{"id":49,"date":"2004-07-09T00:00:00","date_gmt":"2004-07-09T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/2004\/07\/09\/la-maitrise-des-risques\/"},"modified":"2021-02-24T14:55:50","modified_gmt":"2021-02-24T13:55:50","slug":"la-maitrise-des-risques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/2004\/07\/09\/la-maitrise-des-risques\/","title":{"rendered":"La ma\u00eetrise des risques"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">L&rsquo;analyse des Sens du risque montre la diversit\u00e9 des positions et leurs cons\u00e9quences. La charge \u00e9motionelle li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9vocation des dommages cr\u00e9e une confusion pr\u00e9judiciable et trop souvent exploit\u00e9e. Au contraire la ma\u00eetrise du risque s&rsquo;oppose \u00e0 toute ali\u00e9nation \u00e0 des discours et des pratiques calamiteuses.<\/p>\n<p><b>APPROCHE DU RISQUE ET DE SA MAITRISE<br \/>\nPOINT DE VUE DE L&rsquo;HOMME<\/b><\/p>\n<p>Celui-ci est d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 partir des positions conceptuelles et m\u00e9thodologiques \u00e9labor\u00e9es par Roger NIFLE dans le cadre de l&rsquo;Institut Coh\u00e9rences qui en a livr\u00e9 les aper\u00e7us donn\u00e9s ici.<br \/>\nCe point de vue est enrichi et illustr\u00e9 par les exp\u00e9riences men\u00e9es lors d&rsquo;interventions portant sur la mise en oeuvre de politiques publiques, notamment dans le domaine de la pr\u00e9vention des risques naturels.<b> <\/b><\/p>\n<hr align=\"LEFT\" \/>\n<p><b>SOMMAIRE<\/b><\/p>\n<p><b>LA NOTION DE RISQUE<br \/>\nSOURCE DE MALENTENDUS ET DE CONFUSIONS<\/b><\/p>\n<p><b>CULTURE DES RAPPORTS AU RISQUE<\/b><\/p>\n<p><b>LA VULNERABILITE DANS L&rsquo;APPR\u00c9CIATION<br \/>\nDES RISQUES<\/b><\/p>\n<p><b>LE PROBLEME DE L&rsquo;EVALUATION<br \/>\nDES DOMMAGES POTENTIELS<\/b><\/p>\n<p><b>UNE DEMARCHE DE CONCERTATION<br \/>\n<i>LA METHODE D&rsquo;APPROPRIATION ACTIVE<\/i><\/b><\/p>\n<p><b>L&rsquo;INGENIERIE HUMAINE AU SERVICE DE LA MAITRISE DES RISQUES<\/b><\/p>\n<hr align=\"LEFT\" \/>\n<p><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<p><b>LA NOTION DE RISQUE<br \/>\nSOURCE DE MALENTENDUS ET DE CONFUSIONS<\/p>\n<p><\/b><\/p>\n<p>La r\u00e9flexion sur la notion de risque est capitale. En effet, on s&rsquo;aper\u00e7oit \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience de d\u00e9calages majeurs entre les acteurs de terrain lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de prendre des d\u00e9cisions et surtout d&rsquo;engager des actions pertinentes et durables.<\/p>\n<p>Populations, \u00e9lus, sp\u00e9cialistes, repr\u00e9sentants de l&rsquo;Etat n&rsquo;ont pas toujours la m\u00eame \u00e9valuation du risque et donc des dispositions \u00e0 prendre.<\/p>\n<p>Le malentendu est souvent r\u00e9dhibitoire et le terrain des risques est alors le th\u00e9\u00e2tre de jeux tactiques pr\u00e9judiciables.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, le temps de la r\u00e9flexion sur ce que l&rsquo;on entend par risque et son partage au cours d&rsquo;une concertation r\u00e9elle sont vivement recommand\u00e9s. Le doute cart\u00e9sien vaudra mieux que certitudes assur\u00e9es.<\/p>\n<p>On donnera ci-apr\u00e8s quelques \u00e9clairages dont la traduction pratique sera d\u00e9velopp\u00e9e ult\u00e9rieurement.<\/p>\n<p><b>1) Le risque est une anticipation<br \/>\n<\/b><br \/>\nIl est donc de l&rsquo;ordre d&rsquo;une sp\u00e9culation et non d&rsquo;un fait. Il fait donc appel aux facult\u00e9s imaginaires avec leur cort\u00e8ge de supports comme la m\u00e9moire, le calcul de probabilit\u00e9s, la construction d&rsquo;hypoth\u00e8ses conditionnelles et m\u00eame la cr\u00e9ativit\u00e9.<\/p>\n<p>Cependant lorsqu&rsquo;un danger est \u00e9voqu\u00e9, surtout s&rsquo;il est confus, lointain et que des hypoth\u00e8ses catastrophiques sont agit\u00e9es alors les formes d\u00e9viantes de l&rsquo;imaginaire sont sollicit\u00e9es surtout si elles sont encourag\u00e9es par des mises en sc\u00e8nes \u00e9motionnelles fortes. Fantasmes et m\u00eames d\u00e9lires apparaissent alors.<\/p>\n<p>Les sp\u00e9cialistes des comportements humains savent bien comment on peut construire des appareillages rationnels sophistiqu\u00e9s pour masquer ou justifier des d\u00e9lires ou diverses formes de parano\u00efa.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s, on le sait aussi, ont invent\u00e9 des rituels conjuratoires pour s&rsquo;affranchir de la peur. Bien na\u00eff qui nierait que nos soci\u00e9t\u00e9s modernes en sont exemptes l\u00e0 m\u00eame o\u00f9 r\u00e8gne la rationalit\u00e9 la plus froide.<\/p>\n<p><b>2) Le risque de l&rsquo;anticipation d&rsquo;un dommage<br \/>\n<\/b><br \/>\nOn ne prend pas assez garde \u00e0 ce qu&rsquo;un dommage c&rsquo;est l&rsquo;atteinte \u00e0 un bien esp\u00e9r\u00e9. Cela renvoie donc \u00e0 la corr\u00e9lation qu&rsquo;il y a entre la nature des dommages et celle des bien esp\u00e9r\u00e9s et entre mesure.<\/p>\n<p>Il est \u00e9vident que si le bien des personnes ou le bien commun nous indiff\u00e8re toute \u00e9valuation de dommage \u00e0 leur endroit est sujette \u00e0 caution.<\/p>\n<p>Il y a l\u00e0 trois points majeurs \u00e0 consid\u00e9rer:<\/p>\n<p><b>2-1 La nature des dommages est en rapport avec le type de bien mis en jeu et on peut noter qu&rsquo;ils peuvent \u00eatre de plusieurs ordres:<br \/>\n<\/b><\/p>\n<p>&#8211; Les biens affectifs et donc les dommages affectifs li\u00e9s \u00e0 des attachements individuels et collectifs. La souffrance fait partie de ces dommages.<br \/>\n&#8211; Les biens mat\u00e9riels et donc les dommages mat\u00e9riels. Il faut encore les consid\u00e9rer par rapport aux biens esp\u00e9r\u00e9s. La valeur d&rsquo;un bien mat\u00e9riel peut \u00eatre li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;usage attendu mais aussi aux b\u00e9n\u00e9fices de fortune envisag\u00e9s. C&rsquo;est comme cela que le dommage sera notamment \u00e9valu\u00e9.<br \/>\n&#8211; Les biens identitaires et donc les dommages identificatoires. Les \u00eatres humains vivent de repr\u00e9sentations individuelles et collectives dans lesquelles ils construisent leur identit\u00e9 et aspirent \u00e0 son \u00e9dification. Les dommages y peuvent \u00eatre dans certains cas mortels.<br \/>\n&#8211; Enfin il y a des biens li\u00e9s \u00e0 des aspirations individuelles et collectives engageant un devenir, une vocation, des enjeux essentiels. Il y a aussi dommages possibles lorsque ces biens esp\u00e9r\u00e9s sont atteint.<\/p>\n<p>Ne pas prendre en compte la nature et la mesure des biens humains en jeu conduit \u00e0 une rupture d&rsquo;entendement sinon de consid\u00e9ration entre les acteurs soumis au risque et ceux qui ont \u00e0 le g\u00e9rer; C&rsquo;est quelquefois en soit une source de pr\u00e9judice.