{"id":511,"date":"1986-01-03T00:00:00","date_gmt":"1986-01-03T00:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/1986\/01\/03\/au-coeur-du-sujet-chapitre-4\/"},"modified":"2021-02-02T12:04:56","modified_gmt":"2021-02-02T11:04:56","slug":"au-coeur-du-sujet-chapitre-4","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/1986\/01\/03\/au-coeur-du-sujet-chapitre-4\/","title":{"rendered":"Au coeur du sujet &#8211; Chapitre 4"},"content":{"rendered":"\r\n<p class=\"post_excerpt\">Une m\u00e9ditation en forme d&rsquo;exploration d&rsquo;un espace infinitif. Il faut en retenir des cl\u00e9s pour la compr\u00e9hension des ph\u00e9nom\u00e8nes humains. Des compl\u00e9ments figurent dans les textes fondamentaux en ligne \u00e9crits depuis. De nombreuses questions restent encore \u00e0 explorer \u00e0 ce jour.<\/p>\r\n<p><strong>Chapitre 4 : L&rsquo;\u00caTRE EN INSTANCE<\/strong><\/p>\r\n<p>(Ce texte est en cours de r\u00e9vision)<\/p>\r\n<p>127I. &#8211; ORIGINE ET CONSTITUTION DE L&rsquo;INSTANCE &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<br \/>1301) Origine de l&rsquo;Instance &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.<br \/>1312) Constitution de l&rsquo;Instance &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<br \/>134La nature humaine et l&rsquo;origine de l&rsquo;homme&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<br \/>140La personnalit\u00e9 de l&rsquo;homme et son \u00e9volution&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..<br \/>144II. &#8211; LES DYNAMIQUES ACTUELLES DE L&rsquo;INSTANCE &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.<br \/>1461) L&rsquo;activation &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<br \/>1472) L&rsquo;actualisation &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.<br \/>151L&rsquo;Instance, l&rsquo;inconscient, les processus psychiques et les comportements humains &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<br \/>155 III. &#8211; L&rsquo;ETRE, DEVENIR DE L&rsquo;INSTANCE &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.<br \/>1571) La conscience de sens &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<br \/>1592) L&rsquo;accomplissement de l&rsquo;Instance dans l&rsquo;existence &#8230;&#8230;&#8230;.<br \/>165) L&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme, engendrement de l&rsquo;Etre humain dans l&rsquo;existence &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..<br \/>168 L&rsquo;ETRE EN INSTANCE<\/p>\r\n<p>L&rsquo;existence de l&rsquo;homme avec ses aspects corporels et psychiques(sensibles et mentaux), manifest\u00e9s tout au lond de son histoire et de sa vie, ne sont pas le tout de l&rsquo;homme. Ce n&rsquo;est pas le propre de l&rsquo;homme que d&rsquo;exister mais c&rsquo;est le propre de l&rsquo;homme de n&rsquo;\u00eatre pas r\u00e9duit \u00e0 cette existence.La personne humaine d\u00e9passe sa propre existence. Elle trouve donc son origine, sa fin et sa consistance m\u00eame, au-del\u00e0 de cette existence. Elle la transcende.<br \/>Cela veut dire, en particulier, que la personne humaine ne consiste en rien qui appartienne \u00e0 l&rsquo;existence: ni corps, ni raison mentale, ni r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle, ni langage, ni image, ni affectivit\u00e9, ni ressenti. En outre, la personne humaine n&rsquo;est pas d&#8217;embl\u00e9e achev\u00e9e, elle peut s&rsquo;accomplir, ou non, elle peut s&rsquo;orienter en elle-m\u00eame vers un devenir ou un autre. Elle est donc multiple et non pas monolithique et immuable.Par ailleurs elle est la source m\u00eame de l&rsquo;existence, ce qui veut dire que ce qui se passe dans l&rsquo;existence est la r\u00e9percution de ce qui se passe au coeur du sujet de l&rsquo;existence dans la personne humaine.Ce lieu qu&rsquo;est la personne, o\u00f9 se jouent \u00e0 la fois l&rsquo;actualit\u00e9 d&rsquo;une existence et son devenir propre, nous l&rsquo;appellons ici l&rsquo;Instance.L&rsquo;homme est donc une Instance et une existence, l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre transcendantes.Seulement \u00e0 quoi servirait une telle existence pour l&rsquo;homme, pour son Instance, si tout se jouait dans cette Instance et si l&rsquo;existence n&rsquo;en \u00e9tait qu&rsquo;un reflet?L&rsquo;existence est bien l&rsquo;actualisation de l&rsquo;Instance, par le fait des consensus entre Instances et lui est subordonn\u00e9e. Cependant sans existence l&rsquo;Instance de l&rsquo;homme n&rsquo;aurait pas de rep\u00e8re pour son propre devenir. Elle serait comme un voyageur sans territoire, sans jalon ni rep\u00e8re. Si en l&rsquo;Instance se joue son propre devenir, c&rsquo;est dansl&rsquo;existence que s&rsquo;accomplit le voyage. Bien que l&rsquo;existence soit le fait desconsensus, elle les accompagne imm\u00e9diatement, \u00e0 tel point que l&rsquo;onpuisse envisager que \u00ab tout se passe comme si \u00bb l&rsquo;existence avait unecertaine influence sur l&rsquo;Instance.Il nous faudra donc d\u00e9velopper trois questions principales pourl&rsquo;Instance:- celle de son origine et de sa constitution, en rapport avec la nais-sance et la vie dans l&rsquo;existence,- celle de son fonctionnement, ou encore des dynamiques en rapportavec son existence,- celle enfin, de la nature et des conditions de son accomplissement,toujours en rapport avec cette existence qui est, \u00e0 la fois, le terrain et lev\u00e9hicule de cette Instance.L&rsquo;Instance est le royaume du Sens, de l&rsquo;Esprit, de l&rsquo;Etre. Le langageexprime tout cela mais d\u00e9crit des existants. Il est donc paradoxalde vouloir \u00abd\u00e9crire\u00bb l&rsquo;Instance par le langage comme nous pourrions\u00eatre tent\u00e9 de le faire. Aussi, bien que ne pouvant nous passer du langageet de repr\u00e9sentations, il nous faudra \u00e9viter de r\u00e9duire l&rsquo;Instance auxdescriptions. L&rsquo;Instance est plus le lieu de principes et du jeu de cesprincipes que le th\u00e9\u00e2tre de m\u00e9canismes entre des objets. L&rsquo;objectivationne pr\u00e9tend pas d\u00e9boucher sur la v\u00e9rit\u00e9 mais tente d&rsquo;en t\u00e9moigner. C&rsquo;estl&rsquo;ambition d&rsquo;une th\u00e9orie de l&rsquo;Instance et sa limite.<\/p>\r\n<p>129 ORIGINE ET CONSTITUTIONDE L&rsquo;INSTANCE HUMAINE<br \/>La question des origines, dans l&rsquo;existence, s&rsquo;exprime de fa\u00e7onhomologue dans plusieurs registres. Origine de chacun, origine del&rsquo;homme sur terre, origine de l&rsquo;univers. Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une originehistorique, localisant une gen\u00e8se sp\u00e9cifique. Or, ces recherches d&rsquo;origineshistoriques, ne font que t\u00e9moigner d&rsquo;une m\u00eame recherche des originesqui est recherche d&rsquo;un principe, principe commun \u00e0 tous les existants:l&rsquo;Instance. Cette recherche, d&rsquo;ailleurs, ne s&rsquo;y ach\u00e8ve pas puisqu&rsquo;elle sepoursuit jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;origine des Instances: l&rsquo;Instant. C&rsquo;est alors, que larecherche des origines devient finalit\u00e9 de l&rsquo;accomplissement des Instances.Pour traiter de l&rsquo;origine de l&rsquo;Instance de chaque homme, nouspouvons partir de l&rsquo;existence en consid\u00e9rant que la venue au monded&rsquo;un homme dans l&rsquo;existence suppose un consensus dont il est le fait. Ceconsensus est celui des hommes dont na\u00eet le nouvel existant, de sesparents d&rsquo;abord mais aussi de toute une lign\u00e9e familiale et de toute uneculture, une soci\u00e9t\u00e9. A l&rsquo;extr\u00eame, chaque homme, participant \u00e0 l&rsquo;en-semble de l&rsquo;univers, pourrait trouver l&rsquo;origine de son Instance dans unconsensus cosmique universel.Dans une autre perspective, du point de vue de l&rsquo;Instance elle-m\u00eame, on pourrait consid\u00e9rer que chaque Instance est un exemplaireparticulier d&rsquo;une Instance universelle. Enfin, \u00e0 partir de l&rsquo;Instant, onpeut envisager comment l&rsquo;Instance de l&rsquo;homme est cr\u00e9\u00e9e dans und\u00e9ploiement \u00aben tous sens\u00bb.Il n &lsquo;est pas possible de donner une description satisfaisante d&rsquo;uneorigine de l&rsquo;Instance. Les diff\u00e9rentes versions \u00e9voqu\u00e9es ici ouvrentprincipalement sur les implications de cette question des origines.D\u00e8s que le probl\u00e8me des origines est ouvert, celui de la constitutionde chaque Instance particuli\u00e8re se pr\u00e9sente. Il nous sera possible del&rsquo;envisager en utilisant justement l&rsquo;existence comme r\u00e9f\u00e9rence. On peutdire alors, que les sens qui constituent l&rsquo;Instance sont les sens desconsensus de tout ce qui fait son existence. De ce fait l&rsquo;histoirepersonnelle, qui est celle des moments v\u00e9cus, t\u00e9moigne de l&rsquo;\u00e9volution et dela constitution de l&rsquo;Instance, par instauration de ses diff\u00e9rents sens et deleurs coh\u00e9rences.\u00a0<\/p>\r\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" class=\"thumbnail\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_File0095AB.png?w=800\" alt=\"\" \/><\/p>\r\n<p>130 L&rsquo;ETRE EN INSTANCE<br \/>La personnalit\u00e9 de chacun, en son Instance, est donc ainsi constitu\u00e9e,\u00e0 la fois, de tout le contexte de sa naissance et de celui o\u00f9 \u00e9volue son existence par la suite, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une histoire personnelle dans une situation historique. La synth\u00e8se en une Instance personnelle particuli\u00e8re constitue son humanit\u00e9 universelle. Elle est ainsi le lieu d&rsquo;uneautonomie possible, celle de chaque homme qui se fait ma\u00eetre du capitald&rsquo;humanit\u00e9 qui lui est d\u00e9volu.1) Origines de l&rsquo;Instancea) Origines parentale, familiale et