{"id":1041,"date":"2009-02-08T08:40:35","date_gmt":"2009-02-08T08:40:35","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/2009\/02\/08\/coherence-transdisciplinaire-de-la-gestion-des-risques\/"},"modified":"2021-02-11T17:01:30","modified_gmt":"2021-02-11T16:01:30","slug":"coherence-transdisciplinaire-de-la-gestion-des-risques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/2009\/02\/08\/coherence-transdisciplinaire-de-la-gestion-des-risques\/","title":{"rendered":"Coh\u00e9rence transdisciplinaire de la gestion des risques"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">La question des risques est de plus en plus \u00e9largie \u00e0 l&rsquo;ensemble des risques encourus par une population, territoire, entreprise avec une pr\u00e9occupation de ma\u00eetrise ou de gestion globale. C&rsquo;est le m\u00e9rite de la syt\u00e9mique et singuli\u00e8rement de la cyndinique d&rsquo;avoir \u00e9clair\u00e9 cette situation et sa complexit\u00e9. C&rsquo;en est aussi la limite notamment op\u00e9rationnelle. Un certain niveau de complexit\u00e9 syst\u00e9mique n&rsquo;est pas ma\u00eetrisable par des syst\u00e8mes mais par les communaut\u00e9s concern\u00e9es. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;intervient la socio-performance pour en construire les conditions et les r\u00e9alisations<\/p>\n<p><strong>Complexit\u00e9 de la gestion des risques<\/strong><\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord appara\u00eet la multiplicit\u00e9 des types de risques. Risque industriel li\u00e9 \u00e0 des organisations de production elles-m\u00eames tr\u00e8s diversifi\u00e9es selon les proc\u00e9d\u00e9s et les ph\u00e9nom\u00e8nes en jeu (physiques, chimiques, m\u00e9caniques, nucl\u00e9aires&#8230;); risques dits naturels avec l&rsquo;interventions de ph\u00e9nom\u00e8nes comme les inondations, les s\u00e9ismes, les mouvements de terrain, les incendies de for\u00eats, les temp\u00eates etc.; risques sanitaires avec les \u00e9pid\u00e9mies par exemple et les cons\u00e9quences d&rsquo;autres risques; risques sociaux avec les mouvements et les violences extr\u00eames; risques li\u00e9s \u00e0 la vie quotidienne, m\u00e9nag\u00e8re, aux accidents du travail ou de la vie courante; risques \u00e9conomiques et financiers etc.<\/p>\n<p>Dans tous les cas cela concerne les hommes physiquement et moralement, les biens individuels et collectifs, les communaut\u00e9s humaines et leurs enjeux.<\/p>\n<p>Par ailleurs une temporalit\u00e9 intervient avec des moments d&rsquo;appr\u00e9hension diff\u00e9rents<\/p>\n<p>Il y a la sp\u00e9culation, une confrontation anticip\u00e9e aux menaces et aux \u00e9preuves imaginables, les risques, qui mobilise les affects et l&rsquo;imagination.<\/p>\n<p>Il y a le moment de la pr\u00e9paration aux risques, pr\u00e9cautions, pr\u00e9ventions, protections, syst\u00e8mes d&rsquo;alerte qui mobilise des dispositifs, des mod\u00e9lisations, des proc\u00e9dures, des m\u00e9thodes&#8230;<\/p>\n<p>Il y a le moment de la crise avec les questions de sauvegarde, de r\u00e9activit\u00e9, de moyens et comp\u00e9tences sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p>Il y a le moment de la restauration, de la r\u00e9silience, de la reconstruction mat\u00e9rielle et humaine.<\/p>\n<p>Il y a enfin le moment de l&rsquo;int\u00e9gration avec la m\u00e9moire et ses processus complexes, les enseignements, la progression des comp\u00e9tences, l&rsquo;\u00e9volution des moyens et m\u00e9thodes et des processus de d\u00e9cision.<\/p>\n<p>On notera que c&rsquo;est de cette capitalisation finale que la sp\u00e9culation initiale se nourrira, jusqu&rsquo;\u00e0 changer le cours des choses.