{"id":1662,"date":"2013-05-26T11:51:48","date_gmt":"2013-05-26T09:51:48","guid":{"rendered":"http:\/\/hm.coherences.com\/BLOG-HM\/?p=425"},"modified":"2013-05-26T11:51:48","modified_gmt":"2013-05-26T09:51:48","slug":"064-le-bien-commun-en-question","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/2013\/05\/26\/064-le-bien-commun-en-question\/","title":{"rendered":"064 &#8211; Le bien commun en question"},"content":{"rendered":"<p>La r\u00e9f\u00e9rence au bien commun qui vient de mode, entraine des tensions exacerb\u00e9es entre des postures et positions qui en ont tenu lieu de substitut. En effet la dialectique &#8211; individualisme collectivisme &#8211; n\u2019a cess\u00e9 d\u2019opposer deux r\u00e9\u00effications (chosifications) : ce qui rel\u00e8verait du seul bien individuel et ce qui rel\u00e8verait du seul bien collectif, chacun \u00e9tant pos\u00e9 comme contingent \u00e0 l\u2019autre. Toute une s\u00e9rie de probl\u00e8mes issus de postures pos\u00e9es comme d\u2019\u00e9vidence, r\u00e9clament d\u2019autres fondements anthropologiques.<\/p>\n<p>Ainsi l\u2019int\u00e9r\u00eat particulier est-il consid\u00e9r\u00e9 comme oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ou bien l\u2019un comme subordonn\u00e9 \u00e0 l\u2019autre. Ainsi sont oppos\u00e9s le public et le priv\u00e9, l\u2019un \u00e9tant par exemple sous le contr\u00f4le de l\u2019Etat et l\u2019autre se retrouvant soit comme refuge et droit individuel de propri\u00e9t\u00e9 soit comme tentative d\u2019appropriation individuelle du bien public.<\/p>\n<p>Ainsi la r\u00e9publique (Res Publica ou chose publique) est-elle interpr\u00e9t\u00e9e soit comme l\u2019appropriation par le domaine public du collectif soit comme la co-propri\u00e9t\u00e9 des affaires collectives par les individus &#8211; \u00e9tatisme ou d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>Ainsi la convergence du bien individuel et du bien collectif est-elle dans la plupart des cas con\u00e7ue comme l\u2019ali\u00e9nation de l\u2019un par l\u2019autre avec des \u00abpartis pris\u00bb qui se constituent en partis politiques pr\u00e9tendant \u00e0 la d\u00e9fense du bien commun sous les formes vari\u00e9es d\u2019une ali\u00e9nation de l\u2019homme individuel et collectif.<\/p>\n<p>Il est vrai que les syst\u00e8mes de pens\u00e9e ou plut\u00f4t les mod\u00e8les id\u00e9ologiques avanc\u00e9s cherchent \u00e0 r\u00e9soudre dans le cadre de repr\u00e9sentations mentales, de mod\u00e8les formels suppos\u00e9s rationnels, la question qui \u00e9chappe \u00e0 ce mode de conscience, celle de la transcendance de l\u2019homme dans la personne et dans les communaut\u00e9s de personnes (Sens et conSensus). De ce fait, ignorant ce qui est le bien de l\u2019homme comme Sens de son accomplissement, Sens transcendant son existence et toute forme de bien existentiel (transcendant ne veut pas dire niant le bien existentiel), ignorant aussi que toute existence est communautaire et que le Sens du bien y est alors commun, ces mod\u00e8les ne peuvent donner de contenu anthropologique aux termes bien et commun sans construire des antinomies antagonistes. La pr\u00e9tention au bien rate alors le plus souvent le Sens du bien commun et le dessert en y faisant obstacle. Ainsi, individualisme et collectivisme sont, aux travers de leurs diff\u00e9rentes variantes, les principaux obstacles \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une conscience du Sens du bien commun et de sa culture selon toutes les formes du d\u00e9veloppement humain. La r\u00e9f\u00e9rence au bien commun trahit alors le Sens du bien commun.<\/p>\n<p>Examinons ce que l\u2019Humanisme M\u00e9thodologique \u00e9claire de ces probl\u00e8mes.