&rsquo;on consid\u00e8re une chose donn\u00e9e,<\/p>\n<p>on suppose toujours une structure, un mod\u00e8le sous-jacent<\/p>\n<p>(structure linguistique, g\u00e9n\u00e9tique&#8230;). La r\u00e9alit\u00e9<\/p>\n<p>est alors assimil\u00e9e \u00e0 la fa\u00e7on dont fonctionne<\/p>\n<p>et se d\u00e9ploie cette structure.<\/p>\n<p>Dans cette optique, les entreprises sont vues comme des organisations,<\/p>\n<p>des structures qui fonctionnent. L&rsquo;hypoth\u00e8se sous-jacente<\/p>\n<p>est que si l&rsquo;on veut comprendre ce qui s&rsquo;y passe, il faut se<\/p>\n<p>r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 leur structure. Cette conception<\/p>\n<p>caract\u00e9rise notamment l&rsquo;organisation bureaucratique telle<\/p>\n<p>que l&rsquo;a d\u00e9finie M. Weber -mod\u00e8le selon lui d&rsquo;organisation<\/p>\n<p>efficace et rationnelle- et qui se caract\u00e9rise notamment<\/p>\n<p>par une organisation permanente de fonctions officielles r\u00e9gies<\/p>\n<p>par des r\u00e8gles abstraites, une division syst\u00e9matique<\/p>\n<p>du travail, des droits et du pouvoir, une hi\u00e9rarchie des<\/p>\n<p>fonctions et une consignation \u00e9crite des actes administratifs,<\/p>\n<p>des d\u00e9cisions et des r\u00e8gles (Etzioni, 1971, pp.<\/p>\n<p>95-107).<\/p>\n<p>Les entreprises qui se r\u00e9f\u00e8rent<\/p>\n<p>\u00e0 une structure sont tr\u00e8s organis\u00e9es et<\/p>\n<p>se focalisent sur les normes. Les individus qui y travaillent<\/p>\n<p>adoptent les m\u00eames comportements et consid\u00e8rent<\/p>\n<p>que ceux qui ne se conforment pas \u00e0 ces r\u00e8gles<\/p>\n<p>se comportent de mani\u00e8re anormale; les nouveaux arrivants<\/p>\n<p>sont ainsi fortement incit\u00e9s \u00e0 \u00ab\u00a0se couler<\/p>\n<p>dans le moule\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le contr\u00f4le de gestion s&rsquo;est construit historiquement par<\/p>\n<p>r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une structure et selon un mod\u00e8le<\/p>\n<p>typiquement bureaucratique. Il en poss\u00e8de en effet les<\/p>\n<p>trois caract\u00e9ristiques essentielles: rationalit\u00e9,<\/p>\n<p>expression de l&rsquo;autorit\u00e9 centrale et, par voie de cons\u00e9quence,<\/p>\n<p>impersonnalit\u00e9 (Ma\u00eetre, 1984, p. 245).<\/p>\n<p>La rationalit\u00e9 du contr\u00f4le de gestion s&rsquo;exprime<\/p>\n<p>dans son mode de construction -\u00ab\u00a0on attend des planificateurs<\/p>\n<p>qu&rsquo;ils effectuent leurs travaux selon une s\u00e9rie de phases<\/p>\n<p>logiques et ordonn\u00e9es et non selon des modes intuitifs<\/p>\n<p>et globaux\u00a0\u00bb (Ma\u00eetre, p. 245)-, mais aussi \u00e0<\/p>\n<p>travers l&rsquo;importance donn\u00e9e au formel et \u00e0 l&rsquo;explicite.<\/p>\n<p>L&rsquo;autorit\u00e9 centrale se traduit par un ensemble de normes<\/p>\n<p>qui \u00ab\u00a0d\u00e9finissent les droits et obligations de chaque<\/p>\n<p>titulaire de r\u00f4les et de chaque unit\u00e9 op\u00e9rationnelle\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>et \u00ab\u00a0vont servir de cadre contraignant \u00e0 tous les<\/p>\n<p>managers dans leur prise de d\u00e9cision\u00a0\u00bb (Ma\u00eetre,<\/p>\n<p>p. 246) et se manifeste concr\u00e8tement par la division de<\/p>\n<p>l&rsquo;organisation en centres de responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;impersonnalit\u00e9 du syst\u00e8me<\/p>\n<p>r\u00e9side dans son refus de tenir compte des particularismes<\/p>\n<p>individuels puisqu&rsquo;il a \u00ab\u00a0pour effet de fixer \u00e0 l&rsquo;organisation<\/p>\n<p>des objectifs et des strat\u00e9gies qui transcendent ceux<\/p>\n<p>de ses membres\u00a0\u00bb (Ma\u00eetre, p. 249).<\/p>\n<p>Dans cette logique, le contr\u00f4le de gestion<\/p>\n<p>est un contr\u00f4le de conformit\u00e9 -conformit\u00e9<\/p>\n<p>\u00e0 une structure, une r\u00e8gle, un standard, une norme-<\/p>\n<p>et l&rsquo;appr\u00e9ciation porte sur ce qui est normal et ce qui<\/p>\n<p>ne l&rsquo;est pas. Cette vision s&rsquo;est exprim\u00e9e notamment dans<\/p>\n<p>la mise en oeuvre de la gestion par les co\u00fbts standard,<\/p>\n<p>puis dans sa g\u00e9n\u00e9ralisation que constitue la gestion<\/p>\n<p>budg\u00e9taire.<\/p>\n<p>Cette conception a \u00e9t\u00e9 dominante<\/p>\n<p>en France au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante-dix, \u00e9poque<\/p>\n<p>\u00e0 laquelle l&rsquo;assimilation entre contr\u00f4le de gestion<\/p>\n<p>et contr\u00f4le budg\u00e9taire est assez fr\u00e9quente,<\/p>\n<p>tant dans la pratique des entreprises que dans les ouvrages consacr\u00e9s<\/p>\n<p>\u00e0 la discipline.