socio-culturelleIl n&rsquo;y a rien d&rsquo;\u00e9tonnant \u00e0 envisager que ce soit le consensus desparents, dans l&rsquo;existence de leur rapprochement sexuel, qui g\u00e9n\u00e8re unnouvel existant. Celui-ci participe d&rsquo;abord \u00e0 leur existence commune,c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 leur conjugaison, et au consensus correspondant. Lenouvel existant est fait d&rsquo;un consensus parental, dans le momentduquel il se d\u00e9veloppe. Ce consensus, comme pseudo-sujet del&rsquo;existence d&rsquo;un homme, peut, par l&rsquo;op\u00e9ration de l&rsquo;Instant, advenir \u00e0 uneconscience d&rsquo;Etre qui, au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;elle se d\u00e9veloppe singulariseet autonomise cet homme. Anim\u00e9 des Instances parentales, ildevient progressivement son propre auteur ou encore le \u00abfils del&rsquo;Instant\u00bb au fur et \u00e0 mesure que ce consensus d&rsquo;autrui au d\u00e9part,devient Instance propre en s&rsquo;accomplissant.De par la sp\u00e9cificit\u00e9 d&rsquo;un tel consensus entre les parents, consensusde tout leur Etre-Instance, l&rsquo;Instance potentiellement autonomeainsi constitu\u00e9e, porte en elle l&rsquo;universalit\u00e9 de l&rsquo;humain, comme sesparents, ainsi que les sp\u00e9cificit\u00e9s de leurs lign\u00e9es, en tant qu&rsquo;elles fontconsensus. On pourrait aussi envisager une intervention de l&rsquo;Instantd\u00e8s la conception (ou \u00e9ventuellement plus tard) qui rendrait f\u00e9cond leconsensus parental en inaugurant l&rsquo;autonomie a&rsquo;une nouvelle Instance,pour faire un nouvel existant, fait d&rsquo;un consensus auquel il participeraitd\u00e8s cet instante pour peu \u00e0 peu s&rsquo;autonomiser. L&rsquo;Instance del&rsquo;homme trouverait n\u00e9anmoins son origine dans un consensus humainavec, en outre, intervention \u00e9ventuelle de l&rsquo;Instant.D&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, on pourrait situer l&rsquo;origine dans desconsensus divers: parental comme on l&rsquo;a vu, mais aussi familial ouculturel. Ce sont des versions diff\u00e9rentes qui s&rsquo;appuient sur le fait quel&rsquo;origine de l&rsquo;Instance d&rsquo;un nouvel homme existant, est le consensusm\u00eame qui sous-tend les milieux existants d&rsquo;o\u00f9 il \u00e9merge.b) Origine cosmique de l&rsquo;InstancePla\u00e7ons nous dans le monde, l\u00e0 o\u00f9, dans l&rsquo;existence du cosmos,advient la nouvelle existence d&rsquo;un nouvel homme. Cette conceptioncr\u00e9atrice d&rsquo;un nouvel Etre ne peut-elle pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e commel&rsquo;acte de tout l&rsquo;univers en un lieu particulier? Le consensus universel<\/p>\r\n<p>131 L&rsquo;ETRE EN INSTANCE ferait existence \u00e0 nouveau, pour le moment d&rsquo;une vie humaine. Ce consensus universel serait comme l&rsquo;Instance particuli\u00e8re du nouvelhomme qui l&rsquo;incarnerait. Chacun serait alors une sorte de repr\u00e9sentantou d&rsquo;actualit\u00e9 du cosmos en un lieu particulier, r\u00e9sumant ainsi, enlui-m\u00eame, toute l&rsquo;humanit\u00e9. Un consensus universel particulier, seraitalors l&rsquo;origine de l&rsquo;Instance individuelle, dont la conscience d&rsquo;Etrepermettrait l&rsquo;unification dans une singularit\u00e9 nouvelle. L&rsquo;homme,individuellement, serait comme le visage du monde et du cosmos, sonInstance \u00e9tant, \u00e0 l&rsquo;origine, un consensus cosmique de l&rsquo;humanit\u00e9enti\u00e8re, en ce lieu et en cet instant de sa conception.Si elle peut satisfaire les astrologues cette hypoth\u00e8se soul\u00e8ve desdifficult\u00e9s a propos, notamment, de l&rsquo;historicit\u00e9 et de l&rsquo;autonomiepersonnelles. Cependant, elle n&rsquo;est pas \u00e0 rejeter en bloc pour autant. Eneffet, l&rsquo;Existence nouvellement con\u00e7ue d&rsquo;un tel homme, n&rsquo;est-elle pasimmanente \u00e0 l&rsquo;Existence du monde dans le m\u00eame moment? Elleparticipe alors du m\u00eame consensus. Tout se passe comme si cette versionavait quelque validit\u00e9, comme la pr\u00e9c\u00e9dente, sans \u00eatre la seule v\u00e9rit\u00e9mais une des versions possibles, approximative. Il ne faudrait pas iciconsid\u00e9rer l&rsquo;\u00e9tat du monde comme une r\u00e9alit\u00e9 absolue, mais rienn&#8217;emp\u00eache de le choisir comme rep\u00e8re arbitraire si on n&rsquo;oublie pasqu&rsquo;il ne s&rsquo;agit du monde, que pour ceux qui le consid\u00e8rent tel.c) Origine universelle de l&rsquo;InstanceSelon cette version, on pourrait penser qu&rsquo;il n&rsquo;existe qu&rsquo;uneInstance universelle dont chaque homme serait un moment d&rsquo;Existenceindividualis\u00e9. Bien qu&rsquo;elle ne nous paraisse pas satisfaisante cetteversion m\u00e9rite r\u00e9flexion par les perspectives qu&rsquo;elle ouvre&#8230; et qu&rsquo;elleferme.Chaque homme ne serait diff\u00e9renci\u00e9 que par son