<\/p>\n<p>Chacun se trouve focalis\u00e9 souvent sur l&rsquo;un de ces moments et m\u00eame une de ses phases, cela multipli\u00e9 par les diverses th\u00e9matiques g\u00e9n\u00e8re un grand nombre de sp\u00e9cialit\u00e9s.<\/p>\n<p>Ajoutons que le croisement entre les risques est une dimension \u00e0 consid\u00e9rer. Sur le plan imaginaire et \u00e9motionnel, la m\u00e9moire traverse les domaines et une \u00e9preuve retentit sur toutes les sp\u00e9culations ult\u00e9rieures. La peur, l&rsquo;inqui\u00e9tude, l&rsquo;angoisse sont des param\u00eatres majeurs du v\u00e9cu, de l&rsquo;interpr\u00e9tation, de l&rsquo;anticipation, de l&rsquo;\u00e9valuation, et m\u00eame des comportements, des raisonnements , des postures et dispositions prises. De m\u00eame les effets mat\u00e9riels sont li\u00e9s ne serait-ce que par le plan \u00e9conomique. Sur le plan intellectuel les mod\u00e8les tendent \u00e0 vouloir se g\u00e9n\u00e9raliser et ainsi \u00e0 transposer les solutions mais aussi l&rsquo;analyse des probl\u00e8mes, enfin c&rsquo;est toujours dans la sph\u00e8re des affaires humaines collectives sinon communautaires que les diff\u00e9rents domaines \u00e0 risque vont se croiser en rapport avec les enjeux communs et m\u00eame tout ce qui est appr\u00e9hensions et pratiques individuelles, forc\u00e9ment prises dans le contexte culturel de la vie collective. Question de socio-performance communautaire par exemple.<\/p>\n<p>Comment s&rsquo;en sortir pour \u00e9tablir une coh\u00e9rence dans les approches scientifiques et op\u00e9rationelles alors que de tr\u00e8s nombreuses exp\u00e9riences semblent l\u00e9gitimes malgr\u00e9 les incompr\u00e9hensions patentes qui se font jour \u00e0 chaque fois. La multiplicit\u00e9 des questions, des domaines, des circonstances conduit-elle \u00e0 un morcellement ind\u00e9fini o\u00f9 est-il possible de trouver une coh\u00e9rence une unit\u00e9 transdisciplinaire qui se plie \u00e0 la diversit\u00e9 des situations et de leur appr\u00e9hension. C&rsquo;est sans doute la condition de la capitalisation des connaissances, des comp\u00e9tences et de la ma\u00eetrise des situations.<\/p>\n<p>Mais n&rsquo;est ce pas le projet de la cyndinique n\u00e9e d&rsquo;une vision syst\u00e9mique? C&rsquo;est celui de l&rsquo;Humanisme M\u00e9thodologique en tout cas. Il ne sera pas question ici de faire une analyse critique comparative qui demanderait notamment de s&rsquo;assurer \u00e0 quel stade de conception de la syst\u00e9mique la cyndinique en \u00e9tait arriv\u00e9e, avec l&rsquo;exp\u00e9rience de son fondateur du c\u00f4t\u00e9 des choses humaines.<\/p>\n<p>On se contentera de dresser un aper\u00e7u de la question au travers de trois analyses qui permettent de relier les probl\u00e9matiques li\u00e9es aux risques \u00e0 des probl\u00e9matiques plus g\u00e9n\u00e9rales dans lesquelles elle s&rsquo;inscrivent.<\/p>\n<p>L&rsquo;analyse \u00e9pist\u00e9mologique de \u00ab\u00a0l&rsquo;intelligence des risques\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;analyse structurelle de l&rsquo;exp\u00e9rience et des situations humaines<\/p>\n<p>Les niveaux de ma\u00eetrises et de d\u00e9faillances des situations<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;analyse \u00e9pist\u00e9mologique de \u00ab\u00a0l&rsquo;intelligence des risques\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>Quatre Sens balisent une \u00ab\u00a0boussole \u00e9pist\u00e9mologique\u00a0\u00bb comme autant de \u00ab\u00a0postures de connaissance\u00a0\u00bb avec leurs pr\u00e9ssupos\u00e9s et leur logique propre.