<\/p>\n<p>1.1.2. Orientation ouest: un acte engag\u00e9<\/p>\n<p>Dans ce sens, la r\u00e9alit\u00e9 est la manifestation d&rsquo;un<\/p>\n<p>principe, d&rsquo;un individu. Vous parlez: on se pose la question<\/p>\n<p>de savoir qui vous \u00eates; on ne cherche pas \u00e0 comprendre<\/p>\n<p>d&rsquo;abord la structure linguistique, mais la personne et ce qu&rsquo;elle<\/p>\n<p>exprime.<\/p>\n<p>Dans cette conception, l&rsquo;entreprise est un acte, l&rsquo;expression<\/p>\n<p>d&rsquo;un engagement, et c&rsquo;est en fonction de cet engagement qu&rsquo;elle<\/p>\n<p>s&rsquo;organise. C&rsquo;est notamment cette conception que retient, nous<\/p>\n<p>semble-t-il, J.P. Br\u00e9chet (1995), bien qu&rsquo;il donne au<\/p>\n<p>terme projet une acception diff\u00e9rente de celle qui sera<\/p>\n<p>retenue ici. Parmi les deux acceptions possible du mot entreprise<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0mise \u00e0 ex\u00e9cution d&rsquo;un projet\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0unit\u00e9<\/p>\n<p>\u00e9conomique de production\u00a0\u00bb, J.P. Br\u00e9chet retient<\/p>\n<p>la premi\u00e8re. Cette d\u00e9finition fait r\u00e9f\u00e9rence<\/p>\n<p>\u00e0 une conception exprim\u00e9e d\u00e8s le XII\u00e8me<\/p>\n<p>si\u00e8cle et rep\u00e9r\u00e9e par J.C. M\u00e9rigot<\/p>\n<p>(1992) dans laquelle on entend par entreprise \u00ab\u00a0un accord<\/p>\n<p>r\u00e9ciproque pour mener une action \u00e0 terme, un projet<\/p>\n<p>\u00e9labor\u00e9 en commun\u00a0\u00bb (Br\u00e9chet, p. 5).<\/p>\n<p>Partir de cette conception implique de s&rsquo;inscrire dans une \u00ab\u00a0perspective<\/p>\n<p>qui lie les fins aux moyens, en accordant la primaut\u00e9<\/p>\n<p>aux fins\u00a0\u00bb (Br\u00e9chet, p. 8).<\/p>\n<p>Les organisations qui se r\u00e9f\u00e8rent<\/p>\n<p>\u00e0 un engagement ont le souci de leurs origines, de ce<\/p>\n<p>qui va arriver, et comptent dans ce but; l&rsquo;ambition initiale,<\/p>\n<p>le respect de la raison d&rsquo;\u00eatre, la volont\u00e9 des dirigeants<\/p>\n<p>jouent un r\u00f4le important. \u00ab\u00a0Ce qu&rsquo;il y a de commun<\/p>\n<p>aux diff\u00e9rentes phases de la vie de l&rsquo;organisation, ce<\/p>\n<p>ne sont plus ses structures, ni ses fonctionnements, c&rsquo;est le<\/p>\n<p>projet d&rsquo;entreprendre d\u00e9fini par ses attributs \u00e9volutifs<\/p>\n<p>qui devraient relever au moins pur une part de la volont\u00e9<\/p>\n<p>et des objectifs des porteurs de projet\u00a0\u00bb (Br\u00e9chet,<\/p>\n<p>p. 9).<\/p>\n<p>D&rsquo;une certaine mani\u00e8re l&rsquo;opposition<\/p>\n<p>entre ce sens et le pr\u00e9c\u00e9dent s&rsquo;apparente \u00e0<\/p>\n<p>une opposition entre \u00ab\u00a0entreprises\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0administrations\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>(au sens caricatural des termes).<\/p>\n<p>Dans ce sens -l&rsquo;entreprise comme acte engag\u00e9-, le contr\u00f4le<\/p>\n<p>de gestion, s&rsquo;il existe, ne peut pas se limiter \u00e0 v\u00e9rifier<\/p>\n<p>la conformit\u00e9 d&rsquo;un comportement, il ne peut que \u00ab\u00a0contr\u00f4ler\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>l&rsquo;acte; son r\u00f4le est d&rsquo;aider \u00e0 la bonne conduite<\/p>\n<p>des choses, le crit\u00e8re \u00e9tant la fid\u00e9lit\u00e9<\/p>\n<p>aux engagements. Ce qui est important, c&rsquo;est qui permet d&rsquo;atteindre<\/p>\n<p>les buts. Le contr\u00f4le de gestion devrait jouer un r\u00f4le<\/p>\n<p>subsidiaire, mais subsidiaire dans le plein sens du terme.<\/p>\n<p>La conception dominante aujourd&rsquo;hui du contr\u00f4le<\/p>\n<p>de gestion \u00e9tant plus orient\u00e9e dans le sens de<\/p>\n<p>la conformit\u00e9 formelle \u00e0 une structure que dans<\/p>\n<p>le sens de respect d&rsquo;un engagement, de nombreuses entreprises<\/p>\n<p>-petites et moyennes notamment- qui par leur conception se situent<\/p>\n<p>plut\u00f4t dans le sens ouest, r\u00e9pugnent \u00e0 implanter<\/p>\n<p>un tel syst\u00e8me. Ce qu&rsquo;elles voient du contr\u00f4le de<\/p>\n<p>gestion dans d&rsquo;autres entreprises ne les encourage gu\u00e8re<\/p>\n<p>dans cette direction et m\u00eame si elles le voulaient, elles<\/p>\n<p>auraient probablement du mal \u00e0 trouver les hommes capables<\/p>\n<p>d&rsquo;assumer le type de contr\u00f4le de gestion dont elles ont<\/p>\n<p>besoin.