{"id":137,"date":"2004-07-26T15:30:14","date_gmt":"2004-07-26T15:30:14","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/2004\/07\/26\/democratie-et-gouvernance\/"},"modified":"2020-11-13T19:03:58","modified_gmt":"2020-11-13T18:03:58","slug":"democratie-et-gouvernance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/2004\/07\/26\/democratie-et-gouvernance\/","title":{"rendered":"D\u00e9mocratie et gouvernance"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">La conduite des projets territoriaux, pour \u00eatre appropri\u00e9e, doit engager de large concertation et entra\u00eener une dynamique d&rsquo;engagement collectif. On parle beaucoup de d\u00e9mocratie participative et de gouvernance sans que ces termes soient appuy\u00e9s sur une v\u00e9ritable connaissance des ph\u00e9nom\u00e8nes humains en jeu mais plut\u00f4t sur de bons sentiments nourris d&rsquo;id\u00e9ologies r\u00e9gressives. Les ambitions peuvent \u00eatre grandes en la mati\u00e8re \u00e0 condition d&rsquo;en tenir les exigences.<\/p>\n<p><P>Il est un temps de mutation o&ugrave; &eacute;mergent  de nouveaux concepts<br \/>\ntel que celui de gouvernance. On a rapidement  l&rsquo;intuition que cela touche<br \/>\n&agrave; du connu mais qu&rsquo;il y a  n&eacute;anmoins quelque chose d&rsquo;autre qui en<br \/>\nfait l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t.  Gouvernance s&rsquo;applique au domaine des grandes<br \/>\norganisations et  aussi celui des territoires ou espaces du politique qui nous<br \/>\nint&eacute;ressent en priorit&eacute; ici. Il y est question  de la<br \/>\nmani&egrave;re de gouverner, de la bonne pratique pour  conduire les affaires<br \/>\ncollectives impliquant une certaine participation  responsable des acteurs ou<br \/>\npopulations concern&eacute;es.<\/P><\/p>\n<p><P>Le lien avec la d&eacute;mocratie est<br \/>\nsouvent  fait, &eacute;voquant le voeu d&rsquo;une d&eacute;mocratie participative,<br \/>\nalternative &agrave; une d&eacute;mocratie repr&eacute;sentative  jug&eacute;e<br \/>\ninsuffisante&#8230; notamment par d&eacute;faut de &quot;bonne  gouvernance&quot; de<br \/>\nla part des dits repr&eacute;sentants. La  gouvernance est ainsi quelque fois<br \/>\nune alternative critique dont  &quot;la bonne pratique&quot; reste<br \/>\nn&eacute;anmoins incertaine,  notamment chez ses promoteurs qui se nourrissent<br \/>\nsurtout de la  d&eacute;nonciation des pratiques existantes. Or cette<br \/>\n&eacute;mergence  m&eacute;rite mieux.<\/P><\/p>\n<p><P>Elle &eacute;voque la question de<br \/>\nla conduite  d&rsquo;une population sur un territoire. Cette conduite est d&rsquo;un autre<br \/>\nordre que la seule &quot;gestion des choses&quot; qui pr&eacute;vaut  trop<br \/>\nsouvent. La gouverne ou le &quot;gouvernement des hommes&quot;  reviendrait-il<br \/>\n&agrave; l&rsquo;ordre du jour ?<\/P><\/p>\n<p><P>Sur un territoire le gouvernement des hommes<br \/>\nsuppose trois conditions :<BR>  &#8211; Il faut qu&rsquo;il y ait identification collective<br \/>\nde la population,  identit&eacute; qui est la condition d&rsquo;une quelconque<br \/>\nprojection  dans l&rsquo;avenir. Sans identit&eacute; collective pas de projet<br \/>\ncommun.<BR>  &#8211; Il faut qu&rsquo;il y ait justement un sens, une ambition, une<br \/>\norientation  donn&eacute;e au futur et dans lequel la population se<br \/>\nreconna&icirc;t  et, mieux, y retrouve ses aspirations, valeurs et motivations.<br \/>\nSans orientation commune engageante pas de projet partag&eacute;.