existenceindividualis\u00e9e, appartenant \u00e0 l&rsquo;Existence de l&rsquo;univers. Nous rejoignonsalors ces id\u00e9es d&rsquo;un inconscient collectif, d&rsquo;une conscience cosmique,d&rsquo;un esprit universel auquel chacun participerait. On pourrait ainsienvisager un Homme-Instance, unique, au principe de tout hommeexistant, et dont chacun serait une manifestation individualis\u00e9e.Chacun de ces hommes cependant n&rsquo;aurait pas d&rsquo;Etre singulier personnel,transcendant, mais seul l&rsquo;Etre universel serait commun \u00e0 tous.Cependant cette version d&rsquo;une Instance, conscience cosmique ouuniverselle de l&rsquo;Humanit\u00e9, peut offrir une variante qui serait la sui-vante.Chaque homme prendrait part au cours de sa vie \u00e0 l&rsquo;Instanceuniverselle, constituant ainsi un \u00abbagage\u00bb personnel, reflet d&rsquo;unefa\u00e7on individualis\u00e9e de vivre l&rsquo;universel. l&rsquo;Instance personnelle pour-rait \u00eatre cela \u00e0 condition que l&rsquo;on puisse expliquer la diff\u00e9renciationradicale que pourrait permettre une conscience d&rsquo;\u00eatre singuli\u00e8re.L&rsquo;Instance personnelle serait la participation individuelle singularisable \u00e0une Instance universelle qui en constituerait l&rsquo;origine. Sorte de matriceg\u00e9n\u00e9rale de toute Instance individuelle, elle serait l&rsquo;origine et la sourcede l&rsquo;existence singuli\u00e8re de chaque Instance particuli\u00e8re.132L&rsquo;ETRE EN INSTANCEIncompatible avec notre th\u00e8se, cette hypoth\u00e8se poserait bien desprobl\u00e8mes, par l&rsquo;absence de personne humaine, donc de devenir personnelet d&rsquo;accomplissement, sinon dans un retour fusionnel d&rsquo;an\u00e9antissement.d) Origine singuli\u00e8re de l&rsquo;InstanceCette nouvelle version se distingue des pr\u00e9c\u00e9dentes par le fait,qu&rsquo;avec la conception, s&rsquo;inaugurerait une toute nouvelle Instance pourl&rsquo;Individu. Son Existence serait d&#8217;embl\u00e9e celle d&rsquo;une Instance propre,en consensus, progressivement, avec les autres: parents, etc&#8230;Cependant, cette nouvelle Instance ne peut-elle pas se situer \u00e0 l&rsquo;origine de lapersonne comme aussi bien de l&rsquo;humanit\u00e9 enti\u00e8re? Histoire universelledes Instances humaines ou histoire d&rsquo;une Instance universelle?Au commencement&#8230;, de l&rsquo;Instant se d\u00e9ploie une Instance, en toussens. Ce n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 plus l&rsquo;Instant, mais l&rsquo;Instance transcendante, espaceinfinitif.FIGURE 16A chaque sens s&rsquo;oppose l&rsquo;inverse, dans un rapport dialectique etce, dans une infinit\u00e9 de directions. Des lors intervient la vie de l&rsquo;Etrequi s&rsquo;actualise en existant, au d\u00e9part peu diff\u00e9renci\u00e9, et qui petit \u00e0 petitse sp\u00e9cifie dans une instauration progressive au fil des consensus. C&rsquo;estalors que, au-del\u00e0 de l&rsquo;origine, et quelles que soient les versions, se jouel&rsquo;\u00e9laboration diff\u00e9renci\u00e9e d&rsquo;une Instance personnelle au fil de sonhistoire existentielle.Cette version ressemble \u00e9trangement \u00e0 un mythe scientifiquecontemporain de la cr\u00e9ation de l&rsquo;univers, celui du Big Bang. A partird&rsquo;une explosion initiale, se d\u00e9ploie imm\u00e9diatement depuis un centre,un espace en tous sens qui devient le lieu, \u00e0 la fois, d&rsquo;une condensationde la mati\u00e8re, donnant l&rsquo;existence des galaxies soleils et mondes et,simultan\u00e9ment, d&rsquo;une expansion de ce m\u00eame univers.Cette \u00e9vocation ne vient l\u00e0 que pour pointer qu&rsquo;une telle version,qui passe pour scientifique, de la cr\u00e9ation de l&rsquo;Univers est bien proche&rsquo;une version possible de l&rsquo;origine de l&rsquo;Instance de l&rsquo;homme. Maisl&rsquo;une comme l&rsquo;autre ne sont-elles pas des repr\u00e9sentations humaines del&rsquo;origine? Il n&rsquo;y a rien en chacun de plus originel que l&rsquo;origine de sonInstance. Toutes versions des origines en sont, d&rsquo;une part, lesrepr\u00e9sentations et, d&rsquo;autre part, la r\u00e9v\u00e9lation&#8230; plus ou moins juste.133L&rsquo;ETRE EN INSTANCE2) Constitution de l&rsquo;InstanceII nous faut maintenant envisager la constitution de l&rsquo;Instancepersonnelle. Selon notre hypoth\u00e8se, l&rsquo;Instance de chacun est constitu\u00e9ede tous les sens de son existence historique. Autrement dit, \u00e0 chaquemoment d&rsquo;existence, les sens correspondants s&rsquo;enregistrent, ou plut\u00f4tse renforcent, dans l&rsquo;Instance. Cela revient \u00e0 dire aussi que touteexp\u00e9rience v\u00e9cue, toute situation existante, tout moment de son exis-tence renforce d&rsquo;autant la pr\u00e9sence des sens du consensus par lesquelson y participe. Une Instance primordiale, d\u00e9ploy\u00e9e en tous sens, estsusceptible de tous consensus. Chacun