<\/p>\n<p>1.2. Opposition nord-sud: projet versus exploitation<\/p>\n<p>1.2.1 Orientation nord: un projet<\/p>\n<p>Dans ce sens, il est fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une<\/p>\n<p>\u00e9chelle de valeurs. La relativit\u00e9 des moyens est<\/p>\n<p>prise en compte et les appr\u00e9ciations sont port\u00e9es<\/p>\n<p>en fonction des objectifs poursuivis.<\/p>\n<p>Dans les entreprises correspondant \u00e0 cette conception<\/p>\n<p>sous-jacente, les choses ne prennent de la valeur que par rapport<\/p>\n<p>au but recherch\u00e9. Tout ce qui va dans un autre sens est<\/p>\n<p>d\u00e9nu\u00e9 de valeur.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est que dans les entreprises qui raisonnent en projet que<\/p>\n<p>l&rsquo;\u00e9valuation prend tout son sens. Le contr\u00f4leur<\/p>\n<p>de gestion est alors le sp\u00e9cialiste de l&rsquo;\u00e9valuation,<\/p>\n<p>mais s&rsquo;il \u00e9value, ce n&rsquo;est pas dans l&rsquo;absolu, mais par<\/p>\n<p>rapport au projet.<\/p>\n<p>La r\u00e9flexion qui est men\u00e9e par<\/p>\n<p>certains responsables au sein de collectivit\u00e9s locales<\/p>\n<p>dessine peut-\u00eatre les pr\u00e9misses d&rsquo;un contr\u00f4le<\/p>\n<p>de gestion de cette nature: \u00ab\u00a0il s&rsquo;agit de surveiller et<\/p>\n<p>de contr\u00f4ler les d\u00e9penses, mais \u00e9galement<\/p>\n<p>de s&rsquo;interroger sur les politiques men\u00e9es et leurs impacts.<\/p>\n<p>En plus des notions d&rsquo;\u00e9conomie, d&rsquo;efficience et d&rsquo;efficacit\u00e9,<\/p>\n<p>traditionnelles en contr\u00f4le de gestion, l&rsquo;\u00e9valuateur<\/p>\n<p>doit formuler un avis sur la valeur m\u00eame des objectifs<\/p>\n<p>et donc des choix politiques pris\u00a0\u00bb (Dupuis, 1995, pp. 10-11).<\/p>\n<p>Cette conception se traduit parfois par la mise en place, au<\/p>\n<p>sein de ces collectivit\u00e9s, de cellules d&rsquo;\u00e9valuation.<\/p>\n<p>1.2.2. Orientation sud: une exploitation<\/p>\n<p>L&rsquo;entreprise comme exploitation est sous-tendue par une vision<\/p>\n<p>mat\u00e9rialiste qui \u00e9limine \u00ab\u00a0la subjectivit\u00e9<\/p>\n<p>en r\u00e9duisant le monde, avec l&rsquo;homme dedans, \u00e0 un<\/p>\n<p>syst\u00e8me d&rsquo;objets reli\u00e9s entre eux par des rapports<\/p>\n<p>universels\u00a0\u00bb (Sartre, 1949, p. 138).<\/p>\n<p>Dans cette optique, les choses ne sont que ce qu&rsquo;elles sont;<\/p>\n<p>on ne peut que les constater, les d\u00e9nombrer. L&rsquo;entreprise<\/p>\n<p>est donc enti\u00e8rement centr\u00e9e sur le quantitatif,<\/p>\n<p>c&rsquo;est une entreprise de production de masse; elle est con\u00e7ue<\/p>\n<p>comme un exploitation pour produire toutes sortes de choses:<\/p>\n<p>de l&rsquo;argent, des mati\u00e8res, des produits.<\/p>\n<p>Toute une philosophie industrielle s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e<\/p>\n<p>selon cette conception, avec notamment le taylorisme dans sa<\/p>\n<p>version caricaturale: la parcellisation, le geste \u00e9l\u00e9mentaire&#8230;<\/p>\n<p>Dans ce sens, le contr\u00f4leur de gestion est un comptable<\/p>\n<p>bis, un pointeur qui compte tout: les temps \u00e9l\u00e9mentaires,<\/p>\n<p>les entr\u00e9es&#8230; Le contr\u00f4le de gestion se r\u00e9duit<\/p>\n<p>\u00e0 une conception caricaturale de la comptabilit\u00e9<\/p>\n<p>analytique. Le contr\u00f4leur de gestion est selon la formule<\/p>\n<p>fameuse un \u00ab\u00a0compteur -voire un rationneur- de haricots\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>2. La combinaison des axes: les diagonales<\/p>\n<p>Les sens port\u00e9s sur chacune des diagonales peuvent \u00eatre<\/p>\n<p>compris comme la combinaison des sens pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p>Nous explorerons d&rsquo;abord ceux qui sont associ\u00e9s \u00e0<\/p>\n<p>une logique d&rsquo;exploitation, puis ceux qui s&rsquo;inscrivent dans la<\/p>\n<p>perspective d&rsquo;un projet.<\/p>\n<p>2.1. Moiti\u00e9 sud: conceptions \u00e0 dominante mat\u00e9rialiste<\/p>\n<p>2.1.1. Orientation sud-ouest: logique de possession<\/p>\n<p>La logique de possession et de puissance dessine un monde de<\/p>\n<p>rivalit\u00e9s, de territoires. La concurrence, la guerre \u00e9conomique<\/p>\n<p>ne sont pas des accidents, mais sont ici dans la nature des choses.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Avoir les moyens d&rsquo;agir\u00a0\u00bb, telle est la fin de l&rsquo;entreprise<\/p>\n<p>selon cette conception. Avoir pour pouvoir est sa loi -qui peut<\/p>\n<p>s&rsquo;inverser en pouvoir pour avoir-. L&rsquo;entreprise de possession<\/p>\n<p>est l&rsquo;exercice d&rsquo;une volont\u00e9 de puissance; ses acquis<\/p>\n<p>(biens mat\u00e9riels, pouvoirs, profits&#8230;) sont la fin en<\/p>\n<p>m\u00eame temps que les moyens de son pouvoir.