<BR>  &#8211; Il faut<br \/>\nenfin que l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une marche en avant collective  soit acquise, restant<br \/>\n&agrave; en structurer dynamiques et modalit&eacute;s,  reliant des acteurs et<br \/>\nmoyens mobilis&eacute;s sans quoi le projet  n&rsquo;est pas appropri&eacute; par les<br \/>\nacteurs et la population.  C&rsquo;est l&agrave; que les projets territoriaux trouvent<br \/>\nleur place.<\/P><\/p>\n<p><P>Qu&rsquo;y a-t-il de nouveau ?<BR>  &#8211; Les territoires<br \/>\ns&rsquo;identifient de plus en plus &agrave; des  &quot;communaut&eacute;s de<br \/>\nSens&quot;, c&rsquo;est-&agrave;-dire des  communaut&eacute;s de devenir et de projets<br \/>\nancr&eacute;s dans  une vocation collective.<BR>  &#8211; La vocation collective du<br \/>\nterritoire &quot;autorise&quot; une  volont&eacute; partag&eacute;e, une<br \/>\norientation commune, une  direction de l&rsquo;avenir pos&eacute;e et propos&eacute;e<br \/>\nen relation  avec d&rsquo;autres territoires.<BR>  &#8211; Les projets territoriaux sont<br \/>\nalors l&rsquo;expression d&rsquo;une volont&eacute;  collective se structurant, une mise en<br \/>\nmouvement et sont la r&eacute;alisation  de projets concourants &agrave; un<br \/>\nd&eacute;veloppement &quot;appropri&eacute;&quot;.<\/P><\/p>\n<p><P>C&rsquo;est l&agrave; le<br \/>\nSens du temps qui remet  en question les logiques purement gestionnaires et<br \/>\nrationalisantes  centr&eacute;es sur les choses, ignorant les hommes et les<br \/>\nenjeux  &quot;humains&quot; de leur devenir. C&rsquo;est l&agrave; aussi le  Sens d&rsquo;un<br \/>\ntemps o&ugrave; la ma&icirc;trise par les hommes de  leurs communaut&eacute;s<br \/>\nterritoriales se fait plus responsable  et plus autonome, &agrave; contre<br \/>\ncourant d&rsquo;une critique syst&eacute;matique  du progr&egrave;s et des valeurs de<br \/>\nla &quot;civilisation&quot;  humaine.<\/P><\/p>\n<p><P>Les enjeux sont tr&egrave;s<br \/>\nvastes, rejoignant  les questions les plus essentielles de la vie collective<br \/>\n&agrave;  celles plus pragmatiques de la conduite des affaires communes.  La<br \/>\nd&eacute;mocratie et ses conceptions sont interpell&eacute;es  mais aussi la<br \/>\ncompr&eacute;hension des soci&eacute;t&eacute;s  humaines et de leur<br \/>\n&quot;marche en avant&quot; et enfin celle  des pratiques de gouvernement des<br \/>\nhommes dont la &quot;gouvernance&quot;  est la conception nouvelle&quot;.<\/P><\/p>\n<p><P>Il est clair que cela concerne les responsables  politiques, les dirigeants<br \/>\nterritoriaux, les services de l&rsquo;Etat  qui y trouveront de nouvelles politiques<br \/>\nde service et aussi  tout ceux qui ont &agrave; en tirer des enseignements pour<br \/>\nleur  propre participation aux affaires communes et la conduite des<br \/>\nresponsabilit&eacute;s qu&rsquo;il ont &agrave; assumer dans leur secteur.<\/P><\/p>\n<p><P>Il<br \/>\nnous faudra donner quelques &eacute;clairages  au pr&eacute;alable sur deux<br \/>\nquestions essentielles :<BR>  &#8211; La nature des communaut&eacute;s humaines, le<br \/>\nSens du bien  commun et les &eacute;tapes de leur &eacute;volution qui<br \/>\njustifient  le principe m&ecirc;me d&rsquo;une bonne gouvernance.<BR>  &#8211; La nature de<br \/>\nla d&eacute;mocratie et ses modes d&rsquo;exercices  en fonction des stades de<br \/>\nmaturation de la communaut&eacute;  et des diverses populations.<\/P><\/p>\n<p><P>Les<br \/>\ncommunaut&eacute;s humaines sont le  terrain m&ecirc;me de la gouvernance. Il<br \/>\ns&rsquo;agit donc de les comprendre  comme des communaut&eacute;s de devenir,<br \/>\npartageant une communaut&eacute;  de Sens qui deviennent ainsi<br \/>\ncommunaut&eacute;s de projets. Sans  projet, sans direction &agrave; prendre et<br \/>\ndes objectifs ou des  enjeux &agrave; atteindre dans cette direction, il n&rsquo;y a<br \/>\nrien  &agrave; gouverner.