d&rsquo;eux, cependant, renforce lamarque de ses sens propres.Si un homme ne vit qu&rsquo;un m\u00eame type de situation, par la r\u00e9p\u00e9titiondu m\u00eame consensus propos\u00e9 par les Etres qui l&rsquo;environnent, cessens (cette coh\u00e9rence) deviennent peu \u00e0 peu l&rsquo;essentiel de son Instance.En cons\u00e9quence d&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est toujours le m\u00eame consensus qu&rsquo;offriral&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 autrui, le conduisant ainsi au m\u00eame type de situations,jusqu&rsquo;\u00e0 conduire, dans certains cas, \u00e0 des r\u00e9p\u00e9titions compulsives ou aun enferment dans un cercle vicieux. Une Instance constitu\u00e9e del&rsquo;universalit\u00e9 des sens, se trouve particularis\u00e9e par le fait que certainssens deviennent pr\u00e9valents.A l&rsquo;oppos\u00e9, telle absence de consensus fera comme un vide (relatif)dans l&rsquo;Instance et cette carence ne lui permettra pas facilement departiciper \u00e0 ce consensus, perp\u00e9tuant ainsi la carence. Tout ceci reposesur cette notion nouvelle:tout moment d&rsquo;existence, renforce en l&rsquo;Instance les sens duconsensus correspondant.Ce renforcement d\u00e9pend aussi de l&rsquo;intensit\u00e9 de ce consensus, maisil s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une autre notion, l&rsquo;activation, qu&rsquo;il reste encore \u00e0 d\u00e9finirPour revenir \u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se pr\u00e9c\u00e9dente, nous pensons que lerenforcement est la cause d&rsquo;une plus grande \u00ab susceptibilit\u00e9 \u00bb de ces sensdans l&rsquo;Instance. Les consensus, offerts par l&rsquo;environnement des autresInstances, sont les plus renforc\u00e9s en l&rsquo;Instance personnelle. La\u00ab personnalit\u00e9 \u00bb provient donc de l&rsquo;ensemble, tout particulier, desconsensus v\u00e9cus. Ainsi, les consensus parentaux, familiaux,culturels-cosmiques, partag\u00e9s par chacun, constituent-ils sa personnalit\u00e9 sp\u00e9cifique.Que l&rsquo;Instance soit originellement universelle ou del\u00e0 marqu\u00e9e parl&rsquo;environnement dont elle serait consensus (parental, culturel, etc&#8230;), cesont toujours les consensus auxquels participe l&rsquo;Instance qui s&rsquo;y trou-vent renforc\u00e9s, \u00e0 la mesure de cette participation. En simplifiant, onpourrait dire que l&rsquo;Instance de l&rsquo;homme est l&rsquo;ensemble des sens de sesconsensus.Il serait plus vrai de dire que les consensus de l&rsquo;existence constituentl&rsquo;Instance de l&rsquo;homme. Il n&rsquo;est cependant pas faux d&rsquo;accepterl&rsquo;image historique d&rsquo;une causalit\u00e9. Elle montre comment, dans notre134L&rsquo;ETRE EN INSTANCEexistence, l&rsquo;Instance est constitu\u00e9e des traces de notre histoire person-nelle, provenant de nos environnements, parentaux ou autres et favo-risant la continuation de cette histoire personnelle (librement ou non).Ces traces ne sont pas de l&rsquo;ordre de l&rsquo;existence mais les sens euxm\u00eames. Ainsi, notre histoire existentielle est-elle toujours actuelle pourl&rsquo;Instance, en tant que susceptible de faire un moment d&rsquo;existence quil&rsquo;actualise. La \u00ab m\u00e9moire \u00bb de notre pass\u00e9 n&rsquo;est pas une reproductionou une repr\u00e9sentation de l&rsquo;existence alors v\u00e9cue; c&rsquo;est la pr\u00e9sence dessens (plus ou moins renforc\u00e9s ou activ\u00e9s) qui constituent notreInstance elle-m\u00eame. Nous sommes ainsi, en tant qu&rsquo;Instance, la m\u00e9moirede nous m\u00eame et du monde, par les sens qui nous constituent.C&rsquo;est comme cela, par exemple, qu&rsquo;une situation d&rsquo;existence pr\u00e9-sente moment d&rsquo;un consensus auquel nous participons, peut nousrappeler un souvenir \u00ab homologue \u00bb, nous faire envisager des projetshomologues, et nous engager, \u00e9ventuellement, dans des actions homo-logues.Il y a lieu, maintenant, d&rsquo;envisager la structuration de l&rsquo;Instance \u00e0partir des principes qui pr\u00e9c\u00e8dent. Cela nous conduira \u00e0 aborder troisaspects:- la constitution des coh\u00e9rences en l&rsquo;Instance,- la pr\u00e9sence de coh\u00e9rences primordiales, arch\u00e9typales ou archa\u00efques,- la relativit\u00e9 des coh\u00e9rencesNous avons d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 ce terme de \u00ab coh\u00e9rences \u00bb, alors choisipour d\u00e9signer l&rsquo;ensemble des sens du consensus d&rsquo;un existant. Lath\u00e9orie des Coh\u00e9rences nous instruira, dans un chapitre ult\u00e9rieur, despropri\u00e9t\u00e9s d&rsquo;une coh\u00e9rence et de ses cons\u00e9quences sur les existenceshomologues qu&rsquo;elle sous-tend. Nous soulignerons, d\u00e9j\u00e0 ici, que toutensemble de sens forme une unit\u00e9, un tout, dont proc\u00e8de 1&rsquo;individua-lit\u00e9 (et la coh\u00e9sion) de l&rsquo;existant. Deux