{"id":209,"date":"2004-08-03T00:00:00","date_gmt":"2004-08-03T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/2004\/08\/03\/au-coeur-du-sujet-chapitre-1\/"},"modified":"2020-11-13T19:14:01","modified_gmt":"2020-11-13T18:14:01","slug":"au-coeur-du-sujet-chapitre-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/2004\/08\/03\/au-coeur-du-sujet-chapitre-1\/","title":{"rendered":"Au coeur du sujet &#8211; Chapitre 1"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Exploration de la notion de sens, \u00e9mergence du Sens.<\/p>\n<p>La question du sens est de celles qui ne. sont pas souvent pos\u00e9es,<\/p>\n<p>d&rsquo;autant plus bizarrement que tout la pose. Tout dans l&rsquo;existence renvoie<\/p>\n<p>\u00e0 la question du sens. Cependant, il y a souvent plus de questions<\/p>\n<p>sur l&rsquo;existence des choses que sur leur sens. Or, c&rsquo;est par les questions de<\/p>\n<p>sens que se r\u00e9solvent les probl\u00e8mes de l&rsquo;existence. Ce sont les questions<\/p>\n<p>de sens qui rendent l&rsquo;existence humaine. C&rsquo;est par le sens que l&rsquo;homme<\/p>\n<p>atteint \u00e0 une certaine ma\u00eetrise de son existence et de son devenir.<\/p>\n<p>Mais qu&rsquo;est-ce que le sens?<\/p>\n<p>C&rsquo;est aussi la question la plus difficile; une question simple qui va<\/p>\n<p>au coeur du sujet, celle de laquelle d\u00e9pendent toutes les autres.<\/p>\n<p>Nous allons engager ici une exploration de cette question pour<\/p>\n<p>distinguer quelques premiers rep\u00e8res dans cette \u00ab voie du sens \u00bb qui est<\/p>\n<p>la n\u00f4tre.<\/p>\n<p>22<\/p>\n<p>VARIETE DES QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>Il est question de sens dans de nombreux domaines et de nombreuses<\/p>\n<p>circonstances de l&rsquo;existence.<\/p>\n<p>Depuis le sens du langage jusqu&rsquo;\u00e0 celui de la compr\u00e9hension des<\/p>\n<p>choses, se pose la question de la nature logique ou sensible de ce sens,<\/p>\n<p>selon qu&rsquo;on y acc\u00e8de plus par l&rsquo;intellect ou par la sensibilit\u00e9.<\/p>\n<p>Le sensible, c&rsquo;est le domaine des cinq sens par lesquels tout, apparemment,<\/p>\n<p>est appr\u00e9hend\u00e9 et en fonction de quoi les choses peuvent avoir<\/p>\n<p>du sens pour nous. Ne parle-t-on pas aussi du sens d&rsquo;une action ou<\/p>\n<p>d&rsquo;une situation, du sens de l&rsquo;histoire, de celui d&rsquo;une trajectoire ou d&rsquo;un<\/p>\n<p>voyage, et en d\u00e9finitive du sens de la vie ou des \u00e9v\u00e9nements de notre<\/p>\n<p>existence. Y a-t-il un lien entre ces multiples acceptions du concept de<\/p>\n<p>sens? Y a-t-il un lieu commun, un sens v\u00e9ritable dont tout serait<\/p>\n<p>d\u00e9clin\u00e9, selon les registres du r\u00e9el auxquels on s&rsquo;attache?<\/p>\n<p>Pour tenter de r\u00e9pondre \u00e0 la question: \u00ab Qu&rsquo;est-ce que le sens? \u00bb,<\/p>\n<p>une approche consiste \u00e0 explorer d&rsquo;abord diff\u00e9rents domaines o\u00f9 la<\/p>\n<p>question de sens peut nous para\u00eetre famili\u00e8re.<\/p>\n<p>Dans le domaine du langage, par exemple, comprendre, c&rsquo;est<\/p>\n<p>comprendre le sens. Tout le monde est d&rsquo;accord. Mais qu&rsquo;est-ce que le<\/p>\n<p>sens du langage? Alors personne n&rsquo;est plus d&rsquo;accord. Le sens est-il li\u00e9<\/p>\n<p>aux choses dont on parle, est-il inscrit dans les structures linguistiques<\/p>\n<p>grammaticales, est-il dans l\u00e0 sensibilit\u00e9 du locuteur ou dans l&rsquo;intellect<\/p>\n<p>de celui qui entend? Ou n&rsquo;est-il pas une simple illusion, une fa\u00e7on de<\/p>\n<p>parler de ce qui renvoie au contexte, \u00e0 la relation, \u00e0 l&rsquo;histoire, \u00e0<\/p>\n<p>l&rsquo;id\u00e9ologie, \u00e0 l&rsquo;humeur, etc&#8230;<\/p>\n<p>Qui n&rsquo;a \u00e9prouv\u00e9 la difficult\u00e9 de comprendre le sens d&rsquo;un texte ou<\/p>\n<p>d&rsquo;un discours? Qui n&rsquo;a exp\u00e9riment\u00e9 l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 de sens d&rsquo;un terme,<\/p>\n<p>d&rsquo;une phrase? C&rsquo;est souvent comme cela que l&rsquo;on pr\u00eate attention au<\/p>\n<p>sens. Habituellement on comprend, on exprime le sens de ses intentions<\/p>\n<p>ou de ses pr\u00e9occupations sans y pr\u00eater attention.<\/p>\n<p>23<\/p>\n<p>  QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>Le sens, gr\u00e2ce \u00e0 la langue fran\u00e7aise, se retrouve impliqu\u00e9 dans de<\/p>\n<p>nombreux registres. Dans la communication, avec le langage verbal, le<\/p>\n<p>langage gestuel, celui des images, l&rsquo;art m\u00eame, se posent les questions<\/p>\n<p>suivantes: qu&rsquo;est-ce qui est l&rsquo;essentiel; la forme ou le sens? Quel est le<\/p>\n<p>rapport de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre? Qu&rsquo;est-ce que le sens?<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est trop d\u00e9licat et la r\u00e9ponse trop neuve pour ne pas<\/p>\n<p>prendre ici le temps de cheminer au travers de quelques registres. Un<\/p>\n<p>de ceux-ci est celui de la compr\u00e9hension. Il semble bien que comprendre,<\/p>\n<p>c&rsquo;est comprendre le sens et ne pas comprendre, c&rsquo;est ne pas<\/p>\n<p>\u00ab saisir le sens \u00bb, ne pas le discerner. C&rsquo;est donc ainsi une question de<\/p>\n<p>logique. Le sens est-il la logique? Ce serait ici alors une question<\/p>\n<p>d&rsquo;ordre intellectuel. Mais si la compr\u00e9hension est d&rsquo;ordre intellectuel,<\/p>\n<p>le sens l&rsquo;est-il? La compr\u00e9hension n&rsquo;est peut-\u00eatre qu&rsquo;un mode d&rsquo;appr\u00e9hension<\/p>\n<p>du sens.<\/p>\n<p>Le mode intellectuel n&rsquo;\u00e9puise pas la question de la compr\u00e9hension.<\/p>\n<p>Ne parle-t-on pas d&rsquo;une intelligence sensible, dite quelquefois<\/p>\n<p>intelligence du coeur? D&rsquo;un coeur affectif probablement.<\/p>\n<p>L&rsquo;intuition, la sensibilit\u00e9 sont des fa\u00e7ons d&rsquo;appr\u00e9hender le sens des<\/p>\n<p>choses. S&rsquo;agit-il toujours du m\u00eame sens? En tout cas se posent bien, l\u00e0<\/p>\n<p>encore, des probl\u00e8mes de sens. Ils se posent de telle fa\u00e7on que l&rsquo;on<\/p>\n<p>aper\u00e7oit que s&rsquo;attache une grande valeur \u00e0 l&rsquo;appr\u00e9hension ou la <\/p>\n<p>connaissance du sens: valeur de pertinence, de justesse, valeur d&rsquo;adaptation,<\/p>\n<p>valeur de qualit\u00e9 d&rsquo;un v\u00e9cu ou d&rsquo;une activit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans le domaine des cinq sens: voir, toucher, go\u00fbter, sentir,<\/p>\n<p>entendre, forment la panoplie de notre appr\u00e9hension directe des choses.<\/p>\n<p>Voir et entendre, particuli\u00e8rement, sont \u00e9trangement utilis\u00e9s aussi<\/p>\n<p>bien pour la conscience et la compr\u00e9hension que pour l&rsquo;exercice des<\/p>\n<p>deux sens de la vision et de l&rsquo;ou\u00efe. Y aurait-il l\u00e0 l&rsquo;indice d&rsquo;un pont<\/p>\n<p>entre l&rsquo;intellect et le sensible? Le sens sensible et le sens intellectuel<\/p>\n<p>sont-ils en correspondance et, si oui, comment?<\/p>\n<p>Un autre registre encore est celui de l&rsquo;orientation, l&rsquo;orientation des<\/p>\n<p>choses, du monde et la n\u00f4tre. L&rsquo;orientation dans l&rsquo;espace est une<\/p>\n<p>question de sens topologique. On parle aussi du sens d&rsquo;une action pour<\/p>\n<p>indiquer la direction du mouvement, d&rsquo;une activit\u00e9 ou encore sa<\/p>\n<p>valeur ou son utilit\u00e9. Le sens de l&rsquo;histoire ou celui d&rsquo;une situation, sont<\/p>\n<p>aussi question d&rsquo;orientation. Le sens du temps, unique celui-l\u00e0, est-il le<\/p>\n<p>m\u00eame que celui de l&rsquo;histoire?<\/p>\n<p>Des questions d&rsquo;orientation, on en arrive \u00e0 celle de sa propre<\/p>\n<p>existence. Voie, vocation, sens de sa vie, sens du devenir sont encore<\/p>\n<p>des questions de sens.<\/p>\n<p>Le sujet n&rsquo;est pas \u00e9puis\u00e9. En effet, il n&rsquo;est pas jusqu&rsquo;au monde<\/p>\n<p>lui-m\u00eame, aux choses elles-m\u00eames dont on ne puisse se demander s&rsquo;ils<\/p>\n<p>ont un ou plusieurs sens, en dehors m\u00eame de l&rsquo;appr\u00e9hension que l&rsquo;on en a.<\/p>\n<p>   Les questions de sens sont partout. Elles sont en tout cas au coeur<\/p>\n<p>de toute question de connaissance; au coeur de toute question de<\/p>\n<p>24<\/p>\n<p>QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>participation au monde: consensus, v\u00e9cu, sentiment ressenti; au<\/p>\n<p>coeur de toute action m\u00eame: orientation, direction, chemin, finalit\u00e9.