{"id":512,"date":"1986-08-03T00:00:00","date_gmt":"1986-08-03T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/1986\/08\/03\/au-coeur-du-sujet-chapitre-7\/"},"modified":"2020-11-13T19:02:58","modified_gmt":"2020-11-13T18:02:58","slug":"au-coeur-du-sujet-chapitre-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/1986\/08\/03\/au-coeur-du-sujet-chapitre-7\/","title":{"rendered":"Au coeur du sujet &#8211; Chapitre 7"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Ce chapitre aborde un aspect particuli\u00e8rement novateur. Il d\u00e9veloppe une prax\u00e9ologie dont les principes d\u00e9bouchent sur une m\u00e9thodologie g\u00e9n\u00e9rale qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 de nombreux moyens m\u00e9thodologiques et des pratiques en plein d\u00e9veloppement. Publi\u00e9 en 1986 de tr\u00e8s nombreuses applications ont vu  le jour avec \u00e9videmment bien des perfectionnements.<\/p>\n<p> Chapitre 7 : TH\u00c9ORIE DE LA PRATIQUE ET M\u00c9THODOLOGIE G\u00c9N\u00c9RALE DES COH\u00c9RENCES<\/p>\n<p>I. &#8211; PROBL\u00c9MATIQUES<\/p>\n<p>II. &#8211; M\u00c9THODOLOGIE G\u00c9N\u00c9RALE<br \/>\n1) Les pratiques de transposition<br \/>\n2) Les pratiques d&rsquo;activation<br \/>\n3) Les pratiques d&rsquo;\u00e9lucidation<br \/>\n4) Principes de la m\u00e9thodologie g\u00e9n\u00e9rale des coh\u00e9rences<\/p>\n<p><em>Le travail, la responsabilit\u00e9 et les \u0153uvres de l&rsquo;homme<\/em><\/p>\n<p>Toute pratique vise l&rsquo;homme, soit directement en son Instance, soit indirectement dans l&rsquo;existence, dans le monde. Agir sur le monde n&rsquo;a de sens qu&rsquo;en l&rsquo;homme. Il s&rsquo;agira toujours, pour ce qui nous pr\u00e9occupe, de pratiques humaines visant l&rsquo;homme par ses objets de pr\u00e9occupations,quels qu&rsquo;ils soient. Les pratiques dont il s&rsquo;agit, sont, d&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, toutes les activit\u00e9s humaines, que ce soient les pratiques de vie courante, les pratiques sociales, religieuses ou les pratiques professionnelles. Il est vrai que c&rsquo;est souvent dans ce dernier domaine que l&rsquo;on se pr\u00e9occupe le plus de m\u00e9thodes ou de techniques. Cependant, si notre travail d\u00e9bouche sur des m\u00e9thodes qui s&rsquo;appliquent dans diff\u00e9rents champs professionnels,la d\u00e9marche g\u00e9n\u00e9rale et m\u00eame certaines techniques, restent valables dans la vie courante pour les questions personnelles ou collectives.<\/p>\n<p>Une th\u00e9orie de la pratique, telle que nous l&rsquo;esquissons ici, est,comme une th\u00e9orie de la connaissance, \u00e0 la base du d\u00e9veloppement de nombreuses pratiques particuli\u00e8res. Elle fournit les rep\u00e8res n\u00e9cessaires pour \u00e9tablir le guide et la discipline que constitue toute m\u00e9thodologie et les artifices que sont les techniques op\u00e9ratoires. La th\u00e9orie de la pratique se fonde dans l&rsquo;homme et les processus humains. En effet, dans toute pratique rien d&rsquo;autre n&rsquo;est agissant que les processus fondamentaux de l&rsquo;existence humaine \u00e0 partir de son Instance (l&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;homme, \u00eatre de Sens). Toute pratique, ainsi, prend sa source dans l&rsquo;Instance, les Sens, les Coh\u00e9rences et les ConSensus. Elle est toujours une actualisation de l&rsquo;Instance dans l&rsquo;existence, qui transforme celle-ci pour contribuer au devenir de cette Instance m\u00eame.<\/p>\n<p>Toutes les activit\u00e9s humaines se justifient par leur contribution au devenir de l&rsquo;homme et son accomplissement. Toutes ces activit\u00e9s cependant se diff\u00e9rencient par leurs objets etleurs sujets. C&rsquo;est pour cela que l&rsquo;on peut, \u00e0 la fois, envisager les probl\u00e8mes de toute nature qui se posent dans l&rsquo;existence (techniques, \u00e9conomiques, sociaux, familiaux, etc&#8230;) en les ordonnant \u00e0 leur finalit\u00e9 humaine dans l&rsquo;Instance. C&rsquo;est certainement l&rsquo;une des caract\u00e9ristique majeure de cette approche et des nombreuses pratiques qu&rsquo;elle ne cesse de susciter que d&rsquo;int\u00e9grer et r\u00e9concilier tous les domaines de l&rsquo;existence autour d&rsquo;une perspective commune, l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme. C&rsquo;est la condition de la responsabilit\u00e9 personnelle dans le gouvernement de son existence au profit de son accomplissement et de celui des autres.<\/p>\n<p>Toute conception de l&rsquo;homme et la n\u00f4tre notamment, est indissociable de la question du devenir humain. Celle-ci, \u00e0 son tour, renvoie au probl\u00e8me des activit\u00e9s de l&rsquo;homme rapport\u00e9es \u00e0 leurs finalit\u00e9s et \u00e0 leurs modalit\u00e9s infiniment diversifi\u00e9es. Qu&rsquo;elles soient individuelles ou collectives, toutes les activit\u00e9s humaines sont sous-tendues par une vision de l&rsquo;homme et de son devenir. Vision aveugle ou occulte trop souvent. S&rsquo;agissant d&rsquo;une conception de l&rsquo;homme et de ses r\u00e9alit\u00e9s, on ne peut la dissocier de la question du devenir de l&rsquo;homme, personnellement et collectivement. <\/p>\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;homme, rapport\u00e9e \u00e0 lui-m\u00eame et au monde qui l&rsquo;entoure, est ainsi en question, tant pour ses finalit\u00e9s et sa contribution \u00e0 son devenir, que pour ses modalit\u00e9s, avec l&rsquo;infinie diversit\u00e9 des activit\u00e9s humaines individuelles et collectives.Ce lien entre la conception de l&rsquo;homme dans son monde et ses activit\u00e9s est notamment au centre de la question des rapports th\u00e9orie-pratique. L&rsquo;affirmation de ce lien, d&rsquo;un lieu commun, n&rsquo;est en fait compatible qu&rsquo;avec un certain type de conception de l&rsquo;homme (celle ou son Etre -l&rsquo;Instance- est ce lieu commun, transcendant, et \u00e0 la th\u00e9orie, et \u00e0 la pratique, qui sont en relation mutuelle d&rsquo;immanence). S&rsquo;il est courant d&rsquo;opposer ou de vouloir r\u00e9unir ce qui n&rsquo;est pas essentiellement s\u00e9par\u00e9, la th\u00e9orie et la pratique, c&rsquo;est que domine une vision de l&rsquo;homme et du monde, elle-m\u00eame dissoci\u00e9e, o\u00f9 la source des deux, th\u00e9orie et pratique, est ignor\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans certains cas, au contraire, poser l&rsquo;une \u00e9limine l&rsquo;autre et, parfois, les deux se confondent (dans la praxis- mat\u00e9rialiste).<\/p>\n<p>I) PROBLEMATIQUES<\/p>\n<p>Pratiquer, c&rsquo;est exister et exister c&rsquo;est pratiquer l&rsquo;existence et les existants. C&rsquo;est ce qui r\u00e9sulte de la th\u00e9orie de l&rsquo;existence, r\u00e9v\u00e9latrice de l&rsquo;homme, ainsi que la pratique. On peut donc parler de pratiques humaines en consid\u00e9rant simplement comment l&rsquo;homme existe \u00aben pratique\u00bb. Cependant il est possible d&rsquo;isoler le moment d&rsquo;une pratique et de s&rsquo;interroger sur son utilit\u00e9 et, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, noter qu&rsquo;une pratique vient en r\u00e9ponse \u00e0 une situation, \u00e0 un \u00eatre, pour y apporter des modifications. Appliquant le sch\u00e9ma existentiel \u00e0 propos de la pratique, on en d\u00e9gage les dimensions et les aspects suivants:<br \/>\n<img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-731\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/1986\/08\/png_File0259im.png?resize=348%2C251\" alt=\"File0259im.png\" align=\"center\" width=\"348\" height=\"251\" \/><br \/>\nLa m\u00e9thodologie est ainsi l&rsquo;aspect repr\u00e9sentatif d&rsquo;une mise en oeuvre, en action, par son application au jeu des relations et communications entre sujets et objets. La m\u00e9thode, dans une pratique, est une sorte de sc\u00e9nario qui en traduit l&rsquo;intention, le projet d&rsquo;un trajet op\u00e9ratoire. Envisageons maintenant ce que la th\u00e9orie propose comme enjeux de la pratique, on en d\u00e9duira ensuite les modalit\u00e9s.<\/p>\n<p>Il y a pour l&rsquo;homme deux fa\u00e7ons de situer le probl\u00e8me:<br \/>\n&#8211; l&rsquo;une dans l&rsquo;Instance,<br \/>\n&#8211; l&rsquo;autre dans l&rsquo;Existence.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;Instance, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autres enjeux que ceux que pr\u00e9disent ses dynamiques historiques et actuelles. Les dynamiques historiques contribuent \u00e0 l&rsquo;instauration ou la singularisation de l&rsquo;Instance. Ce sont les finalit\u00e9s les plus essentielles de toute pratique: contribuer \u00e0 l&rsquo;instauration ou la restauration de l&rsquo;Instance et \u00e0 sa singularisation par voie de conscience de Sens. La question du devenir de 1&rsquo;homme est ici directement pos\u00e9e.<\/p>\n<p>A partir des dynamiques actuelles, activation-actualisation, la question pos\u00e9e est la suivante: comment \u00eatre activ\u00e9 dans un autre Sens ou un autre lieu de l&rsquo;Instance (une autre Coh\u00e9rence)? L&rsquo;enjeu de la pratique est de changer le lieu d&rsquo;\u00eatre (de Coh\u00e9rence) ou changer de Sens dans un lieu d&rsquo;\u00eatre donn\u00e9. C&rsquo;est une probl\u00e9matique diff\u00e9rente qui n&rsquo;est plus automatiquement rattach\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente. Changer d&rsquo;humeur, changer de personnalit\u00e9, \u00ab \u00eatre \u00bb bien, mieux, diff\u00e9rent, sont des projets qui s&rsquo;y rapportent. Le probl\u00e8me de la pratique est alors le suivant: comment exister en pratique ou par une pratique, pour \u00eatre activ\u00e9 autrement?<\/p>\n<p>Au niveau de l&rsquo;Instance nous n&rsquo;avons en d\u00e9finitive de probl\u00e8mes, de pratiques, qu&rsquo;en rapport \u00e0 son devenir, pour y contribuer et l&rsquo;orienter, ou en rapport avec un changement d&rsquo;activation. On sait par ailleurs que l&rsquo;\u00e9lucidation des Sens donne la libert\u00e9 de tels changements. Ceci ram\u00e8ne les probl\u00e8mes de l&rsquo;Instance \u00e0 deux types de pratiques:<br \/>\n&#8211; les pratiques d&rsquo;activation: instauration, restauration, changements de Coh\u00e9rence (lieu d&rsquo;\u00eatre), ou de Sens dans une m\u00eame Coh\u00e9rence,<br \/>\n&#8211; les pratiques d&rsquo;\u00e9lucidation: singularisation et libert\u00e9 (partielle) de choix de Sens et de lieu d&rsquo;\u00eatre (ou Coh\u00e9rence). <\/p>\n<p>Rien n&rsquo;interdit de rapporter les probl\u00e8mes de simple changement d&rsquo;activation \u00e0 ceux du devenir de l&rsquo;Instance, par exemple au choix, parmi tous les Sens possibles, de ceux de l&rsquo;accomplissement. Dans ce cas l&rsquo;activation de ces Sens sera \u00e0 privil\u00e9gier. La libert\u00e9 pr\u00e9alable d&rsquo;un tel choix par la conscience de Sens y serait favorable. Il se trouve aussi que ce type d&rsquo;activation favorise cette conscience et donc la libert\u00e9 de continuer librement.