{"id":815,"date":"2004-08-03T00:00:00","date_gmt":"2004-08-03T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/2004\/08\/03\/au-coeur-du-sujet-chapitre-5-2\/"},"modified":"2020-11-13T19:14:01","modified_gmt":"2020-11-13T18:14:01","slug":"au-coeur-du-sujet-chapitre-5-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/2004\/08\/03\/au-coeur-du-sujet-chapitre-5-2\/","title":{"rendered":"Au coeur du sujet &#8211; Chapitre 5 2"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Suite du Chapitre 5 Cartes \u00e9pist\u00e9mologique et t\u00e9l\u00e9ologique.<\/p>\n<p>IV<\/p>\n<p>LA CARTE EPISTEMOLOGIQUE<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me carte<\/p>\n<p>La carte \u00e9pist\u00e9mologique aide au discernement des fa\u00e7ons de<\/p>\n<p>comprendre et d&rsquo;expliquer, donc des diff\u00e9rentes fa\u00e7ons de penser,<\/p>\n<p>selon leur logique propre.<\/p>\n<p>Il ne nous est pas familier de consid\u00e9rer que nos fa\u00e7ons d&rsquo;expli-<\/p>\n<p>quer les choses ne sont pas les choses elles-m\u00eames. De ce fait, des<\/p>\n<p>explications diff\u00e9rentes s&rsquo;affrontent souvent, comme si la vente \u00e9tait<\/p>\n<p>en jeu ou pire encore. Le proc\u00e8s de Galil\u00e9e en est un exemple fameux.<\/p>\n<p>Cette carte propose, selon ses sens, diff\u00e9rentes logiques explicatives du<\/p>\n<p>monde et des hommes. C&rsquo;est \u00e0 chaque fois, en fait, tout un nouvel<\/p>\n<p>univers qui se dessine, dont la logique dominante est celle du syst\u00e8me<\/p>\n<p>explicatif qui aide \u00e0 le consid\u00e9rer. Nous nous trouvons ainsi avec une<\/p>\n<p>diversit\u00e9 de fa\u00e7ons d&rsquo;appr\u00e9hender les choses, qui alors se pr\u00e9sentent<\/p>\n<p>telles qu&rsquo;on les a appr\u00e9hend\u00e9es.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 le r\u00f4le de l&rsquo;axe transversal, d&rsquo;associer ces deux p\u00f4les:<\/p>\n<p>l&rsquo;int\u00e9riorisation ou appr\u00e9hension et assimilation du r\u00e9el ou encore de<\/p>\n<p>sa nature intime et l&rsquo;ext\u00e9riorisation qui distingue les choses, les formes<\/p>\n<p>et les formules pour constituer \u00e9ventuellement un savoir pris pour le<\/p>\n<p>r\u00e9el lui-m\u00eame, l&rsquo;apparence prise pour la chose elle-m\u00eame. L&rsquo;association<\/p>\n<p>des deux, dans le plan de la carte \u00e9pist\u00e9mologique, est ce que nous<\/p>\n<p>allons envisager.<\/p>\n<p>Carte des logiques explicatives, elle est aussi celle des th\u00e9ories,<\/p>\n<p>explicites ou non, et aussi des id\u00e9ologies en tant qu&rsquo;explicatives. On<\/p>\n<p>apercevra ainsi selon les logiques, divers courants de pens\u00e9e dont les<\/p>\n<p>proximit\u00e9s ou les oppositions appara\u00eetront. Le lecteur est invit\u00e9 \u00e0<\/p>\n<p>situer les discours, contemporains ou non, sur cette carte pour enrichir<\/p>\n<p>la connaissance de chacune de ces logiques.<\/p>\n<p>Les axes de la carte sont Etre \/ Non-Etre et El\u00e9vation \/ R\u00e9duction.<\/p>\n<p>On l&rsquo;\u00e9tudiera en parcourant successivement ses huit secteurs.<\/p>\n<p>Les termes de la carte ci-apr\u00e8s, utilis\u00e9s pour les rep\u00e9rer, sont des<\/p>\n<p>conventions. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;y chercher la r\u00e9f\u00e9rence explicite a des<\/p>\n<p>courants connus et r\u00e9pertori\u00e9s m\u00eame si des rapprochements sont<\/p>\n<p>possibles. Chacun des termes ne signifie que par sa situation sur la carte et<\/p>\n<p>indique ainsi une logique pour laquelle nous allons donner des illus-<\/p>\n<p>trations isomorphes.<\/p>\n<p>205<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-711\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/png_File0169im.png?resize=321%2C500\" alt=\"File0169im.png\" align=\"center\" width=\"321\" height=\"500\" \/><\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>1) L &lsquo;animalisme<\/p>\n<p>L&rsquo;animalit\u00e9, dans cette logique, se pr\u00e9sente comme le jeu des<\/p>\n<p>instincts animaux. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un monde qui s&rsquo;explique par des \u00eatres<\/p>\n<p>habit\u00e9s de tels instincts, dont les pulsions entra\u00eenent les rapports.<\/p>\n<p>Toute chose y est ainsi source d&rsquo;impulsions ou objet de ces impulsions.<\/p>\n<p>Un mot cl\u00e9 de cette logique est celui de possession. Non seulement<\/p>\n<p>l&rsquo;appr\u00e9hension des choses sera une \u00abacquisition\u00bb, une fa\u00e7on de les<\/p>\n<p>poss\u00e9der, mais, en outre, elle procure un savoir dont la possession a<\/p>\n<p>sens de pouvoir. Le pouvoir n&rsquo;y est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un pouvoir-poss\u00e9der.<\/p>\n<p>La possession est notamment celle d&rsquo;un sujet par ses puisions<\/p>\n<p>instinctives et ses passions. Elle est incorporation de la chose poss\u00e9d\u00e9e<\/p>\n<p>et elle est cette chose elle-m\u00eame ainsi appropri\u00e9e. La possession-<\/p>\n<p>incorporation fait, avec les choses poss\u00e9d\u00e9es, un tout, un m\u00eame corps<\/p>\n<p>auquel se confond le sujet initial. Les logiques d&rsquo;appropriation d&rsquo;hom-<\/p>\n<p>mes ou de biens en d\u00e9coulent, expliquant non seulement de cette<\/p>\n<p>fa\u00e7on, le fonctionnement humain et l&rsquo;histoire de la soci\u00e9t\u00e9, mais<\/p>\n<p>justifiant cela dans une \u00ab nature des choses \u00bb \u00e0 r\u00e9f\u00e9rence divine ou autres.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est autre qu&rsquo;une loi de la jungle, terrain des passions animales.<\/p>\n<p>C&rsquo;est aussi une loi absolue par laquelle on est sens\u00e9 \u00eatre poss\u00e9d\u00e9,<\/p>\n<p>d\u00e9termin\u00e9, comme ces instincts d\u00e9terminent le sujet lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Nous sommes l\u00e0 dans une appr\u00e9hension totalitaire. En effet, la<\/p>\n<p>possessivit\u00e9 n&rsquo;a pas de limite. Elle se confond avec le pouvoir et<\/p>\n<p>on pourrait parler aussi bien des pouvoirs d&rsquo;une chose ou de quel-<\/p>\n<p>qu&rsquo;un par lesquels ils sont alors d\u00e9finis. Le pouvoir de possession fait<\/p>\n<p>confondre autorit\u00e9 et propri\u00e9t\u00e9. Toute atteinte \u00e0 l&rsquo;une ou l&rsquo;autre est<\/p>\n<p>comprise comme une d\u00e9possession. Ce pouvoir est celui d&rsquo;une emprise<\/p>\n<p>sur les autres (choses ou \u00eatres), sur les pouvoirs qui leur sont attribu\u00e9s.<\/p>\n<p>C&rsquo;est donc dans un conflit que s&rsquo;exercent les rapports de possession<\/p>\n<p>pour aboutir \u00e0 une incorporation des plus faibles par les plus forts qui<\/p>\n<p>s&rsquo;en trouvent ainsi poss\u00e9d\u00e9s. La lutte est incessante, consid\u00e9r\u00e9e comme<\/p>\n<p>une \u00ab loi de la nature \u00bb. La r\u00e9f\u00e9rence et l&rsquo;explication des choses par la<\/p>\n<p>lutte, le conflit, la guerre est caract\u00e9ristique de cette vision du monde.<\/p>\n<p>L&#8217;emprise peut devenir empire lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de \u00ab poss\u00e9der \u00bb et<\/p>\n<p>ma\u00eetriser les pulsions d&rsquo;autrui. Cela justifie tous les imp\u00e9rialismes,<\/p>\n<p>totalitarismes qui ne s&rsquo;ach\u00e8vent que dans la certitude d&rsquo;une possession<\/p>\n<p>totale, toujours limit\u00e9e par le mal absolu que repr\u00e9sentent d&rsquo;autres<\/p>\n<p>imp\u00e9rialismes. Le conflit, selon cette logique, ne peut s&rsquo;achever que par<\/p>\n<p>la possession de l&rsquo;un par l&rsquo;autre. Id\u00e9e insupportable que d&rsquo;\u00eatre poss\u00e9d\u00e9,<\/p>\n<p>le risque de mort et de destruction g\u00e9n\u00e9rale appara\u00eet alors moins grave,<\/p>\n<p>fa\u00e7on au moins de d\u00e9poss\u00e9der l&rsquo;ennemi de ses pouvoirs et d&rsquo;ainsi<\/p>\n<p>l&rsquo;avoir \u00ab poss\u00e9d\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Ce syst\u00e8me explicatif de ce qui fait le monde, r\u00e9duit l&rsquo;homme \u00e0<\/p>\n<p>\u00eatre sujet de pulsions et d&rsquo;impulsions ; fort ou faible, c&rsquo;est toujours le<\/p>\n<p>cas. Le rapport r\u00e9sultant en est justifi\u00e9 par le fait qu&rsquo;il n&rsquo;y a place ici<\/p>\n<p>pour aucune ma\u00eetrise de sa propre nature sauf dans celle des autres.<\/p>\n<p>207<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>C&rsquo;est encore une logique de confusion, ce que le terme de possession<\/p>\n<p>\u00e9voquait d\u00e9j\u00e0. L&rsquo;incorporation est aussi occultation, le savoir est pos-<\/p>\n<p>s\u00e9d\u00e9 autant qu&rsquo;il se cache et le pouvoir d&rsquo;autant plus grand qu&rsquo;on lui<\/p>\n<p>suppose le savoir. C&rsquo;est moins par l&rsquo;intelligence que par l&rsquo;instinct que<\/p>\n<p>se justifie la pertinence des discours, comme par science infuse.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9motion prouve l&rsquo;authenticit\u00e9 lorsque se manifeste l&rsquo;abandon \u00e0 la<\/p>\n<p>possession. L&rsquo;expression reichienne de \u00ab peste \u00e9motionnelle \u00bb y prend<\/p>\n<p>tout son sens comme vecteur de \u00abpossession\u00bb.<\/p>\n<p>Cette logique explicative, \u00e0 la crois\u00e9e des deux axes voisins de la<\/p>\n<p>carte, peut \u00eatre qualifi\u00e9e de \u00ab mat\u00e9rialisme-subjectiviste \u00bb. Celui-ci se<\/p>\n<p>justifiant dans une nature animale intuitive, peut du m\u00eame coup se<\/p>\n<p>trouver des explications multiples \u00e0 cette possession, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e02<\/p>\n<p>Dieu, au diable, \u00e0 l&rsquo;amour de la patrie ou des autres, \u00e0 l&rsquo;instinct de<\/p>\n<p>v\u00e9rit\u00e9 et tout ce qui explique la \u00ab n\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rieuse \u00bb de ce qui doit<\/p>\n<p>\u00eatre expliqu\u00e9.<\/p>\n<p>L&#8217;empirisme est la m\u00e9thode favorite dans cette logique. Un empi-<\/p>\n<p>risme qui ne se justifie que de l&rsquo;appr\u00e9hension acquise, poss\u00e9d\u00e9e, prise<\/p>\n<p>pour v\u00e9rit\u00e9 absolue et rejetant toute interpr\u00e9tation et notamment tout<\/p>\n<p>recul mettant en cause l&rsquo;exp\u00e9rience v\u00e9cue. Dans cette logique expli-<\/p>\n<p>cative, il n&rsquo;y a rien \u00e0 expliquer sinon l&rsquo;\u00e9vidence empirique et la<\/p>\n<p>malignit\u00e9 de ce qui s&rsquo;y oppose. Toutes les autres logiques sont exclues<\/p>\n<p>comme telles. Lorsqu&rsquo;il y a ainsi trop de v\u00e9rit\u00e9s qui s&rsquo;imposent de<\/p>\n<p>force, il est bon de se demander quel est le sujet qui veut s&rsquo;imposer, au<\/p>\n<p>d\u00e9triment de l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>2) Le mat\u00e9rialisme<\/p>\n<p>On pourrait parler de mat\u00e9rialisme pur ou essentiel ici, sachant<\/p>\n<p>que les deux secteurs voisins en sont des variantes: le mat\u00e9rialisme-<\/p>\n<p>subjectiviste (animalisme) et le mat\u00e9rialisme-objectiviste (natura-<\/p>\n<p>lisme).<\/p>\n<p>Dans cette logique, la \u00abnature des choses\u00bb est leur mat\u00e9rialit\u00e9.<\/p>\n<p>Celle-ci se distingue par sa quantit\u00e9: quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments dont le<\/p>\n<p>nombre fait masse. C&rsquo;est la conception quantique de la mati\u00e8re dont la<\/p>\n<p>vision atomistique est le mod\u00e8le. L&rsquo;\u00e9l\u00e9ment le plus petit, ins\u00e9cable,<\/p>\n<p>indivis, n&rsquo;a plus de contenu ni m\u00eame beaucoup de vari\u00e9t\u00e9. Ce sont les<\/p>\n<p>masses d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments qui, par la vari\u00e9t\u00e9 de leur nombre d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments, leur<\/p>\n<p>quantit\u00e9 donc, font la diversit\u00e9 des choses du monde. Ainsi, dans cette<\/p>\n<p>logique, on arrivera \u00e0 dire que \u00ab le sens \u00bb vient de la masse et, en fait,<\/p>\n<p>que le sens r\u00e9sulte de la confusion, l&rsquo;amalgame des \u00e9l\u00e9ments. Il va sans<\/p>\n<p>dire qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas du m\u00eame \u00ab sens \u00bb que dans notre travail. La<\/p>\n<p>premi\u00e8re partie du mod\u00e8le explicatif mat\u00e9rialiste s&rsquo;applique aussi bien<\/p>\n<p>pour l&rsquo;homme, individu destin\u00e9 \u00e0 faire masses. Celles-l\u00e0 seules lui<\/p>\n<p>donnent sens et plus g\u00e9n\u00e9ralement lui fournissent les conditions de son<\/p>\n<p>existence.<\/p>\n<p>La d\u00e9pendance de la masse est un principe de cette logique.<\/p>\n<p>Masses ressources et masses \u00e0 constituer, voil\u00e0 les cl\u00e9s de l&rsquo;activit\u00e9<\/p>\n<p>humaine et de la compr\u00e9hension du monde. Celui-ci est masse de<\/p>\n<p>208<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>masses mat\u00e9rielles, chacune compos\u00e9e d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments et constituant res-<\/p>\n<p>sources et mati\u00e8res premi\u00e8res. \u00ab Premi\u00e8re \u00bb est ici entendu comme<\/p>\n<p>\u00abprimordiale\u00bb et donc \u00abcapitale\u00bb. Cette logique explicative nous<\/p>\n<p>d\u00e9crit un monde, anim\u00e9 par la pression de n\u00e9cessit\u00e9, dont l&rsquo;activit\u00e9 de<\/p>\n<p>survie consiste en l&rsquo;exploitation des masses, ressources de mati\u00e8res<\/p>\n<p>premi\u00e8res, pour la production de masses elles-m\u00eames ressources \u00e0<\/p>\n<p>exploiter. Masses de mati\u00e8res, masses humaines (mat\u00e9riel humain),<\/p>\n<p>masse d&rsquo;argent (capital), masse de produits (ressources \u00e0 exploiter). Le<\/p>\n<p>cercle (vicieux) est boucl\u00e9, celui de la fatalit\u00e9. Le fatum est \u00e9tonnam-<\/p>\n<p>ment isomorphe \u00e0 la faute qui, par la condamnation biblique, conduit<\/p>\n<p>\u00e0 ce travail situant l&rsquo;homme comme poussi\u00e8re, et comme \u00e9l\u00e9ment<\/p>\n<p>anonyme d&rsquo;une foule qui prolif\u00e8re en masse humaine.<\/p>\n<p>Cette logique est ainsi celle qui d\u00e9compose, c&rsquo;est-\u00e0-dire r\u00e9duit \u00e0<\/p>\n<p>l&rsquo;\u00e9l\u00e9mentaire, \u00e0 la plus simple expression (individu anonyme, travail<\/p>\n<p>en miettes) et qui amalgame pour faire masse de plus en plus grands<\/p>\n<p>nombres. La prolif\u00e9ration de cellules indiff\u00e9renci\u00e9es n&rsquo;est-elle pas la<\/p>\n<p>caract\u00e9ristique du cancer?<\/p>\n<p>Humainement cette logique mat\u00e9rialiste de la duret\u00e9 de la con-<\/p>\n<p>dition humaine, contraint \u00e0 l&rsquo;enfermement dans ce cercle infernal.<\/p>\n<p>L&rsquo;enfer, la faute, la chute sont indicateurs de cette fatalit\u00e9. L&rsquo;angoisse<\/p>\n<p>en est un moteur, angoisse de confusion, angoisse de division et de<\/p>\n<p>morcellement qui conduit au puritanisme que ce mat\u00e9rialisme accom-<\/p>\n<p>pagne. La survie commande l&rsquo;effort et la peine de puiser dans les<\/p>\n<p>ressources, d&rsquo;accumuler des ressources, de s&rsquo;y \u00e9puiser et d&rsquo;\u00e9puiser ainsi<\/p>\n<p>les ressources elles m\u00eame. C&rsquo;est un travail de r\u00e9duction qui en est la<\/p>\n<p>mise en oeuvre, r\u00e9duction de l&rsquo;homme, d\u00e9personnalisante, en simple<\/p>\n<p>unit\u00e9 de production, identifi\u00e9 au travail et dit alors \u00ab travailleur \u00bb \u00e0<\/p>\n<p>moins d&rsquo;\u00eatre \u00ab main \u00bb-d&rsquo;oeuvre, simple num\u00e9ro matricule dans une<\/p>\n<p>masse. Seule celle-ci est signifiante. La constitution de masses par<\/p>\n<p>accumulation et amalgame est un produit de cette activit\u00e9 r\u00e9ductrice:<\/p>\n<p>\u00ab Capital \u00bb ou \u00ab r\u00e9servoirs de main d&rsquo;oeuvre \u00bb ou \u00ab stocks \u00bb divers. Ces<\/p>\n<p>masses ne sont pas destin\u00e9es \u00e0 la jouissance mais \u00e0 leur propre<\/p>\n<p>exploitation pour entretenir la survie du syst\u00e8me.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire est confondue avec la production, son moteur est la<\/p>\n<p>confusion, confondante et culpabilisante, manipulation des culpabilit\u00e9s<\/p>\n<p>et des avidit\u00e9s. Il n&rsquo;est pas besoin de citer des exemples que chacun<\/p>\n<p>reconna\u00eetra en notant comment ce qui appara\u00eet comme oppos\u00e9 se<\/p>\n<p>retrouve ici dans la m\u00eame logique et les m\u00eame m\u00e9gasyst\u00e8mes de<\/p>\n<p>production de masse. C&rsquo;est certainement l\u00e0 la logique principale de ce<\/p>\n<p>monde qui se qualifie \u00ab d&rsquo;industriel \u00bb, se nommant ainsi par confusion<\/p>\n<p>avec sa logique mat\u00e9rialiste de production de masses.<\/p>\n<p>Une autre de ses caract\u00e9ristiques est le \u00ab le r\u00e8gne de la quantit\u00e9 \u00bb<\/p>\n<p>(Ren\u00e9 Guenon) que l&rsquo;auteur de l&rsquo;ouvrage cit\u00e9 d\u00e9crit fort bien. La<\/p>\n<p>logique mat\u00e9rialiste qualifie par le nombre, la qualit\u00e9 est confondue<\/p>\n<p>avec la quantit\u00e9. C&rsquo;est donc le d\u00e9nombrement qui est la m\u00e9thode<\/p>\n<p>d&rsquo;appr\u00e9hension, r\u00e9duction des choses \u00e0 leur nombre d&rsquo;unit\u00e9s indiff\u00e9-<\/p>\n<p>renci\u00e9es. La diff\u00e9renciation arrive avec le nombre selon la quantit\u00e9. La<\/p>\n<p>r\u00e9duction au nombre justifie la pes\u00e9e comme mesure de quantit\u00e9,<\/p>\n<p>poids des masses. L&rsquo;argent, mesure universelle parce qu&rsquo;\u00e9quivalence de<\/p>\n<p>209<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>quantit\u00e9, trouve une justification et justifie, en retour, le d\u00e9veloppe-<\/p>\n<p>ment des activit\u00e9s de cette logique. Il n&rsquo;est pas encore l\u00e0 monnaie<\/p>\n<p>d&rsquo;\u00e9change, mais la mesure universelle des masses, si bien que toute<\/p>\n<p>mati\u00e8re peut convenir: masses de mati\u00e8res premi\u00e8res, masses humai-<\/p>\n<p>nes, de b\u00e9tail, masses d&rsquo;or ou d&rsquo;argent, capital, c&rsquo;est-\u00e0-dire nombre de<\/p>\n<p>t\u00eates ou plut\u00f4t d&rsquo;unit\u00e9s.<\/p>\n<p>Il faut encore envisager, dans la logique mat\u00e9rialiste, l&rsquo;explication<\/p>\n<p>du mouvement, qui dans le monde moderne tend \u00e0 se r\u00e9duire \u00e0<\/p>\n<p>l&rsquo;\u00e9nergie. Le rapport masse-\u00e9nergie depuis Einstein est une question de<\/p>\n<p>vitesse: carr\u00e9 de la vitesse de la lumi\u00e8re (d\u00e9fi \u00e0 l&rsquo;\u00e9clairement).