{"id":821,"date":"2004-08-10T16:55:00","date_gmt":"2004-08-10T16:55:00","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/2004\/08\/10\/structures-et-gouvernement-des-entreprises-humaines-2\/"},"modified":"2021-02-24T11:43:44","modified_gmt":"2021-02-24T10:43:44","slug":"structures-et-gouvernement-des-entreprises-humaines-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/2004\/08\/10\/structures-et-gouvernement-des-entreprises-humaines-2\/","title":{"rendered":"Structures et gouvernement des entreprises humaines 2"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Diriger c&rsquo;est donner le Sens et c&rsquo;est aussi gouverner l&rsquo;entreprise. Rien de cela n&rsquo;est autre qu&rsquo;une question de ma\u00eetrise, autant que possible, de la situation humaine, complexe, aux prise avec toutes ses composantes internes et externes. La structure de direction doit \u00e9pouser la structure de l&rsquo;entreprise de fa\u00e7on concourante.<\/p>\n<p><b>II -STRUCTURES ET FONCTIONS DE DIRECTION<\/b><\/p>\n<p>Toute conception de l&rsquo;entreprise ne vaut que si elle est r\u00e9alisable et ma\u00eetrisable. Chacune r\u00e9clame une science et un art de gouverner sp\u00e9cifique. Malgr\u00e9 tout, les entreprises humaines existent depuis longtemps et nous n&rsquo;aurons rien \u00e0 inventer radicalement.<\/p>\n<p>Cependant, ce que nous allons examiner pourra para\u00eetre peu ordinaire surtout \u00e0 cause de la pr\u00e9gnance de mod\u00e8les archa\u00efques, classiques ou modernistes, dont les fausses \u00e9vidences s&rsquo;imposent famili\u00e8rement \u00e0 nous. C&rsquo;est en interrogeant le fond de son exp\u00e9rience personnelle ou en red\u00e9couvrant des principes quelque peu occult\u00e9s qu&rsquo;il sera possible ais\u00e9ment au lecteur de d\u00e9couvrir de nouvelles cl\u00e9s de l&rsquo;art de diriger<\/p>\n<p>Pour cela, n\u00e9anmoins, il faudra consentir \u00e0 quelques r\u00e9visions importantes, particuli\u00e8rement de notions \u00e0 la mode dont celles d&rsquo;\u00e9conomie, de gestion, de management qui dominent \u00e0 une \u00e9poque ou le \u00ab\u00a0domaine\u00a0\u00bb de l&rsquo;entreprise semble avoir eu la primeur sur toutes les autres dimensions pendant des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Gouverner l&rsquo;entreprise c&rsquo;est ma\u00eetriser son existence et donc son d\u00e9veloppement. Il s&rsquo;agit d&rsquo;en ma\u00eetriser \u00e0 la fois les parties et le tout et, singuli\u00e8rement, chaque dimension et chaque plan de son coh\u00e9renciel, sa structure dynamique.<\/p>\n<p>Le gouvernement de l&rsquo;entreprise se diversifie en gouvernement g\u00e9n\u00e9ral et gouvernements particuliers, chacun \u00e9tant analysable selon les diff\u00e9rentes composantes du coh\u00e9renciel, composantes qui vont nous permettre de diff\u00e9rencier des r\u00f4les selon la nature de leur ma\u00eetrise sp\u00e9cifique. Diriger, g\u00e9rer, conduire les r\u00e9alisations, animer, coordonner, communiquer n&rsquo;ont pas la m\u00eame consistance mais concourent ensemble au gouvernement.<\/p>\n<p>Entrons plus \u00e0 fond, au niveau du principe, dans la consistance du gouvernement de l&rsquo;entreprise. On pourrait avoir tendance \u00e0 penser que dans l&rsquo;entreprise, il y a les activit\u00e9s courantes et il y a les activit\u00e9s de gouvernement. Nombre d&rsquo;exemples historiques et contemporains nous entra\u00eenent \u00e0 ce sch\u00e9ma avec d&rsquo;un cot\u00e9 les dirigeants et de l&rsquo;autre les dirig\u00e9s.<\/p>\n<p>Or, si l&rsquo;on songe \u00e0 celui qui ma\u00eetrise son travail, qui ma\u00eetrise son art, y-a-t-il un temps o\u00f9 il agit et un temps o\u00f9 il ma\u00eetrise ? Non, la ma\u00eetrise est l&rsquo;exercice m\u00eame de l&rsquo;art, elle est le travail lui-m\u00eame. Il en va de m\u00eame pour l&rsquo;entreprise, il n&rsquo;y a pas lieu de diff\u00e9rencier son gouvernement de son activit\u00e9. La ma\u00eetrise de l&rsquo;entreprise est la r\u00e9alisation ma\u00eetris\u00e9e de celle-ci. Toute activit\u00e9 de l&rsquo;entreprise est une contribution \u00e0 sa r\u00e9alisation et donc \u00e0 son gouvernement. Ainsi se confirme que tous gouvernent dans l&rsquo;entreprise. Cependant certains auront une responsabilit\u00e9 de gouvernant plus g\u00e9n\u00e9rale que d&rsquo;autres et chacun aura un type de responsabilit\u00e9 diff\u00e9renci\u00e9 dans sa contribution au gouvernement de l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>Que tous gouvernent, n&rsquo;implique donc absolument pas que tous se r\u00e9unissent pour d\u00e9cider de tout, au contraire chacun tient une responsabilit\u00e9 singuli\u00e8re, compl\u00e9mentaire des autres et, comme toute autorit\u00e9, devra assumer la responsabilit\u00e9 personnelle de ses d\u00e9cisions et de ses actions. Certains auront \u00e0 le faire de fa\u00e7on plus \u00e9minente au niveau du gouvernement g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;entreprise selon le niveau de leur capacit\u00e9 personnelle et leur degr\u00e9 d&rsquo;\u00e9volution et de ma\u00eetrise.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-749\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/2021\/02\/png_SGESCH10.png?resize=475%2C461\" alt=\"SGESCH10.png\" width=\"475\" height=\"461\" align=\"center\" \/><\/p>\n<p>TROIS DIMENSIONS INSTITUTIVES<\/p>\n<p><b>La dimension politique.<\/b><br \/>\nLa direction g\u00e9n\u00e9rale est l&rsquo;acte de signifier la vocation de l&rsquo;entreprise et la direction qu&rsquo;elle doit prendre, en toutes circonstances, c&rsquo;est-\u00e0-dire sa politique. En fait, c&rsquo;est le sens invisible, transcendant qui est \u00e0 signifier :<\/p>\n<p>A l&rsquo;adresse de tous. En toutes occasions. Dans tous les termes appropri\u00e9s.<\/p>\n<p>Ce r\u00f4le vise \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un pont entre le sens invisible et ses traductions visibles, accessibles \u00e0 tous, compr\u00e9hensibles. Diriger c&rsquo;est donner le Sens en le rendant visible. C&rsquo;est bien ce qu&rsquo;il y a lieu de faire pour tenir et conserver l&rsquo;unit\u00e9 de direction traduisant le sens de l&rsquo;engagement initial. Pour signifier et montrer la direction de l&rsquo;entreprise \u00e0 partir de son sens, cela implique que quelqu&rsquo;un le r\u00e9alise personnellement, en sa personne m\u00eame.<\/p>\n<p>Il a, d&rsquo;une part, \u00e0 discerner en lui-m\u00eame le sens de l&rsquo;engagement de l&rsquo;entreprise et, d&rsquo;autre part \u00e0 le signifier dans des actes et paroles symboliques, charg\u00e9s de sens. L&rsquo;homme de direction g\u00e9n\u00e9rale a donc sans cesse \u00e0 ajuster et \u00e0 manifester une prise de position responsable, c&rsquo;est-\u00e0-dire le Sens de l&rsquo;entreprise qu&rsquo;il assume authentiquement.<\/p>\n<p>Son travail est un travail int\u00e9rieur de discernement et d&rsquo;affermissement ainsi qu&rsquo;un travail ext\u00e9rieur de pr\u00e9sence, marqu\u00e9e d&rsquo;actes fortement significatifs. C&rsquo;est alors que ses interventions auront valeur de rep\u00e8res d&rsquo;orientation parce parlant directement du sens profond autour duquel se noue le consensus. Se posant comme auteur de ses actes et de sa position, c&rsquo;est comme cela aussi qu&rsquo;il fait autorit\u00e9 aupr\u00e8s des autres. C&rsquo;est l&rsquo;auteur le plus engag\u00e9 dans sa personne qui est l&rsquo;autorit\u00e9 principale, celle qui donne les principes directeurs.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme d&rsquo;autorit\u00e9 de direction g\u00e9n\u00e9rale n&rsquo;a rien \u00e0 faire, \u00e0 imposer, \u00e0 d\u00e9cider que pour signifier et encore signifier cette direction. Rappelons que celle-ci traduit le sens de fa\u00e7on homologue avec la vocation, l&rsquo;intention, l&rsquo;\u00e9chelle de valeur humaine, la motivation profonde, les principes fondamentaux, la finalit\u00e9 et l&rsquo;origine de l&rsquo;entreprise qui sont exprim\u00e9s par sa politique.<br \/>\nLe travail de direction g\u00e9n\u00e9rale est d&rsquo;abord, on l&rsquo;a vu, destin\u00e9 \u00e0 tous. En effet, signifier sans cesse le sens de l&rsquo;entreprise est ce qui permet de marquer le consensus, et d&rsquo;en tenir le sens sinon de le r\u00e9ajuster. La pr\u00e9sence et les actes rappellent symboliquement ce consensus et le densifient.<\/p>\n<p>En outre , la manifestation de la vocation de l&rsquo;entreprise et de ses traductions homologues constituent aussi une provocation, c&rsquo;est-\u00e0-dire une sorte d&rsquo;appel suscitant des vocations, une interpellation qui permet \u00e0 de nouveaux partenaires de trouver leur autorit\u00e9 propre en convergence avec l&rsquo;entreprise et d&rsquo;y prendre une responsabilit\u00e9 de co-entrepreneur. C&rsquo;est une fonction d&rsquo;\u00e9veil et d&rsquo;initiation. Cette interpellation am\u00e8ne \u00e0 rejoindre l&rsquo;entreprise et ceux qui s&rsquo;y retrouvent pour \u00e9tablir une relation de coop\u00e9ration, commerciale ou autre, en tout cas de concourance.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, le directeur g\u00e9n\u00e9ral (quelque soit son titre d&rsquo;ailleurs) a en pr\u00e9occupation non seulement les membres d\u00e9j\u00e0 associ\u00e9s \u00e0 l&rsquo;entreprise mais aussi tous ceux qui pourrait l&rsquo;\u00eatre ainsi que tous ceux qui peuvent y concourir le moment venu.<\/p>\n<p>Ce r\u00f4le politique de direction g\u00e9n\u00e9rale, ou de pr\u00e9sidence si l&rsquo;on veut, doit s&rsquo;exercer en toutes occasions. L&rsquo;homme qui l&rsquo;assume doit \u00eatre sensible \u00e0 l&rsquo;ambiance et aux situations. Il peut pour cela \u00eatre aid\u00e9 par les responsables tenant d&rsquo;autres r\u00f4les mais, s&rsquo;il ne vit pas lui-m\u00eame l&rsquo;entreprise, il ne saura appr\u00e9cier o\u00f9 en est le consensus et dans quelles circonstances il y a lieu de le r\u00e9ajuster ou d&rsquo;en confirmer le sens et la d\u00e9termination.