ou plusieurs consensus simul-tan\u00e9s peuvent constituer une unit\u00e9 nouvelle, une coh\u00e9rence nouvelle,g\u00e9n\u00e9ratrice d&rsquo;un existant individualis\u00e9.Un ensemble d&rsquo;existants peut former une situation ou un corpscomplexe dont l&rsquo;individualisation d\u00e9pend de la coh\u00e9rence propre.Celle-ci est n\u00e9anmoins constitu\u00e9e des sens d&rsquo;autres coh\u00e9rences, cellesdes existants partiels de la situation. Ce qui caract\u00e9rise l&rsquo;individualit\u00e9(et la coh\u00e9sion) d&rsquo;un existant c&rsquo;est l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;ensemble de ses sens,autrement dit sa coh\u00e9rence. De ce fait, on peut dire que 1&rsquo;Instance estconstitu\u00e9e de l&rsquo;ensemble des coh\u00e9rences des moments d &lsquo;existence etdes existants individualis\u00e9s de son monde.On pourrait croire qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;un double du monde; sous lemode essentiel plut\u00f4t qu&rsquo;existentiel. Il ne s&rsquo;agit pas de cela puisque lesprincipes d&rsquo;inclusion \/ exclusion, valides dans l&rsquo;existence des indivi-dualit\u00e9s, ne valent pas pour l&rsquo;Instance. Un m\u00eame sens peut \u00eatre deplusieurs coh\u00e9rences et deux coh\u00e9rences peuvent s&rsquo; inclure r\u00e9ciproque-ment et simultan\u00e9ment, ce qui n&rsquo;est pas possible pour deux existants.En outre, \u00e0 une m\u00eame coh\u00e9rence, peuvent correspondre une infinit\u00e9d&rsquo;existants homologues. D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale les propri\u00e9t\u00e9s et les135L&rsquo;ETRE EN INSTANCErapports entre sens et coh\u00e9rences dans l&rsquo;Instance sont ceux d&rsquo;un \u00ab es-pace infinitif\u00bb et non ceux d&rsquo;un espace d&rsquo;existence toujours fini.L&rsquo;Instance, constitu\u00e9e de coh\u00e9rences, elles-m\u00eames ensembles desens, peut \u00eatre envisag\u00e9e aussi comme une seule et m\u00eame coh\u00e9renceglobale.Si cette coh\u00e9rence, unit\u00e9 de l&rsquo;Instance, est envisageable, elle de-vient la coh\u00e9rence de l&rsquo;univers de l&rsquo;homme en g\u00e9n\u00e9ral et le devenir dechaque homme en particulier. Cette coh\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale porte, potentiellement,tous les sens de l&rsquo;Instance et c&rsquo;est de son lieu que peuvent seg\u00e9n\u00e9rer et se modifier tous sens et toutes coh\u00e9rences en l&rsquo;Instance,m\u00eame si cette possibilit\u00e9 n&rsquo;est libre qu&rsquo;au terme d&rsquo;une conscienced&rsquo;Etre achev\u00e9e.Si nous comparons cette coh\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale aux versions de l&rsquo;origine,elle correspond, en tant que coh\u00e9rence de l&rsquo;Univers et de l&rsquo;Hommeuniversel, \u00e0 l&rsquo;universalit\u00e9 sur laquelle se diff\u00e9rencient et separticularisent les personnalit\u00e9s. En particulier, les consensus parentaux,cosmiques, culturels, etc&#8230; seront des sous ensembles de cettecoh\u00e9rence, a la fois sens dominants de celle-ci et coh\u00e9rence d&rsquo;un ensembleparticulier de sens pour le consensus de chaque existant. Autrementdit, la coh\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Instance-Coh\u00e9rence universelle,supporte toutes les coh\u00e9rences de l&rsquo;Instance.Si nous repr\u00e9sentons une coh\u00e9rence par une croix (crois\u00e9e de sens,cartes de coh\u00e9rence) nous pourrons situer chaque coh\u00e9rence particuli\u00e8re,selon un sens dominant de la coh\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale. Le pointill\u00e9 surle dessin indique que les sens d&rsquo;une nouvelle coh\u00e9rence sont \u00e0 con-sid\u00e9rer en elle-m\u00eame comme un espace propre et non pas dans l&rsquo;espacede la coh\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale, bien qu&rsquo;elle s&rsquo;y place en entier. Cette remarquene vient l\u00e0 que pour ouvrir la porte d&rsquo;une r\u00e9flexion sur unetopologie de l&rsquo;Instance et attirer l&rsquo;attention sur quelques pr\u00e9cautionsd&#8217;emploi. Les deux coh\u00e9rences figur\u00e9es ont chacune un centre, marquantl&rsquo;individualit\u00e9 (unit\u00e9) des existants distincts (bien qu&rsquo;immanents) qu&rsquo;elles sous-tendent.