<\/p>\n<p>C&rsquo;est bien la masse qui \u00ab contient \u00bb cette \u00e9nergie dont les effets<\/p>\n<p>extr\u00eames se manifestent dans cette fusion nucl\u00e9aire ou cette fission ou<\/p>\n<p>d\u00e9sint\u00e9gration de nos bombes modernes, dont celles \u00e0 \u00ab neutrons \u00bb qui<\/p>\n<p>neutralisent la vie pr\u00e9servant la mat\u00e9rialit\u00e9. Ces jeux de mots ne se<\/p>\n<p>veulent pas explicatifs mais indicateurs d&rsquo;un sens et d&rsquo;une logique o\u00f9<\/p>\n<p>les mots se confondent avec les choses. Il n&rsquo;est pas \u00e9tonnant, alors, de<\/p>\n<p>les trouver comme mati\u00e8re verbale, d\u00e9non\u00e7ant le projet qui les porte<\/p>\n<p>lorsqu&rsquo;on les prend au pied de la lettre. C&rsquo;est une difficult\u00e9 du langage<\/p>\n<p>dans ce sens qui se r\u00e9sout en silence ou en langage d\u00e9sarticul\u00e9: le<\/p>\n<p>langage des chiffres par exemple. L&rsquo;\u00e9nergie, \u00ab sens \u00bb de la masse, en est<\/p>\n<p>l&rsquo;esprit ou plut\u00f4t l&rsquo;\u00e2me. Il nous semble que la g\u00e9n\u00e9ralisation d&rsquo;une<\/p>\n<p>notion d&rsquo;\u00e9nergie, explicative en toute chose, est contemporaine de la<\/p>\n<p>g\u00e9n\u00e9ralisation d&rsquo;une logique mat\u00e9rialiste.<\/p>\n<p>Venons en maintenant au principe logique qui sous-tend cette<\/p>\n<p>vision du monde et les explications qui en d\u00e9coulent. Il s&rsquo;agit du<\/p>\n<p>principe de polarisation qui se traduit aussi en principe d&rsquo;inclusion\/ex-<\/p>\n<p>clusion. En effet la polarisation consiste, soit en une attraction qui tend<\/p>\n<p>vers une confusion inclusive avec le p\u00f4le, soit en une r\u00e9pulsion, \u00e9vic-<\/p>\n<p>tion, exclusion du p\u00f4le. La fusion avec le p\u00f4le est crit\u00e8re d&rsquo;existence<\/p>\n<p>par appartenance \u00e0 sa masse. L&rsquo;exclusion est au contraire an\u00e9antisse-<\/p>\n<p>ment. C&rsquo;est la logique qui pr\u00e9side aux visions du monde mat\u00e9rialistes,<\/p>\n<p>isomorphes des convoitises et avidit\u00e9s que l&rsquo;homme vit sous ce r\u00e9gi-<\/p>\n<p>me, mais aussi des logiques angoissantes et culpabilisantes de la fata-<\/p>\n<p>lit\u00e9 et de tous les absolutismes. Ce sont \u00e9videmment aussi les logiques<\/p>\n<p>du tout ou rien, celles des dualismes manich\u00e9ens, celles des totalita-<\/p>\n<p>rismes logiques qui ne laissent, au fond, d&rsquo;issue \u00e0 l&rsquo;homme que dans<\/p>\n<p>l&rsquo;an\u00e9antissement de sa personnalit\u00e9 par confusion n\u00e9cessaire et vitale,<\/p>\n<p>promesse paradisiaque du retour r\u00e9gressif \u00e0 la source primordiale<\/p>\n<p>(mater), espoir qui d\u00e9fie toute esp\u00e9rance. S&rsquo;y rejoint dans l&rsquo;an\u00e9antis-<\/p>\n<p>sement, l&rsquo;exclusion, qui est isolement absolu d&rsquo;avec sa source, menace<\/p>\n<p>terrible, autre moteur de l&rsquo;ali\u00e9nation de l&rsquo;homme. Pour le mat\u00e9rialis-<\/p>\n<p>me, l&rsquo;homme issu d&rsquo;une mati\u00e8re \u00abn\u00e9ant d&rsquo;homme\u00bb est destin\u00e9 au<\/p>\n<p>n\u00e9ant dans le cercle vicieux de l&rsquo;espoir et du d\u00e9sespoir absolus, carac-<\/p>\n<p>t\u00e8res de tous nihilismes. Il faut prendre garde aux conceptions anti-<\/p>\n<p>mat\u00e9rialistes qui reposent sur les m\u00eames logiques et n&rsquo;en sont que des<\/p>\n<p>versions diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>210<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>3) Le naturalisme<\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 d&rsquo;une \u00ab nature des choses \u00bb et d&rsquo;un rapport<\/p>\n<p>\u00e0 la nature, animale ou mat\u00e9rielle en d&rsquo;autres sens. Le naturalisme se<\/p>\n<p>r\u00e9f\u00e8re \u00e0 une \u00abnature\u00bb diff\u00e9rente: La Nature, celle \u00e0 laquelle tout<\/p>\n<p>appartient, dont tout est issu et \u00e0 laquelle tout retourne selon un cycle<\/p>\n<p>\u00ab naturel \u00bb. Ce naturalisme est plut\u00f4t v\u00e9g\u00e9tatif, anim\u00e9 de mouvements<\/p>\n<p>d&rsquo;alimentation et d&rsquo;excr\u00e9tion, d&rsquo;entr\u00e9e et de sortie et de circulations de<\/p>\n<p>flux.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que ce naturalisme est d&rsquo;une logique \u00ab naturelle \u00bb<\/p>\n<p>animant un monde d&rsquo;objets d\u00e9crivant des trajectoires ou des circuits,<\/p>\n<p>selon les cycles des lois de la nature.<\/p>\n<p>L&rsquo;objet est ici un corps mat\u00e9riel, structur\u00e9, distinct; notre fa\u00e7on<\/p>\n<p>actuellement la plus commune de voir les choses, selon l&rsquo;objectivisme<\/p>\n<p>contemporain.<\/p>\n<p>Ces objets se caract\u00e9risent par leur mouvement et sont d\u00e9finis par<\/p>\n<p>leurs interactions avec le milieu, l&rsquo;environnement. C&rsquo;est un monde<\/p>\n<p>physique, le monde qu&rsquo;explore la physique.<\/p>\n<p>L&rsquo;objet le plus simple est la sph\u00e8re dont on verra que les sph\u00e8res<\/p>\n<p>c\u00e9lestes sont un des mod\u00e8les.<\/p>\n<p>Un des mots cl\u00e9 est ici celui d&rsquo;\u00e9quilibre. C&rsquo;est vers l&rsquo;\u00e9quivalence,<\/p>\n<p>l&rsquo;\u00e9quilibre des \u00e9changes et des interactions, que cette logique dirige les<\/p>\n<p>choses; \u00e9quivalences pour appr\u00e9hender les choses, corr\u00e9lations comme<\/p>\n<p>principe explicatif, mais aussi recherche d&rsquo;un \u00e9quilibre pour expliquer<\/p>\n<p>les mouvements et la stabilit\u00e9 du monde. La perfection est d&rsquo;ailleurs<\/p>\n<p>synonyme de stabilit\u00e9 et d&rsquo;\u00e9quilibre. Etre en forme (bon objet) et<\/p>\n<p>\u00e9quilibr\u00e9 est un mot d&rsquo;ordre pour circuler en ce monde ou il faut<\/p>\n<p>d&rsquo;ailleurs \u00eatre au courant de ce qui y circule pour s&rsquo;y adapter. L&rsquo;adap-<\/p>\n<p>tation appartient \u00e0 cette logique consistant \u00e0 chercher cet \u00e9quilibre de<\/p>\n<p>correspondance et d&rsquo;interaction. La n\u00e9cessit\u00e9 de s&rsquo;adapter a l&rsquo;environ-<\/p>\n<p>nement, qui est un conditionnement, se pr\u00e9sente comme l&rsquo;explication<\/p>\n<p>de l&rsquo;\u00e9tat et du mouvement des choses. Dans cette \u00ablogique\u00bb, fort<\/p>\n<p>d\u00e9velopp\u00e9e, on rencontrera tout un courant de pens\u00e9e o\u00f9 circulent des<\/p>\n<p>th\u00e8ses tr\u00e8s diverses et notamment m\u00e9canistes.<\/p>\n<p>Newton d&rsquo;abord, avec sa m\u00e9canique c\u00e9leste, ses lois de la gravitation<\/p>\n<p>et de l&rsquo;attraction universelle des corps, nous pr\u00e9sente un monde<\/p>\n<p>allant vers l&rsquo;\u00e9quilibre selon des trajectoires, lieux g\u00e9om\u00e9triques du<\/p>\n<p>meilleur \u00e9quilibre.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que s&rsquo;explique et se calcule la circulation des plan\u00e8tes et<\/p>\n<p>des astres, ces objets primordiaux que sont les sph\u00e8res c\u00e9lestes. La<\/p>\n<p>pomme est cette autre sph\u00e8re, dont la chute, par gravit\u00e9, est, dans la<\/p>\n<p>l\u00e9gende, fort int\u00e9ressante pour un Newton, th\u00e9ologien soucieux de<\/p>\n<p>sexualit\u00e9. Si elle lui permet d&rsquo;\u00e9noncer ses lois de la gravitation uni-<\/p>\n<p>verselle des corps, ce n&rsquo;est peut-\u00eatre pas sans isomorphie avec cette<\/p>\n<p>chute, cette pomme et cette attraction sinon gravitation qu&rsquo;exercent les<\/p>\n<p>corps humains les uns sur les autres depuis la gen\u00e8se (ou ses inter-<\/p>\n<p>pr\u00e9tations). Il s&rsquo;agit alors uniquement de rapports.<\/p>\n<p>211<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>Cette m\u00e9canique, principe du \u00ab m\u00e9canisme \u00bb, se trouve au coeur<\/p>\n<p>de la science physique encore contemporaine. Elle se trouve dans ces<\/p>\n<p>lois de la thermodynamique o\u00f9 le principe de l&rsquo;entropie n&rsquo;est rien<\/p>\n<p>d&rsquo;autre que la pr\u00e9diction de cet \u00e9quilibre d&rsquo;une stabilit\u00e9 cadav\u00e9rique,<\/p>\n<p>c&rsquo;est-\u00e0-dire purement physique. Or cette loi de l&rsquo;entropie est fortement<\/p>\n<p>utilis\u00e9e par tout un courant de pens\u00e9e qui y fonde aussi son inverse, la<\/p>\n<p>n\u00e9guentropie qui appartient, de ce fait, au m\u00eame syst\u00e8me explicatif.<\/p>\n<p>Dans ce courant de pens\u00e9e, on pourra situer les conceptions de<\/p>\n<p>l&rsquo;information ramen\u00e9e \u00e0 des \u00abbits\u00bb circulant dans des canaux, cod\u00e9e<\/p>\n<p>et d\u00e9cod\u00e9e selon des correspondances et des \u00e9quivalences, purs signaux<\/p>\n<p>provisoires dans un bruit de fond, dont la distinction et l&rsquo;objectivation<\/p>\n<p>fait toute la pr\u00e9sence. Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une fa\u00e7on quasi physique et, en tout<\/p>\n<p>cas, m\u00e9caniste de concevoir l&rsquo;information et aussi la communication<\/p>\n<p>entre les \u00eatres. On est encore l\u00e0 dans la circulation des objets que sont<\/p>\n<p>les signes. Cybern\u00e9tique et syst\u00e9mique nous en d\u00e9crivent les trajec-<\/p>\n<p>toires, les interactions, les r\u00e9gulations. Ce monde d&rsquo;objets circulants,<\/p>\n<p>en interaction, est un monde d&rsquo;\u00e9changes (objectifs) ou l&rsquo;activit\u00e9 est<\/p>\n<p>adaptation. Faire circuler, r\u00e9guler, transporter, par boucles de contr\u00f4les<\/p>\n<p>et feed-back associ\u00e9s, explique ce qu&rsquo;il y a lieu d&rsquo;\u00eatre et de faire en<\/p>\n<p>toute mati\u00e8re. L&rsquo;homme y est agent de circulation et id\u00e9alise son<\/p>\n<p>autonomie dans ce chef d&rsquo;\u0153uvre de m\u00e9canique: l&rsquo;automobile.<\/p>\n<p>Objectivation et interd\u00e9pendance universelle caract\u00e9risent ce<\/p>\n<p>m\u00eame courant qui peut \u00eatre aussi celui d&rsquo;un totalitarisme froid par<\/p>\n<p>int\u00e9gration au tout et syst\u00e9matisation. Le r\u00e8gne de l&rsquo;\u00e9change nous<\/p>\n<p>donnera une \u00e9cologie soucieuse d&rsquo;int\u00e9gration aux cycles naturels. Il<\/p>\n<p>nous donnera une \u00e9conomie de marche, soucieuse d&rsquo;\u00e9quilibres (petits<\/p>\n<p>et grands) et de r\u00e9gulations. Le blocage des circulations y est faute<\/p>\n<p>(protectionnisme) et la g\u00e9n\u00e9ralisation des \u00e9changes devoir et bienfait.<\/p>\n<p>L&rsquo;homo-\u00e9conomicus y est bien cet agent dont le poste est d&rsquo;autant plus<\/p>\n<p>valable qu&rsquo;il se trouve au carrefour d&rsquo;un grand nombre de courants de<\/p>\n<p>circulation des \u00e9changes. C&rsquo;est ici que l\u00e0 monnaie d&rsquo;\u00e9change et des<\/p>\n<p>changes trouve toute sa justification d&rsquo;\u00e9quivalence (correspondance) et<\/p>\n<p>de circulation. Le r\u00f4le de chaque agent est de contribuer a la circu-<\/p>\n<p>lation g\u00e9n\u00e9rale des biens (mat\u00e9riels) et d&rsquo;assurer les \u00e9quilibres en son<\/p>\n<p>lieu; \u00e9quilibres entr\u00e9es-sorties.<\/p>\n<p>Ce jeu des \u00e9quilibres et des circulations d&rsquo;objets est d\u00e9clinable \u00e0<\/p>\n<p>l&rsquo;infini si bien que les th\u00e9ories les plus r\u00e9centes continuent \u00e0 alimenter<\/p>\n<p>et renouveler le flux de ces sciences objectivistes, en faisant varier les<\/p>\n<p>objets et les trajectoires; On n&rsquo;y a pas la peine et la passion des logiques<\/p>\n<p>explicatives pr\u00e9c\u00e9dentes. Cela nous promet le \u00ab meilleur des mondes \u00bb<\/p>\n<p>(Aldous Huxley) monde d&rsquo;objets d\u00e9saffect\u00e9s, intervenant au profit du<\/p>\n<p>syst\u00e8me de leurs interactions ext\u00e9rieures, \u00e2me du monde, dame nature,<\/p>\n<p>adapt\u00e9s, enfin!<\/p>\n<p>212<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>4) L&rsquo;organiscisme<\/p>\n<p>Quittant le primat mat\u00e9rialiste, encore \u00e9pous\u00e9 par le naturalisme<\/p>\n<p>syst\u00e9mique, cette nouvelle logique va nous parler d&rsquo;organismes et de<\/p>\n<p>structures. Centr\u00e9e sur l&rsquo;axe du sens \u00abNon-Etre\u00bb, elle explique les<\/p>\n<p>choses de fa\u00e7on exog\u00e8ne par une cause dont elles sont l&rsquo;effet et le reflet<\/p>\n<p>Un principe organisateur et structurant y d\u00e9veloppe une organisation<\/p>\n<p>qui devient ainsi un organisme. Un organisme peut \u00eatre ici d\u00e9fini<\/p>\n<p>comme un ensemble d&rsquo;organes organis\u00e9s. Une structure de base ou<\/p>\n<p>mod\u00e8le, structure les choses de fa\u00e7on \u00e0 ce qu&rsquo;elles soient structur\u00e9es.<\/p>\n<p>C&rsquo;est la m\u00eame structure qui se trouve \u00e0 l&rsquo;origine, principe actif, et<\/p>\n<p>comme r\u00e9sultante, dans cette logique organisatrice.<\/p>\n<p>Nous avons l\u00e0 le principe des structuralismes, qui cherchent une<\/p>\n<p>structure objective dont les ph\u00e9nom\u00e8nes observ\u00e9s seraient l&rsquo;objet,<\/p>\n<p>c&rsquo;est-\u00e0-dire un d\u00e9veloppement structurel. Ceci est applicable en socio-<\/p>\n<p>logie, ethnologie, linguistigue ou en biologie. Selon cette fa\u00e7on de voir,<\/p>\n<p>le g\u00e8ne et l&rsquo;ADN sont suppos\u00e9s \u00eatre les structures primordiales dont le<\/p>\n<p>programme se d\u00e9veloppe de cellules en organelles, puis d&rsquo;organes en<\/p>\n<p>organismes et enfin d&rsquo;organismes en soci\u00e9t\u00e9s. Voil\u00e0 une certaine socio-<\/p>\n<p>biologie qui se trouve fond\u00e9e. L&rsquo;homme n&rsquo;y est pas sujet mais objet de<\/p>\n<p>ses g\u00e8nes dont le programme se d\u00e9ploie, notamment, dans l&rsquo;histoire de<\/p>\n<p>l&rsquo;homme, continuation, comme chacun sait, d&rsquo;une \u00e9volution continue<\/p>\n<p>depuis ces prot\u00e9ines pr\u00e9c\u00e9dant et constituant l&rsquo;ADN g\u00e9n\u00e9rateur.<\/p>\n<p>Sur le mode organiciste, le monde se constitue comme un orga-<\/p>\n<p>nisme vivant qui deviendra le mod\u00e8le et l&rsquo;id\u00e9al de nos institutions<\/p>\n<p>appel\u00e9es volontiers des organisations. Comme un grand corps vivant,<\/p>\n<p>l&rsquo;Etat viendra parfaire cette organisation sociale en attendant que le<\/p>\n<p>monde s&rsquo;y trouve enti\u00e8rement structur\u00e9.<\/p>\n<p>Dans un tel monde chacun se trouve identifi\u00e9 par sa place dans<\/p>\n<p>l&rsquo;organisation, elle-m\u00eame d\u00e9termin\u00e9e par sa fonction. C&rsquo;est donc en<\/p>\n<p>tant qu&rsquo;organe d&rsquo;un organisme que chaque chose existe. L&rsquo;identit\u00e9 en<\/p>\n<p>d\u00e9coule, marqu\u00e9e par ses titre d\u00e9signant des fonctions plut\u00f4t que des<\/p>\n<p>sujets (Monsieur le Directeur&#8230;).<\/p>\n<p>L&rsquo;appr\u00e9hension de tout chose se fait ainsi par sa place et sa<\/p>\n<p>fonction auxquelles elle est identifi\u00e9e, et la science se fait structurale,<\/p>\n<p>celle qui dit \u00eees places et les fonctions dans un ensemble organique.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une science des organigrammes, des classes, normes, mod\u00e8les et<\/p>\n<p>cat\u00e9gories.<\/p>\n<p>Cette logique tend ainsi \u00e0 concevoir un monde des choses ordon-<\/p>\n<p>n\u00e9es, dont le fonctionnement est la preuve de son animation avec<\/p>\n<p>pr\u00e9valence du mod\u00e8le biologique. L&rsquo;\u00e2me en est la structure fonction-<\/p>\n<p>nelle qui n&rsquo;a d&rsquo;autre fin que de fonctionner et ainsi d\u00e9velopper son<\/p>\n<p>organisme de fa\u00e7on \u00e0 int\u00e9grer peu \u00e0 peu toutes choses. Ce langage<\/p>\n<p>\u00e9voque particuli\u00e8rement celui de l&rsquo;administration et de la gestion.<\/p>\n<p>Dans nombre d&rsquo;organisations, la gestion budg\u00e9taire est le reflet de cette<\/p>\n<p>organisation et de son fondement. C&rsquo;est plus g\u00e9n\u00e9ralement le langage<\/p>\n<p>213<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>de l&rsquo;Etat administratif soucieux de la vie du corps social dont les<\/p>\n<p>\u00abfonctionnaires\u00bb r\u00e9v\u00e8lent le r\u00f4le exemplaire. Standardisation, <\/p>\n<p>normalisation, mod\u00e9lisation, structuration: l&rsquo;organisation g\u00e9n\u00e8re ses <\/p>\n<p>principes agissants, prolongement de son propre fonctionnement. <\/p>\n<p>La conservation structurelle est la loi de l&rsquo;organisme.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, le corps humain est l&rsquo;un des mod\u00e8les<\/p>\n<p>privil\u00e9gi\u00e9 dont on retrouvera les principales fonctions organiques dans<\/p>\n<p>les organisations: t\u00eate, membres, coeur, cerveau. Ce dernier est con-<\/p>\n<p>sid\u00e9r\u00e9 comme le si\u00e8ge de toute pens\u00e9e, elle-m\u00eame \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne pro-<\/p>\n<p>duit par les structures de ce cerveau o\u00f9 on les cherche ardemment. Ces<\/p>\n<p>pens\u00e9es n&rsquo;ont d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, alors, que comme vecteur de la structure<\/p>\n<p>qu&rsquo;elles v\u00e9hiculent et que certains linguistes originent, par le biais du<\/p>\n<p>langage, dans les g\u00e8nes eux-m\u00eames. Ces fonctions principales de con-<\/p>\n<p>servation de la structure pourront \u00eatre localis\u00e9es dans un organe c\u00e9r\u00e9-<\/p>\n<p>bral commandant un syst\u00e8me nerveux. Dans certaines organisations la<\/p>\n<p>structure sera ainsi conserv\u00e9e par des organes que l&rsquo;on d\u00e9signera par<\/p>\n<p>leur fonction: des cadres.<\/p>\n<p>5) Le rationalisme<\/p>\n<p>Le principe de ce rationalisme est celui de la \u00ab Raison op\u00e9rante \u00bb.<\/p>\n<p>Son monde est un monde de Raison, rationnel donc et seule notre<\/p>\n<p>d\u00e9faillance nous emp\u00eacherait d&rsquo;apercevoir les raisons de toutes choses.<\/p>\n<p>Ce sont encore des Raisons objectives. Passant dans la partie sup\u00e9-<\/p>\n<p>rieure de la carte de Coh\u00e9rence, nous allons y rencontrer des variantes<\/p>\n<p>de l&rsquo;humanisme.<\/p>\n<p>Ce par quoi l&rsquo;homme appr\u00e9hende les choses est sa Raison qui est<\/p>\n<p>consid\u00e9r\u00e9e comme la Raison m\u00eame des choses. C&rsquo;est donc un huma-<\/p>\n<p>nisme objectivant qui fait d&rsquo;une qualit\u00e9 humaine une cause structu-<\/p>\n<p>rante (croisement des deux axes de la carte). Tout se passe, presque,<\/p>\n<p>comme si le raisonnement par lequel la raison op\u00e8re \u00e9tait le mouve-<\/p>\n<p>ment m\u00eame de la constitution des choses. C&rsquo;est alors que l&rsquo;application<\/p>\n<p>du raisonnement deviendra processus op\u00e9ratoire.