<\/p>\n<p>1 &#8211; Les risques sont la cons\u00e9quence de l&rsquo;existence de menaces, porteuses de violences potentielles vis-\u00e0-vis desquelles diff\u00e9rentes attitudes sont possibles : les subir, les dominer ou composer par la ruse, le d\u00e9tournement, le d\u00e9fi ou \u00ab\u00a0la part du feu\u00a0\u00bb. Tout se passe comme si il y avait une alt\u00e9rit\u00e9 de la menace, source d&rsquo;alt\u00e9ration, un ennemi vis-\u00e0-vis duquel se d\u00e9fendre, manoeuvrer sinon se soumettre. Le langage utilis\u00e9 le signifie mais aussi les logiques engag\u00e9es vis-\u00e0-vis d&rsquo;une source forc\u00e9ment exog\u00e8ne de danger.<\/p>\n<p>2 &#8211; Les risques sont la possibilit\u00e9 d&rsquo;un dysfonctionnement du \u00e0 l&rsquo;intervention d&rsquo;un al\u00e9a dans un syst\u00e8me. La d\u00e9faillance d&rsquo;une boucle de contr\u00f4le peut produire des dysfonctionnements en cha\u00eene. Aussi faut-il renforcer les syst\u00e8mes de contr\u00f4les et pour cela anticiper sur les al\u00e9as. Il y a, bien s\u00fbr, une comp\u00e9tition possible entre la complexit\u00e9 du syst\u00e8me de contr\u00f4le et celle du syst\u00e8me contr\u00f4l\u00e9. L&rsquo;id\u00e9al c&rsquo;est d&rsquo;\u00e9tablir une boucle d&rsquo;auto-apprentissage des syst\u00e8mes de contr\u00f4les et d&rsquo;\u00e9viter les \u00ab\u00a0d\u00e9faillances humaines\u00a0\u00bb qui n&rsquo;appr\u00e9hendent jamais la complexit\u00e9 avec une suret\u00e9 parfaite.<\/p>\n<p>Ces deux logiques partagent un certain fatalisme sur l&rsquo;origine des risques.<\/p>\n<p>3 &#8211; Les risques sont ceux d&rsquo;un d\u00e9sordre intervenant dans le cadre d&rsquo;un projet. Ils manifestent une limite dans la ma\u00eetrise des proc\u00e9dures op\u00e9rationnelles et la rationalisation des facteurs intervenants.<\/p>\n<p>Les d\u00e9sordres pourraient \u00eatre \u00e9vit\u00e9s si on \u00e9dicte des r\u00e8gles permettant d&rsquo;anticiper sur les impond\u00e9rables et que l&rsquo;on perfectionne les moyens et les comp\u00e9tences de rationalisation des situations.<\/p>\n<p>Les deux logiques pr\u00e9c\u00e9dentes prennent facilement les acteurs pour des facteurs plus que des sujets humains.<\/p>\n<p>4 &#8211; Les risques sont la traduction de l&rsquo;imperfection de la condition humaine. Ils invitent \u00e0 cultiver des capacit\u00e9s de ma\u00eetrise en rapport avec les enjeux engag\u00e9s. Une intelligence collective et une comp\u00e9tence collective sont le fruit d&rsquo;une confrontation au risque, son hypoth\u00e8se et son exp\u00e9rience. L&rsquo;\u00e9valuation du risque est fonction de la valeur des enjeux eux-m\u00eames traduisant les valeurs communautaire et le Sens du bien commun. C&rsquo;est le domaine de la socio-performance.<\/p>\n<p>Les deux logiques pr\u00e9c\u00e9dentes relativisent le risque \u00e0 des enjeux et \u00e0 leur niveau de ma\u00eetrise.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re et la premi\u00e8re personalisent le risque et les r\u00e9actions vis-\u00e0-vis de son occurence.<\/p>\n<p>A chaque position \u00e9pist\u00e9mologique on peut associer aussi bien les modes de connaissance en vigueur dans les univers scientifiques ou autres, rejoignant l\u00e0 des probl\u00e9matiques majeures de notre \u00e9poque o\u00f9 le rapport au monde et aux r\u00e9alit\u00e9s est en question, notamment en resituant ce qu&rsquo;il en est de l&rsquo;homme dans le proc\u00e8s de connaissance comme sujet, objet et projet.