<\/p>\n<p><b>2-2 Comme les biens esp\u00e9r\u00e9s les dommages possibles sont propres \u00e0 ceux qui sont porteurs de ces esp\u00e9rances.<br \/>\n<\/b><br \/>\nAutrement dit, les dommages ne peuvent \u00eatre envisag\u00e9s dans l&rsquo;absolu mais toujours relativement aux personnes et aux communaut\u00e9s de personnes et, par suite, aux diverses formes de communaut\u00e9s de personnes que repr\u00e9sentent les personnes morales, les institutions, les collectivit\u00e9s.<\/p>\n<p>La nature et la valeur des dommages est un relatif et le m\u00eame \u00e9v\u00e9nement, par exemple la destruction d&rsquo;un bien mat\u00e9riel, peut cr\u00e9er une s\u00e9rie de dommages tr\u00e8s diff\u00e9rents pour diff\u00e9rents acteurs.<\/p>\n<p>Le dommage et donc \u00e0 rattacher d&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;acteur avant de l&rsquo;\u00eatre \u00e0 l&rsquo;objet.<\/p>\n<p>Ne pas prendre en compte cette relativit\u00e9 des dommages, c&rsquo;est implicitement se poser comme acteur universel et comme r\u00e9f\u00e9rent de l&rsquo;\u00e9valuation.<\/p>\n<p>On comprendra d&rsquo;autant mieux pourquoi ce type de probl\u00e8me est source de conflictualit\u00e9.<\/p>\n<p><b>2-3 Les dommages sont pour une grande part d&rsquo;ordre subjectif et les tentations de r\u00e9duction quantitatives ne peuvent que rater leur sujet.<br \/>\n<\/b><br \/>\nOr lorsqu&rsquo;il y a lieu malgr\u00e9 tout de qualifier et d&rsquo;\u00e9valuer des dommages, fussent-ils anticip\u00e9s, il y a une m\u00e9thode incontournable qui est celle qui permet d&rsquo;associer des subjectivit\u00e9s diff\u00e9renci\u00e9es dans des engagements communs.<\/p>\n<p>Les processus de concertation sont la seule m\u00e9thode qui le permette. Qu&rsquo;elle soit inter-individuelle ou collective.<\/p>\n<p>Cependant c&rsquo;est un champ m\u00e9thodologique peu connu des experts et pourtant tr\u00e8s vaste et tr\u00e8s riche de possibilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Cela va de la discussion de groupe bien men\u00e9e au travail p\u00e9dagogique de maturation collective. Cela va de la mise en oeuvre de l&rsquo;\u00e9coute r\u00e9ciproque jusqu&rsquo;\u00e0 la mise en oeuvre des processus de la d\u00e9mocratie, qui, apr\u00e8s tout, sont fait pour cela.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation du risque ne peut \u00eatre issue que d&rsquo;un travail de concertation dans lequel sont int\u00e9gr\u00e9s \u00e9videmment les facteurs objectifs mais o\u00f9 les \u00e9valuations sont confront\u00e9es aux \u00ab\u00a0\u00e9chelles de valeur\u00a0\u00bb, collectives ou particuli\u00e8res.<\/p>\n<p><b>CULTURE DES RAPPORTS AU RISQUE<br \/>\n<\/b><br \/>\nSi le risque fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;intervention de facteurs exog\u00e8nes al\u00e9atoires (ex. des \u00e9v\u00e9nements naturels, inondations, s\u00e9ismes, incendies, etc.), il est par nature existentiel, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il touche \u00e0 la vie et aux biens des personnes et des communaut\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>Or \u00e9tant l&rsquo;anticipation d&rsquo;un dommage existentiel, le risque imagin\u00e9 se construit en fonction des r\u00e9actions humaines face aux hypoth\u00e8ses de dommages.<\/p>\n<p>Il faut donc enregistrer que les repr\u00e9sentations du risque, les \u00e9valuations, les explications, les attitudes, les comportements, les raisonnements, les strat\u00e9gies, les solutions d\u00e9pendent fondamentalement des positions induites par l&rsquo;hypoth\u00e8se du risque.<\/p>\n<p>Fuites ou n\u00e9gations, calculs int\u00e9ress\u00e9s ou prises de responsabilit\u00e9, strat\u00e9gies conjuratoires ou parano\u00efaques, etc. n&rsquo;expriment pas la m\u00eame attitude, ni ne conduisent aux m\u00eames actions. Il faut aussi consid\u00e9rer que personne, ni individu, ni institution, ni collectivit\u00e9, n&rsquo;\u00e9chappent \u00e0 l&rsquo;humaine condition, n&rsquo;est exempt de ce type de r\u00e9actions.<br \/>\nLes travaux portant sur le Sens des rapports au risque ont mis en \u00e9vidence l&rsquo;existence:<\/p>\n<p>&#8211; Des positions antagonistes dans la conception m\u00eame du risque.<br \/>\n&#8211; Des logiques divergentes qui ont chacune leur coh\u00e9rence interne.<\/p>\n<p>Les deux couples de positions antagonistes remarquables sont les suivantes:<\/p>\n<p><b>1) Le refus du risque<\/b> et de toute incertitude qui conduit \u00e0 \u00e9riger l&rsquo;absence de risque en devoir et consid\u00e9rer toute prise de risque comme une faute.<\/p>\n<p>Cette logique conduit immanquablement \u00e0 consid\u00e9rer que ce sont \u00ab\u00a0les autres\u00a0\u00bb qui sont fauteurs de risque et encourage aux attitudes de revendications extr\u00eames, de contr\u00f4le social, de d\u00e9nonciation et pourquoi pas de provocation( une bonne catastrophe !).<\/p>\n<p>Les responsables qui manient ce type de logique devraient m\u00e9diter (risque z\u00e9ro, pr\u00e9cautions extr\u00eames) \u00e0 l&rsquo;effet boomerang que cela induit.<\/p>\n<p><b>2) L&rsquo;acceptation du risque et de l&rsquo;incertitude de la vie<br \/>\n<\/b><br \/>\nLa sagesse populaire dit que pour vivre il faut savoir prendre des risques mais des risques mesur\u00e9s.<\/p>\n<p>Cela suppose une acceptation de l&rsquo;incertitude en m\u00eame temps qu&rsquo;une vigilance. Cependant, on peut aussi oublier la mesure ou bien se tromper de mesure. Cela pose le probl\u00e8me de l&rsquo;\u00e9valuation du risque qui est d\u00e9cisive non seulement dans la mesure mais aussi la nature du risque. La seule quantification ressortissant d&rsquo;un calcul co\u00fbt\/avantage laissera de c\u00f4t\u00e9 les dimensions du risque non quantifiables mais essentielles et conduira de fait \u00e0 des comportements pr\u00e9judiciables. L&rsquo;exc\u00e8s de mesure ou de d\u00e9mesure aggrave le risque.<\/p>\n<p><b>3) Le risque comme al\u00e9a statistique<br \/>\n<\/b><br \/>\nLa confusion classique risque et al\u00e9a n&rsquo;est pas le fait du hasard mais bel et bien un sympt\u00f4me, celui d&rsquo;un rapport fataliste (fatum) aux \u00e9v\u00e9nements ce qui fait dire : le risque est un fait et m\u00eame un fait objectif.<\/p>\n<p>C&rsquo;est toute la dimension humaine qui est \u00e9limin\u00e9e, l&rsquo;intentionnalit\u00e9, les choix, les responsabilit\u00e9s, l&rsquo;exp\u00e9rience, la d\u00e9cision, l&rsquo;action qui deviennent subordonn\u00e9s m\u00e9caniquement au \u00ab\u00a0calcul d&rsquo;al\u00e9a\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La s\u00e9curit\u00e9 au prix de la n\u00e9gation de l&rsquo;humain, tel est aussi le fantasme terrible d&rsquo;une politique scientifique ou d&rsquo;une r\u00e9glementation scientifique qui \u00e9limine le jugement humain.