<\/p>\n<p>Les pratiques d&rsquo;accomplissement rassemblent les deux types de probl\u00e9matiques de l&rsquo;Instance:<br \/>\n&#8211; devenir,<br \/>\n&#8211; changement.<br \/>\net rapprochent les deux pratiques possibles d&rsquo;activation et d&rsquo;\u00e9lucidation, chacune favorisant l&rsquo;autre pour ces Sens l\u00e0.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, la th\u00e9orie de l&rsquo;Instance de l&rsquo;homme propose un questionnement sur celle-ci, ce qui am\u00e8ne aux deux probl\u00e9matiques du devenir et du changement dans l&rsquo;Instance, qui \u00e0 leur tour, am\u00e8nent a deux types de pratiques transversales: celles d&rsquo;activation et celles d&rsquo;\u00e9lucidation, qui se rencontrent lorsque les deux probl\u00e9matiques sont r\u00e9unies dans le Sens de l&rsquo;accomplissement. On a ainsi parcouru le chemin th\u00e9orie-probl\u00e9matique-pratique pour l&rsquo;Instance.<\/p>\n<p>II faut le reprendre maintenant pour l&rsquo;Existence. L&rsquo;existence de toute chose, de l&rsquo;homme existant aussi, r\u00e9pond \u00e0 la th\u00e9orie du moment (coh\u00e9renciel). On commencera par envisager la question du changement d&rsquo;existence. C&rsquo;est bien de cette fa\u00e7on que de nombreux probl\u00e8mes sont pos\u00e9s: comment faire changer ceci ou cela? Le changement en question peut \u00eatre cr\u00e9ation, disparition ou transformation d&rsquo;un existant. I1 peut \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9 par tels ou tels aspects ou dimensions de l&rsquo;existence. Obtenir un r\u00e9sultat, en fait, est une fa\u00e7on de poser le probl\u00e8me d&rsquo;un changement sur le plan factuel. Il peut s&rsquo;agir pour le malade, de l&rsquo;\u00e9limination du sympt\u00f4me (existentiel) ou encore d&rsquo;une r\u00e9paration.<\/p>\n<p>Quelque soit le probl\u00e8me, on pourra toujours le ramener \u00e0 une recherche de transformation d&rsquo;un existant donn\u00e9. La cr\u00e9ation, production ou \u00e9limination d&rsquo;un existant, peuvent \u00eatre ramen\u00e9es \u00e0 une modification de la situation existante, ou de telles probl\u00e9matiques se posent. Cela am\u00e8nera donc toujours une pratique, s\u00fbr, et dans l&rsquo;existence d&rsquo;un existant. <\/p>\n<p>Ainsi la th\u00e9orie de l&rsquo;existence ram\u00e8ne toutes les probl\u00e9matiques qui s&rsquo;y d\u00e9finissent \u00e0 un seul type, le changement d&rsquo;existence. Ce seul type de probl\u00e9matique, r\u00e9p\u00e9tons-le, comprend tous les probl\u00e8mes de l&rsquo;existence et des existants, pos\u00e9s \u00e0 ce niveau. On d\u00e9bouchera alors sur une th\u00e9orie du changement dans l&rsquo;existence d\u00e8s que l&rsquo;on envisagera la fa\u00e7on dont l&rsquo;existence peut changer et les fa\u00e7ons pratiques d&rsquo;y parvenir.<\/p>\n<p>Pour un existant donn\u00e9, il n&rsquo;y a changement que par modification des variables du \u00ab\u00a0moment\u00a0\u00bb de son existence.<br \/>\n<img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-732\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/1986\/08\/png_File0261im.png?resize=316%2C127\" alt=\"File0261im.png\" align=\"center\" width=\"316\" height=\"127\" \/><br \/>\nLes deux seules variables sont le vecteur intention et le vecteur attention. Si l&rsquo;on reste dans l&rsquo;existence, il s&rsquo;agit:<br \/>\n&#8211; d&rsquo;une part de l&rsquo;intention, direction, orientation, volont\u00e9, politique, d\u00e9sir, etc&#8230;<br \/>\n&#8211; d&rsquo;autre part de l&rsquo;objet, le propos, les acteurs et facteurs auxquels l&rsquo;intention se rapporte.<br \/>\nCela d\u00e9bouche sur deux types de strat\u00e9gies et donc de pratiques:<br \/>\n&#8211; celles qui consistent \u00e0 faire varier le vecteur intention,<br \/>\n&#8211; celles qui consistent \u00e0 modifier le vecteur attention.<\/p>\n<p>L&rsquo;une comme l&rsquo;autre touchent au ConSensus dont les deux vecteurs sont la manifestation. Les premi\u00e8res consistent \u00e0 modifier ce qui concerne la Coh\u00e9rence de l&rsquo;existant. Celui-ci, bien que transform\u00e9, sera toujours le m\u00eame, donc de m\u00eame Coh\u00e9rence. Ce qui change alors c&rsquo;est seulement le profil d&rsquo;activation de la Coh\u00e9rence. Cela se ram\u00e8ne \u00e0 des variations d&rsquo;intensit\u00e9 d&rsquo;activation ou encore des changements de Sens dominants. Il s&rsquo;agira donc de pratiques de changements de Sens. Or on sait que deux types de strat\u00e9gies sont alors possibles, celles d&rsquo;activation et celles d&rsquo;\u00e9lucidation. L&rsquo;autre possibilit\u00e9 de changement d&rsquo;existence consiste \u00e0 modifier les \u00ab partenaires du ConSensus \u00bb, ce qui revient \u00e0 transposer d&rsquo;un objet \u00e0 l&rsquo;autre le vecteur attention, ou, plus g\u00e9n\u00e9ralement, d&rsquo;un univers \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;un registre \u00e0 l&rsquo;autre, d&rsquo;un domaine \u00e0 l&rsquo;autre, chacun rep\u00e9r\u00e9 par les objets qui en sont les crit\u00e8res.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit de faire varier le champ d&rsquo;application ou d&rsquo;affectation de l&rsquo;intention. On peut obtenir ainsi, par transposition, des versions diff\u00e9rentes d&rsquo;un m\u00eame existant, versions qui n&rsquo;ont \u00e9ventuellement aucune analogie mais restent homologues (m\u00eames Sens). Pour les sujets de l&rsquo;existence, ces changements par transposition sont \u00e9quivalents, s&rsquo;ils ne s&rsquo;accompagnent pas d&rsquo;un changement du profil d&rsquo;activation (vecteurs intention). La pratique de transposition revient \u00e0 une traduction, comme d&rsquo;une langue dans une autre, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 une actualisation, selon des champs d&rsquo;attention diff\u00e9rents. Le changement d&rsquo;existence, seul type de probl\u00e9matique au niveau existentiel, d\u00e9bouche sur trois strat\u00e9gies en pratique, selon les probl\u00e8mes et leurs enjeux:<\/p>\n<p>&#8211; des pratiques d&rsquo;activation,<br \/>\n&#8211; des pratiques d&rsquo;\u00e9lucidation,<br \/>\n&#8211; des pratiques d&rsquo;actualisation.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie de base d\u00e9bouche ainsi sur la pratique de la fa\u00e7on suivante:<br \/>\n<img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-733\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/1986\/08\/png_File0262im.png?resize=408%2C249\" alt=\"File0262im.png\" align=\"center\" width=\"408\" height=\"249\" \/><\/p>\n<p>II) METHODOLOGIE GENERALE<\/p>\n<p>On remarquera que les pratiques se ram\u00e8nent toujours \u00e0 trois strat\u00e9gies:<br \/>\n&#8211; d&rsquo;activation (changement de Sens),<br \/>\n&#8211; d&rsquo;\u00e9lucidation (conscience de Sens),<br \/>\n&#8211; d&rsquo;actualisation (transpositions de r\u00e9alit\u00e9s homologues).<\/p>\n<p>A ce propos il y a deux observations majeures \u00e0 faire, la premi\u00e8re est que l&rsquo;on ne retrouve que les seuls processus de l&rsquo;Instance, il n&rsquo;y a de pratiques, que celles qui jouent sur les processus de l&rsquo;Instance. Comme  on le verra, toute pratique, toute m\u00e9thode, toute technique m\u00eame, n&rsquo;est jamais que la mise en jeu de ces processus, seuls disponibles.<\/p>\n<p>La pratique de l&rsquo;homme ne met en jeu que lui-m\u00eame. Il en est le sujet et l&rsquo;auteur. L&rsquo;art de toute pratique humaine est la mise en jeu artificielle de ces processus dont une ma\u00eetrise est ainsi envisageable. Elles se r\u00e9sument ainsi \u00e0 trois processus \u00e9l\u00e9mentaires, \u00e0 partir desquels toutes peuvent \u00eatre comprises et reb\u00e2ties. On a l\u00e0 les bases d&rsquo;une m\u00e9thodo-logie g\u00e9n\u00e9rale de la pratique. L&rsquo;autre observation repose sur l&rsquo;interrogation suivante, \u00e0 quoi bon le changement d&rsquo;existence et donc ses pratiques? On peut tr\u00e8s bien laisser la question en suspens et ne se pr\u00e9occuper que de l&rsquo;existence, ses probl\u00e8mes et leurs solutions. On peut aussi rapporter les probl\u00e8mes de changement d&rsquo;existence \u00e0 ceux de changement de Sens dans l&rsquo;Instance. Il s&rsquo;agit alors de changement d&rsquo;existence pour l&rsquo;homme. On s&rsquo;aper\u00e7oit alors que les pratiques d&rsquo;activation reviennent au m\u00eame: changement d&rsquo;existence et changement d&rsquo;activation de l&rsquo;Instance.<\/p>\n<p>Par contre les pratiques de simple actualisation par transposition ne changent pas l&rsquo;activation de l&rsquo;Instance. Cela veut dire que toute activit\u00e9 qui ne vise que des r\u00e9alisations existentielles comme seule finalit\u00e9, est vaine pour l&rsquo;Instance. Par contre, rien n&#8217;emp\u00eache de rapporter le changement d&rsquo;existence et le changement d&rsquo;activation de l&rsquo;Instance, \u00e0 la question du devenir de l&rsquo;homme. C&rsquo;est ainsi que les probl\u00e9matiques de l&rsquo;Instance et de l&rsquo;Existence peuvent \u00eatre reli\u00e9es \u00e0 celle du devenir de l&rsquo;Instance. Quant aux pratiques, rappelons d&rsquo;abord que la conscience de Sens advient dans cette disposition de l&rsquo;Instance, obtenue par la consid\u00e9ration simultan\u00e9e de diff\u00e9rentes r\u00e9alit\u00e9s homologues. Or n&rsquo;est-ce pas ce que 1&rsquo;on obtient par les pratiques de transposition? Ainsi lorsque l&rsquo;ensemble des probl\u00e9matiques, d\u00e9duites de la th\u00e9orie sont rapport\u00e9es \u00e0 la question du devenir de l&rsquo;Instance et que celle-ci est rapport\u00e9e aux Sens de 1&rsquo;accomplissement, les trois strat\u00e9gies pratiques concourrent les unes aux autres.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que se construit la m\u00e9thodologie g\u00e9n\u00e9rale des Coh\u00e9rences humaines, conclusion d&rsquo;une th\u00e9orie de la pratique. Elle est une mise en jeu strat\u00e9gique des trois processus \u00e9l\u00e9mentaires de l&rsquo;Instance, dans le Sens de l&rsquo;accomplissement des sujets \u00e0 propos de tous leurs objets de pr\u00e9occupation dans l&rsquo;existence.