{"id":109,"date":"1988-03-21T12:17:00","date_gmt":"1988-03-21T12:17:00","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/1988\/03\/21\/quest-ce-que-lethique\/"},"modified":"2021-03-01T10:49:35","modified_gmt":"2021-03-01T09:49:35","slug":"quest-ce-que-lethique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/1988\/03\/21\/quest-ce-que-lethique\/","title":{"rendered":"Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;\u00e9thique"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Article publi\u00e9 par la revue \u00ab\u00a0Informel\u00a0\u00bb revue quebecoise de design industriel dans son num\u00e9ro consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9thique de l&rsquo;hiver 1992.<\/p>\n<p>    Depuis quelques ann&eacute;es on voit surgir un terme qui semblait  vou&eacute; aux oubliettes de l&rsquo;histoire, celui d&rsquo;&eacute;thique.  Il intervient lors de quelques rares interrogations politiques,  il surprend lorsque l&rsquo;&eacute;conomie se trouve interpell&eacute;e,  il &eacute;tonne lorsque les entreprises le questionnent, il  provoque enfin lorsque biologie et m&eacute;decine le rencontrent  myst&eacute;rieusement sur le chemin de la science, apparemment  libre de toute incertitude sur ses fins et moyens.<BR><BR>  Les d&eacute;finitions du terme sont nombreuses et surtout les  sens que l&rsquo;on veut bien lui donner. La th&eacute;orie de l&rsquo;Instance  et des Coh&eacute;rences offrira ici les outils conceptuels et  permettra le discernement n&eacute;cessaire.<BR><BR>  Il faut d&rsquo;abord s&rsquo;entendre sur le sens de la question &eacute;thique  &agrave; partir de quoi on pourra en apercevoir les probl&egrave;mes  et les facettes nombreuses et complexes.<BR><BR>  Une analyse &eacute;pist&eacute;mologique (carte de coh&eacute;rence)  permet de d&eacute;gager deux alternatives &agrave; partir desquelles  on peut rep&eacute;rer quatre positions parmi lesquelles il nous  faudra choisir.<BR><BR>  L&rsquo;&eacute;thique est-elle une question de r&egrave;gle normative  ou une question de libre arbitre et d&rsquo;engagement personnel ?  Telle est la premi&egrave;re alternative qui am&egrave;ne, au  fond, &agrave; chercher la r&eacute;ponse dans la r&eacute;f&eacute;rence  &agrave; un code pr&eacute;&eacute;tabli ou, au contraire, dans  un questionnement qui renvoie la personne &agrave; sa v&eacute;rit&eacute;  propre. Est-ce une pratique de libert&eacute; ou de conformisme  ?<BR><BR>  La seconde alternative est la suivante : l&rsquo;&eacute;thique est-elle  la discrimination entre les bonnes et les mauvaises actions inscrites  dans le grand livre du bien et du mal o&ugrave; est-elle la recherche  de l&rsquo;am&eacute;lioration, une progression vers le plus grand  bien, la plus grande valeur de l&rsquo;homme.<BR><BR>  Dans le premier cas, les questions &eacute;thiques devraient  &ecirc;tre tranch&eacute;es une fois pour toutes alors que dans  le second, elles sont toujours &agrave; affiner, &agrave; ajuster  par un meilleur discernement.<BR><BR>  De ces alternatives, on peut voir d&eacute;river quatre conceptions  de l&rsquo;&eacute;thique.<BR><BR>  La premi&egrave;re est empreinte d&rsquo;arbitraire. L&rsquo;&eacute;thique  est pour certains le bon plaisir, le bon vouloir ou le fait du  prince. Le bien que vise l&rsquo;&eacute;thique est ce qui pla&icirc;t,  le mal ce qui d&eacute;pla&icirc;t, bien et mal r&eacute;sultant  de l&rsquo;arbitraire, du jugement impulsif m&ecirc;me s&rsquo;il est rationalis&eacute;  &agrave; posteriori. Aujourd&rsquo;hui nombreux sont ceux, personnes  ou groupes sociaux, qui &eacute;rigent leurs sentiments propres  en crit&egrave;re absolu du bien et du mal. C&rsquo;est le cas des  dictatures, des corporatismes et aussi du pouvoir banal qui s&rsquo;auto-justifie.  Il faut bien le dire, l&rsquo;&eacute;thique de certains est v&eacute;ritablement  immorale. C&rsquo;est le cas chaque fois qu&rsquo;un int&eacute;r&ecirc;t  particulier est &eacute;rig&eacute; en absolu, qu&rsquo;une position  personnelle et m&ecirc;me collective s&rsquo;arroge le statut de r&eacute;f&eacute;rent  d&eacute;finitif du bien et du mal.<BR><BR>  La seconde conception de l&rsquo;&eacute;thique est celle d&rsquo;un fonctionnement  naturel de l&rsquo;existence humaine. Le syst&egrave;me de la nature,  de la soci&eacute;t&eacute;, de l&rsquo;&eacute;conomie ou de l&rsquo;&eacute;tat  par exemple, sont r&eacute;gis par des lois dites naturelles  ou scientifiques qui &eacute;tablissent ce qui est valide pour  la participation et la survie et ce qui est invalide. Une &eacute;thique  naturaliste ou scientifique consiste alors &agrave; suivre le  code naturel de comportement. Il n&rsquo;y a plus, paradoxalement,  de bien ni de mal &agrave; suivre les lois de la nature alors  qu&rsquo;il est bien n&eacute;anmoins, de les suivre et mal de s&rsquo;y  d&eacute;rober par quelque comportement contre nature. Cette  &eacute;thique est schizophr&egrave;ne et amorale. Il suffit  de se r&eacute;f&eacute;rer aux lois pr&eacute;tendument scientifiques  ou naturelles de l&rsquo;histoire, de l&rsquo;&eacute;conomie, de la soci&eacute;t&eacute;,  de la biologie, de la mati&egrave;re ou encore d&rsquo;un syst&egrave;me  d&rsquo;organisation quelconque pour que soit lib&eacute;r&eacute;  de toute responsabilit&eacute; personnelle celui qui s&rsquo;y r&eacute;sout  et soit disqualifi&eacute; celui qui pr&eacute;tend au libre  jugement.