<\/p>\n<p>Sens du mouvement, de tout mouvement, et appr\u00e9hension du<\/p>\n<p>sens pour la connaissance et le contr\u00f4le du mouvement; communication<\/p>\n<p>du sens entre les hommes et les choses, voil\u00e0 que le probl\u00e8me<\/p>\n<p>du sens est au coeur du sujet! Mais s&rsquo;agit-il du m\u00eame sens, au-del\u00e0 de<\/p>\n<p>la ressemblance ou de la diff\u00e9rence des termes dans la langue fran\u00e7aise?<\/p>\n<p>Si philosopher ou th\u00e9oriser est atteindre aux sens des concepts<\/p>\n<p>ou conceptualiser le sens des choses, on peut se demander si la<\/p>\n<p>langue maternelle n&rsquo;est pas le v\u00e9hicule privil\u00e9gi\u00e9, le seul qui atteigne<\/p>\n<p>au \u00abcoeur du sujet\u00bb et \u00e9vite les d\u00e9placements du sujet que les<\/p>\n<p>r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 des termes d&rsquo;autres langues, mortes notamment, risquent<\/p>\n<p>de provoquer. Le sens est-il dans le terme ou dans le sujet?<\/p>\n<p>Constatons simplement qu&rsquo;il ne manque pas de ponts entre les<\/p>\n<p>registres, \u00e0 propos du sens. Bien des artistes nous ont familiaris\u00e9s avec<\/p>\n<p>ce passage d&rsquo;un registre \u00e0 l&rsquo;autre; les couleurs et la musique, le son et la<\/p>\n<p>peinture, la peinture et le langage po\u00e9tique, etc.<\/p>\n<p>Le langage, justement, peut para\u00eetre faire la jonction. Ne peut-on<\/p>\n<p>pas faire go\u00fbter, faire voir, par le simple jeu des mots, alliant ainsi<\/p>\n<p>sensible et intelligible?<\/p>\n<p>Toutes les sciences, les philosophies, s&rsquo;expriment par un langage<\/p>\n<p>logique pour nous dire le sens des choses et le sens de l&rsquo;homme et du<\/p>\n<p>monde. C&rsquo;est cette universalit\u00e9 du langage qui a pu faire croire qu&rsquo;il<\/p>\n<p>\u00e9tait la seule origine et le seul v\u00e9hicule du sens. Ce n&rsquo;est pas notre<\/p>\n<p>th\u00e8se. Il se confirme simplement qu&rsquo;un sens, dans un registre, peut \u00eatre<\/p>\n<p>retraduit dans un autre registre par l&rsquo;usage du langage. Cependant ce<\/p>\n<p>n&rsquo;est pas le langage qui traduit, mais le sujet du langage: l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>C&rsquo;est cette question, tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment, de ce qu&rsquo;il y a de commun au<\/p>\n<p>travers de la diversit\u00e9 des domaines, \u00e0 tous les probl\u00e8mes de sens, qui<\/p>\n<p>va nous amener progressivement au coeur du sujet. Mais pour y<\/p>\n<p>atteindre, nous poursuivrons cette exploration par deux analogies: celle<\/p>\n<p>du \u00ab tir \u00e0 l&rsquo;arc \u00bb nous permettra d&rsquo;envisager comment la question de<\/p>\n<p>sens peut se poser de fa\u00e7on multiple dans une m\u00eame situation, et celle<\/p>\n<p>de \u00ab f&rsquo;arc-en-ciel \u00bb nous permettra de mettre en perspective ce qui peut<\/p>\n<p>\u00eatre l&rsquo;articulation du sens et de ses manifestations.<\/p>\n<p>25<\/p>\n<p>QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>QUELQUES QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>&#8211; Ce texte, cet \u00e9v\u00e9nement, ce comportement, cette action:<\/p>\n<p>qu&rsquo;est-ce que cela veut dire?<\/p>\n<p>Cette chose, ce projet, cette activit\u00e9: A quoi cela sert-il?<\/p>\n<p>&#8211; Cette situation, cet engagement, ce voyage, cette voie ce<\/p>\n<p>cheminement: O\u00f9 cela m\u00e8ne-t-il?<\/p>\n<p>&#8211; Pourquoi? Cette affirmation, cette entreprise, cette r\u00e9alit\u00e9,<\/p>\n<p>cet \u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n<p>&#8211; Quelle est la finalit\u00e9? De cette action, de l&rsquo;existence, de<\/p>\n<p>cette entreprise.<\/p>\n<p>&#8211; Ce discours, cette situation, cette r\u00e9alisation, cette chose:<\/p>\n<p>Quelle valeur cela a-t-il?<\/p>\n<p>&#8211; Ce comportement, cette op\u00e9ration, cette id\u00e9e: Quelle raison<\/p>\n<p>cela a-t-il?<\/p>\n<p>Quelle direction? Quelle orientation? Quelle logique?<\/p>\n<p>Quelle dynamique? Quelle voie? Quel int\u00e9r\u00eat (humain)?<\/p>\n<p>Quel esprit? Quelle position (humaine)? Quel v\u00e9cu?<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il se passe? Quelle id\u00e9e? etc&#8230;<\/p>\n<p>26<\/p>\n<p>II<\/p>\n<p>VARIETE DES SENS :<\/p>\n<p>ANALOGIE DU TIR A L&rsquo;ARC<\/p>\n<p>Peut-on, pour une m\u00eame situation, appr\u00e9hender plusieurs fa\u00e7ons<\/p>\n<p>d&rsquo;en envisager le sens. Dans l&rsquo;exemple du tir \u00e0 l&rsquo;arc, il est possible de<\/p>\n<p>rep\u00e9rer plusieurs dimensions caract\u00e9ristiques du sens de la situation.<\/p>\n<p>S&rsquo;attacher \u00e0 l&rsquo;une d&rsquo;entre elles serait lui donner une primaut\u00e9 arbitraire.<\/p>\n<p>Aucune des caract\u00e9ristiques significatives de la situation n&rsquo;en est le sens.<\/p>\n<p>Alors, o\u00f9 est-il? Le sens est \u00e0 la fois partout et nulle part. Il se r\u00e9v\u00e8le<\/p>\n<p>sous diff\u00e9rents aspects, dans diff\u00e9rentes dimensions, mais il n&rsquo;en fait pas<\/p>\n<p>partie. Il n&rsquo;est pas lui-m\u00eame un aspect ou une partie de la situation, il<\/p>\n<p>lui est transcendant.<\/p>\n<p>L&rsquo;observation du tir \u00e0 l&rsquo;arc va nous aider \u00e0 distinguer diff\u00e9rentes acceptions du concept.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-675\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/png_File0027.png?resize=469%2C234\" alt=\"File0027.png\" align=\"center\" width=\"469\" height=\"234\" \/><\/p>\n<p>QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0, si nous observons ces trois \u00e9l\u00e9ments, nous pouvons y lire<\/p>\n<p>trois indications de sens:<\/p>\n<p>&#8211; la cible, objectif et rep\u00e8re pour le tir. Elle est \u00ab objet d&rsquo;attention \u00bb<\/p>\n<p>pour organiser et pr\u00e9voir l&rsquo;acte et le parcours n\u00e9cessaire de la fl\u00e8che.<\/p>\n<p>&#8211; la fl\u00e8che, qui indique bel et bien la trajectoire qu&rsquo;elle suivra et que<\/p>\n<p>l&rsquo;on peut calculer dans le prolongement de son orientation. La fl\u00e8che<\/p>\n<p>permet d&rsquo;imaginer la trajectoire et en indique le sens. Mais elle est<\/p>\n<p>aussi le vecteur qui, se d\u00e9pla\u00e7ant vers la cible, va l&rsquo;atteindre en son<\/p>\n<p>coeur&#8230; A condition que la vis\u00e9e soit juste.<\/p>\n<p>&#8211; l&rsquo;arc, enfin, qui porte et oriente la fl\u00e8che et va lui donner la force<\/p>\n<p>n\u00e9cessaire \u00e0 son parcours. L&rsquo;arc dans sa position et sa tension vise la<\/p>\n<p>cible pour y porter la fl\u00e8che. Le sens y est donn\u00e9.<\/p>\n<p>Dans cette situation du tir \u00e0 l&rsquo;arc, le sens peut se trouver dans la<\/p>\n<p>cible-objectif, dans la fl\u00e8che-vecteur, dans l&rsquo;arc-visant.<\/p>\n<p>Il suffit d&rsquo;ailleurs de l&rsquo;un de ces trois \u00e9l\u00e9ments pour conna\u00eetre le<\/p>\n<p>sens des deux autres: la cible pour la vis\u00e9e et la trajectoire de la fl\u00e8che,<\/p>\n<p>la fl\u00e8che pour la vis\u00e9e et l&rsquo;objectif; l&rsquo;arc pour la trajectoire et l&rsquo;objectif.<\/p>\n<p>On pourrait d&rsquo;ailleurs dire que c&rsquo;est le m\u00eame sens qui est rep\u00e8re dans<\/p>\n<p>ces trois lieux, o\u00f9 il se pr\u00e9sente sous des modes diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Mais reprenons cette sc\u00e8ne du tir \u00e0 l&rsquo;arc sous une autre perspective,<\/p>\n<p>celle du tireur dont nous n&rsquo;avons pas encore parl\u00e9.<\/p>\n<p>Il vise avec son arc un objectif: la cible, et il tire sa fl\u00e8che. Il y a<\/p>\n<p>chez lui une \u00abintention\u00bb que sa vis\u00e9e avec l&rsquo;arc exprime et une<\/p>\n<p>\u00ab attention \u00bb, celle port\u00e9e \u00e0 la cible \u00e0 laquelle il destine sa fl\u00e8che et qu&rsquo;il<\/p>\n<p>vise. C&rsquo;est la d\u00e9tente de son arc qui ach\u00e8ve son acte et inaugure le<\/p>\n<p>mouvement de la fl\u00e8che, inscrivant son intention dans son attention,<\/p>\n<p>accomplies ensemble dans l&rsquo;impact final.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc trois nouvelles indications du sens de la situation:<\/p>\n<p>l&rsquo;intention du tireur, son attention et le tir comme action r\u00e9sultante.<\/p>\n<p>Reprenons sur un m\u00eame sch\u00e9ma cette s\u00e9rie d&rsquo;indications du<\/p>\n<p>sens.<\/p>\n<p>(cf. figure 2)<\/p>\n<p>Nous avons l\u00e0 trois cat\u00e9gories de sens ou plut\u00f4t trois types de<\/p>\n<p>modalit\u00e9s d&rsquo;un m\u00eame sens. on peut y distinguer:<\/p>\n<p>une origine, un d\u00e9part, un principe: l&rsquo;intention exprim\u00e9e initialement<\/p>\n<p>dans la vis\u00e9e et l&rsquo;arc.<\/p>\n<p>(2) un objectif, une destination vers lesquels se porte l&rsquo;attention: la<\/p>\n<p>cible.<\/p>\n<p>(3) un vecteur qui parcours le chemin de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre dans<\/p>\n<p>l&rsquo;action de tir : la fl\u00e8che.