<\/p>\n<p><strong>Bien personnel et bien commun<\/strong><\/p>\n<p>Le Sens du bien personnel (vocation) ne prend forme, existentiellement parlant, que dans une ou plusieurs communaut\u00e9s. Il y participe ainsi au conSensus et au Sens (partag\u00e9) du bien commun. Sur le fond c\u2019est le m\u00eame Sens mis en conSensus par les personnes et, dans la r\u00e9alit\u00e9 existentielle, c\u2019est la part prise par l\u2019individu aux r\u00e9alisations communes inspir\u00e9es et orient\u00e9es selon le m\u00eame Sens. On notera que la personne ne se r\u00e9duit pas \u00e0 ce seul Sens ni \u00e0 cette seule communaut\u00e9. D\u00e8s lors, son bien ne se confond pas avec les seules affaires communautaires.<\/p>\n<p>Il faut souligner ici que dans une communaut\u00e9 donn\u00e9e le Sens du bien personnel est aussi le Sens du bien commun, il y a dans la communaut\u00e9 d\u2019autres Sens qui ne sont pas celui du bien commun et par suite qui desservent tout bien particulier. Les nuisances publiques, l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral align\u00e9 sur celui de factions poursuivant non le bien commun mais quelque d\u00e9viance opportuniste sont le lot commun de la vie collective. C\u2019est le fait d\u2019individus d\u00e9viants tant par rapport \u00e0 leur bien humain que par rapport au bien humain commun. Ainsi la libert\u00e9 humaine, de nature humaine permet \u00e0 la personne de s\u2019engager dans un Sens qui n\u2019est pas d\u2019accomplissement et ainsi de participer, initier, ou suivre un conSensus divergent de celui du bien commun. C\u2019est pour cela que, les positions de Sens,\u00a0 individuelles impactant le conSensus, chacun est responsable non seulement de son destin mais de celui des autres membres de la communaut\u00e9. A ce titre le devoir humain d\u2019accomplissement personnel est strictement convergent avec la contribution \u00e0 la culture du Sens du bien commun et r\u00e9ciproquement. Ce \u00abdevoir\u00bb est l\u2019exercice d\u2019une libert\u00e9 \u00e0 cultiver (libert\u00e9 de Sens ou spirituelle) en m\u00eame temps qu\u2019il est respect des modes existentiels communautaires c\u2019est-\u00e0-dire le bien commun. Inversement, la communaut\u00e9 signifie son engagement dans son Sens du bien commun au travers de ses modes politiques, \u00e9conomiques, \u00e9ducatifs et toutes ses affaires communautaires et indique ce qui fera devoir pour qui s\u2019y engage aussi.<\/p>\n<p>Ainsi, la communaut\u00e9, signifiant le bien commun, signifie les d\u00e9viances et donc les d\u00e9linquances en m\u00eame temps qu\u2019elle se dote des moyens et des dispositions pour \u00e9clairer et juger ce qui sert et dessert le Sens du bien commun. Elle manifeste alors son engagement dans des activit\u00e9s comme celle de la police ou de la justice. Il est vrai que si sous ces vocables il n\u2019y a aucun discernement du Sens du bien commun, ou m\u00eame, engagement dans d\u2019autres Sens alors police et justice desservent \u00e0 la fois le bien commun et le bien personnel. Les communaut\u00e9s engag\u00e9es dans le Sens du bien commun se dotent peu \u00e0 peu des rep\u00e8res, des autorit\u00e9s rep\u00e8res, des institutions orientatrices, des comp\u00e9tences de progression et de d\u00e9veloppement entendus dans ce Sens, et aussi des modes de gouvernance culturellement significatifs.<\/p>\n<p>Alors qu\u2019est ce que la propri\u00e9t\u00e9 sous cet angle, dans le Sens du bien commun la propri\u00e9t\u00e9 est le propre de chaque existant, individu comme groupe, ce \u00aben propre\u00bb participe \u00e0 \u00abl\u2019en propre\u00bb de la communaut\u00e9. Le propre appartient ind\u00e9fectiblement \u00e0 celui \u00e0 qui il est appropri\u00e9. Pour autant il appartient ind\u00e9fectiblement \u00e0 la communaut\u00e9 \u00e0 qui il est appropri\u00e9 comme tout ce qui concoure au Sens du bien commun. Ainsi ignorant le Sens et le conSensus comme sources de toute r\u00e9alit\u00e9 et toute propri\u00e9t\u00e9 on ne peut penser que dans l\u2019exclusion ou dans un arrangement formel. Rappelons cependant qu\u2019il ne peut y avoir de contrat que dans une communaut\u00e9 donn\u00e9e selon ses r\u00e8gles que l\u2019on peut esp\u00e9rer exprimer le Sens du bien commun. Les modes de co-appartenance individuelle et collective r\u00e9clament une compr\u00e9hension symbolique des biens et propri\u00e9t\u00e9s (expressions de Sens partag\u00e9s). Sans les exclure les composantes affectives, mat\u00e9rielles ou utilitaires et formelles ne peuvent seules en rendre compte. C\u2019est pourquoi les r\u00e9gimes bas\u00e9s seulement sur tel ou tel aspect sont, au fond toujours iniques.