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie de la pratique vaut pour toutes les pratiques humaines; professionnelles, sociales et priv\u00e9es. La m\u00e9thodologie g\u00e9n\u00e9rale des Coh\u00e9rences les rapporte toutes \u00e0 l&rsquo;accomplissement de 1&rsquo;homme, aussi banales ou exceptionnelles soient-elles. C&rsquo;est la question de la conscience de Sens r\u00e9unissant activations et transpositions dans la pratique qui en est le rep\u00e8re pour l&rsquo;accomplissement. Sans le recours \u00e0 cette conscience, la connaissance essentielle, on ne peut que difficilement savoir si la pratique n&rsquo;a pas d&rsquo;autres Sens. C&rsquo;est tout le probl\u00e8me du discernement, celui aussi de l&rsquo;\u00e9thique.<\/p>\n<p>Examinons maintenant de plus pr\u00e8s les diff\u00e9rentes parties de cette m\u00e9thodologie g\u00e9n\u00e9rale, au nombre de trois:<br \/>\n&#8211; pratiques de transposition,<br \/>\n&#8211; pratiques d&rsquo;activation,<br \/>\n&#8211; pratiques d&rsquo;\u00e9lucidation.<\/p>\n<p>1) Les pratiques de transposition<\/p>\n<p>Elles consistent th\u00e9oriquement \u00e0 changer un existant en faisant varier le vecteur attention seulement. On obtiendra des versions diff\u00e9rentes d&rsquo;un m\u00eame existant initial, par exemple. De telles pratiques correspondent \u00e0 des activit\u00e9s de traduction, de conception, de cr\u00e9ation, de r\u00e9alisation. C&rsquo;est ce que l&rsquo;on fait chaque fois que l&rsquo;on cherche \u00e0 produire quelque chose selon des principes pr\u00e9\u00e9tablis ou dans une direction donn\u00e9e.<\/p>\n<p>Examinons quelques exemples:<br \/>\n&#8211; dresser un sch\u00e9ma \u00ab significatif\u00bb d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9, une id\u00e9e, une pens\u00e9e, un plan, une repr\u00e9sentation,<br \/>\n&#8211; passer d&rsquo;une id\u00e9e \u00e0 un projet puis une r\u00e9alisation,<br \/>\n&#8211; concevoir quelque chose \u00e0 partir d&rsquo;une repr\u00e9sentation arch\u00e9type ou mythique,<br \/>\n&#8211; illustrer un propos ou un fait ou un existant par des situations exemplaires,<br \/>\n&#8211; cr\u00e9er une oeuvre significative d&rsquo;un th\u00e8me, au th\u00e9\u00e2tre, en musique,en litt\u00e9rature par exemple,<br \/>\n&#8211; traduire un existant dans un autre langage.<\/p>\n<p>Toutes ces pratiques de simple production d&rsquo;existants par transposition; mettent en jeu l&rsquo;homme en son Instance sans en changer l&rsquo;activation. Pour l&rsquo;homme, en lui-m\u00eame, en son Instance, elles sont donc en g\u00e9n\u00e9ral vaines par elles-m\u00eames, sauf si elles contribuent \u00e0 des pratiques d&rsquo;activation ou d&rsquo;\u00e9lucidation pour lesquelles elles seront alors souvent indispensables, en mati\u00e8re de communication notamment.<\/p>\n<p>Remarquons que l&rsquo;activisme contemporain tend \u00e0 trouver toutes ses finalit\u00e9s dans la production d&rsquo;existants de plus en plus nombreux. C&rsquo;est alors que le changement (d&rsquo;existence) n&rsquo;est le plus souvent qu&rsquo;une fuite en avant. Passer de modes en modes, est une des caract\u00e9ristiques principales de ce que l&rsquo;on appelle (depuis toujours) l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la modernit\u00e9 ou modernisme. Soulignons qu&rsquo;une tradition conservatrice de mod\u00e8les sans changement est tout aussi vaine si elle n&rsquo;a pas d&rsquo;autre fin que cela.<\/p>\n<p>Examinons maintenant ces pratiques de transposition sur le plan m\u00e9thodologique. Il faudra tout d&rsquo;abord localiser l&rsquo;existant \u00e0 transposer. C&rsquo;est le probl\u00e8me de la \u00ab\u00a0centration\u00a0\u00bb. Rappelons que la transposition proviendra toujours d&rsquo;un existant initial; la centration consiste alors \u00e0 le rep\u00e9rer, \u00e0 le nommer, le d\u00e9signer. L&rsquo;objet de centration peut \u00eatre le sympt\u00f4me d&rsquo;une difficult\u00e9 ou un mod\u00e8le id\u00e9al qui seront donc \u00e0 transposer. La centration est aussi ce qui localise la Coh\u00e9rence de l&rsquo;existant initial, ce dont on aura besoin dans un second temps. En effet, pour obtenir une transposition homologue (m\u00eame Coh\u00e9rence, m\u00eame Sens, m\u00eame vecteur intention), il s&rsquo;agira toujours d&rsquo;actualiser cette m\u00eame Coh\u00e9rence. <\/p>\n<p>Pour cela une phase d&rsquo;activation est n\u00e9cessaire pour le sujet de la pratique. Le traducteur ou le cr\u00e9ateur aura \u00e0 s&rsquo;activer sur la Coh\u00e9rence de l&rsquo;existant initial. Ce sera donc la seconde phase: une phase d&rsquo;activation. Selon quel profil d&rsquo;activation de la Coh\u00e9rence de l&rsquo;existant? Le Sens de la pratique elle-m\u00eame et le choix \u00e9ventuel d&rsquo;un Sens dominant, d&rsquo;une direction, renvoient simultan\u00e9ment au probl\u00e8me de l&rsquo;\u00e9lucidation et au probl\u00e8me des pratiques sp\u00e9cifiques d&rsquo;activation. C&rsquo;est ici l&rsquo;indication d&rsquo;une imbrication possible des trois types de pratiques.<\/p>\n<p>Supposant men\u00e9e \u00e0 bien cette phase d&rsquo;activation, il reste \u00e0 proc\u00e9der aux actualisations n\u00e9cessaires. Il s&rsquo;agit de \u00ab projeter \u00bb, en quelque sorte, la Coh\u00e9rence activ\u00e9e, dans des registres d\u00e9termin\u00e9s. On proc\u00e9dera par r\u00e9expression ou par traduction selon le sch\u00e9ma r\u00e9capitulatif suivant:<br \/>\n<img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-734\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1986\/08\/png_File0265im.png?resize=365%2C168\" alt=\"File0265im.png\" align=\"center\" width=\"365\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1986\/08\/png_File0265im.png?w=365&amp;ssl=1 365w, https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1986\/08\/png_File0265im.png?resize=300%2C138&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 365px) 100vw, 365px\" \/><\/p>\n<p>Une expression consiste \u00e0 inventer, imaginer, exprimer, projeter, \u00e0 partir de l&rsquo;activation dans un espace quelconque (imaginaire par exemple). C&rsquo;est une actualisation directe, sous condition de rep\u00e9rage de cet espace d&rsquo;expression. C&rsquo;est le cas de l&rsquo;\u00e9criture, de l&rsquo;imagination, de la pens\u00e9e, de l&rsquo;art, de l&rsquo;action, etc&#8230; o\u00f9 il s&rsquo;agit de s&rsquo;exprimer dans un registre ad\u00e9quat. On peut fixer les caract\u00e8res du registre o\u00f9 l&rsquo;on a \u00e0 s&rsquo;exprimer: un plan sur du papier, un b\u00e2timent sur un terrain, un discours devant un auditoire, etc&#8230; On peut aussi choisir arbitrairement un domaine d&rsquo;expression pour y produire une version interm\u00e9diaire que l&rsquo;on pourra ensuite retraduire; par exemple, un projet donne un plan, \u00e0 traduire dans une r\u00e9alisation par la suite. Dans la pratique, on trouvera souvent de telles versions interm\u00e9diaires, qui pr\u00e9cisent peu \u00e0 peu l&rsquo;oeuvre \u00e0 r\u00e9aliser. C&rsquo;est d&rsquo;une version \u00e0 l&rsquo;autre que l&rsquo;on aura bien souvent \u00e0 traduire. Pour cela, \u00e0 partir de l&rsquo;activation pr\u00e9c\u00e9dente, on cherchera \u00e0 traduire tel \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;une premi\u00e8re version dans le registre d&rsquo;une seconde qui s&rsquo;\u00e9labore ainsi peu \u00e0 peu. On peut y voir l&rsquo;exemple simplifi\u00e9 de la traduction d&rsquo;une langue dans une autre, dans un mot \u00e0 mot, un phrase \u00e0 phrase ou plut\u00f4t de la reconstitution d&rsquo;un texte, \u00e0 partir de traductions \u00e9l\u00e9mentaires qui en fournissent les mat\u00e9riaux. L&rsquo;activation et la centration conservent la coh\u00e9rence sans trahison du Sens. Cela s&rsquo;applique \u00e0 tousles domaines. Des musiciens traduisent ainsi les couleurs en sons ou des \u00e9v\u00e9nements en musique. Des danseurs traduisent la musique engestes. Des ouvriers traduisent les plans en r\u00e9alisations, des savantstraduisent des exp\u00e9riences en science. Les uns et les autres, appliquons ainsi nos savoirs, exp\u00e9riences ou mod\u00e8les, \u00e0 la r\u00e9solution de nos probl\u00e8mes courants, par transposition.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me phase des pratiques de transposition combine le plus souvent, expressions et traductions en s\u00e9rie pour revenir, en d\u00e9finitive, \u00e0 la transposition d&rsquo;un existant initial en un existant final, lui-m\u00eame traduction du premier comme r\u00e9actualisation de sa Coh\u00e9rence. S&rsquo;organisent alors toutes sortes de techniques pour y proc\u00e9der et notamment les techniques \u00ab\u00a0d&rsquo;analyse figurative\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0cr\u00e9ativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9-rative\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>2) Les pratiques d&rsquo;activation<\/p>\n<p>Elles visent \u00e0 ce que telle Coh\u00e9rence ou tel Sens dominant soit activ\u00e9 chez une personne ou une population. Une actualisation dans l&rsquo;existence s&rsquo;en suivra alors obligatoirement. On pourra formuler les probl\u00e8mes, soit en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;existant ainsi obtenu, soit en r\u00e9f\u00e9rence au Sens activ\u00e9. Cherche-t-on \u00e0 activer tel Sens pour avoir telle existence, ou cherche-t-on \u00e0 obtenir telle existence parce qu&rsquo;elle a tel sens? C&rsquo;est une ambigu\u00eft\u00e9 dont on peut sortir en notant que cela peut revenir au m\u00eame. La diff\u00e9rence provient uniquement de ce que l&rsquo;on se r\u00e9f\u00e8re plut\u00f4t au sujet ou \u00e0 l&rsquo;objet de la pratique du changement. Du point de vue de l&rsquo;objet, le moyen du changement de son existence est une pratique d&rsquo;activation du sujet. Du point de vue du sujet, le moyen du changement d&rsquo;activation est une pratique qui se traduit par un changement pour son objet. Le changement d&rsquo;existence va avec le changement d&rsquo;activation. Entre l&rsquo;Instance et l&rsquo;existence, il n&rsquo;y a pas de temps ou d&rsquo;espace commun et il n&rsquo;est pas pertinent de prendre l&rsquo;un comme cause et l&rsquo;autre comme cons\u00e9quence, comme le voudrait une logique causaliste.<\/p>\n<p>Cela pose un probl\u00e8me pour la pratique, qui existe dans l&rsquo;existence, alors que le lieu de son enjeu est l&rsquo;Instance. Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agira d&rsquo;une pratique d&rsquo;accomplissement, l&rsquo;essentiel ce sera l&rsquo;activation elle-m\u00eame du (des) sujets(s) et l&rsquo;accessoire ce seront ses implications dans l&rsquo;existence et la pratique existante elle-m\u00eame. Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agira de pratiques selon d&rsquo;autres Sens (cf. carte g\u00e9n\u00e9rale) l&rsquo;existence peut \u00eatre prise pour l&rsquo;essentiel, la pratique est alors auto finalis\u00e9e du m\u00eame coup, et l&rsquo;Instance, l&rsquo;Homme donc, devient accessoire. C&rsquo;est le renversement des fins et des moyens, l&rsquo;une des d\u00e9finitions du mal. L&rsquo;essentiel de la pratique peut \u00eatre m\u00eame r\u00e9duit,selon le cas, \u00e0 une simple dimension de l&rsquo;existence (plan factuel pour un certain r\u00e9alisme pragmatique), (repr\u00e9sentatif pour un certain id\u00e9a-lisme), (relatif pour un certain moralisme par exemple).<\/p>\n<p>Les pratiques d&rsquo;activation recouvrent ainsi un immense champ de probl\u00e9matiques, qui, pour ce qui nous concerne ici, ont l&rsquo;activation d&rsquo;un certain Sens comme finalit\u00e9. Les cons\u00e9quences existentielles incontournables restent alors secondaires.<\/p>\n<p>Processus et techniques de l&rsquo;activation.<\/p>\n<p>Examinons de plus pr\u00e8s cette pratique d&rsquo;activation. Il y a encore en premi\u00e8re phase la question de la centration. Dans quelle existence s&rsquo;inscrit la pratique? De quelle Coh\u00e9rence est-elle l&rsquo;actualisation? Centrations de l&rsquo;objet et du sujet sont indissociables dans l&rsquo;existence et donc pour toute pratique. C&rsquo;est en localisant l&rsquo;objet, que le sujet se centre sur sa Coh\u00e9rence. C&rsquo;est celle-ci qu&rsquo;il s&rsquo;agira d&rsquo;activer, selon tel ou tel Sens \u00e0 privil\u00e9gier. Apr\u00e8s cette phase de centration, la pratique de l&rsquo;activation r\u00e9clame: un choix de Sens (\u00e9ventuel), l&rsquo;actualisation de ce Sens dans un existant-message et sa communication aux sujets \u00e0 activer. Ceux-ci actualiseront \u00e0 leur tour un existant homologue au message pr\u00e9c\u00e9dent. Ce processus, que nous pouvons assimiler \u00e0 une communication de Sens, n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la traduction existentielle, en phases successives, du mod\u00e8le constitu\u00e9 par le couple activation \/actualisation.<\/p>\n<p>Dans la th\u00e9orie de l&rsquo;Instance, ces deux termes se rapportent \u00e0 elle. On sait que l&rsquo;activation est participation au ConSensus et que l&rsquo;actualisation l&rsquo;\u00e9puise en faisant existence. Cela revient tout \u00e0 fait \u00e0 dire simultan\u00e9ment que:<br \/>\n&#8211; l&rsquo;existence actualis\u00e9e active le ConSensus,<br \/>\n&#8211; le ConSensus activ\u00e9 s&rsquo;actualise en existence.<br \/>\n<img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-735\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/1986\/08\/png_File0268im.png?resize=349%2C500\" alt=\"File0268im.png\" align=\"center\" width=\"349\" height=\"500\" \/><br \/>\n<img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-736\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1986\/08\/png_File0269im.png?resize=481%2C365\" alt=\"File0269im.png\" align=\"center\" width=\"481\" height=\"365\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1986\/08\/png_File0269im.png?w=481&amp;ssl=1 481w, https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1986\/08\/png_File0269im.png?resize=300%2C228&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 481px) 100vw, 481px\" \/><\/p>\n<p>Si on y rajoute d&rsquo;autres partenaires, on retrouve le sch\u00e9ma ant\u00e9rieur avec, en A et B, soit des personnes, soit des ConSensus(personnes en ConSensus). Cela nous permet donc de g\u00e9n\u00e9raliser les deux sch\u00e9mas. Le dernier repr\u00e9sente la pratique d&rsquo;activation, dans ses finalit\u00e9s et moyens, soit essentiels (ConSensus activ\u00e9), soit existentiels (existence commune ou communication \u00e9tablie).<\/p>\n<p>On voit bien que l&rsquo;activation de tel ou tel Sens passe par l&rsquo;actualisation d&rsquo;un existant de m\u00eame Sens.Ce sch\u00e9ma montre que l&rsquo;auto changement n&rsquo;est gu\u00e8re possible en g\u00e9n\u00e9ral. En effet, toute pratique est actualisation d&rsquo;un sujet selon ses Sens activ\u00e9s et ne peut donc en retour que les renforcer. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il faudra faire appel aux autres, comme ressource d&rsquo;activation. Ecouter une musique change l&rsquo;humeur et surtout le Sens; rencontrer un ami, communiquer avec un partenaire, consulter un professionnel, affronter un ennemi, autant de relations qui sont des pratiques d&rsquo;activation.<\/p>\n<p>De quels Sens? Cela d\u00e9pend des choix, du discernement, de la libert\u00e9 ou de la responsabilit\u00e9. Selon les Sens, ce seront telles ou telles pratiques ou strat\u00e9gies qui seront d\u00e9ploy\u00e9es, tels ou tels partenaires rencontr\u00e9s, telles ou telles existences-communications r\u00e9alis\u00e9es. La pratique d&rsquo;activation examin\u00e9e ici est valable quel que soit le Sens. Ses modalit\u00e9s existentielles d\u00e9pendent bien \u00e9videmment du choix de ce Sens qu&rsquo;elle actualise et qu&rsquo;elle active.<\/p>\n<p>Revenons maintenant au sch\u00e9ma plus complet d&rsquo;une communication entre deux sujets (ou plus) A et B (personnes ou ConSensus). On peut dire qu&rsquo;une pratique d&rsquo;activation consiste pour A \u00e0 activer B selon tel ou tel Sens dominant (la centration \u00e9tant suppos\u00e9e r\u00e9alis\u00e9e)<br \/>\n<img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-737\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/1986\/08\/png_File0270im.png?resize=428%2C260\" alt=\"File0270im.png\" align=\"center\" width=\"428\" height=\"260\" \/><br \/>\nPlusieurs consid\u00e9rations sont sugg\u00e9r\u00e9es par ce sch\u00e9ma:<br \/>\na) c&rsquo;est un sch\u00e9ma boucl\u00e9 qui \u00e9voque r\u00e9gulation et ajustement successifs et il peut \u00eatre lu de deux fa\u00e7ons:<br \/>\n&#8211; dans l&rsquo;ordre de l&rsquo;existence, tout se passe comme si un existant S, provoquait un existant R, comme une cause son effet, un stimuli sa r\u00e9ponse, un probl\u00e8me sa r\u00e9solution. La pratique y est r\u00e9duite au passage d&rsquo;un existant \u00e0 l&rsquo;autre, \u00e9ventuellement par approximations successives.<br \/>\n&#8211; dans l&rsquo;ordre de l&rsquo;Instance, transcendant au pr\u00e9c\u00e9dent (Sens, Coh\u00e9rence, ConSensus), tout se passe comme si un ConSensus s&rsquo;\u00e9tablissait entre A et B, activant en B le Sens dominant pour A. Cette activation de B \u00e0 partir de A peut tr\u00e8s bien s&rsquo;actualiser avec C, D etc&#8230;m\u00eame sans A. A est ainsi l&rsquo;auteur et l&rsquo;initiateur de l&rsquo;activation (le praticien) que B r\u00e9active en relais vers d&rsquo;autres \u00e9ventuellement. Cela peut aller vers l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un vaste ConSensus, de relais en relais.<\/p>\n<p>b) C&rsquo;est \u00e0 la fois un sch\u00e9ma de communication et d&rsquo;action. Les pratiques d&rsquo;activation sont autant des actions que des communications. Selon le type d&rsquo;existant (aspects ou registres), on aura diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de pratiques qui sont les m\u00eames en principe. En S on peut aussi bien avoir des r\u00e9alit\u00e9s mat\u00e9rielles, gestuelles que des langages.<\/p>\n<p>c) Les pratiques dont le Sens ne permet pas conscience de Sens ignorent les rapports entre S et R. Il ne peut alors y avoir de bonne th\u00e9orie de la pratique. On peut imaginer alors, entre S et R, toutes sortes de rapports du type, effet de contact, similitude formelle, ou op\u00e9ration magique, par exemple. On retrouve l\u00e0 des th\u00e9ories modernes de communication qui envisagent un transport d&rsquo;informations par des canaux, des v\u00e9hicules, des supports, avec toutes sortes d&rsquo;accidents de la circulation.<\/p>\n<p>d) A chaque stade de la boucle on peut imaginer des probl\u00e8mes pratiques et des difficult\u00e9s ou disfonctionnements. Cela nous am\u00e8ne \u00e0 dire que les pratiques d&rsquo;activation, selon ce sch\u00e9ma, ne peuvent \u00eatre parfaites.<\/p>\n<p>e) L&rsquo;activation est obligatoirement m\u00e9diatis\u00e9e par une existence actualis\u00e9e et activante (S).<\/p>\n<p>f) Ce qui est activant alors, c&rsquo;est tout l&rsquo;existant S dans tous ses aspects, relatifs, repr\u00e9sentatifs, factuels. Par exemple, dans une communication verbale, ce qui communique (active) est aussi bien la relation, que l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 et l&rsquo;\u00e9nonciation, tous indissociables. Le message c&rsquo;est l&rsquo;existant dans son ensemble, texte et contexte, lettre et messager, temps et lieux, gestes et signes, objets et sujets,etc&#8230;<\/p>\n<p>g) La pratique d&rsquo;activation se mesure \u00e0 la justesse et l&rsquo;intensit\u00e9 de l&rsquo;activation. La justesse peut \u00eatre comprise comme ceci: en supposant une centration convenable sur une Coh\u00e9rence, son actualisation peut correspondre \u00e0 un profil d&rsquo;activation plus ou moins dispers\u00e9. L&rsquo;activation sera juste si elle atteint un profil d&rsquo;activation (en B) qui soit tr\u00e8s marqu\u00e9 sur l&rsquo;un des Sens de la Coh\u00e9rence, Sens dominant \u00e0 activer.<br \/>\n<img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-738\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/1986\/08\/png_File0271im.png?resize=460%2C310\" alt=\"File0271im.png\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"310\" \/><br \/>\nL&rsquo;intensit\u00e9 de l&rsquo;activation est fonction, soit de celle en A, soit de la multiplication des activations de m\u00eame Sens, soit aussi de la pr\u00e9-activation en B. Ainsi une activation juste et suffisante sera obtenue par une surd\u00e9termination de ce Sens dans la pratique, c&rsquo;est-\u00e0-dire en S.<\/p>\n<p>h) Tout se passe comme si l&rsquo;actualisation de S \u00e9tait la cause de l&rsquo;activation de B. Or S est un existant, c&rsquo;est l&rsquo;existence de ce qui active B. Ainsi ce n&rsquo;est pas un aspect seul de S, du message qui est activateur, ce sont simultan\u00e9ment tous ses aspects, ses dimensions et toutes ses parties. C&rsquo;est chaque partie ou aspect de l&rsquo;existant S qui contribue \u00e0 l&rsquo;activation en B. La surd\u00e9termination proviendra de la r\u00e9p\u00e9tition d&rsquo;activalions aussi justes que possible, par toutes les parties de l&rsquo;existant S. Autrement dit \u00ab l&rsquo;efficacit\u00e9 \u00bb de l&rsquo;activation, c&rsquo;est-\u00e0-dire sa justesse et son intensit\u00e9 seront obtenues, si on veille \u00e0 ce que chaque partie de S soit juste ou encore qu&rsquo;elles aient toutes le m\u00eame vecteur intention. Cela revient \u00e0 dire qu&rsquo;elles sont toutes des transpositions les unes des autres. Ainsi l&rsquo;activation sera efficacement obtenue, si l&rsquo;on produit (actualise) un existant S dont toutes les parties sont des transpositions isomorphes d&rsquo;un m\u00eame existant (mod\u00e8le arch\u00e9type, par exemple).