<\/p>\n<p>28<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-676\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/png_File0029.png?resize=425%2C320\" alt=\"File0029.png\" align=\"center\" width=\"425\" height=\"320\" \/><\/p>\n<p>Figure 2<\/p>\n<p>On pourrait dire qu&rsquo;il y a trois causes pour un m\u00eame sens:<\/p>\n<p>&#8211; l&rsquo;arc et l&rsquo;intention,<\/p>\n<p>&#8211; l&rsquo;objectif \u00e0 atteindre,<\/p>\n<p>le tir de la fl\u00e8che qui rejoint l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>Cependant, l\u00e0 ne s&rsquo;ach\u00e8ve pas l&rsquo;organisation des diff\u00e9rentes traces<\/p>\n<p>du sens. Il y a encore d&rsquo;autres aspects que le m\u00eame sch\u00e9ma permet de<\/p>\n<p>retrouver.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;on consid\u00e8re l&rsquo;espace entre (1) et (2), on peut y situer le<\/p>\n<p>rapport entre l&rsquo;intention et l&rsquo;attention.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;arc a telle position, c&rsquo;est par rapport \u00e0 la cible et si le tireur a<\/p>\n<p>cette intention, c&rsquo;est pour la cible, objet de son attention. Il y a un<\/p>\n<p>rapport entre arc et cible, entre sujet tireur et objet cible, entre intention et attention.<\/p>\n<p>Ce rapport c&rsquo;est l&rsquo;affectation du sujet par l&rsquo;objet du<\/p>\n<p>tireur par sa cible. C&rsquo;est celle-l\u00e0, pr\u00e9cis\u00e9ment, qu&rsquo;il vise. <\/p>\n<p>Cette affectation, sollicitation de son d\u00e9sir, lui fait bander son arc. La tension<\/p>\n<p>relie donc arc et cible, tension du tireur vers son objectif, tension de<\/p>\n<p>l&rsquo;arc porteur de la force de l&rsquo;intention envers l&rsquo;objectif. Il y a l\u00e0 aussi<\/p>\n<p>place pour le sentiment, si quelque meurtre est en perspective, a moins<\/p>\n<p>qu&rsquo;Eros donne sens au rapport. Tout d\u00e9pend de la raison (ratio).<\/p>\n<p>29<\/p>\n<p>QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>Cet aspect de tension, d&rsquo;affectation sinon d&rsquo;affection, est celui du<\/p>\n<p>sens dans ce rapport, fondement m\u00eame de l&rsquo;action et du tir qui l&rsquo;ex-<\/p>\n<p>prime.<\/p>\n<p>Cet aspect (A) est \u00abl&rsquo;envers\u00bb (intention envers la cible) d&rsquo;un<\/p>\n<p>\u00abendroit\u00bb la fl\u00e8che d\u00e9coch\u00e9e (3) par l&rsquo;arc \u00e0 l&rsquo;endroit de l&rsquo;objectif.<\/p>\n<p>D&rsquo;une autre fa\u00e7on, le sens du rapport entre arc et cible, entre intention<\/p>\n<p>et attention, entre sujet et objet, sous-tend le sens qu&rsquo;indique la fl\u00e8che<\/p>\n<p>port\u00e9e de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre (3). Le parcours de la fl\u00e8che incarne le rapport<\/p>\n<p>\u00abaffectif\u00bb qui est aussi fa raison de ce parcours.<\/p>\n<p>L&rsquo;espace (A) sur notre sch\u00e9ma pr\u00e9c\u00e8de et explique le vecteur (3)<\/p>\n<p>qui en est cons\u00e9quence.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rons ensuite l&rsquo;espace (B) qui relie les vecteurs (1) et (3).<\/p>\n<p>L&rsquo;arc et le parcours de la fl\u00e8che, l&rsquo;intention du tireur et le tir sont r\u00e9unis<\/p>\n<p>dans le projet, dans l&rsquo;id\u00e9e, dans la repr\u00e9sentation du trajet. L&rsquo;image du<\/p>\n<p>lien au travers de l&rsquo;espace; c&rsquo;est-\u00e0-dire la trajectoire, est ce que le tireur<\/p>\n<p>imagine et que la fl\u00e8che indique, ce que le sujet pr\u00e9voit ou se repr\u00e9sente<\/p>\n<p>et que le tir r\u00e9alise et pr\u00e9sente \u00e0 son tour. Le sens est ici en image,<\/p>\n<p>en pens\u00e9e, en signe, en sc\u00e9nario dans un \u00ab espace de repr\u00e9sentation \u00bb.<\/p>\n<p>Cet aspect du sens (B) se trouve en face du vecteur (2): l&rsquo;objectif.<\/p>\n<p>Celui-ci est d\u00e9ploy\u00e9 en sc\u00e8ne, en figure repr\u00e9sentative de ce qui va<\/p>\n<p>arriver, de ce qui arrive. C&rsquo;est \u00ab l&rsquo;id\u00e9e \u00bb de la fa\u00e7on d&rsquo;atteindre la cible,<\/p>\n<p>celle d&rsquo;une trajectoire figurant l&rsquo;annulation de la distance entre <\/p>\n<p>l&rsquo;intention et l&rsquo;attention.<\/p>\n<p>Cet aspect \u00ab formel \u00bb (B) du Sens est aussi une repr\u00e9sentation de<\/p>\n<p>l&rsquo;aspect \u00abaffectif\u00bb (A).<\/p>\n<p>Enfin, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de l&rsquo;intention, de la vis\u00e9e de l&rsquo;arc, un nouvel<\/p>\n<p>aspect se concr\u00e9tise, sorte de mat\u00e9rialisation de l&rsquo;intention (C).<\/p>\n<p>Entre le parcours de la fl\u00e8che et la cible reste la place pour l&rsquo;impact<\/p>\n<p>final. L\u00e0 s&rsquo;ach\u00e8ve et se r\u00e9alise le sens de l&rsquo;action. Le tir est mat\u00e9rialis\u00e9<\/p>\n<p>par son r\u00e9sultat, ses cons\u00e9quences. Il y a l\u00e0 une fl\u00e8che se pr\u00e9cipitant<\/p>\n<p>dans une cible qu&rsquo;elle perfore.<\/p>\n<p>La fl\u00e8che-vecteur atteint la cible-objectif par la mobilit\u00e9 de l&rsquo;une<\/p>\n<p>et l&rsquo;attente immobile de l&rsquo;autre, au vu du tireur qui voit ainsi se<\/p>\n<p>r\u00e9aliser son intention (s&rsquo;il a vis\u00e9 juste bien entendu). Cette concr\u00e9tisation<\/p>\n<p>de son intention -perforer la cible- est un aspect du sens de la<\/p>\n<p>sc\u00e8ne, comme l&rsquo;intention en est aussi une dimension.<\/p>\n<p>Le sens se trouve ainsi indiqu\u00e9 par les trois dimensions (1) (2) (3),<\/p>\n<p>marqu\u00e9es par les objets: arc, cible, fl\u00e8che; dans le sujet: intention,<\/p>\n<p>attention, tir; et aussi manifest\u00e9 par trois aspects:<\/p>\n<p>&#8211; aspect affectif ou relatif,<\/p>\n<p>&#8211; aspect formel ou repr\u00e9sentatif,<\/p>\n<p>&#8211; aspect mat\u00e9riel ou concret r\u00e9alisant les pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p>Le tir \u00e0 l&rsquo;arc et l&rsquo;analyse qui s&rsquo;en est suivie, nous offrent cet ordre<\/p>\n<p>o\u00f9 toutes les acceptions du concept de sens prennent place.<\/p>\n<p>30<\/p>\n<p>  QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>Un m\u00eame sens peut se d\u00e9ployer sous les diff\u00e9rentes modalit\u00e9s et<\/p>\n<p>les aspects ainsi repr\u00e9sent\u00e9s. Le concept de sens y trouve de multiples<\/p>\n<p>acceptions.<\/p>\n<p>L&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;action, dans cet exemple du tir \u00e0 l&rsquo;arc, nous a permis<\/p>\n<p>d&rsquo;entrevoir l&rsquo;unicit\u00e9 du sens sous une diversit\u00e9 d&rsquo;acceptions de celui-ci.<\/p>\n<p>Il reste n\u00e9anmoins \u00e0 soulever quelques questions majeures. Si<\/p>\n<p>nous avons dans ce sch\u00e9ma plusieurs acceptions du concept de sens,<\/p>\n<p>aucune de ces acceptions particuli\u00e8res ne peut \u00eatre prise pour LE sens.<\/p>\n<p>On peut prendre l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des acceptions comme principale et<\/p>\n<p>les autres comme secondaires sans r\u00e9pondre \u00e0 la question. Il y a bien<\/p>\n<p>une esquisse de hi\u00e9rarchie entre arc, cible, fl\u00e8che; entre intention,<\/p>\n<p>attention, action; entre aspect affectif, repr\u00e9sentatif et concret; cependant,<\/p>\n<p>aucune acception ne porte la totalit\u00e9 des autres.<\/p>\n<p>L&rsquo;arc n&rsquo;est pas la fl\u00e8che, ni la cible, et chacun des trois indique le<\/p>\n<p>m\u00eame sens. En fait, le sens avec toutes ses acceptions prend tous ces<\/p>\n<p>aspects et toutes ces dimensions, mais il ne figure pas parmi eux. Le<\/p>\n<p>sens n&rsquo;est pas dans ce sch\u00e9ma, mais ailleurs. D\u00e8s que nous avons cru le<\/p>\n<p>trouver, il nous \u00e9chappe et il reste en lui-m\u00eame encore un myst\u00e8re.<\/p>\n<p>A propos du tir \u00e0 l&rsquo;arc, nous avons vu diverses dimensions et<\/p>\n<p>divers aspects du sens de la situation qui peuvent \u00eatre simultan\u00e9s. On<\/p>\n<p>peut aussi se demander ce qu&rsquo;il y a de commun \u00e0 l&rsquo;intention de tirer, a<\/p>\n<p>la trajectoire de la fl\u00e8che et \u00e0 l&rsquo;attention \u00e0 l&rsquo;objectif, etc&#8230;; le sens bien<\/p>\n<p>s\u00fbr. Mais, si tel est le cas, le sens est ce par quoi le d\u00e9sir du tireur se fait<\/p>\n<p>intention, attention, action, etc&#8230;<\/p>\n<p>Le sens est ce qu&rsquo;il y a de commun \u00e0 l&rsquo;action et \u00e0 la r\u00e9flexion par<\/p>\n<p>exemple. Il est ce sur quoi des sensations peuvent devenir pens\u00e9es, les<\/p>\n<p>pens\u00e9es des actions, les actions des impressions, celles-ci des gestes,<\/p>\n<p>des mouvements, des attentions, des choix d&rsquo;objets, des pr\u00e9visions,<\/p>\n<p>etc&#8230; En fait, dans tous les moments de la vie quotidienne, nous ne<\/p>\n<p>cessons de passer d&rsquo;une modalit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autre, gr\u00e2ce au fait, qu&rsquo;en nous,<\/p>\n<p>l&rsquo;axe commun, le substrat unique, le contenu unique de toutes ces<\/p>\n<p>acceptions du concept de sens, et de toutes ses dimensions: c&rsquo;est le<\/p>\n<p>sens. Un sens situ\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a s&rsquo;articule, c&rsquo;est-\u00e0-dire en nous-m\u00eames.