<BR>  C&rsquo;est donc le nouveau visage des<br \/>\ncollectivit&eacute;s territoriales  concern&eacute;es: des communaut&eacute;s de<br \/>\nSens partageant  une ambition pour l&rsquo;avenir. Cette conception fait suite<br \/>\n&agrave;  d&rsquo;autres qui correspondent en fait &agrave; des soci&eacute;t&eacute;s<br \/>\n moins &eacute;volu&eacute;es.<\/P><\/p>\n<p><P><B>Les soci&eacute;t&eacute;s<br \/>\narcha&iuml;ques<\/B> sont sous le r&eacute;gime des affects, des impulsions,  de<br \/>\npouvoirs d&#8217;emprise. S&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;y exercer quelque &quot;gouvernance&quot;,<br \/>\n c&rsquo;est &agrave; la pacification et au contr&ocirc;le des pulsions  excessives<br \/>\nqu&rsquo;il faudrait s&rsquo;attacher par le biais d&rsquo;un pouvoir  directif et donc<br \/>\nr&eacute;gulateur.<BR>  <B>Les soci&eacute;t&eacute;s encore primaires<\/B> se<br \/>\npr&eacute;occupent  surtout de leur subsistance et de leur confort. La bonne<br \/>\ngouvernance  ne porterait alors que sur la gestion des choses au travers d&rsquo;une<br \/>\norganisation optimis&eacute;e. C&rsquo;est une approche technicienne  qui<br \/>\npr&eacute;vaut.<BR>  <B>Les soci&eacute;t&eacute;s secondaires<\/B> sont<br \/>\nengag&eacute;es  dans des jeux d&rsquo;identit&eacute; et de repr&eacute;sentations<br \/>\ncollectives r&eacute;gl&eacute;es par le droit. La gouvernance  s&rsquo;exerce par une<br \/>\nd&eacute;mocratie repr&eacute;sentative qui  &eacute;tablit la loi et les<br \/>\nr&egrave;gles communes.<BR>  <B>Les soci&eacute;t&eacute;s de types<br \/>\ntertiaires,<\/B> &eacute;mergeantes,  font appel &agrave; un autre crit&egrave;re<br \/>\nqui est le Sens de  l&rsquo;avenir qui forme la communaut&eacute; et r&eacute;clame<br \/>\nune  conduite dans ce Sens de la marche en avant de la collectivit&eacute;.  On<br \/>\nnotera ici que l&rsquo;essentiel pour l&rsquo;avenir de la soci&eacute;t&eacute;  devient le<br \/>\nSens de l&rsquo;avenir et le projet qui donne vocation au  territoire dans un contexte<br \/>\nd&rsquo;&eacute;largissement europ&eacute;en  et de mondialisation.<\/P><\/p>\n<p><P>Il<br \/>\nappara&icirc;t &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence  que les trois &eacute;tapes<br \/>\nant&eacute;rieures sont perp&eacute;tuellement  remises en question. Il<br \/>\nappara&icirc;t aussi que de puissantes  forces r&eacute;gressives tendent<br \/>\n&agrave; y retourner ou s&rsquo;y  fixer et que certaines pratiques politiques<br \/>\nsociales, institutionnelles,  professionnelles m&ecirc;me contribuent activement<br \/>\n&agrave; ces  r&eacute;gressions.<\/P><\/p>\n<p><P>Cependant la nouveaut&eacute; c&rsquo;est<br \/>\naussi  que c&rsquo;est la marche en avant, l&rsquo;entr&eacute;e r&eacute;solue  dans une<br \/>\nsoci&eacute;t&eacute; de type tertiaire qui contribuera  dor&eacute;navant le<br \/>\nmieux &agrave; ma&icirc;triser les stades  ant&eacute;rieurs de<br \/>\nd&eacute;veloppement. Faut-il pour r&eacute;soudre  le probl&egrave;me des<br \/>\nbanlieux revenir &agrave; la tribu ou  au nationalisme comme r&eacute;gime<br \/>\npolitique. Faut-il pour r&eacute;soudre  les probl&egrave;mes de l&#8217;emploi<br \/>\nabandonner toute mondialisation  &eacute;conomique, sociale, industrielle et<br \/>\nculturelle ? Faut-il  pour r&eacute;soudre les d&eacute;faillances de la<br \/>\nd&eacute;mocratie  en rajouter en incantations, formules, proc&eacute;dures,<br \/>\nlois  et r&egrave;glements ? Non il faut engager la cit&eacute;, le  territoire<br \/>\ndans une dynamique de projet dont le Sens se traduit  par des valeurs, un<br \/>\npotentiel, une vocation et au bout du compte  une ambition humaine<br \/>\npartag&eacute;e. Notons que cette &eacute;chelle  de maturit&eacute; des<br \/>\nsoci&eacute;t&eacute;s humaines est aussi  celle des hommes et des institutions.