{"id":140,"date":"1999-01-26T17:44:00","date_gmt":"1999-01-26T17:44:00","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/1999\/01\/26\/territoires-ou-communautes-de-devenir\/"},"modified":"2020-12-03T21:44:59","modified_gmt":"2020-12-03T20:44:59","slug":"territoires-ou-communautes-de-devenir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/1999\/01\/26\/territoires-ou-communautes-de-devenir\/","title":{"rendered":"Territoires ou communaut\u00e9s de devenir"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Quand on dit territoire \u00e0 quoi pense-t-on? A une repr\u00e9sentation cartographique qui va accomplir ce contre Sens : la carte est le territoire (sans les encombrants indig\u00e8nes). A quelles choses, quelles circulations, quels flux, quels \u00e9quipements; le bonheur des techniciens et gestionnaires. Quelle proc\u00e9dure, quel guichet, quelle subvention, quelle influence le petit jeu des petits pouvoirs. Quand on dit territoire on peut penser communaut\u00e9 humaine, celle qui l&rsquo;habite et y engage son destin en commun dans le Sens du bien commun. Voil\u00e0 le champ des affaires humaines ouvert. Il ne reste plus qu&rsquo;\u00e0 renouveller les comp\u00e9tences mal pr\u00e9par\u00e9es \u00e0 une telle d\u00e9couverte.<\/p>\n<p>La mise en oeuvre des politiques publiques se heurte bien souvent \u00e0 un d\u00e9faut d&rsquo;appropriation par les acteurs locaux.<\/p>\n<p>On doit en d\u00e9duire imm\u00e9diatement qu&rsquo;il y a une divergence d&rsquo;appr\u00e9ciation entre ceux qui mettent en oeuvre les politiques publiques et ces acteurs locaux \u00e0 tel point qu&rsquo;ils ne peuvent les faire leur.<\/p>\n<p>On assiste malheureusement \u00e0 des jugements rapides stigmatisant le manque de comp\u00e9tence, d&rsquo;honn\u00eatet\u00e9, responsabilit\u00e9 des responsables locaux.<\/p>\n<p>De cette disqualification na\u00eet le doute sur la question du choix des interlocuteurs locaux. On voit \u00e9merger alors l&rsquo;hypoth\u00e8se que la population serait, elle, favorable \u00e0 une appropriation de la politique publique et qu&rsquo;il faudrait trouver d&rsquo;autres repr\u00e9sentants qui seraient le gage de sa participation.<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement ce sont les \u00e9lus qui sont remis en question et particuli\u00e8rement les maires.<\/p>\n<p>Or il y a un probl\u00e8me fondamental qui \u00e9chappe \u00e0 l&rsquo;analyse c&rsquo;est celui du champ d&rsquo;application des politiques publiques.<\/p>\n<p>LA LOGIQUE DE TERRITOIRE<\/p>\n<p>La tendance est bien souvent \u00e0 d\u00e9finir un territoire sur lequel va s&rsquo;appliquer la politique publique.<\/p>\n<p>Chacun s&rsquo;applique \u00e0 d\u00e9couper le territoire selon ses propres rationalit\u00e9s. On assiste \u00e0 une profusion de d\u00e9coupages: pays, bassins hydrographiques, bassins de vie, d&#8217;emploi, parcs, zones de services qui se superposent aux communes, communaut\u00e9s de communes, syndicats de communes, d\u00e9partements, r\u00e9gions&#8230;<\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral sont associ\u00e9s un territoire et une proc\u00e9dure, cette derni\u00e8re justifiant le d\u00e9coupage et le territoire d\u00e9limitant le champ local d&rsquo;application de la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Nous sommes l\u00e0 dans un sch\u00e9ma traditionnel de l&rsquo;am\u00e9nagement du territoire o\u00f9 la structure rationalisante de la proc\u00e9dure est destin\u00e9e \u00e0 structurer rationnellement le fonctionnement du territoire.<\/p>\n<p>On ne peut pas ne pas remarquer la prolif\u00e9ration des proc\u00e9dures et des d\u00e9coupages territoriaux si bien que le m\u00eame lieu peut \u00eatre le th\u00e9\u00e2tre de plusieurs d\u00e9coupages, plusieurs proc\u00e9dures et quelques fois sur le m\u00eame th\u00e8me (par exemple l&rsquo;am\u00e9nagement du territoire).