<\/p>\r\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" class=\"thumbnail aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_File0098AB.png?w=800\" alt=\"\" \/><\/p>\r\n<p>136L&rsquo;ETRE EN INSTANCECette relativit\u00e9 des coh\u00e9rences est d&rsquo;ailleurs g\u00e9n\u00e9ralisable. Chaquecoh\u00e9rence peut \u00eatre le support d&rsquo;autres coh\u00e9rences et, avec la reprised&rsquo;une \u00e9chelle historique, on pourrait voir l&rsquo;Instance comme un empilementde coh\u00e9rences de plus en plus nombreuses et diversifi\u00e9es.Cette figuration de l&rsquo;Instance est particuli\u00e8rement utile pour encomprendre certains aspects.D\u00e9j\u00e0, \u00abl&rsquo;histoire\u00bb de l&rsquo;Instance (avec la r\u00e9serve d\u00e9j\u00e0 not\u00e9e surcette \u00ab historicit\u00e9 \u00bb), correspond \u00e0 l&rsquo;\u00e9chafaudage de plus en plus diversifi\u00e9des coh\u00e9rences, sur la base d&rsquo;une coh\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale.Le sch\u00e9ma montre l&rsquo;\u00e9dification de l&rsquo;Instance par les renforcementssuccessifs des consensus de moments d&rsquo;existences. Il indique aussi quechaque coh\u00e9rence est support\u00e9e par d&rsquo;autres, jusqu&rsquo;\u00e0 la coh\u00e9renceg\u00e9n\u00e9rale qui rapproche de l&rsquo;Instant.Cependant, il est possible de consid\u00e9rer le centre d&rsquo;une coh\u00e9rencecomme point central de r\u00e9f\u00e9rence de toute l&rsquo;Instance. Tout se passecomme si il en \u00e9tait ainsi, chaque fois que cette coh\u00e9rence est enconsensus pour un moment d&rsquo;existence donn\u00e9.L&rsquo;homme est, en ce lieu de son Instance, comme s&rsquo;il \u00e9tait au lieude tout son Etre. Cette coh\u00e9rence est celle du monde existant pour lui,au m\u00eame moment. Toutes les autres coh\u00e9rences sont alors relatives acelle-ci qui peut en appara\u00eetre comme le support g\u00e9n\u00e9ral.De cette fa\u00e7on, chaque coh\u00e9rence peut \u00eatre vue comme une coh\u00e9renceg\u00e9n\u00e9rale supportant toutes les autres, de m\u00eame qu&rsquo;elle peut \u00eatre,\u00e0 son tour, support\u00e9e par chacune des autres. Cette \u00e9ventualit\u00e9 ne secon\u00e7oit que si un existant de cette coh\u00e9rence est pris comme rep\u00e8reprincipal. Cependant, m\u00eame si chaque coh\u00e9rence peut \u00eatre prisecomme g\u00e9n\u00e9rale et globale avec un rep\u00e8re existentiel, il est une coh\u00e9renceg\u00e9n\u00e9rale dont l&rsquo; Instant constitue le rep\u00e8re central transcendant.Cette relativit\u00e9 des Coh\u00e9rences, li\u00e9e ici \u00e0 la topologie de l&rsquo;Instance,est un probl\u00e8me d\u00e9licat, de m\u00eame que celui des propri\u00e9t\u00e9s de l&rsquo;espaceinfinitif. Entre deux points il y a n&rsquo;importe quelle distance. Ainsi toutelocalisation d&rsquo;une coh\u00e9rence n&rsquo;a d&rsquo;autre valeur que d&rsquo;\u00eatre le rep\u00e8re ducentre d&rsquo;un espace singulier, infinitif. Tel sens, autant qu&rsquo;il soitdiff\u00e9renciable, est aussi bien de cet espace que de tel autre espace d&rsquo;uneautre coh\u00e9rence. La prudence voudra donc qu&rsquo;\u00e0 chaque fois que l&rsquo;onparle d&rsquo;une coh\u00e9rence on en pose pr\u00e9c\u00e9demment le rep\u00e8re:- soit dans un existant particulier, dont ce sera la coh\u00e9rence, ainsique pour tous ses homologues (ex. coh\u00e9rence d&rsquo;une situation don-n\u00e9e),- soit dans un existant g\u00e9n\u00e9ral, dont la coh\u00e9rence est pos\u00e9e commecentrale (ex. coh\u00e9rence d&rsquo;une question g\u00e9n\u00e9rale pour un existant particulier).- soit la coh\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale elle-m\u00eame, centr\u00e9e sur l&rsquo;Instant maisaussi sur tout l&rsquo;univers existant.137<\/p>\r\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" class=\"thumbnail aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_File0100.png?w=800\" alt=\"\" \/>138L&rsquo;ETRE EN INSTANCECette perspective de l&rsquo;Instance et de son \u00e9dification am\u00e8ne \u00e0 cetteremarque que pour chacun, tous les existants de son monde et de soim\u00eame et tous les moments d&rsquo;existence, sont reli\u00e9s en son Instance etrelatif les uns aux autres comme le sont leurs coh\u00e9rences.Il n&rsquo;y a rien de l&rsquo;univers, qui ne soit ainsi transposable en quelquechose de l&rsquo;existence humaine et vice versa. Chaque chose est une voied&rsquo;acc\u00e8s pour l&rsquo;homme \u00e0 tout l&rsquo;univers, en lui-m\u00eame, par son Instance.Toute exp\u00e9rience humaine serait susceptible d&rsquo;ouvrir \u00e0 tout l&rsquo;hommepar son Instance. Tout peut aller sans conscience d&rsquo;Etre, mais celle-ciseulement peut en procurer quelque ma\u00eetrise et la connaissance, ainsiqu&rsquo;en achever la synth\u00e8se par la singularisation de l&rsquo;Instance.139L&rsquo;ETRE EN INSTANCELA NATURE HUMAINE ET L&rsquo;ORIGINE DE L&rsquo;HOMMELe probl\u00e8me de la nature humaine est li\u00e9 au conceptm\u00eame de nature. Selon les trois ordres transcendants de latrinit\u00e9 de l&rsquo;homme, on peut envisager trois d\u00e9finitions, li\u00e9es \u00e0l&rsquo;origine de l&rsquo;homme.Si on n&rsquo;envisage l&rsquo;homme que d&rsquo;un point de vue existentiel,la \u00ab nature \u00bb humaine est immanente \u00e0 la \u00ab nature \u00bb deschoses existantes et \u00e0 cette \u00abNature\u00bb dont les sciences pr\u00e9-tendent nous faire savoir ce que sont les lois. La naturehumaine est, dans ce cas, un sous produit de la Nature. Si l&rsquo;onaccepte le principe de