<\/p>\n<p><b>4) Le risque comme probabilit\u00e9 conditionnelle<br \/>\n<\/b><br \/>\nSi le risque est existentiel, il d\u00e9pend non seulement d&rsquo;al\u00e9as exog\u00e8nes mais principalement des dispositions prises, c&rsquo;est-\u00e0-dire des conditions de ma\u00eetrise des situations.<\/p>\n<p>Le risque est donc inversement proportionnel au niveau de ma\u00eetrise des situations \u00ab\u00a0\u00e0 risque\u00a0\u00bb. Cette proportionnalit\u00e9 est tout \u00e0 fait identique \u00e0 celle qui d\u00e9finit le principe de pr\u00e9cautions qui veut que l&rsquo;on prenne des dispositions <b>proportionn\u00e9es<\/b> \u00e0 un niveau de risque pour le r\u00e9duire s&rsquo;il y a lieu.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr une attitude de refus du risque entra\u00eenera du c\u00f4t\u00e9 de la disproportion et \u00e0 un usage abusif du principe de pr\u00e9caution.<\/p>\n<p>Les quatre logiques comportementales qui correspondent \u00e0 des \u00ab\u00a0cultures du risque\u00a0\u00bb divergentes d\u00e9rivent des positions pr\u00e9c\u00e9dentes ou plut\u00f4t de leurs combinaisons.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-569\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_risques1.png?resize=481%2C412\" alt=\"risques1.png\" width=\"481\" height=\"412\" align=\"center\" \/><\/p>\n<p>Ce tableau montre bien les oppositions (A &#8211; D), (B &#8211; C) et dans quel Sens il est le plus judicieux d&rsquo;aller.<\/p>\n<p>On observera que les acteurs de terrain peuvent \u00eatre mobilis\u00e9s dans des logiques multiples et incompatibles.<br \/>\n<b>Cela signifie que le travail de consensus sur une logique de responsabilit\u00e9 est une part importante de l&rsquo;action.<br \/>\n<\/b><br \/>\nLa m\u00e9thode \u00ab\u00a0d&rsquo;appropriation active\u00a0\u00bb d\u00e9crite ult\u00e9rieurement est une d\u00e9marche qui cherche \u00e0 y r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>Cependant pour piloter une telle d\u00e9marche, il importe de bien comprendre les diff\u00e9rentes logiques qui peuvent \u00eatre en pr\u00e9sence tant pour les \u00e9viter que pour les faire \u00e9voluer autant que possible.<\/p>\n<p><b>A &#8211; LA LOGIQUE D&rsquo;EVITEMENT ET DE DEPLACEMENT DU SUJET<br \/>\n<\/b><br \/>\nElle suppose le risque fatal (assimil\u00e9 \u00e0 l&rsquo;al\u00e9a) et le risque coupable (interdit). De ce fait il n&rsquo;y a pas de place pour un quelconque effort de ma\u00eetrise de la situation, ni de mesure dans l&rsquo;\u00e9valuation des possibles.<\/p>\n<p>Cette logique revient \u00e0 \u00e9viter la responsabilit\u00e9 du probl\u00e8me en la d\u00e9pla\u00e7ant sur une responsabilit\u00e9 de type juridique ou sur l&rsquo;accomplissement de rituels conjuratoires. Discourir du risque inacceptable et d\u00e9signer des coupables au cours de sc\u00e8nes convenues est la recette constante.<\/p>\n<p>Si les rituels et les m\u00e9dias sont tr\u00e8s vari\u00e9s au cours des \u00e2ges, le sens et les processus conjuratoires sont les m\u00eames. Malheureusement ils ne rendent pas lucide.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette attitude il faut recentrer les choses sur les personnes et les communaut\u00e9s soumises aux risques et les responsabilit\u00e9s qui sont les leurs de prendre la mesure et les mesures n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Se substituer \u00e0 elles, est une position particuli\u00e8rement suspecte en dehors d&rsquo;un mandat d\u00e9mocratique ou d&rsquo;une position p\u00e9dagogique comp\u00e9tente et authentique.<\/p>\n<p>Sans cela la logique du risque pr\u00eat \u00e0 toutes les manipulations et les jeux de pouvoir.<\/p>\n<p><b><br \/>\nB &#8211; LA LOGIQUE DE SECURITE ABSOLUE<br \/>\n<\/b><br \/>\nElle refuse le risque mais consid\u00e8re que son \u00e9limination d\u00e9pend des mesures \u00e0 prendre, \u00e0 faire prendre plut\u00f4t. Le risque 0 l\u00e9gitime des mesures de protection extr\u00eames (une vie n&rsquo;a pas de prix). Les exigences de s\u00e9curit\u00e9 conduisent \u00e0 rechercher des garanties totales. Cela conduit aussi bien \u00e0 \u00e9vacuer les zones \u00e0 risques supposant qu&rsquo;existent des zones \u00e0 risque 0.<\/p>\n<p>La d\u00e9mesure dans l&rsquo;\u00e9valuation des conditions de s\u00e9curit\u00e9 conduit soit \u00e0 l&rsquo;impossibilit\u00e9 des investissements ou de l&rsquo;application des mesures radicales imagin\u00e9es, soit \u00e0 l&rsquo;oubli du risque assorti d&rsquo;une confiance absolue et bient\u00f4t illusoire dans des mesures de protection ou de pr\u00e9vention qui se substituent \u00e0 la capacit\u00e9 de ma\u00eetrise et de responsabilit\u00e9 des gens.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette logique, c&rsquo;est encore \u00e0 la responsabilit\u00e9 personnelle et communautaire qu&rsquo;ils faut en faire appel. Il faut noter que la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la responsabilit\u00e9 \u00ab\u00a0collective\u00a0\u00bb rejette celle-ci dans l&rsquo;anonymat ou \u00e0 la charge de ceux qui sont sens\u00e9s avoir en charge le collectif. L&rsquo;\u00e9limination du risque aura bient\u00f4t un co\u00fbt exorbitant si on en favorise et encourage la demande ou si on en propage l&rsquo;offre.<\/p>\n<p><b>C &#8211; LA LOGIQUE DE CALCUL COMPENSATOIRE<br \/>\n<\/b><br \/>\nElle est favorable \u00e0 la prise de risque surtout le consid\u00e9rant comme fatal, c&rsquo;est-\u00e0-dire identique \u00e0 un al\u00e9a statistique.<\/p>\n<p>La prise de risque doit alors faire l&rsquo;objet d&rsquo;un calcul de compensation en cas d&rsquo;accident de fa\u00e7on \u00e0 ce que le b\u00e9n\u00e9fice de la compensation couvre largement le dommage subi.<\/p>\n<p>Cette rationalit\u00e9 plaira aux calculateurs et aux \u00ab\u00a0professionnels du risque\u00a0\u00bb ou du \u00ab\u00a0management du risque\u00a0\u00bb. Elle conduit \u00e0 banaliser le risque et consacrer plus \u00e0 l&rsquo;obtention de compensation qu&rsquo;\u00e0 la ma\u00eetrise des situations et l&rsquo;\u00e9volution des comportements. Notons qu&rsquo;elle est encourag\u00e9e par la r\u00e9duction du risque \u00e0 l&rsquo;al\u00e9a qui \u00e9limine l&rsquo;autonomie des comportements humains responsables. Il faut noter aussi que les b\u00e9n\u00e9fices compensatoires peuvent \u00eatre de nature diff\u00e9rente. Les psychologues savent que les \u00ab\u00a0b\u00e9n\u00e9fices secondaires\u00a0\u00bb de situations dommageables sont quelquefois largement compensatoires et que la non r\u00e9solution de probl\u00e8mes ne va pas sans b\u00e9n\u00e9fice. Toutes sortes de jeux d&rsquo;acteurs peuvent se comprendre ainsi.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cela il est toujours utile de se demander en quoi cela fait progresser la comp\u00e9tence individuelle et collective dans l&rsquo;\u00e9valuation et la ma\u00eetrise des situations \u00e0 risque. Si la r\u00e9ponse est n\u00e9gative alors le \u00ab\u00a0calcul\u00a0\u00bb est suspect.