<\/p>\n<p>Le sens de ce type d&rsquo;organisation se r\u00e9alise<\/p>\n<p>dans la recherche d&rsquo;une emprise sur un territoire repr\u00e9sent\u00e9<\/p>\n<p>par un march\u00e9, une client\u00e8le, qui se fait \u00e0<\/p>\n<p>l&rsquo;encontre d&rsquo;autres entreprises du m\u00eame type. La volont\u00e9<\/p>\n<p>de puissance s&rsquo;exprime donc par une tendance monopolistique.<\/p>\n<p>Le sentiment d&rsquo;urgence intervient dans la<\/p>\n<p>d\u00e9finition de la hi\u00e9rarchie des valeurs; l&rsquo;entreprise<\/p>\n<p>n&rsquo;a pas le temps de v\u00e9rifier la conformit\u00e9 de ses<\/p>\n<p>actes avec le r\u00e8glement, avec la loi (voir l&rsquo;actualit\u00e9<\/p>\n<p>r\u00e9cente).<\/p>\n<p>La confusion de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat particulier<\/p>\n<p>et de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral -qui se trouve<\/p>\n<p>r\u00e9duit au premier- l\u00e9gitime toute finalit\u00e9<\/p>\n<p>personnelle, en m\u00eame temps qu&rsquo;elle la renvoie dans l&rsquo;occulte,<\/p>\n<p>le tabou, l&rsquo;interdit. La manipulation des r\u00e9alit\u00e9s<\/p>\n<p>en fonction de param\u00e8tres occultes devient la loi. Les<\/p>\n<p>faits ne sont pas pris en compte de mani\u00e8re objective,<\/p>\n<p>ils ne sont consid\u00e9r\u00e9s qu&rsquo;en fonction des affects,<\/p>\n<p>des sentiments, de mani\u00e8re manoeuvri\u00e8re et manipulatoire.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, le contr\u00f4le de gestion se r\u00e9sume<\/p>\n<p>\u00e0 la question: \u00ab\u00a0combien de haricots cette semaine\u00a0\u00bb?<\/p>\n<p>Le contr\u00f4leur ne doit pas se risquer au-del\u00e0. Il<\/p>\n<p>doit se contenter de v\u00e9rifier que la marche est efficace<\/p>\n<p>et s&rsquo;efforcer de percevoir ce qui pla\u00eet au dirigeant pour<\/p>\n<p>lui donner un compte-rendu de la r\u00e9alit\u00e9 conforme<\/p>\n<p>\u00e0 ses souhaits. Il est somme toute pay\u00e9 pour apporter<\/p>\n<p>\u00e0 la direction g\u00e9n\u00e9rale un paysage qui lui<\/p>\n<p>convient; il fait de l'\u00a0\u00bbinformation\u00a0\u00bb, il renseigne<\/p>\n<p>sur l&rsquo;\u00e9tat des troupes. S&rsquo;il veut rester en sc\u00e8ne,<\/p>\n<p>il faut qu&rsquo;il soit \u00ab\u00a0bien en cour\u00a0\u00bb, qu&rsquo;il sache faire<\/p>\n<p>acte d&rsquo;all\u00e9geance.<\/p>\n<p>Le principe officiel est qu&rsquo;il n&rsquo;y a que les<\/p>\n<p>faits objectifs qui comptent; dans la r\u00e9alit\u00e9,<\/p>\n<p>les faits sont fabriqu\u00e9s \u00e0 partir des affects.<\/p>\n<p>Si, par exemple, l&rsquo;objectif est de passer devant le principal<\/p>\n<p>concurrent, le contr\u00f4leur de gestion mesurera la croissance<\/p>\n<p>de la part de march\u00e9; la fonction reporting comparera<\/p>\n<p>des chiffres r\u00e9els, mais en se focalisant sur ce seul<\/p>\n<p>aspect; l&rsquo;arriv\u00e9e de nouveaux concurrents pourra passer<\/p>\n<p>inaper\u00e7ue ou sera ni\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans cette conception du contr\u00f4le de<\/p>\n<p>gestion, les indicateurs ont tendance \u00e0 changer en fonction<\/p>\n<p>des r\u00e9sultats. Le contr\u00f4le de gestion est int\u00e9gr\u00e9<\/p>\n<p>dans un sc\u00e9nario de trafics: parce qu&rsquo;il y a suspicion<\/p>\n<p>entre les dirigeants et la base, il y aura falsification au niveau<\/p>\n<p>du terrain et le contr\u00f4leur de gestion falsifiera \u00e0<\/p>\n<p>son niveau pour contrer la falsification de la base.<\/p>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;autocensure du<\/p>\n<p>contr\u00f4leur de gestion dans ce sc\u00e9nario prend de<\/p>\n<p>l&rsquo;ampleur. Le contr\u00f4leur s&rsquo;interdit de porter un jugement<\/p>\n<p>sur la gestion des ressources humaines; de fa\u00e7on plus<\/p>\n<p>g\u00e9n\u00e9rale, il s&rsquo;interdit toute prise de position<\/p>\n<p>qui pourrait appara\u00eetre comme une critique. Si les chiffres<\/p>\n<p>sont mauvais, on risque de lui dire qu&rsquo;ils sont pr\u00e9matur\u00e9s<\/p>\n<p>ou qu&rsquo;ils ne sont peut-\u00eatre pas fiables, qu&rsquo;ils devraient<\/p>\n<p>\u00eatre v\u00e9rifi\u00e9s&#8230; Le contr\u00f4leur de gestion<\/p>\n<p>en est r\u00e9duit \u00e0 faire semblant de tenir une position<\/p>\n<p>d&rsquo;objectivit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans ce type