{"id":59,"date":"1997-05-18T00:00:00","date_gmt":"1997-05-18T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/1997\/05\/18\/le-renversement-economique\/"},"modified":"2020-12-04T14:45:28","modified_gmt":"2020-12-04T13:45:28","slug":"le-renversement-economique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/1997\/05\/18\/le-renversement-economique\/","title":{"rendered":"Le renversement \u00e9conomique"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">L&rsquo;\u00e9conomie est le lieu de toutes les croyances, certitudes absolues, d\u00e9nonciations irrascibles, illusions na\u00efves, sombres calculs, proph\u00e9ties auto exhau\u00e7antes; mais toujours l&rsquo;oubli r\u00e9ductionniste, la chose prise pour le Sens, le signe pour le Sens. Et l&rsquo;homme, sujet objet et projet de toute \u00e9conomie? C&rsquo;est encore \u00e0 une anthropologie que l&rsquo;\u00e9conomie doit \u00eatre r\u00e9f\u00e9r\u00e9e avant toute mod\u00e9lisation sans racines. L&rsquo;\u00e9conomie est de nature humaine et elle est toujours communautaire au service du bien commun. Telle est le Sens et la coh\u00e9rence d&rsquo;une \u00e9conomie l\u00e9gitime. Toute autre est mystification.<\/p>\n<p><b>SOMMAIRE<\/b><\/p>\n<p><b>1) PENSEE UNIQUE &#8211; PENSEE INIQUE : L&rsquo;ECONOMISME<\/b><\/p>\n<p><b>Le vice de l&rsquo;\u00e9conomie de n\u00e9cessit\u00e9<br \/>\nLe vice du scientisme \u00e9conomique<br \/>\nLe vice de \u00ab\u00a0l&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique\u00a0\u00bb<\/b><\/p>\n<p><b>Les trois sc\u00e8nes de l&rsquo;iniquit\u00e9<br \/>\nLa premi\u00e8re est celle de la production<\/b>.<br \/>\n<b>La deuxi\u00e8me sc\u00e8ne est celle de l&rsquo;entreprise<br \/>\nLa troisi\u00e8me sc\u00e8ne est celle du march\u00e9<\/b><\/p>\n<p><b>2) L&rsquo;ECONOMIE REFONDEE : LES TROIS VERTUS D&rsquo;UNE ECONOMIE HUMAINE<\/b><\/p>\n<p><b>Les trois vertus necessaires<br \/>\n1) L&rsquo;\u00e9conomie traite de ce qui sert le progr\u00e8s humain<br \/>\n2) L&rsquo;\u00e9conomie est le tissu des engagements personnels et collectifs<br \/>\n3) L&rsquo;\u00e9conomie n&rsquo;a d&rsquo;autre lieu que la communaut\u00e9<\/b><\/p>\n<p><b>Les bases d&rsquo;une refondation<\/b><\/p>\n<p><b>1\u00b0 Plan : La communaut\u00e9 \u00e9conomique<br \/>\na) Caract\u00e9ristique de l&rsquo;\u00e9conomie d&rsquo;une communaut\u00e9 humaine<br \/>\nb) La diversit\u00e9 et l&rsquo;articulation des communaut\u00e9s \u00e9conomiques..<br \/>\nc) Les niveaux de maturit\u00e9 et de d\u00e9veloppement \u00e9conomique.<\/b><\/p>\n<p><b>2\u00b0 Plan : Les entreprises \u00e9conomiques<br \/>\na) Vocation, la finalit\u00e9 et la l\u00e9gitimit\u00e9 des entreprises<br \/>\nb) Les structures de concourance<br \/>\nc) Economie et fonctionnement des entreprises de service<br \/>\nLes niveaux de service et de professionnalisme<\/b><\/p>\n<p><b>3\u00b0 Plan : Le travail et la production des biens et services<br \/>\nLe niveau primaire<\/b><br \/>\n<b>Le niveau secondaire<br \/>\nLe niveau tertiaire<\/b><\/p>\n<p><b>LISTE DES TEXTES DE L&rsquo;AUTEUR CITES EN REFERENCE<\/b><\/p>\n<hr align=\"LEFT\" \/>\n<p>Nous sommes dans cet \u00e9tat \u00e9trange o\u00f9 les principaux \u00ab\u00a0acteurs \u00e9conomiques\u00a0\u00bb poursuivent leurs buts selon des \u00ab\u00a0raisonnements\u00a0\u00bb frapp\u00e9s du sceau de l&rsquo;\u00e9vidence, pendant que le doute le plus radical se fait jour, au vu de l&rsquo;impuissance et de l&rsquo;insucc\u00e8s des tentatives de r\u00e9sorber le ch\u00f4mage ou m\u00eame de voir d\u00e9coller les pays pauvres. L&rsquo;accroissement des richesses semble justifier l&rsquo;appauvrissement d&rsquo;un plus grand nombre, la productivit\u00e9 et la comp\u00e9titivit\u00e9 des entreprises passe par la suppression d&rsquo;un plus grand nombre d&#8217;emploi. C&rsquo;est, para\u00eet-il, le prix de la croissance.<\/p>\n<p>Les doutes que beaucoup portaient discr\u00e8tement en eux devant l&rsquo;assaut des \u00e9vidences d&rsquo;experts, ont \u00e9t\u00e9 publiquement exprim\u00e9s par l&rsquo;acte de parole salutaire de Viviane Forester avec son livre : \u00ab\u00a0L&rsquo;horreur \u00e9conomique\u00a0\u00bb (Viviane FORRESTER, \u00e9ditions Fayard). Elle montre comment s&rsquo;articule la rationalit\u00e9 qui va d&rsquo;un principe de profit auto-l\u00e9gitim\u00e9e \u00e0 une \u00e9vacuation du sujet du travail &#8211; l&rsquo;homme, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 l&rsquo;indignit\u00e9 \u00e9conomique de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Or, si ce d\u00e9voilement d\u00e9nonciateur est utile pour prendre conscience de la r\u00e9alit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;horreur \u00e9conomique, il est encore insuffisant au moins sur deux plans.<\/p>\n<p>Il est d&rsquo;abord insuffisant pour d\u00e9monter l&rsquo;argumentation des experts dont les rationalit\u00e9s poursuivent \u00e0 leurs yeux leur effet d&rsquo;\u00e9vidence. Pas un iota n&rsquo;aura chang\u00e9 dans leur vision \u00e9conomique, leurs d\u00e9bats, leurs calculs et la croyance de bien faire des op\u00e9rateurs: entreprises, financiers, hauts fonctionnaires, politiques, universitaires, etc. A la critique radicale, il faudrait fournir des armes pour qu&rsquo;elle ait une prise quelconque sur la \u00ab\u00a0programmation mentale\u00a0\u00bb de tous les \u00e9conomim\u00e9tistes.<\/p>\n<p>Ensuite, elle est insuffisante pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes de \u00ab\u00a0crise \u00e9conomique\u00a0\u00bb et de d\u00e9valuation de \u00ab\u00a0l&#8217;emploi du travail\u00a0\u00bb et donc du travail humain. Le ch\u00f4mage, l&rsquo;appauvrissement massif, le sous-d\u00e9veloppement en sont les aspects les plus criants.<\/p>\n<p>En effet, il est maintenant devenu urgent de proposer une alternative \u00e0 un \u00ab\u00a0syst\u00e8me \u00e9conomique\u00a0\u00bb qui allie de puissants int\u00e9r\u00eats \u00e0 une \u00ab\u00a0science \u00e9conomique\u00a0\u00bb qui semble l\u00e9gitimer des situations injustes ; au savoir et aux pratiques d&rsquo;un grand nombre de professionnels et aux croyances d&rsquo;un tr\u00e8s large public endoctrin\u00e9 depuis plus d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es au nom de la \u00ab\u00a0n\u00e9cessaire prise de conscience des r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il y a donc, au-del\u00e0 de la d\u00e9nonciation, \u00e0 entreprendre cette refondation d&rsquo;une pens\u00e9e \u00e9conomique qui permette d&rsquo;\u00e9lucider les processus de l&rsquo;horreur mais aussi b\u00e2tir une alternative cr\u00e9dible.<\/p>\n<p>L&rsquo;incompr\u00e9hension et la r\u00e9volte seront vaines si elles s&rsquo;ab\u00eement dans le combat contre un ennemi qui r\u00e9side au coeur m\u00eame de nos propres fa\u00e7ons de penser et d&rsquo;agir, de nos r\u00e9f\u00e9rents collectifs et de nos certitudes mal fond\u00e9es. On sait maintenant que ce genre de combat devient, au nom de l&rsquo;homme, un combat contre l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Il importe aussi de discerner les signes de ce qui peut \u00eatre l&rsquo;\u00e9bauche d&rsquo;un revirement. En l&rsquo;occurrence la r\u00e9f\u00e9rence insistante \u00e0 la question des valeurs, au questionnement sur la prise en compte de \u00ab\u00a0l&rsquo;immat\u00e9riel\u00a0\u00bb dans les entreprises et l&rsquo;\u00e9conomie et plus r\u00e9cemment l&rsquo;\u00e9mergence du concept de virtuel, souvent tr\u00e8s mal compris. Il annonce une \u00ab\u00a0\u00e9conomie virtuelle\u00a0\u00bb qui n&rsquo; a rien \u00e0 voir avec sa caricature sp\u00e9culative et financi\u00e8re mais, au contraire, avec ce qu&rsquo;on peut d\u00e9j\u00e0 appeler une \u00e9conomie de la gratuit\u00e9 et de l&rsquo;abondance.<\/p>\n<p>Il faut donc donner un Sens \u00e0 la critique radicale, non pas celui du combat contre des puissances mal\u00e9fiques qui sont tout simplement anim\u00e9es par nos propres travers, mais celui d&rsquo;un engagement refondateur qui propose une alternative cr\u00e9dible et solide \u00e0 l&rsquo;\u00e9difice de certitudes dont on voit maintenant la suite logique.<\/p>\n<p>Nous allons esquisser quelques indications, \u00e0 la fois pour mieux comprendre les racines humaines de \u00ab\u00a0l&rsquo;horreur \u00e9conomique\u00a0\u00bb et pour entreprendre de reb\u00e2tir une alternative humainement saine. Pour cela nous nous appuyons sur une anthropologie qui permet de donner Sens et coh\u00e9rence \u00e0 ce projet : La th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines.<\/p>\n<p><b>1) PENSEE UNIQUE &#8211; PENSEE INIQUE : L&rsquo;ECONOMISME<\/b><\/p>\n<p>Le champ extr\u00eamement vaste des pr\u00e9occupations \u00ab\u00a0\u00e9conomiques\u00a0\u00bb qui sont rassembl\u00e9es dans le ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;horreur \u00e9conomique peut s&rsquo;inscrire sous le vocable \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00e9conomisme\u00a0\u00bb. Il correspond aussi \u00e0 une r\u00e9ification de l&rsquo;\u00e9conomie qui s&rsquo;accompagne d&rsquo;une chosification de l&rsquo;homme. Alors que l&rsquo;\u00e9conomie participe toujours d&rsquo;un acte culturel collectif on a pu en faire une chose en soi qui nous dicte ses lois. En fait, l&rsquo;\u00e9conomisme, vecteur de cette horreur \u00e9conomique et fixateur de la \u00ab\u00a0pens\u00e9e unique\u00a0\u00bb repose tout d&rsquo;abord sur la coalition de trois vices.<\/p>\n<p>Le premier, c&rsquo;est <b>le vice de l&rsquo;\u00e9conomie de n\u00e9cessit\u00e9<\/b>. Tout ce qui rel\u00e8ve de l&rsquo;\u00e9conomie serait fatal, incontournable, n\u00e9cessaire et r\u00e9gi par des besoins imp\u00e9rieux sous le signe du fatum. C&rsquo;est en fait une pens\u00e9e construite sur le r\u00e9gime du manque, de la raret\u00e9 qui \u00ab\u00a0mat\u00e9rialise\u00a0\u00bb ce qui est \u00ab\u00a0effet de vide\u00a0\u00bb et dont l&rsquo;avidit\u00e9 est un des moteurs.<\/p>\n<p>Alors que nous souffrons, en grande partie, de surabondance des biens r\u00e9pondant aux \u00ab\u00a0besoins vitaux\u00a0\u00bb (ex. surplus alimentaires et disparition progressive du monde agricole&#8230;), c&rsquo;est toujours une \u00e9conomie de la \u00ab\u00a0raret\u00e9\u00a0\u00bb, du \u00ab\u00a0besoin\u00a0\u00bb de la n\u00e9cessit\u00e9 qui nous est assen\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;effet de certitude absolue (cf. \u00ab\u00a0Les racines de la certitude\u00a0\u00bb par l&rsquo;auteur, revue 3\u00b0 mill\u00e9naire 1988) attribu\u00e9 aux \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques\u00a0\u00bb repose sur cet \u00ab\u00a0imp\u00e9rium\u00a0\u00bb du manque, de l&rsquo;effet de vide que l&rsquo;avidit\u00e9 veut combler, de l&rsquo;argument de n\u00e9cessit\u00e9 et de besoin qui l\u00e9gitime les \u00ab\u00a0imp\u00e9ratifs \u00e9conomiques\u00a0\u00bb \u00e9nonc\u00e9s comme des fatalit\u00e9s. C&rsquo;est la racine du vice mat\u00e9rialiste qui, d&rsquo;un \u00ab\u00a0n\u00e9ant d&rsquo;\u00eatre\u00a0\u00bb postule une absolu\u00eft\u00e9 mat\u00e9rielle \u00e0 laquelle nous serions coll\u00e9s par toute la force de nos \u00ab\u00a0besoins essentiels\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Alors les \u00ab\u00a0besoins\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0envies\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0n\u00e9cessit\u00e9s\u00a0\u00bb des puissances \u00e9conomiques sont l\u00e9gitim\u00e9s, incontournables et leurs actes ne sont plus discutables. Seul celui qui s&rsquo;oppose \u00e0 ce fatum est coupable. Les faits \u00e9conomiques seraient \u00ab\u00a0t\u00eatus\u00a0\u00bb. Il faut couper la t\u00eate de ceux qui les remettent en question (symboliquement) ! Et ainsi les hommes sont ali\u00e9n\u00e9s aux besoins mat\u00e9riels dont ils se croient esclaves, m\u00eame en situation de surabondance.<\/p>\n<p>Tout discours de la n\u00e9cessit\u00e9 en mati\u00e8re \u00e9conomique est une falsification. Soyons particuli\u00e8rement vigilant quand la \u00ab\u00a0mise en sc\u00e8ne du manque\u00a0\u00bb (ex. le ch\u00f4mage) vient pour l\u00e9gitimer un surcro\u00eet de v\u00e9rit\u00e9 n\u00e9cessitaire (ex: il faut augmenter la croissance pour d\u00e9velopper l&#8217;emploi, donc la productivit\u00e9 et donc il faut licencier&#8230;).<\/p>\n<p><b>Le vice du scientisme \u00e9conomique<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;erreur est de croire que ce qui n&rsquo;est qu&rsquo;une convention intellectuelle pour d\u00e9crire un ph\u00e9nom\u00e8ne humain (l&rsquo;\u00e9conomie) serait, au contraire, l&rsquo;expression de lois, r\u00e8gles, structures, rationalit\u00e9s qui s&rsquo;imposent aux hommes. Ceux-ci, devenus \u00ab\u00a0agents \u00e9conomiques\u00a0\u00bb, ne sont que les marionnettes des suppos\u00e9es lois \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>L&rsquo;indigence \u00e9pist\u00e9mologique et anthropologique des discours \u00e9conomiques, qu&rsquo;ils soient ceux des experts ou qu&rsquo;ils soient ceux des acteurs, est terrifiante.<\/p>\n<p>Le conformisme en la mati\u00e8re nous fait prendre des \u00ab\u00a0morceaux de rationalit\u00e9\u00a0\u00bb pour des preuves quasi math\u00e9matiques d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 que l&rsquo;on n&rsquo;a m\u00eame plus besoin d&rsquo;observer.