<\/p>\n<p>R\u00e9guli\u00e8rement et chaque fois que se joue quelque chose d&rsquo;important pour l&rsquo;entreprise, le responsable de la direction g\u00e9n\u00e9rale doit marquer de sa pr\u00e9sence et de son t\u00e9moignage le sens de sa vocation. Ce peut \u00eatre \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un bilan d&rsquo;activit\u00e9, du lancement d&rsquo;un projet, d&rsquo;un changement, d&rsquo;un recrutement important ou alors d&rsquo;un passage difficile, d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement majeur, etc&#8230; Faisant cela, il permet opportun\u00e9ment \u00e0 tous de donner un sens, \u00e0 chaque moment ou situation particuli\u00e8re. Il travaille donc ainsi \u00e0 lier dans un m\u00eame sens partenaires et circonstances multiples.<\/p>\n<p>Il doit alors trouver les termes appropri\u00e9s \u00e0 chaque circonstance, \u00e0 chaque interlocuteur.<br \/>\nDans les grandes occasions, il rappellera les donn\u00e9es significatives pour l&rsquo;entreprise rapport\u00e9es \u00e0 sa vocation, \u00e0 son origine et sa finalit\u00e9. D&rsquo;autres fois, il sera question de valeurs propres, ou d&rsquo;esprit commun. Chaque fois que des choix pour l&rsquo;avenir seront \u00e0 faire, il s&rsquo;exprimera en termes de politique g\u00e9n\u00e9rale qu&rsquo;il aura \u00e0 formuler. Chacun selon sa personnalit\u00e9 trouvera les signes, les symboles, le langage appropri\u00e9 \u00e0 son entreprise.<\/p>\n<p>C&rsquo;est comme cela que depuis toujours ont \u00e9t\u00e9 retenues des paroles et des actes fortement symboliques de personnages ayant assum\u00e9 ce type de r\u00f4le, y compris dans de modestes entreprises. On l&rsquo;a vu, les diff\u00e9rents successeurs \u00e9ventuels rappelleront aussi le souvenir des pr\u00e9d\u00e9cesseurs et principalement du fondateur, initiateur du consensus de l&rsquo;entreprise. Tout ajustement de sens et toutes nouvelles conditions r\u00e9clameront une nouvelle expression.<br \/>\nIl ne s&rsquo;agit donc pas de r\u00e9p\u00e9ter des formules toutes faites, mais d&rsquo;exprimer une parole juste, de poser un acte significatif.<\/p>\n<p>Enfin, il faut souligner que ce r\u00f4le essentiel, s&rsquo;il s&rsquo;exerce dans une pr\u00e9sence sans rel\u00e2che, doit se caract\u00e9riser par une \u00e9conomie de moyens. Le directeur g\u00e9n\u00e9ral ne se m\u00eale pas de tout mais, pour tout, sa pr\u00e9sence sert de rep\u00e8re.<\/p>\n<p>Ce sont donc des moments privil\u00e9gi\u00e9s que ceux o\u00f9 elle se manifeste avec une certaine solennit\u00e9. Les circonstances participent au caract\u00e8re fortement significatif des interventions de direction g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>Pour terminer avec ce tableau, il faut souligner que chacun, dans son domaine propre, en tant que responsable, assume en partie ce r\u00f4le en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la direction g\u00e9n\u00e9rale dont il est ainsi un relais. C&rsquo;est particuli\u00e8rement important lorsque les populations concern\u00e9es sont nombreuses.<br \/>\nNous inviterons le lecteur \u00e0 reconna\u00eetre dans son exp\u00e9rience tout ce qu&rsquo;il a pu rencontrer de semblable dans les entreprises petites ou grandes, familiales ou nationales m\u00eames. Il pourra aussi remarquer en n\u00e9gatif les cons\u00e9quences d&rsquo;une absence \u00e0 ce niveau.<\/p>\n<p>La difficult\u00e9 de ce r\u00f4le vient notamment de l&rsquo;implication profonde de la personne, autorit\u00e9 rep\u00e8re pour les autres. Elle r\u00e9clame un travail de discernement incessant et une d\u00e9termination en toutes circonstances qui exige une grande maturit\u00e9, une grande responsabilit\u00e9 et qui ne va pas sans la capacit\u00e9 d&rsquo;assumer une grande solitude. Le recueillement et la pr\u00e9sence ne se satisfont pas de demie-mesures pour \u00eatre garants de la vocation permanente de l&rsquo;entreprise. Ce r\u00f4le politique, \u00e9minemment symbolique, ne se d\u00e9termine pas par une technicit\u00e9, ni par des mod\u00e8les artificiels, mais par la volont\u00e9 d&rsquo;une personne. Cette volont\u00e9 cependant est acte d&rsquo;autorit\u00e9 et de responsabilit\u00e9 et non pas expression d&rsquo;un arbitraire, d&rsquo;un \u00ab\u00a0fait du prince\u00a0\u00bb qui recherche \u00e0 satisfaire tous ses d\u00e9sirs. Elle est la cons\u00e9quence d&rsquo;une certaine ma\u00eetrise de soi qui implique humilit\u00e9 et dignit\u00e9.<\/p>\n<p><b>La dimension \u00e9conomique<\/b>.<br \/>\nIl s&rsquo;agit de celle qui est souvent interpr\u00e9t\u00e9e comme activit\u00e9 de gestion ou de management.<br \/>\nRappelons que le terme anglo-saxon management a pour origine le fran\u00e7ais m\u00e9nage. Le management, c&rsquo;est en quelque sorte tenir le m\u00e9nage ou g\u00e9rer les affaires de la maison. Nous voil\u00e0 bien dans cette dimension du gouvernement de l&rsquo;entreprise qui consiste \u00e0 g\u00e9rer son domaine, c&rsquo;est-\u00e0-dire encore son \u00e9conomie, l&rsquo;\u00e9tat des lieux et du patrimoine disponible pour l&rsquo;existence de l&rsquo;entreprise. G\u00e9rer cette \u00e9conomie, consiste \u00e0 rendre compte \u00e0 tout moment de ce patrimoine et le rendre disponible \u00e0 tous ceux qui ont \u00e0 en tenir compte. La gestion ne consiste donc pas \u00e0 fabriquer quoi ce soit mais \u00e0 rendre compte. Diff\u00e9rentes comptabilit\u00e9s y pourvoiront.<\/p>\n<p>Pour comprendre plus avant cette dimension \u00e9conomique du gouvernement de l&rsquo;entreprise humaine, il faut nous appesantir sur quelques notions majeures, sources de confusion : celles de propri\u00e9t\u00e9, de patrimoine et d&rsquo;\u00e9conomie. C&rsquo;est en effet la condition pour que l&rsquo;on comprenne en quoi consiste le domaine de l&rsquo;entreprise et la mise \u00e0 disposition par le travail de gestion.<br \/>\nPropri\u00e9t\u00e9 et patrimoine.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une notion commune, souvent associ\u00e9e \u00e0 la possession des choses ou des gens; mais examinons la de plus pr\u00e8s. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;avoir la propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;un bien par exemple d&rsquo;une terre ? Habituellement la propri\u00e9t\u00e9 ne pr\u00e9suppose aucun usage particulier. Le propri\u00e9taire d&rsquo;une terre est sens\u00e9 pouvoir en faire ce qu&rsquo;il veut. En fait, la propri\u00e9t\u00e9 de cette terre n&rsquo;est que le signe de sa disponibilit\u00e9. La logique de la possession va elle plus loin puisque l&rsquo;avoir se confond alors avec l&rsquo;\u00eatre comme preuve de puissance r\u00e9sultant d&rsquo;une disponibilit\u00e9 inconditionnelle \u00e0 son arbitraire. Ainsi l&rsquo;avare ne fait rien de son tr\u00e9sor mais jouit de le poss\u00e9der, c&rsquo;est-\u00e0-dire de son pouvoir de possession. Celui-ci, d&rsquo;ailleurs, s&rsquo;exerce par la preuve d&rsquo;une exclusion de la jouissance d&rsquo;autrui (propri\u00e9t\u00e9 privative). Cela suppose la pr\u00e9sence permanente d&rsquo;une menace de d\u00e9possession, risque de mise en cause du signe de puissance. La chose poss\u00e9d\u00e9e, dans ce cas l\u00e0 ne vaut pas pour elle-m\u00eame dans la mesure o\u00f9 elle est convertible en n&rsquo;importe quel autre signe de disposition \u00e9quivalent.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de personnes matures ce n&rsquo;est pas la confusion pouvoir-puissance-propri\u00e9t\u00e9 qui pr\u00e9vaut mais la disposition effective en vue d&rsquo;un usage ou d&rsquo;une finalit\u00e9. Ainsi pour, l&rsquo;entreprise humaine, la propri\u00e9t\u00e9 de son domaine est essentiellement le signe reconnu de sa disposition et d&rsquo;une disposition \u00e0 l&rsquo;existence et au d\u00e9veloppement de l&rsquo;entreprise. C&rsquo;est donc un signe de valeur dont l&rsquo;\u00e9valuation ne peut se faire que selon l&rsquo;\u00e9chelle de valeur qui d\u00e9coule de la vocation propre de l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>Son patrimoine est constitu\u00e9 d&rsquo;objets, de valeur reconnue par ceux qui en partagent le sens, le consensus : les partenaires de l&rsquo;entreprise et tous ceux avec lesquels ces valeurs sont partageables (\u00e9changeables dans les relations commerciales, par exemple). Elle le sont en tant qu&rsquo;elles sont reconnues comme telles et donc par des signes de valeurs significatifs.<\/p>\n<p>Le patrimoine de l&rsquo;entreprise est l&rsquo;ensemble des propri\u00e9t\u00e9s appropri\u00e9es de son domaine, c&rsquo;est-\u00e0-dire les propri\u00e9t\u00e9s des acteurs et facteurs de ce domaine, caract\u00e9ris\u00e9es par leur valeur significatives pour l&rsquo;entreprise et tous ses partenaires. La gestion du patrimoine consiste donc \u00e0 permettre la connaissance de ces valeurs, c&rsquo;est-\u00e0-dire des caract\u00e8res significatifs pour l&rsquo;entreprise constituant son domaine.<\/p>\n<p>Celui-ci est ainsi un patrimoine de valeurs disponibles reconnues comme signes de disposition \u00e0 valoir dans l&rsquo;exercice de la vocation de l&rsquo;entreprise. Notons par exemple que l&rsquo;\u00e9conomie mon\u00e9taire est bel et bien de plus en plus un jeu de signes d&rsquo;\u00e9quivalences et non pas une possession mat\u00e9rielle d&rsquo;or ou de quelqu&rsquo;autre m\u00e9tal ou mati\u00e8re.<\/p>\n<p>L&rsquo;argent ne vaut que comme signe de disposition, c&rsquo;est-\u00e0-dire par le \u00ab\u00a0cr\u00e9dit\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire la cr\u00e9dibilit\u00e9 qu&rsquo;il permet. L&rsquo;argent est un signe qui fait foi d&rsquo;une disposition significative selon l&rsquo;usage qui en est fait. Il en est de m\u00eame pour les valeurs personnelles des acteurs, valeurs de comp\u00e9tences, de disponibilit\u00e9.<\/p>\n<p>Par ailleurs, les moyens de l&rsquo;entreprise ne valent pour elle que par la disposition sp\u00e9cifique que l&rsquo;entreprise peut en avoir. Ainsi il ne lui est pas n\u00e9cessaire de poss\u00e9der quelques valeurs que ce soit pour s&rsquo;y confondre mais d&rsquo;en avoir la disposition. C&rsquo;est ce qui en fait express\u00e9ment la valeur.<br \/>\nNous diff\u00e9rencierons la \u00ab\u00a0propri\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb comme possession des choses qui ne peut \u00eatre que celle de quelqu&rsquo;un et la \u00ab\u00a0propri\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb comme valeur significative, signe de disposition \u00e0 l&rsquo;usage de l&rsquo;entreprise, la seule qui contribue vraiment \u00e0 son existence.