<\/p>\n<p>Le priv\u00e9 ainsi renvoie au propre mais n\u2019exclue pas le commun. Un bien priv\u00e9 n\u2019est bien qu\u2019en r\u00e9f\u00e9rence aussi au bien commun, propri\u00e9t\u00e9 commune. Le bien public n\u2019est que la consid\u00e9ration communautaire des biens priv\u00e9s, pas leur s\u00e9paration exclusive. Il en va de m\u00eame avec les ensembles communautaires. L\u2019opposition priv\u00e9 public comme leur s\u00e9paration radicale sont une disqualification de l\u2019humanit\u00e9 de l\u2019homme, les syst\u00e8mes fond\u00e9s sur leur s\u00e9paration ou leur antagonisme des anti-humanismes et les partis qui s\u2019y d\u00e9finissent des nuisances publiques et priv\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral n\u2019est pas la somme des int\u00e9r\u00eats particuliers n\u2019\u00e9tant r\u00e9ductibles ni au nombre ni \u00e0 une force, caract\u00e8res propres du mat\u00e9rialisme. La pr\u00e9tention \u00e0 dire l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 quelque conditions d\u00e9clar\u00e9es universelles n\u2019est que la source des dogmatismes \u00e0 vis\u00e9e totalitaire, ou leur tentative du moins. Il n\u2019y a de g\u00e9n\u00e9ral que du commun et du commun que d\u2019une communaut\u00e9 donn\u00e9e. Il est certains que les ensembles communautaires am\u00e8nent \u00e0 penser la communaut\u00e9 humaine dans son ensemble. Cependant il faudrait y rapporter une racine d\u2019universalit\u00e9 au lieu m\u00eame de l\u2019humanit\u00e9 que chacun porte en lui-m\u00eame, qui potentialise son \u00eatre et que r\u00e9v\u00e8le son accomplissement, la vis\u00e9e m\u00eame de son \u00eatre. Pour parler au nom de l\u2019universel dans le monde et y fonder une g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 il faut se faire t\u00e9moin de cette humanit\u00e9 tout en reconnaissant la contingence culturelle communautaire donc de son expression. L\u2019absolutisation du contingent, culturel et communautaire, est totalitaire. En d\u00e9duire qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019universel ni de principes g\u00e9n\u00e9raux serait nier l\u2019humanit\u00e9 de l\u2019homme (relativisme) et ses multiples potentiels dont celui du bien s\u2019il est commun. La vis\u00e9e de l\u2019universel implique l\u2019histoire et sa pr\u00e9sence en l\u2019homme. Elle r\u00e9cuse toute r\u00e9ification de l\u2019un ou de l\u2019autre tout en permettant heureusement les traductions dans les langages des multiples cultures communautaires. La r\u00e9publique ainsi ne peut \u00eatre universelle sans \u00eatre totalitaire elle ne peut \u00eatre que communautaire pour \u00eatre au service du bien commun exprimant de fa\u00e7on singuli\u00e8re son t\u00e9moignage de l\u2019universel humain qui cherche \u00e0 se r\u00e9v\u00e9ler et donc s\u2019accomplir.<\/p>\n<p><strong>La notion de service public<\/strong><\/p>\n<p>Sert ce qui contribue au bien commun et donc au bien particulier et r\u00e9ciproquement. Un service public qui ne sert pas le particulier dessert le bien commun. Un service public qui ne sert que le particulier dessert le bien commun. Tout service \u00e0 une personne engag\u00e9e dans une communaut\u00e9 de bien (commun) est un service public et tout service public ne peut \u00eatre rendu que par des personnes particuli\u00e8res visant des particuliers. C\u2019est donc un service particulier. La division service public &#8211; service priv\u00e9 est dans tous les cas un clivage de l\u2019humanit\u00e9, source d\u2019antagonismes d\u00e9vastateurs. S\u2019il y a des organisations qui concourent au bien commun donc au bien particulier leur finalit\u00e9 en fait toujours un service public. C\u2019est le cas de toute entreprise humaine concourant au bien commun dans une communaut\u00e9. Un statut particulier ne se justifie que par des raisons culturelles et des modalit\u00e9s sp\u00e9cifiques de d\u00e9veloppement. Pr\u00e9tendre \u00e0 un statut de nature universelle fait partie des entreprises totalitaires dont on n\u2019a jamais vu qu\u2019elles servaient ni le bien commun ni le bien particulier tout en affirmant le contraire.