<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 le signe d&rsquo;une crise qui est li\u00e9e \u00e0 la mutation profonde de notre \u00e9poque.<\/p>\n<p>L&rsquo;analyse des stades d&rsquo;\u00e9volution des soci\u00e9t\u00e9s humaines jointes \u00e0 la prospective de la mutation actuelle peut se r\u00e9sumer ainsi (travaux de l&rsquo;Institut Coh\u00e9rences):<\/p>\n<p>Le premier stade est celui des soci\u00e9t\u00e9s archa\u00efques dont le lien est un lien d&rsquo;appartenance fond\u00e9 sur les affects et sur des rapports d&rsquo;inclusion\/exclusion. Le \u00ab\u00a0territoire\u00a0\u00bb est le champ de l&rsquo;appartenance (on appartient au territoire comme il vous appartient).<\/p>\n<p>Le second stade est celui des soci\u00e9t\u00e9s primaires dont le lien est un lien de cohabitation fond\u00e9 sur les rapports mat\u00e9riels de production et d&rsquo;habitation avec une priorit\u00e9 pour les soucis de subsistance et de s\u00e9curit\u00e9. Le territoire est de nature physique et il est le lieu de ressources et de protection.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me stade est celui des soci\u00e9t\u00e9s secondaires dont le lien est un lien d&rsquo;identification fond\u00e9 sur l&rsquo;adoption de r\u00e9f\u00e9rences communes notamment dans la mod\u00e9lisation du fonctionnement collectif. Les territoires sont plus d&rsquo;ordre juridique en tant que champ de validit\u00e9 d&rsquo;une r\u00e8gle commun\u00e9ment adopt\u00e9e et contribuant \u00e0 la d\u00e9finition de l&rsquo;identit\u00e9 collective.<\/p>\n<p>Arr\u00eatons nous l\u00e0 un instant sur ces premiers stades pour noter que l&rsquo;\u00e9volution n&rsquo;\u00e9limine pas les stades ant\u00e9rieur mais permet de les investir dans des niveaux d&rsquo;\u00e9volution et de maturit\u00e9 humaine sup\u00e9rieurs par lesquels il est alors possible d&rsquo;en assurer une certaine ma\u00eetrise.<\/p>\n<p>Notre civilisation a atteint depuis longtemps le stade secondaire et c&rsquo;est bien par la rationalisation qu&rsquo;elle a permis d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 un certain niveau de ma\u00eetrise.<\/p>\n<p>Cependant la crise actuelle fait appara\u00eetre une disjonction entre les niveaux.<\/p>\n<p>Les repr\u00e9sentations et r\u00e8gles secondaires semblent devenir impuissantes pour ma\u00eetriser le niveau factuel plus mat\u00e9riel et les d\u00e9faillances de ce dernier (crise \u00e9conomique, ch\u00f4mage) le rendent impuissant \u00e0 r\u00e9guler le stade archa\u00efque qui \u00e9merge dans nos banlieues comme en Europe et ailleurs.<\/p>\n<p>Il y aurait beaucoup \u00e0 dire sur les sources de ces d\u00e9faillances, cependant on observera que la prolif\u00e9ration des proc\u00e9dures et des d\u00e9coupages territoriaux tous plus rationnels les uns que les autres, semble \u00eatre une r\u00e9action \u00e0 leur perte d&#8217;emprise sur le r\u00e9el. De ce fait on peut se demander si dans certains cas il ne s&rsquo;agit pas principalement de tentatives d&#8217;emprise. Le jeu consisterait alors pour chacun de tenter d&rsquo;imposer son d\u00e9coupage pour y placer sa ou ses proc\u00e9dures et y exercer un pouvoir.<\/p>\n<p>D\u00e9s lors on est moins \u00e9tonn\u00e9 de la disqualification des repr\u00e9sentants \u00e9lus, \u00e9lus eux par les populations. Ils repr\u00e9sentent en effet un r\u00e9el humain qui ne correspond pas aux mod\u00e8les et aux rationalit\u00e9s que l&rsquo;on veut imposer d&rsquo;autant plus fortement que l&rsquo;on en ressent la carence.<\/p>\n<p>La raison devient quelquefois source de d\u00e9raison et les \u00ab\u00a0mesures\u00a0\u00bb prises, vecteurs de d\u00e9mesure c&rsquo;est-\u00e0-dire de perte de contact avec la r\u00e9alit\u00e9 des hommes vivant sur les territoires.<\/p>\n<p>Cependant il nous faut introduire une explication \u00e0 ce dysfonctionnement, aggrav\u00e9 sans cesse par les tentations de r\u00e9paration toujours par les m\u00eames moyens (encore plus de ce qui est cause du probl\u00e8me).