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pour cela que tel ou tel tenant de la pens\u00e9e unique ne peut rien entendre \u00e0 propos de la \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb des analyses de Viviane FORRESTER. La raison folle et suffisante n&rsquo;a que faire de l&rsquo;exp\u00e9rience du r\u00e9el humain puisqu&rsquo;elle a connaissance des codes, des lois, des r\u00e8gles, des mod\u00e8les qui, d&rsquo;apr\u00e8s elle, r\u00e9gissent toute r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique. Il y a malentendu sur le terme r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique. Pour ceux-l\u00e0, la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique, c&rsquo;est ce qui est en jeu dans la cadre de leurs raisonnements. Pour d&rsquo;autres c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils vivent dans leur vie de personnes et de communaut\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique\u00a0\u00bb s&rsquo;impose \u00e0 la raison qui s&rsquo;impose \u00e0 tous&#8230; Circulez, il n&rsquo;y a rien \u00e0 discuter.<\/p>\n<p>Alors quand on nous livre de ces raisonnements alambiqu\u00e9s ou simplistes sur l&rsquo;\u00e9conomie, cessons radicalement d&rsquo;y croire avant de les avoir confront\u00e9s \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience (humaine). Mais n&rsquo;est-ce pas l\u00e0, malheureusement, le lot de notre culture scientiste et n\u00e9o-scientiste, qu&rsquo;elle soit dite classique, moderne ou post moderne ?<\/p>\n<p>Nous en sommes tellement impr\u00e9gn\u00e9s, nos \u00ab\u00a0\u00e9lites\u00a0\u00bb sont tellement s\u00e9lectionn\u00e9es sur ces crit\u00e8res de conformit\u00e9 et de savoir, que ce qui n&rsquo;existe que dans le champ des rationalisations mentales est pris pour le tout du r\u00e9el sans avoir \u00e0 se questionner sur ses fondements.<\/p>\n<p>Non ! L&rsquo;\u00e9conomie n&rsquo;est pas une personne. Non ! Les lois, les syst\u00e8mes, les \u00ab\u00a0raisons\u00a0\u00bb \u00e9conomiques ne sont pas des \u00eatres qui r\u00e8gnent sur nos existences. Ce ne sont que les reflets de nos arrangements contingents d&rsquo;\u00eatre humains vivant en communaut\u00e9s. Disqualifions tout savoir \u00e9conomique qui ne se fonde pas sur cette connaissance sinon nous disqualifions les hommes pour en faire de ces agents en qu\u00eate d&#8217;emploi dans un th\u00e9\u00e2tre de marionnettes \u00e9conomiques.<\/p>\n<p><b>Le vice de \u00ab\u00a0l&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique\u00a0\u00bb<\/b><\/p>\n<p>Il repose sur un mensonge quant au bien commun, quant \u00e0 la richesse, quant aux \u00ab\u00a0biens\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0services\u00a0\u00bb, quant \u00e0 la \u00ab\u00a0valeur\u00a0\u00bb, quant au \u00ab\u00a0travail\u00a0\u00bb, etc. La cl\u00e9 est dans la logique de captation. Tout int\u00e9r\u00eat se mesure \u00e0 ce qui est \u00ab\u00a0pris sur les autres\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0pris sur le bien commun\u00a0\u00bb, enlev\u00e9 du bien d&rsquo;autrui. Ainsi le \u00ab\u00a0b\u00e9n\u00e9fice\u00a0\u00bb ou le \u00ab\u00a0profit\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas un richesse suppl\u00e9mentaire, une valeur ajout\u00e9e, mais une soustraction.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est donc pas surprenant qu&rsquo;un accroissement de ce qui est mesur\u00e9 \u00e0 cette aune: profit, PNB, volumes d&rsquo;activit\u00e9, r\u00e9sultats comptables, etc. aille avec l&rsquo;accroissement de l&rsquo;appauvrissement.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas \u00e9tonnant que des signes d&rsquo;appauvrissement ou de licenciement soient indicateurs de profits pour \u00ab\u00a0les march\u00e9s\u00a0\u00bb. Ce n&rsquo;est pas \u00e9tonnant que l&rsquo;accroissement des produits financiers de la sp\u00e9culation aille avec l&rsquo;appauvrissement du \u00ab\u00a0tissu industrieux\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ce qui est gagn\u00e9 selon cette mesure de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat est perdu par d&rsquo;autres. Cet int\u00e9r\u00eat est consommation de richesses humaines et non pas production de richesses humaines.<\/p>\n<p>De l\u00e0 la formidable ambigu\u00eft\u00e9 de la formule \u00ab\u00a0cr\u00e9ation de richesse\u00a0\u00bb et de toute \u00e9valuation de r\u00e9sultats \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>Ou bien il s&rsquo;agit d&rsquo;accroissement de richesses humaines, de ce qui vaut pour les hommes en tant qu&rsquo;hommes et pour leurs communaut\u00e9s ou bien il s&rsquo;agit de ce qui a \u00e9t\u00e9 soustrait au patrimoine humain par quelque biais.<\/p>\n<p>Le travail, par exemple, est-il l&rsquo;exercice de vertus et de qualit\u00e9s humaines produisant ainsi de la richesse humaine ou bien est-il une soustraction \u00e0 la vraie vie qu&rsquo;il faut bien consentir pour avoir quelque profit (gagner de l&rsquo;argent). C&rsquo;est l\u00e0 le principe de toute sp\u00e9culation, perdre (la mise) pour gagner (sur les autres).<\/p>\n<p>Pourrait-on ne pas oublier qu&rsquo;aucune d\u00e9claration de valeur n&rsquo;a de sens recevable si on n&rsquo;a pas aussi d\u00e9clar\u00e9 de quelle \u00e9chelle de valeur il s&rsquo;agit. Les termes de profit, int\u00e9r\u00eat, richesse n&rsquo;ont aucun Sens recevable si on ne sait de quoi il s&rsquo;agit humainement parlant<\/p>\n<p>Le mensonge \u00e9conomique vient de cette omission qui fait d\u00e9clarer richesses ce qui est appauvrissement de l&rsquo;humain, y compris de l&rsquo;humanit\u00e9 de ceux qui enregistrent ce qu&rsquo;ils croient b\u00e9n\u00e9fices.<\/p>\n<p>Alors l&rsquo;horreur \u00e9conomique na\u00eet de cette triple iniquit\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;on voit avec l&rsquo;\u00e9conomisme que l&rsquo;idole se nourrit de l&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;homme. La soci\u00e9t\u00e9 de consommation est bien anthropophagique mais nous y participons bien souvent par certains de nos penchants d&rsquo;\u00eatres humains.<\/p>\n<p>Il arrive qu&rsquo;un seul ou deux de ces trois vices soient pr\u00e9sents, ce qui peut faire croire \u00e0 la vertu de leurs tenants. Bien des combinaisons sont possibles. Il faut savoir qu&rsquo;un seul des trois vices risque de faire de l&rsquo;\u00e9conomie une horreur humaine. Or, il est extr\u00eamement fr\u00e9quent que les d\u00e9nonciateurs de l&rsquo;un de ces trois logiques soient eux-m\u00eames pris dans au moins une des autres.<\/p>\n<p>Par exemple, d\u00e9noncer l&rsquo;individualisme sp\u00e9culateur et le primat de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat particulier ne suffit pas \u00e0 r\u00e9soudre le probl\u00e8me si parall\u00e8lement la position mat\u00e9rialiste n\u00e9cessitaire est soutenue avec une th\u00e9orie \u00e9conomique de la raret\u00e9. De m\u00eame d\u00e9noncer ce fatalisme en se vouant aux croyances scientistes et aux raisonnements autosuffisants de l&rsquo;erreur \u00e9conomique n&rsquo;am\u00e8ne rien de bon.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pour cela que le discernement des Sens est indispensable. C&rsquo;est pour cela que l&rsquo;engagement refondateur est la seule voie \u00e0 suivre, c&rsquo;est pour cela que le travail de construction d&rsquo;une alternative radicale \u00e0 la pens\u00e9e \u00e9conomique pr\u00e9dominante est prioritaire. C&rsquo;est pour cela aussi qu&rsquo;un travail syst\u00e9matique de remise en questionnement de toute nos certitudes, croyances et attitudes \u00e9conomiques doit \u00eatre assum\u00e9. Qui veut cultiver ces vices \u00e9conomiques peut le faire, mais qu&rsquo;ils ne viennent pas nous dire que c&rsquo;est richesse &#8211; n\u00e9cessit\u00e9 &#8211; ou v\u00e9rit\u00e9 scientifique. Nous n&rsquo;avons pas \u00e0 le croire ou sinon nous participons au vice, quelques soient nos postures.<\/p>\n<p><b>Les trois sc\u00e8nes de l&rsquo;iniquit\u00e9<\/b><\/p>\n<p>Cette iniquit\u00e9 d\u00e9humanisante de l&rsquo;\u00e9conomie se joue principalement sur trois sc\u00e8nes.<\/p>\n<p><b>La premi\u00e8re est celle de la production<\/b>.<\/p>\n<p>C&rsquo;est celle o\u00f9 l&rsquo;\u00e9quation, ressources + moyens de transformation = produit fini, est la plus commune.<\/p>\n<p>La comptabilit\u00e9, la mesure quantitative suffisent \u00e0 en \u00e9valuer les termes. Le r\u00e8gne du quantitatif en \u00e9conomie soul\u00e8ve la question de la nature des biens et des services produits et celle des ressources et moyens employ\u00e9s. La r\u00e9duction quantitative ignore les crit\u00e8res du bien humain et de ce qui rend service aux hommes. Lorsqu&rsquo;elle fait partie de la logique de l&rsquo;horreur \u00e9conomique alors elle rabaisse ce qui est sp\u00e9cifiquement humain en dessous du niveau des choses \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas surprenant alors de trouver \u00e9quivalentes des ressources humaines (Ah ! ce \u00ab\u00a0capital humain\u00a0\u00bb tellement pr\u00f4n\u00e9) et des ressources mat\u00e9rielles, de trouver comparables des moyens mat\u00e9riels ou des \u00ab\u00a0moyens humains\u00a0\u00bb. Non seulement on trouvera l&rsquo;homme trop charg\u00e9 de dimensions parasites (subjectivit\u00e9), mais on justifiera volontiers cette substitution des moyens mat\u00e9riels et techniques au travail humain. Ce dernier n&rsquo;est alors con\u00e7u que sur le plan ext\u00e9rieur de la \u00ab\u00a0force de production\u00a0\u00bb ou m\u00eame des m\u00e9canismes mentaux de la cognition et de la computation. Ignorant ainsi la valeur humaine des biens ou services, et celle du travail humain, les choses se trouvent normalement prendre le pas sur l&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>C&rsquo;est toute la question de la valeur, de sa production et de sa mesure qui se pose sur la premi\u00e8re sc\u00e8ne de la chosification \u00e9conomique de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p><b>La deuxi\u00e8me sc\u00e8ne est celle de l&rsquo;entreprise<\/b>.<\/p>\n<p>Dans la plupart des cas, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une machine \u00e0 produire dont les hommes sont les rouages. Les mod\u00e8les mat\u00e9rialistes ou fonctionalistes sont bas\u00e9s sur cette vision machinique, m\u00e9caniste et modernis\u00e9e avec les n\u00e9om\u00e9canismes contemporains.<\/p>\n<p>Or, on le croit, la robotisation et l&rsquo;automatisation sont les moyens les plus efficaces pour avoir un processus de production flexible, optimis\u00e9, efficace. Si ce n&rsquo;\u00e9taient les d\u00e9faillances humaines de l&rsquo;environnement (clients, fournisseurs, politiques, etc.), il serait d&rsquo;autant plus facile d'\u00a0\u00bb\u00e9radiquer le facteur humain\u00a0\u00bb des processus de production et des entreprises. De ce fait, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;inconv\u00e9nient non plus \u00e0 consid\u00e9rer les entreprises elles-m\u00eames comme des biens mat\u00e9riels que l&rsquo;on peut inscrire comme ressources, comme moyens ou m\u00eame comme produits.<\/p>\n<p>La r\u00e9duction mat\u00e9rialiste et fonctionaliste le permet dans la mesure o\u00f9 le sp\u00e9cifiquement humain de l&rsquo;affaire est \u00e9vacu\u00e9.<\/p>\n<p>Le terrain des structures de travail collectif est un second terrain de chosification, d&rsquo;horreur \u00e9conomique. Dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;entreprise est r\u00e9ductible \u00e0 un bien mat\u00e9riel ou \u00e0 un m\u00e9canisme de production de biens mat\u00e9riels, est \u00e9limin\u00e9e ainsi la communaut\u00e9 entreprenante qui donne \u00e0 l&rsquo;homme sa dignit\u00e9.<\/p>\n<p><b>La troisi\u00e8me sc\u00e8ne est celle du march\u00e9 <\/b>se substituant \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de soci\u00e9t\u00e9 ou de communaut\u00e9 humaine.<\/p>\n<p>Si la place du march\u00e9 \u00e9tait un lieu favorable \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration de la cit\u00e9 des hommes, aujourd&rsquo;hui le march\u00e9 a pris la place de la cit\u00e9 des hommes. Il est cet espace des \u00ab\u00a0faits \u00e9conomiques\u00a0\u00bb, cette sc\u00e8ne o\u00f9 se jouent le jeu \u00e9conomique dont les r\u00e8gles sont ce que l&rsquo;on en a d\u00e9j\u00e0 dit.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9f\u00e9rence au march\u00e9, ou \u00ab\u00a0aux march\u00e9s\u00a0\u00bb n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que l&rsquo;oubli qu&rsquo;il n&rsquo;y a l\u00e0 que soci\u00e9t\u00e9s humaines, communaut\u00e9s et populations. Ce troisi\u00e8me type de r\u00e9duction, de chosification de l&rsquo;humain concoure \u00e0 faire de l&rsquo;\u00e9conomie le lieu de l&rsquo;\u00e9limination du sujet humain.<\/p>\n<p>Elimination en esprit avant que d&rsquo;en \u00eatre \u00e9limination en r\u00e9alit\u00e9. Ces trois sc\u00e8nes sont celles sur lesquelles il faut reb\u00e2tir une \u00e9conomie humaine, o\u00f9 il faut entreprendre la refondation d&rsquo;une \u00e9conomie de services.<\/p>\n<p><b>2) L&rsquo;ECONOMIE REFONDEE : LES TROIS VERTUS D&rsquo;UNE ECONOMIE HUMAINE<\/b><\/p>\n<p>Pour les discerner on peut d\u00e9j\u00e0 prendre le contre-pied syst\u00e9matique des trois vices mis en \u00e9vidence.<\/p>\n<p>Au principal, l&rsquo;indignit\u00e9 humaine doit se renverser en accomplissement humain, en plus grande humanisation de l&rsquo;homme et du monde. L&rsquo;\u00e9conomie ainsi ne peut \u00eatre con\u00e7ue comme un syst\u00e8me de fonctionnement plus ou moins \u00e9quilibr\u00e9, mais comme participant d&rsquo;un processus d&rsquo;\u00e9volution humaine, de civilisation. Ce n&rsquo;est ni un \u00e9tat des choses, ni un mode de fonctionnement, mais un mode de d\u00e9veloppement des personnes et des soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p>Ce que vise l&rsquo;\u00e9conomie, c&rsquo;est un plus grand bien, cela veut donc dire qu&rsquo;il n&rsquo;y est question que de services. Il faut du m\u00eame coup comprendre que l&rsquo;\u00e9conomie, c&rsquo;est la question de la production, l&rsquo;apport et l&rsquo;\u00e9change de \u00ab\u00a0biens et de services\u00a0\u00bb. Quel renversement d\u00e8s lors que ces mots retrouvent leur Sens.