<BR><BR>  Cela peut passer pour une &eacute;thique de la libert&eacute;  mais, c&rsquo;est une &eacute;thique totalitaire. Il ne faudrait pas  que ce qui est jug&eacute; comme imp&eacute;ratif, fatal, n&eacute;cessit&eacute;  incontournable en arrive &agrave; se donner comme obligation  scientifique, &eacute;vidence &agrave; respecter.<BR><BR>  La manipulation de l&rsquo;id&eacute;e de crise &eacute;conomique,  de celle de modernit&eacute; et de n&eacute;cessit&eacute; &eacute;conomique  ou de progr&egrave;s technologique en sont trop souvent l&rsquo;occasion.<BR><BR>  N&rsquo;est-il pas commun d&rsquo;entendre dire que le progr&egrave;s technologique  est une fatalit&eacute; et qu&rsquo;il n&rsquo;y a qu&rsquo;&agrave; s&rsquo;adapter  ? Tant pis pour les inapte, leur &eacute;limination r&eacute;sulte  des lois de la nature ! C&rsquo;est l&agrave; aussi l&rsquo;&eacute;thique  du meilleur des mondes, celle qui tend &agrave; &eacute;nucl&eacute;er  l&rsquo;homme de toute son intime responsabilit&eacute; ; fa&ccedil;on  de le lib&eacute;rer de ses soucis. L&rsquo;ali&eacute;nation comme  norme &eacute;thique n&eacute;cessaire, c&rsquo;est la grande tentation  moderne !<BR><BR>  Entendons avec discernement nos discours actuels pour ne pas  nous complaire &agrave; cette s&eacute;duisante &eacute;thique  suicidaire.<BR><BR>  La troisi&egrave;me conception est celle de notre bonne vieille  morale classique. La vie en soci&eacute;t&eacute;, la civilisation,  le progr&egrave;s humain n&eacute;cessitent l&rsquo;&eacute;tablissement  de r&egrave;gles de conduite conventionnelles qu&rsquo;il nous faut  nous efforcer de suivre. Cette &eacute;thique rationnelle d&eacute;termine  des valeurs id&eacute;ales et le mode d&#8217;emploi de l&rsquo;existence  pour qu&rsquo;elle soit ordonn&eacute;e &agrave; ces valeurs. Il s&rsquo;agit  n&eacute;anmoins d&rsquo;un conformisme et d&rsquo;une &eacute;thique moraliste.<BR><BR>  Devant la remise en cause des valeurs traditionnelles et des  rep&egrave;res de jugement, beaucoup de gens raisonnables ou  id&eacute;alistes r&eacute;clament le retour &agrave; des r&egrave;gles  de comportement &quot;normales&quot; et &quot;m&eacute;ritoires&quot;,  quitte, bien sur, &agrave; les compl&eacute;ter par des r&egrave;gles  traitant des nouvelles situations, inconnues pr&eacute;c&eacute;demment.  On peut alors d&eacute;velopper des comit&eacute;s d&rsquo;&eacute;thique  ou des associations ou groupes de sp&eacute;cialistes charg&eacute;s  de statuer sur les nouveaux probl&egrave;mes pos&eacute;s. Il  ne s&rsquo;agirait plus, ensuite, qu&rsquo;&agrave; suivre vertueusement  les r&egrave;gles convenues par eux. Chaque fois qu&rsquo;il n&rsquo;est  pas fait appel au discernement et &agrave; la responsabilit&eacute;  personnelle on risque de retomber dans un moralisme bien pensant  dont les r&egrave;gles, aussi bonnes soient-elles, peuvent &ecirc;tre  d&eacute;responsabilisantes dans leur r&eacute;duction utilitaire.  Cette &eacute;thique l&agrave; s&rsquo;en r&eacute;f&egrave;re volontiers  &agrave; des id&eacute;aux du genre : la qualit&eacute;, le progr&egrave;s,  la d&eacute;mocratie, l&rsquo;efficacit&eacute;, la civilisation, le  bien commun, l&rsquo;ordre, etc&#8230; Elle propose en outre les voies  et moyens d&rsquo;y parvenir, une v&eacute;ritable technologie morale  du comportement que des guides pratiques de plus en plus encyclop&eacute;diques  et t&eacute;l&eacute;matis&eacute;s vont nous inculquer.<BR><BR>  Il y a enfin une quatri&egrave;me conception de l&rsquo;&eacute;thique  et c&rsquo;est celle pour laquelle nous prendrons position. L&rsquo;&eacute;thique  est le discernement et l&rsquo;engagement de l&rsquo;accomplissement de la  personne humaine. Elle vise le bien de l&rsquo;homme, bien sur comme  toujours, mais c&rsquo;est la conception de l&rsquo;homme qui d&eacute;termine  celle de son bien. Il n&rsquo;est pas possible d&rsquo;avoir un jugement  &eacute;thique sans qu&rsquo;il se fonde dans une anthropologie.<BR><BR>  Celle que propose la th&eacute;orie de l&rsquo;Instance confirme notamment  que la personne humaine a un devenir possible, celui de s&rsquo;accomplir  dans la pl&eacute;nitude de son humanit&eacute; gr&acirc;ce &agrave;  (et au travers de) toutes les circonstances de l&rsquo;existence.