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;entreprise<br \/>\nIl ne s&rsquo;agit que de l&rsquo;\u00e9tat des valeurs disponibles du domaine de l&rsquo;entreprise et des modifications de cet \u00ab\u00a0\u00e9tat\u00a0\u00bb par le d\u00e9veloppement de celle-ci et l&rsquo;\u00e9volution significative de son environnement.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;entreprise est donc li\u00e9e \u00e0 la connaissance de son domaine. Elle rend compte (comptabilise) des signes de valeurs appropri\u00e9s de ce domaine. C&rsquo;est l&rsquo;enjeu m\u00eame de la gestion ou de l&rsquo;administration.<\/p>\n<p>La gestion de l&rsquo;entreprise est la dimension \u00e9conomique de son gouvernement. Elle est un service (minist\u00e8re &#8211; qui fait partie de la racine du terme \u00ab\u00a0administration\u00a0\u00bb) et son r\u00f4le consiste \u00e0 :<\/p>\n<p>Prendre connaissance des signes de valeur de son domaine, actuel et prospectif.<\/p>\n<p>Les enregistrer ou prendre en compte (comptabiliser).<\/p>\n<p>En rendre compte, c&rsquo;est-\u00e0-dire en rendre la connaissance disponible \u00e0 tous ceux qui ont \u00e0 en disposer dans l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>Des syst\u00e8mes de gestion aident \u00e0 la ma\u00eetrise de la dimension \u00e9conomique. Ce sont des moyens qui contribuent aux diff\u00e9rentes t\u00e2ches d&rsquo;administration qui ressortissent des activit\u00e9s ci-dessus.<br \/>\nIl s&rsquo;agit en d\u00e9finitive pour la gestion :<\/p>\n<p>D&rsquo;\u00e9laborer les informations significatives qui correspondent \u00e0 la vocation de l&rsquo;entreprise et qui caract\u00e9risent, significativement pour elle, les demandes des diff\u00e9rents acteurs, collaborateurs, clients, administrations, etc&#8230;<\/p>\n<p>De collecter ces informations pour les prendre en compte et les stocker.<\/p>\n<p>De les traiter et mettre \u00e0 disposition des int\u00e9ress\u00e9s en fonction de leurs demandes.<\/p>\n<p>La gestion consistera ainsi d&rsquo;abord \u00e0 effectuer les analyses, \u00e9valuations et mesures qui permettent \u00e0 l&rsquo;entreprise de conna\u00eetre son domaine.<br \/>\nIl s&rsquo;agira :<\/p>\n<p>D&rsquo;analyses de march\u00e9 (clients, fournisseurs). D&rsquo;analyses conjoncturelles. D&rsquo;\u00e9valuations du personnel. D&rsquo;analyses financi\u00e8res. D&rsquo;\u00e9valuations \u00e9conomiques de projets. D&rsquo;\u00e9tudes des moyens, D&rsquo;\u00e9valuation des ressources, etc.<\/p>\n<p>Dans tous les cas, il s&rsquo;agira de distinguer les \u00e9l\u00e9ments significatifs et de les \u00e9valuer qualitativement pour estimer leur valeur sp\u00e9cifique, eu \u00e9gard \u00e0 la vocation de l&rsquo;entreprise, puis de les mesurer quantitativement pour conna\u00eetre l&rsquo;importance de telle ou telle valeur qualitative disponible. Il faut insister ici sur le fait qu&rsquo;une mesure quantitative ne peut venir que si on a \u00e9valu\u00e9 qualitativement ce que l&rsquo;on mesure. L&rsquo;\u00e9valuer qualitativement, c&rsquo;est en caract\u00e9riser la valeur sp\u00e9cifique commune, contribution \u00e0 l&rsquo;exercice de sa vocation en vue du d\u00e9veloppement de l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>C&rsquo;est donc le caract\u00e8re significatif, selon le sens de l&rsquo;entreprise qui qualifie l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment de valeur en question. Ce qui vaut par ailleurs mais n&rsquo;a pas de sens pour l&rsquo;entreprise ne vaut rien pour elle, ses qualit\u00e9s sont ici nulles et la quantit\u00e9 ne signifie rien.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 on fera la diff\u00e9rence entre des ressources financi\u00e8res imm\u00e9diatement disponibles et celles dont le degr\u00e9 de liquidit\u00e9 est plus faible. Ce sont des diff\u00e9rences qualitatives importantes comme celles qui par exemple font d\u00e9compter s\u00e9par\u00e9ment les diff\u00e9rents postes d&rsquo;une comptabilit\u00e9 classique. A ce sujet, on remarquera que si des normes comptables sont plus ou moins respect\u00e9es, chaque entreprise donne un sens particulier \u00e0 chaque compte pour r\u00e9tablir autant que possible la significativit\u00e9 de la comptabilit\u00e9. C&rsquo;est malheureusement fort empirique et pourrait grandement \u00eatre am\u00e9lior\u00e9. La difficult\u00e9 des analyses qualitatives, c&rsquo;est qu&rsquo;elles ne peuvent pas se faire dans l&rsquo;absolu pour l&rsquo;entreprise mais relativement \u00e0 son sens qui fonde son \u00e9chelle de valeur et de qualification propre. C&rsquo;est vrai pour la demande du march\u00e9, c&rsquo;est vrai pour les ressources financi\u00e8res, la tr\u00e9sorerie, c&rsquo;est vrai aussi pour la qualification des hommes.<\/p>\n<p>La recherche et la prise en compte des valeurs significatives ne peut se faire qu&rsquo;\u00e0 partir des demandes particuli\u00e8res de ceux qui en ont l&rsquo;usage. C&rsquo;est la condition pour que cela ait un sens pour eux et c&rsquo;est par l&rsquo;\u00e9coute de ces demandes, \u00e9ventuellement leur analyse, que pourront se d\u00e9terminer \u00e0 la fois les outils de gestion et les voies de leur \u00e9valuation.<\/p>\n<p>La comptabilisation aura \u00e0 enregistrer les valeurs qualitatives et quantitatives de fa\u00e7on \u00e0 les rendre disponibles et significatives. On peut, \u00e0 ce propos, parler de banque d&rsquo;informations o\u00f9 celles-ci ne sont pas des donn\u00e9es absolues mais des \u00e9l\u00e9ments significatifs. Des traitements appropri\u00e9s pourront aider \u00e0 les pr\u00e9senter sous forme d&rsquo;\u00e9tats, de tableaux, qui les rendent compr\u00e9hensibles, c&rsquo;est-\u00e0-dire sens\u00e9 pour les usagers.<\/p>\n<p>Le service de la gestion aura en outre \u00e0 aider chaque secteur de l&rsquo;entreprise \u00e0 prendre connaissance des informations de son domaine propre, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 faciliter sa compr\u00e9hension.<br \/>\nLa dimension \u00e9conomique du gouvernement de l&rsquo;entreprise s&rsquo;exerce par le service de gestion et d&rsquo;administration qui est, au fond, un service d&rsquo;information et de connaissance de la r\u00e9alit\u00e9 du domaine de l&rsquo;entreprise et de son historique.<\/p>\n<p>Elle porte \u00e0 la fois sur le domaine global de l&rsquo;entreprise, l&rsquo;ensemble de son univers, amis aussi sur chaque domaine particulier des unit\u00e9s concourantes, centr\u00e9es sur leur m\u00e9tier sp\u00e9cifique pour composer le m\u00e9tier g\u00e9n\u00e9ral. C&rsquo;est \u00e0 la charge de chaque micro-entreprise d&rsquo;assurer cette dimension \u00e9conomique de son propre gouvernement, aid\u00e9e en cela par le service de gestion g\u00e9n\u00e9ral, garant de la significativit\u00e9 des informations pour l&rsquo;entreprise commune.<\/p>\n<p>Cette analyse de la dimension \u00e9conomique de l&rsquo;entreprise montre comment sont abusives les conceptions de la gestion s&rsquo;assortissant de pouvoirs de contraintes. Les gestionnaire doivent \u00eatre plus des \u00ab\u00a0journalistes\u00a0\u00bb de l&rsquo;information au quotidien que des policiers des renseignements g\u00e9n\u00e9raux ou de la d\u00e9fense du territoire. Il ne sont pas responsables de la constitution du domaine de l&rsquo;entreprise mais de sa connaissance.<\/p>\n<p><b>La dimension strat\u00e9gique.<\/b><br \/>\nIl s&rsquo;agit l\u00e0 de la conduite du d\u00e9veloppement de l&rsquo;entreprise. Cette conduite s&rsquo;effectue en encadrant le d\u00e9roulement des r\u00e9alisations par des jalons, des indicateurs, des buts qui en canalisent le cheminement. L&rsquo;ensemble logique du parcours \u00e0 suivre dont la traduction op\u00e9rationnelle se fera par le plan de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Le plan de d\u00e9veloppement est le trac\u00e9 de la route \u00e0 suivre, anticipant sur les p\u00e9rip\u00e9ties du voyage; la strat\u00e9gie est l&rsquo;ensemble des principes logiques qui conduisent au choix de cette route et \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;en suivre le parcours.<\/p>\n<p>La conduite strat\u00e9gique du d\u00e9veloppement de l&rsquo;entreprise doit tout d&rsquo;abord prendre en compte qu&rsquo;elle ne consiste pas \u00e0 programmer le d\u00e9veloppement mais \u00e0 le canaliser, \u00e0 le conduire. Celui qui conduit une automobile n&rsquo;en est pas le moteur, il intervient pour d\u00e9terminer la route et agir simplement aux carrefours, aux moments significatifs, pour influencer vitesse et trajectoire.<br \/>\nLe d\u00e9veloppement de l&rsquo;entreprise n&rsquo;est pas produit par la strat\u00e9gie, ses plans ou sa conduite. Il est la r\u00e9sultante de la conjonction des dimensions politiques et \u00e9conomiques qui potentialise et mobilise le dynamisme moteur qui se traduira ensuite en d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Ainsi la ma\u00eetrise strat\u00e9gique du d\u00e9veloppement de l&rsquo;entreprise va consister \u00e0 d\u00e9finir et piloter les projets de d\u00e9veloppement particuliers en les int\u00e9grant de fa\u00e7on \u00e0 ce qu&rsquo;ils concourent \u00e0 la poursuite d&rsquo;un d\u00e9veloppement g\u00e9n\u00e9ral continu, selon sa vocation propre et en fonction des diverses conditions qui sont les siennes.<\/p>\n<p>La conduite strat\u00e9gique de l&rsquo;entreprise doit donc s&rsquo;appuyer et se r\u00e9f\u00e9rer aux dimensions politiques et \u00e9conomiques de son gouvernement. Celui qui assume ce r\u00f4le de conduite strat\u00e9gique, canalise l&rsquo;actualisation d&rsquo;un d\u00e9veloppement endog\u00e8ne qui ne peut \u00eatre que celui, en propre de l&rsquo;entreprise. Il ne peut pas, en effet, \u00eatre fabriqu\u00e9 de l&rsquo;ext\u00e9rieur, en plaquant de fa\u00e7on artificielle des mod\u00e8les de d\u00e9veloppement tous faits ou ceux d&rsquo;autres entreprises.<\/p>\n<p>C&rsquo;est particuli\u00e8rement vrai pour les entreprises de d\u00e9veloppement r\u00e9gional ou national o\u00f9, malheureusement, c&rsquo;est souvent l&rsquo;inverse qui est tent\u00e9 malgr\u00e9 la multitude des \u00e9checs enregistr\u00e9s et les ali\u00e9nations r\u00e9sultantes.