<\/p>\n<p>i) L&rsquo;actualisation R sera juste si S l&rsquo;est, R sera alors une transposition de S. Nous avons pos\u00e9 l\u00e0 les grands principes de la pratique d&rsquo;activation. On peut r\u00e9capituler le processus:<br \/>\n&#8211; centration: objet-coh\u00e9rence, sujet,<br \/>\n&#8211; choix de Sens dans la Coh\u00e9rence \u00e9ventuelle,<br \/>\n&#8211; activation (A)<br \/>\n&#8211; actualisation (S)<br \/>\n&#8211; activation (B) finalit\u00e9<br \/>\n&#8211; actualisation (R) r\u00e9sultat,<br \/>\n&#8211; activation (A) ajustement, r\u00e9gulation,<br \/>\n&#8211; etc&#8230;, surd\u00e9termination.<\/p>\n<p>On a donc un processus interactif qui peut \u00eatre conduit:<br \/>\n&#8211; soit par un ajustement progressif, comme dans une conversationou une action improvis\u00e9e,<br \/>\n&#8211; soit par l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;un existant S, actualis\u00e9 et construit de telle mani\u00e8re que l&rsquo;activation en B soit rapidement juste et suffisante. On parlera alors de \u00ab strat\u00e9gie \u00bb d&rsquo;activation. Cela revient \u00e0 b\u00e2tir une situation dans le ou les registres ad\u00e9quats, dont tous les aspects et parties sont homologues et transpositions les uns des autres, y compris l&rsquo;aspect global de la situation.<\/p>\n<p>Pour une simple communication, par exemple, cela reviendrait \u00e0 instaurer une relation et un discours avec son \u00e9nonc\u00e9, mais aussi son \u00e9nonciation, qui soient tous obtenus par transposition. On choisira donc pour le m\u00eame vecteur intention:<br \/>\n&#8211; un langage appropri\u00e9,<br \/>\n&#8211; des termes ad\u00e9quats,<br \/>\n&#8211; des circonstances favorables,<br \/>\n&#8211; une situation et des gestes convenables,<br \/>\n&#8211; etc&#8230;<\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, une strat\u00e9gie d&rsquo;activation sera plut\u00f4t la combinaison des deux cas avec une part pr\u00e9\u00e9labor\u00e9e et une part improvis\u00e9e. Il s&rsquo;agit de mettre en mouvement ce cycle que le sch\u00e9ma repr\u00e9sente, \u00e0 partir d&rsquo;une \u00e9laboration strat\u00e9gique de l&rsquo;existant S. <\/p>\n<p>On peut maintenant noter le processus g\u00e9n\u00e9ral de la pratique d&rsquo;activation:<br \/>\n&#8211; centration,<br \/>\n&#8211; choix de sens,<br \/>\n&#8211; activation,<br \/>\n&#8211; \u00e9laboration d&rsquo;une strat\u00e9gie par transposition,<br \/>\n&#8211; activation (mise en oeuvre)<br \/>\n&#8211; conduite, r\u00e9gulation et ajustement semi improvis\u00e9s,<\/p>\n<p>3) Les pratiques d&rsquo;\u00e9lucidation<\/p>\n<p>Leur finalit\u00e9 est d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 une conscience de Sens permettant un discernement, offrant la libert\u00e9 d&rsquo;un choix de Sens. C&rsquo;est tout le domaine de la connaissance qui est ici en question. On sait que cette \u00e9lucidation advient lorsque l&rsquo;Instance d&rsquo;un sujet s&rsquo;y est dispos\u00e9e par une confrontation avec une s\u00e9rie de r\u00e9alit\u00e9s homologues. Le processus de cette pratique peut se r\u00e9sumer ainsi:<br \/>\n&#8211; centration (objet\/sujet),<br \/>\n&#8211; activation,<br \/>\n&#8211; production de r\u00e9alit\u00e9s homologues (par transposition notamment),<br \/>\n&#8211; \u00e9lucidation par consid\u00e9ration simultan\u00e9e.<\/p>\n<p>On s&rsquo;aper\u00e7oit que ce processus qui peut \u00eatre men\u00e9 pour lui-m\u00eame, s&rsquo;imbrique aussi avec celui des deux autres pratiques. Ces derni\u00e8res peuvent d&rsquo;ailleurs trouver l\u00e0 leur v\u00e9ritable finalit\u00e9. Si on envisageait que l&rsquo;\u00e9lucidation n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un moyen pour les autres pratiques, cela supposerait encore que celles-ci soient d&rsquo;un Sens d&rsquo;accomplissement. Autrement dit, la pratique d&rsquo;\u00e9lucidation, si elle est articul\u00e9e aux autres, rend l&rsquo;ensemble orient\u00e9 dans le Sens de l&rsquo;accomplissement, avec plus ou moins de justesse et d&rsquo;intensit\u00e9.<\/p>\n<p>4) Principes de la m\u00e9thodologie g\u00e9n\u00e9raledes coh\u00e9rences<\/p>\n<p>Elle int\u00e8gre les trois pratiques selon le sch\u00e9ma ci-apr\u00e8s:<br \/>\n&#8211; la s\u00e9quence ABC correspond aux pratiques de transposition simples,<br \/>\n&#8211; la s\u00e9quence A B C D aux pratiques d&rsquo;activation,<br \/>\n&#8211; la s\u00e9quence A B C E aux pratiques d&rsquo;\u00e9lucidation.<\/p>\n<p>Cependant la m\u00e9thodologie g\u00e9n\u00e9rale permet d&rsquo;envisager toutes sortes de parcours sur ce sch\u00e9ma. Par exemple, on peut envisager la s\u00e9quence:ABCEBCDBC Cela revient alors \u00e0 obtenir une r\u00e9alisation dans l&rsquo;existence \u00e0 partir d&rsquo;une strat\u00e9gie d&rsquo;activation D elle-m\u00eame construite \u00e0 partir d&rsquo;une \u00e9lucidation E. On notera dans cette s\u00e9quence, le passage en C \u00e0 trois reprises, c&rsquo;est-\u00e0-dire par des actualisations d&rsquo;existants homologues. La m\u00e9thodologie g\u00e9n\u00e9rale, que ce sch\u00e9ma repr\u00e9sente, nous montre que les pratiques visant un changement en l&rsquo;Etre, en l&rsquo;Instance de l&rsquo;homme, c&rsquo;est-\u00e0-dire qui concerne son devenir, peuvent passer:<br \/>\n&#8211; soit par la connaissance et l&rsquo;\u00e9lucidation (E): la voie de la responsabilit\u00e9et de la libert\u00e9,<br \/>\n&#8211; soit par une strat\u00e9gie d&rsquo;activation (D) pour laquelle se pose alors le probl\u00e8me de l&rsquo;autorit\u00e9 ou de la responsabilit\u00e9 qui y pr\u00e9sidera,<br \/>\n&#8211; soit par les deux par bouclages dans le sch\u00e9ma, l&rsquo;une \u00e9tant au service de l&rsquo;autre.<br \/>\n<img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-739\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/1986\/08\/png_File0275.png?resize=350%2C500\" alt=\"File0275.png\" align=\"center\" width=\"350\" height=\"500\" \/><\/p>\n<p>Le Travail, La Responsabilit\u00e9 et Les Oeuvres de l&rsquo;Homme<\/p>\n<p>La th\u00e9orie de la pratique ach\u00e8ve le dessin des propositions et des perspectives fondamentales de la th\u00e9orie de l&rsquo;Instance et des Coh\u00e9rences. Elle en est l&rsquo;aboutissement. En effet, a quoi cela sert-il de th\u00e9oriser si cela n&rsquo;ouvre pas \u00e0 quelque b\u00e9n\u00e9fice dans la conduite de l&rsquo;existence, dans les activit\u00e9s et les pratiques humaines et, au bout du compte, pour l&rsquo;homme lui-m\u00eame qui s&rsquo;y exerce. Or il n&rsquo;en va pas toujours ainsi d&rsquo;\u00e9vidence. Pour un grand nombre, la th\u00e9orie est en effet quelque chose qui s&rsquo;oppose \u00e0 la pratique, \u00e0 la vie quotidienne. Pour eux, la th\u00e9orie est l&rsquo;affaire de sp\u00e9cialistes qui n&rsquo;ont pas les pieds sur terre, alors que l&rsquo;existence pose des probl\u00e8mes et r\u00e9clame des solutions qu&rsquo;il faut bien assumer sans cela. La vie quotidienne avec son cort\u00e8ge de pr\u00e9occupations, d&rsquo;activit\u00e9s, de responsabilit\u00e9s, \u00e9chappe ainsi au champ de la th\u00e9orie et la th\u00e9orie \u00e9chappe compl\u00e8tement, semble-t-il alors, \u00e0 l&rsquo;homme commun. S&rsquo;il lui arrive de se poser des questions, les th\u00e9ories scientifiques ou philosophiques l&rsquo;en d\u00e9tournent. Elles ne lui parlent pas, elles ne r\u00e9pondent pas au coeur du sujet. C&rsquo;est donc sans rep\u00e8res personnels, ou dans un foisonne-ment de rep\u00e8res impersonnels, qu&rsquo;un grand nombre envisage et conduit son existence.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;en est-il alors du travail humain, qu&rsquo;en est-il alors de la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;homme, qu&rsquo;en est-il alors de l&rsquo;oeuvre humaine. A quoi cela sert-il? Or, selon le Sens de la th\u00e9orie et de la pratique, travail, responsabilit\u00e9 et oeuvres de l&rsquo;homme peuvent, \u00e0 l&rsquo;inverse, se trouver \u00e9clair\u00e9s. Il y a des th\u00e9ories et des pratiques ali\u00e9nantes, \u00e9garantes. Ily a des th\u00e9ories et des pratiques r\u00e9v\u00e9latrices, r\u00e9alisatrices de l&rsquo;homme et de son accomplissement. Cela ne d\u00e9pend pas de leur objet ou du domaine de leur exercice mais du Sens m\u00eame de ce que sont un travail th\u00e9orique ou un travail pratique. Pour situer la port\u00e9e des bases nouvelles propos\u00e9es dans cet ouvrage, ce probl\u00e8me devait \u00eatre pos\u00e9. Il faut pour cela proc\u00e9der \u00e0 une analyse diff\u00e9rentielle de la question et en envisager les diff\u00e9rentes positions, pour qu&rsquo;apparaissent plus clairement les perspectives ouvertes ici.<\/p>\n<p>Pour cela, l&rsquo;utilisation de la carte g\u00e9n\u00e9rale de Coh\u00e9rence \u00e9pist\u00e9mologique sera d&rsquo;un grand secours:<br \/>\n<img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-740\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/1986\/08\/png_File0277im.png?resize=355%2C500\" alt=\"File0277im.png\" align=\"center\" width=\"355\" height=\"500\" \/><br \/>\nDans toute la partie gauche de la carte, dans les Sens du\u00ab personnalisme \u00bb, la th\u00e9orie est une expression de la person-ne, une expression de l&rsquo;Etre. La th\u00e9orisation est une conceptualisation de ce qui se passe dans la personne \u00e0 partir de son rapport au monde. La th\u00e9orie n&rsquo;est pas produite par abstraction, comme si elle \u00e9tait extraite des choses, mais elle est produite par une cr\u00e9ation, une conception, qui manifeste dans le langage ce qu&rsquo;il y a au coeur du sujet. La th\u00e9orie est l\u00e0,r\u00e9ponse \u00e0 un questionnement personnel \u00e0 propos d&rsquo;une chose ou d&rsquo;un domaine. En retour, la th\u00e9orie ainsi produite, ne vise pas \u00e0 d\u00e9crire avec exactitude la v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;un monde d&rsquo;objets hors du sujet. Elle vise \u00e0 interpeller la personne elle-m\u00eame, \u00e0 lui proposer un regard sur les choses et non la v\u00e9rit\u00e9 objective des choses. Cela n&#8217;emp\u00eache nullement que ce regard objective les choses et qu&rsquo;un descriptif en soit possible. Cependant, ce que la th\u00e9orie propose ce n&rsquo;est pas la description pour la description mais pour proposer un point de vue personnel sur les choses. Il n&rsquo;y a pas de compr\u00e9hension personnelle si elle n&rsquo;est pas ancr\u00e9e dans le sujet. La th\u00e9orie, donc, vise, une fois \u00e9labor\u00e9e, \u00e0 proposer \u00e0 la personne de se placer dans une certaine disposition int\u00e9rieure propre. De l\u00e0, \u00e0 partir de cette disposition, de ce regard et cette position vis-\u00e0-vis des choses, des autres et de soi l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;homme, qui est sa pratique, sera l&rsquo;expression de cette disposition personnelle.