<BR><BR>  Il faudrait d&eacute;velopper les fondements de cette anthropologie  avec la conception de la transcendance de la personne humaine,  son origine et sa fin, pour traiter &agrave; fond la question  &eacute;thique. On se contentera ici de renvoyer le lecteur &agrave;  la th&eacute;orie de l&rsquo;Instance et des Coh&eacute;rences (&quot;Au  coeur du Sujet&quot;, par l&rsquo;auteur, Editions de Poliphile 1986)  et de d&eacute;velopper quelques consid&eacute;rations indispensables  sur ses cons&eacute;quences pour cette conception de l&rsquo;&eacute;thique.<BR><BR>  L&rsquo;&eacute;thique est l&agrave; une question de sens, sens &agrave;  discerner et sens selon lequel s&rsquo;engager en pratique pour progresser  dans la voie d&rsquo;un accomplissement. C&rsquo;est donc une question de  responsabilit&eacute;, celle-ci consistant &agrave; r&eacute;pondre  du sens de ses engagements et de leurs cons&eacute;quences. On  aura ainsi &agrave; traiter de la question du sens &eacute;thique,  sens dans lequel nous engager dans chaque situation de notre  existence et chacune de nos responsabilit&eacute;s. Il y a aussi  une question de modalit&eacute;s pratiques portant sur la consistance  et les dimensions des probl&egrave;mes pratiques de l&rsquo;&eacute;thique  et leurs implications. Il faudra envisager les situations dans  lesquelles se pose le probl&egrave;me et les moyens de le r&eacute;soudre.<BR><BR>  Enfin, il y aura &agrave; d&eacute;couvrir et &agrave; red&eacute;couvrir  comment l&rsquo;&eacute;thique, selon cette conception, nous renvoie  toujours &agrave; l&rsquo;autre et m&ecirc;me au service de l&rsquo;autre  et des autres. Elle est toujours une affaire personnelle, mais  aussi collective, non pas pour des raisons morales artificielles  mais par d&eacute;finition m&ecirc;me de la personne humaine  et de son accomplissement.<BR><BR><BR><BR>  <STRONG>LES PROBLEMES ETHIQUES<\/STRONG> <BR><BR>  Les probl&egrave;mes &eacute;thiques se posent dans chaque situation  de l&rsquo;existence. Plus pr&eacute;cis&eacute;ment, ils se posent  lorsqu&rsquo;il y a un engagement &agrave; prendre, un choix &agrave;  faire, une responsabilit&eacute; &agrave; assumer.<BR><BR>  Que faut-il faire, quelle direction prendre ? Telles sont les  questions &eacute;thique. Il ne s&rsquo;agit donc pas simplement de  se demander ce qui est bien ou ce qui est mal mais de quelle  mani&egrave;re nous pouvons engager les choses dans le bon sens.<BR><BR>  Les probl&egrave;mes &eacute;thiques se posent donc lors de situations  nouvelles pour lesquelles il n&rsquo;y a pas d&rsquo;habitude ou de tradition  &eacute;tablie. Cependant m&ecirc;me des situations classiques  se r&eacute;v&egrave;lent quelquefois sous un nouveau jour et  renvoient &agrave; la question &eacute;thique. Par exemple, certaines  m&eacute;thodes &eacute;conomiques semblent se trouver en contradiction  avec le bien des gens. Des contraintes techniques ou &eacute;conomiques  doivent-elles prendre le pas sur une perspective &eacute;thique  ? La fin justifie-t-elle toujours les moyens ? Faut-il consentir  &agrave; un mal pour un bien ? Faut-il encore privil&eacute;gier  la satisfaction au lieu du devenir des gens ? Faut-il, par exemple,  laisser faire ce que l&rsquo;on juge pr&eacute;judiciable sous pr&eacute;texte  de ne pas porter atteinte &agrave; la libert&eacute; d&rsquo;autrui  ? Peut-on exercer une ferme autorit&eacute; lorsqu&rsquo;elle se heurte  &agrave; l&rsquo;insatisfaction ou &agrave; la critique? Doit-on prendre  en charge la solution des probl&egrave;mes d&rsquo;autrui plut&ocirc;t  que l&rsquo;aider &agrave; prendre ses propres responsabilit&eacute;s  ? Peut-on se contenter d&rsquo;invoquer la crise, le march&eacute;,  la nature, les gens, l&rsquo;&eacute;tat, la n&eacute;cessit&eacute;  pour consentir &agrave; se soumettre &agrave; des &eacute;vidences  suppos&eacute;es ?<BR>  Les probl&egrave;mes &eacute;thiques sont, en d&eacute;finitive,  tr&egrave;s nombreux et particuli&egrave;rement dans le monde  moderne o&ugrave; les r&eacute;ponses toutes faites semblent  invalides ou m&ecirc;me absentes.<BR><BR>  L&rsquo;&eacute;ducation, les responsabilit&eacute;s d&rsquo;entreprise,  l&rsquo;exercice des activit&eacute;s professionnelles et sociales,  les relations humaines, la science et la technologie, la communication  posent toutes des questions &eacute;thiques. En d&eacute;finitive,  il n&rsquo;y a pas de cas o&ugrave; une pratique humaine n&rsquo;ait &agrave;  se confronter au probl&egrave;me &eacute;thique et &agrave; le  r&eacute;soudre.<BR><BR>  Il en va en fait de la conduite personnelle et collective dans  les situations et les actes de l&rsquo;existence.