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;analyse structurelle de l&rsquo;exp\u00e9rience et des situations humaines<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;exp\u00e9rience humaine et par suite les situations sur lesquelles porte cette exp\u00e9rience comportent <em>trois dimensions structurantes<\/em> <a href=\"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/2004\/07\/18\/la-trialectique-sujet-objet-projet\/\">(trialectique sujet objet projet)<\/a>.<\/p>\n<p>Il y a toujours un contexte qui peut \u00eatre d\u00e9crit par une unit\u00e9 d&rsquo;objet et une multiplicit\u00e9 de composantes. C&rsquo;est la dimension objective de l&rsquo;exp\u00e9rience et des situations souvent seule consid\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Il y a toujours un sujet qui se manifeste soit par le regard port\u00e9 sur l&rsquo;objet et son contexte, soit par l&rsquo;orientation d&rsquo;une d\u00e9termination, soit par une volont\u00e9 agissante. C&rsquo;est la dimension subjective de l&rsquo;exp\u00e9rience et des situations d\u00e9terminante mais trop souvent ignor\u00e9e.<\/p>\n<p>Il y a enfin toujours un projet, projection d&rsquo;un devenir, conjugant l&rsquo;intention du sujet \u00e0 l&rsquo;attention \u00e0 l&rsquo;objet, pr\u00e9figurant et r\u00e9alisant le moment de la situation, son histoire que l&rsquo;on peut raconter ou r\u00e9aliser. C&rsquo;est la dimension projective de l&rsquo;exp\u00e9rience ou des situations qui seule donne une \u00e9chelle de valeurs pour mesurer les valeurs.<\/p>\n<p>La ma\u00eetrise d&rsquo;une situation est toujours celle d&rsquo;un sujet (personnelle ou communautaire) \u00e0 propos d&rsquo;un objet et d&rsquo;un contexte, en vue d&rsquo;un projet de devenir ou de r\u00e9alisation.<\/p>\n<p>Traduisons pour la question du risque<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a de risque que pour un sujet (personnel ou communautaire) sans lequel il n&rsquo;y a pas de dommage ni d&rsquo;\u00e9valuation. Il y a risque qu&rsquo;en fonction d&rsquo;un al\u00e9a \u00e9tranger au sujet. Il n&rsquo;y a risque que par la conjugaison des deux, intervenant dans une histoire, un projet.<\/p>\n<p>Ainsi, s&rsquo;il y a une dimension objective aux occurences al\u00e9atoires, il n&rsquo;y a risque que parce qu&rsquo;un sujet s&rsquo;est investi dans une histoire qu&rsquo;elle conditionne. On ne peut appr\u00e9hender les notions de danger, de dommage, de vuln\u00e9rabilit\u00e9, de ma\u00eetrise ou de d\u00e9faillance que dans cette conjugaison qui d\u00e9fini une situation d&rsquo;exp\u00e9rience humaine.<\/p>\n<p><em>La structure de l&rsquo;exp\u00e9rience comporte aussi trois composantes.<\/em><\/p>\n<p>La composante affective qui correspond au v\u00e9cu, \u00e0 l&rsquo;\u00e9prouv\u00e9 dans la relation sujet objet. Peurs, craintes, inqui\u00e9tudes, souffrances, terreurs, douleurs, angoisses sont des termes relevant de ce r\u00e9gime. Faire comme s&rsquo;ils ne prennaient pas part \u00e0 la situation et \u00e0 la gestion des risques serait s&rsquo;en refuser toute \u00e9valuation et donc tout dimensionnement significatif. On sait bien que la dimension objective n&rsquo;y suffit pas et que la dimension subjective est charg\u00e9e de toute une m\u00e9moire, une culture, des sensibilit\u00e9s qui ressortissent aussi d&rsquo;un inconscient individuel et collectif. L&rsquo;affect est \u00e0 la crois\u00e9e des deux et para\u00eet conditionner fortement tout le reste. Comment ignorer une dimension aussi d\u00e9terminante malgr\u00e9 le pr\u00e9texte d&rsquo;une m\u00e9connaissance de ces ph\u00e9nom\u00e8nes?