d&rsquo;entreprise, il peut y avoir<\/p>\n<p>dissociation de la fonction contr\u00f4le de gestion, avec un<\/p>\n<p>subalterne (quelquefois appel\u00e9 \u00ab\u00a0contr\u00f4leur<\/p>\n<p>budg\u00e9taire\u00a0\u00bb) dont le r\u00f4le se limite \u00e0<\/p>\n<p>compter, et un contr\u00f4leur de gestion (qui porte parfois<\/p>\n<p>le titre de \u00ab\u00a0conseiller du Pr\u00e9sident\u00a0\u00bb et est<\/p>\n<p>d\u00e9sign\u00e9 dans les bruits de couloir comme l'\u00a0\u00bb\u00e9minence<\/p>\n<p>grise\u00a0\u00bb) qui a pour mission d&rsquo;interpr\u00e9ter. Il ne faut<\/p>\n<p>donc pas se fier aux d\u00e9nominations: le contr\u00f4leur<\/p>\n<p>de gestion en titre fait peut-\u00eatre tout autre chose que<\/p>\n<p>ce que son titre laisserait supposer.<\/p>\n<p>2.1.2. Orientation sud-est: logique de syst\u00e8me<\/p>\n<p>Dans ce sens -qui correspond \u00e0 une conception dominante<\/p>\n<p>dans la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;aujourd&rsquo;hui-, c&rsquo;est une logique<\/p>\n<p>m\u00e9caniste qui l&#8217;emporte: l&rsquo;\u00e9conomie est vue comme<\/p>\n<p>un syst\u00e8me r\u00e9gi par des lois \u00ab\u00a0naturelles\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>et donc susceptible de se voir appliquer des r\u00e8gles scientifiquement<\/p>\n<p>d\u00e9termin\u00e9es. Dans cette optique, c&rsquo;est la circulation<\/p>\n<p>qui fait la richesse.<\/p>\n<p>L&rsquo;entreprise-syst\u00e8me appara\u00eet r\u00e9gie par des<\/p>\n<p>r\u00e8gles qui l&rsquo;inscrivent dans le syst\u00e8me \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Elle est un univers de normes mat\u00e9rielles, d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments<\/p>\n<p>que l&rsquo;on compte et qui sont organis\u00e9s en r\u00e9seaux.<\/p>\n<p>Elle ob\u00e9it \u00e0 une rationalit\u00e9 essentiellement<\/p>\n<p>circulatoire; elle est une structure de circulation, un maillage,<\/p>\n<p>un tissu d&rsquo;\u00e9changes, un sorte de m\u00e9cano de flux<\/p>\n<p>(flux mat\u00e9riels, flux financiers, ressources humaines).<\/p>\n<p>La perfection du fonctionnement est recherch\u00e9e<\/p>\n<p>pour elle-m\u00eame. La rapidit\u00e9 de circulation devient<\/p>\n<p>la valeur supr\u00eame et les objectifs tendent \u00e0 s&rsquo;exprimer<\/p>\n<p>en termes de fonctionnement du processus et non de production<\/p>\n<p>du processus.<\/p>\n<p>L&rsquo;automatisation, la robotisation en sont<\/p>\n<p>l&rsquo;horizon logique. L&rsquo;entreprise-syst\u00e8me, id\u00e9al<\/p>\n<p>moderniste, semble pouvoir et devoir se passer de l&rsquo;homme qui<\/p>\n<p>est consid\u00e9r\u00e9 au mieux comme le cha\u00eenon faible,<\/p>\n<p>au pire comme une variable de la r\u00e9gulation \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Ce type d&rsquo;organisation attend des hommes qu&rsquo;ils s&rsquo;adaptent \u00e0<\/p>\n<p>ses contraintes et que, des seuls succ\u00e8s du syst\u00e8me,<\/p>\n<p>ils re\u00e7oivent la l\u00e9gitimation de leurs actes et<\/p>\n<p>un profit proportionn\u00e9. L&rsquo;id\u00e9al m\u00e9caniste<\/p>\n<p>trouve dans le progr\u00e8s de la science et de la technique<\/p>\n<p>les substituts dociles et pr\u00e9visibles que sont les machines,<\/p>\n<p>constitu\u00e9es et constituantes de m\u00e9canismes automatiques.<\/p>\n<p>Le robot est l&rsquo;agent id\u00e9al de l&rsquo;entreprise-syst\u00e8me,<\/p>\n<p>figure anthropo\u00efde pos\u00e9e comme id\u00e9al humain.<\/p>\n<p>Les concepts et pratiques de contr\u00f4le de gestion, dans<\/p>\n<p>ce type d&rsquo;organisation, sont plus ou moins sous-tendus par une<\/p>\n<p>vision r\u00e9ductrice de la gestion par les processus et de<\/p>\n<p>ses applications comme le management par les activit\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, le contr\u00f4leur de gestion<\/p>\n<p>effectue ses comptages en se r\u00e9f\u00e9rant au sch\u00e9ma<\/p>\n<p>des flux. Il est charg\u00e9 de scruter la circulation aux<\/p>\n<p>endroits les plus ad\u00e9quats pour s&rsquo;assurer que rien ne<\/p>\n<p>vient la freiner et de compter les dysfonctionnements pour que<\/p>\n<p>d&rsquo;autres puissent r\u00e9parer les circuits.