<\/p>\n<p>Rationnaliser le monde est l&rsquo;oeuvre humaine par excellence,<\/p>\n<p>consistant \u00e0 prolonger la rationalit\u00e9 des choses. Rationaliser consiste \u00e0<\/p>\n<p>\u00e9tablir des rapports valables entre les choses. Elles en deviennent<\/p>\n<p>utilisables dans le champ humain. Le rationalisme, invention de rap-<\/p>\n<p>ports valables pour comprendre le monde, d\u00e9bouche sur un technis-<\/p>\n<p>cisme lorsque ces rapports sont op\u00e9r\u00e9s sur les choses elles-m\u00eames. La<\/p>\n<p>caract\u00e9ristique d&rsquo;un sch\u00e9ma op\u00e9ratoire est d&rsquo;\u00eatre rationnel. L&rsquo;homo<\/p>\n<p>habilis est celui qui est capable d&rsquo;op\u00e9rer intelligemment pour utiliser<\/p>\n<p>les choses \u00e0 son service. La traduction symptomatique de cela se<\/p>\n<p>pr\u00e9sente dans l&rsquo;outil et la technique. C&rsquo;est, selon cette logique expli-<\/p>\n<p>cative, ce qui caract\u00e9rise le d\u00e9veloppement humain et le diff\u00e9rencie des<\/p>\n<p>autres \u00eatres du monde. Ses qualit\u00e9s humaines seront d&rsquo;ailleurs appr\u00e9-<\/p>\n<p>ci\u00e9es par les comportements manifest\u00e9s. Ceux-ci traduisent une capa-<\/p>\n<p>cit\u00e9, une technicit\u00e9 qui vise \u00e0 l&rsquo;efficacit\u00e9. L&rsquo;efficacit\u00e9, mot cl\u00e9 du<\/p>\n<p>rationalisme consiste a \u00e9tablir le meilleur rapport entre causes et effets<\/p>\n<p>214<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>selon les valeurs humainement d\u00e9finies et exprim\u00e9es \u00e9ventuellement<\/p>\n<p>en termes d&rsquo;objectifs.<\/p>\n<p>La vision rationaliste et techniciste nous promet, gr\u00e2ce \u00e0 la com-<\/p>\n<p>p\u00e9tence technique et aux performances de ses sp\u00e9cialistes, un monde,<\/p>\n<p>o\u00f9 \u00e0 la limite, les outils ou appareils con\u00e7us par l&rsquo;homme, le rem-<\/p>\n<p>placeront en am\u00e9liorant son efficacit\u00e9. N&rsquo;est-ce pas le projet g\u00e9n\u00e9ra-<\/p>\n<p>lisant l&rsquo;usage de l&rsquo;outil rationnel qu&rsquo;est l&rsquo;ordinateur? Ne va-t-il pas,<\/p>\n<p>chez certains auteurs, jusqu&rsquo;\u00e0 devenir une sorte de m\u00e9ga-cerveau, \u00e0<\/p>\n<p>l&rsquo;\u00e9chelle plan\u00e9taire, mais bien plus efficace que l&rsquo;homme dont il pro-<\/p>\n<p>longe ici la Raison triomphante.<\/p>\n<p>Avec le rationalisme nous entrons aussi dans une logique de<\/p>\n<p>valeurs, et la rentabilit\u00e9 devient une forme de rationalit\u00e9. Elle reste<\/p>\n<p>cependant subordonn\u00e9e \u00e0 la raison humaine, \u00e0 rencontre d&rsquo;un pro-<\/p>\n<p>ductivisme qui ne s&rsquo;\u00e9value qu&rsquo;en quantit\u00e9. \u00ab Comment faire bien? \u00bb est<\/p>\n<p>la question du rationalisme \u00e0 laquelle se r\u00e9duirait un \u00abcomment<\/p>\n<p>\u00eatre? \u00bb. Il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00eatre comp\u00e9tent, performant et donc de d\u00e9velopper<\/p>\n<p>des comportements efficaces. Le corps et chaque occasion de la vie<\/p>\n<p>sont l&rsquo;enjeu du d\u00e9veloppement de techniques appropri\u00e9es. Techniques<\/p>\n<p>d&rsquo;expression, techniques de relation, techniques de communication,<\/p>\n<p>etc&#8230; Il n&rsquo;y a pas de limite au d\u00e9veloppement de la raison et \u00e0 ses<\/p>\n<p>op\u00e9rations. Le monde rationnel a toujours une raison \u00e0 d\u00e9couvrir et \u00e0<\/p>\n<p>mettre en action. Il suffit de trouver les instruments appropri\u00e9s et de<\/p>\n<p>les utiliser efficacement. C&rsquo;est comme cela que chacun s&rsquo;identifie \u00e0 la<\/p>\n<p>nature et \u00e0 la qualit\u00e9 de sa Raison: sa sp\u00e9cialit\u00e9. Un monde de sp\u00e9-<\/p>\n<p>cialistes doit d&rsquo;ailleurs \u00eatre rationalis\u00e9, chaque sp\u00e9cialit\u00e9 contribuant<\/p>\n<p>\u00e0 l&rsquo;op\u00e9ration globale de rationalisation.<\/p>\n<p>Celle-ci peut appara\u00eetre comme une ma\u00eetrise, mais ma\u00eetrise de<\/p>\n<p>l&rsquo;homme et du monde par la Raison humaine. Constatons, qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;op-<\/p>\n<p>pos\u00e9, r\u00e8gne la passion et la possession. La Raison, d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e,<\/p>\n<p>l&rsquo;ignore comme elle ignore un pouvoir qui ne serait pas fond\u00e9 sur la<\/p>\n<p>plus grande comp\u00e9tence technique, la plus grande facult\u00e9 rationnelle, le<\/p>\n<p>plus raisonnable. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs comme cela que la raison gouverne,<\/p>\n<p>raisonnablement sur les seuls crit\u00e8res techniques. On peut reconna\u00eetre<\/p>\n<p>alors la technocratie, qui n&rsquo;est que l&rsquo;exercice de cette ma\u00eetrise de la<\/p>\n<p>raison et la g\u00e9n\u00e9ralisation de son op\u00e9ration sur le monde et les gens. Ni<\/p>\n<p>l&rsquo;un, ni les autres ne devraient y trouver \u00e0 redire&#8230; s&rsquo;ils sont bien des<\/p>\n<p>\u00eatres de Raison. Mais les technocrates n&rsquo;ont pas toujours raison. En<\/p>\n<p>tout cas, pour eux, il n&rsquo;est gu\u00e8re question de sens ni donc de personne.<\/p>\n<p>Ce rationalisme, qui est aussi constructivisme dans le registre<\/p>\n<p>op\u00e9ratif, est l\u00e9galisme et moralisme lorsque la r\u00e8gle de raison prime sur<\/p>\n<p>le sujet. Le terme de Raison, pris ici dans un sens formel, id\u00e9al,<\/p>\n<p>pourrait \u00eatre entendu par ailleurs comme sens; mais ici la Raison n&rsquo;est<\/p>\n<p>qu&rsquo;une modalit\u00e9 formelle du sens. L&rsquo;homme pour nous, est d&rsquo;abord un<\/p>\n<p>Etre de sens parmi lesquels celui de l&rsquo;animalisme et celui du ratio-<\/p>\n<p>nalisme s&rsquo;opposent.<\/p>\n<p>La raison n&rsquo;est qu&rsquo;une modalit\u00e9 existentielle, formelle et mentale,<\/p>\n<p>du sens et n&rsquo;est donc pas premi\u00e8re, mais seconde pour la personne. Le<\/p>\n<p>215<\/p>\n<p> LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>rationalisme, au contraire, la place comme premi\u00e8re en y subordon-<\/p>\n<p>nant le sujet humain, alors qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit jamais que de la raison d&rsquo;un<\/p>\n<p>sujet.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me du rationalisme est au coeur de l&rsquo;une des ambigu\u00eft\u00e9<\/p>\n<p>philosophique majeure, depuis le Moyen Age pour le moins. En effet si<\/p>\n<p>le sens en l&rsquo;esprit, en l&rsquo;Instance, en la personne, se manifeste comme<\/p>\n<p>\u00abratio\u00bb ou \u00abrapport significatif\u00bb ou raison, dans l&rsquo;immanence de<\/p>\n<p>l&rsquo;existence; c&rsquo;est mettre l&rsquo;Homme \u00e0 l&rsquo;envers et rompre l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;hom-<\/p>\n<p>me et \u00e0 Dieu que d&rsquo;imposer la voie de la raison. Elle revient \u00e0 ne<\/p>\n<p>conna\u00eetre qu&rsquo;une transcendance, limite mentale de l&rsquo;immanence, au<\/p>\n<p>lieu de la transcendance vivante par laquelle s&rsquo;\u00e9claire l&rsquo;homme et le<\/p>\n<p>monde.<\/p>\n<p>6) L&rsquo;humanisme<\/p>\n<p>Nous entrons dans un type logique qui pourra nous para\u00eetre<\/p>\n<p>\u00e9tonnament moins familier; cela en dit long sur une \u00e9poque et con-<\/p>\n<p>firme une mort de l&rsquo;homme que l&rsquo;on nous propose comme id\u00e9al<\/p>\n<p>n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Nous sortons des logiques objectivistes et sommes \u00e0 contre sens<\/p>\n<p>des logiques mat\u00e9rialistes. C&rsquo;est ici qu&rsquo;appara\u00eet l&rsquo;homo \u00e9rectus: l&rsquo;hom-<\/p>\n<p>me debout. Quiconque a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin des premiers pas d&rsquo;un enfant sait<\/p>\n<p>que, pour lui (et peut-\u00eatre ses t\u00e9moins), c&rsquo;est de la fiert\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9prouve.<\/p>\n<p>Ni le fruit d&rsquo;une cogitation sur l&rsquo;utilit\u00e9 de la marche, ni la r\u00e9ponse \u00e0<\/p>\n<p>une n\u00e9cessit\u00e9 imm\u00e9diate qu&rsquo;un d\u00e9placement au ras du sol permettait<\/p>\n<p>de satisfaire, ne poussent l&rsquo;enfant \u00e0 ainsi se dresser.<\/p>\n<p>C&rsquo;est le sens de l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation qui se confirme dans cet acte et la fiert\u00e9<\/p>\n<p>qu&rsquo;il signifie. Voil\u00e0 ce par quoi les choses et le monde sont ici appr\u00e9-<\/p>\n<p>hend\u00e9s: leur valeur d&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Toute chose se mesure ici \u00e0 l&rsquo;aune de l&rsquo;humanit\u00e9. Cette mesure a<\/p>\n<p>besoin alors pour s&rsquo;effectuer d&rsquo;une confrontation entre l&rsquo;homme et le<\/p>\n<p>monde et c&rsquo;est par des r\u00e9alisations qu&rsquo;elle se prend. L&rsquo;activit\u00e9, le<\/p>\n<p>travail, les oeuvres sont cette prise de mesure d&rsquo;humanit\u00e9. Leur con-<\/p>\n<p>s\u00e9quence est l&rsquo;humanisation du monde qui nous entoure, c&rsquo;est-\u00e0-dire<\/p>\n<p>son \u00e9dification \u00e0 la mesure de l&rsquo;homme. Ceux qui, au fond, m\u00e9prisent<\/p>\n<p>l&rsquo;humanit\u00e9 seront ici scandalis\u00e9s, surtout s&rsquo;ils font de l&rsquo;homme un<\/p>\n<p>avatar secondaire et destructeur de la Nature ou de la cr\u00e9ation. Ce<\/p>\n<p>point de vue, ici, ne nie pas les d\u00e9fauts de l&rsquo;homme mais les situe non<\/p>\n<p>comme des substances premi\u00e8res mais comme des absences et des<\/p>\n<p>d\u00e9faillances de qualit\u00e9s d&rsquo;humanit\u00e9. La d\u00e9shumanisation est aussi<\/p>\n<p>oeuvre humaine, oeuvre par d\u00e9faut.<\/p>\n<p>De ses premiers pas l&rsquo;enfant mesure sa pr\u00e9sence d&rsquo;humain, fier<\/p>\n<p>d&rsquo;\u00eatre debout, et mesure, de celle-ci, l&rsquo;espace qui l&rsquo;entoure et qu&rsquo;il<\/p>\n<p>habite de cette pr\u00e9sence. S&rsquo;inaugure pour lui un nouvel espace \u00e0 la<\/p>\n<p>mesure de ses pas.<\/p>\n<p>Ainsi cette logique humaniste \u00e9difie le monde en le d\u00e9couvrant en<\/p>\n<p>ses qualit\u00e9s humainement d\u00e9termin\u00e9es. Elle \u00e9difie l&rsquo;homme en r\u00e9v\u00e9-<\/p>\n<p>216<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>lant justement ces qualit\u00e9s humaines qui constituent cette \u00ab qualit\u00e9<\/p>\n<p>d&rsquo;homme \u00bb. Ceci se produit au cours de tous les actes o\u00f9 l&rsquo;homme se<\/p>\n<p>mesure au reste du monde, prend sa mesure d&rsquo;humanit\u00e9 et la donne \u00e0<\/p>\n<p>ce monde.<\/p>\n<p>Cette logique humaniste conduit ainsi au \u00ab progr\u00e8s \u00bb. Progr\u00e8s de<\/p>\n<p>l&rsquo;humanit\u00e9 en l&rsquo;homme et dans le monde. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;un progr\u00e8s<\/p>\n<p>d&rsquo;humanisation par le biais d&rsquo;actes et de r\u00e9alisations, y compris mat\u00e9-<\/p>\n<p>rielles, et non pas d&rsquo;un progr\u00e8s mat\u00e9riel, mesurable en quantit\u00e9, par<\/p>\n<p>l&rsquo;exploitation et l&rsquo;\u00e9puisement des qualit\u00e9s humaines.<\/p>\n<p>Parmi les qualit\u00e9s les plus \u00e9lev\u00e9es figure l&rsquo;intelligence. Une<\/p>\n<p>\u00ab intelligence des choses\u00bb qui n&rsquo;est, ici, ni froid rationalisme, ni encore<\/p>\n<p>conscience \u00e9clair\u00e9e. Cette \u00ab intelligence des choses \u00bb est justement cette<\/p>\n<p>facult\u00e9 de discerner les qualit\u00e9s en fonction des projets que l&rsquo;on s&rsquo;est<\/p>\n<p>donn\u00e9s. L&rsquo;\u00e9valuation (discerment des qualit\u00e9s et des valeurs) de la<\/p>\n<p>temp\u00e9rature du four pour le boulanger n&rsquo;est pas ici une question de<\/p>\n<p>degr\u00e9s mais de qualit\u00e9 du pain tel qu&rsquo;il soit appr\u00e9ci\u00e9. La temp\u00e9rature<\/p>\n<p>est question d&rsquo;appr\u00e9ciation par un homme pour des hommes. Rien<\/p>\n<p>n&rsquo;interdit d&rsquo;utiliser pour cela un thermom\u00e8tre mais \u00e0 condition de ne<\/p>\n<p>pas oublier que la mesure reste humaine. Un thermom\u00e8tre n&rsquo;a d&rsquo;ail-<\/p>\n<p>leurs jamais rien mesur\u00e9, il n&rsquo;est pas le sujet d&rsquo;un quelconque projet de<\/p>\n<p>mesure dont il n&rsquo;a rien \u00e0 faire.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que tout savoir sur le monde et sur l&rsquo;homme lui-m\u00eame<\/p>\n<p>sont corr\u00e9latifs, puisque leur mesure commune est d&rsquo;humanit\u00e9 et leur<\/p>\n<p>d\u00e9veloppement, progr\u00e8s de celle-ci. Envisager une structure atomique<\/p>\n<p>de la mati\u00e8re ne r\u00e9v\u00e8le ici que la subtile facult\u00e9 d&rsquo;intellection des<\/p>\n<p>hommes et, en aucune mani\u00e8re, ne peut pr\u00e9tendre \u00eatre la v\u00e9rit\u00e9 de la<\/p>\n<p>mati\u00e8re. Chaque savoir est une mesure d&rsquo;homme, qui le r\u00e9v\u00e8le \u00e0 lui-<\/p>\n<p>m\u00eame, et y associe le monde, qui prend alors figure du fruit de son<\/p>\n<p>intellection (ou autres facult\u00e9s en exercice). C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;un discours<\/p>\n<p>de savoir vaut par l&rsquo;humanit\u00e9 qu&rsquo;il r\u00e9v\u00e8le et non par la \u00ab v\u00e9rit\u00e9 abso-<\/p>\n<p>lue \u00bb, sens\u00e9e dire (en langage d&rsquo;homme) ce que sont les choses intrin-<\/p>\n<p>s\u00e8quement, abstraction faite de l&rsquo;humanit\u00e9 qui s&rsquo;y est exerc\u00e9e.<\/p>\n<p>La logique humaniste est telle que l&rsquo;humanit\u00e9, qui est le lieu de<\/p>\n<p>son exercice en chacun et en tous, n&rsquo;est plus d\u00e9ni\u00e9e dans les fruits de<\/p>\n<p>cet exercice. Autrement dit, l&rsquo;appr\u00e9hension du monde et les r\u00e9alisa-<\/p>\n<p>tions de l&rsquo;homme sont irr\u00e9ductiblement humaines, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 sa<\/p>\n<p>mesure et de ses propres paroles, gestes ou perceptions et surtout<\/p>\n<p>\u00e9valuations. Si je dis ceci est grand, cela n&rsquo;a pas d&rsquo;autre sens que<\/p>\n<p>relativement \u00e0 mon appr\u00e9ciation. Si je dis cela fait 100 m\u00e8tres, cela ne<\/p>\n<p>veut rien dire \u00e0 moins que je me rappelle que les m\u00e8tres sont une<\/p>\n<p>mesure d&rsquo;invention humaine qui se convertit encore en pouces,<\/p>\n<p>coud\u00e9es, pieds&#8230;<\/p>\n<p>Par ailleurs, cette logique est telle que plus il y a \u00ab d&rsquo;humanit\u00e9 \u00bb<\/p>\n<p>dans le discours et les r\u00e9alisations humaines, plus f&rsquo;humanit\u00e9 s&rsquo;\u00e9difie;<\/p>\n<p>\u00e9ducation d&rsquo;autrui par des \u00ab guides en humanit\u00e9 \u00bb, \u00e9dification de celui<\/p>\n<p>qui oeuvre et qui prend ainsi sa mesure d&rsquo;humanit\u00e9 et l&rsquo;exalte,<\/p>\n<p>\u00e9dification du monde et d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 humanis\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire pleine<\/p>\n<p>d&rsquo;humanit\u00e9, \u00e9dification de l&rsquo;humanit\u00e9 en chacun par sa d\u00e9couverte et<\/p>\n<p>son exercice.<\/p>\n<p>217<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>7) Le culturalisme symboliste<\/p>\n<p>Le naturalisme objectiviste, juste \u00e0 contre sens, est un naturalisme<\/p>\n<p>mat\u00e9rialiste et organisciste (bas et droite de la carte). De m\u00eame le<\/p>\n<p>culturalisme symboliste est un culturalisme humaniste et personnaliste<\/p>\n<p>(haut et gauche de la carte). Le terme de culturalisme est choisi ici en<\/p>\n<p>un sens plus pr\u00e9cis, celui de cette logique explicative m\u00eame. C&rsquo;est, bien<\/p>\n<p>s\u00fbr aussi, une prise de position sur la culture. Proche de l&rsquo;humanisme,<\/p>\n<p>ce culturalisme le croise avec le personnalisme que l&rsquo;on \u00e9tudiera<\/p>\n<p>ensuite. Il rajoute \u00e0 l&rsquo;humanisme un sujet: la personne qui participe de<\/p>\n<p>l&rsquo;humanit\u00e9, mais pour se d\u00e9couvrir Etre, en conscience.<\/p>\n<p>Le culturalisme est tel que toute chose n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e en<\/p>\n<p>elle-m\u00eame mais pour ce qu&rsquo;elle signifie. La conscience de cela et des<\/p>\n<p>sens est ce que l&rsquo;on peut appeler symbolisation. De cette fa\u00e7on, toute<\/p>\n<p>chose n&rsquo;existe qu&rsquo;en tant que signifiante et a de ce fait nature et valeur<\/p>\n<p>symbolique, c&rsquo;est-\u00e0-dire culturelle, (fait de consensus).<\/p>\n<p>Or, ce que chaque chose signifie, ce par quoi elle est appr\u00e9hend\u00e9e,<\/p>\n<p>c&rsquo;est en lui-m\u00eame que l&rsquo;homme le trouve: son propre sens. Chaque<\/p>\n<p>chose est signifiante de l&rsquo;homme en son Etre et notre th\u00e9orie dirait: en<\/p>\n<p>son Instance. C&rsquo;est de ce fait m\u00eame, que la conscience (de sens et donc<\/p>\n<p>d&rsquo;Etre) peut appr\u00e9hender simultan\u00e9ment ce qui est sens commun \u00e0<\/p>\n<p>l&rsquo;homme et au monde, ou du moins le semble-t-il. C&rsquo;est cette cons-<\/p>\n<p>cience que l&rsquo;on peut qualifier de connaissance, qui est connaissance de<\/p>\n<p>soi, de son Etre d&rsquo;humanit\u00e9 et connaissance \u00ab intime \u00bb des choses du<\/p>\n<p>monde en tant que signifiantes.<\/p>\n<p>Cette appr\u00e9hension du monde ne se produit que dans un com-<\/p>\n<p>merce avec celui-ci (pas celui des marchands) et avec les autres. Il se<\/p>\n<p>r\u00e9v\u00e8le alors que c&rsquo;est dans un consensus entre hommes que s&rsquo;incarne<\/p>\n<p>chaque chose, signifiante ainsi des sens propres de chacun et des<\/p>\n<p>m\u00eames sens en consensus avec d&rsquo;autres.<\/p>\n<p>La symbolisation peut \u00eatre alors consid\u00e9r\u00e9e, d&rsquo;une part comme la<\/p>\n<p>cr\u00e9ation collective de signifiants qui constituent le monde existant,<\/p>\n<p>offrant d&rsquo;autre part en retour la possibilit\u00e9 d&rsquo;une \u00e9lucidation, connais-<\/p>\n<p>sance, conscience des sens, conscience d&rsquo;Etre. Elle permet ainsi au sujet<\/p>\n<p>d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 cette conscience d&rsquo;Etre, \u00e0 cette libert\u00e9 et cette singulari-<\/p>\n<p>sation que cette th\u00e9orie explicite. Elle passe ainsi par une conscience,<\/p>\n<p>d&rsquo;Etre transcendant \u00e0 toute r\u00e9alit\u00e9, y compris la sienne.<\/p>\n<p>Cette symbolisation collective, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9dification et la personnalisation<\/p>\n<p>d&rsquo;une culture. C&rsquo;est la constitution de l&rsquo;ensemble de ses signi-<\/p>\n<p>fiants, c&rsquo;est-\u00e0-dire ce qu&rsquo;elle juge \u00eatre la r\u00e9alit\u00e9 du monde pour elle.