<\/p>\n<p><b>D &#8211; LA LOGIQUE DE RESPONSABILIT\u00c9 APPROPRIEE<br \/>\n<\/b><br \/>\nElle repose tout d&rsquo;abord sur une juste \u00e9valuation des risques, leur hi\u00e9rarchisation et leur int\u00e9gration au contexte existentiel des biens esp\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Autrement dit le risque ne peut \u00eatre trait\u00e9 ind\u00e9pendamment de l&rsquo;histoire et des valeurs propres de la communaut\u00e9 et donc aussi de son devenir.<\/p>\n<p>C&rsquo;est sur une trajectoire de progression collective, d\u00e9veloppement, niveau de ma\u00eetrise et de comp\u00e9tence, poursuite du bien commun que peut s&rsquo;\u00e9valuer le risque et les dispositions \u00e0 prendre.<br \/>\nCes dispositions d\u00e9pendent bien sur du type de risque encouru mais aussi du niveau culturel d&rsquo;appr\u00e9hension de la probl\u00e9matique du risque en question et plus g\u00e9n\u00e9ralement de la culture des usages, des pratiques et des repr\u00e9sentations locales.<\/p>\n<p>C&rsquo;est donc une trajectoire de maturation favoris\u00e9e par l&rsquo;exp\u00e9rience p\u00e9dagogique de l&rsquo;\u00e9preuve du risque qui est \u00e0 engager. Elle a pour int\u00e9r\u00eat autre une progression continue et durable du niveau de ma\u00eetrise du risque, une maturation de la vie collective et des r\u00f4les d&rsquo;autorit\u00e9 et de responsabilit\u00e9. C&rsquo;est une logique proprement \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb au sens fort du terme.<\/p>\n<p>Il est facile de d\u00e9tourner cette logique soit en substituant l&rsquo;al\u00e9a au risque, le calcul \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation consensuelle, la menace en responsabilit\u00e9 p\u00e9nale au lieu de l&rsquo;apport p\u00e9dagogique, la r\u00e9duction juridico technique de l&rsquo;incertitude, l&rsquo;isolement du risque des autres affaires de la cit\u00e9, la m\u00e9connaissance en d\u00e9finitive des hommes et des communaut\u00e9s, assortie du soup\u00e7on de leur incapacit\u00e9 ou de leur culpabilit\u00e9.<\/p>\n<p>A ceux qui voudraient n\u00e9anmoins pers\u00e9v\u00e9rer dans cette logique il est recommand\u00e9 d&rsquo;\u00eatre attentif \u00e0 la logique des acteurs sp\u00e9cialis\u00e9s pour l&rsquo;int\u00e9grer dans leur strat\u00e9gie.<\/p>\n<hr align=\"LEFT\" \/>\n<p><b>LA VULNERABILITE DANS L&rsquo;APPR\u00c9CIATION<br \/>\nDES RISQUES<br \/>\n<\/b><\/p>\n<p>Il est souvent convenu que le risque est proportionnel :<\/p>\n<p>&#8211; d&rsquo;une part \u00e0 un al\u00e9a o\u00f9 interviennent l&rsquo;intensit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement dangereux et la fr\u00e9quence de son occurrence,<br \/>\n&#8211; d&rsquo;autre part \u00e0 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 qui d\u00e9pend des biens expos\u00e9s et leur valeur et de la ma\u00eetrise du risque par les personnes ou collectivit\u00e9s concern\u00e9es.<\/p>\n<p>Ces consid\u00e9rations semblent tellement difficiles \u00e0 comprendre qu&rsquo;un exemple aidera \u00e0 mieux en int\u00e9grer le contenu.<\/p>\n<p>Supposons qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de traverser une rue ce qui n&rsquo;est pas sans risque.<\/p>\n<p>Pour le pi\u00e9ton l&rsquo;al\u00e9a, c&rsquo;est la circulation. Son intensit\u00e9 et sa fr\u00e9quence sont ais\u00e9s \u00e0 imaginer comme facteur de risque. S&rsquo;il y a beaucoup de circulation (intensit\u00e9) le risque est plus grand. Si le flux automobile est tr\u00e8s intermittent, aux heures de pointe par exemple, ou quasi permanent la fr\u00e9quence n&rsquo;est pas la m\u00eame. Cela dit, le nombre de travers\u00e9e du pi\u00e9ton intervient sur la fr\u00e9quence dans l&rsquo;al\u00e9a. Sans travers\u00e9e il n&rsquo;y a \u00e9videmment pas de risque et le pi\u00e9ton pourrait rester chez lui.<\/p>\n<p>Concernant la vuln\u00e9rabilit\u00e9, elle est d&rsquo;abord proportionnelle aux biens expos\u00e9s. Le sch\u00e9ma simpliste pourrait nous interroger sur le \u00ab\u00a0bien esp\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb que repr\u00e9sente la vie du pi\u00e9ton et on con\u00e7oit qu&rsquo;un pi\u00e9ton d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 en vienne \u00e0 prendre plus de risques. Par contre on con\u00e7oit plus facilement que s&rsquo;il y a plusieurs pi\u00e9tons et singuli\u00e8rement des enfants (pourquoi ? c&rsquo;est sans doute li\u00e9 \u00e0 une valeur d&rsquo;esp\u00e9rance) les \u00ab\u00a0biens expos\u00e9s\u00a0\u00bb sont d&rsquo;autant plus importants.<\/p>\n<p>Enfin il y a la ma\u00eetrise. A al\u00e9a \u00e9gal le risque est-il le m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un enfant ou d&rsquo;un adulte ? Non le risque est directement proportionnel \u00e0 la \u00ab\u00a0ma\u00eetrise\u00a0\u00bb de la situation. Il serait faux d&rsquo;\u00e9valuer le risque sans cette dimension.<\/p>\n<p>L&rsquo;exemple bien que simpliste donne d\u00e9j\u00e0 une id\u00e9e de la nature de cette \u00ab\u00a0ma\u00eetrise\u00a0\u00bb :<\/p>\n<p>&#8211; Connaissances et exp\u00e9rience de ce type de situation qui n&rsquo;est \u00e9videmment pas limit\u00e9e \u00e0 la connaissance du code de la route ou du r\u00e8glement.<br \/>\n&#8211; Facult\u00e9 d&rsquo;anticipation, d&rsquo;observation, d&rsquo;alerte,<br \/>\n&#8211; Utilisation appropri\u00e9e de \u00ab\u00a0signaux\u00a0\u00bb feux tricolores, marques sur la chauss\u00e9e mais aussi perceptions sonores, visuelles&#8230;<br \/>\n&#8211; Ma\u00eetrise de soi et de son comportement,<br \/>\n&#8211; Evaluation du risque admissible, ni un exc\u00e8s de pr\u00e9caution (attendre la nuit pour traverser) ni un exc\u00e8s d&rsquo;imprudence (parier sur la vitesse de travers\u00e9e ou sur l&rsquo;intimidation des automobilistes),<br \/>\n&#8211; Responsabilit\u00e9 citoyenne qui a pu s&rsquo;exercer pour l&rsquo;am\u00e9nagement du site, l&rsquo;installation de signaux, de mesure de protection, de surveillance, de r\u00e9gulation des flux automobiles, etc.<\/p>\n<p>On voit d&rsquo;ailleurs que cette \u00ab\u00a0ma\u00eetrise\u00a0\u00bb de la situation n&rsquo;est jamais totale mais ce qui compte c&rsquo;est une mesure acceptable de celle-ci. Pour l&rsquo;enfant ou ceux qui n&rsquo;ont pas l&rsquo;habitude d&rsquo;une telle situation, cette \u00ab\u00a0mesure\u00a0\u00bb est difficile \u00e0 trouver et c&rsquo;est le travail de maturation et de p\u00e9dagogie qui sera n\u00e9cessaire. Le laxisme ou la sur protection sont les deux plus mauvaises m\u00e9thodes.<\/p>\n<p>On voit aussi dans cet exemple comment la ma\u00eetrise du risque, l&rsquo;un des facteurs essentiel d&rsquo;\u00e9valuation de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 est \u00e0 la fois personnelle et collective. Le pi\u00e9ton a \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9 par un environnement familial et social mais il est aussi aid\u00e9 par l&rsquo;action de la collectivit\u00e9 (am\u00e9nagement de passage pi\u00e9tons, de signaux lumineux, etc.). Il y a donc des r\u00f4les et des responsabilit\u00e9s qui se sont exerc\u00e9 pour qu&rsquo;il acqui\u00e8re une certaine ma\u00eetrise.