<\/p>\n<p>C&rsquo;est en l&rsquo;Homme que la transformation d&rsquo;une dimension \u00e0 l&rsquo;autre<\/p>\n<p>semble s&rsquo;op\u00e9rer, et ce serait donc l\u00e0 qu&rsquo;il faudrait aller chercher ce que<\/p>\n<p>nous n&rsquo;arrivons pas \u00e0 atteindre dans la situation observ\u00e9e. Ainsi notre<\/p>\n<p>hypoth\u00e8se est que le sens du sensible, le sens de l&rsquo;intelligible et celui<\/p>\n<p>des choses concr\u00e8tes sont r\u00e9unis par un substrat commun, en l&rsquo;homme,<\/p>\n<p>pour lequel nous garderons le terme de sens.<\/p>\n<p>31<\/p>\n<p>  QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>LE LANGAGE ET LE SENS<\/p>\n<p>Le langage est un des domaines o\u00f9 la question du sens est<\/p>\n<p>pos\u00e9e de fa\u00e7on tr\u00e8s vari\u00e9e et o\u00f9 des th\u00e9ories contradictoires<\/p>\n<p>s&rsquo;affrontent.<\/p>\n<p>Le sch\u00e9ma utilis\u00e9 pour le tir \u00e0 l&rsquo;arc peut nous aider \u00e0<\/p>\n<p>explorer cette question: qu&rsquo;est-ce qui, dans le langage, donne le<\/p>\n<p>sens?<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-677\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/png_File0032.png?resize=378%2C281\" alt=\"File0032.png\" align=\"center\" width=\"378\" height=\"281\" \/><\/p>\n<p>FIGURE 3<\/p>\n<p>Une premi\u00e8re version consiste \u00e0 consid\u00e9rer que le sens du<\/p>\n<p>langage, c&rsquo;est l&rsquo;intention du sujet, ce qu&rsquo;il veut dire. Le langage,<\/p>\n<p>ainsi, serait le v\u00e9hicule, le porteur d&rsquo;un sens, celui du sujet,<\/p>\n<p>traduit de fa\u00e7on plus ou moins ad\u00e9quate par le langage. Ainsi<\/p>\n<p>le sens serait \u00e0 chercher dans le sujet qui parle, dans son<\/p>\n<p>intention plus ou moins manifest\u00e9e ou cach\u00e9e. Ce serait l\u00e0 un<\/p>\n<p>sens intentionnel.<\/p>\n<p>Cependant, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9, on pourrait consid\u00e9rer que le sens<\/p>\n<p>du langage n&rsquo;est pas dans l&rsquo;intention mais dans l&rsquo;action verbale<\/p>\n<p>elle-m\u00eame. Dans cette optique, le sens du langage c&rsquo;est de<\/p>\n<p>produire un effet et c&rsquo;est l&rsquo;action de parler qui en est l&rsquo;op\u00e9-<\/p>\n<p>ration efficace. L&rsquo;\u00e9nonciation, comme op\u00e9ration, et comme<\/p>\n<p>32<\/p>\n<p>QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>LE LANGAGE ET LE SENS<\/p>\n<p>fait d&rsquo;intervenir, serait alors le sens du langage dans la mesure<\/p>\n<p>o\u00f9 elle op\u00e8re. Le r\u00e9sultat obtenu, l&rsquo;effet produit, seraient aussi<\/p>\n<p>ce sens-la que l&rsquo;on pourrait appeler sens factuel. Dans ces deux<\/p>\n<p>premi\u00e8res versions, le sens du langage est rattach\u00e9 \u00e0 l&rsquo;intervention<\/p>\n<p>du sujet: soit dans son intention premi\u00e8re, ce qui<\/p>\n<p>fonde sa prise de parole, soit dans son action, son acte de<\/p>\n<p>parole lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>On peut se demander \u00ab de quoi il s&rsquo;agit \u00bb, \u00e0 propos d&rsquo;un<\/p>\n<p>texte ou d&rsquo;un discours. C&rsquo;est alors que le sens du langage sera<\/p>\n<p>recherch\u00e9 dans le propos, dans ce dont il est question, les<\/p>\n<p>choses dont on parle. Dans le langage, les mots et termes<\/p>\n<p>utilis\u00e9s, sont des substituts repr\u00e9sentant ces choses-l\u00e0. On peut<\/p>\n<p>en conclure que le sens du langage est dans les termes utilis\u00e9s<\/p>\n<p>et que le sens d&rsquo;un terme est la chose dont il est le substitut. Le<\/p>\n<p>sens du mot \u00ab soleil \u00bb serait le soleil lui-m\u00eame, et il s&rsquo;agirait<\/p>\n<p>alors d&rsquo;un sens attentionnel.<\/p>\n<p>A l&rsquo;oppos\u00e9 dans notre sch\u00e9ma, le langage peut \u00eatre con-<\/p>\n<p>sid\u00e9r\u00e9 comme un arrangement logique, une syntaxe, un ensemble<\/p>\n<p>organis\u00e9 de structures grammaticales. Les formes linguistiques,<\/p>\n<p>structures logiques du langage, constitueraient alors le<\/p>\n<p>sens, forme logique de l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;on veut repr\u00e9senter ainsi. Le<\/p>\n<p>sens, c&rsquo;est ici la forme structurelle du langage, conforme \u00e0 celle<\/p>\n<p>de l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il repr\u00e9sente par conformit\u00e9 structurelle. C&rsquo;est la<\/p>\n<p>th\u00e8se des linguistiques formelles. Dans cette optique, la pens\u00e9e<\/p>\n<p>est structur\u00e9e comme un langage (formel) et la pens\u00e9e elle-<\/p>\n<p>m\u00eame repr\u00e9sente (formellement) le r\u00e9el. Ces deux versions se<\/p>\n<p>rattachent \u00e0 une conception informative du langage, soit par<\/p>\n<p>repr\u00e9sentation des choses, soit par formulation des id\u00e9es. On<\/p>\n<p>devrait alors parler ici de sens formel.<\/p>\n<p>Entre l&rsquo;intention du sujet et l&rsquo;attention \u00e0 ses objets, aux<\/p>\n<p>choses et \u00e0 ses interlocuteurs, l&rsquo;aspect relatif du langage peut,<\/p>\n<p>lui aussi, \u00eatre pris comme ce qui en fait le sens. Le sens serait<\/p>\n<p>alors la relation entre le sujet et ses interlocuteurs, relation non<\/p>\n<p>pas factuelle, mais liaison affective avec toutes ses variantes<\/p>\n<p>sentimentales, \u00e9motionnelles ou sensibles. Le langage relie<\/p>\n<p>entre eux les interlocuteurs et c&rsquo;est cette liaison qui en est le<\/p>\n<p>sens. En outre, le langage relie le sujet \u00e0 ses objets et son sens<\/p>\n<p>est encore dans cette liaison sensible, entre le sujet humain et<\/p>\n<p>les choses dont il est pr\u00e9occup\u00e9. Le sens sensible du langage est<\/p>\n<p>aussi le rapport qu&rsquo;il a avec les choses, rapport manifest\u00e9 par le<\/p>\n<p>langage lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>A l&rsquo;oppos\u00e9, le langage se caract\u00e9rise par un discours,<\/p>\n<p>s\u00e9quence ordonn\u00e9e de la succession des termes. Le d\u00e9place-<\/p>\n<p>ment de l&rsquo;expression dans le d\u00e9roulement du discours peut \u00eatre<\/p>\n<p>33<\/p>\n<p>  QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>LE LANGAGE ET LE SENS<\/p>\n<p>consid\u00e9r\u00e9 aussi comme son sens. Le sens du langage serait<\/p>\n<p>alors la progression dans le temps, de l&rsquo;expression linguistique,<\/p>\n<p>le cheminement que le langage parcourt comme pourraient le<\/p>\n<p>montrer ces deux phrases: \u00ab Tait-il beau? \u00bb \u00ab II fait beau \u00bb, o\u00f9<\/p>\n<p>l&rsquo;ordre s\u00e9quentiel diff\u00e9rent donne des sens diff\u00e9rents. On peut<\/p>\n<p>extrapoler cela de la phrase \u00e0 un ensemble de phrases et au<\/p>\n<p>discours tout entier dont l&rsquo;ordre fait le sens.<\/p>\n<p>Ces deux versions privil\u00e9gient le langage comme communication,<\/p>\n<p>l&rsquo;une en tant que relation, l&rsquo;autre en tant qu&rsquo;exposition<\/p>\n<p>progressive par un discours.<\/p>\n<p>L&rsquo;analyse tend \u00e0 montrer que chercher \u00e0 statuer sur le sens<\/p>\n<p>dans le langage conduit \u00e0 une impasse. Le sens y est partout<\/p>\n<p>mais saisissable nulle part. Il faut donc r\u00e9server dor\u00e9navant le<\/p>\n<p>terme de sens \u00e0 ce qui est partout et nulle part dans le langage<\/p>\n<p>(et dans tout autre registre), \u00e0 ce qui est transcendant au langage<\/p>\n<p>lui-m\u00eame comme \u00e0 toute r\u00e9alit\u00e9 et ne se pr\u00e9sente que<\/p>\n<p>sous les acceptions diverses du concept. Le concept de sens<\/p>\n<p>avec ses acceptions n&rsquo;est pas le sens en lui-m\u00eame mais il s&rsquo;y<\/p>\n<p>fonde.<\/p>\n<p>Le sens des termes signifiant et signifi\u00e9<\/p>\n<p>L&rsquo;exploration de la question du sens du langage peut se<\/p>\n<p>poursuivre en examinant plus particuli\u00e8rement les termes<\/p>\n<p>classiques de signifiant et de signifi\u00e9. Le sens est-il l&rsquo;un ou l&rsquo;autre,<\/p>\n<p>ou le rapport entre les deux, ou un terme commun?<\/p>\n<p>Les termes signifiant et signifi\u00e9 peuvent \u00eatre compris<\/p>\n<p>diversement dans notre sch\u00e9ma selon ce que l&rsquo;on y privil\u00e9gie.<\/p>\n<p>Dans la colonne de gauche le signifiant correspond sur la<\/p>\n<p>m\u00eame ligne au signifie associ\u00e9.<\/p>\n<p>(cf. figure 4)<\/p>\n<p>Cette analyse n&rsquo;\u00e9puise pas le probl\u00e8me. En effet, si on<\/p>\n<p>consid\u00e8re que c&rsquo;est tout le langage qui est signifiant selon<\/p>\n<p>l&rsquo;ensemble de ses dimensions et de ses aspects, le signifi\u00e9 n&rsquo;est<\/p>\n<p>alors aucune de ces dimensions ou ces aspects, il leur est<\/p>\n<p>transcendant et c&rsquo;est justement le sens.