<\/p>\n<p>La conduite de l&rsquo;entreprise ne peut qu&rsquo;aller avec l&rsquo;acceptation du d\u00e9veloppement dont les racines d\u00e9pendent d&rsquo;autres dimensions de gouvernement. Par contre, elle a la charge de concevoir ses propres strat\u00e9gies. Une strat\u00e9gie est toujours originale et ce, doublement, d&rsquo;une part \u00e0 partir de la vocation singuli\u00e8re de l&rsquo;entreprise et ensuite des conditions sp\u00e9cifiques du domaine qui lui est propre. Cependant, pour des projets similaires et si les conditions sont \u00e9quivalentes, la strat\u00e9gie deviendra m\u00e9thodologie.<\/p>\n<p>La conduite strat\u00e9gique de l&rsquo;entreprise est aussi une des dimensions de son gouvernement et celui de chaque projet. La conduite de projet est donc assimilable \u00e0 cette dimension l\u00e0.<br \/>\nExaminons maintenant de fa\u00e7on plus approfondie le r\u00f4le et l&rsquo;activit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 la ma\u00eetrise du d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord elle r\u00e9clame une \u00ab\u00a0vision\u00a0\u00bb, historique et prospective, de la situation actuelle, du d\u00e9veloppement en cours. Il faudra pour cela \u00e9tablir des diagnostics, caract\u00e9ris\u00e9s par la mise en perspective des choses, c&rsquo;est-\u00e0-dire leur contribution au d\u00e9veloppement et \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;entreprise. Ce diagnostic vaut pour pr\u00e9parer de nouveaux projets mais aussi pour les projets en cours de r\u00e9alisation. C&rsquo;est un contr\u00f4le explicatif de la marche de l&rsquo;entreprise. Il peut faire appel \u00e0 la gestion \u00e9conomique mais son mode d&rsquo;analyse est sp\u00e9cifique. Il est li\u00e9 au rapport entre l&rsquo;ant\u00e9riorit\u00e9 et le futur. C&rsquo;est la compr\u00e9hension rationnelle du pr\u00e9sent qui doit \u00eatre ainsi abord\u00e9e comme articulation du pass\u00e9 et de l&rsquo;avenir.<\/p>\n<p>Ce type de diagnostic implique non seulement la vue r\u00e9trospective mais aussi la vue prospective.<br \/>\nLa prospective ne consiste pas \u00e0 pr\u00e9voir le futur mais \u00e0 anticiper, dans le sens de la finalit\u00e9 de l&rsquo;entreprise, les termes de son d\u00e9veloppement. La prospective \u00e9tablira notamment des sc\u00e9narios, figurant le possible, qui serviront \u00e0 comprendre le pr\u00e9sent et surtout \u00e0 envisager des strat\u00e9gies de d\u00e9veloppement. Il ne s&rsquo;agit pas de pr\u00e9vision, ni de pr\u00e9diction mais de projection de l&rsquo;histoire et du d\u00e9veloppement de l&rsquo;entreprise \u00e0 terme, pour mieux envisager les r\u00e9alisations et les buts possibles.<\/p>\n<p>En second lieu ce type de diagnostic, disons perspectiviste r\u00e9tro et prospectif, donnera lieu a une int\u00e9gration de la vision sous la forme d&rsquo;un projet de d\u00e9veloppement. Il faudra aussi l&rsquo;exprimer en termes de principes strat\u00e9giques, de sc\u00e9nario de principe ou de sch\u00e9ma directeur, selon le cas. Il s&rsquo;agit l\u00e0, d&rsquo;un travail de conception int\u00e9gratif qui demande une cr\u00e9ativit\u00e9 v\u00e9ritable alliant l&rsquo;imagination et la rationalisation la plus rigoureuse. Le projet doit prolonger effectivement la situation r\u00e9elle de l&rsquo;entreprise et ne pas s&rsquo;y trouver greff\u00e9 artificiellement. Ceci est valable aussi bien pour les petits que pour les grands projets.<\/p>\n<p>Un projet nouveau, une strat\u00e9gie, ne viennent pas annuler et remplacer ce qui existe. En fait, le d\u00e9veloppement est toujours d\u00e9j\u00e0 en marche et il ne s&rsquo;agit que de l&rsquo;actualiser. Ce serait une erreur de penser que le d\u00e9veloppement se fait en tranches successives au rythme des plans, d\u00e9coup\u00e9s sans continuit\u00e9. En fait, l&rsquo;entreprise ne peut avoir qu&rsquo;un plan de d\u00e9veloppement g\u00e9n\u00e9ral, comprenant \u00e9ventuellement des plans sectoriels et partiels. Le plan de d\u00e9veloppement pr\u00e9figure les \u00e9tapes et les r\u00e9alisations envisag\u00e9es dans le temps et dans l&rsquo;ordre du cheminement pr\u00e9vu. Le plan pr\u00e9voit aussi des prises de d\u00e9cisions et en particulier sait pr\u00e9voir des remises en questions possibles \u00e0 des moments d&rsquo;articulation particuliers.<\/p>\n<p>Tous les projets et strat\u00e9gies con\u00e7us viennent actualiser ce plan g\u00e9n\u00e9ral de d\u00e9veloppement, le r\u00e9viser, soit p\u00e9riodiquement pour la p\u00e9riode suivante (plan glissant), soit ponctuellement \u00e0 l&rsquo;occasion de la pr\u00e9paration du lancement de nouveaux projets non pr\u00e9vus (r\u00e9visions).<br \/>\nEnfin, pour aborder la conduite proprement dite, il faudra tirer du plan les indications particuli\u00e8res \u00e0 donner \u00e0 ceux qui ont \u00e0 le suivre ou \u00e0 s&rsquo;y r\u00e9f\u00e9rer.<\/p>\n<p>Ces indications doivent \u00eatre significatives pour chacun de leurs destinataires afin qu&rsquo;ils puissent situer leur propre d\u00e9marche dans le cadre g\u00e9n\u00e9ral du d\u00e9veloppement. Tout le monde ne peut pas tout conna\u00eetre du d\u00e9veloppement g\u00e9n\u00e9ral. Il faut en fait pour chacun les indications n\u00e9cessaires et suffisantes pour en comprendre la marche g\u00e9n\u00e9rale et s&rsquo;y situer. C&rsquo;est tout le travail de terrain de la conduite de d\u00e9veloppement et de projet que de fournir et v\u00e9rifier la compr\u00e9hension des indications de mise en oeuvre aussi bien intellectuellement que pratiquement.<\/p>\n<p>Il faut enfin pr\u00e9ciser qu&rsquo;un plan n&rsquo;est pas un programme. Il est un guide pour canaliser le d\u00e9veloppement, pour le conduire et n&rsquo;est pas une loi imp\u00e9rative. Etablir des plans de d\u00e9veloppement ambitieux ou modestes risque de ne pas changer grand chose \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nEtablir un plan juste, strat\u00e9giquement pertinent, permettra un meilleur pilotage, m\u00eame si la r\u00e9alit\u00e9 se trouve, au bout du compte, quelque peu diff\u00e9rente de ce qui avait \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9. L&rsquo;art de la conduite consiste \u00e0 faire le meilleur travail de conception et de planification possible et sans cesse impr\u00e9vu dans ce cadre, jusqu&rsquo;\u00e0 le remettre en question en tant que de besoin.<br \/>\nLe d\u00e9veloppement qu&rsquo;il s&rsquo;agit de conduire n&rsquo;est pas le r\u00e9sultat de la conduite. Celle-ci ne permet que de l&rsquo;optimiser en lui faisant suivre des voies appropri\u00e9es et en lui \u00e9vitant les impasses.<br \/>\nLe contenu du plan de d\u00e9veloppement, en retour, implique toutes les dimensions de l&rsquo;entreprise qui contribuent \u00e0 sa mise en oeuvre.<\/p>\n<p>Direction g\u00e9n\u00e9rale, administration du domaine, conduite du d\u00e9veloppement peuvent \u00eatre assum\u00e9es par un seul homme en trois r\u00f4les tr\u00e8s diff\u00e9rents, la carence de l&rsquo;un ob\u00e8re l&rsquo;avenir de l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>Pour les entreprises d&rsquo;une certaine importance, il faudra au moins trois responsables, eux-m\u00eames aid\u00e9s par les \u00e9quipes et les relais n\u00e9cessaires. Cela peut constituer \u00e0 chaque fois une mini-entreprise, concourante \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 et donc au gouvernement g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;entreprise commune.<\/p>\n<p>On pourra, sur ces bases, construire des syst\u00e8mes ternaires de gouvernement fond\u00e9s sur ces trois dimensions. On pourra aussi proc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;analyse des gouvernements en place, dans toutes sortes d&rsquo;entreprises pour comprendre la nature de leur ma\u00eetrise ou de leurs carences et ce qui pourrait opportun\u00e9ment les renforcer par l&rsquo;int\u00e9gration et surtout la diff\u00e9renciation des trois dimensions politiques, \u00e9conomiques et strat\u00e9giques.<\/p>\n<p><b>TROIS COMPOSANTES CONSTITUTIVES<br \/>\n<\/b><\/p>\n<p>Ces trois composantes sont aussi celles de l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;entreprise, ce sont :<\/p>\n<p>L&rsquo;animation des dynamiques relationnelles.<\/p>\n<p>La communication des expressions repr\u00e9sentatives.<\/p>\n<p>La coordination des activit\u00e9s productrices.<\/p>\n<p>En fait, ces trois plans d\u00e9coulent des trois dimensions premi\u00e8res de son gouvernement. Cependant, il est bon de les consid\u00e9rer aussi comme des activit\u00e9s sp\u00e9cifiques qui m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre ma\u00eetris\u00e9es.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;animation des dynamiques relationnelles.<\/b><br \/>\nIl s&rsquo;agit l\u00e0 de la ma\u00eetrise du ph\u00e9nom\u00e8ne social et culturel que constitue toute entreprise dont il faut catalyser la dynamisation en vue d&rsquo;un engagement partag\u00e9. La vie de l&rsquo;entreprise est faite d&rsquo;un tissu de relations entre les personnes, entre les groupes et, on l&rsquo;a vu, c&rsquo;est l\u00e0 que se joue le dynamisme de l&rsquo;entreprise, c&rsquo;est la source de sa vitalit\u00e9. La pauvret\u00e9 des relations entra\u00eene l&rsquo;apathie mais des relations mal orient\u00e9es peuvent entra\u00eener un dynamisme parasite ou m\u00eame une agitation vaine.<\/p>\n<p>Nous sommes l\u00e0 sur le terrain du v\u00e9cu, du sensible et il faut bien le dire peu de responsables d&rsquo;entreprises ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 cela ce qui explique la na\u00efvet\u00e9, l&rsquo;ignorance ou le simplisme du traitement de ces questions que l&rsquo;on rencontre souvent.<\/p>\n<p>Nous allons d\u00e9gager ici quelques principes essentiels du gouvernement de l&rsquo;entreprise sur ce plan de l&rsquo;animation, principes dont les applications sont extr\u00eamement nombreuses autant que la multitude des relations.<\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord, ce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;animer et d&rsquo;entretenir, c&rsquo;est la dynamisation du tissu social de l&rsquo;entreprise, dynamisation qui vise un engagement participatif des partenaires. Il faut \u00e9voquer ici des exemples caract\u00e9ristiques des diff\u00e9rents modes de participation :<\/p>\n<p>La coop\u00e9ration qui est engagement dans le travail commun et qui suppose une motivation collective et la participation de chacun.