<br \/>\nElle est celle des conceptions  et des pratiques de la politique et de son<br \/>\nr&ocirc;le.<\/P><\/p>\n<p><P>Nous vivons une mutation entre la soci&eacute;t&eacute;  des<br \/>\nrepr&eacute;sentations et la soci&eacute;t&eacute; du Sens  comme il en existe<br \/>\n&agrave; d&rsquo;autres seuils d&rsquo;&eacute;volution.  Chaque mutation fait crise, plus<br \/>\nou moins exacerb&eacute;e, o&ugrave;  l&rsquo;attrait du d&eacute;passement se trouve<br \/>\ncombattu par la crainte  de la remise en question, quitte &agrave; fuir dans la<br \/>\nr&eacute;gression.  Ces r&eacute;actions humaines compliquent l&rsquo;analyse ce qui<br \/>\npermet  de dire n&rsquo;importe quoi sur ce qui se passe. C&rsquo;est du c&ocirc;t&eacute;<br \/>\nde l&rsquo;esp&eacute;rance et de l&rsquo;enthousiasme que se trouve la v&eacute;rit&eacute;<br \/>\n du devenir. L&rsquo;ang&eacute;lisme serait de croire que les probl&egrave;mes<br \/>\nn&rsquo;existent plus, le pessimisme qu&rsquo;ils sont fatals et l&rsquo;optimisme  qu&rsquo;il y a de<br \/>\nnouvelles fa&ccedil;ons de les poser et de les r&eacute;soudre  pour aller plus<br \/>\nloin.<\/P><\/p>\n<p><P>Il faut donc bien int&eacute;grer que la  gouvernance est<br \/>\njustement ce type de pratique qui convient &agrave;  une soci&eacute;t&eacute;<br \/>\nde type tertiaire. Elle convient &agrave;  l&rsquo;&eacute;laboration et la conduite<br \/>\ndes projets territoriaux  qui red&eacute;terminent un lien social, un pacte de<br \/>\nSens donc  de valeurs, de significations, de direction et de<br \/>\nm&eacute;thodes.<\/P><\/p>\n<p><P>Cependant elle ne peut ignorer :<BR>  &#8211;<br \/>\nl&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;&iuml;t&eacute; des  situations et des<br \/>\nniveaux de maturation des hommes et des institutions  (sans s&rsquo;y enfermer<br \/>\n&eacute;videmment),<BR>  &#8211; que son premier enjeu, c&rsquo;est de d&eacute;finir et<br \/>\nconduire  un processus de maturation vers une plus grande ma&icirc;trise<br \/>\ncollective d&rsquo;un devenir, ma&icirc;trise collective qui est la  figure nouvelle<br \/>\ndu bien commun.<\/P><\/p>\n<p><P>&nbsp;<\/P><\/p>\n<p><P><B>La gouvernance une pratique<br \/>\nd&eacute;mocratique  de la conduite des projets territoriaux<\/B><\/P><\/p>\n<p><P><BR><br \/>\nTout d&rsquo;abord il faut situer trois conceptions classiques des  projets<br \/>\nterritoriaux qui se limitent aux &acirc;ges d&rsquo;&eacute;volution<br \/>\nant&eacute;rieurs.<BR>  <B>&#8211; Le projet territorial<\/B> est par exemple pour<br \/>\ncertains  <B>une opportunit&eacute; &agrave; saisir<\/B> dans les jeux de<br \/>\npuissance et d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t. La &quot;gouvernance&quot;  n&rsquo;y a que peu<br \/>\nd&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t &agrave; moins de servir  de &quot;mot de passe<br \/>\nutile&quot;.<BR>  &#8211; <B>Le projet territorial <\/B>est seulement, pour d&rsquo;autres,<br \/>\n<B>un projet d&rsquo;&eacute;quipement<\/B>, c&rsquo;est l&rsquo;occasion d&rsquo;obtenir  des<br \/>\ncr&eacute;dits permettant de r&eacute;aliser ou d&rsquo;am&eacute;liorer  l&rsquo;existant<br \/>\nquant &agrave; l&rsquo;organisation de la vie mat&eacute;rielle  collective. La<br \/>\ngouvernance utile ne d&eacute;passe gu&egrave;re  l&rsquo;inventaire des besoins que<br \/>\ndes services techniques peuvent  r&eacute;aliser.