<BR><BR>  Comment faut-il se conduire dans telle situation ou vis-&agrave;-vis  des autres? Cette question pourrait &ecirc;tre trait&eacute;e  sous l&rsquo;angle de l&rsquo;efficacit&eacute; ou du devoir. Elle peut l&rsquo;&ecirc;tre  sous l&rsquo;angle &eacute;thique ce qui renvoie chacun &agrave; sa  propre responsabilit&eacute;, &agrave; sa propre r&eacute;ponse  m&ecirc;me s&rsquo;il s&rsquo;aide pour cela des r&eacute;ponses communes  ou de rep&egrave;res existants.<BR><BR>  L&rsquo;&eacute;thique am&egrave;ne aussi &agrave; envisager les modalit&eacute;s  de l&rsquo;engagement responsable. La structure coh&eacute;rencielle  peut nous y aider.<BR>  <\/P><\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-597\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_ETHSCH1.png?resize=418%2C310\" alt=\"ETHSCH1.png\" align=\"center\" width=\"418\" height=\"310\" \/>  <\/p>\n<p><P>&#8211; L&rsquo;intention et sa d&eacute;termination  sont une dimension de l&rsquo;engagement &eacute;thique. Il s&rsquo;agit  d&rsquo;une prise de position personnelle, du fait d&rsquo;assumer sa responsabilit&eacute;  et l&rsquo;autorit&eacute; de son engagement. Cela revient aussi &agrave;  s&rsquo;en faire le sujet.<BR><BR>  &#8211; La consid&eacute;ration des &ecirc;tres et des choses, les  premiers par leurs fins et les seconds comme des moyens et non  l&rsquo;inverse. La personne humaine ne peut, sur le plan &eacute;thique,  qu&rsquo;&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e dans son devenir propre  et non comme un moyen et encore moins une chose. C&rsquo;est vrai pour  les autres mais aussi pour soi-m&ecirc;me. Inversement aucune  chose ne doit &ecirc;tre prise comme une fin en soi mais comme  le moyen d&rsquo;un devenir humain. Mat&eacute;rialisme et formalisme  traditionnel le n&eacute;gligent couramment. Aucun syst&egrave;me,  aucun objet, aucun r&eacute;sultat ne vaut plus que la personne  humaine et m&ecirc;me elle, d&eacute;passe ses propres conditions  existentielles. Le rapport aux autres et aux choses est partie  prenante de l&rsquo;engagement &eacute;thique.<BR><BR>  &#8211; La conduite personnelle et celle des affaires qui nous sont  confi&eacute;es ou que nous avons &agrave; assumer sont la r&eacute;alisation  de l&rsquo;engagement &eacute;thique.<BR><BR>  Nous ne pouvons pas assumer notre responsabilit&eacute; &eacute;thique  sans que le choix des voies et moyens ne se pose ainsi que le  choix de nos buts ou objectifs interm&eacute;diaires. Ces buts  et objectifs doivent &ecirc;tre ordonn&eacute;s aux bienfaits  humains que l&rsquo;on en esp&egrave;re, seules r&eacute;f&eacute;rences  de la qualification de notre conduite et de ses r&eacute;sultats  dans la soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; nous vivons.<BR><BR>  &#8211; Les sentiments et les relations interpersonnelles ou intergroupes  sont l&rsquo;enjeu de l&rsquo;engagement &eacute;thique. Nous provoquons  et sommes sans cesse provoqu&eacute;s affectivement par les autres  vis-&agrave;-vis desquels nous &eacute;prouvons en retour des  sentiments multiples et nuanc&eacute;s. L&agrave; aussi se pose  la question du choix &eacute;thique dans le fait de laisser se  d&eacute;velopper ou non tel ou tel sentiment, s&rsquo;y complaire  ou s&rsquo;en prot&eacute;ger, s&rsquo;y laisser entra&icirc;ner ou garder  la mesure.<BR>  &#8211; Par nos pens&eacute;es et nos paroles nous b&acirc;tissons  une vision des choses, du monde, de nous m&ecirc;me et des autres.  L&rsquo;&eacute;thique nous en rend responsable. Nous ne pouvons pas  nous contenter d&rsquo;enregistrer des id&eacute;es pr&eacute;con&ccedil;ues.  Nous avons &agrave; les concevoir aussi nous-m&ecirc;mes &agrave;  moins de tomber sous la coupe de l&rsquo;id&eacute;ologie. De m&ecirc;me  nous ne pouvons pas dire n&rsquo;importe quoi sans que cela pr&ecirc;te  &agrave; cons&eacute;quence pour les autres et m&ecirc;me pour  soi en termes de devenir et d&rsquo;accomplissement. Le mensonge nous  d&eacute;truit, m&ecirc;me si cela n&rsquo;est pas imm&eacute;diatement  visible.<BR><BR>  &#8211; Enfin nos actes, comportements ou actions ont toujours un caract&egrave;re  op&eacute;rant, ils visent un effet et l&rsquo;&eacute;thique est &eacute;videmment  concern&eacute;e. Cependant, on l&rsquo;a vu, elle ne l&rsquo;est pas sous  le mode de la bonne ou de la mauvaise action. Saint Paul disait  que tout est permis mais tout ne sanctifie pas. On peut le comprendre  en disant que l&rsquo;action ne vaut pas pour elle-m&ecirc;me mais  par le service qu&rsquo;elle procure dans le sens de l&rsquo;accomplissement  de la personne humaine. Ce qui importe sur le plan &eacute;thique  c&rsquo;est le sens de l&rsquo;action plus que l&rsquo;action. Cela nous renvoie  &agrave; la question du sens &eacute;thique qui prime donc sur  les modalit&eacute;s qui en sont la traduction et par lequel  elles sont orient&eacute;es.