<\/p>\n<p>La r\u00e9ception et l&rsquo;accueil qui permettent les rencontres et l&rsquo;ouverture \u00e0 de nouveaux partenaires comme \u00e0 ceux qui sont d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. Prendre en compte la pr\u00e9sence des uns et des autres est aussi un mode de participation \u00e0 la vie de l&rsquo;entreprise. Il r\u00e9clame une empathie des uns vis-\u00e0-vis des autres et une \u00e9coute r\u00e9ceptive.<\/p>\n<p>Le commerce qui consiste \u00e0 \u00e9tablir des relations engageantes \u00e0 partir desquelles des r\u00e9alisations et des concr\u00e9tisations seront possibles et un parcours mutuel poursuivi. C&rsquo;est le cas pour ce que l&rsquo;on appelle habituellement \u00ab\u00a0relations commerciales\u00a0\u00bb, avec clients ou fournisseurs, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de les engager dans la dur\u00e9e. C&rsquo;est aussi le cas chaque fois qu&rsquo;un groupe aura \u00e0 partager un projet ou lorsque quelqu&rsquo;un aura \u00e0 s&rsquo;inscrire durablement dans une relation suivie. Il faut, \u00e0 chaque fois, une participation qui soit partage d&rsquo;un engagement durable.<\/p>\n<p>La n\u00e9gociation, personnelle ou collective vise, elle, \u00e0 \u00e9tablir les termes formels d&rsquo;un engagement. Son caract\u00e8re diplomatique vise bien \u00e0 \u00e9tablir les r\u00e8gles d&rsquo;une participation future \u00e0 un \u00e9change, r\u00e9alisation d&rsquo;un contrat, ou \u00e0 des r\u00e8gles communes et conventions collectives.<\/p>\n<p>La participation aux d\u00e9cisions et l&rsquo;entente sur celles-ci et sur l&rsquo;autorit\u00e9 des uns et des autres. Les autorit\u00e9s personnelles s&rsquo;interpellent et se confortent l&rsquo;une l&rsquo;autre dans leurs responsabilit\u00e9s r\u00e9ciproques. Cela suppose aussi un concernement des uns par les autres relatif aux responsabilit\u00e9s partag\u00e9es et diff\u00e9renci\u00e9es.<\/p>\n<p>Enfin, le partage de la vie collective, de son v\u00e9cu, son ambiance, ses sensibilit\u00e9s, ses valeurs culturelles propres est aussi un mode de participation qui se joue particuli\u00e8rement pour l&rsquo;int\u00e9gration des partenaires \u00e0 la communaut\u00e9 d&rsquo;entreprise, lors de recrutements par exemple. Il se joue aussi pour l&rsquo;int\u00e9gration de la diversit\u00e9 des sensibilit\u00e9s, la diversit\u00e9 des groupes et m\u00eame des cultures. Cela n\u00e9cessitera souvent un travail de conciliation qui respecte les diff\u00e9rences en les rassemblant autour d&rsquo;une m\u00eame dynamique et des valeurs communes.<\/p>\n<p>C&rsquo;est tout cet ensemble qui noue l&rsquo;engagement participatif de la communaut\u00e9 d&rsquo;entreprise et en constitue l&rsquo;\u00e2me dynamique et la vitalit\u00e9. Cela implique, bien s\u00fbr, que ce dynamisme soit bien orient\u00e9 dans le sens de la vocation de l&rsquo;entreprise et centr\u00e9 sur un domaine. Ce qui permet \u00e0 tout ce tissu relationnel de g\u00e9n\u00e9rer le dynamisme collectif, c&rsquo;est la nature sp\u00e9cifique des relations engag\u00e9es. En effet, une soci\u00e9t\u00e9 est toujours constitu\u00e9e de relations mais ces relations n&rsquo;en font pas forc\u00e9ment une soci\u00e9t\u00e9 engag\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire une entreprise, et encore moins une \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;entreprises\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;affectation de chacun dans un dynamisme participatif r\u00e9clame un certain type de relations : des relations d&rsquo;appr\u00e9ciation mutuelles entre personnes et entre groupes, dans un m\u00eame contexte appr\u00e9ciable, celui de l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>Dans cette optique les relations consistent en un partage de sens (constitution et activation du consensus) par la m\u00e9diation d&rsquo;une reconnaissance mutuelle \u00e9prouv\u00e9e affectivement et sensiblement.<\/p>\n<p>Les relations d&rsquo;appr\u00e9ciation mutuelle permettent \u00e0 chacun de se situer d&rsquo;une fa\u00e7on valable, valoris\u00e9e par rapport aux valeurs communes de l&rsquo;entreprise et vis-\u00e0-vis des autres. Chacun ainsi, peut se sentir concern\u00e9 dans sa participation propre, concern\u00e9 par celle des autres et par les fruits collectifs de cette participation.<\/p>\n<p>Ces relations d&rsquo;appr\u00e9ciation mutuelle v\u00e9ritablement \u00e9prouv\u00e9e, sont valables pour tous les cas cit\u00e9s plus haut. Elle sont la base qui rend ces relations f\u00e9condes et qui mobilise et engage le plus authentiquement les partenaires.<\/p>\n<p>Il faut cependant pr\u00e9ciser les ressorts de la motivation et de la mobilisation des personnes dans une communaut\u00e9 de travail. Elles r\u00e9sultent toujours d&rsquo;une reconnaissance des valeurs et qualit\u00e9s personnelles, non de fa\u00e7on intrins\u00e8que mais de fa\u00e7on diff\u00e9rentielle, les unes par rapport aux autres et, simultan\u00e9ment, en rapport aux valeurs et qualit\u00e9s de l&rsquo;oeuvre commune r\u00e9alis\u00e9e.<br \/>\nConfirmons cela par la n\u00e9gative. S&rsquo;il n&rsquo;y a pas reconnaissance vraie, c&rsquo;est-\u00e0-dire juste, il y a, on le sait, d\u00e9motivation. Si l&rsquo;attention est centr\u00e9e sur la chasse aux d\u00e9fauts on instaure un r\u00e9gime de m\u00e9fiance, de suspicion, de culpabilit\u00e9 et de d\u00e9valorisation personnelle. Ce n&rsquo;est pas du tout la m\u00eame chose de consid\u00e9rer le bien, la qualit\u00e9 comme l&rsquo;absence de mal ou de d\u00e9faut ou le d\u00e9faut comme un manque de qualit\u00e9, un bien qui fait d\u00e9faut.<\/p>\n<p>C&rsquo;est tout un esprit dont l&rsquo;alternative est encore une esp\u00e9rance dans les valeurs humaines et leur exaltation ou bien, au contraire, un m\u00e9pris qui tient l&rsquo;homme en suspicion sous le r\u00e8gne de la fatalit\u00e9 et de la n\u00e9cessit\u00e9 mat\u00e9rialiste. L&rsquo;un est mobilisateur, l&rsquo;autre immobilisateur, paralysant et pathog\u00e8ne. Il serait utile d&rsquo;examiner sous cet angle les probl\u00e8mes d&rsquo;absent\u00e9isme.<\/p>\n<p>Si, en outre, les qualit\u00e9s et valeurs ne sont pas consid\u00e9r\u00e9es dans leur diff\u00e9rence relative, il n&rsquo;y aura pas possibilit\u00e9, pour les personnes, de se situer mutuellement et de mettre en relation leurs valeurs et qualit\u00e9s. Cela d\u00e9bouche sur une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;individualisme et de cloisonnements. Les valeurs et qualit\u00e9s ne sont plus aper\u00e7ues comme relatives et relationnelles mais comme absolues et intrins\u00e8ques, ind\u00e9pendantes de leur investissement r\u00e9el. Enfin, si on ne peut appr\u00e9cier les qualit\u00e9s et valeurs du fruit commun de la participation, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;\u00e9valuation possible ni de mobilisation dans un dynamisme commun. On aura \u00e0 la place une soci\u00e9t\u00e9 de narcissisme mutuel o\u00f9 chacun se mobilise autour du jeu relationnel qui n&rsquo;est plus collectivement fructueux.<br \/>\nCe sont donc tous les termes de la d\u00e9finition de principe qui sont importants et relatifs les uns aux autres.<\/p>\n<p>Il nous faut examiner comment l&rsquo;animation de ce dynamisme relationnel peut s&rsquo;effectuer pour contribuer au gouvernement de l&rsquo;entreprise. On pourrait parler \u00e0 ce propos de gouvernement participatif de l&rsquo;entreprise pour d\u00e9signer cette dimension du gouvernement g\u00e9n\u00e9ral. Le terme de \u00ab\u00a0management participatif\u00a0\u00bb nous semble mal appropri\u00e9. Animer et g\u00e9rer sont deux choses tr\u00e8s diff\u00e9rentes qui ne r\u00e9clament ni les m\u00eames comp\u00e9tences, ni les m\u00eames m\u00e9thodes. On peut comprendre comme cela le caract\u00e8re d\u00e9cevant de nombreuses tentatives engag\u00e9es sous ces termes.<\/p>\n<p>L&rsquo;animation vise donc \u00e0 mettre du \u00ab\u00a0coeur \u00e0 l&rsquo;ouvrage\u00a0\u00bb. Tout d&rsquo;abord, il y a lieu de distinguer qualit\u00e9s et valeurs particuli\u00e8res et de les mettre en \u00e9vidence. Il est de fait que beaucoup ignorent leurs propres qualit\u00e9s. Il faudra pour cela que l&rsquo;animateur aide \u00e0 en prendre conscience, on pourrait dire m\u00eame \u00e0 les \u00ab\u00a0mettre en valeur\u00a0\u00bb. Dans chaque micro-entreprise, la palette des qualit\u00e9s humaines est d\u00e9j\u00e0 rep\u00e9rable dans l&rsquo;excellence manifest\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on privil\u00e9gi\u00e9e dans l&rsquo;une ou l&rsquo;autre dimension du coh\u00e9renciel :<\/p>\n<p>Qualit\u00e9s d&rsquo;autorit\u00e9 et de d\u00e9termination.<\/p>\n<p>Qualit\u00e9s d&rsquo;analyse, d&rsquo;attention, d&rsquo;ojectivation, de rigueur, de pond\u00e9ration.<\/p>\n<p>Qualit\u00e9s de synth\u00e8se, d&rsquo;int\u00e9gration, de vision en perspective, de strat\u00e9gie et de m\u00e9thode.<\/p>\n<p>Qualit\u00e9s de sensibilit\u00e9, relationnelles, affectives.<\/p>\n<p>Qualit\u00e9s d&rsquo;expression, de communication.<\/p>\n<p>Qualit\u00e9 d&rsquo;habilet\u00e9, de pr\u00e9cision, d&rsquo;organisation.<\/p>\n<p>Il est important, d\u00e9j\u00e0, de pouvoir distinguer et nommer les qualit\u00e9s manifest\u00e9es et pour cela toute une p\u00e9dagogie peut \u00eatre n\u00e9cessaire pour apprendre \u00e0 qualifier la valeur de la participation des unes et des autres.<\/p>\n<p>Ainsi, dans une relation commerciale, ce sont les partenaires qui sont appel\u00e9s \u00e0 se reconna\u00eetre mutuellement dans leurs qualit\u00e9s propres, qualit\u00e9s qui forment le respect mutuel mais aussi qui s&rsquo;affectent \u00e0 l&rsquo;objet \u00e9ventuel de la transaction.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est-ce qui fait appr\u00e9cier un produit sinon le fait que l&rsquo;acheteur et le vendeur se retrouvent, se ressentent en harmonie autour de ses qualit\u00e9s et valeurs qui font \u00e9cho aux leurs dans la relation. Un homme pr\u00e9cis aimera la pr\u00e9cision, un homme sensible appr\u00e9ciera les nuances, un homme habile appr\u00e9ciera la performance, etc&#8230;<\/p>\n<p>Apprendre \u00e0 reconna\u00eetre les qualit\u00e9s et valeurs des gens et des choses, dans lesquelles ils se retrouvent, est tout un travail d&rsquo;\u00e9ducation permanente \u00e0 faire dans l&rsquo;entreprise, \u00e9ducation du go\u00fbt, de la sensibilit\u00e9. Des cadres japonais \u00e9tudient l&rsquo;art floral, ce n&rsquo;est pas vain.