<\/p>\n<p>Un bien c&rsquo;est ce qui concoure au bien de quelqu&rsquo;un et de plusieurs. Un service c&rsquo;est ce qui sert quelqu&rsquo;un et plusieurs \u00e0 progresser dans leur bien. C&rsquo;est l\u00e0 une des racines de la notion de valeur. Il faut n\u00e9anmoins souligner qu&rsquo;il s&rsquo;agit de valeurs humaines qui ne se qualifient et se mesurent qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;aune du bien de l&rsquo;homme, c&rsquo;est-\u00e0-dire sur une trajectoire de progr\u00e8s et d&rsquo;accomplissement dans son humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Les crit\u00e8res du bien et donc des valeurs sont de nature humaine. Seule une connaissance (au moins empirique) de l&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;homme peut permettre de l&rsquo;appr\u00e9hender. On devine que le commerce ordinaire entre les hommes a su trouver ces crit\u00e8res et on voit l&rsquo;inanit\u00e9 de toute pr\u00e9tention \u00e0 traiter d&rsquo;une \u00ab\u00a0\u00e9conomie\u00a0\u00bb qui en ferait fi.<\/p>\n<p>Dans cette premi\u00e8re approche un point majeur est \u00e0 souligner. Ce ne peut \u00eatre le crit\u00e8re de la n\u00e9cessit\u00e9, ni de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat qui serve de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la valeur. C&rsquo;est donc un abus de consid\u00e9rer n&rsquo;importe quel besoin, n&rsquo;importe quelle demande comme suffisants \u00e0 devoir \u00eatre satisfaits de m\u00eame c&rsquo;est un abus que de produire ou d&rsquo;offrir ce qui ne sert pas l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;interdire quoi que ce soit mais de stigmatiser toute pr\u00e9tention \u00e0 la neutralit\u00e9 en ces mati\u00e8res (puisque c&rsquo;est le public qui le demande&#8230;) ou toute pr\u00e9tention \u00e0 utiliser les termes de \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0service\u00a0\u00bb pour ce qui ne sert pas le bien des hommes. S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de crit\u00e8re absolu de ce bien et de ce qui sert au moins qu&rsquo;il en soit d\u00e9battu et que cela soit explicit\u00e9.<\/p>\n<p>Non il n&rsquo;est pas bien de produire et de vendre n&rsquo;importe quoi ! Certains diront, cela va de soi, c&rsquo;est implicite. Non cela ne va pas de soi et l&rsquo;argument n&rsquo;a d&rsquo;autre utilit\u00e9 que l&rsquo;occultation complaisante.<\/p>\n<p>C&rsquo;est comme cela que les acteurs pr\u00e9tendent \u00e0 la fois n&rsquo;avoir aucune responsabilit\u00e9 vis-\u00e0-vis des autres et en m\u00eame temps revendiquent sous une forme ou une autre le fait de contribuer \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. C&rsquo;est comme cela que ce qui concoure \u00e0 l&rsquo;indignit\u00e9 de l&rsquo;homme peut \u00eatre pos\u00e9 par le biais de quelque rationalisation artificieuse comme la meilleure d\u00e9marche \u00e0 suivre (pour qui ?).<\/p>\n<p><b>Les trois vertus necessaires<\/b><\/p>\n<p>Essayons de poser quelques piliers (re)fondateurs pour donner un autre Sens \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie qui int\u00e8gre trois vertus n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p><b>1) L&rsquo;\u00e9conomie traite de ce qui sert le progr\u00e8s humain<\/b> (se nourrir en fait partir) et tout ce qui le dessert doit \u00eatre trait\u00e9 comme une d\u00e9gradation \u00e9conomique de m\u00eame que ce qui ne sert \u00e0 rien sur ce plan n&rsquo;a pas de valeur \u00e9conomique mais peut n\u00e9anmoins consommer des ressources humaines et intervenir alors n\u00e9gativement.<\/p>\n<p>Cessons de comptabiliser d&rsquo;une fa\u00e7on suppos\u00e9e \u00e9qui-valente des biens assur\u00e9s et des maux patents. Commen\u00e7ons \u00e0 faire intervenir syst\u00e9matiquement la question du service. Ce qui vaut c&rsquo;est ce qui sert l&rsquo;homme. La finalit\u00e9 (humaine) de toute entreprise, de toute production, doit \u00eatre questionn\u00e9e, sans cela l&rsquo;\u00e9conomie \u00e9limine tout simplement le Sens humain de l&rsquo;existence. C&rsquo;est, il ne faut plus en \u00eatre surpris, l&rsquo;horreur \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Au contraire, il n&rsquo;y a de valable qu&rsquo;une \u00e9conomie de d\u00e9veloppement (humain).<\/p>\n<p><b>2) L&rsquo;\u00e9conomie est le tissu des engagements personnels et collectifs <\/b>dans le travail de service et d&rsquo;\u00e9change de \u00ab\u00a0biens\u00a0\u00bb. Elle est donc l&rsquo;investissement de ce qui est le plus personnel pour les individus et culturel pour les soci\u00e9t\u00e9s. L&rsquo;\u00e9conomie ne peut \u00eatre \u00ab\u00a0qu&rsquo;appropri\u00e9e\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire propre \u00e0 chaque communaut\u00e9, chaque personne, dans la singularit\u00e9 de leur culture et leur personnalit\u00e9, la singularit\u00e9 de leur moment de vie et celle de leur trajectoire. C&rsquo;est tout le contraire de cet effort de normalisation qui d\u00e9sapproprie l&rsquo;\u00e9conomie. Personnes, collectivit\u00e9s, villes, r\u00e9gions, nations sont, par ces standardisations, d\u00e9poss\u00e9d\u00e9es de leur \u00e9conomie. On le voit d\u00e8s que l&rsquo;on veut entreprendre, prendre des initiatives, coller \u00e0 la singularit\u00e9 des milieux et des originalit\u00e9s. Au contraire, le terme d&rsquo;\u00e9conomie devrait \u00e9voquer imm\u00e9diatement, non pas quelques pseudo lois scientifiques (ce qui n&rsquo;exclue pas les r\u00e9gularit\u00e9s), mais le mode singulier appropri\u00e9 aux personnes et communaut\u00e9s concern\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;horreur \u00e9conomique frappe ici par son d\u00e9ni de ce qu&rsquo;il y a de propre \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 de chaque personne ou de chaque groupe humain.<\/p>\n<p><b>3) L&rsquo;\u00e9conomie n&rsquo;a d&rsquo;autre lieu que la communaut\u00e9 <\/b>et traite de l&rsquo;int\u00e9gration de chacun \u00e0 la vie commune sous le crit\u00e8re \u00e9vident du bien commun.<\/p>\n<p>Pr\u00e9tendre qu&rsquo;une combinatoire des int\u00e9r\u00eats particuliers fasse le bien commun n&rsquo;est tenable qu&rsquo;\u00e0 condition de supposer une irresponsabilit\u00e9 radicale de chacun. Encore un visage de l&rsquo;indignit\u00e9.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a d&rsquo;autre r\u00e9f\u00e9rence partageable, \u00e9changeable que dans une communaut\u00e9 humaine donn\u00e9e, que dans son champ culturel et dans les termes m\u00eames de cette culture. Chaque personne participe \u00e9videmment de plusieurs communaut\u00e9s de m\u00eame que chaque communaut\u00e9 participe d&rsquo;autres communaut\u00e9s.<\/p>\n<p>Ainsi le champ \u00e9conomique est constitu\u00e9 par chaque entit\u00e9 collective identifi\u00e9e o\u00f9 tout s&rsquo;\u00e9value et o\u00f9 se d\u00e9termine le bien des personnes en r\u00e9f\u00e9rence au bien commun qui n&rsquo;est autre que le bien des personnes. C&rsquo;est un noeud d&rsquo;incompr\u00e9hension radical d\u00e8s qu&rsquo;on \u00e9limine la question du Sens original de chaque personne et communaut\u00e9, qu&rsquo;on \u00e9limine ce qu&rsquo;il y a d&rsquo;humain dans l&rsquo;homme qui seul tisse les communaut\u00e9s humaines et que l&rsquo;on con\u00e7oit \u00e0 la place un syst\u00e8me de choses dans lequel l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de chacun est de \u00ab\u00a0prendre sur le syst\u00e8me\u00a0\u00bb. Parasitage !<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a d&rsquo;\u00e9conomie qu&rsquo;en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un bien commun propre \u00e0 une communaut\u00e9 singuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Ces quelques rep\u00e8res doivent \u00eatre rassembl\u00e9s sinon \u00e0 m\u00ealer vices et vertus et \u00e0 retomber de ce fait dans la m\u00eame horreur \u00e9conomique qui s&rsquo;exon\u00e8rera d&rsquo;autant plus facilement de son Sens qu&rsquo;elle arborera quelque vertu. C&rsquo;est l&rsquo;exercice le plus fr\u00e9quent de bon nombre d&rsquo;acteurs ou d&rsquo;experts.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude syst\u00e9matique des combinatoires serait tr\u00e8s utile pour \u00e9tablir une typologie dont on reconna\u00eetrait facilement les portraits autour de nous.<\/p>\n<p><b>Les bases d&rsquo;une refondation<\/b><\/p>\n<p>Utilisant une structure inh\u00e9rente aux r\u00e9alit\u00e9s humaines (trialectique Sujet-Objet-Projet d\u00e9riv\u00e9e de la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines) on peut d\u00e9gager trois plans sur lesquels installer les chantiers de la refondation.<\/p>\n<p>Sur ces trois plans le travail doit \u00eatre conceptuel, \u00e9thique et pratique.<\/p>\n<p>Soulignons que l&rsquo;importance de la remise en cause rend vaines toutes les \u00ab\u00a0solutions alternatives\u00a0\u00bb non conceptuellement refond\u00e9es dans une coh\u00e9rence d&rsquo;ensemble. Mais d\u00e8s qu&rsquo;un cadre suffisant est \u00e9tabli alors l&rsquo;action en est possible et m\u00eame indispensable pour progresser.<\/p>\n<p>De m\u00eame il est tout \u00e0 fait discutable de plaquer un regard \u00e9thique sur une \u00e9conomie dont le Sens est m\u00e9connu. Comment pr\u00e9tendre concourir au bien de l&rsquo;homme selon des rationalit\u00e9s qui l&rsquo;ali\u00e8ne ?<\/p>\n<p>Bien des autorit\u00e9s s&rsquo;y exercent en toute ambigu\u00eft\u00e9, sans toutefois produire d&rsquo;effets \u00e9vidents sur les fameuses fatalit\u00e9s scientifiques et les \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9s humaines\u00a0\u00bb (entendons les vices ordinaires des hommes).<\/p>\n<p>On donnera ici quelques unes des bases les plus d\u00e9terminantes pour engager la refondation.<\/p>\n<p><b>1\u00b0 Plan : La communaut\u00e9 \u00e9conomique<\/b><\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui la mondialisation, le march\u00e9 se disputent le statut \u00ab\u00a0d&rsquo;espace \u00e9conomique\u00a0\u00bb dans lequel s&rsquo;inscrivent les ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9conomiques, leurs r\u00e8gles, leurs probl\u00e8mes et leurs \u00e9ventuelles solutions. Dans l&rsquo;\u00e9conomisme commun, ce qui est \u00e9vacu\u00e9, c&rsquo;est le fondement, l&rsquo;origine, la source de toute \u00ab\u00a0\u00e9conomie\u00a0\u00bb : la communaut\u00e9 humaine. L&rsquo;\u00e9tymologie y invite au contraire et on peut comprendre le terme comme d\u00e9signant \u00ab\u00a0les r\u00e8gles de la maison\u00a0\u00bb, les fa\u00e7ons habituelles que la communaut\u00e9 manifeste dans ses activit\u00e9s, ses \u00e9changes, son d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Fernand Braudel distinguait trois niveaux d&rsquo;\u00e9conomies que l&rsquo;on peut transposer ainsi. D&rsquo;abord l&rsquo;\u00e9conomie de proximit\u00e9 qui concerne la communaut\u00e9 de vie en commun, ensuite l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9 qui correspond \u00e0 de plus grandes zones d&rsquo;\u00e9changes (nationales) et enfin l&rsquo;\u00e9conomie-monde, celle d&rsquo;une \u00ab\u00a0mondialisation\u00a0\u00bb d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s ancienne. L&rsquo;\u00e9conomie monde n&rsquo;est sens\u00e9e pourvoir vivre qu&rsquo;en appui sur l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9 et elle-m\u00eame sur l&rsquo;\u00e9conomie de proximit\u00e9. Or on assiste \u00e0 une d\u00e9sappropriation par les communaut\u00e9s de vie de leur \u00e9conomie et une ali\u00e9nation de l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9 au jeu d&rsquo;une \u00e9conomie monde o\u00f9 les grandes manoeuvres de puissance et la financiarisation \u00ab\u00a0des march\u00e9s\u00a0\u00bb font fi de toute r\u00e8gle au nom d&rsquo;une imposture. L&rsquo;\u00e9conomie monde n&rsquo;a que faire des fameuses \u00ab\u00a0lois du march\u00e9\u00a0\u00bb qui sont juste bonnes \u00e0 d\u00e9nier aux \u00ab\u00a0\u00e9conomies de proximit\u00e9\u00a0\u00bb toute l\u00e9gitimit\u00e9&#8230; C&rsquo;est l\u00e0 que r\u00e9side en grande partie la malignit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9conomisme. Mais revenons au fondement indispensable \u00e0 toute fondation.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a d&rsquo;\u00e9conomie qu&rsquo;attach\u00e9e \u00e0 une communaut\u00e9 humaine. Chaque communaut\u00e9 \u00e0 son \u00ab\u00a0\u00e9conomie propre\u00a0\u00bb. Lois et r\u00e8gles, fa\u00e7ons et m\u00e9thodes, probl\u00e8mes et solution n&rsquo;ont pas d&rsquo;autre lieu que chacune des communaut\u00e9s humaines o\u00f9 ils se posent.<\/p>\n<p>La d\u00e9sappropriation de l&rsquo;\u00e9conomie, corr\u00e9lative de la coupure avec la communaut\u00e9 qui la fonde, rend vains tous les artifices d&rsquo;intervention d\u00e8s lors qu&rsquo;ils visent un bien commun sans la communaut\u00e9. Toutes les mesures contre le ch\u00f4mage con\u00e7ues et mises en oeuvre dans un \u00ab\u00a0espace \u00e9conomique\u00a0\u00bb non fond\u00e9 en communaut\u00e9 \u00e9chouent syst\u00e9matiquement.<\/p>\n<p>L&rsquo;autisme \u00e9conomique des experts ne leur laisse comme possibilit\u00e9 que la r\u00e9p\u00e9tition vaine. Bien s\u00fbr il reste \u00e0 attendre la croissance. L&rsquo;ennui c&rsquo;est que ses crit\u00e8res de mesure vont \u00e0 contre sens du d\u00e9veloppement des communaut\u00e9s (effets pervers du perfectionnement des moyens de mesure et de calcul, aveugles au Sens de ce qu&rsquo;ils appr\u00e9hendent).