<\/p>\n<p>C&rsquo;est cette r\u00e9alit\u00e9 que le naturalisme positiviste juge, lui, \u00eatre \u00abla<\/p>\n<p>nature des choses\u00bb objectivement et sans autres cons\u00e9quences. La<\/p>\n<p>culture vit du jeu des signifiants, dont le langage fait partie comme<\/p>\n<p>facilitateur. Elle \u00e9volue par l&rsquo;innovation qui est cr\u00e9ation de signifiants<\/p>\n<p>nouveaux, c&rsquo;est-\u00e0-dire de nouveaux objets culturels, qu&rsquo;ils soient<\/p>\n<p>verbaux, conceptuels, mat\u00e9riels, utilitaires, etc&#8230;<\/p>\n<p>218<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>Cependant cela a une cons\u00e9quence, c&rsquo;est que cette cr\u00e9ation de<\/p>\n<p>signifiants nous les donne \u00e0 reconna\u00eetre ensuite comme tels, <\/p>\n<p>c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 s&rsquo;y reconna\u00eetre. Ainsi la r\u00e9alit\u00e9 de chaque culture, en tant<\/p>\n<p>qu&rsquo;ensemble de signifiants propres, m\u00e9diatise pour ses membres<\/p>\n<p>l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 eux-m\u00eames, par le consensus avec les autres et l&rsquo;\u00e9lucidation<\/p>\n<p>de ces sens. Dans le monde, cela se pr\u00e9sente comme le jeu de l&rsquo;exis-<\/p>\n<p>tence, jeu de manifestations personnelles dans des ensembles culturels.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme, en tant qu&rsquo;Instance, en est, collectivement, l&rsquo;auteur trans-<\/p>\n<p>cendant et s&rsquo;y d\u00e9couvre tel. Dans l&rsquo;existence de cette r\u00e9alit\u00e9 chaque<\/p>\n<p>chose vaut donc personnellement et culturellement. Le rapport Moi-<\/p>\n<p>Monde se fait par un consensus avec les autres constituant la culture<\/p>\n<p>dont l&rsquo;\u00e9lucidation est celle de la personnalit\u00e9 culturelle, consensus<\/p>\n<p>sp\u00e9cifique des personnalit\u00e9s individuelles.<\/p>\n<p>Ainsi, la culture se d\u00e9veloppe, pour ses membres, dans sa r\u00e9alit\u00e9 et<\/p>\n<p>ses objets signifiants, au fil de l&rsquo;exercice de l&rsquo;activit\u00e9 de ceux-ci,<\/p>\n<p>commerce entre eux et avec le monde. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ils font le monde<\/p>\n<p>(pour eux) par une activit\u00e9 qui est essentiellement de relations et de<\/p>\n<p>communications, activit\u00e9 que l&rsquo;on pourrait appeler \u00ab professionnelle \u00bb.<\/p>\n<p>La profession y est alors toujours profession de foi, c&rsquo;est-\u00e0-dire<\/p>\n<p>profession de soi autour d&rsquo;une activit\u00e9 signifiante, dont tous les gestes et<\/p>\n<p>les objets sont symboliques. C&rsquo;est toujours une profession culturelle<\/p>\n<p>s&rsquo;inscrivant dans un consensus avec d&rsquo;autres communaut\u00e9s de coop\u00e9-<\/p>\n<p>ration et de convivialit\u00e9.<\/p>\n<p>Ainsi chaque groupe d&rsquo;humains peut \u00eatre vu comme g\u00e9n\u00e9rateur de<\/p>\n<p>culture, porteur d&rsquo;une personnalit\u00e9 culturelle qui le signifie, culture qui<\/p>\n<p>leur est donn\u00e9e \u00e0 \u00e9lucider pour se conna\u00eetre en conscience d&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n<p>Toutes les activit\u00e9s et collectivit\u00e9s, selon cette logique, ressortis-<\/p>\n<p>sent de ce culturalisme symboliste.<\/p>\n<p>Il faut remarquer que l&rsquo;autonomie que procure la conscience<\/p>\n<p>personnelle y est obtenue par le partage culturel et donc une communion<\/p>\n<p>(consensus) avec les autres. Enfin r\u00e9p\u00e9tons que chaque objet du monde<\/p>\n<p>est donn\u00e9 \u00e0 lire comme symbolique, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 conna\u00eetre par ses<\/p>\n<p>sens, ceux des consensus, en nous. C&rsquo;est le cas de toutes ces produc-<\/p>\n<p>tions d&rsquo;objets du naturalisme positiviste, notamment, qui peuvent<\/p>\n<p>ainsi \u00eatre r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9s symboliquement, objets, concepts, lois \u00ab scien-<\/p>\n<p>tifiques \u00bb de la nature etc&#8230; Le culturalisme-symboliste peut avoir \u00e0<\/p>\n<p>\u00e9lucider m\u00eame les sens des autres logiques pour en permettre le dis-<\/p>\n<p>cernement et la conscience d&rsquo;en \u00eatre auteur comme Instance. Entrer en<\/p>\n<p>consensus est la condition d&rsquo;appr\u00e9hension-symbolisation et, l&rsquo;\u00e9lucida-<\/p>\n<p>tion, la condition requise pour \u00eatre libre de choisir. Les chapitres<\/p>\n<p>suivants, th\u00e9orie des Coh\u00e9rences et th\u00e9orie de la pratique en proposent<\/p>\n<p>l&rsquo;exercice.<\/p>\n<p>Enfin, cette perspective \u00e9pist\u00e9mologique permet de comprendre<\/p>\n<p>en quoi le monde est la premi\u00e8re Bible pour l&rsquo;homme, homologue \u00e0 la<\/p>\n<p>seconde, ce qui les rend l&rsquo;une et l&rsquo;autre r\u00e9v\u00e9latrices de l&rsquo;homme et du<\/p>\n<p>sens de son accomplissement.<\/p>\n<p>219<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>8) Le personnalisme<\/p>\n<p>La logique personnaliste se fonde dans l&rsquo;exp\u00e9rience subjective de<\/p>\n<p>l&rsquo;objectivit\u00e9, celle de la pr\u00e9sence d&rsquo;un sujet dans ses objets. Elle expli-<\/p>\n<p>que les choses par leur pr\u00e9sence qui se manifeste. Cette pr\u00e9sence<\/p>\n<p>manifeste est l&rsquo;expression de leur essence ou de leur Etre particulier,<\/p>\n<p>leur personne. Le monde est ainsi peupl\u00e9 d&rsquo;\u00eatres, c&rsquo;est un monde<\/p>\n<p>d&rsquo;\u00eatres manifest\u00e9s. Ce qui se pr\u00e9sente \u00e0 notre exp\u00e9rience n&rsquo;en est que<\/p>\n<p>l&rsquo;ensemble des manifestations. En tant que telles les manifestations<\/p>\n<p>sont l&rsquo;expression des propri\u00e9t\u00e9s caract\u00e9ristiques de chaque \u00eatre. Ainsi<\/p>\n<p>tout ce que pense, fait, exprime un homme est \u00ab pr\u00e9sentation \u00bb<\/p>\n<p>manifeste de ce qu&rsquo;il est comme personne. Il en est le sujet. De ce fait, selon<\/p>\n<p>cette logique, tout ce qui se pr\u00e9sente \u00e0 nous et que notre subjectivit\u00e9<\/p>\n<p>nous donne \u00e0 voir, est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;expression manifeste d&rsquo;un<\/p>\n<p>\u00eatre, ou d&rsquo;\u00eatres, dont l&rsquo;essentialit\u00e9 nous est ainsi signal\u00e9e sur le plan<\/p>\n<p>manifeste. C&rsquo;est une consid\u00e9ration d&rsquo;\u00e9vidence: ce que nous constatons<\/p>\n<p>par exp\u00e9rience, est. On peut s&rsquo;y fier. Cette logique est ainsi une logique<\/p>\n<p>de foi, telle que toute chose du monde et le monde lui-m\u00eame, tel qu&rsquo;il<\/p>\n<p>nous appara\u00eet, sont manifestations d&rsquo;\u00eatres et, \u00e9ventuellement, d&rsquo;un<\/p>\n<p>Etre divin \u00ab origine \u00bb du tout manifest\u00e9, origine de sa cr\u00e9ation qui le<\/p>\n<p>r\u00e9v\u00e8le. Ainsi, pour le personnalisme tel que nous en consid\u00e9rons la<\/p>\n<p>logique explicative, pour chaque chose pr\u00e9sente, un \u00eatre en r\u00e9pond, en<\/p>\n<p>est responsable: c&rsquo;est une personne.<\/p>\n<p>Le monde qui nous appara\u00eet r\u00e9v\u00e8le alors la pr\u00e9sence d&rsquo;\u00eatres<\/p>\n<p>personnels qui se manifestent a travers lui, comme si ne nous \u00e9tait<\/p>\n<p>pr\u00e9sent\u00e9 que l&rsquo;envers des choses o\u00f9, \u00e0 l&rsquo;endroit, en leur lieu propre, r\u00e9side<\/p>\n<p>le v\u00e9ritable sujet. C&rsquo;est cet \u00abentendement\u00bb qui nous r\u00e9v\u00e8le notre<\/p>\n<p>propre personne subjective, auteur de nos manifestations et constata-<\/p>\n<p>tions objectives. Cette perspective personnaliste nous permet de traiter<\/p>\n<p>toute chose comme si c&rsquo;\u00e9tait une personne dont les propri\u00e9t\u00e9s origi-<\/p>\n<p>nales nous seraient, en soi, inaccessibles, sinon par identification \u00e0<\/p>\n<p>partir de leur pr\u00e9sence, manifeste \u00e0 nos yeux.<\/p>\n<p>Chaque chose est ainsi unique et originale en tant que r\u00e9v\u00e9latrice<\/p>\n<p>d&rsquo;un \u00eatre particulier qui est l&rsquo;auteur de cette manifestation. Cela con-<\/p>\n<p>duit les hommes \u00e0 parler toujours d&rsquo;autorit\u00e9, se fiant \u00e0 leur subjec-<\/p>\n<p>tivit\u00e9, que toute expression r\u00e9v\u00e8le. Selon cette logique, je suis l&rsquo;auteur<\/p>\n<p>de tout ce par quoi je me manifeste et chaque chose que j&rsquo;exprime est<\/p>\n<p>une v\u00e9rit\u00e9 authentique puisqu&rsquo;elle me manifeste.<\/p>\n<p>Tout est v\u00e9rit\u00e9, alors, puisque fond\u00e9 dans son auteur: la personne,<\/p>\n<p>chaque Etre, l&rsquo;Etre sup\u00e9rieur, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;exprime, se manifeste. Le<\/p>\n<p>pronom r\u00e9fl\u00e9chi s&rsquo;applique bien au sujet qui s&rsquo;exprime dans le sujet<\/p>\n<p>exprim\u00e9. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul sujet au discours: l&rsquo;auteur qui le prononce<\/p>\n<p>et ainsi se prononce authentiquement. Nul ne peut ne pas \u00eatre authen-<\/p>\n<p>tique puisque sa pr\u00e9sence est manifeste en tout ce qu&rsquo;il exprime.<\/p>\n<p>Cette logique entra\u00eenera aussi \u00e0 se consid\u00e9rer, ainsi que chaque<\/p>\n<p>homme (par identification), comme sujet, auteur de ses manifestations:<\/p>\n<p>personne originale. En outre, tout objet d&rsquo;exp\u00e9rience, jusqu&rsquo;au<\/p>\n<p>220<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>monde entier ne pourra \u00eatre con\u00e7u que comme l&rsquo;expression d&rsquo;un \u00eatre<\/p>\n<p>\u00ab personnel \u00bb qui se pr\u00e9sente ainsi. Par exemple, il n&rsquo;y a d&rsquo;objets que<\/p>\n<p>de d\u00e9sir, si tel est le propre du sujet.<\/p>\n<p>Une question pourrait rester \u00e9ventuellement en suspend. Les \u00eatres<\/p>\n<p>sont-ils eux-m\u00eames cr\u00e9ation manifeste d&rsquo;un \u00eatre sup\u00e9rieur? A cette<\/p>\n<p>question ultime qui est ici sans r\u00e9ponse, \u00ab l&rsquo;animalisme \u00bb empirique<\/p>\n<p>r\u00e9pondra en r\u00e9duction par la possession. Le sujet d&rsquo;instincts et de<\/p>\n<p>pulsion est comme Dieu (ou Diable) par lequel il serait habit\u00e9, se<\/p>\n<p>confondant avec, quelque soit le nom de cette toute puissance ou toute<\/p>\n<p>impuissance qui l&rsquo;habite. Le culturalisme symbolique trouvera qu&rsquo;au-<\/p>\n<p>del\u00e0 de tout Etre et s&rsquo;y manifestant en personne humaine (Instances),<\/p>\n<p>r\u00e9side ce qui les fonde tous dans l&rsquo;Unit\u00e9. L&rsquo;Instant peut en \u00eatre un<\/p>\n<p>nom, un des noms de Dieu. La logique personnaliste n&rsquo;en conna\u00eet que<\/p>\n<p>le manifeste (\u00e9piphanies), elle ne discerne pas facilement ainsi, trans-<\/p>\n<p>cendance et immanence que seule la logique culturaliste symboliste<\/p>\n<p>peut diff\u00e9rencier.<\/p>\n<p>L&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 possible du personnalisme est qu&rsquo;il peut, aussi bien,<\/p>\n<p>avoir une version mat\u00e9rialiste, qu&rsquo;humaniste. Selon le cas, les mots<\/p>\n<p>eux-m\u00eames n&rsquo;ont plus les m\u00eames sens. Le personnalisme se fait com-<\/p>\n<p>plice de l&rsquo;animalisme, lorsque l&rsquo;homme y est rel\u00e9gu\u00e9 au rang d&rsquo;animal<\/p>\n<p>(dit ou non rationnel), soumis \u00e0 un Dieu d&rsquo;arbitraire, intervenant selon<\/p>\n<p>des impulsions bien humaines, sinon animales, pour s&rsquo;approprier cer-<\/p>\n<p>tains Etres aux prises avec les puissances diaboliques. Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;un<\/p>\n<p>personnalisme de la possession, dont seule, la conscience humaine<\/p>\n<p>personnelle peut discerner les sens pour ne pas s&rsquo;y laisser poss\u00e9der. Le<\/p>\n<p>remplacement de l&rsquo;absolutisme des pens\u00e9es mat\u00e9rialistes par le rela-<\/p>\n<p>tivisme humaniste, pour tout ce qui concerne le monde de l&rsquo;homme,<\/p>\n<p>est la condition pour retrouver un personnalisme culturaliste et sym-<\/p>\n<p>boliste, seul compatible avec la transcendance vivante de l&rsquo;homme et<\/p>\n<p>de Dieu, capable de r\u00e9soudre, pour l&rsquo;homme, l&rsquo;apparente contradiction<\/p>\n<p>d&rsquo;\u00eatre une cr\u00e9ature libre sans \u00eatre soi-m\u00eame un cr\u00e9ateur arbitraire.<\/p>\n<p>221<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>LA LOI ET L&rsquo;ORDRE<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est-ce que la loi et quels rapports l&rsquo;homme peut-il<\/p>\n<p>instaurer avec la loi?<\/p>\n<p>Diff\u00e9rents registres sont concern\u00e9s par cette question, o\u00f9<\/p>\n<p>le th\u00e8me de la loi prend diff\u00e9rents autres noms: r\u00e8gles, ordre,<\/p>\n<p>dogme, droit mais aussi peut \u00eatre libert\u00e9 et verit\u00e9 si l&rsquo;on<\/p>\n<p>retrouve un sens moins commun, celui de la loi juste.<\/p>\n<p>Parmi ces registres, rappelons celui de la loi morale, r\u00e8gle<\/p>\n<p>de vie et de relation; celui de la loi sociale, nationale; celui de<\/p>\n<p>la \u00abloi du p\u00e8re\u00bb que la psychanalyse invite \u00e0 voir comme<\/p>\n<p>fondatrice. Le dogme religieux n&rsquo;est-il pas encore loi? Et que<\/p>\n<p>dire des \u00ab lois de la nature \u00bb ou de la loi de la jungle avec ceux<\/p>\n<p>qui font la loi et ceux qui la subissent.<\/p>\n<p>Un travail de discernement avec la carte g\u00e9n\u00e9rale de<\/p>\n<p>coh\u00e9rence \u00ab \u00e9pist\u00e9mologique \u00bb conduit \u00e0 placer des rep\u00e8res<\/p>\n<p>dialectiques dont les combinaisons nous am\u00e8nerons \u00e0 exami-<\/p>\n<p>ner particuli\u00e8rement quatre types de lois et leurs enjeux pour<\/p>\n<p>l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>On verra ainsi qu&rsquo;une loi qui ne serait pas manifestation<\/p>\n<p>d&rsquo;autorit\u00e9 personnelle est lettre morte \u00e0 moins que l&rsquo;homme<\/p>\n<p>consente \u00e0 s&rsquo;y conformer, au p\u00e9ril de son \u00e2me. Une loi qui<\/p>\n<p>serait faite d&rsquo;interdits ou d&rsquo;obligations plut\u00f4t que de directives<\/p>\n<p>et d&rsquo;orientations ne ferait qu&rsquo;ali\u00e9ner l&rsquo;homme. C&rsquo;est ainsi tout<\/p>\n<p>le r\u00f4le \u00e9ducatif de la loi qui est alors en question, de m\u00eame que<\/p>\n<p>la justice.<\/p>\n<p>Un premier rep\u00e8re nous est donn\u00e9 par cette opposition<\/p>\n<p>entre une loi qui manifeste la d\u00e9termination de son auteur<\/p>\n<p>(personne ou collectivit\u00e9) en face d&rsquo;une loi purement formelle:<\/p>\n<p>structure ou ordre \u00e0 priori auquel il ne s&rsquo;agit que de se con-<\/p>\n<p>former.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une manifestation r\u00e9v\u00e9-<\/p>\n<p>latrice dont l&rsquo;observation am\u00e8ne \u00e0 son origine, son auteur, son<\/p>\n<p>sens, le consensus collectif qui s&rsquo;y exprime. Une telle loi n&rsquo;a<\/p>\n<p>d&rsquo;autre fonction que de rep\u00e9rage. Elle marque le lieu de l&rsquo;auto-<\/p>\n<p>rit\u00e9 et en exprime le sens ou l&rsquo;intention. Sa fonction n&rsquo;est que<\/p>\n<p>dans ce rep\u00e9rage \u00e0 partir duquel il est possible de participer ou<\/p>\n<p>non, ou aussi d&rsquo;assurer sa propre autorit\u00e9 exprimant sa propre<\/p>\n<p>loi ou encore assumant \u00e0 son compte la loi commune dans le<\/p>\n<p>partage d&rsquo;autorit\u00e9.<\/p>\n<p>La seconde, \u00e0 priori, n&rsquo;a pas pour fin d&rsquo;exprimer et de<\/p>\n<p>rep\u00e9rer mais d&rsquo;ordonner. C&rsquo;est la conformit\u00e9 qu&rsquo;elle propose,<\/p>\n<p>se faisant, mod\u00e8le, structure, \u00e0 vis\u00e9e de normalisation. Cette<\/p>\n<p>loi vise l&rsquo;arrangement des choses, des comportements, des<\/p>\n<p>222<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>LA LOI ET L&rsquo;ORDRE<\/p>\n<p>identit\u00e9s. Cet arrangement peut d&rsquo;ailleurs \u00eatre le reflet d&rsquo;une<\/p>\n<p>norme, choisie d\u00e9mocratiquement, destin\u00e9e \u00e0 se g\u00e9n\u00e9raliser.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une loi formelle, formellement \u00e9tablie, destin\u00e9e \u00e0 former<\/p>\n<p>le monde qui en est l&rsquo;objet.<\/p>\n<p>C&rsquo;est bien d&rsquo;un Etre objet qu&rsquo;il s&rsquo;agit, en \u00e9tant sujet \u00e0 cette<\/p>\n<p>loi. La loi de l&rsquo;Etat dans sa finalit\u00e9 d&rsquo;ordre, organisateur,<\/p>\n<p>administrateur, gestionnaire est de ce type, oppos\u00e9e ainsi aux<\/p>\n<p>lois personnelles dont les autorit\u00e9s sont auteurs, autoris\u00e9es ou<\/p>\n<p>non par ceux qu&rsquo;elles concernent; ce qui change tout.<\/p>\n<p>A la loi, ordre r\u00e9v\u00e9l\u00e9, et \u00e0 la loi ordre \u00e9tabli, il faut<\/p>\n<p>combiner une autre opposition dialectique. Celle-ci pr\u00e9sente<\/p>\n<p>en inverses: la loi ordre absolu qui oblige ou interdit et la loi<\/p>\n<p>ordre indicatif qui oriente et dirige.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re caract\u00e9ris\u00e9e par un ordre absolu n&rsquo;est plus<\/p>\n<p>qu&rsquo;\u00e0 ex\u00e9cuter. L&rsquo;ex\u00e9cution n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que condamna-<\/p>\n<p>tion directe ou par d\u00e9faut. C&rsquo;est bien de fatalit\u00e9 d&rsquo;une part, et<\/p>\n<p>de faute d&rsquo;autre part qu&rsquo;il s&rsquo;agit avec cette loi. Elle a pour<\/p>\n<p>fonction de confondre ou d&rsquo;exclure et s&rsquo;exerce dans la confu-<\/p>\n<p>sion des coupables ou (et) leur exclusion. Cette loi tranche et<\/p>\n<p>c&rsquo;est en son nom que les sanctions se font sections. Cette loi<\/p>\n<p>totalitaire r\u00e9duit l&rsquo;homme \u00e0 l&rsquo;ordre qu&rsquo;elle constate. Elle est<\/p>\n<p>toujours totalitaire et sa fonction est de condamner lorsque<\/p>\n<p>l&rsquo;homme n&rsquo;a pas chu assez vite \u00e0 ses pieds. Cette loi a ses<\/p>\n<p>coupables et ses coupeurs, ceux qui donnent les ordres qui ne<\/p>\n<p>restent qu&rsquo;\u00e0 ex\u00e9cuter avec les interdits qui y contraignent.<\/p>\n<p>A l&rsquo;inverse la loi directrice propose. Elle diff\u00e9rencie et<\/p>\n<p>discerne l&rsquo;ordre selon sa finalit\u00e9. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle guide et<\/p>\n<p>dirige, jalonnant les parcours, orientant les oeuvres. Cette loi<\/p>\n<p>est plut\u00f4t plan. Non pas plan \u00e0 ex\u00e9cuter, ni plan formel mais<\/p>\n<p>plan directeur. La loi \u00e9volue, mesure les directions et les<\/p>\n<p>valeurs. Elle juge, non en tranchant; mais en pond\u00e9rant, son<\/p>\n<p>r\u00f4le est ainsi de permettre le choix, l&rsquo;analyse, et aussi de<\/p>\n<p>donner la mesure selon le choix. La balance, symbole de jus-<\/p>\n<p>tice, pourrait alors \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme instrument de dis-<\/p>\n<p>cernement et non pas comme un fl\u00e9au fatal. Ainsi, donner des<\/p>\n<p>directives pour indiquer le chemin et donner des ordres pour<\/p>\n<p>ex\u00e9cution font-ils appel \u00e0 deux lois de sens inverse.