<\/p>\n<p>La composante mentale de l&rsquo;exp\u00e9rience qui correspond aux repr\u00e9sentations, tant anticip\u00e9es que m\u00e9morielles, et aussi aux repr\u00e9sentations construites rationnellement \u00e0 port\u00e9e explicative ou pr\u00e9dictive. Elle est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la dimension affective, et emprunte des images, des formes, des logiques qui y sont li\u00e9es. Cette composante est comme une projection du sujet dans son projet. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il s&rsquo;identifie en rapport avec sa vision, ses repr\u00e9sentations des situations. C&rsquo;est l\u00e0 aussi qu&rsquo;il cherche souvent une ma\u00eetrise qui est celle d&rsquo;un effet plus que d&rsquo;une cause (le meilleur mod\u00e8le n&rsquo;est la cause d&rsquo;aucune action par lui m\u00eame). Quant aux repr\u00e9sentations par les sujets communautaires de leurs situations communes, elles rel\u00e8vent aussi d&rsquo;une culture dans laquelle le singulier veut s&rsquo;inscrire dans du connu scientifique ou historique par exemple. Un science formelle des risques y trouverait l\u00e0 son expression.<\/p>\n<p>La composante factuelle de l&rsquo;exp\u00e9rience, o\u00f9 sont impliqu\u00e9s le corps et les choses dans des comportements utiles, est le lieu du fonctionnement objectif engag\u00e9 dans la dimension projective. Un verre se casse n&rsquo;est pas forc\u00e9ment un probl\u00e8me s&rsquo;il ne devait servir pour boire. Le risque, le dommage sont corr\u00e9l\u00e9s non seulement \u00e0 l&rsquo;objet en contexte mais au projet, \u00e0 l&rsquo;histoire \u00e0 laquelle ils participent. Il y a un risque \u00ab\u00a0concret\u00a0\u00bb, mat\u00e9rialis\u00e9 dans cette composante de l&rsquo;exp\u00e9rience et des situations, souvent prise pour le tout mais enti\u00e8rement li\u00e9e avec les autres dimensions. Donner \u00e0 l&rsquo;une ou \u00e0 l&rsquo;autre le caract\u00e8re de cause ou d&rsquo;effet correspond seulement aux r\u00e9ductionnismes qui nous sont familiers.<\/p>\n<p>Nous avons l\u00e0 les dimensions et les composantes de toutes les situations, celles de gestion des risques aussi bien. Les appr\u00e9hender pour comprendre, orienter ou agir sur les risques \u00ab\u00a0situ\u00e9s\u00a0\u00bb doit donc prendre en compte, dans leur interrelation, les trois dimensions structurantes et les trois composantes de l&rsquo;exp\u00e9rience et de toute situation.<\/p>\n<p>Une dimension objective contextuelle<\/p>\n<p>Une dimension subjective intentionnelle, personnelle ou communautaire<\/p>\n<p>Une dimension projective s&rsquo;inscrivant aussi dans une histoire avec ses enjeux et ses marches de progr\u00e8s.<\/p>\n<p>Une composante affective avec tout le ressenti et les r\u00e9sonnances \u00e9motionnelles ou sensibles.<\/p>\n<p>Une composante mentale avec toutes les repr\u00e9sentations et leurs constructions.<\/p>\n<p>Une composante factuelle avec les faits, comportements, et les op\u00e9rations associ\u00e9es.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc un deuxi\u00e8me champ de complexit\u00e9 mais qui est ramen\u00e9 \u00e0 la structure de l&rsquo;exp\u00e9rience humaine et une \u00ab\u00a0th\u00e9orie des situations\u00a0\u00bb qui va aider \u00e0 construire l&rsquo;action. Dans le traitement des situations on verra que seules les situations sont agissantes et que les \u00ab\u00a0mises en situation\u00a0\u00bb en sont le moyen privil\u00e9gi\u00e9. Pour la gestion des risques aussi il s&rsquo;agit de ma\u00eetrise des situations; situations \u00e0 risques, situations agissantes, situations esp\u00e9r\u00e9es (socio-performance). Ce sont toujours les m\u00eames structures d&rsquo;exp\u00e9rience humaine qu&rsquo;il faut consid\u00e9rer. C&rsquo;est l&rsquo;enjeu de l&rsquo;ing\u00e9nierie humaine de l&rsquo;Humanisme M\u00e9thodologique.