<BR>  &#8211; <B>Le projet<br \/>\nterritorial<\/B> est un peu plus loin <B>un projet  d&rsquo;am&eacute;nagement du<br \/>\nterritoire<\/B>. Il s&rsquo;agit de rationaliser  le territoire en optimisant les<br \/>\ndiff&eacute;rentes fonctions  selon les mod&egrave;les les id&eacute;es et les<br \/>\nr&egrave;gles  du moment et de fixer les cadres d&rsquo;action des ann&eacute;es<br \/>\n&agrave;  venir. C&rsquo;est la pratique classique, souvent promue par l&rsquo;Etat  et les<br \/>\nservices sp&eacute;cialis&eacute;s, &agrave; laquelle  les collectivit&eacute;s<br \/>\nterritoriales sont appel&eacute;es &agrave;  souscrire contractuellement pour<br \/>\nb&eacute;n&eacute;ficier des  avantages qui en d&eacute;coulent. La gouvernance<br \/>\nreste cantonn&eacute;e  alors au d&eacute;bat accessoire ou id&eacute;ologique.<br \/>\nLa d&eacute;mocratie  formelle est sens&eacute;e r&eacute;gler les<br \/>\nproc&eacute;dures  de d&eacute;cisions. C&rsquo;est bien parce que les hommes et les<br \/>\nsoci&eacute;t&eacute;s  commencent &agrave; aspirer &agrave; un autre temps de<br \/>\nresponsabilit&eacute;  que ces pratiques apparaissent comme notoirement<br \/>\ninsuffisantes.  Ils commencent &agrave; entrevoir qu&rsquo;il y a des choix de Sens<br \/>\net de devenir en jeu alors que pays et collectivit&eacute;s forment  de<br \/>\nnouvelles &quot;communaut&eacute;s territoriales&quot; confront&eacute;es<br \/>\n&agrave; un monde en mutation et &agrave; une mondialisation  riche de menaces<br \/>\net d&rsquo;opportunit&eacute;s,<\/P><\/p>\n<p><P>Quels sont donc les termes d&rsquo;un processus  de<br \/>\ngouvernance pour une soci&eacute;t&eacute; qui entre dans  un stade de plus<br \/>\ngrande maturit&eacute;?<\/P><\/p>\n<p><P>Trois &eacute;tapes sont indispensables  :<BR><br \/>\n<B>&#8211; Celle de l&rsquo;identification <\/B>de la communaut&eacute; sans  laquelle il n&rsquo;y<br \/>\na pas de projection dans l&rsquo;avenir possible,<BR>  <B>&#8211; Celle de l&rsquo;orientation<\/B><br \/>\nde son devenir sans laquelle  il n&rsquo;y a pas de volont&eacute; commune possible<br \/>\ndonc de projet  commun,<BR>  <B>&#8211; Celui de la mise en mouvement<\/B> sans<br \/>\nlaquelle le projet  reste une abstraction technocratique qui ne concerne pas<br \/>\nvraiment  la population et les acteurs locaux.<\/P><\/p>\n<p><P>Il nous faut les examiner<br \/>\nmaintenant :<\/P><\/p>\n<p><P><B>La phase d&rsquo;identification<\/B><BR>  Un territoire est<br \/>\navant tout le lieu d&rsquo;existence d&rsquo;une communaut&eacute;  de Sens. Ce qui fait<br \/>\ncommunaut&eacute;, c&rsquo;est le Sens de l&rsquo;existence  commune et du bien commun<br \/>\npartag&eacute;. Or la premi&egrave;re  condition pour se projeter dans l&rsquo;avenir<br \/>\nest de s&rsquo;identifier  en tant que communaut&eacute; de Sens. Pour cela c&rsquo;est<br \/>\n&agrave;  un patrimoine de valeurs communes, c&rsquo;est &agrave; une culture  et aux<br \/>\npotentiels humains qui sont cultiv&eacute;s que l&rsquo;on peut  recourir.<\/P><\/p>\n<p><P>L&rsquo;identification ne doit pas se faire &agrave;  un &quot;&eacute;tat des<br \/>\nlieux&quot; ou &agrave; une d&eacute;finition  juridico-administrative<br \/>\nsubalterne mais &agrave; un patrimoine  de valeurs. Ce patrimoine de valeur est<br \/>\nle potentiel culturel  &quot;&agrave; cultiver&quot; pour progresser dans<br \/>\nl&rsquo;avenir.  