<\/p>\n<p>Cette vision est tr\u00e8s pr\u00e9sente<\/p>\n<p>dans les approches cognitivistes pour lesquelles la fonction<\/p>\n<p>du contr\u00f4leur de gestion est de concevoir des syst\u00e8mes<\/p>\n<p>complexes de contr\u00f4le. Le contr\u00f4le de gestion s&rsquo;engage<\/p>\n<p>alors dans un processus sans fin: pour rem\u00e9dier aux dysfonctionnements,<\/p>\n<p>il faut toujours plus de contr\u00f4le. Or selon la \u00ab\u00a0loi<\/p>\n<p>de la vari\u00e9t\u00e9 requise\u00a0\u00bb \u00e9nonc\u00e9e<\/p>\n<p>dans le cadre de la th\u00e9orie des syst\u00e8mes, la complexit\u00e9<\/p>\n<p>du syst\u00e8me de contr\u00f4le doit \u00eatre au moins<\/p>\n<p>\u00e9gale \u00e0 celle du syst\u00e8me contr\u00f4l\u00e9;<\/p>\n<p>comme les syst\u00e8mes de contr\u00f4le sont eux-m\u00eames<\/p>\n<p>susceptibles de conna\u00eetre des d\u00e9faillances, la quantit\u00e9<\/p>\n<p>d&rsquo;incontr\u00f4l\u00e9 cro\u00eet avec la quantit\u00e9<\/p>\n<p>de contr\u00f4le.<\/p>\n<p>Avec cette conception s&rsquo;installe parall\u00e8lement<\/p>\n<p>la croyance que diriger une entreprise, c&rsquo;est la contr\u00f4ler.<\/p>\n<p>2.2. Moiti\u00e9 nord: conceptions associ\u00e9es \u00e0<\/p>\n<p>la notion de projet<\/p>\n<p>2.2.1 Orientation nord-est: logique de rationalit\u00e9 id\u00e9ale<\/p>\n<p>Cette conception, qui reste tr\u00e8s vivante, est inspir\u00e9e<\/p>\n<p>par le rationalisme des Lumi\u00e8res. La r\u00e9alit\u00e9<\/p>\n<p>s&rsquo;y exprime par des projets normatifs. Cette rationalit\u00e9<\/p>\n<p>id\u00e9ale s&rsquo;oppose toutefois \u00e0 la rationalit\u00e9<\/p>\n<p>circulatoire qui impr\u00e8gne la vision pr\u00e9c\u00e9dente,<\/p>\n<p>car c&rsquo;est une rationalit\u00e9 qui est non pas au service d&rsquo;un<\/p>\n<p>fonctionnement, mais au service d&rsquo;un projet qui se r\u00e9f\u00e8re<\/p>\n<p>\u00e0 des valeurs humaines.<\/p>\n<p>L&rsquo;entreprise, dans cette logique, est enti\u00e8rement con\u00e7ue<\/p>\n<p>comme une architecture de fonctions et de comp\u00e9tences<\/p>\n<p>hi\u00e9rarchis\u00e9es en vue d&rsquo;atteindre un but sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;entreprise id\u00e9ale de la plupart de nos mod\u00e8les<\/p>\n<p>scientifiques et techniques. Une fois les objectifs valid\u00e9s,<\/p>\n<p>elle se construit par d\u00e9duction rationnelle. Il n&rsquo;est<\/p>\n<p>plus question que de techniques d&rsquo;organisation, de sp\u00e9cialistes<\/p>\n<p>et de sp\u00e9cialit\u00e9s, de rationalisation, d&rsquo;optimisation,<\/p>\n<p>d&rsquo;am\u00e9lioration des moyens, de ratios&#8230; La technique est<\/p>\n<p>cens\u00e9eavoir r\u00e9ponse \u00e0 tout \u00e0 condition<\/p>\n<p>que les techniques soient correctement articul\u00e9esentre<\/p>\n<p>elles (c&rsquo;est l\u00e0 la mission de l&rsquo;encadrement et des sp\u00e9cialistes).<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0facteur\u00a0\u00bb humain s&rsquo;identifie \u00e0 la comp\u00e9tence<\/p>\n<p>et aux comportements techniques, la \u00ab\u00a0formation\u00a0\u00bb \u00e9tant<\/p>\n<p>le moyen d&rsquo;ajustement privil\u00e9gi\u00e9.<\/p>\n<p>Autant l&rsquo;entreprise performante est soucieuse<\/p>\n<p>de b\u00e2tir et de perfectionner sa rationalit\u00e9, autant<\/p>\n<p>elle laisse \u00e0 d&rsquo;autres le soin des justifications de son<\/p>\n<p>utilit\u00e9, donc des rationalit\u00e9s qui la d\u00e9passent<\/p>\n<p>et qui concernent le politique. L&rsquo;entreprise a une sp\u00e9cialit\u00e9<\/p>\n<p>et ne se hasarde gu\u00e8re hors de ce champ.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une conception dominante dans les enseignements<\/p>\n<p>dispens\u00e9s dans les \u00e9coles de commerce et les formations<\/p>\n<p>de gestion universitaires: une entreprise, ce sont des fonctions,<\/p>\n<p>des comp\u00e9tences structur\u00e9es, une rationalisation<\/p>\n<p>des t\u00e2ches, avec une direction g\u00e9n\u00e9rale qui<\/p>\n<p>assure la supervision. C&rsquo;est le mod\u00e8le classique qui a<\/p>\n<p>longtemps v\u00e9hicul\u00e9 une image de modernit\u00e9;<\/p>\n<p>c&rsquo;\u00e9tait la culture des grandes entreprises, des \u00ab\u00a0polytechniciens\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agissait de ma\u00eetriser de grandes choses et la raison<\/p>\n<p>\u00e9tait au service de missions d&rsquo;int\u00e9r\u00eat public.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;\u00e9volution historique du contr\u00f4le de gestion,<\/p>\n<p>cette conception correspond au concept de syst\u00e8me de planification-contr\u00f4le,<\/p>\n<p>tel que l&rsquo;a expos\u00e9 R.N. Anthony en 1965. Dans cette perspective,<\/p>\n<p>le contr\u00f4le de gestion est ce qui peut permettre une participation<\/p>\n<p>\u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de programmes. L&rsquo;objectif recherch\u00e9<\/p>\n<p>est une articulation coh\u00e9rente entre planification strat\u00e9gique,<\/p>\n<p>planification op\u00e9rationnelle, contr\u00f4le de gestion<\/p>\n<p>et contr\u00f4le op\u00e9rationnel. Cette vision suppose naturellement<\/p>\n<p>d&rsquo;importants moyens tant intellectuels que financiers.