<\/p>\n<p>Ces quatre types de lois rapidement pos\u00e9s, examinons<\/p>\n<p>leurs combinaisons, situant ainsi quatre sens pour quatre lois<\/p>\n<p>dont on envisagera la nature et les cons\u00e9quences.<\/p>\n<p>223<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>LA LOI ET L&rsquo;ORDRE<\/p>\n<p>1)La loi de la jungle ou loi du plus fort<\/p>\n<p>C&rsquo;est la loi de celui qui \u00abfait la loi\u00bb et l&rsquo;impose. Cela<\/p>\n<p>d\u00e9finit le pouvoir personnel dont la loi exprime l&rsquo;arbitraire. Le<\/p>\n<p>dictat, le bon vouloir, le fait du prince font loi et celle-ci doit<\/p>\n<p>\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e. Loi d&rsquo;autorit\u00e9 et loi absolue nous avons l\u00e0 la loi<\/p>\n<p>imp\u00e9riale et imp\u00e9rieuse. Elle s&rsquo;impose aux assuj\u00e9tis qu&rsquo;elle<\/p>\n<p>confond ou \u00e9limine avec l&rsquo;autorit\u00e9 qui la d\u00e9clare. Cette d\u00e9cla-<\/p>\n<p>ration se fera du m\u00eame coup volontiers au nom de tous, qui s&rsquo;y<\/p>\n<p>confondent, et \u00e0 rencontre des autres, qui s&rsquo;en excluent. Cette<\/p>\n<p>loi, toujours personnelle, est tr\u00e8s souvent \u00e9nonc\u00e9e au nom du<\/p>\n<p>peuple, de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat commun ou de la d\u00e9fense commune, elle<\/p>\n<p>d\u00e9fend la limite (et tranche) entre le propre (propri\u00e9t\u00e9) et<\/p>\n<p>l&rsquo;impropre (l&rsquo;autre). C&rsquo;est toujours une loi inique quelques<\/p>\n<p>soient ses termes. Il faut ranger dans ce sens la compr\u00e9hension<\/p>\n<p>courante du dogmatisme et de l&rsquo;antidogmatisme dogmatique,<\/p>\n<p>dans tous les domaines, du religieux au politique notamment.<\/p>\n<p>La loi qui r\u00e9v\u00e8le peut ainsi devenir violence inique si elle<\/p>\n<p>est combin\u00e9e avec un ordre n\u00e9cessaire et fatal, la loi absolue;<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire nous relate la fr\u00e9quence des ravages de cette loi<\/p>\n<p>d&rsquo;injustice au nom de Dieu, du peuple ou de personnes sacra-<\/p>\n<p>lis\u00e9es. L&rsquo;autorit\u00e9 qui inscrit ses fins dans la mat\u00e9rialit\u00e9 se fait<\/p>\n<p>pouvoir inique se sacralisant par la loi qu&rsquo;elle impose au nom<\/p>\n<p>d&rsquo;une toute puissance.<\/p>\n<p>2) La loi de la nature ou loi d&rsquo;\u00e9quilibre<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la violence de la loi pr\u00e9c\u00e9dente, celle-ci peut para\u00eetre<\/p>\n<p>rassurante, indiscutable, objective. C&rsquo;est bien l\u00e0 le drame.<\/p>\n<p>Elle combine le sens de la loi fatale et celui de la loi formelle,<\/p>\n<p>\u00e9liminant du m\u00eame coup l&rsquo;autorit\u00e9 personnelle. Il n&rsquo;y a plus<\/p>\n<p>d&rsquo;autorit\u00e9 donc plus de responsable et ainsi il s&rsquo;agit d&rsquo;une loi<\/p>\n<p>d&rsquo;irresponsabilit\u00e9. La Nature viendra comme caution d&rsquo;une loi<\/p>\n<p>qu&rsquo;il faudra bien quelque homme pour formuler. Les lois<\/p>\n<p>scientifiques, des sciences de la Nature, d&rsquo;une \u00ab nature humai-<\/p>\n<p>ne \u00bb, promues comme lois objectives r\u00e9gissant l&rsquo;ordre naturel,<\/p>\n<p>sont celles qui r\u00e8glent la circulation, l&rsquo;\u00e9volution et la nature<\/p>\n<p>m\u00eame des choses. Ainsi les lois de la m\u00e9canique r\u00e9gissent-elles<\/p>\n<p>le jeu des rouages des machines y compris la \u00abm\u00e9canique<\/p>\n<p>c\u00e9leste \u00bb et la m\u00e9canique corporelle des \u00eatres vivants. La loi<\/p>\n<p>r\u00e9git l&rsquo;\u00e9quilibre ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, y vise \u00e9quilibre au plus<\/p>\n<p>bas, par entropie, ou l&rsquo;inverse.<\/p>\n<p>Les th\u00e9ories sociales ou \u00e9conomiques se donnant comme<\/p>\n<p>lois de la nature sont de cet ordre. Elles ont pour fonction<\/p>\n<p>224<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>LA LOI ET L&rsquo;ORDRE<\/p>\n<p>l&rsquo;objectivation et comme m\u00e9thode l&rsquo;objectivit\u00e9. Quoi de<\/p>\n<p>moins subjectif? Quoi de moins arbitraire? Quoi de plus normal?<\/p>\n<p>Or ces lois de la nature ont comme caract\u00e9ristiques de ne<\/p>\n<p>pouvoir \u00eatre transgress\u00e9es sinon par faute contre-nature. Elles<\/p>\n<p>sont crit\u00e8res du bien et du mal, ind\u00e9pendamment pr\u00e9tendent-<\/p>\n<p>elles, de la subjectivit\u00e9 humaine. L&rsquo;homme est objet de nature,<\/p>\n<p>objet de ses lois n\u00e9cessaires. Obligations et interdits sanction-<\/p>\n<p>nent la conformit\u00e9 \u00e0 la loi. La loi objective qui se donne<\/p>\n<p>comme \u00ab v\u00e9rit\u00e9 \u00bb est lettre pure et \u00ab vent\u00e9 \u00bb absolue. Et cette<\/p>\n<p>lettre tue. Cette loi est meurtri\u00e8re de l&rsquo;esprit, du sens de<\/p>\n<p>l&rsquo;homme qui se d\u00e9nie et d\u00e9nie son r\u00f4le d&rsquo;auteur. La loi objec-<\/p>\n<p>tive ignore qu&rsquo;elle n&rsquo;est qu&rsquo;objectivation, relative \u00e0 son sujet,<\/p>\n<p>son auteur. C&rsquo;est aussi une loi totalitaire qui pr\u00eate \u00e0 l&rsquo;abandon<\/p>\n<p>de soi, l&rsquo;abandon de toute libert\u00e9 propre, l&rsquo;abandon d&rsquo;Etre,<\/p>\n<p>puisque tout est \u00e9crit dans la loi y compris dans la loi encore a<\/p>\n<p>conna\u00eetre.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rer la loi comme v\u00e9rit\u00e9 n\u00e9cessaire et formellement<\/p>\n<p>exacte ou la proposer comme telle \u00e9quivaut \u00e0 une ali\u00e9nation \u00e0<\/p>\n<p>un \u00ab ordre naturel des choses \u00bb, d\u00e9n\u00e9gation de l&rsquo;humanit\u00e9 en<\/p>\n<p>l&rsquo;homme, de la libert\u00e9 humaine, de tout devenir personnel<\/p>\n<p>contraire \u00e0 l&rsquo;ordre naturel, seul porteur de devenir et de son<\/p>\n<p>sens. Il n&rsquo;y a alors de fin pour l&rsquo;homme que l&rsquo;abandon \u00e0 la<\/p>\n<p>fatalit\u00e9 conform\u00e9ment \u00e0 la loi. Or le texte de cette loi peut \u00eatre<\/p>\n<p>juste en tant que loi humaine, authentique notamment. C&rsquo;est<\/p>\n<p>la consid\u00e9ration de ce qu&rsquo;est la loi et du rapport \u00e0 la loi qui est<\/p>\n<p>en question.<\/p>\n<p>Comme St Paul le r\u00e9p\u00e8te, la loi condamne par sa lettre.<\/p>\n<p>Pour qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;inverse elle justifie, la loi suppose la foi, d\u00e9j\u00e0 en<\/p>\n<p>l&rsquo;autorit\u00e9 de soi et de l&rsquo;auteur et aussi le discernement des<\/p>\n<p>directions du devenir (des esprits). Avant de passer \u00e0 cette loi<\/p>\n<p>\u00ab sainte \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire juste, il nous faut envisager un troisi\u00e8me<\/p>\n<p>cas, la loi de Raison.<\/p>\n<p>3) La loi de raison ou loi de droit<\/p>\n<p>Comme la loi de la nature, elle est aussi formelle et n&rsquo;est<\/p>\n<p>pas une loi d&rsquo;autorit\u00e9. Cependant elle n&rsquo;est plus ordre \u00e0 ex\u00e9-<\/p>\n<p>cuter, fatal ou n\u00e9cessaire mais direction indiqu\u00e9e, directive.<\/p>\n<p>La loi de raison \u00e9tablit des rapports ordonn\u00e9s selon des<\/p>\n<p>valeurs humaines. Elle est ainsi loi morale. Cependant elle<\/p>\n<p>pr\u00e9tend \u00eatre normative. Sa lettre est mod\u00e8le premier ou ultime<\/p>\n<p>de perfection \u00e0 laquelle il ne peut qu&rsquo;y avoir (normalement)<\/p>\n<p>conformation. L&rsquo;anormalit\u00e9 est ce qui n&rsquo;est pas conforme et<\/p>\n<p>enjoint de se rectifier. Les raisons de la loi sont conforme \u00e0 la<\/p>\n<p>225<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>LA LOI ET L&rsquo;ORDRE<\/p>\n<p>raison et, s&rsquo;il s&rsquo;agit bien de guide, d&rsquo;orientation, c&rsquo;est la g\u00e9o-<\/p>\n<p>graphie m\u00eame du chemin qui est propos\u00e9e \u00e0 parcourir et non<\/p>\n<p>l&rsquo;exp\u00e9rience humaine \u00e0 vivre. La rectitude est le rapport atten-<\/p>\n<p>du a la loi et celle ci est le droit ou l&rsquo;\u00e9tat du droit. Ce droit est<\/p>\n<p>directif, indicateur et s&rsquo;\u00e9crit dans sa lettre comme loi.<\/p>\n<p>A l&rsquo;oppos\u00e9 de la loi de Raison, la loi de la jungle ou du<\/p>\n<p>plus fort est celle ou le droit est enjeu d&rsquo;avoir. Avoir le droit,<\/p>\n<p>comme avoir raison: c&rsquo;est faire la loi. Ici le droit r\u00e9sulte d&rsquo;une<\/p>\n<p>norme collective, d\u00e9mocratique par exemple, et indique la<\/p>\n<p>bonne direction. Il est malheureusement notable que cette loi<\/p>\n<p>de droit et de raison est prise \u00e0 contre sens lorsque sont en jeu<\/p>\n<p>pouvoirs et avoirs. La loi de raison est alors appropri\u00e9e par le<\/p>\n<p>pouvoir et l&rsquo;autorit\u00e9.<\/p>\n<p>4) La loi juste, loi r\u00e9v\u00e9latrice en v\u00e9rit\u00e9<\/p>\n<p>C&rsquo;est toujours une loi directrice mais, cette fois aussi, une<\/p>\n<p>loi d&rsquo;autorit\u00e9. Elle indique le lieu et le sens de l&rsquo;autorit\u00e9.<\/p>\n<p>Indicatrice et rep\u00e8re elle joue un r\u00f4le de m\u00e9diation, tant pour<\/p>\n<p>la connaissance et reconnaissance de l&rsquo;auteur de la loi que pour<\/p>\n<p>la connaissance et reconnaissance de celui qui s&rsquo;y exerce com-<\/p>\n<p>me autorit\u00e9, libre et responsable. Il ne s&rsquo;agit donc plus d&rsquo;obli-<\/p>\n<p>gation absolue, ni de conformit\u00e9 \u00e0 la lettre mais au contraire<\/p>\n<p>d&rsquo;indications et de reconnaissance. La loi juste est \u00e0 la fois<\/p>\n<p>expression authentique et orientatrice vers la voie juste pour<\/p>\n<p>soi.<\/p>\n<p>C&rsquo;est en tant qu&rsquo;autorit\u00e9 libre et responsable que le rap-<\/p>\n<p>port \u00e0 la loi est possible ou plut\u00f4t c&rsquo;est ce qu&rsquo;il am\u00e8ne. Elle<\/p>\n<p>aide \u00e0 discerner la voie d&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme, recon-<\/p>\n<p>naissant son autorit\u00e9 propre et le sens de son devenir. Cela<\/p>\n<p>suppose que ce soit une loi d&rsquo;Homme mais aussi qu&rsquo;elle soit<\/p>\n<p>propos\u00e9e comme telle tout en indiquant, dans sa r\u00e9v\u00e9lation, la<\/p>\n<p>direction \u00e0 prendre.<\/p>\n<p>Telle peut \u00eatre la loi politique si elle r\u00e9v\u00e8le les sens du<\/p>\n<p>consensus et particuli\u00e8rement celui qui m\u00e8ne chacun \u00e0 se<\/p>\n<p>reconna\u00eetre auteur avec les autres de ce consensus.<\/p>\n<p>Telle peut \u00eatre la loi religieuse, sociale, familiale. Toute loi<\/p>\n<p>juste est \u00e9ducatrice et \u00e9dificatrice, r\u00e9v\u00e9latrice \u00e0 condition de<\/p>\n<p>n&rsquo;\u00eatre pas prise comme loi objective autonome. La loi juste est<\/p>\n<p>fruit de la connaissance qui ne doit \u00eatre d\u00e9tach\u00e9 de son arbre:<\/p>\n<p>l&rsquo;Homme. C&rsquo;est comme cela qu&rsquo;elle peut \u00eatre reconnue comme<\/p>\n<p>juste et f\u00e9conde. Il n&rsquo;y a pas de loi juste sans autorit\u00e9 qui guide<\/p>\n<p>et oriente.<\/p>\n<p>226<\/p>\n<p> <img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-712\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/png_File0190im.png?resize=341%2C500\" alt=\"File0190im.png\" align=\"center\" width=\"341\" height=\"500\" \/><\/p>\n<p>227<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES     <\/p>\n<p>EPISTEMOLOGIE DES SCIENCES HUMAINES       <\/p>\n<p>ET LEURS PRATIQUES                <\/p>\n<p>La multiplicit\u00e9 des sciences humaines et psychologiques<\/p>\n<p>t\u00e9moigne de la diversit\u00e9 des conceptions auxquelles sont con-<\/p>\n<p>front\u00e9es les pratiques. Il y a des pr\u00e9suppos\u00e9s qu&rsquo;il est bon de<\/p>\n<p>conna\u00eetre et de m\u00e9diter. La th\u00e9orie de l&rsquo;Instance et des Coh\u00e9-<\/p>\n<p>rences propose une analyse diff\u00e9rentielle des tendances \u00e9pis-<\/p>\n<p>t\u00e9mologiques o\u00f9 se situe le choix de la sienne propre.<\/p>\n<p>1) Epist\u00e9mologie de l\u00e0 question du sujet<\/p>\n<p>Lorsque les sciences humaines se pr\u00e9occupent de l&rsquo;homme,<\/p>\n<p>il est commun de lui attacher la d\u00e9nomination de \u00ab sujet \u00bb;<\/p>\n<p>un sujet serait une valeur particuli\u00e8re s&rsquo;opposant \u00e0 celle d&rsquo;objet.<\/p>\n<p>Il y a l\u00e0 cependant une multiplicit\u00e9 de compr\u00e9hensions de<\/p>\n<p>cette notion de \u00absujet\u00bb dont chacune est significative, \u00e0 la<\/p>\n<p>fois, d&rsquo;une \u00e9pist\u00e9mologie particuli\u00e8re et d&rsquo;un statut de l&rsquo;hom-<\/p>\n<p>me auquel s&rsquo;adressent les chercheurs et les praticiens.<\/p>\n<p>Quel est donc leur sujet?<\/p>\n<p>La th\u00e9orie de l&rsquo;Instance et des Coh\u00e9rences prend position<\/p>\n<p>sur cette question mais permet, en outre, de la situer parmi<\/p>\n<p>d&rsquo;autres positions \u00e9pist\u00e9mologiques.<\/p>\n<p>Les expressions choisies sont destin\u00e9es chacune \u00e0 \u00e9voquer<\/p>\n<p>le sens d&rsquo;une consid\u00e9ration particuli\u00e8re de l&rsquo;homme-sujet <\/p>\n<p>impliquant une approche scientifique diff\u00e9rente. La notion m\u00eame<\/p>\n<p>de science en est transform\u00e9e.<\/p>\n<p>Remarquons:<\/p>\n<p>&#8211; l&rsquo;opposition verticale entre un sujet diff\u00e9renci\u00e9 et un sujet<\/p>\n<p>isol\u00e9, une conception humaniste et une conception mat\u00e9rialiste<\/p>\n<p>de l&rsquo;homme,<\/p>\n<p>&#8211; l&rsquo;opposition horizontale: un sujet personnel original, poten-<\/p>\n<p>tiellement libre et responsable et un sujet qui n&rsquo;est que sujet \u00e0<\/p>\n<p>un ordre sup\u00e9rieur impersonnel qui le structure, auquel il est<\/p>\n<p>identifi\u00e9.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a qu&rsquo;un sujet personnel diff\u00e9renci\u00e9 (en haut \u00e0 gau-<\/p>\n<p>che) qui soit v\u00e9ritablement et le seul humain, auquel sont<\/p>\n<p>subordonn\u00e9s ses \u00ab objets \u00bb qui ne sont que les produits d&rsquo;une<\/p>\n<p>objectivation collective et culturelle.<\/p>\n<p>A l&rsquo;inverse (en bas \u00e0 droite) l&rsquo;homme en question n&rsquo;est<\/p>\n<p>que le r\u00e9sidu, produit par un syst\u00e8me de lois et m\u00e9canismes<\/p>\n<p>naturels dont les sciences humaines sauraient pr\u00e9dire les <\/p>\n<p>conditionnements, fatalement reconnaissables.<\/p>\n<p>228<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-713\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/png_File0192im.png?resize=344%2C500\" alt=\"File0192im.png\" align=\"center\" width=\"344\" height=\"500\" \/><\/p>\n<p>229<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>EPISTEMOLOGIE DES SCIENCES HUMAINES <\/p>\n<p>ET DE LEURS PRATIQUES<\/p>\n<p>Qui sommes-nous? Objets d&rsquo;\u00e9tudes ou sujets humains des<\/p>\n<p>sciences humaines.<\/p>\n<p>2) Epist\u00e9mologie de la question<\/p>\n<p>du changement<\/p>\n<p>Que ce soit en raison de difficult\u00e9s, que ce soit en raison<\/p>\n<p>d&rsquo;aspirations, d&rsquo;ambitions ou de n\u00e9cessit\u00e9s, nous voulons<\/p>\n<p>changer. Le changement de l&rsquo;homme qui int\u00e9resse le psycho-<\/p>\n<p>logue peut s&rsquo;appeler \u00e9ducation, gu\u00e9rison ou toute autre trans-<\/p>\n<p>formation. Seulement toute action de changement pr\u00e9suppose<\/p>\n<p>une certaine conception de ce qui change et de la nature de ce<\/p>\n<p>changement. C&rsquo;est sur de telles conceptions \u00e9pist\u00e9mologiques<\/p>\n<p>que reposent objectifs et strat\u00e9gies, projets et pratiques.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie de l&rsquo;Instance et des Coh\u00e9rences propose une<\/p>\n<p>consid\u00e9ration de l&rsquo;homme et de son devenir, du sens de ses<\/p>\n<p>changements. Elle propose aussi une analyse \u00e9pist\u00e9mologique<\/p>\n<p>de la question que l&rsquo;on peut esquisser.<\/p>\n<p>En quoi consiste le changement? Cela d\u00e9pend de la fa\u00e7on<\/p>\n<p>de concevoir le sujet. Il faut rapprocher les deux analyses pour<\/p>\n<p>r\u00e9pondre \u00e0 la question: quel changement pour quel sujet. On<\/p>\n<p>remarquera l&rsquo;opposition de sens entre deux conceptions du<\/p>\n<p>changement.<\/p>\n<p>En haut \u00e0 gauche sur la carte, il s&rsquo;agira de cultiver, autant<\/p>\n<p>que possible, ce qu&rsquo;il y a de meilleur en l&rsquo;homme, visant \u00e0<\/p>\n<p>l&rsquo;accomplissement de son humanit\u00e9. Cette \u00ab culture \u00bb est \u00e0 la<\/p>\n<p>fois personnelle et universelle. C&rsquo;est la culture de l&rsquo;humanit\u00e9<\/p>\n<p>en l&rsquo;homme, de ce qui est le plus humain, son Etre transcen-<\/p>\n<p>dant, son \u00abInstance\u00bb (Th\u00e9orie de l&rsquo;Instance).<\/p>\n<p>En bas \u00e0 droite, il s&rsquo;agira de rectification ou de gu\u00e9rison de<\/p>\n<p>ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme mauvais. Cette gu\u00e9rison proc\u00e9dera<\/p>\n<p>par \u00e9limination apr\u00e8s s\u00e9paration du mal ou par incorporation<\/p>\n<p>de l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment normal manquant (amputation\/proth\u00e8se).<\/p>\n<p>D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, tout changement am\u00e9liore l&rsquo;homme et, de<\/p>\n<p>l&rsquo;autre, le r\u00e9tablit comme objet individuel conditionn\u00e9. La<\/p>\n<p>gu\u00e9rison ne serait-elle pas quelquefois ali\u00e9nante? C&rsquo;est une<\/p>\n<p>question d\u00e9licate \u00e0 laquelle les pseudo \u00e9vidences m\u00e9canistes,<\/p>\n<p>rectificatrices ou r\u00e9gulatrices ne r\u00e9pondent pas.<\/p>\n<p>On notera que le changement s&rsquo;adresse toujours \u00e0<\/p>\n<p>l&rsquo;essentiel de l&rsquo;homme et le type de changement d\u00e9signe son<\/p>\n<p>essentiel. C&rsquo;est ainsi que s&rsquo;opposent horizontalement les<\/p>\n<p>conceptions \u00ab personnalistes \u00bb et tes conceptions \u00ab id\u00e9alistes \u00bb. Les<\/p>\n<p>230<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-714\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/png_File0194im.png?resize=308%2C500\" alt=\"File0194im.png\" align=\"center\" width=\"308\" height=\"500\" \/><\/p>\n<p>231<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>EPISTEMOLOGIE DES SCIENCES HUMAINES<\/p>\n<p>ET DE LEURS PRATIQUES<\/p>\n<p>premi\u00e8res ont foi dans les potentialit\u00e9s de l&rsquo;\u00eatre humain, les<\/p>\n<p>secondes croient en la validit\u00e9 formatrice des mod\u00e8les que le<\/p>\n<p>savoir procure.