Il int&egrave;gre les ressources mat&eacute;rielles dont la valeur<br \/>\nd&eacute;pend seulement de ce qui peut en &ecirc;tre fait (contrairement<br \/>\n&agrave; des visions patrimoniales abstraites qui d&eacute;shumanisent  le<br \/>\npatrimoine et donc les pratiques qui s&rsquo;y rapportent). Il int&egrave;gre  aussi<br \/>\nles qualit&eacute;s et qualifications humaines collectives,  comp&eacute;tences<br \/>\net talents communs, art de vivre et d&rsquo;agir  ensemble et tous autres<br \/>\ncaract&egrave;res li&eacute;s &agrave;  l&rsquo;histoire singuli&egrave;re (ancienne<br \/>\nou r&eacute;cente) de  la communaut&eacute;.<\/P><\/p>\n<p><P>Cette identification sera<br \/>\ndonc le fruit  d&rsquo;&eacute;tudes, d&rsquo;analyses et notamment d&rsquo;analyses de<br \/>\ncoh&eacute;rences  culturelles d&eacute;bouchant sur des repr&eacute;sentations<br \/>\ndes valeurs propres dans lesquelles la communaut&eacute; peut  se<br \/>\nreconna&icirc;tre et par une communication appropri&eacute;e.  La gouvernance<br \/>\npasse par un stade de &quot;repr&eacute;sentation&quot;  o&ugrave; la<br \/>\n&quot;repr&eacute;sentativit&eacute;&quot; est l&rsquo;id&eacute;e  force. Il y faut<br \/>\naussi une repr&eacute;sentativit&eacute; l&eacute;gitime  de l&rsquo;instance qui<br \/>\nprend l&rsquo;initiative. C&rsquo;est le r&ocirc;le des  &eacute;lus, privil&eacute;giant le<br \/>\nmeilleur, le potentiel, le  patrimoine sur ce qui n&rsquo;est pas porteur de<br \/>\npromesses.<\/P><\/p>\n<p><P>C&rsquo;est alors aux principes de la d&eacute;mocratie<br \/>\nrepr&eacute;sentative que l&rsquo;on peut se r&eacute;f&eacute;rer  attendant que les<br \/>\nrepr&eacute;sentants repr&eacute;sentent &quot;le  meilleur&quot; de la<br \/>\ncommunaut&eacute; par eux m&ecirc;mes et  surtout par les<br \/>\n&quot;repr&eacute;sentations&quot; qu&rsquo;ils donnent  &agrave; elle-m&ecirc;me de<br \/>\nla communaut&eacute;. On voit bien  l&rsquo;importance de la communication et les<br \/>\nd&eacute;viances qu&rsquo;une  &quot;mauvaise gouvernance&quot; induirait en flattant<br \/>\nnotamment  tous les ressorts du narcissisme collectif ou des manipulations<br \/>\nidentitaires. Il est donc indispensable que cela repose sur une  analyse en<br \/>\nprofondeur des richesses patrimoniales d&rsquo;origine culturelle  de la<br \/>\ncommunaut&eacute;.<BR><BR>  <B>L&rsquo;orientation<\/B><BR>  la mise en lumi&egrave;re<br \/>\ndu patrimoine de valeurs culturel propre  fait d&eacute;j&agrave; &eacute;merger<br \/>\nle Sens du bien commun.  Il s&rsquo;agit maintenant de l&rsquo;&eacute;clairer, le<br \/>\nrep&eacute;rer  et le traduire en termes de vocation, d&rsquo;ambition et de projet,<br \/>\nde le projeter dans le futur.<\/P><\/p>\n<p><P>Pour cela un travail est &agrave; faire<br \/>\nqui relie le patrimoine aux horizons du futur. Il faut &agrave;  la fois :<BR><br \/>\n&#8211; un travail de discernement du Sens du bien commun,<BR>  &#8211; la formulation d&rsquo;une<br \/>\nvocation g&eacute;n&eacute;rique,<BR>  &#8211; un travail de prospective<br \/>\nop&eacute;rationnelle qui croise  le patrimoine de richesses potentielles et les<br \/>\nhorizons du futur  dans le contexte de la mutation,<BR>  &#8211; un travail de<br \/>\ncr&eacute;ativit&eacute; g&eacute;n&eacute;rative  pour dessiner<br \/>\nl&rsquo;&eacute;bauche d&rsquo;un projet inspir&eacute; (par  le Sens et les horizons<br \/>\n&eacute;clair&eacute;s),<BR>  &#8211; la constitution d&rsquo;une force de conviction et de<br \/>\nd&eacute;termination,  celle d&rsquo;un homme et d&rsquo;une &eacute;quipe au minimum, en<br \/>\nmesure  de se poser en force de proposition face &agrave; la communaut&eacute;<br \/>\nterritoriale.