<\/p>\n<p>C&rsquo;est celle de la mutation qui nous vient et qui est d\u00e9passement du stade secondaire.<\/p>\n<p>Nous rentrons dans une nouvelle \u00e8re dont les cl\u00e9s sont toutes diff\u00e9rentes et on peut se demander si le ph\u00e9nom\u00e8ne pr\u00e9c\u00e9dent n&rsquo;est pas le signe d&rsquo;une r\u00e9sistance \u00e0 ce d\u00e9passement, la soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9elle \u00e9tant par certain aspect en avance par rapport \u00e0 ceux qui veulent lui appliquer des formules devenues inad\u00e9quates.<\/p>\n<p>La logique de territoire est devenue trop souvent l&rsquo;expression d&rsquo;une tentative sans issue de retrouver une ma\u00eetrise perdue.<\/p>\n<p>LA LOGIQUE DE COMMUNAUTE<\/p>\n<p>La premi\u00e8re consid\u00e9ration \u00e0 faire est qu&rsquo;une politique est par d\u00e9finition affaire de la cit\u00e9 (polis) et son caract\u00e8re public renforce le fait qu&rsquo;elle concerne la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Localement la cit\u00e9 est soit une ville soit un pays mais toujours une communaut\u00e9 humaine, c&rsquo;est cela le champ que lui conteste implicitement la logique de territoire.<\/p>\n<p>La seconde consid\u00e9ration est li\u00e9e au fait qu&rsquo;il y a dans notre pays une certaine r\u00e9ticence par rapport au terme de communaut\u00e9, rapidement associ\u00e9 \u00e0 ce que nous avons signal\u00e9 comme soci\u00e9t\u00e9 archa\u00efque. C&rsquo;est une position dont les fondements seraient \u00e0 justifier au-del\u00e0 de la p\u00e9tition de principe et qui a pour inconv\u00e9nient de masquer l&rsquo;essentiel et particuli\u00e8rement l&rsquo;essentiel de la mutation actuelle.<\/p>\n<p>Disons le clairement <b>nous entrons dans l&rsquo;\u00e8re des communaut\u00e9s de devenir<\/b><\/p>\n<p>Une communaut\u00e9 de devenir se con\u00e7oit comme le rassemblement d&rsquo;hommes li\u00e9s par le devenir qu&rsquo;ils partagent. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment on doit le comprendre comme une communaut\u00e9 de Sens, Sens partag\u00e9, Sens du devenir, Sens des valeurs communes, Sens des logiques et rationalit\u00e9s culturelles, Sens d&rsquo;une vocation collective, Sens d&rsquo;un d\u00e9veloppement, Sens d&rsquo;une \u00e9volution progressive. Sens du bien commun.<\/p>\n<p>Ce qui est mis en commun, lien fondateur, c&rsquo;est le Sens dans lequel chacun peut s&rsquo;engager. Le Sens du bien commun n&rsquo;est pas d&rsquo;abord une \u00ab\u00a0chose\u00a0\u00bb commune mais la direction dans laquelle le bien de chacun est recherch\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e2ge des communaut\u00e9s de devenir est aussi l&rsquo;\u00e2ge du Sens. Cela veut dire que dor\u00e9navant l&rsquo;essence du politique, c&rsquo;est le Sens de la communaut\u00e9 de devenir. Une politique publique se d\u00e9finit, au fond, par le Sens dans lequel elle cherche \u00e0 faire progresser une communaut\u00e9 de devenir et, dans sa forme, par des modalit\u00e9s qui doivent \u00eatre propres \u00e0 cette m\u00eame communaut\u00e9. C&rsquo;est le principe de l&rsquo;appropriation.<\/p>\n<p>Pour qu&rsquo;il y ait appropriation d&rsquo;une politique publique il suffirait de s&rsquo;assurer que son Sens est bien celui du devenir de la communaut\u00e9, exprim\u00e9 par exemple par sa logique de d\u00e9veloppement. On peut esp\u00e9rer effectivement d&rsquo;une politique publique locale qu&rsquo;elle soit pertinente par rapport \u00e0 la communaut\u00e9 de devenir, coh\u00e9rente par rapport \u00e0 son d\u00e9veloppement et performante dans la mesure o\u00f9 elle concoure positivement \u00e0 ce d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Pour qu&rsquo;il y ait appropriation active il faut en plus que la communaut\u00e9 de devenir en arrive \u00e0 se faire auteur de son devenir et donc qu&rsquo;elle s&rsquo;approprie activement les politiques publiques.