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 les contr\u00f4leurs<\/p>\n<p>de gestion prennent parfois le titre de directeurs des plans<\/p>\n<p>et budgets ou de directeurs de la planification. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9poque<\/p>\n<p>du PPBS (planning, programming, budgeting system) et de la RCB<\/p>\n<p>(rationalisation des choix budg\u00e9taires), l&rsquo;\u00e9poque<\/p>\n<p>aussi de la recherche op\u00e9rationnelle.<\/p>\n<p>L&rsquo;aspiration des contr\u00f4leurs de gestion<\/p>\n<p>\u00e0 cette forme de rationalit\u00e9 id\u00e9ale n&rsquo;a<\/p>\n<p>jamais pu \u00eatre pleinement satisfaite et l&rsquo;on peut se demander<\/p>\n<p>si ce n&rsquo;est pas cette frustration qui les conduit aujourd&rsquo;hui<\/p>\n<p>\u00e0 se rabattre sur une rationalit\u00e9 circulatoire<\/p>\n<p>qui transpara\u00eet dans certains errements de la gestion par<\/p>\n<p>les processus.<\/p>\n<p>2.2.2 Orientation nord-ouest: logique de concourance<\/p>\n<p>Le lien de concourance est celui d&rsquo;une communaut\u00e9 engag\u00e9e<\/p>\n<p>dans un m\u00eame projet, un m\u00eame sens. Il est coh\u00e9rent<\/p>\n<p>avec une certaine vision de l&rsquo;homme, engag\u00e9 et responsable.<\/p>\n<p>La logique de concourance s&rsquo;exprime dans la volont\u00e9 de<\/p>\n<p>l&rsquo;entreprise de justifier son existence par le concours qu&rsquo;elle<\/p>\n<p>apporte \u00e0 des individus ou \u00e0 des collectivit\u00e9s.<\/p>\n<p>Ce sont les finalit\u00e9s humaines et leur traduction en buts<\/p>\n<p>et objectifs qui d\u00e9finissent l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>Celle-ci doit donc \u00eatre organis\u00e9e<\/p>\n<p>selon une architecture strat\u00e9gique de concourances. Chaque<\/p>\n<p>fonction, chaque responsabilit\u00e9 se d\u00e9finit par<\/p>\n<p>son concours -g\u00e9n\u00e9ral ou particulier- \u00e0<\/p>\n<p>l&rsquo;entreprise, si bien qu&rsquo;aucune fonction ne peut se d\u00e9finir<\/p>\n<p>sans r\u00e9f\u00e9rence aux autres. Il n&rsquo;y a plus ni territoire,<\/p>\n<p>ni sp\u00e9cificit\u00e9 technique. L&rsquo;utilit\u00e9 d&rsquo;une<\/p>\n<p>t\u00e2che, d&rsquo;un r\u00e9sultat, est \u00e9valu\u00e9e<\/p>\n<p>en fonction de sa contribution au but commun.<\/p>\n<p>Au principe de concourance sont associ\u00e9es<\/p>\n<p>trois notions cl\u00e9s: pertinence (allons-nous dans le bon<\/p>\n<p>sens?), coh\u00e9rence (est-ce que toutes les contributions<\/p>\n<p>sont orient\u00e9es dans ce sens?), performance (dans quelle<\/p>\n<p>mesure et \u00e0 quel rythme les objectifs ont-ils \u00e9t\u00e9<\/p>\n<p>atteints, les missions accomplies?).<\/p>\n<p>Cette conception trouve notamment une traduction dans la m\u00e9thode<\/p>\n<p>de l&rsquo;analyse de la valeur, du moins dans son esprit initial,<\/p>\n<p>qui ne l&rsquo;envisage pas comme une simple technique de r\u00e9duction<\/p>\n<p>des co\u00fbts, mais comme une m\u00e9thode \u00ab\u00a0visant la<\/p>\n<p>satisfaction du besoin de l&rsquo;utilisateur par une d\u00e9marche<\/p>\n<p>sp\u00e9cifique de conception \u00e0 la fois fonctionnelle,<\/p>\n<p>\u00e9conomique et pluridisciplinaire\u00a0\u00bb. Elle est aussi<\/p>\n<p>pr\u00e9sente dans les d\u00e9veloppements les plus r\u00e9cents<\/p>\n<p>de la gestion de projet.<\/p>\n<p>Dans cette optique, la mission du contr\u00f4leur de gestion<\/p>\n<p>est d&rsquo;aider les responsables \u00e0 appr\u00e9cier la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Le contr\u00f4le de gestion n&rsquo;est plus une simple proth\u00e8se,<\/p>\n<p>mais constitue un p\u00f4le d&rsquo;expertise et de comp\u00e9tences<\/p>\n<p>en \u00e9valuation, qui r\u00e9unit des individus ma\u00eetrisant<\/p>\n<p>des m\u00e9thodes et techniques d&rsquo;\u00e9valuation vari\u00e9es<\/p>\n<p>-et pas seulement quantitatives- et fournit aux dirigeants les<\/p>\n<p>instruments ad\u00e9quats pour appr\u00e9hender la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Le contr\u00f4leur et son \u00e9quipe agissent en prestataires<\/p>\n<p>de services pour tous les managers (en quelque sorte du facilities<\/p>\n<p>management!). Il est possible de trouver des traces de cette<\/p>\n<p>mani\u00e8re de voir les choses dans la conception expos\u00e9e<\/p>\n<p>par V. Desrousseaux et B. de Saint-Vincent (1988) selon laquelle<\/p>\n<p>le contr\u00f4le de gestion devrait \u00eatre le garant de<\/p>\n<p>la qualit\u00e9 des outils utilis\u00e9s par les op\u00e9rationnels.