<BR><BR><BR><BR>  <STRONG>LE SENS ETHIQUE<BR>  <\/STRONG><BR>  En d&eacute;finitive la cl&eacute; de l&rsquo;&eacute;thique, c&rsquo;est  le sens dans lequel est pris l&rsquo;engagement responsable. Les modalit&eacute;s  pratiques du type de celles &eacute;voqu&eacute;es ci avant trouveront  leur consistance en fonction de ce sens et des conditions de  chaque situation particuli&egrave;re.<BR><BR>  Il n&rsquo;y a pas lieu d&rsquo;&eacute;tablir de normes formelles du comportement  &eacute;thique par type de situation, par contre il est n&eacute;cessaire  d&rsquo;avoir des rep&egrave;res tel que nous l&rsquo;avons ici d&eacute;fini.  Toutes sortes de traditions nous en ont donn&eacute; des indications.  Cependant, bien souvent, &agrave; trop vouloir en conserver la  forme le sens en a &eacute;t&eacute; perdu.<BR><BR>  Rien ne sert de se r&eacute;f&eacute;rer a un rep&egrave;re qui  n&rsquo;a plus de sens. Il faut que chaque soci&eacute;t&eacute;, dans  son langage et dans sa culture, r&eacute;tablisse des rep&egrave;res  significatifs de l&rsquo;&eacute;thique.<BR><BR>  Si en effet, on le verra, il y a un sens universel de l&rsquo;&eacute;thique  inh&eacute;rent &agrave; la nature de l&rsquo;&ecirc;tre humain et  &agrave; son devenir, chaque culture a ses rep&egrave;res propres  correspondant aux conditions historiques et sociales particuli&egrave;res  qui sont les siennes.<BR><BR>  Nous pouvons donner ici un syst&egrave;me de rep&egrave;res simple  reposant sur trois alternatives et balisant le sens de l&rsquo;&eacute;thique  selon lequel orienter un engagement responsable.<BR><BR>  Deux de ces alternatives nous avaient d&eacute;j&agrave; servi  &agrave; rep&eacute;rer diverses positions vis-&agrave;-vis de  l&rsquo;&eacute;thique, positions qui peuvent &ecirc;tre d&rsquo;ailleurs  transpos&eacute;es &agrave; tout autre domaine. Reprenons-les  sous un autre angle :<\/P><\/p>\n<p><P>Priorit&eacute; &agrave; la personne humaine  sur toute organisation et toute structure. C&rsquo;est la position  de foi en la personne humaine, son libre arbitre et sa responsabilit&eacute;.<\/P><\/p>\n<p><P>Elle ne peut cependant, &agrave; elle seule,  d&eacute;terminer le sens &eacute;thique. Par ailleurs, le libre  arbitre peut tr&egrave;s bien respecter les r&egrave;gles, normes  et structures de l&rsquo;organisation sociale par exemple ce qui est  tout le contraire de l&rsquo;abandon au conformisme.<\/P><\/p>\n<p><P>Priorit&eacute; &agrave; l&rsquo;am&eacute;lioration  des qualit&eacute;s et valeurs humaines sur la fatalit&eacute;  et les r&eacute;actions primaires de peur ou d&rsquo;avidit&eacute;.  C&rsquo;est la position d&rsquo;esp&eacute;rance et d&rsquo;ambition des entreprises  humaines.<\/P><\/p>\n<p><P>Cette esp&eacute;rance dans le progr&egrave;s  et le devenir de l&rsquo;homme n&#8217;emp&ecirc;che pas de tenir compte  des contraintes en ne leur donnant pas le poids d&rsquo;une n&eacute;cessit&eacute;  fatale mais celui d&rsquo;une condition &agrave; prendre en compte.<\/P><\/p>\n<p><P>La troisi&egrave;me alternative peut s&rsquo;exprimer  ainsi : contribuer et participer &agrave; sa mani&egrave;re au  devenir commun plut&ocirc;t que de tenter d&rsquo;en capter les b&eacute;n&eacute;fices  &agrave; son seul profit. C&rsquo;est la position de g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;  et de collaboration fructueuse.<\/P><\/p>\n<p><P>Cette position n&rsquo;implique pas la n&eacute;gation  de soi-m&ecirc;me mais au contraire la r&eacute;alisation de  soi-m&ecirc;me par la participation personnalis&eacute;e &agrave;  la communaut&eacute; de vie et de travail.<BR><BR>  La position &eacute;thique est la conjonction des trois positions  pr&eacute;c&eacute;dentes et la d&eacute;faillance de l&rsquo;une d&rsquo;entre  elles la remet en question.<BR><BR>  Sans g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;, l&rsquo;esp&eacute;rance personnelle  est un superbe &eacute;go&iuml;sme. <BR>  Sans esp&eacute;rance, la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; personnelle  tourne &agrave; la confusion passionnelle, <BR>  Sans foi en la personne, l&rsquo;esp&eacute;rance g&eacute;n&eacute;reuse  devient une abstraction id&eacute;aliste.<BR><BR>  Ces trois rep&egrave;res conjoints du sens &eacute;thique peuvent  &ecirc;tre r&eacute;f&eacute;r&eacute;s &agrave; des figures  qui les d&eacute;passent et que proposent certaines traditions  ou spiritualit&eacute;s. Le christianisme, en particulier, propose  la trinit&eacute; divine, ou plus directement le Christ, comme  rep&egrave;re ultime du comportement &eacute;thique. Il faudrait  d&rsquo;ailleurs interroger les diverses d&eacute;faillances qui peuvent  en d&eacute;river principalement lorsque le sens de l&rsquo;&eacute;thique  est r&eacute;duit &agrave; ses modalit&eacute;s pratiques o&ugrave;  la loi, tel que St Paul l&rsquo;a dit, condamne, comme il explique  que la lettre tue et l&rsquo;esprit vivifie.