<\/p>\n<p>On arrive l\u00e0 sur la question de la ma\u00eetrise par la communaut\u00e9 de devenir de cette appropriation.<\/p>\n<p>Il faut comprendre qu&rsquo;une m\u00eame communaut\u00e9 de devenir est constitu\u00e9e par des personnes et des groupes humains dont la maturit\u00e9 et la capacit\u00e9 de ma\u00eetrise vis-\u00e0-vis du bien commun est diff\u00e9rente. Cela nous am\u00e8ne \u00e0 consid\u00e9rer que chaque communaut\u00e9 de devenir se dote dans son histoire d&rsquo;une structure, d&rsquo;une distribution des r\u00f4les et de repr\u00e9sentants \u00e9lus pour ce qui est des communaut\u00e9s d\u00e9mocratiques. Nous en arrivons \u00e0 nouveau au probl\u00e8me de la qualification, pour l&rsquo;appropriation active des politiques publiques, des repr\u00e9sentants, \u00e9lus de ces communaut\u00e9s de devenir, que la logique de territoire et de proc\u00e9dure tend \u00e0 disqualifier.<\/p>\n<p>A ce stade, il faut pr\u00e9ciser de quelles communaut\u00e9s de devenir il s&rsquo;agit avant d&rsquo;en venir \u00e0 la fa\u00e7on dont la logique de communaut\u00e9 doit s&rsquo;appuyer sur les structures existantes quitte \u00e0 les faire \u00e9voluer.<\/p>\n<p>Une communaut\u00e9 de devenir a une histoire, qu&rsquo;elle soit ancienne ou jeune. La consid\u00e9ration de cette histoire est indispensable \u00e0 la pens\u00e9e du devenir et \u00e0 tout projet qui s&rsquo;y investi. Dans notre pays, comme beaucoup, la communaut\u00e9 politique de base est la commune, comme son nom l&rsquo;indique.<\/p>\n<p>Il est de bon ton de stigmatiser le nombre \u00ab\u00a0excessif\u00a0\u00bb de communes. C&rsquo;est d&rsquo;autant plus certain pour les logiques de territoire qui y voient une emprise qui fait obstacle \u00e0 leurs vues.<\/p>\n<p>Les communes peuvent cependant \u00eatre associ\u00e9es en communaut\u00e9s de communes au tout autre groupement dans la mesure o\u00f9 il s&rsquo;agit de former entre elles des communaut\u00e9s de devenir.<\/p>\n<p>De m\u00eame qu&rsquo;une communaut\u00e9 de devenir n&rsquo;annule pas, bien au contraire la diff\u00e9rence de chacun, de m\u00eame la personnalit\u00e9 de chaque commune reste, engag\u00e9e dans son devenir propre, tout en restant engag\u00e9 dans le devenir commun.<\/p>\n<p>Nous touchons l\u00e0 \u00e0 une \u00ab\u00a0th\u00e9orie des ensembles\u00a0\u00bb des communaut\u00e9s humaines qui n&rsquo;est en aucun cas celle de la juxtaposition ou du d\u00e9coupage de territoires.<\/p>\n<p>A ce propos il faut noter qu&rsquo;il se constitue aujourd&rsquo;hui des communaut\u00e9s de Sens sinon de devenir entre les villes du monde, entre des groupes humains qui n&rsquo;identifient plus forc\u00e9ment leur unit\u00e9 ou leur identit\u00e9 \u00e0 un territoire physique et qu&rsquo;il y a d\u00e9j\u00e0 un d\u00e9ploiement nouveau o\u00f9 la coalition des intentions humaines forme des communaut\u00e9s plus ou moins fugaces il est vrai mais qui dessinent de nouveaux types de structuration du politique.<\/p>\n<p>Les espaces du politique (et des politiques publiques) ne seront plus seulement des espaces physiques ou m\u00eame juridiques.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement d&rsquo;Internet, pour ceux qui sont attentifs \u00e0 ce qui se d\u00e9veloppe massivement, en est un laboratoire foisonnant.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est par contre pas interdit qu&rsquo;une communaut\u00e9 de devenir, communaut\u00e9 de Sens par essence, se dote de cadres identificatoires, s&rsquo;ancre dans des territoires physiques et m\u00eame vive de forts sentiments d&rsquo;appartenance. Il n&rsquo;y a l\u00e0 rien d&rsquo;archa\u00efque, ni de r\u00e9gressif dans la mesure o\u00f9 ce ne sont pas des fondements de la communaut\u00e9 mais des modes d&rsquo;expression et de r\u00e9alisation.