<\/p>\n<p>Une fois les qualit\u00e9s et valeurs distingu\u00e9es, elles doivent \u00eatre ensuite appr\u00e9ci\u00e9es, go\u00fbt\u00e9es, \u00e9valu\u00e9es. L&rsquo;animation consistera ici \u00e0 faire \u00e9prouver par l&rsquo;exp\u00e9rience sensible ces qualit\u00e9s.<br \/>\nA chaque occasion l&rsquo;exercice des qualit\u00e9s personnelles peut \u00eatre donn\u00e9 \u00e0 appr\u00e9cier par les uns et les autres au travers des r\u00e9alisations et des activit\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 et ses produits devront \u00eatre donn\u00e9s \u00e0 appr\u00e9cier pour en ressentir la valeur. Cette appr\u00e9ciation permettra \u00e0 chacun de retrouver sa contribution et \u00e0 tous d&rsquo;appr\u00e9cier la participation sp\u00e9cifique de chacun. L&rsquo;ignorance ou l&rsquo;absence d&rsquo;appr\u00e9ciation ne permet pas de se situer et se traduit par une indiff\u00e9rence affective qui est manifest\u00e9e d&rsquo;une d\u00e9simplication ou d&rsquo;une absence de motivation r\u00e9elle.<\/p>\n<p>Il faudra, en outre, montrer comment les qualit\u00e9s mises en oeuvre dans telle ou telle activit\u00e9, dans tel ou tel r\u00e9sultat ont concouru \u00e0 la valeur de ceux-ci. Cette appr\u00e9ciation de la contribution de chacun \u00e0 partir de ses qualit\u00e9s propres, aux qualit\u00e9s et valeurs collectivement produites permettra de mesurer sa v\u00e9ritable valeur pour l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>Le lien est ainsi \u00e9tabli entre les valeurs personnelles et les valeurs collectives. C&rsquo;est comme cela que se fait l&rsquo;int\u00e9gration culturelle de la communaut\u00e9 d&rsquo;entreprise. On pourrait dire ainsi que les fleurs justifient la valeur du bouquet mais qu&rsquo;aussi le bouquet justifie la valeur des fleurs. Le concert des qualit\u00e9s exerc\u00e9es produit une oeuvre dont les qualit\u00e9s sont collectives et, en retour, valorisent celles qui y ont \u00e9t\u00e9 investies mais aussi leur mariage, leur participation harmonieuse.<br \/>\nEnfin, pour conclure ce chemin de l&rsquo;animation par l&rsquo;appr\u00e9ciation mutuelle des valeurs particuli\u00e8res et communes, il reste \u00e0 leur donner un prix. A en reconna\u00eetre ainsi la mesure, il faudra disposer de signes de valeurs.<\/p>\n<p>Traditionnellement on con\u00e7oit dans les entreprises l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de tels signes de reconnaissance: r\u00e9mun\u00e9rations, primes, titres, b\u00e9n\u00e9fices, avantages, honneurs, etc..<br \/>\nL&rsquo;important ici est que le signe doit \u00eatre significatif de la valeur appr\u00e9ci\u00e9e qu&rsquo;il en marque le prix, \u00e0 la fois pour chacun et pour tous. Mais cette mesure, selon la nature du signe de reconnaissance, ne sera possible et juste qu&rsquo;en fonction de ce qui pr\u00e9c\u00e8de et de tout le travail d&rsquo;appr\u00e9ciation pr\u00e9alable.<\/p>\n<p>Il en va ainsi pour le prix dans une transaction commerciale mais aussi pour la r\u00e9mun\u00e9ration de la contribution de chacun et pour toutes les manifestations, \u00e9quivalentes de la mesure de ce qui est appr\u00e9ciable. Il importe, au bout du compte, que se trouvent confirm\u00e9s en \u00e9cho les investissements personnels des partenaires dans la mesure de leur contribution effective aux valeurs produites en commun.<\/p>\n<p>Nous retrouvons ici l&rsquo;importance de la valeur des r\u00e9alisations de l&rsquo;entreprise, \u00e0 partir de sa vocation et dans son environnement. C&rsquo;est cette valeur qui permettra la potentialisation du dynamisme de l&rsquo;entreprise par le fait que sa mesure va servir d&rsquo;\u00e9talon \u00e0 la mesure des contributions particuli\u00e8res.<\/p>\n<p>Le concernement et la participation des partenaires ne peuvent se faire simplement en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un fonctionnement d&rsquo;entreprise mais aux valeurs r\u00e9alis\u00e9es par celle-ci. La coupure entre les fruits de l&rsquo;entreprise et la mesure de l&rsquo;appr\u00e9ciation des contributions sp\u00e9cifiques est de nature \u00e0 d\u00e9tourner le consensus de la vocation de l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p><b>La communication.<\/b><br \/>\nUne entreprise vivante se communique pour int\u00e9resser les diff\u00e9rents publics, partenaires actuels ou potentiels. C&rsquo;est comme cela qu&rsquo;elle trouve son identit\u00e9 et qu&rsquo;elle est identifi\u00e9e par tous.<br \/>\nHabituellement la publicit\u00e9, quelques documentations, quelques pr\u00e9sentations ou manifestations s&rsquo;adressent \u00e0 divers publics sans que le souci g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;identit\u00e9 de l&rsquo;entreprise soit vraiment ma\u00eetris\u00e9. Pour cette dimension du gouvernement de l&rsquo;entreprise, il y a lieu de mettre en question un certain nombre d&rsquo;id\u00e9es et de pratiques.<\/p>\n<p>En effet, la communication de l&rsquo;entreprise vise sa propre identification pour int\u00e9resser ses partenaires, collaborateurs, clients, etc&#8230; \u00e0 son existence r\u00e9elle, c&rsquo;est-\u00e0-dire, au fond, \u00e0 les inciter \u00e0 participer \u00e0 une concourance avec elle ou l&rsquo;intensifier. Pour cela, elle doit engager une d\u00e9marche authentique d&rsquo;expression de ses projets, promesses et esp\u00e9rances, ouverte vers diff\u00e9rents publics. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;une ouverture sur le monde \u00e0 partir d&rsquo;une expression vraie, authentique de ses propres perspectives.<\/p>\n<p>Ce plan du coh\u00e9renciel repr\u00e9sente la projection de la vocation traduite en perspectives de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Or, pour tout ce qui concerne l&rsquo;identit\u00e9 de l&rsquo;entreprise et son image, r\u00e8gne trop souvent le faux semblant. Elles sont con\u00e7ues comme une sorte de v\u00eatement fabriqu\u00e9, un masque, un habit qui tout d&rsquo;un coup ferait le moine aupr\u00e8s d&rsquo;un public na\u00eff. Il ne suffit pas de se fabriquer une image pour en avoir une, v\u00e9ritablement. La volont\u00e9 de s\u00e9duire conduit \u00e0 fabriquer des leurres pour capter et non pas susciter l&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Le public s\u00e9duit est rejet\u00e9 apr\u00e8s usage ou rejette lorsqu&rsquo;il s&rsquo;est vu prendre.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;efficacit\u00e9 imm\u00e9diate de la captation est importante, \u00e0 terme elle \u00e9puise toute la cr\u00e9dibilit\u00e9 de l&rsquo;entreprise, y compris pour ses propres membres que l&rsquo;on oublie trop souvent. L&rsquo;entreprise captatrice est condamn\u00e9e au leurre et \u00e0 la tromperie permanente qui devient vite une condition de survie. La d\u00e9fiance est la caract\u00e9ristique des relations qu&rsquo;elle instaure en son sein et \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur.<br \/>\nSur un autre plan, celui des projets, promesses et esp\u00e9rances, on peut attendre d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;entreprises civilis\u00e9es, d&rsquo;\u00eatre moins archa\u00efque, infantile ou adolescente que le sont la plupart des communications d&rsquo;entreprises actuelles.<\/p>\n<p>Les unes disent entre les lignes ou sans complexe : \u00ab\u00a0Nous sommes les plus puissants, sinon tout puissant, nous sommes parfaits, rien ne nous r\u00e9siste&#8230;\u00a0\u00bb. D&rsquo;autres disent : \u00ab\u00a0Tout est facile, profitez-en, ne soyez pas de ceux qui vivent tristement\u00a0\u00bb. D&rsquo;autres enfin vantent l&rsquo;exploit id\u00e9al : \u00ab\u00a0il est bon d&rsquo;\u00eatre le premier, d&rsquo;\u00eatre gagnant, d&rsquo;\u00eatre le meilleur\u00a0\u00bb. Tout cela, derri\u00e8re les messages apparents, est relativement facile \u00e0 lire si on s&rsquo;attache au sens de ce qu&rsquo;ils veulent nous dire.<br \/>\nCe sont toujours des fables et si l&rsquo;homme majeur est un homme d&rsquo;imagination, il n&rsquo;est pas un homme d&rsquo;affabulation.<\/p>\n<p>Ainsi l&rsquo;entreprise qui veut ma\u00eetriser sa communication a une premi\u00e8re pr\u00e9caution \u00e0 prendre : ne pas en confier le soin et surtout celui d&rsquo;en donner le sens aux fabriquants d&rsquo;images toutes faites en pr\u00eat \u00e0 porter et surtout si on les voit manifester aux-m\u00eames comportements infantiles ou immatures.<\/p>\n<p>La communication de l&rsquo;entreprise, tout d&rsquo;abord, doit venir en lieux et temps opportuns lorsque l&rsquo;entreprise entreprend un nouveau projet dont elle peut annoncer le lancement et la r\u00e9alisation.<br \/>\nPour que cette communication soit identificatoire, il importe qu&rsquo;elle soit le fait de quelqu&rsquo;un d&rsquo;identifiable. C&rsquo;est l&rsquo;entreprise qui parle ou plut\u00f4t quelqu&rsquo;un qui la repr\u00e9sente. Il parle d&rsquo;un lieu qui est l&rsquo;entreprise elle-m\u00eame et non pas quelque plage exotique.<\/p>\n<p>Dans toute communication, celui qui parle a \u00e0 dire son nom, \u00e0 se situer, sinon on ne saura pas de quels cieux le message tombe et sa signification ne saurait \u00eatre rapport\u00e9e \u00e0 son auteur. Dans de nombreuses publicit\u00e9s, l&rsquo;auteur semble bien plut\u00f4t \u00eatre l&rsquo;agence de publicit\u00e9 que l&rsquo;annonceur avec les cons\u00e9quences que l&rsquo;on devine.<\/p>\n<p>Ensuite, la communication doit \u00eatre authentique, juste et mesur\u00e9e. C&rsquo;est la condition de sa cr\u00e9dibilit\u00e9 lorsqu&rsquo;elle parle vrai, non pas, l\u00e0 encore, d&rsquo;une authenticit\u00e9 fabriqu\u00e9e, exhibitionniste, d\u00e9bordante, mais contenue, polic\u00e9e m\u00eame.<\/p>\n<p>Ce respect de soi-m\u00eame, de la r\u00e9alit\u00e9 actuelle de l&rsquo;entreprise, de l\u00e0 o\u00f9 elle en est, de tel ou tel projet, de telle ou telle esp\u00e9rance est aussi ce qui fonde le respect des interlocuteurs. Ainsi, le lancement d&rsquo;un nouveau projet se fera plus discr\u00e8tement que l&rsquo;approche de sa r\u00e9alisation.