<\/p>\n<p>En outre, on con\u00e7oit que ce pi\u00e9ton a aussi un r\u00f4le social, familial, professionnel, civique tel que par diff\u00e9rentes possibilit\u00e9s il peut contribuer \u00e0 la ma\u00eetrise de ce type de situations pour les autres et d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale pour la collectivit\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin, on d\u00e9couvre sans peine que tout le travail de ma\u00eetrise de ce risque banal a des incidences non seulement sur la maturit\u00e9 et la ma\u00eetrise pour d&rsquo;autres risques mais aussi sur le degr\u00e9 de maturit\u00e9 collective de la cit\u00e9.<br \/>\nEn d\u00e9finitive de proche en proche, l&rsquo;exemple \u00e9voque l&rsquo;id\u00e9e que c&rsquo;est par la confrontation mesur\u00e9e \u00e0 la ma\u00eetrise du risque de l&rsquo;existence que les personnes et les communaut\u00e9s humaines progressent et se d\u00e9veloppent. C&rsquo;est en cela que les esp\u00e9rances donnent valeur \u00e0 la fois aux biens vuln\u00e9rables et \u00e0 la fois \u00e0 la recherche d&rsquo;une plus grande ma\u00eetrise.<\/p>\n<p>Il est ais\u00e9 de transposer ce mod\u00e8le analogique \u00e0 des situations de risques d&rsquo;inondation, risques sismiques, risques d&rsquo;incendie, risques de mouvement de terrain, risques d&rsquo;avalanches, etc.. chacun avec ses sp\u00e9cificit\u00e9s.<br \/>\nEn tout cas le travail sur la ma\u00eetrise du risque, intervient toujours directement sur l&rsquo;\u00e9valuation de celui-ci et sur la nature des investissements n\u00e9cessaires. Cela n&rsquo;exclue en rien le travail sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des biens expos\u00e9s dont il faut retenir que la valeur d\u00e9pend des \u00ab\u00a0esp\u00e9rances\u00a0\u00bb investies plus que de leur r\u00e9alit\u00e9 factuelle, esp\u00e9rances individuelles et collectives, \u00e9conomiques, culturelles, etc.<\/p>\n<p>Cela n&rsquo;exclue en rien les actions sur l&rsquo;al\u00e9a \u00e0 condition de prendre la mesure des priorit\u00e9s et des coh\u00e9rences n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Reste que le travail sur la ma\u00eetrise du risque s&rsquo;il emprunte les moyens de quelques accessoires (signaux, cadres, am\u00e9nagements&#8230;) ne peut en aucun cas s&rsquo;y r\u00e9duire; En outre la p\u00e9dagogie ne peut se r\u00e9duire \u00e0 cette forme d\u00e9grad\u00e9e qu&rsquo;on appelle l&rsquo;information et la communication\u00a0\u00bb, c&rsquo;est un peu si on r\u00e9duisait l&rsquo;\u00e9ducation nationale \u00e0 l&rsquo;\u00e9dition des livres de classe.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;intervient ce que l&rsquo;on peut appeler l&rsquo;ing\u00e9nierie humaine pour concevoir et piloter des processus collectifs de maturation ainsi que des strat\u00e9gies macro-p\u00e9dagogiques destin\u00e9es en outre \u00e0 avoir des effets durables.<\/p>\n<hr align=\"LEFT\" \/>\n<p><b>LE PROBLEME DE L&rsquo;EVALUATION<br \/>\nDES DOMMAGES POTENTIELS<br \/>\n<\/b><\/p>\n<p>Ce probl\u00e8me est d&rsquo;autant plus complexe que, comme on l&rsquo;a vu, interviennent diff\u00e9rents aspects :<\/p>\n<p>&#8211; Le caract\u00e8re subjectif des dommages encourus,<br \/>\n&#8211;\u00a0La r\u00e9f\u00e9rence incontournable aux \u00ab\u00a0biens esp\u00e9r\u00e9s\u00a0\u00bb qui suppose qu&rsquo;on appr\u00e9cie l&rsquo;\u00e9chelle de valeur de ces esp\u00e9rances.<\/p>\n<p>&#8211; La relativit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9valuation aux valeurs propres des personnes et communaut\u00e9s concern\u00e9es.<br \/>\n&#8211; La n\u00e9cessaire concertation pour aboutir \u00e0 des \u00e9valuations collectives et partag\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9valuation des dommages potentiels passe donc :<\/p>\n<p>&#8211; par l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une \u00ab\u00a0\u00e9chelle de valeur\u00a0\u00bb propre aux personnes et communaut\u00e9s concern\u00e9es,<br \/>\n&#8211; par une \u00ab\u00a0analyse de la valeur\u00a0\u00bb des dommages potentiels,<\/p>\n<p>deux moments de l&rsquo;\u00e9valuation des dommages potentiels et, par suite, des solutions, vuln\u00e9rabilit\u00e9, enjeux, etc.<br \/>\nPour entrer dans le vif du sujet il nous faut pr\u00e9ciser quelques points.<\/p>\n<p>L&rsquo;approche envisag\u00e9e ici repose sur trois piliers dont deux sont originaux.<\/p>\n<p>Le premier est li\u00e9 \u00e0 la question de la nature et de la d\u00e9termination d&rsquo;une \u00ab\u00a0\u00e9chelle de valeur\u00a0\u00bb collective.<br \/>\nLa th\u00e9orie des Coh\u00e9rences Culturelles (par l&rsquo;auteur) met en \u00e9vidence qu&rsquo;une communaut\u00e9 humaine quelconque dispose d&rsquo;une culture propre au sein de laquelle peut \u00eatre \u00e9lucid\u00e9e une \u00ab\u00a0aspiration au bien commun\u00a0\u00bb qui co\u00efncide avec ce que l&rsquo;on peut appeler sa \u00ab\u00a0vocation\u00a0\u00bb. On peut transposer cela \u00e0 une institution, une collectivit\u00e9, une ville, une r\u00e9gion, etc.<\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0vocation\u00a0\u00bb de la cit\u00e9 donne le Sens du bien commun dont la traduction essentielle est l&rsquo;aspiration au d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Ce d\u00e9veloppement, durable par essence, s&rsquo;ancre dans l&rsquo;histoire aux racines de la culture et se projette dans le futur pour y trouver des formes sans cesse \u00e0 renouveler.<\/p>\n<p>La notion de valeur des biens est attach\u00e9e, on l&rsquo;a vu, aux \u00ab\u00a0esp\u00e9rances\u00a0\u00bb qu&rsquo;ils portent. Ce sont les esp\u00e9rances collectives propres de la communaut\u00e9 qu&rsquo;exprime sa vocation et les diverses figures du bien commun que ses projets repr\u00e9sentent.<\/p>\n<p>Il est toujours difficile de mettre au clair le sens et l&rsquo;axe de coh\u00e9rence de l&rsquo;aspiration au bien commun. Les analyses de coh\u00e9rences culturelles le permettent et du m\u00eame coup on peut en d\u00e9gager \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9chelle de valeur\u00a0\u00bb sur laquelle toute \u00e9valuation pourra \u00eatre faite.<\/p>\n<p>Il est clair que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d\u00e9passe l&rsquo;\u00e9valuation du risque mais il est naturel par ailleurs que celle-ci soit coh\u00e9rente avec le syst\u00e8me de valeurs qui caract\u00e9rise le bien commun de la cit\u00e9.