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors aussi les cit\u00e9s, les communes, les pays, dans leur \u00e9volution, deviennent des communaut\u00e9s de devenir ou d\u00e9couvrent qu&rsquo;elles le sont. C&rsquo;est tr\u00e8s exactement le ph\u00e9nom\u00e8ne qui se produit, de fa\u00e7on balbutiante quelquefois, mais aussi de fa\u00e7on plus syst\u00e9matique avec la g\u00e9n\u00e9ralisation des questions de d\u00e9veloppement ou l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;interrogations locales sur le bien commun.<\/p>\n<p>La logique de territoire, on le constate, se nourrit plus \u00ab\u00a0d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb que de bien commun.<\/p>\n<p>Les communes ou communaut\u00e9s de communes sont ainsi les lieux propices \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une \u00e8re de communaut\u00e9s de devenir.<\/p>\n<p>Leur histoire se relit avec l&rsquo;\u00e9clairage d&rsquo;une culture propre qui s&rsquo;accomplit dans une vocation, malgr\u00e9 les incertitudes et les errances et qui trouve l\u00e0 les potentiels et les racines d&rsquo;une projection dans le futur et des moyens d&rsquo;y parvenir.<\/p>\n<p>Ce sont les cl\u00e9s d&rsquo;une appropriation active des politiques publiques.<\/p>\n<p>La logique de communaut\u00e9 qui se cherche, s&rsquo;exp\u00e9rimente et se d\u00e9ploie d\u00e9j\u00e0, y trouve ses m\u00e9thodes et ses bases.<\/p>\n<p>S&rsquo;agissant toujours de concourir \u00e0 une progression, une \u00e9volution humaine, alors le cheminement a quelque chose \u00e0 voir avec un certain apprentissage, une certaine p\u00e9dagogie (macro-p\u00e9dagogie). C&rsquo;est la base d&rsquo;une m\u00e9thode d&rsquo;appropriation active des politiques publiques qui con\u00e7oit et dessine les processus culturellement fond\u00e9s, permettant pour chaque politique publique:<\/p>\n<p>&#8211; une appropriation active de la connaissance des probl\u00e8mes en question, ancr\u00e9e dans la culture propre,<\/p>\n<p>&#8211; une appropriation active de l&rsquo;engagement selon les voies de la culture propre,<\/p>\n<p>&#8211; une appropriation active de la recherche de solutions et des modes de r\u00e9alisation selon les fa\u00e7ons \u00ab\u00a0culturelles\u00a0\u00bb de travailler.<\/p>\n<p>Nous laisserons de c\u00f4t\u00e9 le probl\u00e8me de la multiplicit\u00e9 des communaut\u00e9s particuli\u00e8res engag\u00e9es dans une communaut\u00e9 de devenir plus large sachant qu&rsquo;il faut avoir recours pour cela \u00e0 une macro p\u00e9dagogie diff\u00e9renci\u00e9e pour engager l&rsquo;appropriation active.<\/p>\n<p>Venons en \u00e0 la question soulev\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment de la qualification des repr\u00e9sentants \u00e9lus dans de tels processus.<\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord on reconna\u00eetra que tous les \u00e9lus n&rsquo;ont pas une conscience parfaitement claire de leur responsabilit\u00e9 dans une communaut\u00e9 de devenir. Cependant nous voulons insister sur le fait qu&rsquo;on en trouve plus l&rsquo;intuition et l&rsquo;engagement dans cette population que du c\u00f4t\u00e9 des tenants des logiques de territoire. Ainsi de nombreuses exp\u00e9riences montrent que dans l&rsquo;esprit il est souvent possible de s&rsquo;engager aujourd&rsquo;hui dans de telles voies.<\/p>\n<p>Reste le probl\u00e8me de l&rsquo;aide \u00e0 apporter pour que les r\u00f4les soient de mieux en mieux assum\u00e9s et notamment par le biais des m\u00e9thodes d&rsquo;appropriation active.<\/p>\n<p>Le principe de consid\u00e9ration (\u00e9thique de la consid\u00e9ration qui n&rsquo;est pas celle de la complaisance pour autant) voudra que pour toute mise en oeuvre locale d&rsquo;une politique publique on consid\u00e8re d&rsquo;abord la communaut\u00e9 de devenir que cela concerne. Cela peut d&rsquo;ailleurs entra\u00eener dans certains cas un travail pr\u00e9paratoire de constitution ou reconstitution d&rsquo;une telle communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rer la communaut\u00e9 de devenir concern\u00e9e, c&rsquo;est se pr\u00e9occuper de sa culture propre, de sa vocation et du sens de ce devenir.