<\/p>\n<p><strong>Les niveaux de ma\u00eetrises et de d\u00e9faillances des situations<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s la pluralit\u00e9 des regards et de Sens qui posent un probl\u00e8me \u00e9pist\u00e9mologique, apr\u00e8s la vari\u00e9t\u00e9 des dimensions et composantes des situations qui sont consid\u00e9r\u00e9es ou non dans la fa\u00e7on d&rsquo;envisager les risques et leur gestion vient la question des niveaux de ma\u00eetrises et de d\u00e9faillances.<\/p>\n<p>Le niveau de ma\u00eetrise c&rsquo;est le niveau d&rsquo;int\u00e9gration des composantes de l&rsquo;exp\u00e9rience et des situations. Le niveau de d\u00e9faillances c&rsquo;est notamment la r\u00e9duction de l&rsquo;exp\u00e9rience \u00e0 l&rsquo;un des plans sans consid\u00e9rer les autres.<\/p>\n<p>Le niveau archa\u00efque est celui de la gestion des pulsions, c&rsquo;est la ma\u00eetrise des risques g\u00e9r\u00e9e par les m\u00e9dias, r\u00e9gime des fantasmes, des parano\u00efas qui prennent quelques fois des formes d&rsquo;hyper-rationalisations, des souffrances et des inqui\u00e9tudes entretenues. Le r\u00e8gne de l&rsquo;angoisse se traduit par des psycho-pathologies individuelles et collectives qu&rsquo;il est bon de comprendre pour savoir les traiter le cas \u00e9ch\u00e9ant quelques soient leurs formes. C&rsquo;est l&rsquo;enjeu d&rsquo;une ma\u00eetrise avanc\u00e9e des ph\u00e9nom\u00e8nes humains source de bien des risques de d\u00e9faillances.<\/p>\n<p>Le niveau primaire est celui des faits, du \u00ab\u00a0terrain\u00a0\u00bb donc et des techniques et savoir faire op\u00e9rationnels. Il int\u00e8gre les faits \u00e9conomiques, physiques, mat\u00e9riels, subsistanciels, la s\u00e9curit\u00e9 mat\u00e9rielle. C&rsquo;est dans l&rsquo;action que les affects peuvent \u00eatre investis utilement avec une mobilisation organis\u00e9e. Cependant la limite de ma\u00eetrise est la vision \u00e0 court terme, la r\u00e9action bien pr\u00e9par\u00e9e se fait r\u00e9actionnelle et non hi\u00e9rarchis\u00e9e. L&rsquo;urgence, par exemple, entra\u00eene des collusions avec l&rsquo;imm\u00e9diat qui font perdre toute ma\u00eetrise s&rsquo;il n&rsquo;y a pas un niveau sup\u00e9rieur de gestion.<\/p>\n<p>Le niveau secondaire est celui des repr\u00e9sentations. Bien qu&rsquo;ils soit souvent contest\u00e9 par des op\u00e9rateurs de terrain le niveau des repr\u00e9sentations permet d&rsquo;anticiper, de mod\u00e9liser, de projeter et ainsi d&rsquo;ordonner et d&rsquo;ordonnancer l&rsquo;action. C&rsquo;est le niveau strat\u00e9gique qui int\u00e8gre aussi rationnellement que possible le connu et l&rsquo;inconnu, le possible et l&rsquo;\u00e9ventuel et aussi tous les acteurs et facteurs de situations complexes. Il y a cependant \u00e0 ce niveau un type de d\u00e9faillance particuli\u00e8rement actuel c&rsquo;est celui de l&rsquo;autonomisation des repr\u00e9sentations. Les mod\u00e8les et strat\u00e9gies se d\u00e9gagent du Sens des situations de ceux qui sont concern\u00e9s; ils se lib\u00e8rent aussi de la complexit\u00e9 op\u00e9rationelle et de ses conditions; ils se consid\u00e8rent comme seul champ de ma\u00eetrise confondant la ma\u00eetrise des constructions intellectuelles avec la ma\u00eetrise des situations. La r\u00e9sistance du r\u00e9el oblige \u00e0 complexifier et rationaliser encore et encore les mod\u00e8les, les proc\u00e9dures, et \u00e0 les \u00e9loigner de toute op\u00e9rationalit\u00e9, reportant sur d&rsquo;autres la faute de l&rsquo;\u00e9chec.