<\/p>\n<p>La pratique est, elle aussi, une manifestation de la personne \u00e0 partir d&rsquo;une prise de position. Elle t\u00e9moigne de la personne, elle s&rsquo;y exprime, elle s&rsquo;y actualise, s&rsquo;y r\u00e9alise. Cette pratique peut \u00eatre aussi une pratique de th\u00e9orisation. Le rapport entre th\u00e9orie et pratique se noue donc au coeur du sujet, dans la personne humaine. Chacune des deux exprime la personne, manifeste sa prise de position vis-\u00e0-vis du monde. Cependant, la th\u00e9orie, par le fait qu&rsquo;elle est plus sp\u00e9cifiquement une pratique du langage, a comme int\u00e9r\u00eat d&rsquo;aider plus directement \u00e0 trouver ou retrouver le point de vue, la disposition, la prise de position personnelle \u00e0 partir de laquelle les pratiques vont pouvoir s&rsquo;exercer. Les concepts th\u00e9oriques sont des rep\u00e8res. Rep\u00e8res d&rsquo;une position d&rsquo;auteur, celle du th\u00e9oricien, celle du praticien qui se sert d&rsquo;abord de la th\u00e9orie pour acc\u00e9der \u00e0 cette position d&rsquo;auteur de sa pratique. La th\u00e9orie est ainsi ce qui exprime ou ce qui aide \u00e0 fonder une position d&rsquo;autorit\u00e9. Le travail humain, dans cette perspective, est: soit un travail th\u00e9orique, cherchant \u00e0 fonder de nouvelles positions \u00ab d&rsquo;autorit\u00e9 \u00bb pour l&rsquo;homme, soit un travail pratique, celui o\u00f9 les personnes se r\u00e9alisent dans le monde, o\u00f9 elles expriment leur richesse propre, o\u00f9, dans ce Sens, elles produisent leur richesse personnelle. Le travail, expression personnelle, est cr\u00e9atif, il est oeuvre de cr\u00e9ativit\u00e9 parce que t\u00e9moignage personnel. Le travail et son produit sont homologues de celui qui les produit. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit ici d&rsquo;un travail responsable. Il est responsable parce que l&rsquo;Homme y r\u00e9pond en personne. Il n&rsquo;y a de v\u00e9ritable responsabilit\u00e9 que personnelle, l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a r\u00e9pond des actes accomplis: au coeur du sujet.<\/p>\n<p>L&rsquo;oeuvre de l&rsquo;homme, dans cette perspective, est le t\u00e9moignage de sa richesse. Il vise donc \u00e0 manifester sa pr\u00e9sence, son existence. L&rsquo;oeuvre de l&rsquo;homme, c&rsquo;est l&rsquo;homme pr\u00e9sentifi\u00e9, actualis\u00e9. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il contribue \u00e0 la cr\u00e9ation du monde et cet acte est un acte de foi. Foi en soi assumant son oeuvre propre, foi en l&rsquo;autre qui s&rsquo;y r\u00e9alise, foi en Dieu, auteur de l&rsquo;homme lui-m\u00eame et de cette cr\u00e9ation toujours actuelle \u00e0 laquelle l&rsquo;homme participe. Ce sens du personnalisme peut prendre deux types de variantes. Du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;animalisme tout cela sombre dans la confusion. Confusion de la personne et de son existence. Confusion du travail et de l&rsquo;oeuvre, confusion de l&rsquo;avoir et de l&rsquo;\u00eatre. La th\u00e9orie devient dogmatisme qui s&rsquo;impose. La pratique devient acte de violence qui impose. Le travail est exercice d&rsquo;une emprise sur les choses et les gens pour les poss\u00e9der, s&rsquo;enrichir, pour \u00eatre quelqu&rsquo;un. La responsabilit\u00e9 est confondue avec le pouvoir et celui-ci se mesure \u00e0 l&rsquo;avoir. Poss\u00e9der est le seul crit\u00e8re de responsabilit\u00e9, l&rsquo;oeuvre de l&rsquo;homme consiste l\u00e0 \u00e0 s&rsquo;approprier le monde, \u00e0 y \u00e9tablir son empire. C&rsquo;est en quelque sorte chercher \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 la toute puissance divine par la possession du monde et des autres, sous le r\u00e9gime de la loi de la jungle. Univers d&rsquo;animaux en mal de territoires. Du c\u00f4t\u00e9 du culturalisme, th\u00e9orie, pratique, travail, res-ponsabilit\u00e9 et oeuvres humaines, s&rsquo;inscrivent dans un devenir, dans la culture des valeurs de l&rsquo;humanisme. C&rsquo;est l\u00e0 seulement qu&rsquo;ils contribuent \u00e0 l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>On terminera cette analyse par le d\u00e9veloppement de cette perspective. Auparavant, examinons ce que le Sens oppos\u00e9 au personnalisme nous propose, celui de l&rsquo;organiscisme. La th\u00e9orisation y est une abstraction, abstraire c&rsquo;est ici extraire de la r\u00e9alit\u00e9 ce qui est sens\u00e9 la former, sa forme premi\u00e8re, sa structure, son mod\u00e8le. La th\u00e9orie vise donc \u00e0 d\u00e9gager les structures des choses en supposant que ces structures sont la cause explicative des choses elles-m\u00eames. La th\u00e9orie pr\u00e9tend alors d\u00e9finir avec l&rsquo;exactitude la plus grande possible, ce que sont les formes premi\u00e8res, les structures, les mod\u00e8les normatifs des choses. Elle consiste donc en un travail de mod\u00e9lisation. Appliqu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;homme elle consistera \u00e0 en d\u00e9crire l&rsquo;organisation, les structures psycho-physiques, celles du comportement. Les sciences biologiques classiques s&rsquo;y emploient notamment et la plupart des sciences dites humaines. La pratique ne peut \u00eatre que la reconstitution de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 partir des mod\u00e8les que la th\u00e9orie d\u00e9crit. Il s&rsquo;agit d&rsquo;applications ou de mises en forme, de d\u00e9veloppement conforme, de conformation. Le point commun entre th\u00e9orie et pratique, c&rsquo;est le mod\u00e8le, la structure de base, la forme \u00e0 appliquer. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;homme. De ce fait, comme c&rsquo;est l&rsquo;homme qui de toute fa\u00e7on se trouve \u00e0 devoir agir, la th\u00e9orie ne dit rien de sa pratique personnelle. Il est lui-m\u00eame agent de sa pratique, celui qui applique et non pas son sujet.<\/p>\n<p>D&rsquo;ailleurs, par le biais de formations appropri\u00e9es, lui seront d\u00e9crits des modes d&#8217;emploi, qu&rsquo;il devra appliquer. Il ne s&rsquo;agit plus de s&rsquo;exprimer mais d&rsquo;appliquer. Il y a dans cette perspective un vide sur la question suivante: comment l&rsquo;application des mod\u00e8les, structures, recettes, etc&#8230; op\u00e8re-t-elle. L&rsquo;homme n&rsquo;en est ni le lieu, ni l&rsquo;auteur. C&rsquo;est dans cette perspective l\u00e0 que les th\u00e9ories n&rsquo;enseignent rien \u00e0 l&rsquo;homme sur son activit\u00e9 personnelle. Par contre, elles ne cessent de d\u00e9crire les mod\u00e8les auxquels il devrait se conformer pour \u00eatre normal. Le travail, dans ce Sens, n&rsquo;est pas le travail du sujet. C&rsquo;est le travail d&rsquo;un organe dans une organisation, un fonctionnement qui ne se d\u00e9finit que par la structure pour laquelle il s&rsquo;exerce et selon les r\u00e8gles qu&rsquo;elle lui impose. Il ne peut y avoir d&rsquo;initiative personnelle, sinon de s&rsquo;abstraire de soi pour se conformer \u00e0 un ordre des choses et le reproduire. Il y a l\u00e0, d&rsquo;ailleurs, possibilit\u00e9 d&rsquo;une illusion d&rsquo;autonomie. La responsabilit\u00e9 se d\u00e9finit comme l&rsquo;application de soi-m\u00eame aux r\u00e8gles de la structure, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 une identification. Les \u00ab cadres \u00bb portent un nom de structure (cadre) et ils sont la structure. C&rsquo;est le mod\u00e8le type de la responsabilit\u00e9. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autorit\u00e9 personnelle puisque seule la structure est sens\u00e9e \u00eatre auteur. L&rsquo;\u00ab autorit\u00e9 \u00bb suppos\u00e9e, n&rsquo;est que l&rsquo;exercice d&rsquo;application d&rsquo;une r\u00e8gle structurelle. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on trouver aussi sous le r\u00e9gime de la d\u00e9mocratie formelle. L&rsquo;ordre d\u00e9mocratique y est la seule source d&rsquo;autorit\u00e9. L&rsquo;oeuvre humaine, dans cette perspective, ne peut avoir pour autre fin que de poursuivre le fonctionnement des structures, organiser le monde selon les r\u00e8gles et mod\u00e8les qui le constituent. L&rsquo;homme y est un acteur sur la sc\u00e8ne d&rsquo;un monde o\u00f9 il ne peut que remplir le r\u00f4le qui lui est attribu\u00e9. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;oeuvre humaine, il n&rsquo;y a que d\u00e9veloppement et \u00e9volution du monde dont l&rsquo;homme est un rouage parmi d&rsquo;autres. Il est vrai que cette disposition est s\u00e9duisante, c&rsquo;est celle de l&rsquo;abandon de tout risque personnel, en cherchant \u00e0 se reposer sur une identit\u00e9 vide de personnalit\u00e9, vide donc de responsablit\u00e9 propre. C&rsquo;est la position de l&rsquo;enfant ou de l&rsquo;adolescent qui se laisse porter et s&rsquo;identifie aux mod\u00e8les qui lui sont propos\u00e9s et auquel il s&rsquo;applique.  