<\/p>\n<p>C&rsquo;est aussi consid\u00e9rer la fa\u00e7on dont cette communaut\u00e9 s&rsquo;est dot\u00e9e de structures et de r\u00f4les qui constituent l&rsquo;architecture de toute communaut\u00e9 civilis\u00e9e.<\/p>\n<p>Le r\u00f4le de l&rsquo;\u00e9lu (maire) et son conseil est d\u00e8s lors \u00e9tabli ainsi que celui de toutes les instances de la soci\u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e, en particulier les services municipaux et les secteurs sp\u00e9cifiques concern\u00e9s par chaque probl\u00e9matique.<\/p>\n<p>Le processus d&rsquo;appropriation active ne peut pas ne pas int\u00e9grer les diff\u00e9rents r\u00f4les culturellement significatifs sauf \u00e0 participer \u00e0 leur disqualification.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, il faudra appr\u00e9cier les difficult\u00e9s, les obstacles inh\u00e9rents \u00e0 toute p\u00e9dagogie (ma\u00efeutique) mais c&rsquo;est le r\u00f4le et le service que peuvent apporter ceux qui ont la charge de la mise en oeuvre des politiques publiques .<\/p>\n<p>Il y a l\u00e0 pour les services de l&rsquo;Etat de nouvelles perspectives. L&rsquo;\u00e9mergence de l&rsquo;\u00e8re des repr\u00e9sentations n\u00e9cessitait un Etat capable de cadrer, de structurer les territoires au service des communaut\u00e9s en \u00e9volution.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9mergence de l&rsquo;\u00e8re du Sens et des communaut\u00e9s de devenir justifierait un Etat capable d&rsquo;aider les responsables des communaut\u00e9s de devenir, les anciennes et les nouvelles a mieux ma\u00eetriser ce devenir et \u00e0 y inscrire toute politique publique.<\/p>\n<p>Le nouveau r\u00f4le r\u00e9clame en priorit\u00e9 cette fois une comp\u00e9tence d&rsquo;ing\u00e9nierie humaine, celle des r\u00f4les et celle des communaut\u00e9s pour assumer ce service public. Mais l&rsquo;Etat n&rsquo;aurait-il pas alors lui aussi \u00e0 trouver d&rsquo;autres fondements, en avant de la soci\u00e9t\u00e9 risquant sinon de se retrouver en retard et bient\u00f4t en conflit.<\/p>\n<p>La culture du service qui s&rsquo;y trouve, d\u00e8s lors qu&rsquo;elle sait s&rsquo;actualiser, en constituera la meilleure ressource.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand on dit territoire \u00e0 quoi pense-t-on? A une repr\u00e9sentation cartographique qui va accomplir ce contre Sens : la carte est le territoire (sans les encombrants indig\u00e8nes). A quelles choses, quelles circulations, quels flux, quels \u00e9quipements; le bonheur des techniciens et gestionnaires. Quelle proc\u00e9dure, quel guichet, quelle subvention, quelle influence le petit jeu des petits pouvoirs. Quand on dit territoire on peut penser communaut\u00e9 humaine, celle qui l&rsquo;habite et y engage son destin en commun dans le Sens du bien commun. Voil\u00e0 le champ des affaires humaines ouvert. Il ne reste plus qu&rsquo;\u00e0 renouveller les comp\u00e9tences mal pr\u00e9par\u00e9es \u00e0 une telle d\u00e9couverte.<\/p>\n","protected":false},"author":682,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[602,46],"tags":[],"class_list":["post-140","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-e36-politiques-publiques","category-f616-politiques-publiques"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/140","targetHints":{"allow":["GET","POST","PUT","PATCH"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/users\/682"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=140"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/140\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1870,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/140\/revisions\/1870"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=140"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=140"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=140"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}