<\/P><\/p>\n<p><P>Ce travail de d&eacute;termination d&eacute;bouche  sur<br \/>\nune offre d&rsquo;orientation susceptible de devenir une ambition  commune. La<br \/>\nvalidation de cette position est une &quot;une &eacute;lection&quot;  du sens de<br \/>\nl&rsquo;avenir commun au travers de cette orientation et  de cette ambition. Elle lui<br \/>\nconf&egrave;re autorit&eacute; pour  l&rsquo;engagement de la communaut&eacute;. Nous<br \/>\nsommes l&agrave; dans  le contexte d&rsquo;une &quot;d&eacute;mocratie<br \/>\n&eacute;lective&quot;.  Il ne s&rsquo;agit plus &quot;d&rsquo;&eacute;lire&quot; une<br \/>\nrepr&eacute;sentation  par un effet de miroir (&eacute;ventuellement<br \/>\ncomplaisant) mais  d&rsquo;assurer une position, un Sens de l&rsquo;avenir dont on aura<br \/>\n&agrave;  r&eacute;pondre.<\/P><\/p>\n<p><P>L&rsquo;exercice de la d&eacute;mocratie<br \/>\n&eacute;lective  consiste &agrave; valider l&rsquo;ambition aupr&egrave;s de<br \/>\nt&eacute;moins  significatifs, pouvant en partager ensuite l&rsquo;autorit&eacute;  et<br \/>\nla conviction pour en &ecirc;tre les relais. Il s&rsquo;agit donc  de conforter la<br \/>\nd&eacute;termination de l&rsquo;autorit&eacute; initiatrice  par la<br \/>\nd&eacute;termination de relais constitu&eacute; d&rsquo;acteurs<br \/>\n&quot;significatifs&quot; du devenir &eacute;bauch&eacute;. Cette<br \/>\nsignificativit&eacute; suppose un rep&eacute;rage qui peut se  faire par<br \/>\nl&rsquo;&eacute;cho, la r&eacute;ponse, renvoy&eacute;e par  diff&eacute;rents milieux<br \/>\n&agrave; la proposition faite &agrave;  la communaut&eacute;. L&rsquo;effet de<br \/>\nconviction et de d&eacute;termination  est le gage de la validation.<\/P><\/p>\n<p><P><BR>  <B>La mise en mouvement<\/B><BR>  L&rsquo;id&eacute;e de projet est trop<br \/>\nsouvent r&eacute;duite &agrave;  celle du plan ou d&rsquo;un programme dont on aura<br \/>\n&agrave; assurer  la mise en place. Or une communaut&eacute; en projet c&rsquo;est non<br \/>\n seulement des objectifs de diff&eacute;rentes natures fix&eacute;s,  des<br \/>\nm&eacute;thodes de r&eacute;alisation, un cheminement et  un processus de mise<br \/>\nen oeuvre mais c&rsquo;est aussi l&rsquo;implication  d&rsquo;un grand nombre d&rsquo;acteurs l&agrave;<br \/>\no&ugrave; ils sont pour  concourir au mouvement d&rsquo;ensemble.<\/P><\/p>\n<p><P>Un projet<br \/>\nterritorial est donc une appropriation  par la communaut&eacute; de l&rsquo;offre qui<br \/>\nlui a &eacute;t&eacute;  faite. Cette appropriation sera progressive,<br \/>\nfoisonnante, impr&eacute;visible  et il s&rsquo;agit pour les responsables politiques<br \/>\ndont la proposition  a &eacute;t&eacute; &quot;&eacute;lue&quot; de conduire ce<br \/>\nprocessus.  Nous sommes l&agrave; dans une logique de d&eacute;mocratie<br \/>\nparticipative  qui vise progressivement le plus grand nombre, acteurs et<br \/>\ncoauteurs  du projet territorial, projection en acte de la communaut&eacute;<br \/>\ndans le futur. La d&eacute;mocratie participative ne peut intervenir<br \/>\nqu&rsquo;&agrave; ce stade comme troisi&egrave;me temps d&rsquo;un processus<br \/>\nd&eacute;mocratique et d&rsquo;une bonne gouvernance.