<\/p>\n<p>Entre le haut et le bas, s&rsquo;opposent encore l&rsquo;\u00e9dification de<\/p>\n<p>l&rsquo;homme et le retour revendique \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 fatale. Cela<\/p>\n<p>opposera les projets choisis, aux changements n\u00e9cessaires;<\/p>\n<p>autrement dit: la participation du sujet \u00e0 son changement ou sa<\/p>\n<p>soumission \u00e0 celui-ci.<\/p>\n<p>3) Epist\u00e9mologie de la m\u00e9thode<\/p>\n<p>la question de la pratique<\/p>\n<p>Les praticiens en sciences humaines, psychologues<\/p>\n<p>notamment, visent, comme tout un chacun dans son activit\u00e9, \u00e0<\/p>\n<p>contribuer \u00e0 un changement; c&rsquo;est l&rsquo;origine m\u00eame de cette<\/p>\n<p>activit\u00e9. C&rsquo;est alors que se pose le probl\u00e8me de la m\u00e9thode.<\/p>\n<p>Comment s&rsquo;exerce la pratique? Qu&rsquo;est-ce qui est agissant?<\/p>\n<p>Quel est le r\u00f4le de la m\u00e9thode? Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une question<\/p>\n<p>\u00e9pist\u00e9mologique. Des pr\u00e9suppos\u00e9s sous-tendent les pratiques<\/p>\n<p>effectives, pr\u00e9suppos\u00e9s qui r\u00e9v\u00e8lent ou dissimulent les th\u00e9ories<\/p>\n<p>et sciences de l&rsquo;homme, mais qui correspondent \u00e0 des consi-<\/p>\n<p>d\u00e9rations diff\u00e9rentes de l&rsquo;homme, du monde et de leurs <\/p>\n<p>changements. Comment cela op\u00e8re-t-il? La place du sujet, praticien<\/p>\n<p>comme client, y est en question.<\/p>\n<p>Sur l&rsquo;axe horizontal s&rsquo;opposent deux conceptions. Pour<\/p>\n<p>l&rsquo;une c&rsquo;est la relation personnelle et l&rsquo;implication du sujet qui<\/p>\n<p>est l&rsquo;essentiel. Pour l&rsquo;autre la m\u00e9thode consiste \u00e0 se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 un<\/p>\n<p>mod\u00e8le. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 la m\u00e9thode est un mode d&rsquo;activation et de<\/p>\n<p>relation, de l&rsquo;autre elle est un sch\u00e9ma dont \u00abl&rsquo;application\u00bb<\/p>\n<p>op\u00e8re. Qui est alors, le sujet de la m\u00e9thode? Dans le second<\/p>\n<p>domaine, les praticiens et clients en sont les objets. C&rsquo;est ce qui<\/p>\n<p>se passe quand le savoir pr\u00e9domine sur le r\u00e9el.<\/p>\n<p>Verticalement s&rsquo;opposent: la pratique d&rsquo;une m\u00e9thode qui<\/p>\n<p>est un artifice significatif, le guide d&rsquo;une d\u00e9marche, une<\/p>\n<p>discipline, et, \u00e0 l&rsquo;inverse: l&rsquo;action, m\u00e9thode consistant \u00e0 agir<\/p>\n<p>directement sur la substance des int\u00e9ress\u00e9s pour provoquer,<\/p>\n<p>par contre-coup, une r\u00e9action.<\/p>\n<p>La m\u00e9thode, ramen\u00e9e \u00e0 une technique, op\u00e8re logiquement<\/p>\n<p>selon les principes du rationalisme alors qu&rsquo;a l&rsquo;oppos\u00e9,<\/p>\n<p>l&#8217;empirisme propose une m\u00e9thode r\u00e9duite \u00e0 des coups: essais,<\/p>\n<p>erreurs.<\/p>\n<p>232<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-715\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/png_File0196im.png?resize=364%2C500\" alt=\"File0196im.png\" align=\"center\" width=\"364\" height=\"500\" \/><\/p>\n<p>233<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>EPISTEMOLOGIE DES SCIENCES HUMAINES<\/p>\n<p>ET DE LEURS PRATIQUES<\/p>\n<p>Les deux autres conceptions \u00e9pist\u00e9mologiques opposent<\/p>\n<p>deux types de pratiques totalement oppos\u00e9es.<\/p>\n<p>La position en bas \u00e0 droite est celle qui pr\u00e9suppose qu&rsquo;un<\/p>\n<p>probl\u00e8me se r\u00e9sout lorsque toutes choses sont en place, \u00e9qui-<\/p>\n<p>libr\u00e9es. L&rsquo;action se con\u00e7oit comme une mise en condition,<\/p>\n<p>l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une situation \u00e0 partir de laquelle tout va<\/p>\n<p>rentrer dans l&rsquo;ordre, m\u00e9caniquement. Le praticien est agent<\/p>\n<p>d&rsquo;une situation, d&rsquo;un processus plus ou moins codifi\u00e9 qu&rsquo;il met<\/p>\n<p>en place pour que s&rsquo;y int\u00e8gre son client en s&rsquo;y entra\u00eenant et s&rsquo;y<\/p>\n<p>effor\u00e7ant.<\/p>\n<p>A l&rsquo;inverse, il ne s&rsquo;agit pas de mise en place. La m\u00e9thode<\/p>\n<p>est un guide personnel pour le praticien et son client. Elle joue<\/p>\n<p>le r\u00f4le d&rsquo;un jeu de rep\u00e8res dans l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;un consensus<\/p>\n<p>interpersonnel, orient\u00e9 avec discernement par le praticien de<\/p>\n<p>mani\u00e8re \u00e0 ce que le client s&rsquo;y retrouve, avec une ma\u00eetrise<\/p>\n<p>suffisante pour accomplir ses potentialit\u00e9s, malgr\u00e9, \u00e9ventuel-<\/p>\n<p>lement, des difficult\u00e9s qui sont alors \u00e0 surmonter plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0<\/p>\n<p>gu\u00e9rir. La m\u00e9thode et le praticien n&rsquo;op\u00e8rent rien sur le client,<\/p>\n<p>mais l&rsquo;une sert de guide \u00e0 l&rsquo;autre pour que le troisi\u00e8me (client)<\/p>\n<p>progresse de lui-m\u00eame dans sa propre v\u00e9rit\u00e9. Aucun syst\u00e8me<\/p>\n<p>n&rsquo;est la v\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;homme mais c&rsquo;est l&rsquo;homme qui est le<\/p>\n<p>v\u00e9ritable sujet humain des syst\u00e8mes humains. Les m\u00e9thodes,<\/p>\n<p>comme les syst\u00e8mes, doivent \u00eatre resitu\u00e9s comme aides op\u00e9-<\/p>\n<p>ratoires personnelles et non comme mod\u00e8les op\u00e9rants.<\/p>\n<p>234<\/p>\n<p>III<\/p>\n<p>LA CARTE TELEOLOGIQUE<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me carte<\/p>\n<p>La carte t\u00e9l\u00e9ologique aide au discernement des diff\u00e9rentes fa\u00e7ons<\/p>\n<p>de se disposer pour arriver \u00e0 ses fins et donc, \u00e0 celui des processus et<\/p>\n<p>trajectoires op\u00e9rants, selon leur finalit\u00e9.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me carte g\u00e9n\u00e9rale de coh\u00e9rence combine les axes: Etre \/<\/p>\n<p>Non-Etre que l&rsquo;on placera en vertical et Int\u00e9riorisation \/ Ext\u00e9riorisation<\/p>\n<p>en horizontal. Le troisi\u00e8me axe articule les deux faces de cette<\/p>\n<p>carte, vers le Haut \/ vers le Bas, correspondant aux sens: El\u00e9vation \/<\/p>\n<p>R\u00e9duction qui traversent le plan de la carte.<\/p>\n<p>Une carte t\u00e9l\u00e9ologique correspond, selon ses sens, \u00e0 diff\u00e9rentes<\/p>\n<p>repr\u00e9sentations des origines et des fins et de ce qui les relie. C&rsquo;est donc<\/p>\n<p>une carte des devenirs et aussi des projets, projections dans le devenir<\/p>\n<p>des origines imagin\u00e9es.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi une carte de diff\u00e9rents types de causalit\u00e9s comme celle<\/p>\n<p>de diff\u00e9rents sens de la vie individuelle ou collective. On s&rsquo;apercevra<\/p>\n<p>que la question des \u00ab destin\u00e9es humaines \u00bb se trouve li\u00e9e \u00e0 celle de ce<\/p>\n<p>qui inaugure celles-ci et leur parcours. De ce fait c&rsquo;est, selon ses sens,<\/p>\n<p>diff\u00e9rents types de repr\u00e9sentations de la famille, hommes, femmes,<\/p>\n<p>enfants et des syst\u00e8mes politiques et institutionnels que cette carte<\/p>\n<p>permet notamment d&rsquo;analyser.<\/p>\n<p>En outre, la question religieuse appara\u00eetra, liant famille, politique,<\/p>\n<p>religion, institutions, dans une homologie dont les sens se trouvent<\/p>\n<p>dans cette carte, qui en d\u00e9ploie la palette des fins et des processus. Ce<\/p>\n<p>sont ces exemples que l&rsquo;on prendra pour illustrer cette troisi\u00e8me carte<\/p>\n<p>g\u00e9n\u00e9rale, dont nous allons d&rsquo;abord envisager les secteurs axiaux et les<\/p>\n<p>champs.<\/p>\n<p>235<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-716\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/png_File0199im.png?resize=304%2C500\" alt=\"File0199im.png\" align=\"center\" width=\"304\" height=\"500\" \/><\/p>\n<p>236<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>1) Les axes<\/p>\n<p>a) Le sens de la cr\u00e9ation et de la pr\u00e9sence<\/p>\n<p>Selon, aussi, l&rsquo;axe Etre, ce sens correspond \u00e0 une finalit\u00e9 de<\/p>\n<p>manifestation originale, personnelle, par laquelle se r\u00e9alise une \u00ab pr\u00e9-<\/p>\n<p>sence \u00bb. Etre pr\u00e9sent en est l&rsquo;\u00e9quivalent, lorsque cela s&rsquo;entend a la fois<\/p>\n<p>comme un \u00e9v\u00e9nement et comme l&rsquo;expression originale d&rsquo;un Etre par-<\/p>\n<p>ticulier. L&rsquo;origine se situe en l&rsquo;Etre, son d\u00e9sir ou son essence (Instance),<\/p>\n<p>dont l&rsquo;initiative est cr\u00e9atrice si la cr\u00e9ation n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que la<\/p>\n<p>manifestation originale authentique, incarnation ou expression de son<\/p>\n<p>auteur. Toute chose provient d&rsquo;un auteur d&rsquo;un sujet, vise \u00e0 le mani-<\/p>\n<p>fester, exprime sa pr\u00e9sence originale, sa v\u00e9rit\u00e9, sa \u00ab quiddit\u00e9 \u00bb. Etre au<\/p>\n<p>monde et l&rsquo;\u00e9prouver est la seule fin. Cet \u00e9v\u00e9nement que constitue<\/p>\n<p>chaque pr\u00e9sence peut \u00eatre envisag\u00e9 comme \u00ab le souffle de l&rsquo;esprit sur la<\/p>\n<p>mati\u00e8re \u00bb, comme \u00ab Parole incarn\u00e9e \u00bb. C&rsquo;est en quelque sorte la pr\u00e9-<\/p>\n<p>sence mat\u00e9rielle de l&rsquo;esprit, la repr\u00e9sentation du d\u00e9sir ou 1&rsquo;expression<\/p>\n<p>d&rsquo;une volont\u00e9, d&rsquo;une intention. C&rsquo;est comme cela que l&rsquo;Instance fait<\/p>\n<p>existence, comme \u00e9v\u00e9nement de cr\u00e9ation permanente.<\/p>\n<p>b) Le sens de la conformation et de l&rsquo;\u00e9volution<\/p>\n<p>A l&rsquo;oppos\u00e9 du pr\u00e9c\u00e9dent, l&rsquo;origine ici, est dans le mod\u00e8le, la<\/p>\n<p>structure de l&rsquo;Evolution. Le mouvement y consiste en un d\u00e9ploiement<\/p>\n<p>structurant. La finalit\u00e9 dans ce sens est la g\u00e9n\u00e9ralisation de l&rsquo;applica-<\/p>\n<p>tion de la structure \u00e0 toute chose. C&rsquo;est ce que l&rsquo;on appelera organiser,<\/p>\n<p>ordonner, arranger, sch\u00e9matiser, standardiser, normaliser, mod\u00e9liser.<\/p>\n<p>Tout cela revient \u00e0 tout rendre conforme, c&rsquo;est-\u00e0-dire structur\u00e9 selon la<\/p>\n<p>forme (structure) initiale. La d\u00e9multiplication d&rsquo;un module de base, le<\/p>\n<p>mouvement de cette conformation, on les retrouvera dans tous ces<\/p>\n<p>projets de \u00ab formation \u00bb, dont les mod\u00e8les sont pr\u00e9\u00e9tablis. Que ce soit<\/p>\n<p>formation d&rsquo;individus, formation d&rsquo;objets, formation de soci\u00e9t\u00e9s et<\/p>\n<p>d&rsquo;organismes, la seule fin est cette formation m\u00eame.<\/p>\n<p>C&rsquo;est donc dans les mim\u00e9sis que se trouve ici le principe de<\/p>\n<p>l&rsquo;\u00e9volution de toutes choses. Leur \u00ab condition \u00bb comme par exemple la<\/p>\n<p>\u00ab condition humaine \u00bb, la \u00ab condition \u00bb de chaque chose, sont la \u00ab rai-<\/p>\n<p>son\u00bb de son existence qui \u00e9volue en y \u00e9tant conform\u00e9e.<\/p>\n<p>c) Le sens de la relation ou de la continuit\u00e9<\/p>\n<p>Sens de l&rsquo;int\u00e9riorisation, il indique que la g\u00e9n\u00e9ration de toute<\/p>\n<p>chose est inscrite dans une conjonction, une relation. Conjoindre, c&rsquo;est<\/p>\n<p>donner et recevoir, alimenter et ing\u00e9rer; apporter et accueillir et c&rsquo;est<\/p>\n<p>ainsi que vont les choses depuis l&rsquo;origine jusqu&rsquo;\u00e0 leur fin. Alliance,<\/p>\n<p>conjugalit\u00e9, conjugaison, expriment le fait d&rsquo;aller ensemble, d&rsquo;\u00eatre<\/p>\n<p>237<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>reli\u00e9. Ce sens l\u00e0 se d\u00e9veloppe dans la religiosit\u00e9 qui consiste \u00e0 \u00eatre reli\u00e9<\/p>\n<p>aux autres et au monde et ainsi contribue \u00e0 une continuit\u00e9. La con-<\/p>\n<p>tinuit\u00e9 obtenue par association ou liaisons est en fait une expression de<\/p>\n<p>la finalit\u00e9 dans ce sens. G\u00e9n\u00e9rer la continuit\u00e9 est ainsi le sens de ces<\/p>\n<p>alliances, mariages, accouplements, rassemblements, qui tendent \u00e0 une<\/p>\n<p>communion intime, que le \u00ab repas de noce \u00bb symbolise aussi bien dans<\/p>\n<p>des rites, mythes, moeurs ou projets. C&rsquo;est dans ce sens que des liens<\/p>\n<p>relient toutes choses par lesquels elles se trouvent en continuit\u00e9 ou en<\/p>\n<p>association, g\u00e9n\u00e9rant le continuum d&rsquo;un univers auquel tous collaborent.<\/p>\n<p>Dans le langage de la th\u00e9orie il s&rsquo;agit ici de \u00abfaire consensus\u00bb<\/p>\n<p>pour g\u00e9n\u00e9rer 1&rsquo;existence et les \u00eatres continuement. Faire consensus se<\/p>\n<p>traduit dans 1&rsquo;existence par un acte d&rsquo;amour g\u00e9n\u00e9rateur.<\/p>\n<p>d) Le sens de la sp\u00e9culation ou de la discontinuit\u00e9<\/p>\n<p>II n&rsquo;y a plus l\u00e0 de liens entre les causes et les effets sinon al\u00e9atoires<\/p>\n<p>par hasard. Cest donc par sp\u00e9culation que l&rsquo;on peut atteindre ou<\/p>\n<p>obtenir les choses, ou qu&rsquo;elles peuvent arriver. Leur origine, comme<\/p>\n<p>leur arriv\u00e9e, ne sont dues qu&rsquo;au hasard et on ne peut que \u00abtenter le<\/p>\n<p>sort \u00bb. C est le sens d&rsquo;une consid\u00e9ration magique, sans perspective o\u00f9<\/p>\n<p>au coup par coup, il n&rsquo;y a rien d&rsquo;autre \u00e0 faire que des tentatives ou des<\/p>\n<p>essais. Ce sens est aussi de disjonction, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il tend \u00e0 dis-<\/p>\n<p>joindre toute chose, tout \u00e9v\u00e9nement de tous autres et \u00e0 \u00e9viter tout lien<\/p>\n<p>qui ne soit d\u00fb au hasard. Le processus de disjonction consiste \u00e0 risquer<\/p>\n<p>une mise pour \u00ab app\u00e2ter \u00bb le hasard ou le sort, afin d&rsquo;obtenir un lot. La<\/p>\n<p>vie est une loterie o\u00f9 il n&rsquo;arrive des choses que par hasard, c&rsquo;est-\u00e0-dire<\/p>\n<p>abstraction faite des sujets, qui ne peuvent \u00eatre la cause de quelque<\/p>\n<p>chose que par s\u00e9duction ou conjuration. Le rituel consiste \u00e0 sacrifier<\/p>\n<p>quelque bien pour tenter sa chance. Le sacrifice est l&rsquo;oppos\u00e9 de ce que<\/p>\n<p>l&rsquo;on attend, une perte pour un gain, un app\u00e2t pour une prise un<\/p>\n<p>investissement pour une r\u00e9ussite. C&rsquo;est une sorte de calcul de d\u00e9fi<\/p>\n<p>tentative et tentation dont la finalit\u00e9 al\u00e9atoire est d&rsquo;obtenir le gain. Jeu<\/p>\n<p>de hasard et coup du son, voil\u00e0 ici le sens de la vie dont la m\u00e9thode est<\/p>\n<p>de disjonction. C&rsquo;est dans ce sens que l&rsquo;on niera toute t\u00e9l\u00e9ologie,<\/p>\n<p>invoquant, \u00e0 la place, le hasard et la n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p>2) Les quatre champs<\/p>\n<p>a) Le champ de l&rsquo;engendrement<\/p>\n<p>Entre les sens de relation et de cr\u00e9ation, l&rsquo;engendrement indique<\/p>\n<p>1&rsquo;origine et la finalit\u00e9 des choses. C&rsquo;est dans une f\u00e9condation que se<\/p>\n<p>con\u00e7oivent les choses port\u00e9es vers leur naissance. La naissance y est<\/p>\n<p>une finalit\u00e9. Elle est le fruit d&rsquo;un engendrement et la source de nou-<\/p>\n<p>veaux engendrements. La vie est un perp\u00e9tuel engendrement dont le<\/p>\n<p>mouvement est cette perp\u00e9tuation. Se perp\u00e9tuer, perp\u00e9tuer les choses<\/p>\n<p>est 1&rsquo;activit\u00e9 qui porte des fruits, sources eux-m\u00eames de leur propre<\/p>\n<p>perp\u00e9tuation par f\u00e9condation. C&rsquo;est comme cela que se soutient le<\/p>\n<p>monde qui, de naissances en naissances, se pr\u00e9pare \u00e0 na\u00eetre. C&rsquo;est la<\/p>\n<p>238<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>finalit\u00e9 de chacun et de tous, le sens d&rsquo;un accomplissement qui aboutit<\/p>\n<p>\u00e0 une naissance. Conception, venue au monde, singularisation, sont les<\/p>\n<p>\u00e9tapes de ce \u00ab devenir pleinement Homme \u00bb. C&rsquo;est une sorte de matu-<\/p>\n<p>ration qui est le chemin ainsi trac\u00e9, la \u00ab vocation \u00bb de toute chose et de<\/p>\n<p>chacun.<\/p>\n<p>Le sens de l&rsquo;engendrement indique cette vocation de na\u00eetre et<\/p>\n<p>porter des fruits qui \u00e0 leur tour en porteront. C&rsquo;est une finalit\u00e9 de<\/p>\n<p>transmission, non pas \u00e0 l&rsquo;identique, mais de l&rsquo;essentiel pour un renou-<\/p>\n<p>vellement permanent.<\/p>\n<p>b) Le champ de l&rsquo;ascendance<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence combin\u00e9e \u00e0 la sp\u00e9culation et la disjonction, trouve sa<\/p>\n<p>finalit\u00e9 dans la d\u00e9monstration d&rsquo;une ascendance. Il s&rsquo;agit d&rsquo;imposer et<\/p>\n<p>de s&rsquo;imposer. Les choses \u00ab s&rsquo;imposent d&rsquo;elles-m\u00eames \u00bb. Elles sont arbi-<\/p>\n<p>traires et c&rsquo;est leur arbitraire qui les justifie. Libre arbitraire ou d\u00e9ci-<\/p>\n<p>sion arbitraire reviennent \u00e0 se fonder dans le droit absolu ou la loi.<\/p>\n<p>L&rsquo;origine est dans l&rsquo;exercice de cet arbitraire, \u00ab droit divin \u00bb, d\u00e9cision,<\/p>\n<p>volont\u00e9 absolue, actes l\u00e9gif\u00e9rants. Mais cet arbitraire s&rsquo;exerce sur une<\/p>\n<p>puissance qui y r\u00e9pond en s&rsquo;y soumettant et ex\u00e9cute ses volont\u00e9s. Le<\/p>\n<p>choix d\u00e9cisif est imposition d un ordre \u00e0 ce qui dispose de la puissance<\/p>\n<p>de l&rsquo;ex\u00e9cuter. Il est \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;un effet qui est la preuve de son<\/p>\n<p>pouvoir par l&rsquo;action effectu\u00e9e. Faire la preuve de cet ascendant est le<\/p>\n<p>sens de l&rsquo;activit\u00e9, dans ce champ o\u00f9 il s&rsquo;agit de prouver son existence<\/p>\n<p>propre en v\u00e9rifiant son pouvoir arbitraire. D\u00e9montrer, prouver, se<\/p>\n<p>distinguer, s&rsquo;imposer, d\u00e9cider, sont des fa\u00e7ons de se d\u00e9marquer et de<\/p>\n<p>tenter de ma\u00eetriser les choses en les dominant. C&rsquo;est ainsi que chacun<\/p>\n<p>doit s&rsquo;imposer de lui-m\u00eame comme s&rsquo;il \u00e9tait d\u00e9tenteur d&rsquo;un pouvoir<\/p>\n<p>absolu et distinct. Rien ne se con\u00e7oit qui ne soit ici l&rsquo;effet d&rsquo;un tel<\/p>\n<p>pouvoir.