<BR><BR>  L&rsquo;esprit, c&rsquo;est le sens &eacute;thique, la lettre en serait quelque  r&egrave;glement pr&eacute;tendu absolu, au nom de la science  ou de la nature. Si le sens de l&rsquo;&eacute;thique se r&eacute;f&egrave;re  &agrave; des rep&egrave;res universels, il est en jeu &agrave;  plusieurs niveaux. Le sens &eacute;thique ne peut &eacute;videmment  pas &ecirc;tre restreint par exemple &agrave; la conduite de  la personne sans tenir compte de la conduite du groupe humain,  famille, entreprise, collectivit&eacute;.<BR><BR>  En fait, le sens de la conduite personnelle est le m&ecirc;me  que celui dans lequel l&rsquo;homme responsable engage sa coexistence  avec les autres. Il y a un rapport direct par exemple entre la  finalit&eacute; profonde d&rsquo;une entreprise et la conduite du ou  des responsables et leurs partenaires.<BR><BR>  Le probl&egrave;me &eacute;thique relie donc conduite personnelle  et conduite des affaires communes. La question du sens &eacute;thique  se pose donc aussi bien en terme de comportement personnel que  de m&eacute;thode ou comportement collectif. De m&ecirc;me un  groupe humain s&rsquo;inscrit toujours dans une soci&eacute;t&eacute;,  une culture o&ugrave; sa conduite, son oeuvre, ont un sens. Il  y a donc un lien d&rsquo;unit&eacute; de sens entre comportement personnel,  conduite collective et dynamiques sociales. A l&rsquo;extr&ecirc;me,  le sens &eacute;thique va jusqu&rsquo;&agrave; &ecirc;tre celui de  l&rsquo;&eacute;volution de l&rsquo;humanit&eacute;. Alors la boucle est  boucl&eacute;e, si le sens &eacute;thique qui renvoie &agrave;  la trajectoire de l&rsquo;humanit&eacute;, revient &agrave; la question  de l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme qui se joue pour chaque personne  dans son contexte particulier.<BR>  Il n&rsquo;y a pas de probl&egrave;me &eacute;thique qui ne soit isol&eacute;  &agrave; un seul de ces niveaux. De ce fait, la responsabilit&eacute;  de l&rsquo;engagement &eacute;thique les traverse tous simultan&eacute;ment.<BR><BR>  Cependant, si le particulier et le g&eacute;n&eacute;ral, le  personnel et l&rsquo;universel se rejoignent gr&acirc;ce au sens &eacute;thique,  il n&rsquo;en demeure pas moins que chaque personne, chaque groupe  ou soci&eacute;t&eacute; humaine a une personnalit&eacute; particuli&egrave;re.<BR><BR>  Le sens universel de l&rsquo;&eacute;thique se traduit notamment dans  l&rsquo;investissement du meilleur de soi-m&ecirc;me au service du  progr&egrave;s commun.<BR><BR>  Cependant le meilleur de soi-m&ecirc;me n&rsquo;est pas le m&ecirc;me  selon la personnalit&eacute; de chacun. Chaque personne a ainsi  des qualit&eacute;s et valeurs (humaines) propres. C&rsquo;est aussi  vrai pour les groupes humains : entreprises, collectivit&eacute;s  et pour les soci&eacute;t&eacute;s humaines.<BR><BR>  Chaque personne comme chaque culture a ses valeurs propres et  le sens universel de l&rsquo;&eacute;thique se retrouve dans le sens  de ces valeurs.<BR><BR>  La question des valeurs est &eacute;videmment li&eacute;e &agrave;  l&rsquo;&eacute;thiquepar leur sens. Les valeurs sont des traductions  personnelles ou culturelles du sens de l&rsquo;&eacute;thique. Elles  ont, comme celle-ci, &agrave;la fois une dimension universelle,  une dimension personnelle ou culturelle et une dimension circonstancielle  qui d&eacute;pend de chaque contexte particulier.<BR><BR>  L&rsquo;&eacute;thique se r&eacute;f&egrave;re &agrave; des valeurs  dont la forme peut &ecirc;tre changeante et dont le sens est  &agrave; la fois tout &agrave; fait propre et universel.<BR><BR>  Chaque personne, comme chaque groupe humain, a donc &agrave;  discerner les valeurs permanentes qui traduisent le sens universel  de l&rsquo;&eacute;thique et &agrave; les exprimer dans les conditions  changeantes qui sont les siennes. Cela montre la difficult&eacute;  d&rsquo;une r&eacute;f&eacute;rence statique et absolue &agrave; des  valeurs formelles alors que les formes en doivent &eacute;voluer  et que leur sens particulier varie selon la personnalit&eacute;  propre de l&rsquo;individu ou du groupe humain.<BR><BR>  On en arrive &agrave; une notion importante, c&rsquo;est celle de vocation.<BR><BR>  L&rsquo;accomplissement des personnes humaines se fait dans le d&eacute;veloppement  des meilleures qualit&eacute;s et valeurs personnelles selon  une voie et des modalit&eacute;s qui leur sont propres. C&rsquo;est  la vocation de la personne, sa voie d&rsquo;accomplissement et le sens  &eacute;thique selon lequel elle peut donner le meilleur d&rsquo;elle-m&ecirc;me.  