<\/p>\n<p>La nouveaut\u00e9 conceptuelle et pratique peut \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9e avec l&rsquo;intuition de chacun qui a la souci authentique du bien commun. Aux autre, elle para\u00eetra tr\u00e8s abstraites et ils pr\u00e9f\u00e9reront des mod\u00e9lisations plus \u00e9l\u00e9gantes ou des pratiques moins \u00e9clairantes.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me pilier de l&rsquo;approche est li\u00e9 \u00e0 la question de l&rsquo;\u00e9valuation.<\/p>\n<p>L\u00e0 aussi les travaux de l&rsquo;auteur portent sur l&rsquo;\u00e9valuation des politiques publiques ou sur l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;immat\u00e9riel (men\u00e9s avec le collectif de recherche sur l&rsquo;immat\u00e9riel qui fait l&rsquo;objet de diverses publications) sont particuli\u00e8rement utiles.<\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord il confirme qu&rsquo;on ne peut parler d&rsquo;\u00e9valuation sans r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une \u00e9chelle de valeur. Toute \u00e9chelle de valeur est propre \u00e0 une communaut\u00e9 humaine, si l&rsquo;exp\u00e9rience montre, malheureusement, que l&rsquo;on peut prendre comme valeur n&rsquo;importe quel crit\u00e8re nous nous r\u00e9f\u00e9rerons syst\u00e9matiquement aux crit\u00e8res du bien commun et de la vocation collective pour d\u00e9terminer l&rsquo;\u00e9chelle de valeur de r\u00e9f\u00e9rence propre \u00e0 une communaut\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;approche de l&rsquo;analyse de coh\u00e9rence culturelle r\u00e9pond \u00e0 cette n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p>Ensuite interviennent trois crit\u00e8res dans l&rsquo;\u00e9valuation:<\/p>\n<p>&#8211; Le crit\u00e8re de pertinence par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de valeur d\u00e9termin\u00e9e.<\/p>\n<p>Comme on le verra cette d\u00e9termination de m\u00eame que cette dimension de l&rsquo;\u00e9valuation demande des formes de concertation appropri\u00e9es.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit tout d&rsquo;abord de caract\u00e9riser comment ce que l&rsquo;on veut \u00e9valuer se situer sur cette \u00e9chelle de valeur (et pas une autre). Cela revient, pour l&rsquo;\u00e9valuation du risque et plus pr\u00e9cis\u00e9ment des dommages, \u00e0 appr\u00e9cier en quoi ils portent pr\u00e9judice aux biens esp\u00e9r\u00e9s dans cette perspective du bien commun.<\/p>\n<p>On imagine assez bien que s&rsquo;il y a divergence sur l&rsquo;\u00e9chelle de valeur, il y aura divergence sur la pertinence des enjeux vis-\u00e0-vis de cette \u00e9chelle de valeur, d&rsquo;o\u00f9 les incompr\u00e9hensions radicales ou les consensus h\u00e2tifs difficilement p\u00e9rennes.<\/p>\n<p>Par exemple si un b\u00e2timent \u00e0 une grande valeur par rapport \u00e0 ce qui y est projet\u00e9 du bien commun en terme de projet de d\u00e9veloppement il peut avoir une valeur nulle ou m\u00eame n\u00e9gative s&rsquo;il est vou\u00e9 \u00e0 la destruction pour permettre un d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Le crit\u00e8re de pertinence change tout entre les deux situations.<\/p>\n<p>&#8211; Le second crit\u00e8re de l&rsquo;\u00e9valuation est le crit\u00e8re de coh\u00e9rence. On ne peux \u00e9valuer un dommage, un risque sans l&rsquo;int\u00e9grer dans son contexte et l&rsquo;ensemble de la \u00ab\u00a0situation existentielle\u00a0\u00bb. Si on prend le cas de notre b\u00e2timent sa valeur d\u00e9pend sans doute du projet dans lequel il s&rsquo;inscrit mais aussi par exemple de son concours au projet.<\/p>\n<p>S&rsquo;il est secondaire ou principal, s&rsquo;il y a ou non des alternatives, s&rsquo;il est indispensable ou non dans telle ou telle situation changent compl\u00e8tement \u00a0\u00bb la valeur\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment et celle d&rsquo;un dommage \u00e9ventuel.<\/p>\n<p>On ne prend pas assez garde dans certains cas que le \u00ab\u00a0co\u00fbt\u00a0\u00bb de la pr\u00e9vention du risque peut \u00eatre sup\u00e9rieur au risque lui-m\u00eame notamment parce que le souci de coh\u00e9rence est rest\u00e9 insuffisamment par rapport \u00e0 la \u00ab\u00a0situation existentielle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me crit\u00e8re est le crit\u00e8re de performance ou, en terme de dommage, le crit\u00e8re inverse de d\u00e9faillance. C&rsquo;est celui qui va donner la mesure \u00e9ventuellement quantifiable. La mesure est bien \u00e9videmment relative au \u00ab\u00a0bien esp\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb, la contribution ou le pr\u00e9judice par rapport \u00e0 celui-ci.<\/p>\n<p>Il est clair qu&rsquo;on ne peut mesurer une performance ou une d\u00e9faillance que par rapport aux esp\u00e9rances de toute nature que l&rsquo;on porte. Il sera donc indispensable de s&rsquo;y r\u00e9f\u00e9rer.<\/p>\n<p>Reste \u00e0 noter que non seulement l&rsquo;\u00e9valuation est relative \u00e0 une communaut\u00e9, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de valeur du bien commun, qu&rsquo;elle doit prendre en compte et dans cet ordre les crit\u00e8res de pertinence, coh\u00e9rence et performance.Il ne faut pas oublier que l&rsquo;\u00e9valuation des dommages potentiels ne constitue qu&rsquo;un des termes de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 et qu&rsquo;il faut y associer ma\u00eetrise et al\u00e9a pour \u00e9valuer le risque.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me pilier de cette approche est la r\u00e9habilitation des m\u00e9thodes d&rsquo;analyse de la valeur; Ces m\u00e9thodes ont souffert dans leur pratique de la difficult\u00e9 d&rsquo;appr\u00e9cier \u00ab\u00a0la valeur\u00a0\u00bb, de qualifier des dimensions subjectives et de hi\u00e9rarchiser les \u00e9l\u00e9ments \u00e0 \u00e9valuer.<\/p>\n<p>Or c&rsquo;est tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment le probl\u00e8me r\u00e9solu par les apports pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p>De ce fait, on pourra retrouver les trois b\u00e9n\u00e9fices promis par l&rsquo;analyse de la valeur.<\/p>\n<p>&#8211; D&rsquo;abord la qualification et la hi\u00e9rarchisation des enjeux selon une m\u00eame \u00e9chelle de valeur (crit\u00e8re de pertinence),<\/p>\n<p>&#8211; La recherche de solutions optimales par rapport \u00e0 un ensemble coh\u00e9rent (il vaut mieux agir sur un point que sur un autre, choisir telle mesure plut\u00f4t que telle autre) (coh\u00e9rence, performance).<\/p>\n<p>&#8211; Enfin le travail de consensus qui permet non seulement une appropriation partag\u00e9e des \u00e9valuations mais aussi des solutions et des engagements.<\/p>\n<p>Cette approche, bien s\u00fbr, para\u00eetra aux sp\u00e9cialistes bien trop complexe, pr\u00e9f\u00e9rant utiliser des mod\u00e9lisation sophistiqu\u00e9s plus famili\u00e8res et moins impliquantes humainement parlant.