<\/p>\n<p>Pour renverser cette logique, il faut donc revenir au fondement : la communaut\u00e9 des hommes.<\/p>\n<p>Il y a alors trois grandes questions \u00e0 d\u00e9velopper :<\/p>\n<p>a) Qu&rsquo;est-ce qui caract\u00e9rise l&rsquo;\u00e9conomie d&rsquo;une communaut\u00e9 humaine.<\/p>\n<p>b) Quelles sont les communaut\u00e9s \u00e9conomiques et comment s&rsquo;articulent-elles entre elles.<\/p>\n<p>c) Quelle trajectoire suit le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et quels sont ses niveaux de maturit\u00e9.<\/p>\n<p>Nous allons poser quelques points de rep\u00e8res th\u00e9oriques, imm\u00e9diatement traduisibles dans la pratique, en r\u00e9f\u00e9rence aux fondements anthropologiques de la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines et des m\u00e9thodes d\u00e9riv\u00e9es.<\/p>\n<p><b>a) Caract\u00e9ristique de l&rsquo;\u00e9conomie d&rsquo;une communaut\u00e9 humaine.<\/b><\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord elle est indissociable de la nature humaine de la communaut\u00e9. En cela l&rsquo;\u00e9conomie est un ph\u00e9nom\u00e8ne humain communautaire. Une communaut\u00e9 humaine est une communaut\u00e9 culturelle d\u00e8s lors qu&rsquo;elle cultive ses propri\u00e9t\u00e9s d&rsquo;\u00eatre de nature humaine.<\/p>\n<p>Si la communaut\u00e9 est toujours, au fond, communaut\u00e9 de Sens (cf. Les communaut\u00e9s humaines), elle se r\u00e9alise selon diff\u00e9rentes modalit\u00e9s d&rsquo;existence dont les termes peuvent \u00eatre qualifi\u00e9s d&rsquo;\u00e9conomiques. L&rsquo;\u00e9conomie de la communaut\u00e9 est un mode d&rsquo;expression et de r\u00e9alisation de la culture propre \u00e0 cette communaut\u00e9. Seulement comme toute communaut\u00e9 porte en elle plusieurs Sens, se pose alors la question du \u00ab\u00a0meilleur Sens\u00a0\u00bb pour envisager et refonder une \u00e9conomie de communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l&rsquo;avoir situ\u00e9e comme propre \u00e0 une communaut\u00e9, une \u00e9conomie est ensuite un mode d&rsquo;expression et de r\u00e9alisation culturelle original et enfin il est souhaitable qu&rsquo;elle s&rsquo;inscrive dans la culture du meilleur Sens de la communaut\u00e9, sa vocation sp\u00e9cifique. C&rsquo;est comme cela que l&rsquo;\u00e9conomie d\u00e9crit, articule, oriente l&rsquo;activit\u00e9 de la communaut\u00e9, dans la dynamique et la logique des d\u00e9veloppements qui en traduisent la vocation.<\/p>\n<p>Ainsi toute science et pratique \u00e9conomique ne peut \u00eatre fond\u00e9e que dans la connaissance de la culture de la communaut\u00e9 et celle du Sens de sa vocation. Le d\u00e9veloppement \u00e9conomique d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9, d&rsquo;une communaut\u00e9 humaine n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la poursuite de l&rsquo;accomplissement de cette vocation.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9lucidation des coh\u00e9rences et vocations culturelles est le point de d\u00e9part de toute compr\u00e9hension de l&rsquo;\u00e9conomie d&rsquo;une communaut\u00e9. Toute approche standard d\u00e9nie le coeur anthropologique des communaut\u00e9s et falsifie le raisonnement \u00e9conomique. Elle entache de grave incertitude, toute approche des questions \u00e9conomiques qui ne cherche pas \u00e0 s&rsquo;y fonder. La consid\u00e9ration des communaut\u00e9s et leur culture est la premi\u00e8re condition du renversement \u00e9conomique. Attention donc aux alternatives qui ignorent l&rsquo;humanit\u00e9 singuli\u00e8re de chaque communaut\u00e9 humaine.<\/p>\n<p><b>b) La diversit\u00e9 et l&rsquo;articulation des communaut\u00e9s \u00e9conomiques.<\/b><\/p>\n<p>Quels espaces, quels groupements humains peut-on qualifier de \u00ab\u00a0communaut\u00e9 \u00e9conomique\u00a0\u00bb. En fait d\u00e8s qu&rsquo;un groupe humain est constitu\u00e9, il est d\u00e9j\u00e0 une communaut\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p>La famille est \u00e9videmment une de ces communaut\u00e9s \u00e9conomiques des plus importantes souvent con\u00e7ue comme \u00ab\u00a0cellule de base\u00a0\u00bb. Les \u00ab\u00a0foyers\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0m\u00e9nages\u00a0\u00bb des \u00e9conomistes s&rsquo;y r\u00e9f\u00e8rent implicitement.<\/p>\n<p>Le village, la cit\u00e9, le pays, la r\u00e9gion, la nation et tout espace politique \u00e9quivalent \u00e0 une communaut\u00e9 humaine constituent donc une communaut\u00e9 \u00e9conomique qui doit \u00eatre \u00e0 chaque fois prise en consid\u00e9ration. Les groupements de tous ordres, associations, collectivit\u00e9s, organismes, institutions forment autant de communaut\u00e9s dot\u00e9s d&rsquo;une \u00e9conomie propre.<\/p>\n<p>Il faudra toujours approprier l&rsquo;\u00e9conomie et par suite toute probl\u00e9matique, toute solution, \u00e0 la communaut\u00e9 \u00e9conomique o\u00f9 ils se posent. Cependant on voit bien que toutes ces communaut\u00e9s ne sont pas ind\u00e9pendantes. Non seulement il existe des communaut\u00e9s de communaut\u00e9s mais les personnes et m\u00eames les communaut\u00e9s sont chacune membres de plusieurs communaut\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette articulation des communaut\u00e9s \u00e9chappe au rationalisme scientiste des \u00e9conomistes et aux diverses formes de totalitarismes qui ignorent les diff\u00e9rences. L&rsquo;articulation de l&rsquo;unit\u00e9 et de la multiplicit\u00e9 est l&rsquo;un des caract\u00e8res de l&rsquo;\u00e9conomie en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne humain de communaut\u00e9s. Il reste incompr\u00e9hensible aux tenants d&rsquo;un individualisme ou d&rsquo;un collectivisme id\u00e9ologiques.<\/p>\n<p>Chaque communaut\u00e9 n&rsquo;existe pas seulement dans ses modalit\u00e9s relationnelles internes mais aussi dans ses modalit\u00e9s relationnelles externes. Chaque communaut\u00e9 \u00e9conomique participe aussi de l&rsquo;\u00e9conomie d&rsquo;autres communaut\u00e9s. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;isolement possible, ni de confusion souhaitable.<\/p>\n<p>A l&rsquo;extr\u00eame, les notions d&rsquo;interne ou d&rsquo;externe ne devraient \u00eatre comprises que comme ce qui diff\u00e9rencie \u00e0 des degr\u00e9s divers de ce qui est central et de ce qui est plus p\u00e9riph\u00e9rique, ce qui est essentiel et ce qui est secondaire pour la communaut\u00e9 en d\u00e9veloppement. Cela n&rsquo;est donc ni une question g\u00e9ographique (territoire), ni une question juridique (nationalit\u00e9), encore moins une question biologique mais une question de culture humaine.<\/p>\n<p>Ainsi le probl\u00e8me du ch\u00f4mage ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9, analys\u00e9, trait\u00e9 ailleurs que dans et pour les diff\u00e9rentes communaut\u00e9s o\u00f9 il se pose.<\/p>\n<p>Chaque champ de communaut\u00e9 r\u00e9clame des analyses et des solutions appropri\u00e9es. Celles de l&rsquo;\u00e9tat, au niveau national, ne sont pas celles des r\u00e9gions, des pays, des villes, des groupes humains divers et malgr\u00e9 tout elles sont d\u00e9pendantes les unes des autres.<\/p>\n<p>Autant il faut refonder les espaces du politique autant cette refondation va de pair avec celle des espaces \u00e9conomiques. Le cas de l&rsquo;Europe est en cela exemplaire et de l&rsquo;aveuglement et d&rsquo;une voie culturelle possible dans laquelle ces probl\u00e9matiques pourraient \u00eatre justement int\u00e9gr\u00e9es (vocation de \u00ab\u00a0communaut\u00e9 de communaut\u00e9s\u00a0\u00bb de l&rsquo;Europe).<\/p>\n<p><b>c) Les niveaux de maturit\u00e9 et de d\u00e9veloppement \u00e9conomique.<\/b><\/p>\n<p>Lorsque l&rsquo;on envisage les probl\u00e8mes de d\u00e9veloppement \u00e9conomique, on se r\u00e9f\u00e8re souvent \u00e0 des mod\u00e8les la plupart du temps li\u00e9s aux philosophies et id\u00e9ologies qui les animent. Ils donnent ainsi des indicateurs et des rep\u00e8res qui ne valent pas plus que leurs th\u00e9ories implicites. L&rsquo;\u00e9conomisme n&rsquo;y \u00e9chappe pas qui fait de la circulation et de l&rsquo;\u00e9quilibre les crit\u00e8res du \u00ab\u00a0bien \u00e9conomique\u00a0\u00bb comme tout m\u00e9caniscisme qui se respecte et qui ne sait rien, de ce fait, de ce qui concerne les hommes dans leur humanit\u00e9.<\/p>\n<p>A l&rsquo;inverse l&rsquo;accomplissement humain trace une trajectoire d&rsquo;\u00e9volution dont les phases et les \u00e9tapes sont les m\u00eames et les modalit\u00e9s infiniment vari\u00e9es. La th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines permet de fonder anthropologiquement ce qui est quelque fois intuitif.<\/p>\n<p>Passons rapidement sur l&rsquo;\u00e2ge archa\u00efque de l&rsquo;\u00e9conomie o\u00f9 la confusion de l&rsquo;humain et du nom humain, celle des hommes et leurs communaut\u00e9s et des communaut\u00e9s entre elles ne permet pas de distinguer une \u00e9conomie autre que de parasitage de l&rsquo;environnement, naturelle \u00e0 la fondation des communaut\u00e9s humaines, perverse ou d\u00e9linquante autrement.<\/p>\n<p>Le premier niveau v\u00e9ritablement \u00e9conomique, le niveau primaire, est celui de l&rsquo;\u00e9conomie de subsistance.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit alors de la production utile de biens mat\u00e9riels: nourriture, habitat, outils de productions. L&rsquo;id\u00e9al de croissance est celui de la s\u00e9curit\u00e9 de subsistance autrement dit le \u00ab\u00a0confort\u00a0\u00bb qui conforte et r\u00e9conforte.<\/p>\n<p>Le second niveau est le niveau secondaire, celui de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9conomie de d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agit alors de la production et l&rsquo;\u00e9change de biens culturels et identitaires. Une \u00e9conomie des signes, images, connaissances, repr\u00e9sentations caract\u00e9ristiques, statutaires, identitaires se surajoute aux productions mat\u00e9rielles et en supporte pour une grande part la valeur. Cette \u00e9conomie de d\u00e9veloppement s&rsquo;identifie \u00e0 un processus de d\u00e9veloppement social, d&rsquo;enrichissement de la \u00ab\u00a0culture collective\u00a0\u00bb et de la participation de chacun.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me niveau est le niveau tertiaire, celui de l&rsquo;\u00e9conomie de service. Il s&rsquo;agit alors des activit\u00e9s visant le service des personnes dans leur communaut\u00e9 et le service des communaut\u00e9s dans le concours \u00e0 leur bien commun (\u00e9conomie de concourance). Cet \u00e2ge \u00e9conomique que nous commen\u00e7ons \u00e0 aborder int\u00e8gre les deux niveaux ant\u00e9rieurs mais leur donne leur Sens tout en favorisant aux personnes et aux communaut\u00e9s d&rsquo;en parcourir les \u00e9tapes progressives.<\/p>\n<p>Nous entrons dans une \u00e9conomie de service pendant que l&rsquo;\u00e9conomisme tente de faire r\u00e9gresser en recr\u00e9ant l&rsquo;angoisse de subsistance et en l\u00e9gitiment le parasitage masqu\u00e9 sous les vertus suppos\u00e9es du \u00ab\u00a0profit\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il y a l\u00e0 les rep\u00e8res de toute action \u00e9conomique. Il importe que chaque communaut\u00e9 soit consid\u00e9r\u00e9e dans son niveau d&rsquo;\u00e9volution \u00e9conomique l\u00e0 o\u00f9 toute action vaut par la progression qu&rsquo;elle favorise :<\/p>\n<p><b>Favoriser l&rsquo;appropriation d&rsquo;une \u00e9conomie de subsistance.<\/b><\/p>\n<p>Cela vaut pour les communaut\u00e9s en formation ou celles qui ont r\u00e9gress\u00e9 \u00e0 ce stade (notamment dans les pays, les r\u00e9gions, les villes o\u00f9 l&rsquo;\u00e9conomisme a fait des ravages ainsi que d&rsquo;autres atteintes \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 des hommes. La question \u00e0 se poser est celle de l&rsquo;autonomie de subsistance (ce qui n&rsquo;a jamais voulu dire autarcie). Toute aide, toute action doit y concourir. Pensons aux populations en d\u00e9sh\u00e9rence, aux r\u00e9gions en d\u00e9sertification, aux communaut\u00e9s d\u00e9compos\u00e9es des grandes villes.<\/p>\n<p>Ordinairement les communaut\u00e9s s&rsquo;organisent d&rsquo;elles-m\u00eames si on ne s&rsquo;y oppose pas comme le fait l&rsquo;\u00e9conomisme en disqualifiant les efforts, les activit\u00e9s qui tissent les liens de proximit\u00e9 et de subsistance que s&rsquo;approprient des puissances parasitaires pr\u00e9tendant \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p><b>Favoriser l&rsquo;appropriation d&rsquo;une \u00e9conomie de d\u00e9veloppement<\/b>, c&rsquo;est un enjeu de civilisation qui est intrins\u00e8que au bien commun et au bien des personnes. C&rsquo;est l\u00e0 la responsabilit\u00e9 des groupes, institutions et communaut\u00e9s de tous ordres, plus avanc\u00e9es sur leur voie propre, que d&rsquo;aider les autres communaut\u00e9s \u00e0 s&rsquo;approprier leur propre voie. On est loin et de l&rsquo;indiff\u00e9rence et de l&rsquo;imposition de mod\u00e8les culturellement invalides.<\/p>\n<p>Enfin nos communaut\u00e9s qui par certains c\u00f4t\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 assez loin en civilisation doivent travailler \u00e0 <b>instaurer cette \u00e9conomie de service o\u00f9 le concours au bien commun est le crit\u00e8re de toute valeur<\/b>.<\/p>\n<p>Tous les d\u00e9bats actuels sur l&rsquo;importance du service (service public, service client.. trouvent l\u00e0 leur v\u00e9ritable signification).