<\/p>\n<p>Le langage est signifiant, il signifie le sens qui ainsi est<\/p>\n<p>signifi\u00e9. Cependant, simultan\u00e9ment, on peut aussi dire l&rsquo;in-<\/p>\n<p>verse. Le sens est ce qui s&rsquo;exprime, il est ce qui se signifie et on<\/p>\n<p>peut le dire alors signifiant. Dans ce cas l&rsquo;expression du sens,<\/p>\n<p>c&rsquo;est-\u00e0-dire le langage, est ce qui est propos\u00e9 a entendre,<\/p>\n<p>c&rsquo;est-\u00e0-dire signifi\u00e9.<\/p>\n<p>34<\/p>\n<p>QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>LE LANGAGE ET LE SENS<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-678\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/png_File0035.png?resize=378%2C297\" alt=\"File0035.png\" align=\"center\" width=\"378\" height=\"297\" \/><\/p>\n<p>Cette rapide exploration montre comment l&rsquo;usage de tels<\/p>\n<p>termes est peu d\u00e9terminante en elle-m\u00eame, et qu&rsquo;il n&rsquo;y a<\/p>\n<p>d&rsquo;autre d\u00e9termination que le sens qui s&rsquo;exprime dans le lan-<\/p>\n<p>gage des personnes, personnes d\u00e9terminantes puisque Etres de<\/p>\n<p>sens.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que le langage est une manifestation de l&rsquo;Etre<\/p>\n<p>humain, du sens incarn\u00e9, une Parole d&rsquo;homme. Le sens se fait<\/p>\n<p>langage pendant que l&rsquo;homme se r\u00e9alise. (L&rsquo;expression \u00ab Etre<\/p>\n<p>de sens\u00bb nous para\u00eet bien moins ambigu\u00eb pour d\u00e9signer<\/p>\n<p>l&rsquo;Homme que celle d&rsquo;\u00ab Etre de raison \u00bb ou d&rsquo;\u00ab animal rationnel \u00bb).<\/p>\n<p>QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>III<\/p>\n<p>VARIETE DES SIGNIFICATIONS<\/p>\n<p>ET DIVERSITE DES SENS<\/p>\n<p>TRANSCENDANCE DES SENS<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me du sens renvoie \u00e0 deux perspectives. L&rsquo;une consiste \u00e0<\/p>\n<p>envisager les signes et significations dans l&rsquo;existence des choses ou dans<\/p>\n<p>leurs situations. Le sens s&rsquo;y pr\u00e9sente mais n&rsquo;y est pas pr\u00e9sent; c&rsquo;est le<\/p>\n<p>premier versant du terme, celui des acceptions du concept.<\/p>\n<p>L&rsquo;autre am\u00e8ne \u00e0 consid\u00e9rer la diversit\u00e9 des sens, qui fondent<\/p>\n<p>l&rsquo;existence m\u00eame de la chose, dans une multiplicit\u00e9 de situations. C&rsquo;est<\/p>\n<p>l&rsquo;autre versant du terme, celui qui le fonde. Ainsi sommes-nous amen\u00e9s<\/p>\n<p>\u00e0 distinguer trois choses: les sens, le terme de sens et les acceptions du<\/p>\n<p>concept de sens. Depuis le terme de sens, on peut se tourner vers la<\/p>\n<p>source: les sens en eux-m\u00eames, ou vers les acceptions: les manifestations<\/p>\n<p>du sens (signes ou significations). On comprend l\u00e0 toute la difficult\u00e9<\/p>\n<p>et l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 du langage \u00e0 propos de cette question de sens. \/\/ en<\/p>\n<p>va ainsi des choses (comme du langage).<\/p>\n<p>D&rsquo;une part, elles existent de fa\u00e7on significative pour l&rsquo;homme et<\/p>\n<p>d&rsquo;autre part, leurs sens les fondent (en l&rsquo;homme). On en arrive \u00e0<\/p>\n<p>distinguer les sens, ou coh\u00e9rences fondatrices, et l&rsquo;existence qui en est la<\/p>\n<p>manifestation: l&rsquo;essentiel et ses pr\u00e9sentations. Le rapport entre ces deux<\/p>\n<p>faces du terme de sens est un rapport de transcendance. Nous aurons \u00e0<\/p>\n<p>en montrer toute l&rsquo;importance au coeur de la th\u00e9orie esquiss\u00e9e dans cet<\/p>\n<p>ouvrage.<\/p>\n<p>Le tir \u00e0 l&rsquo;arc nous a conduit \u00e0 traquer le sens dans ses diff\u00e9rents<\/p>\n<p>aspects et, au passage, \u00e0 consid\u00e9rer certains \u00e9l\u00e9ments de la situation.<\/p>\n<p>Nous leur avons trouv\u00e9 un sens, ce qui les pr\u00e9sente comme<\/p>\n<p>significatifs: la position de l&rsquo;arc, la cible, le trajet de la fl\u00e8che, l&rsquo;intention, la<\/p>\n<p>tension du tireur et de l&rsquo;arc, etc&#8230;<\/p>\n<p>Au fond, ce sont des aspects de tous ordres, mat\u00e9riels ou non,<\/p>\n<p>subjectifs ou objectifs, que nous avons consid\u00e9r\u00e9s d&rsquo;une fa\u00e7on parti-<\/p>\n<p>culi\u00e8re, pour y lire le sens. L&rsquo;arc peut \u00eatre fait de telle mati\u00e8re, de telle<\/p>\n<p>couleur, etc&#8230; et nous n&rsquo;en avons pas parl\u00e9. Cela n&rsquo;avait pas beaucoup<\/p>\n<p>de sens&#8230; pour notre pr\u00e9occupation.<\/p>\n<p>37<\/p>\n<p>QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>II a fallu ainsi consid\u00e9rer les \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;une situation, d&rsquo;une fa\u00e7on<\/p>\n<p>telle qu&rsquo;ils soient significatifs, et il nous est apparu ainsi qu&rsquo;ils \u00e9taient<\/p>\n<p>\u00ab signifiants \u00bb de diverses fa\u00e7ons que nous avons pu classer dans notre<\/p>\n<p>sch\u00e9ma.<\/p>\n<p>Dans ce sch\u00e9ma, nous ne pouvions dissocier les \u00e9l\u00e9ments de la<\/p>\n<p>situation et le mode de signification correspondant. La cible et le mode<\/p>\n<p>\u00ab objectif\u00bb par exemple, en tant \u00ab qu&rsquo;objet d&rsquo;attention \u00bb. La repr\u00e9sentation<\/p>\n<p>du trajet et le mode \u00ab imaginaire \u00bb ou encore \u00ab formel \u00bb. Si nous<\/p>\n<p>y regardons de plus pr\u00e8s, nous ne savons m\u00eame pas nommer le sens<\/p>\n<p>autrement que par des acceptions, elles-m\u00eames inscrites dans les<\/p>\n<p>\u00e9l\u00e9ments descriptifs de la situation du tir \u00e0 l&rsquo;arc. Et pourtant, nous savons<\/p>\n<p>bien que ce descriptif n&rsquo;est pas automatiquement explicatif. Telle cible<\/p>\n<p>install\u00e9e l\u00e0 ne prend sens pour le tir que par le fait qu&rsquo;elle est vis\u00e9e par l&rsquo;arc.<\/p>\n<p>En fait, nous pourrions distinguer trois niveaux:<\/p>\n<p>&#8211; les signes, \u00e9l\u00e9ments de la situation,<\/p>\n<p>&#8211; les significations, modalit\u00e9s ou acceptions du sens de la situation,<\/p>\n<p>&#8211; le sens, sens de la situation.<\/p>\n<p>Le premier et le second sont indissociables et nous dirons que les<\/p>\n<p>\u00ab r\u00e9alit\u00e9s de la situation \u00bb (signes) et les modalit\u00e9s ou aspects du sens<\/p>\n<p>de la situation (significations) sont immanentes les unes aux autres.<\/p>\n<p>Nousne retenons ici que l&rsquo;une des d\u00e9finitionsde ce terme qui<\/p>\n<p>correspond au rapportindissociable de ce qui est du m\u00eame ordre et<\/p>\n<p>qui peut trouver commune mesure, comme deux \u00e9l\u00e9ments ou deux<\/p>\n<p>aspects d&rsquo;une m\u00eame chose.<\/p>\n<p>On peut dire aussi que les significations manifestent le sens lui-<\/p>\n<p>m\u00eame, auquel nous n&rsquo;avons acc\u00e9d\u00e9 que par ses manifestations.<\/p>\n<p>Nous nous trouvons en pr\u00e9sence d&rsquo;une d\u00e9finition n\u00e9gative du<\/p>\n<p>sens. Le sens n&rsquo;est pas cette modalit\u00e9 l\u00e0, pas celle-ci, pas cette autre, etc&#8230;<\/p>\n<p>Le sens est ce qu&rsquo;il y a d&rsquo;unit\u00e9, de commun \u00e0 toutes ces acceptions<\/p>\n<p>mais n&rsquo;est aucune d&rsquo;elles. C&rsquo;est pour cela que \u00ab sens \u00bb est un terme qui<\/p>\n<p>d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 se pr\u00e9sente comme concept avec toutes ses acceptions et d&rsquo;un<\/p>\n<p>autre \u00e9chappe au concept du c\u00f4te de la source (ontologique) et du<\/p>\n<p>principe originel.<\/p>\n<p>La d\u00e9termination du sens ne peut se faire qu&rsquo;en franchissant le<\/p>\n<p>terme, soit du c\u00f4t\u00e9 des acceptions, soit de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du concept.<\/p>\n<p>Le sens du tir \u00e0 l&rsquo;arc est absent de la situation du tir \u00e0 l&rsquo;arc, bien<\/p>\n<p>qu&rsquo;il s&rsquo;y manifeste (acceptions) dans les \u00e9l\u00e9ments significatifs de celle-<\/p>\n<p>ci. Le sens de la situation, lui est transcendant.<\/p>\n<p>La d\u00e9finition retenue pour ce terme est celle d&rsquo;une ontologie<\/p>\n<p>dont l&rsquo;\u00eatre et son existence sont en rapport de transcendance dans<\/p>\n<p>une relation asym\u00e9trique mais sans aucune mesure commune entre<\/p>\n<p>les deux.