<\/p>\n<p>Par contre, se construisant dans une d\u00e9marche de concertation, il est toujours possible d&rsquo;\u00e9valuer \u00e0 tout moment l&rsquo;\u00e9valuation (sa pertinence, sa coh\u00e9rence, sa performance) sachant qu&rsquo;au bout du compte c&rsquo;est la prise de d\u00e9cision et l&rsquo;appropriation authentique qui en sont le seul but.<\/p>\n<hr align=\"LEFT\" \/>\n<p><b>UNE DEMARCHE DE CONCERTATION<br \/>\n<i>LA METHODE D&rsquo;APPROPRIATION ACTIVE<br \/>\n<\/i><\/b><\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9laborer un projet, un plan d&rsquo;action ou des dispositions locales en mati\u00e8re de ma\u00eetrise des risques, il y a certes des r\u00e9flexions techniques ou r\u00e9glementaires \u00e0 mener mais en r\u00e9alit\u00e9, s&rsquo;agissant de risque existentiel, c&rsquo;est un processus humain qui est \u00e0 mener.<\/p>\n<p>Certaines formes de r\u00e9ductionisme en sont \u00e0 oublier sinon rejeter ce qui est l&rsquo;essentiel de l&rsquo;enjeu et par suite le terrain m\u00eame du travail \u00e0 mener.<\/p>\n<p>Or s&rsquo;il s&rsquo;agit de diminuer le risque, surtout un risque exceptionnel et en plus quelque fois sur un p\u00e9rim\u00e8tre o\u00f9 l&rsquo;identit\u00e9 collective ne va pas de soi alors c&rsquo;est le travail de maturation collective qui est l&rsquo;essentiel.<\/p>\n<p>La m\u00e9thode d&rsquo;appropriation active est destin\u00e9e \u00e0 la mise en oeuvre de politiques publiques locales de ma\u00eetrise des risques. On peut consid\u00e9rer qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une d\u00e9marche strat\u00e9gique de concertation de type macro-p\u00e9dagogique, c&rsquo;est-\u00e0-dire qui vise une appropriation responsable du probl\u00e8me et des solutions par la collectivit\u00e9 concern\u00e9e.<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e9videmment la condition n\u00e9cessaire pour que des dispositions prises puissent \u00eatre non seulement conduites dans le bon sens mais aussi cultiv\u00e9e durablement.<\/p>\n<p>Il est en effet peu cr\u00e9dible que des dispositions prises dans l&rsquo;imm\u00e9diat, ponctuellement, par la coercition ou de fa\u00e7on passive puissent avoir un impact r\u00e9el \u00e0 moyen et long terme sauf \u00e0 se tenir dans une vision m\u00e9caniste ou programmatique des soci\u00e9t\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>En effet, un projet, des dispositions prises n&rsquo;auront v\u00e9ritablement d&rsquo;effet durable que si elles sont appropri\u00e9es par la collectivit\u00e9 concern\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 son syst\u00e8me de valeur, sa culture, son \u00ab\u00a0bien commun\u00a0\u00bb.<br \/>\nOr pour cela il faut int\u00e9grer deux dimensions pour l&rsquo;action.<\/p>\n<p>L&rsquo;une qu&rsquo;on appellera \u00ab\u00a0endog\u00e8ne\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire que l&rsquo;on partira de l&rsquo;histoire, la culture, les valeurs propres de la collectivit\u00e9 plut\u00f4t que de plaquer des mod\u00e8les \u00ab\u00a0exog\u00e8nes\u00a0\u00bb souvent abstraits de leurs racines culturelles ou qui les ignorent.<\/p>\n<p>L&rsquo;autre qu&rsquo;on appellera \u00ab\u00a0bottom up\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire qui consiste \u00e0 partir de la base, c&rsquo;est-\u00e0-dire du niveau de connaissance, d&rsquo;exp\u00e9rience ou d&rsquo;organisation existant pour progresser vers une plus grande qualification, une plus grande ma\u00eetrise collective ou bien de faire l&rsquo;inverse, imposer une solutions pr\u00e9\u00e9tablie (top down).<\/p>\n<p>Nous sommes l\u00e0 au coeur du probl\u00e8me de la concertation qui est malheureusement trop souvent comprise comme le moyen de \u00ab\u00a0faire passer le message\u00a0\u00bb, approches top down et exog\u00e8nes.<\/p>\n<p>Ayant pos\u00e9 les principes qui justifient la d\u00e9marche d&rsquo;appropriation active, il reste \u00e0 en signaler les \u00e9tapes:<\/p>\n<p><b>1) L&rsquo;\u00e9tude pr\u00e9alable<\/p>\n<p><\/b><br \/>\nIl est toujours n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00e9tablir l&rsquo;\u00e9tat initial de la situation (bottom up) appr\u00e9hension du risque par la collectivit\u00e9) ce qui r\u00e9clame aussi quelquefois de d\u00e9finir de quelle collectivit\u00e9 il s&rsquo;agit (quartiers, groupements de communes, bassins&#8230;).<\/p>\n<p>En outre, il importe d&rsquo;\u00e9lucider les caract\u00e9ristiques endog\u00e8nes &#8211; histoires, syst\u00e8mes de valeur, projets, vocation culturelle, sens du bien commun, autorit\u00e9s, r\u00f4les, processus de d\u00e9cision, etc.<\/p>\n<p>Tout cela peut \u00eatre utilement appr\u00e9hend\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une analyse de coh\u00e9rence culturelle qui permet d&rsquo;en comprendre le Sens et la logique, condition n\u00e9cessaire pour une intelligence suffisante des processus.<\/p>\n<p>Cette \u00e9tude pr\u00e9alable d\u00e9bouche sur la conception d&rsquo;un savoir strat\u00e9gique pour conduire et d\u00e9velopper ensuite le processus d&rsquo;appropriation active.<\/p>\n<p>Cela int\u00e8gre bien sur la prise en compte pertinente des autorit\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rence l\u00e9gitimes et de la structuration des r\u00f4les dans le cheminement de maturation de la collectivit\u00e9.<\/p>\n<p><b>2) Le processus d&rsquo;appropriation active et ses trois \u00e9tapes cl\u00e9<br \/>\n<\/b><br \/>\nSi le sc\u00e9nario est toujours singulier, les \u00e9tapes de progression passent toujours par trois temps:<\/p>\n<p>&#8211; Appropriation d&rsquo;une connaissance partag\u00e9e du risque (\u00e9valuations),<br \/>\n&#8211; Appropriation d&rsquo;un engagement partag\u00e9 de ma\u00eetrise du risque (volont\u00e9, projet),<br \/>\n&#8211; Appropriation partag\u00e9e d&rsquo;un plan d&rsquo;action ou de dispositions (int\u00e9gr\u00e9s aux projets et actions de la collectivit\u00e9).<\/p>\n<p>Ce processus, m\u00eame s&rsquo;il est destin\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer la mise en oeuvre d&rsquo;un plan d&rsquo;action, est aussi destin\u00e9 \u00e0 favoriser une dynamique permanente de progression dans la ma\u00eetrise des risques au service du bien commun de la collectivit\u00e9 et ses projets d&rsquo;avenir.<\/p>\n<p>&#8211; Appropriation d&rsquo;une connaissance partag\u00e9e du risque.<\/p>\n<p>Ce processus vise une \u00e9laboration collective de la connaissance locale du risque et son \u00e9valuation. Cette \u00e9laboration collective n&rsquo;est pas la transmission d&rsquo;un savoir de sp\u00e9cialistes \u00e0 des responsables d\u00e9cideurs ou des populations ignares, mais la coalition de diff\u00e9rents savoirs, y compris les savoirs techniques et scientifiques utiles pour une \u00e9valuation collective du risque et des enjeux. On sait que cette \u00e9valuation est propre \u00e0 la culture et au bien commun de la collectivit\u00e9 tout en d\u00e9pendant aussi de l&rsquo;al\u00e9a qui doit \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 de fa\u00e7on aussi rigoureuse que possible. On notera qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas ici d&rsquo;\u00e9laborer une connaissance \u00ab\u00a0documentaire\u00a0\u00bb mais une connaissance \u00ab\u00a0op\u00e9ratoire\u00a0\u00bb, sur le plan d\u00e9cisionnel notamment.