<\/p>\n<p>c) Le champ de la destination<\/p>\n<p>C&rsquo;est une fa\u00e7on de comprendre la question des finalit\u00e9s par la<\/p>\n<p>destination des choses. Le destin est aussi la condition, distribu\u00e9e au<\/p>\n<p>hasard, de laquelle chaque chose et chacun d\u00e9pend. Il est son identit\u00e9<\/p>\n<p>m\u00eame. Le sens de la vie et de ses activit\u00e9s est de se d\u00e9terminer,<\/p>\n<p>d&rsquo;arriver \u00e0 la meilleure destination possible. Celle-ci est un rang entre<\/p>\n<p>le bien et le mal, le bon et le mauvais. Toute activit\u00e9 et toute entreprise<\/p>\n<p>est donc une s\u00e9lection, une comp\u00e9tition destin\u00e9e au classement des<\/p>\n<p>choses et des individus, les uns par rapport aux autres, selon leur degr\u00e9<\/p>\n<p>de valeur entre bien et mal. Bonheur et malheur, bonne place et<\/p>\n<p>mauvaise place, bon rang, mauvais rang. La s\u00e9lection s&rsquo;op\u00e9rera comme<\/p>\n<p>une sanction de l&rsquo;effort, de l&rsquo;\u00e9preuve, r\u00e9v\u00e9lateurs de ce que \u00ab vaut \u00bb ce<\/p>\n<p>qui y est soumis. Il y a aussi une opposition entre, d&rsquo;une part,<\/p>\n<p>l&rsquo;\u00e9preuve, l&rsquo;effort investi, la peine et, d&rsquo;autre part, ce qui est attendu,<\/p>\n<p>tent\u00e9, la bonne destination. Chaque chose y est mesur\u00e9e et l&rsquo;existence<\/p>\n<p>est une course o\u00f9 il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00eatre mesur\u00e9 pour arriver \u00e0 destination.<\/p>\n<p>C&rsquo;est le sort de chacun qui d\u00e9pend de ces conditions.<\/p>\n<p>239<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>d) Le champ de la descendance<\/p>\n<p>La continuit\u00e9 et la relation g\u00e9n\u00e9ratrice deviennent, dans ce champ,<\/p>\n<p>reproduction par combinaison. A partir de mat\u00e9riaux ingr\u00e9dients,<\/p>\n<p>mat\u00e9riels auxquels s&rsquo;appliquent, moyens, recettes, \u00ab logiciels \u00bb, s&rsquo;ins-<\/p>\n<p>taure un m\u00e9canisme de production pour lequel les m\u00eames causes<\/p>\n<p>produisent les m\u00eames effets. C&rsquo;est ainsi que des machines reproduc-<\/p>\n<p>trices assurent les filiations, les successions de produits, qui s&rsquo;encha\u00eenent<\/p>\n<p>selon une lign\u00e9e. La finalit\u00e9 est donc la continuation d&rsquo;un mod\u00e8le,<\/p>\n<p>sa duplication ou reproduction. C&rsquo;est alors le champ de la conservation<\/p>\n<p>de la tradition et des mod\u00e8les \u00e9tablis, par le biais de m\u00e9canismes, de<\/p>\n<p>proc\u00e9dures et par des voies appropri\u00e9es. Poursuivre la tradition, <\/p>\n<p>r\u00e9p\u00e9ter ce qui pr\u00e9c\u00e8de, utiliser les m\u00eames combinaisons, les m\u00eames<\/p>\n<p>processus est la fin et la cause de la descendance.<\/p>\n<p>Son enjeu est la production de biens mat\u00e9riels, de soi-m\u00eame, de<\/p>\n<p>toute chose qui se produit et se reproduit, pour assurer la continuit\u00e9<\/p>\n<p>par g\u00e9n\u00e9rations successives et la g\u00e9n\u00e9ralisation de prototypes. A <\/p>\n<p>l&rsquo;oppos\u00e9 de l&rsquo;ascendance, ou tout advient par d\u00e9cision arbitraire, ici tout se<\/p>\n<p>produit par fabrication selon des modalit\u00e9s et des mod\u00e8les \u00e9tablis. Il<\/p>\n<p>n&rsquo;y a pas de surprise dans les r\u00e9sultats obtenus par des processus<\/p>\n<p>r\u00e9p\u00e9titifs. Les m\u00eames moyens aboutissent aux m\u00eames fins et, ici, la fin<\/p>\n<p>veut les moyens et ceux ci d\u00e9terminent les fins. L&rsquo;origine et la fin sont<\/p>\n<p>identiques.<\/p>\n<p>Cette carte t\u00e9l\u00e9ologique nous permet de consid\u00e9rer particuli\u00e8re-<\/p>\n<p>ment diff\u00e9rentes repr\u00e9sentations des syst\u00e8mes socio-politiques, reli-<\/p>\n<p>gieux et institutionnels en commen\u00e7ant par la famille.<\/p>\n<p>Sur le plan religieux, par exemple, on verra s&rsquo;opposer religions et<\/p>\n<p>superstitions sur l&rsquo;axe relation \/ sp\u00e9culation. Les unes se caract\u00e9risent<\/p>\n<p>par une finalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ratrice et d&rsquo;alliance, les autres par leur caract\u00e8re<\/p>\n<p>sp\u00e9culatif, assorti de rituels magiques, sacrificiels.<\/p>\n<p>Sur l&rsquo;autre axe s&rsquo;opposeront th\u00e9ologies apophatiques et katapha-<\/p>\n<p>tiques, celles o\u00f9 le monde est parole divine et celles o\u00f9 il est arran-<\/p>\n<p>gement \u00e9voluant vers une conformation \u00e0 la perfection des \u00ab mod\u00e8-<\/p>\n<p>les \u00bb divins. Les m\u00eames sens conviennent aussi bien aux projections<\/p>\n<p>(projets et repr\u00e9sentations) profanes ou sacr\u00e9es qui se retrouvent<\/p>\n<p>homologues. C&rsquo;est dire que dans une m\u00eame population, chaque type<\/p>\n<p>d&rsquo;institution, par son sens, pr\u00e9dit les autres. C&rsquo;est pour cela que l&rsquo;on a<\/p>\n<p>toujours cherch\u00e9 \u00e0 lier ou disjoindre politique, famille, religion, orga-<\/p>\n<p>nisations sociales, qui s&rsquo;occupent toutes des m\u00eames questions, r\u00e9v\u00e9lant<\/p>\n<p>l&rsquo;imaginaire des origines, des fins et de leur rapport pour chaque<\/p>\n<p>population.<\/p>\n<p>240<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>TELEOLOGIES DE LA FAMILLE<\/p>\n<p>Examinons sommairement, dans quatre sens diff\u00e9rents, ce<\/p>\n<p>que pourraient en \u00eatre la finalit\u00e9, le r\u00f4le des hommes et des<\/p>\n<p>femmes et la place des enfants.<\/p>\n<p>L&rsquo;engendrement &#8211; La famille est un milieu de conception,<\/p>\n<p>gestation, naissance o\u00f9 s&rsquo;accomplit chacun de ses membres<\/p>\n<p>selon sa vocation:<\/p>\n<p>&#8211; Homme: s\u00e8me, rep\u00e8re, indique, \u00e9claire,<\/p>\n<p>&#8211; Femme: refuge, gardienne du foyer, nourrici\u00e8re,<\/p>\n<p>&#8211; Enfant: fruit qui, \u00e0 son tour, fondera un foyer d&rsquo;engendre-<\/p>\n<p>ment.<\/p>\n<p>Il ne faut voir l\u00e0 que des indications selon un sens bien<\/p>\n<p>sp\u00e9cifique qui ne correspond gu\u00e8re au monde contemporain<\/p>\n<p>qui risque de comprendre tout cela \u00e0 contre-sens.<\/p>\n<p>La famille est ici comme la m\u00e8re: espace, matrice d&rsquo;en-<\/p>\n<p>gendrement, qu&rsquo;il ne faut pas lire de fa\u00e7on organique mais<\/p>\n<p>symbolique. C&rsquo;est donc de sa m\u00e8re puis de sa famille, etc&#8230;que<\/p>\n<p>chacun na\u00eet, \u00e0 l&rsquo;enfance puis \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte pour continuer de<\/p>\n<p>s&rsquo;engendrer en engendrant \u00e0 son tour en famille et en toutes<\/p>\n<p>activit\u00e9s. Selon qu&rsquo;il est homme ou femme, la fa\u00e7on en sera<\/p>\n<p>diff\u00e9rente mais le fruit na\u00eetra toujours de leur conjugaison.<\/p>\n<p>L&rsquo;ascendance &#8211; La famille est un domaine d&rsquo;exercice et de<\/p>\n<p>d\u00e9monstration d&rsquo;ascendance. L&rsquo;homme en sera le chef qui<\/p>\n<p>d\u00e9cide, parle et fait la loi. La femme, investie de la puissance,<\/p>\n<p>ex\u00e9cute, fait, peut. L&rsquo;enfant est un intrus, prolongement de la<\/p>\n<p>femme, preuve de son efficience, mesure du patrimoine de<\/p>\n<p>l&rsquo;homme, preuve de sa domination.<\/p>\n<p>Dans ce type de famille, il faut souligner que si l&rsquo;homme<\/p>\n<p>en est le chef, la femme domin\u00e9e en est la puissance, plus ou<\/p>\n<p>moins mena\u00e7ante et donc \u00e0 ma\u00eetriser. Leur opposition distin-<\/p>\n<p>gue l&rsquo;ascendance sp\u00e9cifique de chacun. L&rsquo;enfant n&rsquo;y est rien en<\/p>\n<p>lui-m\u00eame, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il soit adulte.<\/p>\n<p>La destination &#8211; La famille est en perp\u00e9tuelle dislocation.<\/p>\n<p>En effet, elle se pr\u00e9sente comme une condition subalterne dont<\/p>\n<p>il faut se disjoindre pour trouver sa place.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme y a le beau r\u00f4le qui est toujours mis en jeu et la<\/p>\n<p>femme y a le moins bon et revendique un meilleur sort. Leur<\/p>\n<p>rapport est de comp\u00e9tition, chacun pour soi et entre eux, pour<\/p>\n<p>arriver \u00e0 leur meilleur classement d&rsquo;homme et de femme.<\/p>\n<p>L&rsquo;enfant y est un handicap; pour la femme, elle-m\u00eame han-<\/p>\n<p>dicap\u00e9e, qui y trouve obstacle ou compensation; pour la famil-<\/p>\n<p>le elle-m\u00eame, pour la participation de ses membres disjoints \u00e0<\/p>\n<p>241<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>TELEOLOGIES DE LA FAMILLE<\/p>\n<p>la course g\u00e9n\u00e9rale. L&rsquo;enfant est aussi un handicap\u00e9 qui devra<\/p>\n<p>faire beaucoup d&rsquo;efforts et qui, d&rsquo;\u00e9preuves en \u00e9preuves, de<\/p>\n<p>classement en classement, acc\u00e9dera \u00e0 son tour \u00e0 la s\u00e9lection<\/p>\n<p>naturelle selon sa valeur et ses m\u00e9rites. C&rsquo;est selon ceux-ci que<\/p>\n<p>comme tout un chacun, il sera puni ou r\u00e9compens\u00e9, re\u00e7u ou<\/p>\n<p>\u00e9limine, \u00e9chouera ou r\u00e9ussira dans la vie. Le but c&rsquo;est d&rsquo;arriver.<\/p>\n<p>La descendance &#8211; La famille est la cellule de reproduction<\/p>\n<p>sociale, de conservation de l&rsquo;esp\u00e8ce et de maintien de la<\/p>\n<p>tradition. L&rsquo; homme est celui dont le nom se transmet de p\u00e8re<\/p>\n<p>en fils. C est le mod\u00e8le qui se reproduit dans une filiation, par<\/p>\n<p>l&rsquo;interm\u00e9diaire le moyen de la femme, \u00abmachine reproduc-<\/p>\n<p>trice \u00bb du mod\u00e8le initial. L&rsquo;enfant est reproduction du p\u00e8re<\/p>\n<p>auquel il succ\u00e8de s&rsquo;il est gar\u00e7on. La fille est reproduction de la<\/p>\n<p>m\u00e8re dont elle reprendra ailleurs le r\u00f4le. Il y a ainsi une double<\/p>\n<p>cha\u00eene de reproduction: les hommes, par l&rsquo;interm\u00e9diaire des<\/p>\n<p>femmes dont ils disposent, des femmes qui entretiennent<\/p>\n<p>1&rsquo;appareil de reproduction: traditions, recettes etc<\/p>\n<p>TELEOLOGIES DES SYSTEMES POLITIQUES<\/p>\n<p>A quoi sert un syst\u00e8me politique, sinon \u00e0 conduire un<\/p>\n<p>monde a ses fins derni\u00e8res en fonction de ses origines pre-<\/p>\n<p>mi\u00e8res.                                            <\/p>\n<p>A quoi sert un syst\u00e8me politique, sinon \u00e0 conduire un<\/p>\n<p>monde \u00e0 ses fins derni\u00e8res en fonction de ses origines pre-<\/p>\n<p>mi\u00e8res.                                            <\/p>\n<p>On examinera particuli\u00e8rement la question du pouvoir<\/p>\n<p>ses justifications, son action et celle des populations concern\u00e9es.<\/p>\n<p>a) Le champ de l&rsquo;engendrement.<\/p>\n<p>C&rsquo;est certainement l&rsquo;un de ceux qui peut malheureuse-<\/p>\n<p>ment nous para\u00eetre aujourd&rsquo;hui le plus \u00e9tranger. Le gouver-<\/p>\n<p>nement y serait celui d&rsquo;un \u00ab p\u00e8re de la nation \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire un<\/p>\n<p>pasteur, un guide, un rep\u00e8re; en fait un p\u00e8re symbolique et non<\/p>\n<p>pas r\u00e9el comme certains pourraient l&rsquo;avoir confondu. Cela<\/p>\n<p>pourrait \u00eatre un r\u00f4le de pharaon, de roi ou de pr\u00e9sident \u00e0<\/p>\n<p>condition de n&rsquo;\u00eatre que le repr\u00e9sentant symbolique de l&rsquo;hu-<\/p>\n<p>manit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e, homme et \/ ou femme, ma\u00eetre \u00e8s<\/p>\n<p>humanit\u00e9. La population d&rsquo;une telle nation est comme une<\/p>\n<p>communaut\u00e9 \u00ab familiale \u00bb, foyer de f\u00e9condation, d&rsquo;engendre-<\/p>\n<p>ment, de conception et de naissance de ses fils et filles.<\/p>\n<p>Le rapport gouvernement \/ nation peut \u00eatre symbolique-<\/p>\n<p>ment \u00e9quivalent au rapport homme \/ femme dans la famille,<\/p>\n<p>leurs fruits ne leur appartiennent pas mais s&rsquo;appartiennent, ce<\/p>\n<p>sont les personnes humaines.<\/p>\n<p>242<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>TELEOLOGIES DES SYSTEMES POLITIQUES<\/p>\n<p>b) Le champ de l&rsquo;ascendance.<\/p>\n<p>C&rsquo;est au nom du peuple et de sa puissance que le dictateur<\/p>\n<p>gouverne, dictant ses dictats et sa loi. Le gouvernement fait la<\/p>\n<p>loi, la population l&rsquo;ex\u00e9cute. Royaut\u00e9s, republiques, empires,<\/p>\n<p>d\u00e9mocraties populaires, elles se retrouvent toutes dans la<\/p>\n<p>n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un pouvoir central (ou d\u00e9centralis\u00e9) portant sur un<\/p>\n<p>territoire qui est son domaine. Il s&rsquo;y impose en s&rsquo;opposant au<\/p>\n<p>peuple dont il d\u00e9tient la puissance et dont il re\u00e7oit la preuve de<\/p>\n<p>son ascendance, divine ou sacr\u00e9e, absolue, quelles qu&rsquo;en soient<\/p>\n<p>la justification et les nuances possibles.<\/p>\n<p>Tout sera diff\u00e9rent selon la personnalit\u00e9 du tyran qui<\/p>\n<p>marque de sa sp\u00e9cificit\u00e9 son r\u00e8gne, en \u00e9tant tr\u00e8s soucieux des<\/p>\n<p>marques qu&rsquo;il impose: monuments, lois, faits, etc&#8230; L&rsquo;\u00e9vidente<\/p>\n<p>n\u00e9cessit\u00e9 de ce pouvoir central n&rsquo;a de cesse de se d\u00e9montrer en<\/p>\n<p>imposant son arbitraire en toute impuissance propre, trans-<\/p>\n<p>form\u00e9e en toute puissance par le domaine et la population o\u00f9 il<\/p>\n<p>s&rsquo;exerce. La seule mesure est celle du bon vouloir, quels que<\/p>\n<p>soient les artifices qui pr\u00e9c\u00e8dent ses d\u00e9cisions, y compris les<\/p>\n<p>consultations populaires.<\/p>\n<p>c) Le champ de la destination.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ici le champ de la \u00ab m\u00e9ritocratie \u00bb. La nation, le<\/p>\n<p>monde ne sont qu&rsquo;un immense champ de courses o\u00f9 r\u00e8gne<\/p>\n<p>l&rsquo;esprit de comp\u00e9tition. De ce fait, le chef d&rsquo;\u00e9tat ou de<\/p>\n<p>gouvernement ne r\u00e8gne plus, il g\u00e8re. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs selon ses<\/p>\n<p>comp\u00e9tences et ses m\u00e9rites qu&rsquo;il est \u00e0 sa place apr\u00e8s une longue<\/p>\n<p>course d&rsquo;obstacle et une s\u00e9v\u00e8re s\u00e9lection. Ce sont ceux qui ont<\/p>\n<p>r\u00e9ussi aux concours les plus difficiles qui administrent le<\/p>\n<p>champ de course. Leur r\u00f4le consiste \u00e0 organiser les \u00e9preuves et,<\/p>\n<p>\u00e0 distribuer les sanctions, titres, dipl\u00f4mes, \u00e9liminations, re-<\/p>\n<p>doublements qui donnent acc\u00e8s aux meilleures ou aux plus<\/p>\n<p>mauvaises places. Le gouvernant est cens\u00e9 agir. non par lui-<\/p>\n<p>m\u00eame, mais par la comp\u00e9tence et la place auquel il a acc\u00e9d\u00e9. Il<\/p>\n<p>n&rsquo;est pas fondamentalement diff\u00e9rent du peuple qui se r\u00e9partit<\/p>\n<p>sur le damier des places et des classes, o\u00f9 simplement il occupe<\/p>\n<p>provisoirement la plus \u00e9lev\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;une nouvelle<\/p>\n<p>\u00e9preuve l&rsquo;\u00e9limine ou le trouve d\u00e9pass\u00e9. Toute l&rsquo;organisation<\/p>\n<p>politique se fonde sur des rapports de comp\u00e9tition ou chacun<\/p>\n<p>s&rsquo;entra\u00eene et s&rsquo;\u00e9prouve \u00e0 sa place pour avoir droit \u00e0 une<\/p>\n<p>meilleure.<\/p>\n<p>243<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>TELEOLOGIES DES SYSTEMES POLITIQUES &#8211;<\/p>\n<p>d) Le champ de la descendance.<\/p>\n<p>Il y a l\u00e0 deux types de pouvoirs, celui du gouvernement et<\/p>\n<p>celui de l&rsquo;appareil social ou d&rsquo;\u00e9tat. Celui-ci est l&rsquo;appareil ou<\/p>\n<p>machine reproductrice de la succession des gouvernements.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un appareil de (re)production et ce syst\u00e8me politique<\/p>\n<p>tend \u00e0 se localiser dans les appareils de production dont il se<\/p>\n<p>dote et qui doivent s&rsquo;entretenir et se reproduire eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>Fabriques, administrations, \u00e9tat, machines et machineries di-<\/p>\n<p>verses ont cet office et, notamment, la cit\u00e9 et ses citoyens.<\/p>\n<p>Ceux-ci sont donc toujours citoyens d&rsquo;un appareil de produc-<\/p>\n<p>tion qui n&rsquo;a d&rsquo;autre fin que le maintien de la tradition avec la<\/p>\n<p>reproduction de l&rsquo;appareil: \u00e9tat, cit\u00e9, manufacture&#8230; lui-m\u00eame<\/p>\n<p>reproduisant le pouvoir de p\u00e8re en fils. Le gouvernement n&rsquo;a<\/p>\n<p>ainsi d&rsquo;autre fin que de manoeuvrer l&rsquo;appareil politique de<\/p>\n<p>production pour assurer la continuation du m\u00eame pouvoir,<\/p>\n<p>c&rsquo;est-\u00e0-dire sa succession. Il n&rsquo;y a pas de peuple. En dehors de<\/p>\n<p>cette machinerie, il n&rsquo;y a que mati\u00e8res premi\u00e8res pour<\/p>\n<p>alimenter l&rsquo;appareil, c&rsquo;est-\u00e0-dire esclaves non citoyens. Ceux-ci<\/p>\n<p>peuvent alors aspirer \u00e0 devenir citoyens-bourgeois, c&rsquo;est-\u00e0-dire<\/p>\n<p>rouages de la machine \u00abservie\u00bb et \u00abr\u00e9gie\u00bb par le pouvoir<\/p>\n<p>d&rsquo;\u00e9tat ou industriel et ses grands commis. C&rsquo;est l&rsquo;univers de la<\/p>\n<p>technocratie politique.<\/p>\n<p>Ces repr\u00e9sentations politiques peuvent \u00eatre transpos\u00e9es<\/p>\n<p>dans toutes les institutions, r\u00e9v\u00e9lant ainsi leurs finalit\u00e9s et leur<\/p>\n<p>ligne de conduite. On constate que, dans le bas de la cane, on<\/p>\n<p>trouve des organisations \u00ab modernes \u00bb caract\u00e9ris\u00e9es par la<\/p>\n<p>mim\u00e9sis de conformit\u00e9, notamment celle du modernisme, o\u00f9<\/p>\n<p>les gouvernants ne sont pas sens\u00e9s \u00eatre l\u00e0 en personne, mais<\/p>\n<p>pour d\u00e9velopper un certain ordre des choses. Ce sont des<\/p>\n<p>gestionnaires. En haut, c&rsquo;est en personne qu&rsquo;ils r\u00e9gnent, soit \u00e0<\/p>\n<p>gauche (de la cane), au service des autres, soit \u00e0 droite pour<\/p>\n<p>s&rsquo;imposer \u00e0 eux.<\/p>\n<p>Les projets et vocations humaines trouveront l\u00e0 le sens de<\/p>\n<p>leur entreprise:<\/p>\n<p>&#8211; Semer, engendrer, concevoir, porter \u00e0 la naissance, dans le<\/p>\n<p>premier champ o\u00f9 tout s&rsquo;ach\u00e8ve en naissance,<\/p>\n<p>&#8211; S&rsquo;imposer, d\u00e9cider, faire faire, imposer sa loi ou sa statue,<\/p>\n<p>dans le second pour v\u00e9rifier, par l&rsquo;arbitraire, son existence<\/p>\n<p>propre.<\/p>\n<p>&#8211; Concourir, s&rsquo;\u00e9prouver, faire des efforts pour gagner les<\/p>\n<p>meilleures places et les m\u00e9riter, telle est la destin\u00e9e de l&rsquo;ambi-<\/p>\n<p>tieux.<\/p>\n<p>&#8211; Produire en participant \u00e0 une machinerie ou se doter d&rsquo;un<\/p>\n<p>tel appareil pour le conduire, sont les conditions et les fins<\/p>\n<p>d&rsquo;une assurance de continuit\u00e9.