<\/p>\n<p>Cela touche cependant \u00e0 la racine des communaut\u00e9s \u00e9conomiques, \u00e0 leur Sens et leur vocation, leur constitution m\u00eame. Nous pouvons affirmer ici que la notion de communaut\u00e9 virtuelle y trouve toute sa place ainsi que celle d&rsquo;\u00e9conomie virtuelle.<\/p>\n<p>Ce terme de virtuel (de la racine WIR qui veut dire homme, courage, vertu, valeur&#8230;) qualifie ce qui ressorti avant tout des intentions humaines et des virtualit\u00e9s qu&rsquo;elles mobilisent.<\/p>\n<p>Au risque de surprendre nous pouvons attirer l&rsquo;attention sur ce laboratoire d&rsquo;une \u00e9conomie de service qui s&rsquo;inaugure avec Internet dont l&rsquo;impact va \u00eatre consid\u00e9rable sur toutes les \u00e9conomies. Esp\u00e9rons seulement que de plus en plus d&rsquo;hommes responsables en assument la nouveaut\u00e9 et les esp\u00e9rances.<\/p>\n<p>Il importe en effet de ne pas confondre les tentatives de r\u00e9paration des syst\u00e8mes qui ont \u00e9chou\u00e9 avec l&rsquo;invention des solutions que r\u00e9clame et pr\u00e9conise le renversement \u00e9conomique.<\/p>\n<p><b>2\u00b0 Plan : Les entreprises \u00e9conomiques<\/b><\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0sant\u00e9\u00a0\u00bb des entreprises, leur comp\u00e9titivit\u00e9, leurs performances apparaissent comme un imp\u00e9ratif qui justifie la soumission des hommes \u00e0 leur n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p>Elles apparaissent aussi comme des champions qui affrontent les concurrents ou qui r\u00e9alisent des exploits par leur r\u00e9ussite ou leur puissance. Ainsi on voit des entreprises s&rsquo;entred\u00e9truire, et des hommes \u00eatre d\u00e9plac\u00e9s, \u00e9limin\u00e9s, maltrait\u00e9s sous pr\u00e9texte que ces entreprises sont soumises \u00e0 des \u00ab\u00a0contraintes \u00e9conomiques\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il est important de resituer les entreprises dans une nouvelle conception de l&rsquo;\u00e9conomie. Pour cela il y a trois aspects \u00e0 reconsid\u00e9rer :<\/p>\n<p>a) Celui de la finalit\u00e9 des entreprises et leur l\u00e9gitimit\u00e9 en fonction d&rsquo;une vocation propre.<\/p>\n<p>b) Celui du type compatible avec une finalit\u00e9 de service.<\/p>\n<p>c) Celui du fonctionnement et de l&rsquo;\u00e9conomie de ces entreprises<\/p>\n<p><b>a) Vocation, la finalit\u00e9 et la l\u00e9gitimit\u00e9 des entreprises<\/b><\/p>\n<p>Les entreprises ont \u00e0 se d\u00e9finir par une vocation singuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Ou bien, cette vocation a pour finalit\u00e9 de servir, et on le verra pour diff\u00e9rentes communaut\u00e9s, ou bien elle a pour finalit\u00e9 de se servir en s&rsquo;appropriant les ressources de diff\u00e9rentes communaut\u00e9s, ou bien encore elle vise \u00e0 utiliser les unes au profit des autres.<\/p>\n<p>Notons tout d&rsquo;abord que les analyses uniquement tourn\u00e9es vers le \u00ab\u00a0produit\u00a0\u00bb de l&rsquo;entreprise, ou bien vers ses structures de fonctionnement et de management, ou bien encore vers des r\u00e9sultats comptables ou financiers occultent cette dimension de la vocation, finalit\u00e9 et raison d&rsquo;\u00eatre des entreprises. Elles pr\u00e9tendent \u00e9valuer sans \u00e9chelle de valeur explicite, expliquer sans donner le Sens de l&rsquo;activit\u00e9.<\/p>\n<p>Toutes les informations \u00e0 propos des entreprises sont de ce fait entach\u00e9es d&rsquo;insignifiance, de complaisance ou au pire d&rsquo;intentions manipulatoires. C&rsquo;est, bien \u00e9videmment, la dimension de la valeur humaine qui est ainsi occult\u00e9e.<\/p>\n<p>Il y a donc, \u00e0 l&rsquo;inverse, \u00e0 discerner et \u00e0 juger syst\u00e9matiquement du Sens ou finalit\u00e9 de l&rsquo;entreprise, d&rsquo;une vocation qui lui donne sa l\u00e9gitimit\u00e9. Voil\u00e0 un moyen de renversement \u00e9conomique majeur : Pas de justification des agissements des entreprises sans au pr\u00e9alable en avoir interrog\u00e9 et explicit\u00e9 le Sens. D\u00e8s lors plusieurs cons\u00e9quences en sont \u00e0 tirer.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re est celle-ci. Toute entreprise est de fait entreprise de service public. Elle sert une ou plusieurs communaut\u00e9s qui constituent ses \u00ab\u00a0publics\u00a0\u00bb ou bien ses \u00ab\u00a0march\u00e9s\u00a0\u00bb si on pr\u00e9f\u00e8re.<\/p>\n<p>Servir veut dire, rappelons le concourir \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de la communaut\u00e9 \u00e9conomique en question. A ce titre, il est juste que l&rsquo;entreprise b\u00e9n\u00e9ficie des ressources que lui apporte la communaut\u00e9, \u00e9ducation, fonctions publiques, \u00e9quipements collectifs, administration, services publics, etc.<\/p>\n<p>A l&rsquo;inverse et si l&rsquo;entreprise ne se d\u00e9finit pas par une finalit\u00e9 de service, alors elle ne doit pas b\u00e9n\u00e9ficier gratuitement des ressources communes.<\/p>\n<p>Ainsi la distinction traditionnelle priv\u00e9 &#8211; public pour les entreprises doit elle \u00eatre r\u00e9vis\u00e9e si on classe les entreprises selon leur vocation. Il serait donc n\u00e9cessaire de distinguer deux classes d&rsquo;entreprises :<\/p>\n<p>&#8211; Les entreprises qui affichent et assument une vocation de service comme \u00e9tant des entreprises de services publics (quelque soit leur statut) b\u00e9n\u00e9ficiant alors de conditions et de ressources collectives.<\/p>\n<p>&#8211; Les entreprises d&rsquo;int\u00e9r\u00eat particulier qui n&rsquo;ayant pas comme finalit\u00e9 le service de la communaut\u00e9 doivent en payer les ressources et les charges.<\/p>\n<p>La libert\u00e9 des entreprises est de se d\u00e9clarer elles-m\u00eames. R\u00e9clamer une \u00e9galit\u00e9 de traitement selon que l&rsquo;on sert ou que l&rsquo;on se sert de la communaut\u00e9 est un comble d&rsquo;iniquit\u00e9. Ceux qui utilisent la notion d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 sans r\u00e9f\u00e9rence au Sens feraient bien de consid\u00e9rer l&rsquo;effet de cet aveuglement, bien opportun pour tout individualisme.<\/p>\n<p>La cons\u00e9quence sur le statut des entreprises quant \u00e0 leur vocation doit avoir des incidences, bien s\u00fbr, sur leur existence mat\u00e9rielle, juridique et soci\u00e9tale.<\/p>\n<p>Il est clair que beaucoup d&rsquo;entreprises, int\u00e9grant le concours de plusieurs communaut\u00e9s, ne sont pas ind\u00e9pendantes les unes des des autres.<\/p>\n<p>Il y a la communaut\u00e9 de travail de ceux qui concourent \u00e0 la production de \u00ab\u00a0biens\u00a0\u00bb pour servir. Il y a la communaut\u00e9 financi\u00e8re qui apporte des ressources utiles. Il y a la communaut\u00e9 des clients qui b\u00e9n\u00e9ficient des services et, en retour, apporte des ressources financi\u00e8res. Il y a la communaut\u00e9 d&rsquo;implantation o\u00f9 l&rsquo;entreprise b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;installations et de ressources en provenance de la cit\u00e9, etc&#8230; Si cela am\u00e8ne une complexit\u00e9 certaine le principe est toujours le m\u00eame.<\/p>\n<p>Il faut cependant sortir des visions dualistes qui isolent articificiellement dans un face \u00e0 face les protagonistes. La structure ternaire (trialectique Sujet-Objet-Projet) issue de la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines offre une alternative conceptuelle traduisible dans la pratique des \u00e9changes et des contrats faisant intervenir plusieurs communaut\u00e9s et les personnes qui s&rsquo;y int\u00e8grent (la dialectique individu\/soci\u00e9t\u00e9 avec ses deux polarit\u00e9s lib\u00e9ralisme (individualiste) et collectivisme est une des sources des maux de l&rsquo;\u00e9poque moderne de par l&rsquo;\u00e9limination de la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;homme au profit de diff\u00e9rentes variantes r\u00e9ductionistes).<\/p>\n<p>Un autre aspect de la vocation des entreprises qui en pose finalit\u00e9 et raison d&rsquo;\u00eatre, c&rsquo;est d&rsquo;articuler le potentiel original de toute entreprise : capitalisation de ressources mat\u00e9rielles, de connaissances et de comp\u00e9tences, notamment, avec le service d&rsquo;une \u00ab\u00a0client\u00e8le\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une communaut\u00e9 d&rsquo;attentes de service.<\/p>\n<p>La vocation d&rsquo;une entreprise la qualifie. Cette qualification exprime son potentiel original, elle d\u00e9signe l&rsquo;univers des attentes (ou march\u00e9) o\u00f9 ce potentiel a de la valeur, elle se traduit enfin par un service sp\u00e9cifique, offert et re\u00e7u.<\/p>\n<p>La vocation de l&rsquo;entreprise qui en traduit le Sens, d\u00e9termine un axe de coh\u00e9rence et une \u00e9chelle de valeur autour desquels se constituent et se rassemblent les communaut\u00e9s \u00e9conomiques qui s&rsquo;y retrouvent.<\/p>\n<p>La valeur des potentiels s&rsquo;exprime par la valeur des services, qui s&rsquo;\u00e9valuent selon l&rsquo;\u00e9chelle des valeurs de la client\u00e8le et de la communaut\u00e9 o\u00f9 le service se r\u00e9alise.<\/p>\n<p>Motivations, comp\u00e9tences, vocations personnelles, vocations culturelles se rejoignent, se combinent et se rassemblent dans ces p\u00f4les d&rsquo;activit\u00e9s que constituent les entreprises.<\/p>\n<p>Or si servir, c&rsquo;est contribuer au bien personnel et collectif qui trouvent leur coh\u00e9rence r\u00e9ciproque dans le proc\u00e8s de civilisation, alors les entreprises de \u00ab\u00a0service public\u00a0\u00bb font oeuvre de civilisation au travers des biens multiples qu&rsquo;elles sont appel\u00e9es \u00e0 produire.<\/p>\n<p>Le travail et l&rsquo;activit\u00e9 humaine trouvent leur v\u00e9ritable Sens et leur consistance dans l&rsquo;oeuvre de civilisation au sein de chaque culture. Ce sont les entreprises (de ce type) qui sont les vecteurs agissants de la civilisation (cf. La civilisation de l&rsquo;entreprise par l&rsquo;auteur). Voil\u00e0 leur finalit\u00e9 !<\/p>\n<p>A la qualification d&rsquo;ang\u00e9lisme d&rsquo;une telle vision, nous opposerons celle de cynisme \u00e0 celles qui posent la malignit\u00e9 humaine ou bien l&rsquo;indiff\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;homme comme cadre ou r\u00e8gles, lois et d\u00e9termination \u00e9conomique. Il y aurait ang\u00e9lisme \u00e0 nier cette malignit\u00e9 mais la responsabilit\u00e9 consiste \u00e0 aller dans la direction du bien, \u00e0 l&rsquo;entreprendre, \u00e0 le poser comme r\u00e9f\u00e9rence tout en reconnaissant qu&rsquo;il y a d&rsquo;autres positions qui doivent alors assumer les cons\u00e9quences de leurs choix. C&rsquo;est le r\u00f4le des instances politiques et leurs appareils d&rsquo;assurer l&rsquo;autorit\u00e9 et la r\u00e9gulation du Sens du bien commun.<\/p>\n<p><b>b) Les structures de concourance<\/b><\/p>\n<p>D\u00e8s lors que les entreprises sont justifi\u00e9es par leur finalit\u00e9, par une vocation qui articule potentiel, service, attentes et rassemble ressources et communaut\u00e9s qui s&rsquo;y retrouvent \u00e0 diff\u00e9rents titres, leurs structures ne peuvent plus \u00eatre pens\u00e9es de la m\u00eame fa\u00e7on.<\/p>\n<p>Les mod\u00e8les machiniques, m\u00e9canistes, robotiques, fonctionalistes, syst\u00e9mistes sont invalides. Ils font tous abstraction de l&rsquo;humanit\u00e9 donc des valeurs et finalit\u00e9s humaines. L&rsquo;incoh\u00e9rence de ceux qui pr\u00f4nent des valeurs humanistes tout en vouant les entreprises \u00e0 des mod\u00e8les de ce type est patente. Ils opposent en fait l&rsquo;\u00e9thique qui est la poursuite du bien dans la vocation de l&rsquo;entreprise, \u00e0 l&rsquo;efficacit\u00e9 qui est aussi la poursuite du bien dans l&rsquo;action.<\/p>\n<p>C&rsquo;est comme cela que le renversement \u00e9conomique ne peut aller sans un renversement de la fa\u00e7on de concevoir l&rsquo;organisation et l&rsquo;efficacit\u00e9 des entreprises (cf. Les entreprises de type humain, Sens et management).<\/p>\n<p>Il faut affirmer haut et fort que celui qui se dit humaniste et qui n&rsquo;est pas capable de dire ce qu&rsquo;est pour lui un \u00eatre humain, ce qu&rsquo;est le bien de l&rsquo;homme et d&rsquo;en tirer les cons\u00e9quences dans l&rsquo;action est au mieux un sentimental, au pire un imposteur.<\/p>\n<p>Il faut tirer les cons\u00e9quences d&rsquo;une connaissance de l&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;homme pour b\u00e2tir une anthropologie des entreprises humaines (y en a-t-il d&rsquo;autres?).<\/p>\n<p>Ainsi les structures d&rsquo;organisation et d&rsquo;efficacit\u00e9 d&rsquo;entreprises sont de nature humaine (pour le pire et le meilleur) et c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il faut chercher les mod\u00e8les ou les principes de structuration et d&rsquo;action.<\/p>\n<p>On en donnera ici quelques indications indispensables pour concourir au \u00ab\u00a0renversement \u00e9conomique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord, ce qui fait le lien et la coh\u00e9rence d&rsquo;une entreprise c&rsquo;est son Sens exprim\u00e9 par une vocation qui donne finalit\u00e9 et raison d&rsquo;\u00eatre. Il y a entreprise d\u00e8s que ce Sens est assum\u00e9 non seulement par les dirigeants (diriger c&rsquo;est donner le Sens) mais par tous ceux qui participent \u00e0 cette entreprise \u00e0 diff\u00e9rents titres.<\/p>\n<p>La vocation est devenue, pour l&rsquo;action, intention partag\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire, orientation, ambition, \u00e9chelle de valeur, volont\u00e9, aspiration, motivation mais aussi vertu, courage, force d&rsquo;engagement, pers\u00e9v\u00e9rance, etc.<\/p>\n<p>Les entreprises sont en fait des communaut\u00e9s d&rsquo;intention, focalis\u00e9es sur un objet de pr\u00e9occupation, attente et service, et engag\u00e9e dans un processus d&rsquo;\u00e9laboration et de production de biens et services.