En restant l\u00e0, on en vient \u00e0 \u00ab \u00eatre par procuration \u00bb, dans le giron de structures ou sous le couvert de mod\u00e8les avec lesquels l&rsquo;identification normative est gratifiante, au prix de son originalit\u00e9, de son autorit\u00e9, de sa cr\u00e9ativit\u00e9 et de sa personne. La pratique est ici acte de croyance, le rapport avec la th\u00e9orie est acte de cr\u00e9dulit\u00e9. Croire \u00e0 quelque chose, et ici au ne cause formelle (structure, norme ou mod\u00e8le), est la caract\u00e9ristique indispensable de cette disposition. Bizarrement, la certitude de la croyance dans le mod\u00e8le, la th\u00e9orie, la science, excluent le doute, attitude d&rsquo;interrogation caract\u00e9ristique de la foi personnelle, au profit de la critique de toute attitude, d\u00e9clar\u00e9e croyance, qui se r\u00e9f\u00e8re (dans ce point de vue) \u00e0 un mod\u00e8le autre, donc suppos\u00e9 inexact. On peut constater effectivement combien se critiquent mutuellement les organismes, organisations, sciences, th\u00e9ories, sp\u00e9cialit\u00e9s qui se fondent ici sur des mod\u00e8les diff\u00e9rents; et combien la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une synth\u00e8se est r\u00e9clam\u00e9e alors que se cultivent, cat\u00e9gories, classes, sp\u00e9cialit\u00e9s ou syncr\u00e9tismes \u00abinterdisciplinaires\u00bb vains. Cette disposition a aussi deux variantes. <\/p>\n<p>La premi\u00e8re, avec le naturalisme, tend \u00e0 mat\u00e9rialiser la structure et \u00e0 en faire le r\u00e9el lui-m\u00eame. Il portera le nom alors de syst\u00e8me ou de Nature. Tout y est constitu\u00e9 intrins\u00e8quementet tout y est conduit par les \u00ab lois de la nature \u00bb, le jeu du syst\u00e8me et les m\u00e9canismes mat\u00e9riels naturels. Il y a l\u00e0 un jeu subtil d&rsquo;\u00e9quilibre entre la th\u00e9orie et la pratique. La th\u00e9orie d\u00e9crit et la pratique, adapte selon la description. Seulement, les r\u00e8gles et descriptions anonc\u00e9es par la th\u00e9orie, sont confondues avec le r\u00e9el. L&rsquo;action humaine volontaire y est paradoxale. En effet, si l&rsquo;homme n&rsquo;est qu&rsquo;un objet de nature, un agent physique de m\u00e9canismes naturels, comment pourrait-il s&rsquo;\u00e9carter des lois naturelles ou avoir \u00e0 y revenir? La pratique humaine volontaire y est donc contre nature; soit si elle pr\u00e9tend s&rsquo;\u00e9carter de la nature (les suppos\u00e9es lois \u00ab naturelles \u00bb de l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9 par exemple), soit si elle s&rsquo;aventure \u00e0 s&rsquo;y conformer, en contradiction avec sa propre nature, alors. Dans cette pers-pective aussi, la th\u00e9orie objectivante pr\u00e9tend \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 objective du syst\u00e8me, et la pratique est un travail d&rsquo;ali\u00e9nation du sujet pour se faire objet de nature, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour se conformer aux forces et m\u00e9canismes de la nature, selon ce que la th\u00e9orie en d\u00e9crit comme la v\u00e9rit\u00e9. On a l\u00e0 le r\u00e8gne de l&rsquo;id\u00e9ologie du mat\u00e9rialisme scientifique, m\u00e9caniste, celui du syst\u00e9misme syst\u00e9matique de la perspective d&rsquo;un monde naturellement cybern\u00e9tique, dessein d&rsquo;un monde froidement totalitaire. Le responsable y est le coupable. L&rsquo;oeuvre humaine ne peut-\u00eatre que celle-ci, sous condition accessoire d&rsquo;une pratique de survie: le d\u00e9veloppement d&rsquo;un savoir th\u00e9orique descriptif de tout l&rsquo;univers pour en devenir ma\u00eetre, c&rsquo;est-\u00e0-dire capable d&rsquo;une conformit\u00e9 mat\u00e9rielle absolue. Cette \u0153uvre, c&rsquo;est le suicide de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;autre v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;optique organisciste est celle du rationalisme techniciste et constructiviste. Elle apporte \u00e0 l&rsquo;organiscisme une notion de valeur humaine et elle y introduit l&rsquo;exigence de la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;homme et \u00e0 ses valeurs. Cependant, ces valeurs ne sont pas celles d&rsquo;un Etre, d&rsquo;une personne. Ce sont des id\u00e9aux, des raisons d&rsquo;\u00eatre. La th\u00e9orie, ici, consiste \u00e0 d\u00e9gager ces raisons d&rsquo;\u00eatre, formes et mod\u00e8les id\u00e9aux, perfections \u00e0 atteindre. C&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;enjeu de toute pratique: construire le monde pour atteindre un mod\u00e8le id\u00e9al d&rsquo;humanit\u00e9. La pratique est une rationalisation. Elle consiste \u00e0 rationaliser, c&rsquo;est-\u00e0-dire rapporter les choses les unes aux autres en s&rsquo;approchant de la perfection du mod\u00e8le: celui de la raison. La raison de construire est la raison op\u00e9rante. La raison est sens\u00e9e \u00eatre op\u00e9rante dans la mesure o\u00f9 elle consiste en l&rsquo;application des raisons et de la raison. La pratique est donc l&rsquo;application d&rsquo;une technique avec le plus d&rsquo;exactitude possible. L\u00e0 aussi l&rsquo;homme est, comme le monde, objet de raison et son travail ne peut \u00eatre qu&rsquo;exercice de cette raison. Le point commun entre th\u00e9orie et pratique est la Raison et la Raison n&rsquo;est pas l&rsquo;homme. Ainsi le rationalisme \u00e9choue \u00e0 proposer une th\u00e9orie de la pratique. Il ne peut qu&rsquo;en formuler les objectifs id\u00e9aux, indiquer des rapports op\u00e9ratoires, ce que sont les techniques, et enjoindre de les appliquer avec exigence. L&rsquo;exigence est d&rsquo;ailleurs ici une exigence morale, ou plut\u00f4t moraliste, dans la mesure o\u00f9 ses r\u00e8gles, ses normes, ses valeurs, bien qu&rsquo;humaines, ne sont pas le propre de la personne mais celui de la Raison. Le travail, comme la responsabilit\u00e9, restent donc impersonnels. S&rsquo;ils sont engag\u00e9s en rapport avec un devenir, avec ces valeurs humaines, ils ne valent qu&rsquo;en r\u00e9f\u00e9rence avec une norme suppos\u00e9e pr\u00e9\u00e9tablie. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;un l\u00e9galisme. La conformit\u00e9 morale \u00e0 la Raison est la contribution de l&rsquo;homme \u00e0 l&rsquo;oeuvre humanitaire impersonnelle: la construction d&rsquo;un monde meilleur c&rsquo;est-\u00e0-dire mieux organis\u00e9 selon les r\u00e8gles de la Raison. Cette subordination de l&rsquo;homme \u00e0 la Raison l&rsquo;en fait son objet et l&rsquo;ali\u00e8ne de son \u00eatre et de sa personne. La croyance en la Raison a fourni les plus belles utopies des si\u00e8cles derniers en occident, dont l&rsquo;expression des droits de l&rsquo;homme en est encore une subsistance ambigu\u00eb. L&rsquo;homme est-il sujet du droit ou le droit est-il objet de l&rsquo;homme? La loi et la raison sont elles faites pour l&rsquo;homme ou l&rsquo;homme pour la loi et la raison?<\/p>\n<p>Passons maintenant \u00e0 l&rsquo;axe vertical en commen\u00e7ant par le bas: la perspective mat\u00e9rialiste. La th\u00e9orie pr\u00e9tend \u00eatre ici la v\u00e9rit\u00e9 de la chose comme les mots sont les choses. Th\u00e9oriser, c&rsquo;est constater et le constat est la v\u00e9rit\u00e9. Alors si quelqu&rsquo;un n&rsquo;est pas d&rsquo;accord avec la th\u00e9orie c&rsquo;est qu&rsquo;il ne veut pas reconna\u00eetre la r\u00e9alit\u00e9 objective, qu&rsquo;il ne veut pas s&rsquo;y r\u00e9soudre ou plut\u00f4t s&rsquo;y r\u00e9duire. L&rsquo;appr\u00e9ciation de l&rsquo;homme est subordonn\u00e9e \u00e0 la th\u00e9orie, suppos\u00e9e vraie. De m\u00eame, lorsqu&rsquo;on \u00e9voque \u00abla loi du monde\u00bb comme une v\u00e9rit\u00e9 absolue incontournable, la th\u00e9orie exclue toute autre appr\u00e9ciation personnelle. Il ne s&rsquo;agit plus de croyance mais de fanatisme et de fatalisme. La pratique ne peut \u00eatre rien d&rsquo;autre qu&rsquo;effet d&rsquo;une force, actionnement, ce que l&rsquo;on appelle l&rsquo;action. L&rsquo;action, c&rsquo;est l&rsquo;exercice d&rsquo;une force mat\u00e9rielle n\u00e9cessaire. L&rsquo;action est n\u00e9cessaire et elle n&rsquo;a comme mobile que la n\u00e9cessit\u00e9. Le lien entre la th\u00e9orie et la pratique passe par cette force, expression d&rsquo;une \u00e9nergie qui anime autant le discours du th\u00e9oricien que l&rsquo;action pratique, sous le r\u00e9gime de l&rsquo;inclusion \/exclusion; l&rsquo;une et l&rsquo;autre sont action; l&rsquo;une et l&rsquo;autre sont discours en marche. L&rsquo;homme est un \u00e9l\u00e9ment dont le travail est de lutte: lutte pour atteindre, de toutes les forces qui lui sont allou\u00e9es, l&rsquo;objectif fatal de l&rsquo;histoire, lutte contre lui-m\u00eame et le monde qui s&rsquo;oppose \u00e0 cette confusion finale. Le travail, exercice de force, est l&rsquo;obligation p\u00e9nible, \u00e0 laquelle l&rsquo;homme est condamn\u00e9. Il ne peut y \u00e9chapper sans y perdre la vie, \u00e0 tel point qu&rsquo;on l&rsquo;identifiera ici au travailleur. On lui fera gloire de son ali\u00e9nation. La responsabilit\u00e9 humaine personnelle ou formelle est exclue. L&rsquo;homme \u00e9tant en effet travers\u00e9 par les forces de la mati\u00e8re ou de l&rsquo;\u00e9nergie, ne peut lui-m\u00eame que consentir \u00e0 cette n\u00e9cessit\u00e9, en luttant contre ce qui s&rsquo;y opposerait. Que l&rsquo;origine en soit la Nature, la mati\u00e8re-\u00e9nergie, ou un Dieu ou Diable tout puissant immanent, l&rsquo;homme n&rsquo;y est pour rien. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;oeuvre humaine. Il ne peut y avoir que production humaine, indiff\u00e9renci\u00e9e de la production d&rsquo;une machine. Cette production humaine, effet d&rsquo;une action n\u00e9cessaire, est mue en fait par l&rsquo;angoisse et l&rsquo;avidit\u00e9, la menace et la culpabilit\u00e9. Le non travail, loisirs ou retraite, sont sans cesse d\u00e9sir\u00e9s comme \u00e9chappatoires, mais restent sous le r\u00e9gime de la culpabilit\u00e9. Dans la variante animaliste ou personnalisme mat\u00e9rialiste, th\u00e9orie et pratique sont appropri\u00e9es par celui qui se veut tout puissant. Le travail est action conflictuelle, dans une lutte des classes ou lutte pour la vie. La responsabilit\u00e9 personnelle est le pouvoir que s&rsquo;arrogent les uns et auquel s&rsquo;ali\u00e8nent les autres. Dans la variante naturaliste ou mat\u00e9rialisme organisciste,th\u00e9orie et pratique sont sens\u00e9es \u00eatre l&rsquo;oeuvre du syst\u00e8me de la nature dont l&rsquo;homme est un agent. Le travail est un conditionnement. Il consiste naturellement \u00e0 r\u00e9tablir ou entretenir des conditions de vie naturelle \u00e9quilibr\u00e9es.