<\/p>\n<p>38<\/p>\n<p> QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>II est irr\u00e9ductible \u00e0 la situation dont il est le sens. Celle-ci n&rsquo;est pas<\/p>\n<p>non plus r\u00e9ductible \u00e0 son sens. C&rsquo;est cependant par une sorte de<\/p>\n<p>\u00ab r\u00e9duction \u00bb de la situation qu&rsquo;on peut acc\u00e9der \u00e0 son sens, par exception<\/p>\n<p>de ses modalit\u00e9s. Inversement, celles-ci, comme les r\u00e9alit\u00e9s de la<\/p>\n<p>situation, peuvent appara\u00eetre comme un d\u00e9ploiement du sens dans des<\/p>\n<p>conjugaisons diverses&#8230; Attardons-nous \u00e0 consid\u00e9rer ces deux ordres:<\/p>\n<p>&#8211; la r\u00e9alit\u00e9 de la chose, faite de tous ses \u00e9l\u00e9ments et de toutes les<\/p>\n<p>modalit\u00e9s de sens,<\/p>\n<p>&#8211; les sens eux-m\u00eames dont certains sont investis dans telle ou telle<\/p>\n<p>situation \u00e0 laquelle cette chose participe.<\/p>\n<p>Il y aurait ainsi d&rsquo;une part l&rsquo;existence et d&rsquo;autre part les sens.<\/p>\n<p>D&rsquo;une part, l&rsquo;existence serait pour nous cette r\u00e9alit\u00e9, faite de<\/p>\n<p>multiples aspects, et avec toute la diversit\u00e9 des acceptions du sens,<\/p>\n<p>inscrits dans un rapport d&rsquo;immanence. L&rsquo;existence correspondrait ainsi<\/p>\n<p>\u00e0 ce que nos sens nous en disent, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 tous les constats<\/p>\n<p>globaux et partiels qui nous permettent de d\u00e9terminer et d&rsquo;appr\u00e9cier<\/p>\n<p>l&rsquo;existence manifeste de la chose.<\/p>\n<p>Les sens ici ne sont pas ceux du sensible ou de l&rsquo;intelligible mais<\/p>\n<p>les composantes substantielles de l&rsquo;Etre de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, les sens -ou mieux la coh\u00e9rence- feraient que cette<\/p>\n<p>chose puisse exister, constituant son Etre m\u00eame, peut-\u00eatre.<\/p>\n<p>Il nous faut ici insister surtout sur trois questions:<\/p>\n<p>&#8211; La pluralit\u00e9 des sens. Une chose n&rsquo;a pas un seul sens, mais toute<\/p>\n<p>une infinit\u00e9 particuli\u00e8re. Cependant, tels ou tels seulement, peuvent<\/p>\n<p>dominer selon les situations. Le sens dominant se rep\u00e9rera d&rsquo;ailleurs<\/p>\n<p>comme sens de la situation elle-m\u00eame, comme le sens de l&rsquo;arc se<\/p>\n<p>retrouve sens de la situation de tir, qui pourrait par ailleurs avoir<\/p>\n<p>d&rsquo;autres sens (d\u00e9monstration, agression, concours, h\u00e9ro\u00efsme, etc&#8230;)<\/p>\n<p>&#8211; Le fait que les sens d&rsquo;une chose ne sont pas r\u00e9ductibles \u00e0 quelque<\/p>\n<p>aspect de la chose, y compris au langage qui le d\u00e9signe. Le sens ne peut<\/p>\n<p>\u00eatre montr\u00e9, ni dit. Il est au-del\u00e0, ou en de\u00e7\u00e0 de ce qui est dit ou<\/p>\n<p>montr\u00e9. Seules les modalit\u00e9s ou acceptions sont manifestes.<\/p>\n<p>&#8211; Enfin, o\u00f9 est le sens? Il n&rsquo;est pas dans les aspects de la chose,<\/p>\n<p>comme on l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 vu. La question qui peut \u00eatre pos\u00e9e, \u00e0 propos de<\/p>\n<p>chaque chose est celle-ci: ses sens sont-ils \u00ab l&rsquo;Etre \u00bb de la chose dont<\/p>\n<p>l&rsquo;Existence est la manifestation pr\u00e9sente, ou, au contraire, les sens<\/p>\n<p>sont-ils attribu\u00e9s \u00e0 la chose par les hommes qui la consid\u00e8rent?<\/p>\n<p>Cela revient \u00e0 se demander si les sens sont dans les choses pu<\/p>\n<p>seulement dans l&rsquo;homme et sa consid\u00e9ration des choses. Ce qui<\/p>\n<p>militerait en faveur de cette seconde hypoth\u00e8se, serait le fait que les<\/p>\n<p>questions de sens ne sont qu&rsquo;humaines et que le sens se trouve par la<\/p>\n<p>conscience, et en soi-m\u00eame. Le sens d&rsquo;une situation est, par exemple,<\/p>\n<p>dans la compr\u00e9hension que j&rsquo;en ai. Il semble \u00eatre alors en moi, et<\/p>\n<p>m\u00eame partie prenante de ma conscience. Cependant, on pourrait<\/p>\n<p>39<\/p>\n<p>QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>encore dire qu&rsquo;il se trouve aussi dans la situation, et la r\u00e9ponse serait<\/p>\n<p>alors qu&rsquo;il se trouve de part et d&rsquo;autre.<\/p>\n<p>La solution que nous retrouverons plus tard est celle-ci: les sens<\/p>\n<p>des choses sont exclusivement en l&rsquo;homme, c&rsquo;est pour cela et comme<\/p>\n<p>cela qu&rsquo;il est sujet de ses consid\u00e9rations, de ses rapports aux objets.<\/p>\n<p>Cependant il semble que \u00ab tout se passe comme si \u00bb les sens \u00e9taient<\/p>\n<p>dans les choses.<\/p>\n<p>40<\/p>\n<p>  QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>LE SENS DES CHOSES<\/p>\n<p>Prenons le cas d&rsquo;un livre. Quel sens a-t-il, et ou le cher-<\/p>\n<p>cher? A-t-il une belle reliure? Son sens serait alors d ordre<\/p>\n<p>esth\u00e9tique, ou encore li\u00e9 au plaisir de le poss\u00e9der. Est-il<\/p>\n<p>int\u00e9ressant\u00a0? Son sens serait d&rsquo;ordre intellectuel, d&rsquo;un plaisir du<\/p>\n<p>divertissement, ou encore de celui du texte qu&rsquo;il pr\u00e9sente. Ne<\/p>\n<p>serait-il pas, \u00e0 ce propos, dans l&rsquo;intention de l&rsquo;auteur? A moins<\/p>\n<p>qu&rsquo;il ne soit dans l&rsquo;attention qu&rsquo;on lui porte, ou m\u00eame dans le<\/p>\n<p>\u00ab passe-temps \u00bb de la lecture\u00a0? Ne peut-on voir ce livre caler<\/p>\n<p>quelque empilement sur un bureau, montrer avec affectation<\/p>\n<p>la culture de son propri\u00e9taire, \u00eatre objet d&rsquo;une transaction<\/p>\n<p>commerciale, rehausser le si\u00e8ge d&rsquo;un enfant, ou n\u00e9cessiter<\/p>\n<p>quelque fabrication particuli\u00e8re de papier?<\/p>\n<p>Il appara\u00eet que ce livre n&rsquo;a pas qu&rsquo;un seul sens, mais toute<\/p>\n<p>une panoplie de sens. Chacun peut en outre prendre diff\u00e9rentes<\/p>\n<p>modalit\u00e9s dans la situation o\u00f9 il est investi.<\/p>\n<p>Nous consid\u00e9rerons que ce livre a toute une palette de<\/p>\n<p>sens, une infinit\u00e9 m\u00eame, dont chacun (ou un ensemble d entre<\/p>\n<p>eux) le place dans un certain type de situations. Il est m\u00eame<\/p>\n<p>notable que, pour tel ou tel de ses sens, d&rsquo;autres objets pour-<\/p>\n<p>raient le remplacer (papier, lecture d&rsquo;un autre livre, cale, etc&#8230;)<\/p>\n<p>qui auraient aussi le m\u00eame sens. En fait, nous verrons que cet<\/p>\n<p>objet a tout un ensemble de sens, \u00e0 la fois d&rsquo;une intime<\/p>\n<p>diversit\u00e9, mais constituant un ensemble tout a fait particulier,<\/p>\n<p>qui lui est caract\u00e9ristique. Cet ensemble sera nomme<\/p>\n<p>coh\u00e9rence. La coh\u00e9rence d&rsquo;une chose c&rsquo;est l&rsquo;ensemble de ses<\/p>\n<p>sens.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9termination du concept de coh\u00e9rence sera large-<\/p>\n<p>ment d\u00e9velopp\u00e9e notamment dans la th\u00e9orie des coh\u00e9rences.<\/p>\n<p>Cette coh\u00e9rence est comme l&rsquo;Etre de la chose qui peut,<\/p>\n<p>elle, se pr\u00e9senter de multiples fa\u00e7ons (pour l&rsquo;homme).<\/p>\n<p>41<\/p>\n<p>IV<\/p>\n<p>RELATIVITE DE L&rsquo;EXISTENCE<\/p>\n<p>VIS-A-VIS DES SENS<\/p>\n<p>ET DES CONSENSUS<\/p>\n<p>DES ETRES HUMAINS<\/p>\n<p>L&rsquo;analogie de l&rsquo;arc-en-ciel<\/p>\n<p>Si c&rsquo;est \u00e0 propos des choses existantes que se posent pour l&rsquo;homme<\/p>\n<p>des questions de sens, c&rsquo;est l\u00e0 un retour aux sources, aux sens en<\/p>\n<p>l&rsquo;homme, d&rsquo;o\u00f9 provient l&rsquo;existence m\u00eame des choses, par consensus<\/p>\n<p>entre les Etres humains. De m\u00eame, l&rsquo;arc-en-ciel n&rsquo;existe que dans une<\/p>\n<p>intersection entre une \u00e9mission diffract\u00e9e de lumi\u00e8re et une r\u00e9ception<\/p>\n<p>diff\u00e9renci\u00e9e. Toutes les r\u00e9alit\u00e9s existantes t\u00e9moignent des consensus<\/p>\n<p>entre les Etres humains. Les sens des choses existantes sont en l&rsquo;homme<\/p>\n<p>et ce sont leurs intersections -consensus- qui les font exister. C&rsquo;est ainsi<\/p>\n<p>que cette existence t\u00e9moigne, selon des modalit\u00e9s diverses (les couleurs),<\/p>\n<p>des sens qu&rsquo;elles manifestent.<\/p>\n<p>Les hommes, comme l&rsquo;arc-en-ciel, se pr\u00e9sentent comme Etres de<\/p>\n<p>sens qui, ensuite, \u00abexistent\u00bb s&rsquo;ils font consensus avec leurs semblables.<\/p>\n<p>Le soleil, dans l&rsquo;analogie, rappelle qu&rsquo;au del\u00e0, une source unique forme<\/p>\n<p>\u00e0 la fois les Etres-sens et leur \u00ab ombre port\u00e9e mutuelle \u00bb que sont les<\/p>\n<p>existants en ce monde.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9flexions nous ont amen\u00e9 \u00e0 envisager un rapport particulier<\/p>\n<p>entre la question du sens et la nature de l&rsquo;Homme. L&rsquo;image de l&rsquo;arc-en-ciel<\/p>\n<p>va nous aider \u00e0 progresser. Cette image a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans<\/p>\n<p>la tradition pour figurer l&rsquo;Homme. Celui-ci, comme l&rsquo;Arc en ciel, relie<\/p>\n<p>le ciel et la terre.