<\/p>\n<p>La coh\u00e9rence tient \u00e0 la concourance au(x) bien(s) commun(s) que vise l&rsquo;entreprise pour elle-m\u00eame et les communaut\u00e9s qu&rsquo;elle sert.<\/p>\n<p>Cette analyse d\u00e9bouche sur plusieurs consid\u00e9rations.<\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord l&rsquo;entreprise ne se d\u00e9finit plus en priorit\u00e9 mais secondairement par des contours juridiques ou mat\u00e9riels. L&rsquo;intention partag\u00e9e selon une vocation propre en est le principe organisateur. L&rsquo;entreprise est alors entreprise de concourance, elle constitue une entit\u00e9 dont l&rsquo;unit\u00e9 articule des concours diversifi\u00e9s.<\/p>\n<p>Des ressources financi\u00e8res multiples, des comp\u00e9tences vari\u00e9es et de diff\u00e9rents niveaux, des engagements permanents ou occasionnels, des statuts divers, des fournisseurs de services, des ressources publiques, etc. concourent pour former l&rsquo;entreprise comme entit\u00e9 et pour accomplir sa vocation de service.<\/p>\n<p>Avec les contours beaucoup plus flous mais un principe beaucoup plus clair est fond\u00e9e une nouvelle approche de l&rsquo;entreprise bas\u00e9e sur des structures de concourance. Elle r\u00e9clame un r\u00f4le de dirigeant portent justement sur le principe unificateur et organisateur qui est le Sens, la vocation, l&rsquo;intention commune et la vis\u00e9e du bien commun inscrits dans la vocation de service propre.<\/p>\n<p>La question de la structure des entreprises n&rsquo;est pas sans rapport avec celle du lien contractuel dans et autour de l&rsquo;entreprise. Le lien qui constitue une communaut\u00e9 de travail est, sur le fond, un \u00ab\u00a0conSensus\u00a0\u00bb, une unit\u00e9 de Sens, d&rsquo;intention, d&rsquo;\u00e9chelle de valeur et, dans son organisation, \u00ab\u00a0un lien de concourance\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La constitution, la structuration de ce tissu de concourance est l&rsquo;enjeu m\u00eame du management. Cela conduit \u00e0 une nouvelle conception du management des entreprises mais aussi \u00e0 celui de tout le tissu de concourance avec l&rsquo;environnement. On sait bien que beaucoup d&rsquo;entreprises ont tiss\u00e9 un grand nombre de liens de toutes sortes avec d&rsquo;autres entreprises, des collectivit\u00e9s locales, des \u00e9tats, des institutions \u00e9ducatives, des syndicats et des organisations de toutes sortes.<\/p>\n<p>Ces \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;entreprises\u00a0\u00bb sont aussi des entreprises. Le tissu complexe qui se trame redevient intelligible si on note qu&rsquo;\u00e0 chaque fois c&rsquo;est l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;intention qui constitue l&rsquo;entreprise et sa structure de concourance propre. Chaque personne ou entreprise peut participer de plusieurs structures de concourance. On retrouve la logique des communaut\u00e9s humaines. Par l\u00e0 on d\u00e9couvre aussi que si les activit\u00e9s de toute communaut\u00e9 sont vou\u00e9es \u00e0 la culture de sa vocation, elles sont aussi comme des entreprises qui entreprennent leur d\u00e9veloppement. D\u00e8s lors le mod\u00e8le des structures de concourance \u00e9claire la nature du lien social dans cette nouvelle coh\u00e9rence: le lien social est, au fond, un lien de Sens, celui de la vocation commune et en pratique un lien de concourance ou chacun, chaque groupe, chaque entit\u00e9 apporte son concours au bien commun, localement et globalement.<\/p>\n<p>Cette compr\u00e9hension du tissu social et entrepreneurial nous ram\u00e8ne \u00e0 deux questions.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re est celle de l&rsquo;unit\u00e9 de base, du mod\u00e8le \u00e9l\u00e9mentaire \u00e0 partir duquel on peut construire des groupes de plus en plus vastes, de plus en plus complexes, groupes d&rsquo;entreprises, communaut\u00e9s entreprenantes.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie et la m\u00e9thodologie des \u00ab\u00a0groupes de concourance\u00a0\u00bb y contribue. Elle s&rsquo;appuie sur la structure anthropologique des entreprises et r\u00e9alisations humaines auxquelles la trialectique donne son assise. On a l\u00e0 le principe d&rsquo;une \u00ab\u00a0cellule de base\u00a0\u00bb de la soci\u00e9t\u00e9 entreprenante qui n&rsquo;est pas sans rappeler la question de la famille mais dans un registre en partie diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>L&rsquo;autre question est celle de la culture du virtuel qui s&rsquo;inaugure (la racine WIR correspond tout \u00e0 fait \u00e0 ce que l&rsquo;on a pos\u00e9 comme principe de toutes entreprises, pla\u00e7ant l&rsquo;intentionalit\u00e9 et par suite les virtualit\u00e9s humaines au coeur de toute entreprise humaine).<\/p>\n<p>Nous retrouvons ici l&rsquo;immense laboratoire constitu\u00e9 par Internet o\u00f9 avec notamment les notions d&rsquo;Intranet et d&rsquo;Extranet se constituent et s&rsquo;exp\u00e9rimentent des groupes et des entreprises de concourance dont les constellations forment \u00e0 leur tour des entreprises virtuelles en rapport avec des communaut\u00e9s virtuelles. Leurs \u00e9conomies virtuelles participent de cette refondation de l&rsquo;\u00e9conomie et au renversement de l&rsquo;\u00e9conomisme. Tout observateur attentif qui ne se laisse pas prendre par les projections fantasmatiques peut le constater et constater le d\u00e9sarroi, l&rsquo;incompr\u00e9hension et les manoeuvres des multiples tenant d&rsquo;un \u00e9conomisme froid qui ne s&rsquo;y retrouve pas. C&rsquo;est l&rsquo;initiative et l&rsquo;intentionalit\u00e9 incontournable des personnes qui y participent qui leur fait \u00e9videmment obstacle.<\/p>\n<p><b>c) Economie et fonctionnement des entreprises de service<\/b><\/p>\n<p>A nouveau le changement de logique d&rsquo;une \u00e9conomie de service a une incidence d\u00e9terminante sur toutes les m\u00e9thodes, les fonctions et les m\u00e9tiers des entreprises. Lorsqu&rsquo;on a vu que les valeurs humaines \u00e9taient d\u00e9terminantes on ne peut plus se contenter d&rsquo;une gestion comptable qui ignore l&rsquo;essentiel et dont la rationalit\u00e9 interne l&rsquo;occulte compl\u00e8tement.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;\u00e9liminer la gestion comptable ni aucune autre fonction mais de les ouvrir \u00e0 une nouvelle dimension de la r\u00e9alit\u00e9 sur laquelle elles ont \u00e0 agir. Dans ce domaine il faut r\u00e9tablir le sens \u00e9tymologique du terme de m\u00e9tier qui doit \u00eatre identifi\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0la ma\u00eetrise d&rsquo;un service\u00a0\u00bb (m\u00eame racine que pour minist\u00e8re &#8211; ad-ministration) et non pas \u00e0 l&rsquo;instrumentation d&rsquo;une technicit\u00e9, au savoir et au savoir-faire correspondant.<\/p>\n<p>Le terme de \u00ab\u00a0ma\u00eetrise\u00a0\u00bb rapport\u00e9 \u00e0 un service (concourant au service de l&rsquo;entreprise) doit \u00eatre r\u00e9investi pour d\u00e9finir un professionnalisme, une qualification professionnelle. Cela r\u00e9introduit un concept de hi\u00e9rarchie qui est enti\u00e8rement li\u00e9 aux niveaux de ma\u00eetrise sur une \u00e9chelle de valeur d\u00e9termin\u00e9e par la vocation de l&rsquo;entreprise et donc le service qu&rsquo;elle rend.<\/p>\n<p>Cette coh\u00e9rence hi\u00e9rarchique permet de situer les entreprises, les m\u00e9tiers, les hommes non seulement dans une diversit\u00e9 mais sur une trajectoire d&rsquo;\u00e9volution o\u00f9 ils peuvent \u00eatre \u00e9valu\u00e9s en fonction de la m\u00eame \u00e9chelle de valeur, propre \u00e0 chaque entreprise (et m\u00eame \u00e0 chaque groupe de concourance).<\/p>\n<p>Cette structure hi\u00e9rarchis\u00e9e va se retrouver sur plusieurs plans corr\u00e9latifs :<\/p>\n<p>&#8211; le niveau de service que l&rsquo;entreprise est capable d&rsquo;offrir,<\/p>\n<p>&#8211; le niveau de ma\u00eetrise des professionnels de l&rsquo;entreprise,<\/p>\n<p>&#8211; la structure hi\u00e9rarchique des niveaux de responsabilit\u00e9s,<\/p>\n<p>&#8211; les modes d&rsquo;\u00e9valuation et d&rsquo;appr\u00e9ciation qui participent \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration des prix et r\u00e9mun\u00e9rations.<\/p>\n<p><b>Les niveaux de service et de professionnalisme<\/b><\/p>\n<p>Il y a des entreprises de <b>niveau primaire <\/b>qui rendent des services li\u00e9s \u00e0 la subsistance (biens mat\u00e9riels, nourriture, habitat, d\u00e9placements, habillement, etc.). L&rsquo;\u00e9conomie de production est leur march\u00e9 principal. Cela demande un niveau de professionnalisme identifi\u00e9 au savoir-faire \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur duquel les hi\u00e9rarchisations ne sont que des degr\u00e9s dans l&rsquo;habilet\u00e9 ou l&rsquo;efficacit\u00e9. Dans une \u00e9conomie de service le \u00ab\u00a0bien faire\u00a0\u00bb est le crit\u00e8re de valorisation et la mesure quantitative souvent suffisante dans une vue \u00e0 court terme des r\u00e9sultats de l&rsquo;action.<\/p>\n<p><b>Au niveau secondaire<\/b> ce sont les crit\u00e8res de participation \u00e0 la vie de la cit\u00e9 qui sont pr\u00e9dominants. Le service touche \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9 sociale des personnes qui passe par leurs repr\u00e9sentations culturelles, leurs statuts, etc.<\/p>\n<p>Ce niveau de service int\u00e8gre la \u00ab\u00a0qualification personnelle et culturelle\u00a0\u00bb des \u00ab\u00a0biens et services\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire leur valeur particuli\u00e8re pour une client\u00e8le qui en re\u00e7oit le service sur le plan des repr\u00e9sentations et de l&rsquo;identification.<\/p>\n<p>Une maison par exemple n&rsquo;est pas qu&rsquo;un \u00ab\u00a0logement\u00a0\u00bb, c&rsquo;est aussi un \u00ab\u00a0espace d&rsquo;identification\u00a0\u00bb qui en fait le principal du prix dans bien des cas (site, esth\u00e9tique, signes sociaux, etc.).<\/p>\n<p>Le professionnalisme requis doit int\u00e9grer la capacit\u00e9 \u00e0 situer les choses dans un champ de repr\u00e9sentation collectif de fa\u00e7on personnalis\u00e9e. Il faut ma\u00eetriser le syst\u00e8me des signes au-dessus du syst\u00e8me des choses et de cette mani\u00e8re encadrer la production mat\u00e9rielle par des r\u00e9f\u00e9rentiels culturels et personnels.<\/p>\n<p>Encore faut-il pouvoir prendre en compte \u00ab\u00a0les dimensions subjectives\u00a0\u00bb de toute situation humaine.<\/p>\n<p>Enfin un <b>troisi\u00e8me niveau de service<\/b> est celui qui int\u00e8gre en plus le sens du bien commun, c&rsquo;est-\u00e0-dire qui peut placer l&rsquo;activit\u00e9 en r\u00e9f\u00e9rence avec le devenir des personnes et des communaut\u00e9s. Il s&rsquo;agit alors d&rsquo;une prise de responsabilit\u00e9 dans la communaut\u00e9 quant au Sens et \u00e0 la nature du service \u00ab\u00a0public\u00a0\u00bb que l&rsquo;entreprise assume. Le professionnalisme dans chaque m\u00e9tier int\u00e8gre une ma\u00eetrise de l&rsquo;incidence de l&rsquo;activit\u00e9 sur le devenir commun.<\/p>\n<p>Il ne suffit pas de bien faire pour le service d&rsquo;utilit\u00e9, de conna\u00eetre les r\u00e9f\u00e9rences culturelles et personnelles pour le service d&rsquo;identit\u00e9. Il faut en plus les int\u00e9grer dans l&rsquo;accomplissement de la (ou des) communaut\u00e9(s). Il s&rsquo;agit d&rsquo;un niveau de professionnalisme o\u00f9 le terme de \u00ab\u00a0ma\u00eetrise\u00a0\u00bb prend tout son Sens.<\/p>\n<p>Cette ternarit\u00e9 n&rsquo;est pas sans rappeler celle de la trilogie apprenti &#8211; compagnon &#8211; ma\u00eetre qu&rsquo;il suffirait de r\u00e9actualiser pour instaurer de nouvelles dispositions professionnelles dans les entreprises. Cela rappellerait aussi que la charge d&rsquo;une hi\u00e9rarchie c&rsquo;est de faire avancer ceux qu&rsquo;elle dirige, encadre ou coordonne dans la perspective du service (le m\u00e9tier) inh\u00e9rent \u00e0 chaque entreprise.<\/p>\n<p>Si maintenant on en vient aux fonctions des entreprises de service on notera quelques indications :<\/p>\n<p><b>&#8211; Diriger<\/b> c&rsquo;est donner le Sens et c&rsquo;est une toute autre charge que celle de g\u00e9rer aux sens habituels. Il faudrait revoir enti\u00e8rement la question des responsabilit\u00e9s au plus haut niveau des entreprises souvent marqu\u00e9es par la plus grande confusion (des conseils d&rsquo;administration administrent en pr\u00e9tendant diriger et les directions dirigent alors qu&rsquo;elles sont sens\u00e9es g\u00e9rer). Le th\u00e8me actuel de la \u00ab\u00a0gouvernance\u00a0\u00bb des entreprises est celui l\u00e0 m\u00eame o\u00f9 se joue le syst\u00e8me de valeur de l&rsquo;\u00e9conomie avec cette fixation pathologique identifi\u00e9e au th\u00e8me du pouvoir qui est une maladie de l&rsquo;autorit\u00e9. Celle-ci est une affaire de d\u00e9termination personnelle d&rsquo;un Sens (direction) pour l&rsquo;entreprise c&rsquo;est-\u00e0-dire la communaut\u00e9 de travail et toutes les autres qui y concourent.<\/p>\n<p><b>&#8211;\u00a0Le management<\/b>. Touchant \u00e0 la structure, aux hi\u00e9rarchies, aux activit\u00e9s productrices, le management doit \u00eatre compris comme le \u00ab\u00a0m\u00e9nagement\u00a0\u00bb des structures de concourance appuy\u00e9es sur l&rsquo;autorit\u00e9 dirigeante. Int\u00e9gration des hommes et des groupes, des groupes entre eux et des concourances entre communaut\u00e9s concern\u00e9es. Il doit donc articuler vocations, finalit\u00e9s avec l&rsquo;int\u00e9gration coh\u00e9rente des hommes et des \u00e9quipes. Notons que la complexit\u00e9 de ce tissu entreprenant, les nouvelles possibilit\u00e9s offertes par Internet ou Intranet, vont bouleverser profond\u00e9ment les m\u00e9tiers du management en rendant caduques les mod\u00e8les tayloriens ou bureaucratiques.