<\/p>\n<p><strong>L\u2019Etat<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Etat est consid\u00e9r\u00e9 dans nombre de pays comme une institution n\u00e9cessaire au service de la nation ou communaut\u00e9. Il est vrai que la maturit\u00e9 d\u2019une communaut\u00e9 passe par une certaine rationalisation des modes de vie et des r\u00e8gles de \u00abl\u2019\u00e9co-nomie\u00bb. Cependant il est des cas o\u00f9 l\u2019Etat domine la nation au nom de la Raison dont il se pr\u00e9tend ma\u00eetre tenant la soci\u00e9t\u00e9 civile (la communaut\u00e9) sous tutelle c\u2019est-\u00e0-dire mineure. L\u2019Etat doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019\u00e9tablissement de r\u00e8gles, de modalit\u00e9s par lesquels la communaut\u00e9 organise son d\u00e9veloppement ainsi que tout ce qui contribue au bien commun. Cette \u00aborganisation\u00bb est un mode de gouvernance d\u00e9mocratique faisant appel \u00e0 des ressources intra ou extra communautaire. Comme on l\u2019a vu on ne peuy dissocier bien commun et bien particulier ni service particulier ou service public. Il n\u2019y a aucune raison pour que les services d\u2019Etat disposent d\u2019un statut ou soient investis d\u2019une vertu sp\u00e9cifique. S\u2019il y a besoin de stabilit\u00e9s, de rationalit\u00e9s, elles sont culturellement et historiquement contingentes, li\u00e9es au d\u00e9veloppement et \u00e0 la vocation, communautaires. Ainsi donner \u00e0 l\u2019Etat un quelconque pouvoir sur la communaut\u00e9 est une entreprise \u00e0 vis\u00e9e totalitaire qui place sa Raison (d\u2019Etat) au-dessus de l\u2019humanit\u00e9 des hommes, humanit\u00e9 qu\u2019il ignore. Donner \u00e0 diff\u00e9rentes personnes et organisations particuli\u00e8res une mission de concours au bien commun suppose une gouvernance d\u00e9mocratique antinomique avec certaine conception de l\u2019Etat. On objectera que le capitalisme n\u00e9cessite une puissance d\u2019Etat pour l\u2019emp\u00eacher de nuire mais justifier une nuisance par la lutte contre une autre nuisance n\u2019est qu\u2019un raisonnement nuisible \u00e0 l\u2019humanit\u00e9. Le Sens du bien commun, celui d\u2019une communaut\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rence et des ensembles communautaires (communaut\u00e9s), \u00e0 toutes les \u00e9chelles engage une conception de l\u2019Etat contingente comme celle de la r\u00e9publique, au service de la communaut\u00e9 c\u2019est-\u00e0-dire de ses membres et pourquoi pas d\u2019autres communaut\u00e9s. L\u2019\u00e9mergence d\u2019un \u00e2ge de l\u2019humanit\u00e9 permettra de penser d\u2019autres formes d\u2019organisations communautaires que celle\u00a0 d\u2019un encadrement par une Raison d\u2019Etat.<\/p>\n<p>La reconnaissance du Sens du bien commun remet en question toutes les formes institu\u00e9es de la vie communautaire et n\u2019y \u00e9chappent ni la d\u00e9mocratie, ni le politique, ni l\u2019Etat, ni la loi, ni la justice, ni l\u2019\u00e9conomique et encore moins l\u2019\u00e9ducation. Ils sont tous \u00e0 refonder, c\u2019est-\u00e0-dire aussi sortir des r\u00e8glements de comptes id\u00e9ologiques du pass\u00e9 pour les r\u00e9inscrire dans l\u2019humanit\u00e9. L\u2019orgueil des \u00e9lites occidentales constitue un lourd handicap mais en m\u00eame temps les bouleversements de la mutation de civilisation les montre souvent impuissantes, cell\u00e9es dans leurs armures intellectuelles d\u00e9pass\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9f\u00e9rence au bien commun qui vient de mode, entraine des tensions exacerb\u00e9es entre des postures et positions qui en ont tenu lieu de substitut. 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