<\/p>\n<p>Examinons ce qui se passe avec l&rsquo;arc-en-ciel:<\/p>\n<p>&#8211; d&rsquo;une part, le soleil et sa lumi\u00e8re,<\/p>\n<p>&#8211; d&rsquo;autre part, les fines gouttelettes de pluie qui re\u00e7oivent cette<\/p>\n<p>lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Les physiciens de l&rsquo;optique nous dirons qu&rsquo;il y a alors diffraction<\/p>\n<p>de la lumi\u00e8re du soleil et d\u00e9composition de celle-ci en diff\u00e9rentes<\/p>\n<p>couleurs: les couleurs de l&rsquo;arc-en-ciel.<\/p>\n<p>(cf. figure 5)<\/p>\n<p>42<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-679\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/png_File0043.png?resize=447%2C322\" alt=\"File0043.png\" align=\"center\" width=\"447\" height=\"322\" \/><\/p>\n<p>FIGURE 5<\/p>\n<p>Seulement, chacun a pu exp\u00e9rimenter l&rsquo;impossibilit\u00e9 de contourner l&rsquo;arc-en-ciel.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;on se d\u00e9place, en voiture par exemple, il nous suit;<\/p>\n<p>En fait, l&rsquo;arc-en-ciel n&rsquo;existe pas, si on ne le regarde pas. Il est fait aussi<\/p>\n<p>par le regard, et dans le regard m\u00eame de l&rsquo;observateur.<\/p>\n<p>Ce qu&rsquo;il voit alors, c&rsquo;est cette forme d&rsquo;arc justement, quelquefois<\/p>\n<p>double, et compos\u00e9e de la s\u00e9rie de couleurs que nous connaissons bien,<\/p>\n<p>toujours la m\u00eame, d&rsquo;ailleurs.<\/p>\n<p>L&rsquo;arc-en-ciel se pr\u00e9sente \u00e0 l&rsquo;intersection de la lumi\u00e8re diffract\u00e9e en<\/p>\n<p>provenance du soleil et de la sensibilit\u00e9 diff\u00e9renci\u00e9e de l&rsquo;observateur.<\/p>\n<p>Tout se passe comme si un Etre, aux sens divers, (lumi\u00e8re diffract\u00e9e)<\/p>\n<p>trouvait consensus avec un autre Etre, aux sens divers, et que<\/p>\n<p>cette intersection de sens communs, se pr\u00e9sentait comme un arc-en-<\/p>\n<p>ciel o\u00f9 les sens se sont fait couleurs.<\/p>\n<p>Par analogie, les arcs-en-ciel figurent toutes les choses existantes,<\/p>\n<p>hommes compris, pr\u00e9sences manifest\u00e9es des sens en consensus, sens<\/p>\n<p>appartenant aux Etre-sens que sont aussi les hommes, essentielle-<\/p>\n<p>ment.<\/p>\n<p>En fait, on peut dire que l&rsquo;arc-en-ciel n&rsquo;existe que dans et par la<\/p>\n<p>conscience, alors qu&rsquo;il est issu de la diffraction, elle-m\u00eame ind\u00e9pendante<\/p>\n<p>de l&rsquo;observateur. Nous voil\u00e0 distinguant l&rsquo;Existence et l&rsquo;Etre de<\/p>\n<p>l&rsquo;arc-en-ciel.<\/p>\n<p>43<\/p>\n<p>  QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>Son Etre est une pluralit\u00e9 de \u00ab longueurs d&rsquo;onde \u00bb, divergentes \u00e0<\/p>\n<p>partir de la lumi\u00e8re initiale, par le jeu de la multitude des gouttes. Ces<\/p>\n<p>longueurs d&rsquo;ondes diff\u00e9rentes, ces ondes lumineuses diversifi\u00e9es, nous<\/p>\n<p>pouvons les assimiler, dans l&rsquo;analogie, \u00e0 des sens. L&rsquo;Etre de <\/p>\n<p>l&rsquo;arc-en-ciel est l&rsquo;ensemble constant et diversifi\u00e9 de ses sens. Mais son<\/p>\n<p>Etre-sens ne suffit pas seul \u00e0 son existence. Celle-ci n\u00e9cessite un oeil<\/p>\n<p>lui-m\u00eame capable de diff\u00e9rencier ces sens, les voir comme autant de<\/p>\n<p>couleurs diff\u00e9rentes. L&rsquo;Existence de l&rsquo;arc-en-ciel est une intersection<\/p>\n<p>entre son Etre et l&rsquo;Observateur. D&rsquo;ailleurs si celui-ci est daltonien,<\/p>\n<p>l&rsquo;arc-en-ciel n&rsquo;aura pas, \u00e0 ses yeux, la m\u00eame existence. Si encore<\/p>\n<p>l&rsquo;observateur porte des lunettes rouges, il ne verra qu&rsquo;un arc rouge.<\/p>\n<p>L&rsquo;Existence de l&rsquo;arc-en-ciel d\u00e9pend bien de son Etre, des sens qui le<\/p>\n<p>constituent, mais aussi de l&rsquo;observateur qui lui donne sa localisation,<\/p>\n<p>sa forme et ses couleurs, c&rsquo;est-\u00e0-dire son Existence.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 bien, tout d&rsquo;abord, comment nous retrouvons les questions<\/p>\n<p>d\u00e9j\u00e0 envisag\u00e9es et par exemple:<\/p>\n<p>&#8211; la diff\u00e9rence entre le concept de sens (dans l&rsquo;Etre) et ses acceptions<\/p>\n<p>(dans l&rsquo;Existence). Les couleurs n&rsquo;existent qu&rsquo;aux yeux de l&rsquo;observateur<\/p>\n<p>alors que leur essence, leurs sens, sont en elles-m\u00eames. Le ph\u00e9nom\u00e8ne<\/p>\n<p>de diffraction n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;observateur, seul l&rsquo;arc-en-ciel en a<\/p>\n<p>besoin.<\/p>\n<p>&#8211; la transcendance entre les sens et les choses existantes. Il n&rsquo;y a pas<\/p>\n<p>d&rsquo;espace commun entre l&rsquo;Etre-sens, non localis\u00e9, et l&rsquo;Existence localis\u00e9e<\/p>\n<p>des choses. La localisation et la forme de l&rsquo;arc sont d\u00e9termin\u00e9es<\/p>\n<p>relativement \u00e0 l&rsquo;observateur, dans toute la r\u00e9gion o\u00f9 soleil et pluie sont<\/p>\n<p>pr\u00e9sents.<\/p>\n<p>&#8211; l&rsquo;immanence entre les modalit\u00e9s du sens et la r\u00e9alit\u00e9 des choses. Ici<\/p>\n<p>les couleurs, nuances de l&rsquo;arc-en-ciel, sont la substance m\u00eame qui a<\/p>\n<p>forme d&rsquo;arc. La couleur n&rsquo;est pas une forme et pourtant on ne peut<\/p>\n<p>dissocier forme (et m\u00eame lieu) et couleurs dans l&rsquo;arc-en-ciel observe.<\/p>\n<p>Il y a du nouveau avec l&rsquo;arc-en-ciel par rapport \u00e0 l&rsquo;arc en terre et<\/p>\n<p>tout ce que nous en avons tir\u00e9.<\/p>\n<p>D&rsquo;abord, les sens pr\u00e9existent \u00e0 l&rsquo;existence m\u00eame de la chose: la<\/p>\n<p>diffraction pr\u00e9existe \u00e0 l&rsquo;observation, donc \u00e0 l&rsquo;arc. Cependant, c&rsquo;est<\/p>\n<p>l&rsquo;existence de l&rsquo;arc-en-ciel pour un observateur, qui peut lui dire sa<\/p>\n<p>pr\u00e9sence. L&rsquo;Etre-sens ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9, qu&rsquo;autant que son <\/p>\n<p>existence est d\u00e9termin\u00e9e. Ensuite, il appara\u00eet que c&rsquo;est cette d\u00e9termination<\/p>\n<p>m\u00eame, qui fait l&rsquo;existence de la chose. L&rsquo;existence de l&rsquo;arc-en-ciel<\/p>\n<p>advient par le regard de l&rsquo;observateur qui le d\u00e9termine. Autrement dit,<\/p>\n<p>si nous poursuivons l&rsquo;analogie, l&rsquo;existence de la chose provient<\/p>\n<p>exclusivement de l&rsquo;intersection des sens avec une conscience. Elle n&rsquo;est rien<\/p>\n<p>d&rsquo;autre que cette intersection. Nous retrouverons l\u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de conjugaison<\/p>\n<p>des sens, avec une conscience, le regard de l&rsquo;observateur de<\/p>\n<p>Parc, ou celui d&rsquo;un autre Etre sens.<\/p>\n<p>La richesse de l&rsquo;analogie nous propose un autre regard sur les<\/p>\n<p>choses existantes d&rsquo;une part, et leurs sens d&rsquo;autre part. Elle nous<\/p>\n<p>indique un rapport de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre qui n\u00e9cessite au moins un tiers. Il<\/p>\n<p>44<\/p>\n<p>  QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>faut cependant rester prudent et ne pas tirer de conclusions h\u00e2tives de<\/p>\n<p>ce qui n&rsquo;est encore ici qu&rsquo;une exploration analogique.<\/p>\n<p>Il semblerait ainsi, que contrairement aux impressions courantes,<\/p>\n<p>ce sont les sens, les Etres-sens qui soient r\u00e9els, concrets, premiers, et<\/p>\n<p>les Existences qui n&rsquo;en seraient qu&rsquo;apparences secondaires. C&rsquo;est un<\/p>\n<p>peu simplifi\u00e9, mais n&rsquo;a pour but, ici, que de r\u00e9tablir un \u00e9quilibre<\/p>\n<p>diff\u00e9rent ou bien souvent perdu, entre la r\u00e9alit\u00e9 des choses, telles<\/p>\n<p>qu&rsquo;elles nous apparaissent, et les sens qui, semble-t-il, en constituent le<\/p>\n<p>r\u00e9el et l&rsquo;essence m\u00eame.<\/p>\n<p>L&rsquo;exemple de l&rsquo;arc-en-ciel pourrait \u00eatre transpos\u00e9 \u00e0 toute chose,<\/p>\n<p>pour distinguer ce qu&rsquo;il en est de l&rsquo;Etre-sens et de l&rsquo;Existence, avec tous<\/p>\n<p>ses aspects. Or la tradition ne nous parle sp\u00e9cifiquement que de<\/p>\n<p>l&rsquo;Homme \u00e0 ce propos. Il s&rsquo;agirait ainsi d&rsquo;un Homme constitu\u00e9 d&rsquo;abord<\/p>\n<p>d&rsquo;un Etre-sens et aussi d&rsquo;une Existence&#8230; au regard des autres (et du<\/p>\n<p>sien propre par r\u00e9flexion). De l&rsquo;Homme \/ arc-en-ciel, retenons qu&rsquo;il<\/p>\n<p>serait bel et bien lieu du sens, consistance m\u00eame de son Etre, mais<\/p>\n<p>d&rsquo;un Etre transcendant \u00e0 son Existence. Celle-ci, par contre, comporterait,<\/p>\n<p>d&rsquo;une part, tous les aspects humains et, d&rsquo;autre part, de fa\u00e7on<\/p>\n<p>immanente, toutes les manifestations de son Etre-sens, selon toutes les<\/p>\n<p>acceptions et les expressions des sens, dans ses sensations, ses<\/p>\n<p>compr\u00e9hensions, ses sentiments, ses mouvements et dynamiques, ses<\/p>\n<p>directions, ses discours et m\u00eame ses questions, y compris ses questions<\/p>\n<p>de sens. C&rsquo;est pour cela, et seulement pour cela, que les questions de<\/p>\n<p>sens ont quelque chance d&rsquo;y renvoyer effectivement en nous-m\u00eames.