<\/p>\n<p>Conclusion<\/p>\n<p>Si, historiquement, le contr\u00f4le de gestion s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9<\/p>\n<p>dans une optique mat\u00e9rialiste, le mod\u00e8le dominant<\/p>\n<p>aujourd&rsquo;hui reste celui de la conformit\u00e9 \u00e0 une<\/p>\n<p>structure. L&rsquo;aspiration des contr\u00f4leurs s&rsquo;est longtemps<\/p>\n<p>attach\u00e9e \u00e0 la mise en oeuvre d&rsquo;un mod\u00e8le<\/p>\n<p>fond\u00e9 sur une rationalit\u00e9 id\u00e9ale et inaccessible.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, \u00e9mergent de nouveaux mod\u00e8les qui,<\/p>\n<p>tout en se r\u00e9clamant parfois des m\u00eames concepts,<\/p>\n<p>se d\u00e9veloppent dans deux sens diam\u00e9tralement oppos\u00e9s:<\/p>\n<p>celui d&rsquo;une rationalit\u00e9 circulatoire (syst\u00e9mique)<\/p>\n<p>et celui d&rsquo;une authentique concourance.<\/p>\n<p>Bibliographie<\/p>\n<p>ANTHONY R.N. (1965), \u00ab\u00a0Planning and control systems: a framework<\/p>\n<p>for analysis\u00a0\u00bb, Division of Research, Graduate School of<\/p>\n<p>Business, Harvard University, Boston.<\/p>\n<p>BESSIRE D. (1995), R\u00e9gulation et syst\u00e8mes de planification-contr\u00f4le,<\/p>\n<p>l&rsquo;exemple de la grande distribution, Economica-ICC.<\/p>\n<p>BRECHET J.P. (1994), \u00ab\u00a0Du projet d&rsquo;entreprendre au projet<\/p>\n<p>d&rsquo;entreprise\u00a0\u00bb, Revue fran\u00e7aise de gestion, juin-juillet-ao\u00fbt,<\/p>\n<p>pp. 5-13.<\/p>\n<p>DESROUSSEAUX V. et de SAINT-VINCENT B. (1988), \u00ab\u00a0Le contr\u00f4le<\/p>\n<p>de gestion juste \u00e0 temps\u00a0\u00bb, Echanges, n 85, 4\u00e8me<\/p>\n<p>trimestre, pp. 17-22.<\/p>\n<p>DUPUIS J. (1995), \u00ab\u00a0Compte-rendu des rencontres des directeurs<\/p>\n<p>financiers et contr\u00f4leurs de gestion des collectivit\u00e9s<\/p>\n<p>locales \u00e0 Marseille\u00a0\u00bb, Echanges, n 117, novembre,<\/p>\n<p>pp. 10-11.<\/p>\n<p>ETZIINI A. (1971), Les organisations modernes, Editions J. Duculot<\/p>\n<p>(\u00e9dition originale: Modern organizations, Prentice-Hall,<\/p>\n<p>Englewodd Cliffs, New Jersey, 1964).<\/p>\n<p>LORINO P. (1995), \u00ab\u00a0Le d\u00e9ploiement de la valeur par<\/p>\n<p>les processus\u00a0\u00bb, Revue fran\u00e7aise de gestion, juin-juillet-ao\u00fbt,<\/p>\n<p>pp. 55-71.<\/p>\n<p>MAITRE P. (1984), Plans d&rsquo;entreprise et contr\u00f4le de gestion,<\/p>\n<p>Dunod, collection \u00ab\u00a0Dunod entreprise\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>MERIGOT J.C. (1992), \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;entreprise?\u00a0\u00bb,<\/p>\n<p>Encyclop\u00e9die du management, Vuibert.<\/p>\n<p>NIFLE R. (1987), La civilisation de l&rsquo;entreprise, non publi\u00e9<\/p>\n<p>http:\/\/journal.coherences.com<\/p>\n<p>NIFLE R. (1993), Sens et coh\u00e9rences humaines, th\u00e9orie<\/p>\n<p>et pratique, non publi\u00e9 http:\/\/journal.coherences.com<\/p>\n<p>SARTRE J.P. (1949), Situations III, 13\u00e8me \u00e9dition,<\/p>\n<p>Gallimard.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une intervention<\/p>\n<p>  aux 2&egrave;mes joun&eacute;es d&rsquo;histoire de la comptabilit&eacute;<\/p>\n<p>  &agrave; Tours le 29 mars 1996 et d&rsquo;une publication dans Les<\/p>\n<p>  cahiers de recherche de l&rsquo;A.F.C. n&deg;1 mai 1996<\/p>\n","protected":false},"author":682,"featured_media":756,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[564,569,606,49],"tags":[],"class_list":["post-824","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-b42-cartes-generales-des-sens-de-lhumanite-de-lhomme","category-b47-les-cartes-de-coherences-dactivites-humaines","category-c72-evaluation-et-gestion","category-f622-evaluation-et-gestion"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/824","targetHints":{"allow":["GET","POST","PUT","PATCH"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/users\/682"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=824"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/824\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3119,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/824\/revisions\/3119"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=824"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=824"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=824"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}