<\/p>\n<p>A l&rsquo;oppos\u00e9, dans la perspective humaniste, la th\u00e9orie est une qualification des choses selon l&rsquo;appr\u00e9ciation de leur valeur humaine. Elle ne pr\u00e9tend pas \u00e0 un constat de v\u00e9rit\u00e9 mais \u00e0 une juste appr\u00e9ciation. Elle pr\u00e9tend \u00e0 un discernement et \u00e0 une mesure des qualit\u00e9s. Dire \u00ab cela mesure un m\u00e8tre \u00bb ne pr\u00e9tend pas \u00eatre le constat mat\u00e9rialiste de la v\u00e9rit\u00e9 absolue de la chose.Cela signifie que cette chose existe dans une dimension d&rsquo;espace et que la mesure de l&rsquo;appr\u00e9ciation de cette qualit\u00e9 est, selon les valeurs humaines d&rsquo;appr\u00e9ciation, \u00e9quivalente \u00e0 un m\u00e8tre. L&rsquo;\u00e9dification des th\u00e9ories correspond \u00e0 l&rsquo;oeuvre de discernement et de mesure de l&rsquo;homme pour qualifier le monde, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;\u00e9difier selon les qualit\u00e9s humaines. Cette \u00e9dification dans le langage s&rsquo;articule avec l&rsquo;\u00e9dification dans la pratique. La pratique c&rsquo;est l&rsquo;exercice des qualit\u00e9s humaines. C&rsquo;est le contraire de l&rsquo;action (m\u00e9canique). La th\u00e9orie et la pratique ont leur lieu commun dans les qualit\u00e9s humaines qu&rsquo;elles visent \u00e0 r\u00e9aliser; r\u00e9aliser dans la conscience par l&rsquo;intelligence, r\u00e9aliser dans la mati\u00e8re et tout ce qui fait le monde par le travail. Le travail est humanisation des choses et du monde, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e9dification d&rsquo;un monde humain. C&rsquo;est aussi ce qui qualifie l&rsquo;oeuvre de l&rsquo;homme, oeuvre humaine par excellence puisqu&rsquo;elle est exercice et r\u00e9alisation de son humanit\u00e9 selon ses valeurs d&rsquo;humanit\u00e9. Dans cette perspective, la responsabilit\u00e9 est plut\u00f4t une exigence, celle de la qualit\u00e9, celle qui est exigence de dignit\u00e9 humaine: l&rsquo;oeuvre de qualification. L&rsquo;exigence th\u00e9orique est celle du discernement et de la mesure. L&rsquo;exigence pratique est celle du concemement et de la dignit\u00e9. La pratique est, pour chacun, pratique de son humanit\u00e9, et ce, dans tous les actes de la vie. La diversit\u00e9 des t\u00e2ches est ici r\u00e9unie dans l&rsquo;universalit\u00e9 de l&rsquo;oeuvre humaine, exaltant et rassemblant toutes les qualit\u00e9s d&rsquo;humanit\u00e9. Seulement, la variante rationaliste id\u00e9alise ces qualit\u00e9s, en fait des Raisons et d\u00e9pouille l&rsquo;humain de sa responsabilit\u00e9 et de son autorit\u00e9 personnelle. L&rsquo;autre variante est celle du culturalisme, ou personna-lisme humaniste. Cette perspective est celle d\u00e9velopp\u00e9e touta u long de cet ouvrage.<\/p>\n<p>Il est bon maintenant de pr\u00e9ciser ce que sont dans cette perspective, th\u00e9orie et pratique, travail, responsabilit\u00e9 et oeuvre humaine. C&rsquo;est \u00e0 cela que la th\u00e9orie et la m\u00e9thodologie g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9velopp\u00e9es ici, proposent leur contribution. C&rsquo;est dans cette disposition de l&rsquo;homme qu&rsquo;elles se situent, donnant un Sens sp\u00e9cifique \u00e0 toute la d\u00e9marche dont elles t\u00e9moignent et dont elles ouvrent la perspective. La th\u00e9orie et la pratique sont des manifestations dans l&rsquo;existence humaine. Elles sont donc \u00e0 la fois actualisation d&rsquo;une Instance personnelle et fait de ConSensus. Elles sont,l&rsquo;une comme l&rsquo;autre, t\u00e9moignages r\u00e9v\u00e9lateurs de l&rsquo;homme en personne et en humanit\u00e9. Le d\u00e9veloppement de la th\u00e9orie comme de la pratique sont \u00e9dification culturelle du Monde. Chaque culture cr\u00e9e progressivement son monde, tant par le langage conceptuel que par ses actes. Ce faisant, s&rsquo;\u00e9difie le monde de plus en plus profond\u00e9ment personnel et de plus en plus universel. Plus sp\u00e9cifiquement la th\u00e9orie, en tant que t\u00e9moignage de la personne humaine, est profession de foi. Elle exprime un point de vue original diff\u00e9renci\u00e9. Elle joue donc d&rsquo;abord un r\u00f4le d&rsquo;activateur du Sens qu&rsquo;elle exprime et justement d&rsquo;un Sens r\u00e9v\u00e9lateur de l&rsquo;homme et singuli\u00e8rement de celui qui s&rsquo;y confronte. La th\u00e9orie est oeuvre de ma\u00eetrise, service propos\u00e9 aux autres pour qu&rsquo;ils s&rsquo;y retrouvent. Formellement, elle constitue une discipline, le jalonnement d&rsquo;un chemin qui m\u00e8ne au coeur du sujet qui s&rsquo;y confronte. T\u00e9moignage de l&rsquo;homme, elle est donc homologue aux r\u00e9alit\u00e9s du monde. C&rsquo;est en cela qu&rsquo;elle peut aider \u00e0 la conscience de Sens de ceux qui s&rsquo;exercent \u00e0 entendre ce qu&rsquo;elle propose. En tant que fait d&rsquo;un ConSensus, la th\u00e9orie, qui est parole d&rsquo;homme, est aussi voix d&rsquo;une culture. Elle est cependant voix de toute culture comme de tout homme qui l&rsquo;entend et la reprend. Son \u00e9mergence traduit n\u00e9anmoins la possibilit\u00e9 d&rsquo;une parole et la pr\u00e9sence de Sens non encore clairement exprim\u00e9s. La pratique est actualisation de soi dans un ConSensus collectif. Elle est donc profession de soi, service de son originalit\u00e9 comme contribution \u00e0 la coexistence avec les autres. En tant que t\u00e9moignage d&rsquo;originalit\u00e9 et d&rsquo;autorit\u00e9, elle active les Sens qui permettent aux autres de s&rsquo;y retrouver. En tant que r\u00e9alisation diff\u00e9renci\u00e9e, elle invite \u00e0 la diff\u00e9renciation de  chacun et au discernement. La pratique dans ce Sens, est t\u00e9moignage r\u00e9v\u00e9lateur jouant le r\u00f4le d&rsquo;activateur d&rsquo;un Sens qui est celui par lequel adviennent conscience de Sens et libert\u00e9. La th\u00e9orie comme la pratique, quels que soient leur objet ou leur domaine, sont des cheminements r\u00e9v\u00e9lateurs, voies d&rsquo;accomplissement, de libert\u00e9 et de conscience de Sens. La pratique est jalonn\u00e9e par des rep\u00e8res qui guident son d\u00e9ploiement. Ces rep\u00e8res sont ce qui constitue les m\u00e9thodologies et les techniques. Ce sont des artifices de cheminement, des disciplines qui conduisent, l\u00e0e ncore, au coeur du sujet. C&rsquo;est l\u00e0 que th\u00e9orie et pratique serejoignent. La pratique permettant \u00e0 l&rsquo;homme de s&rsquo;exp\u00e9rimenter et de se r\u00e9v\u00e9ler dans le monde commun, ouvre la possibilit\u00e9 \u00e0 une conscience conceptualisable en th\u00e9orie. La th\u00e9orie de son c\u00f4t\u00e9 ouvre le chemin \u00e0 une conscience et, pour le mieux, \u00e0 un positionnement (de Sens dans l&rsquo;Instance) \u00e0 partir duquel peut s&rsquo;actualiser une pratique homologue. C&rsquo;est l\u00e0 le rapport de la th\u00e9orie et de la pratique: elles sont homologues. C&rsquo;est pour cela que l&rsquo;une comme l&rsquo;autre renvoient \u00e0 leur source, leur Coh\u00e9rence en l&rsquo;Instance de la personne. La th\u00e9orie et la pratique ne sont pas dans un rapport de causalit\u00e9 directe mais elles sont, l&rsquo;une pour l&rsquo;autre, voie d&rsquo;acc\u00e8s au lieu m\u00e9taphysique transcendant \u00e0 l&rsquo;une et \u00e0 l&rsquo;autre, au coeur du sujet de l&rsquo;une et de l&rsquo;autre. Cette transcendance de l&rsquo;homme est la condition pour que, en lui, l&rsquo;une et l&rsquo;autre convergent etqu&rsquo;il se retrouve par l&rsquo;une et par l&rsquo;autre au coeur du sujet. Le travail de l&rsquo;homme est alors la conduite de son existence dans chaque circonstance de sa vie, selon le Sens de son accomplissement. Il est l&rsquo;actualisation d&rsquo;une vocation, ou Sens personnel d&rsquo;accomplissement en ConSensus avec d&rsquo;autres, alors d&rsquo;une m\u00eame culture. Le travail n&rsquo;est donc rien d&rsquo;autre que la mise en oeuvre \u00e0 ma\u00eetriser peu \u00e0 peu, des processus humains,activation, actualisation, conscience de sens dans un sensfavorable. Toutes les m\u00e9thodes, techniques, proc\u00e9dures; tous les outils, artifices, moyens, individuels et collectifs, ne sont que des accessoires pour y parvenir et les r\u00e9aliser. Les oeuvres qui en r\u00e9sultent, oeuvres qui sont professionnelles et culturelles sont homologues de tout ce qui existe en ce Sens. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;elles t\u00e9moignent et r\u00e9v\u00e8lent l&rsquo;homme, parce qu&rsquo;ainsi il en est responsable. La responsabilit\u00e9 de l&rsquo;homme est d&rsquo;\u00eatre humain ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment d&rsquo;assumer et de t\u00e9moigner de l&rsquo;Etre humain en devenir. Le Christ par exemple en est le t\u00e9moin r\u00e9v\u00e9lateur et c&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il annonce ce qu&rsquo;est l&rsquo;homme et son accomplissement. L&rsquo;oeuvre humaine qui est t\u00e9moignage de l&rsquo;homme personnel est aussi t\u00e9moignage et r\u00e9v\u00e9lation de l&rsquo;homme universel, dans l&rsquo;accomplissement de la cr\u00e9ation du monde \u00e0 laquelle chaque homme participe. C&rsquo;est donc en assumant sa personne et sa culture que l&rsquo;homme contribue \u00e0 l&rsquo;oeuvre universelle. Cependant cette oeuvre universelle: l&rsquo;univers de l&rsquo;homme, n&rsquo;est pas un objectif terminal. C&rsquo;est le rep\u00e8re commun d&rsquo;accomplissement de l&rsquo;humanit\u00e9 en chacun. Tout le travail humain et sa responsabilit\u00e9 consiste \u00e0 t\u00e9moigner pour r\u00e9v\u00e9ler, r\u00e9v\u00e9ler pour accomplir l&rsquo;humanit\u00e9. Ce travail et cette responsabilit\u00e9 sont tout \u00e0 fait personnels et aussi tout \u00e0 fait collectifs. Si l&rsquo;enjeu en est dans l&rsquo;Instance personnelle de chacun, le t\u00e9moignage s&rsquo;en fait dans l&rsquo;existence qui est coexistence. Le t\u00e9moignage le plus profond\u00e9ment personnel est celui de l&rsquo;humanit\u00e9 la plus universelle et la contribution la plus riche au ConSensus commun, \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification de l&rsquo;oeuvre de cr\u00e9ation de l&rsquo;univers. La th\u00e9orie et la pratique en sont les modalit\u00e9s, si on les conduit et reconna\u00eet dans ce Sens. La grande affaire de chacun dans son existence est de contribuer par et pour lui-m\u00eame, par et pour les autres \u00e0 la connaissance de l&rsquo;homme et \u00e0 l&rsquo;oeuvre commune r\u00e9v\u00e9latrice. La fa\u00e7on pour cela est de cheminer vers plus de conscience de Sens donc d&rsquo;autonomie, de libert\u00e9, d&rsquo;autorit\u00e9, d&rsquo;originalit\u00e9 personnelles et en m\u00eame temps de gouverner son existence personnelle dans les affaires collectives. C&rsquo;est comme cela que l&rsquo;homme s&rsquo;accomplit, jouissant de son existence pour na\u00eetre \u00e0 l&rsquo;Etre singulier qui est son devenir. C&rsquo;est le Sens de l&rsquo;int\u00e9gration et de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 qui r\u00e9concilie l&rsquo;homme avec lui-m\u00eame et unifie toutes les pr\u00e9occupations et les circonstances de son existence dans une m\u00eame ligne directrice, dans un m\u00eame Sens, librement. C&rsquo;est le Sens du travail, qui est le propre de l&rsquo;homme.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce chapitre aborde un aspect particuli\u00e8rement novateur. Il d\u00e9veloppe une prax\u00e9ologie dont les principes d\u00e9bouchent sur une m\u00e9thodologie g\u00e9n\u00e9rale qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 de nombreux moyens m\u00e9thodologiques et des pratiques en plein d\u00e9veloppement. 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