<\/p>\n<p>Est-il possible que les consid\u00e9rations des choses du monde (et de<\/p>\n<p>nous-m\u00eames) leur donnent existence \u00e0 nos yeux et peut-\u00eatre aussi leur<\/p>\n<p>donnent sens si elles ne l&rsquo;ont d\u00e9j\u00e0? Il y a des Etres-sens, au moins en<\/p>\n<p>chaque homme, mais certainement pas en toute chose. Mais toute<\/p>\n<p>chose a du sens pour l&rsquo;homme, s&rsquo;il la consid\u00e8re, et au moins le sien.<\/p>\n<p>L&rsquo;Homme est, pour lui du moins, le(s) sens des choses et, de ce fait, sa<\/p>\n<p>propre conscience en est l&rsquo;acc\u00e8s.<\/p>\n<p>Comment pourrait-on autrement discerner le(s) sens des choses si<\/p>\n<p>nous ne le reconnaissions pas en nous comme Etre-sens m\u00eame?<\/p>\n<p>Notons bien que se distinguent ici sens et conscience.<\/p>\n<p>Au fond, dans la sc\u00e8ne du tir \u00e0 l&rsquo;arc, le sens indiqu\u00e9 par la fl\u00e8che<\/p>\n<p>est dans le tireur, est le tireur m\u00eame. C&rsquo;est pour cela que son nom est<\/p>\n<p>\u00ab tireur \u00bb. Il est aussi dans l&rsquo;observateur de la sc\u00e8ne, en chacun de nous<\/p>\n<p>qui la consid\u00e9rons. Il y aurait ainsi des sens communs entre nos Etres-<\/p>\n<p>sens, \u00e0 propos de telle sc\u00e8ne, dont r\u00e9sulterait l&rsquo;existence m\u00eame.<\/p>\n<p>Appelons \u00ab consensus \u00bb ces sens communs entre les sujets, acteurs ou <\/p>\n<p>simples observateurs. Ce consensus est ce qui conjugue plusieurs Etres-<\/p>\n<p>sens, Etres humains. Ce consensus fait pour nous 1 Existence m\u00eame de<\/p>\n<p>la situation du tir \u00e0 l&rsquo;arc. L&rsquo;Existence de toute chose que nous con-<\/p>\n<p>sid\u00e9rons est le fait de consensus. C&rsquo;est comme cela, notamment, que<\/p>\n<p>sont constitu\u00e9es nos cultures humaines.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc o\u00f9 nous entra\u00eenent ces questions de sens, non pas vers<\/p>\n<p>l&rsquo;accessoire, mais vers l&rsquo;essentiel. Le sujet n&rsquo;est pas \u00e9puis\u00e9 pour autant,<\/p>\n<p>il n&rsquo;est au contraire que d\u00e9busqu\u00e9, comme l&rsquo;est le sujet de la question<\/p>\n<p>de sens, l&rsquo;Homme lui-m\u00eame dans son Etre-sens. Le sens de sa question<\/p>\n<p>45<\/p>\n<p>  QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>est en lui-m\u00eame, est lui-m\u00eame. N&rsquo;est-ce pas ce que disent toutes les<\/p>\n<p>sagesses et les philosophies qui s&rsquo;en r\u00e9clament? La qu\u00eate de la sagesse<\/p>\n<p>est, par essence m\u00eame, la question de sens. Toutes les questions de<\/p>\n<p>sens, qui cherchent une r\u00e9ponse, sont de cet ordre, \u00e0 propos de toutes<\/p>\n<p>choses, m\u00eame les plus banales ou les plus quotidiennes.<\/p>\n<p>Tout, dans l&rsquo;existence humaine et l&rsquo;existence du monde, est lieu<\/p>\n<p>o\u00f9 r\u00e9sident les modes de pr\u00e9sence des sens, par lesquelles on peut<\/p>\n<p>acc\u00e9der, comme \u00e0 soi-m\u00eame, \u00e0 son Etre-sens. Exister, pour l&rsquo;Homme,<\/p>\n<p>peut \u00eatre ainsi l&rsquo;occasion, par les questions de sens, d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;Etre<\/p>\n<p>qui le constitue et encore au-del\u00e0, \u00e0 ce qui fonde son Etre.<\/p>\n<p>46<\/p>\n<p>QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>L&rsquo;AUTONOMIE DE L&rsquo;ETRE<\/p>\n<p>ET LA CONTINGENCE DE L&rsquo;EXISTENCE<\/p>\n<p>Si l&rsquo;homme, dans son Etre, est sens, on comprend la<\/p>\n<p>nature de l&rsquo;autonomie et de la libert\u00e9 humaine. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une<\/p>\n<p>libert\u00e9 de sens. L&rsquo;autonomie de l&rsquo;homme consiste \u00e0 \u00eatre selon<\/p>\n<p>tel ou tel de ses sens parmi tous ceux qui le constituent. Voil\u00e0<\/p>\n<p>pourquoi il est important de discerner le sens, de se poser des<\/p>\n<p>questions de sens. L&rsquo;enjeu est le choix, choix fondamental,<\/p>\n<p>ontologique, choix d&rsquo;une disposition int\u00e9rieure, au del\u00e0 de<\/p>\n<p>toute manifestation psychique ou physique. Aller dans un<\/p>\n<p>sens, prendre une voie, vivre une vocation, \u00eatre juste, se<\/p>\n<p>tourner vers sa fin, orienter ses actes, sa vie, vouloir le bien de<\/p>\n<p>soi et des autres, r\u00e9sultent de cette libert\u00e9 de choix de sens en<\/p>\n<p>soi, en son Etre.<\/p>\n<p>Si une conscience de sens (sans rapport avec la conscience<\/p>\n<p>mentale ou sensible) permet volont\u00e9, responsabilit\u00e9, autorit\u00e9,<\/p>\n<p>c&rsquo;est que c&rsquo;est de cet Etre l\u00e0 que proviennent ces manifesta-<\/p>\n<p>tions dans l&rsquo;existence. C&rsquo;est le sens qui se manifeste dans<\/p>\n<p>l&rsquo;existence et le choix et la d\u00e9termination d&rsquo;un sens sont<\/p>\n<p>l&rsquo;exercice m\u00eame de la libert\u00e9.<\/p>\n<p>Cependant, si l&rsquo;existence provient des sens, elle n&rsquo;advient<\/p>\n<p>que dans les consensus. Cela veut dire que l&rsquo;existence est<\/p>\n<p>toujours coexistence, elle est contingente, elle d\u00e9pend des<\/p>\n<p>autres et, quelquefois, de tous les autres hommes.<\/p>\n<p>Ainsi, l&rsquo;autonomie et la libert\u00e9 de l&rsquo;homme se fondent et<\/p>\n<p>s&rsquo;exercent en lui-m\u00eame mais ne jouent que tr\u00e8s relativement,<\/p>\n<p>sur son existence et l&rsquo;existence des choses dans le monde. Ce<\/p>\n<p>qu&rsquo;il peut acqu\u00e9rir sous certaines conditions, c&rsquo;est la libert\u00e9 de<\/p>\n<p>prendre les choses, son existence, dans un sens plut\u00f4t qu&rsquo;un<\/p>\n<p>autre. Ce qu&rsquo;il peut, c&rsquo;est tenter de donner un sens privil\u00e9gi\u00e9 \u00e0<\/p>\n<p>son existence, a ses activit\u00e9s, \u00e0 ses questions. Ce qu&rsquo;il peut en<\/p>\n<p>d\u00e9finitive, au mieux, c&rsquo;est gouverner son existence.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que la libert\u00e9 de l&rsquo;homme et son Etre sont<\/p>\n<p>personnels mais que l&rsquo;existence du monde et celle des choses<\/p>\n<p>sont toujours collectives.<\/p>\n<p>Le rapport entre l&rsquo;homme et la soci\u00e9t\u00e9 n&rsquo;est pas un rap-<\/p>\n<p>port de compromis, de conditionnement ou d&rsquo;exclusion.<\/p>\n<p>L&rsquo;existence de l&rsquo;homme n&rsquo;est qu&rsquo;une existence sociale (bien<\/p>\n<p>que de soci\u00e9t\u00e9s vari\u00e9es, auxquelles l&rsquo;individu appartient), mais<\/p>\n<p>l&rsquo;Etre de l&rsquo;homme peut \u00eatre libre de son sens, de ses consensus<\/p>\n<p>et donc de l&rsquo;orientation de sa participation \u00e0 cette existence<\/p>\n<p>sociale. Le sens des choses, le sens qui les fonde est, \u00e0 la fois<\/p>\n<p>enti\u00e8rement personnel, enjeu d&rsquo;une libre participation et enti\u00e8rement<\/p>\n<p>collectif, puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a existence que de consensus.<\/p>\n<p>47<\/p>\n<p>QUESTIONS DE SENS<\/p>\n<p>L&rsquo;AUTONOMIE DE L&rsquo;ETRE<\/p>\n<p>ET LA CONTINGENCE DE L&rsquo;EXISTENCE<\/p>\n<p>Conscience de sens, choix de sens, sont donc parmi les <\/p>\n<p>conditions majeures de l&rsquo;autonomie et de la libert\u00e9 humaines. Il<\/p>\n<p>n&rsquo;y a pas de questions plus importantes pour l&rsquo;homme que les<\/p>\n<p>questions de sens. Ce sont elles qui l&rsquo;am\u00e8nent au coeur du<\/p>\n<p>sujet de son Etre, son principe et sa fin, et de son existence<\/p>\n<p>partag\u00e9e, dans chaque moment particulier et dans sa globalit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Exploration de la notion de sens, \u00e9mergence du Sens.<\/p>\n","protected":false},"author":682,"featured_media":675,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[50],"tags":[],"class_list":["post-209","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-i1-au-coeur-du-sujet"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/209","targetHints":{"allow":["GET","POST","PUT","PATCH"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/users\/682"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=209"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/209\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1263,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/209\/revisions\/1263"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=209"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=209"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=209"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}