Il en est de m&ecirc;me lorsque le sens &eacute;thique personnel  doit s&rsquo;investir dans une responsabilit&eacute; collective. La  collectivit&eacute; a aussi ses valeurs propres et sa vocation.  il est donc essentiel de reconna&icirc;tre la vocation et les  valeurs propres des groupes humains dont c&rsquo;est le sens de la  conduite &eacute;thique. On peut ainsi parler de vocation culturelle,  meilleure voie et meilleures valeurs de la personnalit&eacute;  culturelle de chaque collectivit&eacute; et soci&eacute;t&eacute;  humaine.<BR><BR>  En progressant jusqu&rsquo;&agrave; la vocation de l&rsquo;humanit&eacute;,  on retrouve la coh&eacute;rence des niveaux et le concours des  vocations comme principe politique de l&rsquo;&eacute;thique. En effet,  les engagements humains trouvent leur sens &eacute;thique lorsqu&rsquo;ils  sont pris dans le sens de la vocation propre des personnes et  des groupes et soci&eacute;t&eacute;s humaines.<BR><BR>  Ainsi la vocation d&rsquo;une entreprise est-elle porteuse de ses valeurs  et de son sens &eacute;thique en m&ecirc;me temps qu&rsquo;elle s&rsquo;accomplit  par l&rsquo;expression de la vocation de l&rsquo;entrepreneur et de celles  de ses responsables et partenaires qui y concourent tandis qu&rsquo;elle  concoure &agrave; son tour &agrave; l&rsquo;accomplissement de la vocation  des soci&eacute;t&eacute;s et cultures auxquelles elle participe.<BR><BR>  Le sens universel de l&rsquo;&eacute;thique traverse donc tous les  niveaux o&ugrave; il s&rsquo;exprime dans la vocation et les valeurs  propres qui servent de r&eacute;f&eacute;rences sp&eacute;cifiques.<BR><BR>  La vocation est la voie et la vertu, voie d&rsquo;accomplissement personnalis&eacute;e  et vertu &eacute;thique.<BR><BR>  Il n&rsquo;en reste pas moins que les rep&egrave;res universels du  sens &eacute;thique peuvent aussi &ecirc;tre traduits en vertu  &eacute;thique, c&rsquo;est-&agrave;-dire en engagement responsable  dans toutes les circonstances de notre existence personnelle  et collective.<BR><BR>  C&rsquo;est l&agrave; une autre fa&ccedil;on de traduire les rep&egrave;res  de sens &eacute;thique : en vertus pour la pratique, dont la  combinaison est l&rsquo;exercice m&ecirc;me de la responsabilit&eacute;.<BR><BR>  Le discernement &eacute;thique, d&rsquo;abord, est indispensable pour  diff&eacute;rencier les valeurs, rep&eacute;rer les vocations  et apercevoir l&rsquo;esp&eacute;rance qu&rsquo;elles portent. Le discernement  est aussi ce qui permet de reconna&icirc;tre les d&eacute;faillances  ou les erreurs &eacute;thiques.<BR><BR>  Il ne consiste pas simplement &agrave; reconna&icirc;tre la r&eacute;alit&eacute;  des choses mais surtout leur sens, puisque c&rsquo;est le sens des  comportements comme des situations ou des choses qui est le vecteur  de l&rsquo;&eacute;thique.<BR><BR>  Il y faut le d&eacute;ploiement d&rsquo;une vertu, la vertu de lucidit&eacute;  qui s&rsquo;oppose &agrave; la confusion, aussi pleine d&rsquo;analyses et  de constats soit-elle, et qui en m&eacute;conna&icirc;t le sens.  Cette vertu de lucidit&eacute; s&rsquo;accompagne de justesse, ce qui  est n&eacute;cessaire pour s&rsquo;ajuster dans le sens &eacute;thique  des valeurs et d&rsquo;une vocation, les siennes et celles des autres.  Cela suppose, &eacute;coute, attention et discernement du sens  dans une mise en perspective qui en aper&ccedil;oit les esp&eacute;rances  et les ambitions ou motivations r&eacute;elles.<BR><BR>  Le second rep&egrave;re est le positionnement &eacute;thique  ancr&eacute; dans la foi en la personne, la sienne et celles  des autres. Ce positionnement &eacute;thique consiste &agrave;  assumer personnellement le sens &eacute;thique discern&eacute;.  Cela suppose une d&eacute;termination et une volont&eacute;.  Il y faut le d&eacute;ploiement d&rsquo;une vertu d&rsquo;autorit&eacute;  et de jugement qui sont prises de position de la personne, auteur  de son engagement. L&rsquo;autorit&eacute; en question n&rsquo;a rien &agrave;  voir avec l&rsquo;autoritarisme, &agrave; qui manque le discernement,  de m&ecirc;me le libre arbitre avec l&rsquo;arbitraire.<BR><BR>  La vertu d&rsquo;autorit&eacute; et de jugement est signe de maturit&eacute;  et devrait &ecirc;tre le propre de l&rsquo;homme adulte. Nous sommes  dans une &eacute;poque et une culture o&ugrave; le conformisme  traditionnel ou moderniste est bien plus r&eacute;pandu, m&ecirc;me  &agrave; haut niveau, que cette vertu l&agrave;, sauf dans ses  d&eacute;viations et ses abus faute de la vertu de lucidit&eacute;  et de justesse. La justesse de jugement est indispensable &agrave;  l&rsquo;&eacute;thique.<BR><BR>  Le troisi&egrave;me rep&egrave;re est le concernement &eacute;thique,  participation g&eacute;n&eacute;reuse &agrave; la vie des autres,  engagement dans la co-existence et les entreprises communes.