<\/p>\n<p>Le niveau tertiaire est celui de la ma\u00eetrise du Sens des situations. Il s&rsquo;agit de discerner le Sens du bien commun des communaut\u00e9s concern\u00e9es par la ma\u00eetrise de leurs enjeux, leur socio-performance. Le risque c&rsquo;est la limite d&rsquo;une socio-performance, la gestion des risques le d\u00e9veloppement d&rsquo;une socio-performance ou sa restauration. La ma\u00eetrise des risques comme l&rsquo;\u00e9valuation des risques est l&rsquo;affaire des communaut\u00e9s concern\u00e9es et aussi des ensembles communautaires complexes le cas \u00e9ch\u00e9ant. Les m\u00e9thodes de socio-performance viennent pour poser et traiter ces probl\u00e8mes en int\u00e9grant les niveaux pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p>On en arrive donc \u00e0 une transdisciplinarit\u00e9 dans la ma\u00eetrise des risques. La sp\u00e9cialisation \u00e0 outrance conduit \u00e0 perdre l&rsquo;unit\u00e9 et l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes, des situations et donc la ma\u00eetrise des risques. Il y a deux sources d&rsquo;unit\u00e9 qui sont d&rsquo;ailleurs corr\u00e9l\u00e9es. L&rsquo;unit\u00e9 de situation int\u00e9grant une complexit\u00e9 qui doit beaucoup aux ph\u00e9nom\u00e8nes humains et l&rsquo;unit\u00e9 de traitement qui repose sur l&rsquo;unit\u00e9 du sujet responsable, la communaut\u00e9 et ceux qui en assument la poursuite du bien commun. C&rsquo;est en cons\u00e9quence l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;action et sa coh\u00e9rence qui en d\u00e9coule, sa valeur pour la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Ainsi la ma\u00eetrise des risques ne peut se couper des r\u00e9alit\u00e9s communautaires pour trouver sa coh\u00e9rence mais aussi de la mutation du monde actuel qui fait des communaut\u00e9s d&rsquo;enjeu et de d\u00e9velopement le principe structurant des affaires humaines mais aussi des probl\u00e9matiques \u00e9pist\u00e9mologiques \u00e9mergentes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La question des risques est de plus en plus \u00e9largie \u00e0 l&rsquo;ensemble des risques encourus par une population, territoire, entreprise avec une pr\u00e9occupation de ma\u00eetrise ou de gestion globale. C&rsquo;est le m\u00e9rite de la syt\u00e9mique et singuli\u00e8rement de la cyndinique d&rsquo;avoir \u00e9clair\u00e9 cette situation et sa complexit\u00e9. C&rsquo;en est aussi la limite notamment op\u00e9rationnelle. Un certain niveau de complexit\u00e9 syst\u00e9mique n&rsquo;est pas ma\u00eetrisable par des syst\u00e8mes mais par les communaut\u00e9s concern\u00e9es. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;intervient la socio-performance pour en construire les conditions et les r\u00e9alisations<\/p>\n","protected":false},"author":682,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[603,70],"tags":[124,86,95,125],"class_list":["post-1041","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-e37-prevention-des-risques","category-f617-prevention-des-risques","tag-axiologie","tag-consensus","tag-sens","tag-transdisciplinarite"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1041","targetHints":{"allow":["GET","POST","PUT","PATCH"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/users\/682"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1041"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1041\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3025,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1041\/revisions\/3025"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1041"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1041"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1041"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}