<\/p>\n<p><b>&#8211; La qualit\u00e9<\/b>. On a r\u00e9ussi trop souvent \u00e0 d\u00e9coupler qualit\u00e9 et valeur de service \u00e0 tel point que le \u00ab\u00a0bien faire\u00a0\u00bb a pu s&rsquo;abstraire \u00e0 la fois de toute analyse des attentes subjectives des clients de m\u00eame que de toute analyse des potentiels originaux de la communaut\u00e9 de travail.<\/p>\n<p>Les nombreux effets pervers de la normalisation sont caract\u00e9ris\u00e9s par l&rsquo;ignorance du sp\u00e9cifiquement humain comme seul crit\u00e8re de valeur qui respecte les personnes et les communaut\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9conomie de service refond\u00e9e, au contraire, il faut identifier et mettre en valeur les potentiels originaux des hommes et des groupes de travail en coh\u00e9rence avec le service de clients dont les valeurs les rejoignent. C&rsquo;est dans le \u00ab\u00a0consensus des valeurs\u00a0\u00bb que la qualit\u00e9 trouve son r\u00f4le de m\u00e9diation et de service. Il est trop fr\u00e9quent par l&rsquo;aveuglement d&rsquo;un \u00e9conomisme dominant que la qualit\u00e9 disqualifie les hommes o\u00f9 en d\u00e9voie les valeurs au lieu de les \u00ab\u00a0qualifier\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><b>&#8211; Le marketing<\/b>. La r\u00e9f\u00e9rence au march\u00e9 y est naturellement constante et l&rsquo;\u00e9conomisme s&rsquo;est fait le vecteur d&rsquo;un discours sur la \u00ab\u00a0demande du march\u00e9\u00a0\u00bb qui a permis de tout justifier et de se servir de cette formule non seulement pour disqualifier toute originalit\u00e9, toute cr\u00e9ativit\u00e9, toute personnalisation des offres de service et des client\u00e8les, mais aussi pour faire de cette \u00ab\u00a0loi du march\u00e9\u00a0\u00bb un formidable \u00e9pouvantail destin\u00e9 \u00e0 la fois \u00e0 \u00e9pouvanter les foules (l&rsquo;horreur \u00e9conomique) et \u00e0 la fois \u00e0 servir d&rsquo;alibi aux agissements les plus contraires au bien des communaut\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette falsification doit \u00eatre syst\u00e9matiquement combattue comme une manipulation malheureusement rentr\u00e9e dans le credo d&rsquo;un grand nombre de responsables \u00e9conomiques, politiques, m\u00e9diatiques et m\u00eame pour le grand public.<\/p>\n<p>L&rsquo;enjeu du renversement \u00e9conomique consiste \u00e0 r\u00e9tablir la priorit\u00e9 des valeurs humaines tant dans le positionnement des offres de services en fonction des potentiels originaux des \u00e9quipes et des entreprises mais aussi en fonction des attentes originales, culturellement fond\u00e9es, des client\u00e8les.<\/p>\n<p>L&rsquo;ajustement de Sens et de valeurs est une t\u00e2che essentielle du marketing.<\/p>\n<p>C&rsquo;est du c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un marketing de l&rsquo;offre, offres de \u00ab\u00a0biens et services\u00a0\u00bb originales et personnalis\u00e9es (innovation ?), que l&rsquo;on doit s&rsquo;orienter sachant qu&rsquo;une offre n&rsquo;est recevable que si elle r\u00e9pond \u00e0 des attentes. Il n&rsquo;y a pas de demande sans offre constitu\u00e9e. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;offre pertinente sans qu&rsquo;elle s&rsquo;ajuste aux attentes.<\/p>\n<p>Les cr\u00e9ateurs d&rsquo;entreprises ne sont pas les march\u00e9s, c&rsquo;est l&rsquo;institution des entreprises qui r\u00e9v\u00e8le et d\u00e9veloppe les march\u00e9s.<\/p>\n<p>Il faut donc passer d&rsquo;un marketing adaptatif qui nie l&rsquo;autonomie des hommes \u00e0 un marketing intentionnel. Ses strat\u00e9gies int\u00e8grent de fa\u00e7on non sym\u00e9trique d&rsquo;une part les vocations, intentions, potentiels, qualifications propres des entreprises et d&rsquo;autre part les conditions de l&rsquo;environnement, toujours l\u00e0 en tant que \u00ab\u00a0march\u00e9 des attentes\u00a0\u00bb qui sont des attentes humaines, des attentes de services m\u00eame si elles portent sur des objets mat\u00e9riels ou des signes.<\/p>\n<p>Il est vrai qu&rsquo;il existe des attentes humaines dont les valeurs sont discutables. C&rsquo;est une question de Sens toujours relative aux contextes culturels plus qu&rsquo;une question de choses pour lesquelles le discernement doit \u00eatre vigilant.<\/p>\n<p>La libert\u00e9 \u00e9conomique permet tous les choix. La responsabilit\u00e9 \u00e9conomique exige qu&rsquo;en soient tir\u00e9s les cons\u00e9quences en particulier quand au choix de vocation des entreprises, leur service ou non du bien commun et, en contre partie, le b\u00e9n\u00e9fice ou non des ressources de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Le marketing, dans l&rsquo;optique de l&rsquo;\u00e9conomie de service (du bien propre), est une fonction strat\u00e9gique d&rsquo;ajustement entre communaut\u00e9s de travail et communaut\u00e9s clientes (positionnement) par la m\u00e9diation d&rsquo;une offre de service singuli\u00e8re. Les questions de fid\u00e9lisation, de valorisation (prix), de qualification r\u00e9ciproque s&rsquo;en trouvent grandement facilit\u00e9es.<\/p>\n<p><b>&#8211; Le commerce<\/b>. Suspect de toutes les malhonn\u00eat\u00e9s dans une conception mercantile, le commerce est un m\u00e9tier d&rsquo;une grande noblesse lorsqu&rsquo;il est compris comme un \u00ab\u00a0commerce des valeurs\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agit de tisser des liens de reconnaissance mutuelle des valeurs r\u00e9ciproques: valeurs des clients, valeurs des producteurs par la m\u00e9diation d&rsquo;un bien qui les v\u00e9hicule et y r\u00e9pond et dans la perspective apport\u00e9e \u00e0 un bien commun auquel les parties concourent.<\/p>\n<p>Le commerce n&rsquo;est pas un face-\u00e0-face, un rapport de force, mais un c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te diff\u00e9renci\u00e9 et asym\u00e9trique. C&rsquo;est une fa\u00e7on de penser les m\u00e9tiers et les m\u00e9thodes du commerce en harmonie avec des pratiques r\u00e9elles mais en renversement des conceptions les plus fr\u00e9quemment exprim\u00e9es et mises en oeuvre dans la logique disqualifiante de l&rsquo;\u00e9conomisme.<\/p>\n<p><b>&#8211;\u00a0La gestion et son contr\u00f4le<\/b>. C&rsquo;est souvent par l\u00e0 que l&rsquo;\u00e9conomisme impose ses rationalit\u00e9s et la r\u00e9duction quantitative d\u00e9nature le Sens de l&rsquo;action humaine.<\/p>\n<p>Il serait int\u00e9ressant d&rsquo;\u00e9lucider les racines du f\u00e9tichisme des chiffres qui s&rsquo;il prend en compte les choses, va m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 remplacer les choses par des chiffres et ignore le Sens de la valeur. Or toute \u00e9valuation suppose le choix pr\u00e9alable d&rsquo;une \u00e9chelle de valeur explicite. Aucune quantit\u00e9 n&rsquo;a de Sens par elle m\u00eame, c&rsquo;est toujours une mesure de la valeur qui prend sa source ailleurs.<\/p>\n<p>Le renversement \u00e9conomique doit remettre en question l&rsquo;articulation entre les instruments de \u00ab\u00a0prise en compte\u00a0\u00bb (comptable) et ce qu&rsquo;il y a \u00e0 prendre en compte: les r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques. Puisque celles-ci sont d&rsquo;abord de l&rsquo;ordre des valeurs humaines (biens et services par exemple) alors il faut savoir les appr\u00e9hender et utiliser des moyens de prise en compte coh\u00e9rents.<\/p>\n<p>La prise en compte de l&rsquo;immat\u00e9riel, la r\u00e9flexion sur les valeurs, peuvent contribuer \u00e0 des remises en question salutaires et au d\u00e9veloppement de nouvelles comp\u00e9tences en ces mati\u00e8res.<\/p>\n<p>Toutes les autres fonctions sont \u00e0 envisager dans cet esprit, production, communication, logistique, juridique, etc&#8230; La gestion des ressources humaines doit aussi cesser de consid\u00e9rer les hommes comme des moyens et prendre en consid\u00e9ration le fait que les entreprises sont des communaut\u00e9s engag\u00e9es et non pas des lieux d&rsquo;exploitation de l&rsquo;humain ou bien des lieux de reproduction de m\u00e9canismes formels et d\u00e9personnalis\u00e9s.<\/p>\n<p>Encore faut-il pour cela qu&rsquo;une v\u00e9ritable comp\u00e9tence soit \u00e9difi\u00e9e portant sur la connaissance des communaut\u00e9s engag\u00e9es (communaut\u00e9s de travail) leurs rapports, leur constitution, leurs concourances et le d\u00e9veloppement de leur vocation.<\/p>\n<p><b>3\u00b0 Plan : Le travail et la production des biens et services<\/b><\/p>\n<p>Dans la perspective d&rsquo;un renversement \u00e9conomique refondateur, il reste tout un volet o\u00f9 il faut reb\u00e2tir une vision coh\u00e9rente. Elle doit sortir radicalement des logiques et rationalit\u00e9s implicites des d\u00e9bats actuels. Par exemple de multiples disposition destin\u00e9es \u00e0 combattre le ch\u00f4mage vont avec une conception du travail qui en fait un mal n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>La l\u00e9gislation du travail, les mod\u00e8les en vigueur dans les entreprises et les administrations, la g\u00e9n\u00e9ralisation du salariat sont fond\u00e9s sur une conception n\u00e9gative du travail.<\/p>\n<p>Il a surtout pour effet de dissocier l&rsquo;acte de travail et de son Sens pour celui qui travaille et de son Sens pour celui qui b\u00e9n\u00e9ficie des fruits du travail, l&rsquo;un et l&rsquo;autre Sens humain, Sens de l&rsquo;accomplissement du bien humain.<\/p>\n<p>Le travail n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que l&rsquo;acte de viser et de r\u00e9aliser le bien en celui qui travaille et ainsi \u00ab\u00a0se travaille\u00a0\u00bb dans la mesure m\u00eame o\u00f9 il sert le bien des autres, au service de leur propre travail d&rsquo;accomplissement.<\/p>\n<p>Nous voil\u00e0 au coeur d&rsquo;une double r\u00e9vision devenue imp\u00e9rative si le renversement \u00e9conomique pr\u00e9tend remettre l&rsquo;homme au coeur des affaires humaines et l&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;homme comme r\u00e9f\u00e9rent de toute conception et pratique humaine. L&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme passe par la r\u00e9v\u00e9lation de son humanit\u00e9 qui passe par la r\u00e9alisation de celle-ci. L&rsquo;humanisation de l&rsquo;homme et du monde est l&rsquo;oeuvre m\u00eame de civilisation dont les voies sont infiniment vari\u00e9es, celle de chaque communaut\u00e9 humaine, celle de chaque personne, celle m\u00eame de chaque institution, voies qui correspondent \u00e0 leur vocation propre. On retrouve encore une fois l&rsquo;articulation du personnel et de l&rsquo;universel. Il n&rsquo;y a pas de vocation personnelle dont l&rsquo;originalit\u00e9 n&rsquo;ait besoin de la communaut\u00e9 pour se r\u00e9aliser. Il n&rsquo;y a pas de vocation commune qui n&rsquo;ait besoin des services particuliers des personnes.<\/p>\n<p>C&rsquo;est comme cela que le travail des personnes accompli leur vocation, notamment sur le plan professionnel, dans la mesure o\u00f9 il rend un service d&rsquo;int\u00e9r\u00eat commun, vis\u00e9e du bien commun, au travers de la production de biens mat\u00e9riels et immat\u00e9riels, au service des personnes ou des entit\u00e9s collectives dans la cit\u00e9.<\/p>\n<p>La double r\u00e9vision porte simultan\u00e9ment sur la nature des \u00ab\u00a0biens et services\u00a0\u00bb et sur la nature du travail humain.<\/p>\n<p>Les mod\u00e8les mat\u00e9rialistes et fonctionalistes n&rsquo;ont fait que conforter le r\u00e9gime du manque et du conformisme, la condamnation et l&rsquo;instrumentation de l&rsquo;homme dans le travail.<\/p>\n<p>Arr\u00eatons-nous un moment sur le travail.<\/p>\n<p>La logique du travail &#8211; peine \u00e0 subir est exactement le m\u00eame que celle de l&rsquo;\u00e9conomisme. La th\u00e9matique du \u00ab\u00a0march\u00e9 du travail\u00a0\u00bb ne vient que le renforcer.<\/p>\n<p>Pour les uns travailler moins est un bien parce que la libert\u00e9 est assimil\u00e9e au \u00ab\u00a0temps libre\u00a0\u00bb. Pour les autres travailler plus est un bien parce que c&rsquo;est le prix \u00e0 payer dans l&rsquo;\u00e9quation : Il faut se donner du \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb pour obtenir un bien.<\/p>\n<p>Dans les deux cas, le travail porte une valeur n\u00e9gative.<\/p>\n<p>En outre, parall\u00e8lement le march\u00e9 du travail fait de celui-ci un \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb rare dans la mesure o\u00f9 il est assimil\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0l&#8217;emploi\u00a0\u00bb ce qui fait que le d\u00e9veloppement de l&#8217;emploi en \u00e9liminant le travail serait logique pour les uns : Subir le travail sous peine de subir la privation d&#8217;emploi est la logique des autres (il y a bien d&rsquo;autres rationalit\u00e9s perverses \u00e0 l&rsquo;oeuvre, pos\u00e9es sur les vices de l&rsquo;\u00e9conomisme).<\/p>\n<p>A l&rsquo;inverse le travail-oeuvre reste \u00e0 comprendre dans sa nature sp\u00e9cifiquement humaine (cf. Changer le travail).<\/p>\n<p>En quelques mots :<\/p>\n<p>Le travail humain consiste simultan\u00e9ment \u00e0 produire un bien dans l&rsquo;espace commun de la cit\u00e9, une r\u00e9alisation qui vaut pour quelqu&rsquo;un dans ce contexte et en m\u00eame temps \u00e0 utiliser des dispositions personnelles dont l&rsquo;exercice apporte une plus grande ma\u00eetrise personnelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire, humainement parlant, accompli un peu plus l&rsquo;humanit\u00e9 de la personne.