<BR><BR>  Le concernement est l&rsquo;aboutissement du positionnement issu du  discernement pour accomplir l&rsquo;engagement &eacute;thique. En son  absence il n&rsquo;y aurait que discours sp&eacute;culatif sans v&eacute;ritable  investissement ni responsabilit&eacute; personnelle.<BR><BR>  Le concernement &eacute;thique r&eacute;clame une vertu de solidarit&eacute;  qui se traduit tant par le d&eacute;sir de partage que par la  fraternit&eacute; ressentie comme inh&eacute;rente &agrave; la  nature humaine, lorsqu&rsquo;elle est discern&eacute;e bien sur. La  vertu de solidarit&eacute; s&rsquo;accompagne de la justice non pas  celle qui condamne mais celle qui reconna&icirc;t &agrave; chacun  sa juste participation &agrave; la vie collective, sa juste contribution  aux oeuvres et aux fruits de l&rsquo;activit&eacute; commune.<BR><BR>  Ainsi le discernement, le positionnement et le concernement &eacute;thique  accompagnent les rep&egrave;res d&rsquo;esp&eacute;rance, de foi en  la personne et de g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;, se traduisant  pratiquement dans le d&eacute;ploiement simultan&eacute; et compl&eacute;mentaire:<BR><BR>  &#8211; de la vertu de lucidit&eacute; et de justesse,<BR>  &#8211; de la vertu d&rsquo;autorit&eacute; et de jugement,<BR>  &#8211; de la vertu de solidarit&eacute; et de justice.<BR><BR>  Ce sont les piliers de toute responsabilit&eacute; &eacute;thique  en m&ecirc;me temps que les bases d&rsquo;une &eacute;thique de la  responsabilit&eacute;.<BR><BR>  La responsabilit&eacute; de la personne, consiste &agrave; r&eacute;pondre  du sens de ses engagements et de leurs cons&eacute;quences pour  autrui. C&rsquo;est aussi le sens de l&rsquo;&eacute;thique que nous avons  ici d&eacute;velopp&eacute; et celui de la vocation personnelle  de tout un chacun.<BR><BR>  N&rsquo;est-ce pas le but de l&rsquo;&eacute;ducation que de d&eacute;velopper  la ma&icirc;trise de soi et de sa conduite selon sa vocation  propre qui est capacit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre de plus en plus responsable  et donc d&rsquo;assumer de mieux en mieux le sens de l&rsquo;&eacute;thique  dans la voie de son accomplissement !<BR><BR>  L&rsquo;&eacute;thique est l&rsquo;exercice de cette responsabilit&eacute;  fond&eacute;e sur la ma&icirc;trise de soi et de sa conduite.<BR><BR>  C&rsquo;est dans sa ma&icirc;trise, jamais parfaite et toujours mise  en question, que se fonde l&rsquo;entreprise et l&rsquo;engagement de chacun  au service de l&rsquo;accomplissement de tous. En ce sens celui de  l&rsquo;&eacute;thique, le Ma&icirc;tre EST le serviteur, en donnant  le meilleur de lui-m&ecirc;me pour l&rsquo;accomplissement des autres,  selon sa propre vocation qui l&rsquo;accomplit.<BR><BR>  Mais le sens &eacute;thique suppose le renoncement &agrave; d&rsquo;autres  sens. C&rsquo;est l&agrave; la grande difficult&eacute; et l&rsquo;enjeu  d&eacute;licat de la ma&icirc;trise responsable, pour laquelle  nous avons tous besoins des autres.<BR><BR>  Il reste pour cette conception de l&rsquo;&eacute;thique &eacute;clair&eacute;e  par l&rsquo;anthropologie de la th&eacute;orie de l&rsquo;Instance et des  Coh&eacute;rences, &agrave; la mettre en oeuvre cas par cas en  rappelant que le sens est plus essentiel que la fa&ccedil;on  dont il est traduit et qui peut varier selon les personnes, les  cultures ou les circonstances.<BR><BR>  Une m&ecirc;me chose peut avoir plusieurs sens, d&rsquo;o&ugrave; la  responsabilit&eacute; &eacute;thique; un m&ecirc;me sens peut  avoir de multiples expressions autant que l&rsquo;&eacute;thique de  la responsabilit&eacute;.<BR><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article publi\u00e9 par la revue \u00ab\u00a0Informel\u00a0\u00bb revue quebecoise de design industriel dans son num\u00e9ro consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9thique de l&rsquo;hiver 1992.<\/p>\n","protected":false},"author":682,"featured_media":597,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-109","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-f42-ethique-et-valeurs"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/109","targetHints":{"allow":["GET","POST","PUT","PATCH"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/users\/682"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=109"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/109\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3178,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/109\/revisions\/3178"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=109"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=109"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=109"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}