<\/p>\n<p>Cette phase de connaissance locale du risque doit int\u00e9grer la question de l&rsquo;\u00e9valuation de dommages \u00e9ventuels donc des \u00ab\u00a0biens esp\u00e9r\u00e9s\u00a0\u00bb et ainsi, rappelons le, des perspectives d&rsquo;avenir et de d\u00e9veloppement qui en donneront l&rsquo;\u00e9chelle de valeur.<\/p>\n<p>Pratiquement la d\u00e9marche d\u00e9pend des analyses culturelles pr\u00e9c\u00e9dentes et du sc\u00e9nario strat\u00e9gique ad-hoc. Il n&rsquo;y a donc pas ici de recette \u00e0 reproduire.<\/p>\n<p>&#8211; Appropriation d&rsquo;un engagement partag\u00e9 de ma\u00eetrise du risque.<\/p>\n<p>Il y a l\u00e0 de multiples dimensions \u00e0 examiner : pr\u00e9vention, pr\u00e9caution, protection, alerte, gestion de crise, p\u00e9dagogie collective, etc. L&rsquo;important, une fois la situation collectivement \u00e9valu\u00e9e, le terrain est disponible pour la r\u00e9flexion collective en termes d&rsquo;orientation et de principes et non en termes de solutions d\u00e9finitives. Il s&rsquo;agit, en fait, de faire \u00e9merger et renforcer une motivation collective \u00e0 la ma\u00eetrise dans le sens du bien commun. Cette \u00e9mergence favorisera consid\u00e9rablement le dialogue, la r\u00e9flexion, la compr\u00e9hension mutuelle et donc la traduction en dispositions de principe concr\u00e8tes et partag\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;exp\u00e9rience montre que cette phase est tr\u00e8s riche et les \u00e9volutions souvent spectaculaires gr\u00e2ce aux pr\u00e9parations pr\u00e9c\u00e9dentes qui auront non seulement permis de poser un cadre, un contenu et un sens partag\u00e9 \u00e0 la discussion. L\u00e0 aussi, par contre, les formes doivent toujours \u00eatre \u00ab\u00a0culturellement\u00a0\u00bb singuli\u00e8res. La manifestation de l&rsquo;engagement final engage les responsables au premier chef et aussi la reconnaissance et l&rsquo;exercice de l&rsquo;autorit\u00e9 de leur r\u00f4le dans la suite du processus. La repr\u00e9sentativit\u00e9 des int\u00e9ress\u00e9s est aussi capitale pour que soit assum\u00e9s les relais l\u00e9gitimes vis-\u00e0-vis des populations concern\u00e9es.<\/p>\n<p>&#8211; Appropriation partag\u00e9e des solutions et dispositions pratiques<\/p>\n<p>Cette phase est la concr\u00e9tisation de ce qui pr\u00e9c\u00e8de jusqu&rsquo;\u00e0 \u00e9tablir les plans et programmes d&rsquo;action selon toutes les dimensions op\u00e9rationnelles n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>L\u00e0 aussi la r\u00e9flexion technique, administrative, financi\u00e8re etc. est grandement facilit\u00e9e par ce qui pr\u00e9c\u00e8de et les solutions pratiques plus \u00e9videntes.<\/p>\n<p>Cette phase peut d\u00e9boucher sur des formes de contractualisation diverses, selon le cas, mais surtout elle pr\u00e9pare la transition avec le temps de l&rsquo;action et aussi avec la pers\u00e9v\u00e9rance et le progr\u00e8s dans la ma\u00eetrisedu risque.<\/p>\n<p>Il y a donc, au bout du processus d&rsquo;appropriation active, non seulement de bonnes solutions appropri\u00e9es \u00e0 la situation, non seulement un engagement durable du \u00e0 l&rsquo;appropriation du probl\u00e8me, du projet et ses r\u00e9alisations par les acteurs responsables, mais aussi un apprentissage collectif de tr\u00e8s grand int\u00e9r\u00eat m\u00eame pour d&rsquo;autres domaines.<\/p>\n<p>Enfinilfaut rappeler en conclusion que le processus d&rsquo;appropriation active est un processus de production, \u00e0 la fois d&rsquo;un contenu \u00ab\u00a0technique\u00a0\u00bb et \u00e0 la fois d&rsquo;un contenu \u00ab\u00a0social\u00a0\u00bb c&rsquo;est \u00e0 dire de la ma\u00eetrise d&rsquo;une communaut\u00e9 \u00e0 propos d&rsquo;un probl\u00e8me de risque li\u00e9 \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes physiques.<\/p>\n<p><b>A SIGNALER<\/b><\/p>\n<p><b><br \/>\nL&rsquo;INGENIERIE HUMAINE AU SERVICE DE LA MAITRISE DES RISQUES<\/b><\/p>\n<p><b><br \/>\n<\/b>Il s&rsquo;agit simplement d&rsquo;indiquer que si, \u00e0 un risque existentiel r\u00e9pond un processus de ma\u00eetrise collective alors ce probl\u00e8me rel\u00e8ve principalement de probl\u00e9matiques et de ph\u00e9nom\u00e8nes humains. Le constat d&rsquo;al\u00e9a est une donn\u00e9e \u00e0 partir de laquelle le ph\u00e9nom\u00e8ne humain est d\u00e9cisif (y compris dans sa connaissance, sa d\u00e9cision et ses solutions techniques).<\/p>\n<p>On n&rsquo;insistera jamais assez sur l&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;il y aurait \u00e0 pr\u00eater autant d&rsquo;attention, de science et de comp\u00e9tence qu&rsquo;aux aspects techniques concern\u00e9s.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 la connaissance des logiques humaines permettrait de mieux comprendre les attitudes, comportements, les rationalit\u00e9s collectives, culturelles et aussi les probl\u00e9matiques humaines sollicit\u00e9es.<\/p>\n<p>En outre, l&rsquo;action qui vise \u00e0 analyser pour comprendre et pour agir rel\u00e8ve d&rsquo;une ing\u00e9nierie humaine qui doit valoir pour le moins l&rsquo;ing\u00e9nierie qui a cours dans tel ou tel domaine technique, administratif, \u00e9conomique ou autre. Sa caract\u00e9ristique, par contre, n&rsquo;est pas de juxtaposer une discipline \u00e0 d&rsquo;autres mais d&rsquo;\u00eatre int\u00e9gratrice.<\/p>\n<p>L&rsquo;ing\u00e9nierie humaine d\u00e9velopp\u00e9e sur la base des coh\u00e9rences humaines par l&rsquo;Institut Coh\u00e9rences est sans doute la premi\u00e8re disponible \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la mise en oeuvre de politiques locales aussi complexes que celles de la ma\u00eetrise des risques.<\/p>\n<p>Cependant elle rel\u00e8ve d&rsquo;une position qui, \u00e0 l&rsquo;instar de la d\u00e9claration de RIO dans son article un, place l&rsquo;homme au centre des probl\u00e8mes qui sont les siens. Il ne faut pas s&rsquo;\u00e9tonner que la \u00ab\u00a0gouvernance\u00a0\u00bb ou le gouvernement des hommes ait \u00e0 retrouver leur place l\u00e0 ou la gestion des choses avait pris l&rsquo;exclusivit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;analyse des Sens du risque montre la diversit\u00e9 des positions et leurs cons\u00e9quences. La charge \u00e9motionelle li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9vocation des dommages cr\u00e9e une confusion pr\u00e9judiciable et trop souvent exploit\u00e9e. 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