<\/p>\n<p>L&rsquo;expression authentique d&rsquo;un auteur localisable r\u00e9clame encore des moyens de communication, des m\u00e9diations. L\u00e0 encore, quitte \u00e0 y \u00eatre aid\u00e9e, l&rsquo;entreprise aura int\u00e9r\u00eat \u00e0 utiliser les m\u00e9dia appropri\u00e9s, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;abord ses propres moyens d&rsquo;expression et aussi ceux qui conviennent aux publics et \u00e0 la situation de communication.<\/p>\n<p>Cela ne veut pas dire que l&rsquo;entreprise poss\u00e8de ces moyens mais qu&rsquo;elle en dispose, en faisant appel \u00e0 des concourances appropri\u00e9es par exemple, qui reprendront et m\u00e9diatiseront son message. Cependant, celui-ci doit s&rsquo;exprimer d&rsquo;abord dans son langage propre avant d&rsquo;\u00eatre \u00e9ventuellement traduit dans d&rsquo;autres langages de communication.<\/p>\n<p>Enfin, la communication si elle est authentique, si elle est faite en situation ne peut \u00eatre une simple information, elle est l&rsquo;expression d&rsquo;un v\u00e9cu, d&rsquo;une activit\u00e9, et, on l&rsquo;a vu, d&rsquo;une esp\u00e9rance, r\u00e9clamant une ouverture et une cr\u00e9ativit\u00e9 vraie qui rende le message actif ou plut\u00f4t activateur, significatif de la vitalit\u00e9 v\u00e9cue par l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>C&rsquo;est bien \u00e0 une activation des interlocuteurs, des publics auxquels elle s&rsquo;adresse, que vise la communication. Elle cherche \u00e0 susciter leur attention, leur int\u00e9r\u00eat, \u00e0 leur faire partager une perspective, \u00e0 les interpeller. C&rsquo;est en fait, un appel \u00e0 la concourance.<\/p>\n<p>Son aboutissement, c&rsquo;est le contact \u00e9tabli, le retour qui confirme l&rsquo;identification du message et de sa source. C&rsquo;est l&rsquo;ouverture \u00e0 des relations possibles, commerciales, coop\u00e9ratives ou autres.<br \/>\nAinsi l&rsquo;identit\u00e9, l&rsquo;image de l&rsquo;entreprise, ne se fabriquent pas. Elles s&rsquo;expriment ou plut\u00f4t elles sont son expression lorsque celle-ci est authentique, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle r\u00e9v\u00e8le ce qui s&rsquo;exprime, interpellant les interlocuteurs dans leur v\u00e9rit\u00e9 propre pour conduire \u00e0 une relation v\u00e9ritable.<br \/>\nCette identit\u00e9 ne peut venir que de l&rsquo;expression opportune de la vocation de l&rsquo;entreprise, projet\u00e9e dans ses buts, ses esp\u00e9rances de d\u00e9veloppement, ses r\u00e9alisations et ses projets.<\/p>\n<p>Cependant, la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;entreprise est faite de multiples entreprises concourantes (d\u00e9partements, services&#8230;) dont le gouvernement passe aussi par la ma\u00eetrise de la communication. L&rsquo;identit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;entreprise est compos\u00e9e par le concert des expressions particuli\u00e8res formant une image collective.<\/p>\n<p>Ainsi, la communication de l&rsquo;entreprise est \u00e0 la charge de tout un chacun qui se doit d&rsquo;exprimer ses projets et esp\u00e9rances, ses promesses, \u00e0 diff\u00e9rents publics dont ceux de l&rsquo;entreprise elle-m\u00eame. Cela fait partie de la responsabilit\u00e9 du gouvernement propre de chacun.<br \/>\nEn outre, les entreprises, en tant qu&rsquo;elles sont collectives, ont aussi \u00e0 communiquer une expression d&rsquo;ensemble, et l&rsquo;entreprise \u00e0 trouver sa propre identit\u00e9. C&rsquo;est \u00e9videmment le consensus qui fait l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;identit\u00e9 globale mais une unit\u00e9 faite de vari\u00e9t\u00e9 et de diff\u00e9rences, manifestant la multiplicit\u00e9 des entreprises concourantes, des situations, des projets et des promesses.<\/p>\n<p>La communication est ouverture au monde et elle r\u00e9clame une d\u00e9marche vers les autres, en tant, bien s\u00fbr, qu&rsquo;ils sont concern\u00e9s potentiellement par les projets de l&rsquo;entreprise et de chaque micro-entreprise. C&rsquo;est la fen\u00eatre par laquelle on acc\u00e8de \u00e0 l&rsquo;entreprise et par laquelle celle-ci provoque l&rsquo;attention, l&rsquo;\u00e9coute et l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de ses publics.<\/p>\n<p>Le gouvernement d&rsquo;une entreprise qui n\u00e9gligerait de prendre en compte cette communication, au rythme m\u00eame de sa vie, la laisserait dans un incognito propice \u00e0 sa disparition.<\/p>\n<p><b>La coordination de la production<\/b><br \/>\nL&rsquo;activit\u00e9 productive, comme l&rsquo;activit\u00e9 relationnelle et communicative, constitue la substance de l&rsquo;entreprise. Son gouvernement est, l\u00e0 aussi, assur\u00e9 par chacun, en tant que responsable de sa propre entreprise dans l&rsquo;entreprise. L&rsquo;ouvrier qui ma\u00eetrise son travail gouverne ainsi son activit\u00e9. L\u00e0 comme ailleurs, on con\u00e7oit que la ma\u00eetrise de chacun d\u00e9passe sa propre activit\u00e9 et couvre aussi son int\u00e9gration \u00e0 celle des autres et avec toute la communaut\u00e9 de travail. Les diff\u00e9rentes dimensions du gouvernement de l&rsquo;entreprise concourent \u00e0 cela au niveau g\u00e9n\u00e9ral et au niveau particulier de chaque responsable. C&rsquo;est la coordination du travail qui assure l&rsquo;int\u00e9gration.<\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord la ma\u00eetrise professionnelle consiste \u00e0 coordonner mat\u00e9riaux, moyens, op\u00e9rations, contr\u00f4le, etc&#8230; La comp\u00e9tence r\u00e9clame la coordination du travail propre avec ce qui l&rsquo;environne dans un processus de production, \u00e0 l&rsquo;amont et \u00e0 l&rsquo;aval.<\/p>\n<p>Insistons sur cette notion de comp\u00e9tence qui ne se limite pas \u00e0 la ma\u00eetrise d&rsquo;un art et d&rsquo;une technique mais implique celle de sa mise en oeuvre dans les conditions sp\u00e9cifiques d&rsquo;une organisation de travail donn\u00e9e.<\/p>\n<p>Ainsi, en tant que milieu particulier et qui plus est milieu culturel, l&rsquo;entreprise cultive ses propres comp\u00e9tences qui ne sont pas \u00e9quivalentes \u00e0 celles d&rsquo;autres entreprises. Ces comp\u00e9tences ne peuvent donc s&rsquo;acqu\u00e9rir que sur le terrain, m\u00eame si elles sont pr\u00e9par\u00e9es par un savoir-faire plus g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>La question du travail et de la production est une question d\u00e9licate dans la perspective d&rsquo;une entreprise humaine et civilis\u00e9e. En effet, il faut se d\u00e9barrasser de conceptions et d&rsquo;usages, devenus pour certains des \u00e9vidences incontournables.<\/p>\n<p>Deux conceptions sont \u00e0 \u00e9viter. Tout d&rsquo;abord celle o\u00f9 il y a confusion entre le travail au sens m\u00e9canique du terme et le travail humain. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;exercice d&rsquo;un force exerc\u00e9e sur un mat\u00e9riau qui constitue la quintessence du travail, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de force physique ou de force \u00e9lectromagn\u00e9tique ou pourquoi pas mentale.<\/p>\n<p>La conception du travail autour du mod\u00e8le action-r\u00e9action est \u00e0 l&rsquo;origine de toutes les oppressions. L&rsquo;homme r\u00e9duit au statut de producteur de force ou au mieux comme servant des machines ou appareils \u00e0 produire des forces, est un homme \u00e0 soumettre \u00e0 des pressions, int\u00e9rioris\u00e9es ou ext\u00e9rioris\u00e9es. Nous renverrons simplement le lecteur \u00e0 tous les moyens de pressions que l&rsquo;histoire nous a l\u00e9gu\u00e9s: angoisse, culpabilit\u00e9, peur de perdre la vie, avidit\u00e9, corruption, contraintes et menaces et enfin atomisation des t\u00e2ches. Le taylorisme et le n\u00e9o-taylorisme en sont les avatars modernes. Le salut de l&rsquo;homme robotis\u00e9 est alors de s&rsquo;en d\u00e9barrasser par la robotisation \u00e0 moins que des masses d&rsquo;hommes puissent \u00eatre lou\u00e9es \u00e0 ceux qui n&rsquo;ont pas trop de scrupules \u00e0 les exploiter, dans les pays dont les r\u00e9gimes ont les moyens de pressions suffisants (le fameux partage international du travail).<\/p>\n<p>Tout cela s&rsquo;allie, il est vrai, avec une notion du travail con\u00e7u comme punition et m\u00eame acte contre nature dont il faut \u00e0 tout prix se d\u00e9barrasser. C&rsquo;est ignorer que par le travail, m\u00eame p\u00e9nible, il arrive \u00e0 l&rsquo;homme de s&rsquo;accomplir en s&rsquo;y \u00e9prouvant. La p\u00e9nibilit\u00e9 est surtout fonction de deux facteurs : l&rsquo;exc\u00e8s impos\u00e9 par rapport aux possibilit\u00e9s humaines, heureusement accrues par les techniques, et par ailleurs, le m\u00e9pris de l&rsquo;homme et du travail qui les d\u00e9qualifient l&rsquo;un et l&rsquo;autre ce qui est tr\u00e8s exactement le sens d&rsquo;une condamnation.<\/p>\n<p>Le m\u00eame travail pris en sens inverse, celui d&rsquo;une qualification de l&rsquo;homme et de sa production, perd sa p\u00e9nibilit\u00e9. Ne voit-on pas des gens contents de travailler beaucoup et m\u00eame dur lorsque cela a un sens pour eux et d&rsquo;autres m\u00e9contents et fatigu\u00e9s par quelques t\u00e2ches infiniment moindres mais sans signification. La fatigue, l&rsquo;absent\u00e9isme ou la maladie sont alors signes d&rsquo;un v\u00e9ritable \u00e9puisement, li\u00e9 un conflit int\u00e9rieur, souvent inconscient, entre une aspiration \u00e0 la dignit\u00e9 humaine et une ali\u00e9nation qui passe pour n\u00e9cessaire. Ce genre de contre-sens est pathog\u00e8ne.<br \/>\nUne autre conception du travail est \u00e0 \u00e9viter. C&rsquo;est celle qui repose sur l&rsquo;id\u00e9e que ce sont les moyens, les m\u00e9thodes, les techniques qui produisent. L&rsquo;homme est alors le m\u00e9diateur de ses techniques, m\u00e9thodes et autres modes op\u00e9ratoires.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a plus de travail personnel, mais un fonctionnement impersonnel. Tout l&rsquo;investissement se fait dans les moyens, \u00e0 l&rsquo;homme de s&rsquo;y conformer. La croyance dans les recettes, dans les m\u00e9thodes qui marchent toutes seules, invite l&rsquo;homme \u00e0 retirer sa responsabilit\u00e9 et \u00e0 la confier \u00e0 celui qui en sait plus sur les m\u00e9thodes et celui-ci \u00e0 un autre encore mieux form\u00e9 ou inform\u00e9. Il n&rsquo;y a plus que des sp\u00e9cialistes ex\u00e9cutants, quelque soit leur niveau. On est pass\u00e9 d&rsquo;un travail d\u00e9shumanis\u00e9 a un travail impersonnel. Il n&rsquo;y a plus l\u00e0 de ma\u00eetrise professionnelle, ni de responsabilit\u00e9 personnelle d&rsquo;entrepreneur&#8230; de son travail.