<\/p>\n<p>Le travail sain a donc ce double effet de produire de la richesse pour les autres et d&rsquo;enrichir celui qui travaille.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors la r\u00e9mun\u00e9ration du travail ne peut \u00eatre en aucune sorte une compensation arithm\u00e9tique de quoi que ce soit, mais participe d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne culturel de reconnaissance de la valeur pour la communaut\u00e9. C&rsquo;est bien ce que l&rsquo;on peut comprendre par exemple derri\u00e8re l&rsquo;id\u00e9e de prix du march\u00e9 qui malheureusement travesti son fondement dans le ph\u00e9nom\u00e8ne humain.<\/p>\n<p>Le travail r\u00e9alisateur &#8211; r\u00e9v\u00e9lateur, qualifiant, s&rsquo;inscrit aussi bien dans une \u00e9chelle des niveaux de service que des niveaux de ma\u00eetrise.<\/p>\n<p>La richesse du service et la valeur du travail trouvent sur cette \u00e9chelle l&rsquo;axe de coh\u00e9rence de toute mesure. Il est int\u00e9ressant de noter comment le travail int\u00e8gre progressivement les plans suivants :<\/p>\n<p><b>&#8211; Le niveau primaire<\/b> factuel assimile \u00ab\u00a0le faire\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0le travail\u00a0\u00bb, la production mat\u00e9rielle en est l&rsquo;objectif, et l&rsquo;effort physique la modalit\u00e9 commune. Le service est alors souvent assimil\u00e9 \u00e0 un produit mat\u00e9riel ou \u00e0 la substitution du travail des uns au travail des autres (faire \u00e0 la place). Il est naturel que la r\u00e9mun\u00e9ration du travail dans ce plan soit un partage des fruits du travail entre toutes les parties prenantes.<\/p>\n<p><b>&#8211; Le niveau secondaire<\/b> intervient sur les repr\u00e9sentations individuelles et collectives. Il s&rsquo;agit autant de tenir une place, un statut, une fonction que de participer \u00e0 la production de repr\u00e9sentations de valeurs identificatoires, de structures de connaissance, de fonctionnement des groupes ou communaut\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>La place dans le syst\u00e8me social r\u00e9clame une fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre qui mobilise particuli\u00e8rement les facult\u00e9s mentales de repr\u00e9sentation et de rationalisation. La notion d&#8217;emploi est assez proche de cette dimension o\u00f9 il s&rsquo;agit d&rsquo;avoir et de tenir une place dont l&rsquo;activit\u00e9 mat\u00e9rielle de production peut \u00eatre plus ou moins grande selon les places occup\u00e9es.<\/p>\n<p>Cette dimension du travail ne peut s&rsquo;\u00e9valuer qu&rsquo;en r\u00e9f\u00e9rence aux places occup\u00e9es et leurs exigences dans le contexte culturel particulier et donner lieu \u00e0 un syst\u00e8me de r\u00e9mun\u00e9ration correspondant.<\/p>\n<p><b>&#8211;\u00a0Le niveau tertiaire<\/b>. C&rsquo;est celui du service du Sens. Le travail r\u00e9clame un discernement, une implication, un concernement, des qualit\u00e9s et des responsabilit\u00e9s qui correspondent \u00e0 l&rsquo;exercice (et la culture) d&rsquo;un autre niveau de ma\u00eetrise de soi et des situations professionnelles.<\/p>\n<p>C&rsquo;est la ressource, la puissance potentielle qui fait la valeur du travail d&rsquo;implication au service de la communaut\u00e9. Ce service consiste \u00e0 prendre en charge personnellement des probl\u00e9matiques communes pour aider \u00e0 les assumer ou les r\u00e9soudre. Cela correspond aussi \u00e0 des responsabilit\u00e9s de dirigeant, service de discernement, d&rsquo;autorit\u00e9, de ma\u00eetrise professionnelle.<\/p>\n<p>La communaut\u00e9, en retour, doit affecter \u00e0 ceux qui assument aussi cette dimension du travail des ressources qui leur permettent de potentialiser encore davantage leur responsabilit\u00e9 et leurs comp\u00e9tences \u00ab\u00a0d&rsquo;hommes ressources\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Toutes ces dimensions existent dans le travail, le niveau de service et les r\u00e9mun\u00e9rations. C&rsquo;est l&rsquo;int\u00e9gration en une conception et des pratiques coh\u00e9rentes qui manque. L&rsquo;int\u00e9gration, c&rsquo;est l&rsquo;enjeu et la nature m\u00eame du travail de refondation, r\u00e9alisateur et r\u00e9v\u00e9lateur de la richesse et la valeur du travail humain, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une conception anthropologique de la nature humaine du travail. Les analogies \u00e0 la machine ou \u00e0 l&rsquo;ordinateur ne disent que la conception r\u00e9ductrice de l&rsquo;humain.<\/p>\n<p>En d\u00e9finitive, toute activit\u00e9 humaine peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme travail d\u00e8s lors qu&rsquo;elle sert l&rsquo;homme. Un m\u00e9tier n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la ma\u00eetrise d&rsquo;un service, accomplissement d&rsquo;une vocation personnelle, travail de culture de cette vocation. L&rsquo;exercice professionnel d&rsquo;un m\u00e9tier l&rsquo;inscrit dans une situation sociale qui fait participer le service de la culture commune o\u00f9 la \u00ab\u00a0profession de soi\u00a0\u00bb rejoint le concours au bien commun en passant par un travail r\u00e9alisateur et r\u00e9v\u00e9lateur producteur de biens et de services.<\/p>\n<p>La d\u00e9couverte de ces coh\u00e9rences internes permet de d\u00e9ployer une efficience que l&rsquo;on ne trouve pas dans des conceptions o\u00f9 le jeu des conflits, des contradictions, des oppositions d&rsquo;int\u00e9r\u00eat est sens\u00e9 cr\u00e9er la dynamique du syst\u00e8me. S&rsquo;ils existent bel et bien, ils parasitent l&rsquo;\u00e9conomie plut\u00f4t qu&rsquo;ils la produisent allant jusqu&rsquo;\u00e0 faire du mal le crit\u00e8re du bien.<\/p>\n<p>Il y a donc l\u00e0 une reconstruction tout \u00e0 fait prometteuse \u00e0 partir de la prise en compte des dimensions subjectives du travail pour le concevoir v\u00e9ritablement comme travail humain, travail int\u00e9grateur de la personne, int\u00e9grateur des communaut\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>La seconde mise en question radicale est celle des biens et services produits par le travail et de leur valeur.<\/p>\n<p>La tendance de l&rsquo;\u00e9conomisme est de consid\u00e9rer que n&rsquo;importe quoi peut \u00eatre monnayable et que de ce fait, cela fait partie des biens et services dont la production et l&rsquo;\u00e9change sont r\u00e9gis par les lois de l&rsquo;\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Or toute demande n&rsquo;est pas le crit\u00e8re d&rsquo;un bien, d&rsquo;un service, toute production non plus. La neutralit\u00e9 en la mati\u00e8re, renforc\u00e9e par celle, suppos\u00e9e, de l&rsquo;instrument quantitatif va dans le Sens d&rsquo;un d\u00e9couplage de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique et de l&rsquo;\u00e9thique, d\u00e9couplage de la raison \u00e9conomique et du discernement humain, d\u00e9couplage de l&rsquo;efficacit\u00e9 \u00e9conomique et de la responsabilit\u00e9 vis-\u00e0-vis des autres.<\/p>\n<p>Cette neutralit\u00e9 soutenue par les pr\u00e9tentions scientifiques et techniques, a contribu\u00e9 \u00e0 faire dispara\u00eetre une question essentielle. Qu&rsquo;est-ce qui sert v\u00e9ritablement l&rsquo;homme, qu&rsquo;est-ce qui sert v\u00e9ritablement le client, qu&rsquo;est-ce qui sert v\u00e9ritablement la communaut\u00e9!<\/p>\n<p>C&rsquo;est la notion de service qui est toute enti\u00e8re \u00e0 revoir.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re partie de la r\u00e9ponse ici sera : ce qui sert l&rsquo;homme c&rsquo;est ce qui concoure \u00e0 le faire progresser vers son bien ! Cela introduit l&rsquo;id\u00e9e de concourance qui veut dire que servir c&rsquo;est aider, contribuer mais pas se substituer, remplacer, faire ou \u00eatre \u00e0 la place. Cela suppose aussi que le produit et son usage par exemple ne sont pas une fin en soit, c&rsquo;est toujours le bien de la personne qui est le crit\u00e8re de valeur.<\/p>\n<p>Cela d\u00e9pend de la singularit\u00e9 de chaque personne, de chaque culture collective et donc r\u00e9clame une \u00ab\u00a0consid\u00e9ration\u00a0\u00bb particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas de service sans consid\u00e9ration de la singularit\u00e9 de l&rsquo;autre, de son bien propre et des voies propres \u00e0 le servir. Il n&rsquo;y a pas de biens, produits mat\u00e9riels ou immat\u00e9riels qui ne soit biens que par ce qu&rsquo;il sert le bien personnel ou le bien commun.<\/p>\n<p>Il se trouve de fa\u00e7on sym\u00e9trique que la possibilit\u00e9 de reconna\u00eetre ce bien des autres et de le servir est exactement constitu\u00e9e par la ma\u00eetrise (professionnelle) du travail. Cela r\u00e9tablit la corr\u00e9lation ma\u00eetrise &#8211; service, le ma\u00eetre est le serviteur. Celui dont la ma\u00eetrise est faible sert moins bien et a besoin d&rsquo;\u00eatre lui-m\u00eame aid\u00e9, servi par un plus ma\u00eetre que lui. Quelle calamit\u00e9 d&rsquo;avoir fait de la ma\u00eetrise un orgueil, un pouvoir ou une emprise alors que c&rsquo;est le crit\u00e8re de valeur de toute capacit\u00e9 de servir !<\/p>\n<p>La seconde partie de la r\u00e9ponse porte sur la qualification du bien, bien personnel ou bien commun puisse-qu&rsquo;il sert de crit\u00e8re de discernement, de jugement donc d&rsquo;\u00e9valuation du service et des biens qui y concourent.<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse est indissociablement li\u00e9e \u00e0 la conception de ce qu&rsquo;est la nature humaine, l&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;homme. Exigeons que toute r\u00e9f\u00e9rence de cet ordre soit accompagn\u00e9e de l&rsquo;explicitation de cette conception sinon nous retombons dans les clivages d\u00e9j\u00e0 aper\u00e7us.<\/p>\n<p>En r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Humaines alors le bien de l&rsquo;homme c&rsquo;est son accomplissement et celui-ci emprunte les voies particuli\u00e8res de chaque vocation personnelle. Il faut donc s&rsquo;appuyer sur le discernement des Sens et singuli\u00e8rement de celui qui permet cet accomplissement. Le Sens du service, le Sens du bien produit est le Sens de la vocation personnelle du client.<\/p>\n<p>On peut transposer ce raisonnement \u00e0 la question du bien commun pour toute communaut\u00e9 humaine se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l&rsquo;accomplissement de sa vocation, sa culture, sa civilisation. La diff\u00e9rence porte sur le fait que c&rsquo;est par analogie que l&rsquo;on parle d&rsquo;accomplissement pour une communaut\u00e9, celui-ci n&rsquo;ayant lieu que dans les personnes.<\/p>\n<p>En d\u00e9finitive tout un travail de r\u00e9gulation des valeurs et de la l\u00e9gitimit\u00e9 de la production des biens et services est \u00e0 refaire en prenant la poursuite du bien humain comme crit\u00e8re g\u00e9n\u00e9ral. On peut parfaitement dire aussi que tout profit se mesure au m\u00eame crit\u00e8re. Il ne faut donc pas n\u00e9gliger l&rsquo;id\u00e9e de profit mais il faut exiger que soit dit le Sens du profit qui est vis\u00e9 pour savoir s&rsquo;il est humainement profitable ou s&rsquo;il est humainement dommageable.<\/p>\n<p>Comment avoir pu \u00e9liminer ce crit\u00e8re du bien de l&rsquo;homme dans le d\u00e9bat \u00e9conomique. Le r\u00e9tablir fera d\u00e9couvrir que tr\u00e8s souvent c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 comme cela que les choses se passent, l\u00e0 o\u00f9 le discours \u00e9conomique n&rsquo;a pas encore totalement d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 les gens de leur \u00e9conomie. On d\u00e9couvrira aussi qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas de classer les choses ou les services en bon ou mauvais mais \u00e0 chaque fois d&rsquo;ajuster chaque chose, chaque service au bien commun, au travers des personnes. Cela donnera probablement des investissements diff\u00e9rents, des \u00e9volutions dans les enjeux du travail, les niveaux de ma\u00eetrise, l&rsquo;efficience, le d\u00e9veloppement des personnes et des communaut\u00e9s.<\/p>\n<p>On d\u00e9couvrira enfin que la prise en compte exigeante, difficile mais <b>la seule enrichissante<\/b> du bien humain dans l&rsquo;\u00e9conomie ne limite en rien la libert\u00e9 de quiconque mais y associe l&rsquo;exigence de responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p>La refondation de l&rsquo;\u00e9conomie appelle \u00e0 ce renversement qui fait du Sens du bien humain le crit\u00e8re de toute valeur \u00e0 la place de la quantit\u00e9 qui n&rsquo;en est qu&rsquo;une mesure accessoire.<\/p>\n<p>La mutation de l&rsquo;entreprise repose sur ce renversement \u00e9conomique dont la question du Sens et des valeurs d&rsquo;une part et l&rsquo;ouverture des nouveaux espaces du virtuel d&rsquo;autre part sont les principales assises.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9conomie est le lieu de toutes les croyances, certitudes absolues, d\u00e9nonciations irrascibles, illusions na\u00efves, sombres calculs, proph\u00e9ties auto exhau\u00e7antes; mais toujours l&rsquo;oubli r\u00e9ductionniste, la chose prise pour le Sens, le signe pour le Sens. Et l&rsquo;homme, sujet objet et projet de toute \u00e9conomie? C&rsquo;est encore \u00e0 une anthropologie que l&rsquo;\u00e9conomie doit \u00eatre r\u00e9f\u00e9r\u00e9e avant toute mod\u00e9lisation sans racines. L&rsquo;\u00e9conomie est de nature humaine et elle est toujours communautaire au service du bien commun. Telle est le Sens et la coh\u00e9rence d&rsquo;une \u00e9conomie l\u00e9gitime. 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