<\/P><\/p>\n<p><P>On n&rsquo;insistera pas assez<br \/>\nsur l&rsquo;erreur qui  consiste &agrave; inverser le processus. Elle a surtout pour<br \/>\neffet la &quot;mise en &eacute;chec&quot; de la d&eacute;mocratie,<br \/>\nl&eacute;gitimant les volont&eacute;s h&eacute;g&eacute;moniques  et<br \/>\ndisqualifiant les politiques. Il n&rsquo;y a de participation ou  de d&eacute;mocratie participative qu&rsquo;une fois que l&rsquo;identification  de la communaut&eacute; est assur&eacute;e (repr&eacute;sentation  commune) sans laquelle c&rsquo;est rapidement le conflit d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t  qui est seul mis en sc&egrave;ne. Il faut aussi que l&rsquo;&eacute;lection  du Sens et de l&rsquo;ambition soit faite sinon il n&rsquo;y aura pas d&rsquo;entendement  commun et de concourance des participations g&eacute;n&eacute;rant  alors frustration et incompr&eacute;hension.<\/P><\/p>\n<p><P>La &quot;bonne gouvernance&quot; doit s&rsquo;appuyer  sur une compr&eacute;hension des ph&eacute;nom&egrave;nes humains  en jeu notamment ceux de maturation collective et de dynamisation  constructive du tissu social. Il y faudra des moyens appropri&eacute;,  animations strat&eacute;giques, conduite du changement, macrop&eacute;dagogies,  strat&eacute;gies d&rsquo;&eacute;volution et de mutation, etc&#8230;<\/P><\/p>\n<p><P>Cette gouvernance et la d&eacute;mocratie  participative qui lui correspond n&rsquo;est v&eacute;ritablement g&eacute;n&eacute;ralisable  qu&rsquo;&agrave; partir du moment o&ugrave; les moyens d&rsquo;Internet  permettent de tisser les trames et les instruments de participation  et de pilotage ad-hoc.<\/P><\/p>\n<p><P>Une urbanit&eacute; virtuelle, auto g&eacute;n&eacute;ratrice  d&rsquo;un lien social actif est en m&ecirc;me temps le th&eacute;&acirc;tre  et le moyen de ce d&eacute;passement et de l&rsquo;&eacute;mergence  de communaut&eacute;s territoriales majeures. Le r&ocirc;le du  politique en est renforc&eacute;, la m&eacute;thode en est chang&eacute;e  et l&rsquo;on voit comment les pratiques habituelles au stade d&rsquo;&eacute;volution  et de mutation o&ugrave; nous sommes consid&egrave;rent trop  souvent comme mineures les communaut&eacute;s territoriales et  tut&eacute;laires les seules pratiques qui vaillent.<BR>  <\/P><\/p>\n<p><P>a gouvernance est la doctrine et la m&eacute;thode  d&rsquo;une remise en question radicale celle d&rsquo;une mutation qui commence  &agrave; s&rsquo;accomplir.<\/P><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La conduite des projets territoriaux, pour \u00eatre appropri\u00e9e, doit engager de large concertation et entra\u00eener une dynamique d&rsquo;engagement collectif. On parle beaucoup de d\u00e9mocratie participative et de gouvernance sans que ces termes soient appuy\u00e9s sur une v\u00e9ritable connaissance des ph\u00e9nom\u00e8nes humains en jeu mais plut\u00f4t sur de bons sentiments nourris d&rsquo;id\u00e9ologies r\u00e9gressives. Les ambitions peuvent \u00eatre grandes en la mati\u00e8re \u00e0 condition d&rsquo;en tenir les exigences.<\/p>\n","protected":false},"author":682,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[97],"tags":[],"class_list":["post-137","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-f51-laction-collective"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/137","targetHints":{"allow":["GET","POST","PUT","PATCH"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/users\/682"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=137"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/137\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1208,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/137\/revisions\/1208"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=137"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=137"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=137"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}