<\/p>\n<p>Venons en \u00e0 la conception qui convient \u00e0 l&rsquo;entreprise humaine dont le travail peut \u00eatre gouvern\u00e9.<br \/>\nLe travail est avant tout formateur des hommes et des choses par les hommes. Il consiste toujours \u00e0 passer d&rsquo;un principe intelligible, \u00e0 sa traduction dans une forme, \u00e9ventuellement mat\u00e9rielle, \u00e0 partir de mat\u00e9riaux et \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;instruments et de moyens appropri\u00e9s le cas \u00e9ch\u00e9ant.<br \/>\nSeul l&rsquo;homme est capable de passer d&rsquo;un principe d&rsquo;ordre \u00e9videmment humain, signification de ce qu&rsquo;il veut produire, \u00e0 sa r\u00e9alisation. C&rsquo;est ce cheminement qui constitue le travail, cheminement humain donc travail humain. En travaillant ainsi l&rsquo;homme acquiert la ma\u00eetrise de ce passage du principe \u00e0 sa r\u00e9alisation concr\u00e8te. Il ma\u00eetrise de mieux en mieux son incarnation, les conditions de son existence personnelle et l&rsquo;exercice de cette ma\u00eetrise lui permettent d&rsquo;offrir le r\u00e9sultat de son travail en contribution \u00e0 une oeuvre collective ou simplement au b\u00e9n\u00e9fice de celui qui en a besoin.<\/p>\n<p>Le travail consiste ainsi \u00e0 s&rsquo;y mettre, humainement parlant. Cela veut dire, bien s\u00fbr, s&rsquo;impliquer, selon le cas, physiquement, mentalement, affectivement, mais, bien au-del\u00e0, y mettre son sens, y mettre son \u00eatre.<\/p>\n<p>Le travail est une actualisation de soi, de son potentiel d&rsquo;\u00eatre que l&rsquo;on fait ainsi exister en confrontation avec les conditions du monde sur lesquels il y a \u00e0 travailler. On pourrait montrer qu&rsquo;il y a l\u00e0 travail de conversion, exercice d&rsquo;une vocation personnelle qui s&rsquo;exerce en faisant \u00ab\u00a0profession de soi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ainsi la qualit\u00e9 du produit r\u00e9alis\u00e9 exprime la qualit\u00e9 du travail humain et la qualit\u00e9 de l&rsquo;homme. Inversement en qualifiant ainsi son travail et son produit l&rsquo;homme se qualifie lui-m\u00eame. En formant ou transformant les choses, ce qui est son travail, il se forme et se transforme lui-m\u00eame. Lorsque, au niveau concret, le travail est r\u00e9alisation ma\u00eetris\u00e9e d&rsquo;un produit, au niveau humain le travail est d\u00e9veloppement de la ma\u00eetrise de soi, perfectionnement de la comp\u00e9tence personnelle et donc de la facult\u00e9 d&rsquo;exercer un travail mieux ma\u00eetris\u00e9.<\/p>\n<p>Examinons le processus de formation dont la ma\u00eetrise est au niveau de chacun et au niveau de l&rsquo;entreprise, gouvernement m\u00eame de l&rsquo;activit\u00e9 productrice.<\/p>\n<p>Pr\u00e9paration du travail.<br \/>\nIl est tout d&rsquo;abord utile d&rsquo;analyser avec pr\u00e9cision le r\u00e9sultat \u00e0 atteindre pour en d\u00e9duire le mode op\u00e9ratoire, d\u00e9compos\u00e9, non pas en t\u00e2che \u00e9l\u00e9mentaires comme on le dit souvent, mais en unit\u00e9s de travail ma\u00eetrisables en fonction des comp\u00e9tences et qualifications des hommes et des moyens dont ils disposent.<\/p>\n<p>Effectuation du travail.<br \/>\nIl s&rsquo;agit de rassembler et d&rsquo;articuler moyens et mat\u00e9riaux et de coordonner le travail des hommes (et le sien propre). C&rsquo;est par l&rsquo;organisation des choses en correspondance avec le projet \u00e0 r\u00e9aliser que l&rsquo;homme, s&rsquo;y appliquant, forme son ouvrage, passant du principe (int\u00e9rieur) \u00e0 la formation organis\u00e9e et coordonn\u00e9e de son produit (ext\u00e9rieur). Ceci vaut pour le travail de chacun mais aussi pour le travail du groupe, par celui qui en a la ma\u00eetrise globale. Ainsi le travail du chef d&rsquo;\u00e9quipe par exemple compl\u00e8te et articule le travail propre de chaque personne. Le travail d&rsquo;\u00e9quipe n&rsquo;est pas la somme des travaux individuels mais un travail en plus.<\/p>\n<p>Bilan du travail.<br \/>\nAchev\u00e9, le travail doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9, tant dans ses r\u00e9sultats, proc\u00e9d\u00e9s et moyens et ce, en fonction d&rsquo;une \u00e9chelle de valeur qui ne peut \u00eatre que celle de l&rsquo;entreprise, en fonction de crit\u00e8res \u00e9conomiques qui sont aussi les siens et en fonction d&rsquo;un cadre directeur qui d\u00e9coule de ses projets. L&rsquo;\u00e9valuation est mesure de la valeur mais vise sp\u00e9cifiquement, non pas simplement \u00e0 v\u00e9rifier la conformit\u00e9 \u00e0 quelque norme, mais \u00e0 comprendre comment cette valeur peut \u00eatre am\u00e9lior\u00e9e ainsi que la ma\u00eetrise et la qualification des hommes et de l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>Enrichissement par le travail.<br \/>\nL&rsquo;exp\u00e9rience accomplie dans tout travail doit faire l&rsquo;objet d&rsquo;une transmission et d&rsquo;une int\u00e9gration pour que les enseignements b\u00e9n\u00e9ficient \u00e0 chacun et \u00e0 l&rsquo;entreprise en g\u00e9n\u00e9ral. C&rsquo;est ainsi que se renforce le capital de comp\u00e9tence et de ma\u00eetrise de l&rsquo;entreprise et de ceux qui y concourent.<br \/>\nCette capitalisation de l&rsquo;exp\u00e9rience du travail donnera lieu forc\u00e9ment \u00e0 une transformation ou une am\u00e9lioration des proc\u00e9d\u00e9s de production mais aussi \u00e0 une formation des personnes elles-m\u00eames.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que ce processus de ma\u00eetrise et de gouvernement du travail, au niveau de chacun et de tous, est un processus de qualification, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;accroissement des comp\u00e9tences et de la qualit\u00e9 de la production, c&rsquo;est un processus d&rsquo;enrichissement du travail et par le travail.<\/p>\n<p>Dans un monde fort engag\u00e9 dans la technique, il faut examiner sp\u00e9cialement le probl\u00e8me du r\u00f4le et du choix de l&rsquo;outil et des moyens dans le travail humain.Celui-ci est une sorte d&rsquo;alchimie qui, du principe (humain), inscrit dans l&rsquo;intention et l&rsquo;id\u00e9e du r\u00e9sultat, r\u00e9alise, forme et transforme des mat\u00e9riaux en produit fini. Son produit est un service r\u00e9pondant \u00e0 une demande et participe au d\u00e9veloppement d&rsquo;un projet d&rsquo;entreprise. Ce processus s&rsquo;appelle l&rsquo;efficience humaine.<\/p>\n<p>Dans ce processus, fonci\u00e8rement humain, l&rsquo;homme est limit\u00e9 par ses possibilit\u00e9s existentielles, physiques, affectives et mentales par lesquelles se r\u00e9alise le processus de travail. L&rsquo;outil, la technique viendront alors aider, ajuster, clarifier, amplifier, pr\u00e9ciser l&rsquo;acte humain.<\/p>\n<p>Ainsi, l&rsquo;outil focalise et concentre le travail proprement humain en renfor\u00e7ant ainsi l&rsquo;efficacit\u00e9. On peut concevoir les machines les plus gigantesques, les ordinateurs les plus complexes dont l&rsquo;effet sp\u00e9cifique sera nul s&rsquo;il n&rsquo;est pas pris dans l&rsquo;intention humaine et le travail humain.<br \/>\nLa multiplication de l&rsquo;efficacit\u00e9 humaine par l&rsquo;outil ou la technique, pour donner un r\u00e9sultat non nul, r\u00e9clame au d\u00e9part un travail non nul. En outre, la qualit\u00e9 du produit fini ne vient que de la qualification humaine dans la ma\u00eetrise de son travail et dans l&rsquo;usage m\u00e9diateur de l&rsquo;outil.<\/p>\n<p>Un moyen est un \u00ab\u00a0accessoire interm\u00e9diaire\u00a0\u00bb et non un \u00ab\u00a0essentiel principal\u00a0\u00bb. Seul l&rsquo;homme l&rsquo;est dans le monde. Th\u00e9ologiens, philosophes et moralistes se sont depuis longtemps entendus pour dire que le mal advient lorsque l&rsquo;homme est pris comme moyen.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme ne peut \u00eatre le moyen d&rsquo;une entreprise, il ne peut en \u00eatre que le co-auteur, co-entrepreneur, co-op\u00e9rateur. Par contre, les produits du travail humain sont des moyens. Le moyen n&rsquo;est pas tel ou tel homme qualifi\u00e9, mais le produit de son travail, moyen de servir l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Que deviennent les notions de productivit\u00e9, de qualit\u00e9, d&rsquo;efficacit\u00e9 et celles d&rsquo;optimisation de la production. En fait, contrairement a une id\u00e9e rampante, ce ne sont pas des \u00ab\u00a0plus\u00a0\u00bb surajout\u00e9s au travail mais la consistance m\u00eame de la ma\u00eetrise.<\/p>\n<p>Ainsi, on l&rsquo;a vu, le gouvernement de l&rsquo;entreprise, sur le plan de sa production, et la ma\u00eetrise du travail ne consistent pas simplement dans une mise en oeuvre r\u00e9p\u00e9titive de comp\u00e9tences et de moyens mais dans l&rsquo;enrichissement simultan\u00e9 de la ma\u00eetrise elle-m\u00eame. Aussi la qualit\u00e9 n&rsquo;est-elle pas l&rsquo;ajout de caract\u00e9ristiques qualitatives a un travail mais c&rsquo;est la nature m\u00eame du travail qui consiste \u00e0 qualifier le mieux possible son produit. L&rsquo;accroissement de la qualit\u00e9 (du travail, de l&rsquo;homme et du produit) est la consistance m\u00eame du travail ma\u00eetris\u00e9. De m\u00eame, l&rsquo;optimisation de la production dans tous ses aspects est la consistance m\u00eame du processus de production par le travail humain.<\/p>\n<p>La comp\u00e9tence des hommes n&rsquo;est pas non plus une pr\u00e9occupation suppl\u00e9mentaire, elle est le fruit du travail humain qui est, on l&rsquo;a vu, travail de formation. Il n&rsquo;y a donc pas \u00e0 instituer dans l&rsquo;entreprise des services sp\u00e9ciaux \u00e0 cet effet, c&rsquo;est l&rsquo;enjeu et la consistance de ce plan du gouvernement de l&rsquo;entreprise qui, comme les autres, consiste \u00e0 ma\u00eetriser l&rsquo;activit\u00e9 ou, exactement, \u00e0 exercer l&rsquo;activit\u00e9 de fa\u00e7on ma\u00eetris\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Diriger c&rsquo;est donner le Sens et c&rsquo;est aussi gouverner l&rsquo;entreprise. 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