<\/p>\n<p>244<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>VI<\/p>\n<p>LA POSITION DU SUJET<\/p>\n<p>ET LE SENS DE LA VIE<\/p>\n<p>Les trois plans des cartes g\u00e9n\u00e9rales dessinent huit r\u00e9gions dans<\/p>\n<p>l&rsquo;espace .Chacune d&rsquo;entre elles peut \u00eatre rep\u00e9r\u00e9e comme une position<\/p>\n<p>de vie, qui se projette sur les trois plans des cartes g\u00e9n\u00e9rales et iden-<\/p>\n<p>tifiable par un sujet type.<\/p>\n<p>Une de ces r\u00e9gions, par exemple, se trouve \u00e0 l&rsquo;intersection du<\/p>\n<p>champ de la conqu\u00eate, de celui de la rationalisation et de celui de la<\/p>\n<p>destination. Cette r\u00e9gion correspond \u00e0 la position d&rsquo;identit\u00e9 militant de<\/p>\n<p>la carte ph\u00e9nom\u00e9nologique. Le sujet militant trouve son efficacit\u00e9<\/p>\n<p>technique dans le champ de la rationalit\u00e9 de la carte \u00e9pistemologique,<\/p>\n<p>pour atteindre le meilleur classement de r\u00e9ussite dans le champ de la<\/p>\n<p>destination de la carte t\u00e9l\u00e9ologique, dans des situations ph\u00e9nom\u00e9no-<\/p>\n<p>logiques de conqu\u00eate.<\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de rep\u00e9rer les huit r\u00e9gions par les types d&rsquo;identit\u00e9s <\/p>\n<p>utilis\u00e9s pour d\u00e9crire la 1\u00e8re carte avec leurs correspondances dans<\/p>\n<p>les trois cartes. Cela nous donne une typologie de huit sujets carac-<\/p>\n<p>t\u00e9ris\u00e9s par le sens de leur vie, sujets que nous sommes tous plus ou<\/p>\n<p>moins et donc sujets rep\u00e8res pour orienter nos existences.<\/p>\n<p>On notera aussi, dans le tableau, des oppositions entre r\u00e9gions<\/p>\n<p>dont les sujets types se m\u00e9connaissent ou se contredisent radicalement<\/p>\n<p>sans consensus (cf. tableau p. 247).<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-717\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/2004\/08\/png_File0208im.png?resize=365%2C110\" alt=\"File0208im.png\" align=\"center\" width=\"365\" height=\"110\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/2004\/08\/png_File0208im.png?w=365 365w, https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/2004\/08\/png_File0208im.png?resize=300%2C90 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 365px) 100vw, 365px\" \/><\/p>\n<p>FIGURE 44<\/p>\n<p>Le sch\u00e9ma, dans l&rsquo;espace, de ces r\u00e9gions montre, pour chaque type<\/p>\n<p>de sujets ou \u00ab positions de vie \u00bb, ceux avec lesquelles ils se croisent<\/p>\n<p>selon des consensus ph\u00e9nom\u00e9nologiques, \u00e9pist\u00e9mologiques ou t\u00e9l\u00e9o-<\/p>\n<p>logiques.<\/p>\n<p>245<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-718\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/2004\/08\/png_File0209im.png?resize=368%2C500\" alt=\"File0209im.png\" align=\"center\" width=\"368\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/2004\/08\/png_File0209im.png?w=368 368w, https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/2004\/08\/png_File0209im.png?resize=221%2C300 221w\" sizes=\"auto, (max-width: 368px) 100vw, 368px\" \/><\/p>\n<p>246<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>A titre d&rsquo;exemple, la victime s&rsquo;allie au dominateur pour un con-<\/p>\n<p>sensus ph\u00e9nom\u00e9nologique de d\u00e9gradation. Elle s&rsquo;articule avec l&rsquo;enfant<\/p>\n<p>pour un consensus \u00e9pist\u00e9mologique naturaliste. Elle se retrouve avec le<\/p>\n<p>militant pour un consensus t\u00e9l\u00e9ologique de destination.<\/p>\n<p>La victime est ainsi soumise au dominateur. Elle s&rsquo;entend avec<\/p>\n<p>l&rsquo;enfant sur une vision du monde naturaliste positiviste et se trouve<\/p>\n<p>compar\u00e9e avec le militant dans le r\u00f4le de perdant. C&rsquo;est son triste sort.<\/p>\n<p>Ce triste sort nous fait nous interroger sur le sens de la vie et il serait<\/p>\n<p>judicieux d&rsquo;\u00e9tudier tout \u00e0 tour ces quatorze directions. Nous nous<\/p>\n<p>contenterons d&rsquo;examiner cet axe ma\u00eetre \/ victime que nous consid\u00e9rons<\/p>\n<p>comme crucial.<\/p>\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-719\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/wp-content\/uploads\/2004\/08\/png_File0210im.png?resize=460%2C273\" alt=\"File0210im.png\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"273\" \/><\/p>\n<p>FIGURE 45<\/p>\n<p>L&rsquo;un de ces deux sens oppos\u00e9s est celui de l&rsquo;int\u00e9gration, voie de<\/p>\n<p>constitution de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la personne dans l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 d&rsquo;une huma-<\/p>\n<p>nit\u00e9 singuli\u00e8re. C&rsquo;est, autrement dit, ce que nous appellerons la voie de<\/p>\n<p>l&rsquo;accomplissement humain, singularisation de l&rsquo;Instance dans l&rsquo;exis-<\/p>\n<p>tence.<\/p>\n<p>A l&rsquo;oppos\u00e9, la victime est chosifi\u00e9e dans une corpor\u00e9\u00eft\u00e9 objectiv\u00e9e,<\/p>\n<p>comme un objet, une boule lanc\u00e9e dans l&rsquo;espace, isol\u00e9e, comme un<\/p>\n<p>morceau d&rsquo;humanit\u00e9 min\u00e9ralis\u00e9e. C&rsquo;est d&rsquo;un morcellement que r\u00e9sulte<\/p>\n<p>l&rsquo;\u00e9tat physique de l&rsquo;objet victime, qui ne cesse d&rsquo;\u00eatre divis\u00e9, r\u00e9sidu<\/p>\n<p>organique, d\u00e9jet, d\u00e9fait.<\/p>\n<p>247<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>Le sens victime est celui de la perte d&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 et d&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;objectivation absolue, qui est son \u00ab destin \u00bb, l&rsquo;ali\u00e8ne de son huma-<\/p>\n<p>nit\u00e9 et de sa personnalit\u00e9 et le met \u00ab en souffrance \u00bb de celles-ci. On<\/p>\n<p>reconna\u00eetra l\u00e0, non seulement, l&rsquo;un des id\u00e9aux contemporains<\/p>\n<p>d&rsquo;objectivation de toute chose y compris de l&rsquo;homme, lorsqu&rsquo;il devient<\/p>\n<p>notamment \u00ab objet \u00bb d&rsquo;\u00e9tude scientifique selon la r\u00e8gle d&rsquo;abstraction<\/p>\n<p>du sujet. On pourra aussi appeler ce sens, celui de la diabolicit\u00e9. La<\/p>\n<p>diabolicit\u00e9, qui rend victime, est l&rsquo;un des sens de la vie, \u00e0 la charni\u00e8re<\/p>\n<p>des trois axes: r\u00e9duction, ext\u00e9riorisation, Non-Etre. Le premier y est<\/p>\n<p>division, le second disjonction, le troisi\u00e8me d\u00e9centration ou \u00e9gare-<\/p>\n<p>ment. Ces trois axes combinent mati\u00e8re, figure, structure, pour cons-<\/p>\n<p>tituer l&rsquo;objet parfait, parfaitement d\u00e9shumanis\u00e9.<\/p>\n<p>A l&rsquo;oppos\u00e9 le sens de \u00ab Ma\u00eetre \u00bb pourrait \u00eatre appel\u00e9 celui de la<\/p>\n<p>symbolicit\u00e9 ou de l&rsquo;unicit\u00e9. Les trois axes qui l&rsquo;entourent: Etre,<\/p>\n<p>Int\u00e9riorisation, El\u00e9vation conduisent, le premier \u00e0 la personnalisation, le<\/p>\n<p>second \u00e0 la communion, le troisi\u00e8me \u00e0 l&rsquo;universalisation d&rsquo;huma-<\/p>\n<p>nit\u00e9.<\/p>\n<p>La symbolicit\u00e9 est alors \u00e0 comprendre comme l&rsquo;union du pluriel<\/p>\n<p>en UN, comme le symbole, cette pi\u00e8ce de bois, dont l&rsquo;unit\u00e9 dit l&rsquo;union<\/p>\n<p>des partenaires d&rsquo;une relation. La symbolicit\u00e9 est le sens de la singu-<\/p>\n<p>larisation, rencontr\u00e9 dans la th\u00e9orie de l&rsquo;Instance \u00e0 la convergence des<\/p>\n<p>champs d&rsquo;accomplissement, de culturalisme symboliste et d&rsquo;engendre-<\/p>\n<p>ment. La symbolisation, selon ce sens, consiste \u00e0 faire UN existant<\/p>\n<p>d&rsquo;une pluralit\u00e9 de sens (coh\u00e9rence, consensus) et \u00e0 faire UN Etre d&rsquo;une<\/p>\n<p>multitude d&rsquo;existants homologues. L&rsquo;un et l&rsquo;autre sont dans la m\u00eame<\/p>\n<p>s\u00e9quence, l&rsquo;existence au service de la singularisation de l&rsquo;Etre, parce<\/p>\n<p>qu&rsquo;elle le r\u00e9v\u00e8le.<\/p>\n<p>Ainsi ce sens pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme celui de la R\u00e9v\u00e9la-<\/p>\n<p>tion. D&rsquo;abord r\u00e9v\u00e9lation de l&rsquo;Instance dans et par l&rsquo;existence, puis<\/p>\n<p>gr\u00e2ce \u00e0 la conscience de sens, effet de l&rsquo;unique-l&rsquo;INSTANT, r\u00e9v\u00e9lation<\/p>\n<p>de l&rsquo;Etre transcendant \u00e0 l&rsquo;existence. C&rsquo;est ainsi que ce sens est celui de<\/p>\n<p>la r\u00e9v\u00e9lation de l&rsquo;homme et de sa transcendance par l&rsquo;INSTANT ou<\/p>\n<p>encore par la gr\u00e2ce de Dieu.<\/p>\n<p>Sens de la vie, il est celui dont t\u00e9moignent les saints en toutes<\/p>\n<p>sortes de traditions. Il est, plus banalement, celui du t\u00e9moignage,<\/p>\n<p>activit\u00e9 du Ma\u00eetre \u00e0 sa mesure d&rsquo;accomplissement. Ce t\u00e9moignage est,<\/p>\n<p>\u00e0 la fois, celui de l&rsquo;homme \u00ab professant \u00bb son humanit\u00e9 (profession de<\/p>\n<p>foi) et celui du monde lui r\u00e9v\u00e9lant son humanit\u00e9 par la conscience d&rsquo;en<\/p>\n<p>\u00eatre-sens. C&rsquo;est le r\u00f4le du symbole que de t\u00e9moigner de l&rsquo;homme (faire<\/p>\n<p>le monde existant en t\u00e9moignant) et de lui r\u00e9v\u00e9ler son humanit\u00e9 en<\/p>\n<p>retour. C&rsquo;est une r\u00e9v\u00e9lation qui ram\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;UN \u00e0 cet om\u00e9ga de Theil-<\/p>\n<p>lard de Chardin, singularit\u00e9 ultime contemplant \u00abDieu en face\u00bb.<\/p>\n<p>Selon cet axe victime \/ ma\u00eetre, le \u00abjugement dernier\u00bb se comprend,<\/p>\n<p>du premier c\u00f4t\u00e9, comme l&rsquo;\u00e9jection d\u00e9finitive, une \u00abmise en<\/p>\n<p>souffrance \u00bb par le fl\u00e9au de la justice qui tranche et divise, homologue<\/p>\n<p>\u00e0 celui de la mort. Le fil du tranchant y tranche le fil de la vie&#8230; en<\/p>\n<p>croix. Le christianisme fond\u00e9 dans une \u00ab victoire sur la croix \u00bb propose<\/p>\n<p>une r\u00e9v\u00e9lation dans l&rsquo;autre sens. Le jugement dernier est alors acte de<\/p>\n<p>justesse plut\u00f4t que de justice (objectivante). Sont justifi\u00e9s ceux qui<\/p>\n<p>248<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>suivent le chemin de la singularisation parce que c&rsquo;est la juste voie. Les<\/p>\n<p>trois axes voisins. Etre, El\u00e9vation, Int\u00e9riorisation, en sont les vertus<\/p>\n<p>rep\u00e8res, aux sens de foi, esp\u00e9rance, charit\u00e9, homologues aux trois<\/p>\n<p>personnes divines. Le Christ en t\u00e9moigne dans 1&rsquo;existence et propose<\/p>\n<p>un consensus d&rsquo;accomplissement, de sanctification qui va jusqu a<\/p>\n<p>donner \u00e0 \u00ab l&rsquo;\u00e9tat \u00bb de victime \u00ab le sens \u00bb de ma\u00eetrise et ainsi, accomplit<\/p>\n<p>la r\u00e9demption du monde jusque dans ses derniers retranchements.<\/p>\n<p>Quelles en sont les cons\u00e9quences pour l&rsquo;existence? Les existences<\/p>\n<p>peuvent avoir des dimensions et des aspects restreints. On a, sur cet<\/p>\n<p>axe, les deux tendances extr\u00eames.<\/p>\n<p>Le sens de victime, celui de la Diabolicit\u00e9, s&rsquo;actualise dans l&rsquo;exis-<\/p>\n<p>tence la plus restreinte, la plus simpliste, celle d&rsquo;un monde objectit<\/p>\n<p>perp\u00e9tuellement en voie d&rsquo;\u00e9quilibre parfait et de d\u00e9sint\u00e9gration (ba-<\/p>\n<p>b\u00e9lisations, multiplications, complications, etc&#8230;). Le sens de Ma\u00eetre,<\/p>\n<p>celui de la symbolicit\u00e9 s&rsquo;actualise dans l&rsquo;existence la plus pleine et la<\/p>\n<p>plus simple (simple en esprit).<\/p>\n<p>Ainsi la pl\u00e9nitude de l&rsquo;existence avec toutes ses dimensions et ses<\/p>\n<p>aspects, ensemble d\u00e9ploy\u00e9s, est celle de ce sens. C&rsquo;est cette existence<\/p>\n<p>pleine qui est la plus r\u00e9v\u00e9latrice de l&rsquo;homme en tant qu elle est \u00abparole<\/p>\n<p>incarn\u00e9e \u00bb du verbe (Etre), universellement conjugue en 1&prime; Homme<\/p>\n<p>\u00ab seigneur de la cr\u00e9ation \u00bb. Envisag\u00e9e en ses fins ultimes, cette exis-<\/p>\n<p>tence est celle de l&rsquo;engendrement progressif d un homme, singulier.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pour cela que l&rsquo;on parlera ici du sens de la vie, celui de 1&rsquo;accom-<\/p>\n<p>plissement en faits, et de la singularisation de l&rsquo;homme. C est le sens<\/p>\n<p>d&rsquo;une voie de salut, salutaire, saine et sainte. Il y est donc question de<\/p>\n<p>toute l&rsquo;existence et de tous ses \u00ab moments \u00bb sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p>En particulier deux moments, celui de l&rsquo;\u00e9ducation et celui de la<\/p>\n<p>maturit\u00e9, concernent chacun et les soci\u00e9t\u00e9s humaines dans tous leurs<\/p>\n<p>usages.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9ducation au sein de la famille ou des institutions sociales peut<\/p>\n<p>\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e, selon ce sens, comme l&rsquo;ensemble des faits qui con-<\/p>\n<p>tribuent \u00e0 une \u00e9dification de l&rsquo;Instance, privil\u00e9giant ce sens la<\/p>\n<p>m\u00eame.<\/p>\n<p>En effet, l&rsquo;\u00e9ducation r\u00e9ussie n&rsquo;est-elle pas celle qui am\u00e8ne \u00e0 matu-<\/p>\n<p>rit\u00e9 o\u00f9 chacun acc\u00e8de \u00e0 \u00eatre Ma\u00eetre et donc \u00e0 privil\u00e9gier cette position<\/p>\n<p>de vie? L&rsquo;\u00e9ducation de quelqu&rsquo;un tient a l&rsquo;existence qui lui est faite,<\/p>\n<p>constitutive de son Instance, elle-m\u00eame existant de fa\u00e7on \u00e0 poursuivre<\/p>\n<p>ce sens l\u00e0.<\/p>\n<p>Pour que ce sens soit privil\u00e9gi\u00e9 dans toute l&rsquo;existence \u00e9ducative<\/p>\n<p>familiale, sociale, etc&#8230; il y a trois axes rep\u00e8res a favoriser: ETRE \/<\/p>\n<p>INTERIORISATION et \u00c9L\u00c9VATION.<\/p>\n<p>Il y a aussi trois axes rep\u00e8res \u00e0 barrer NON-ETRE \/ EXTERIO-<\/p>\n<p>RISATION et REDUCTION.L&rsquo;\u00e9ducation est ainsi, non seulement,<\/p>\n<p>ouverture et proposition d&rsquo;une orientation, mais aussi, restriction et<\/p>\n<p>renoncement \u00e0 d&rsquo;autres qui appartiennent n\u00e9anmoins a 1&prime; Instance.<\/p>\n<p>249<\/p>\n<p>LES CARTES GENERALES DE COHERENCES<\/p>\n<p>Des renoncements \u00e0 une part de soi en son Instance accompa-<\/p>\n<p>gnent donc la perspective d&rsquo;un sens privil\u00e9gi\u00e9. La voie est \u00e9troite<\/p>\n<p>puisque c&rsquo;est celle de l&rsquo;une seulement des r\u00e9gions de l&rsquo;Instance. Il y a<\/p>\n<p>plus \u00e0 renoncer qu&rsquo;\u00e0 suivre, mais il reste la meilleure part. L&rsquo;\u00e9ducation<\/p>\n<p>selon ce sens justifie un grand nombre des actes quotidiens personnels<\/p>\n<p>et collectifs ainsi que les modalit\u00e9s sociales qui n&rsquo;ont d&rsquo;autres fins.<\/p>\n<p>Tous les actes de la vie quotidienne trouvent \u00e0 s&rsquo;y justifier.<\/p>\n<p>Le second moment de la maturit\u00e9 est celui du t\u00e9moignage dans et<\/p>\n<p>par l&rsquo;existence: t\u00e9moignage aux autres dont l&rsquo;\u00e9ducation est en cours,<\/p>\n<p>t\u00e9moignage avec d&rsquo;autres pour d\u00e9velopper sa propre conscience d&rsquo;Etre,<\/p>\n<p>dans l&rsquo;existence commune et donc partag\u00e9e.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi une politique de la vie que ce sens l\u00e0 propose, politique<\/p>\n<p>qui s&rsquo;exprime en tous les actes de la vie adulte: politique personnelle,<\/p>\n<p>culturelle, familiale, sociale, nationale, etc&#8230; Elle sera d&rsquo;autant plus<\/p>\n<p>possible que, d&rsquo;une part les consensus culturels sont l\u00e0 pour l&rsquo;activer, et<\/p>\n<p>que d&rsquo;autre part l&rsquo;\u00e9ducation aura pr\u00e9par\u00e9 favorablement ce type d&rsquo;exis-<\/p>\n<p>tence, en privil\u00e9giant ce sens en l&rsquo;Instance.<\/p>\n<p>Education et t\u00e9moignage se suivent et s&rsquo;accompagnent pour faire<\/p>\n<p>toute l&rsquo;histoire de la vie humaine selon ce sens l\u00e0. Mais l&rsquo;homme n&rsquo;est<\/p>\n<p>pas que de ce sens et sa vie peut prendre bien d&rsquo;autres orientations, et<\/p>\n<p>notamment l&rsquo;inverse.<\/p>\n<p>Il serait int\u00e9ressant de les envisager syst\u00e9matiquement pour recon-<\/p>\n<p>na\u00eetre les diff\u00e9rents types d&rsquo;existence que nous traversons, ou nous<\/p>\n<p>sont propos\u00e9s et par exemple:<\/p>\n<p>&#8211; le profit h\u00e9doniste de l&rsquo;enfant,<\/p>\n<p>&#8211; la force et la puissance du dominateur,<\/p>\n<p>&#8211; avoir la charge d&rsquo;autrui pour en \u00eatre aim\u00e9, du maternant,<\/p>\n<p>&#8211; \u00eatre quelqu&rsquo;un de distingu\u00e9 comme le chef,<\/p>\n<p>&#8211; \u00eatre r\u00e9compens\u00e9 de ses m\u00e9rites avec le militant,<\/p>\n<p>&#8211; participer activement au monde avec le pratiquant.<\/p>\n<p>A chaque fois, c&rsquo;est tout un type d&rsquo;existence qui se dessine.<\/p>\n<p>Le discernement et la reconnaissance de ces \u00ab univers \u00bb et de ces<\/p>\n<p>\u00ab personnages \u00bb dans tous leurs aspects, contribuent \u00e0 cette unification,<\/p>\n<p>cette int\u00e9gration et enfin cette ma\u00eetrise que l&rsquo;usage des canes g\u00e9n\u00e9rales<\/p>\n<p>de coh\u00e9rences permet de cultiver.<\/p>\n<p>250<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suite du Chapitre 5 Cartes \u00e9pist\u00e9mologique et t\u00e9l\u00e9ologique.<\/p>\n","protected":false},"author":682,"featured_media":711,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[50],"tags":[],"class_list":["post-815","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-i1-au-coeur-du-sujet"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/815","targetHints":{"allow":["GET","POST","PUT","PATCH"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/users\/682"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=815"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/815\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1269,"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/815\/revisions\/1269"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=815"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=815"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=815"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}