causalit\u00e9 effective dans l&rsquo;existence(principe commun\u00e9ment admis) rien ne s&rsquo;oppose \u00e0 cette conceptionde la nature humaine qui ne se diff\u00e9rencie en rien de la Naturede quelque chose que ce soit. Si on parle d&rsquo;\u00e2me, de conscience,d&rsquo;esprit, ce ne peuvent \u00eatre, \u00e0 leur tour, que des sous produitsde la Nature et dont l&rsquo;\u00e9ventuelle libert\u00e9 ne peut venir quecomme un trouble de la Nature. La libert\u00e9 est alors un conceptparadoxal puisqu&rsquo;il trouve son principe dans la Nature tandisque son exercice ne peut que s&rsquo;opposer \u00e0 la Nature. S&rsquo;il ensuivait les lois, il ne serait plus libert\u00e9. Ce paradoxe est alorsaussi celui de la responsabilit\u00e9, de l&rsquo;autorit\u00e9 et de la volont\u00e9humaine.Cette conception de la nature humaine est, au fond,incompatible avec ces notions concernant l&rsquo;homme. Seule laNature pourrait en \u00eatre investie (panth\u00e9isme) ou un Ma\u00eetre dela Nature &#8211; Dieu d&rsquo;arbitraire- dont le monde et l&rsquo;hommeseraient les jouets. Les r\u00e9ductions traditionnelles du christianisme,entretenues par quelques ambigu\u00eft\u00e9s philosophiques,favorisent cette conception d&rsquo;une nature humaine dont la seuleresponsabilit\u00e9 serait d&rsquo;ob\u00e9ir \u00e0 une Nature qui commande elle-m\u00eame cette ob\u00e9issance. Il est dans la nature humaine de pou-voir se concevoir ainsi mais ce n&rsquo;est pas fatal.Une variante de cette conception est celle, dualiste, d&rsquo;unedouble nature: d&rsquo;une part, une nature existentielle (dite mat\u00e9-rielle et psychique), r\u00e9pondant tr\u00e8s exactement \u00e0 ce qui pr\u00e9-c\u00e8de et, d&rsquo;autre part, une nature spirituelle si\u00e8ge d&rsquo;une \u00e9ven-tuelle libert\u00e9. Cette conception dissociante, ne peut sombrerque dans le manich\u00e9\u00efsme du conflit entre les deux natures,auxquelles Dieu et Diable pr\u00e9sideront dans une lutte entre unbien et un mal substantiels qu&rsquo;il faudra bien ordonner au boutdu compte \u00e0 l&rsquo;un ou \u00e0 l&rsquo;autre. On aboutira alors \u00e0 une oppo-sition entre un tout spirituel et un tout mat\u00e9riel, indissocia-blement li\u00e9s dans leur exclusivit\u00e9 mutuelle, meilleur pi\u00e8gepour que l&rsquo;homme s&rsquo;y ab\u00eeme. Il serait prudent, chaque fois que140L&rsquo;ETRE EN INSTANCELA NATURE HUMAINE ET L&rsquo;ORIGINE DE L&rsquo;HOMMEla nature humaine est en question, de veiller \u00e0 pr\u00e9ciser desnotions dont les cons\u00e9quences sont graves pour les hommes.La conception Naturaliste de la nature humaine avec savariante dualiste se caract\u00e9rise par un primat existentiel. Lanature humaine serait d&rsquo;ordre existentiel.Selon le point de vue de l&rsquo;Instance, la nature humaine estson Instance. C&rsquo;est le propre de chaque homme d&rsquo;o\u00f9 \u00e9mane(pour lui) son existence qui est toujours coexistence. Sil&rsquo;homme n&rsquo;acc\u00e8de pas \u00e0 la conscience de cette nature humaine, ilpeut effectivement vivre cette absolue d\u00e9pendance d&rsquo;unecoexistence, d&rsquo;une connaturalit\u00e9 avec son milieu, milieu ditNaturel rendant toute libert\u00e9 paradoxale et autodestructrice.Il est dans la nature humaine, son Instance de pouvoirconsid\u00e9rer les choses et se consid\u00e9rer en plusieurs sens.Consid\u00e9rer sa propre nature dans l&rsquo;Instance est v\u00e9rit\u00e9, la consid\u00e9rercomme r\u00e9sidant dans l&rsquo;existence est erreur. Cependant, ilest vrai que cela puisse \u00eatre envisag\u00e9 ainsi et donc que l&rsquo;erreurait un fondement de v\u00e9rit\u00e9, bien qu&rsquo;elle ne soit pas la v\u00e9rit\u00e9. Sion prend la pr\u00e9caution d&rsquo;un \u00abtout se passe comme si\u00bb ondiff\u00e9rencie ce qui semble de ce qui est, sans exclusion de l&rsquo;un etde l&rsquo;autre.Ainsi la nature humaine, situ\u00e9e en l&rsquo;Instance de l&rsquo;homme,n&rsquo;exclue pas de consid\u00e9rer une nature existentielle. Seulement,cette nature existentielle n&rsquo;est pas une autre nature mais lam\u00eame, traduite dans l&rsquo;ordre de l&rsquo;existence qui est coexistenceentre les hommes. La nature humaine est Instance personnelleet la nature existentielle de l&rsquo;homme est coexistence. Lapremi\u00e8re est le si\u00e8ge d&rsquo;une libert\u00e9 et de toute responsabilit\u00e9, laseconde est le lieu d&rsquo;une obligatoire d\u00e9pendance. Mais lapremi\u00e8re est au principe de la seconde, principe partag\u00e9 dans lesconsensus.Ainsi la nature humaine est ce qui n&rsquo;appartient qu&rsquo;\u00e0l&rsquo;homme, son Instance transcendante \u00e0 toute nature existante,la sienne et celle de toute chose existante. La nature humainese caract\u00e9rise par le sens et la ma\u00eetrise du sens. C&rsquo;est ce quifonde: libert\u00e9, responsabilit\u00e9, volont\u00e9, v\u00e9rit\u00e9, autorit\u00e9. Lalibert\u00e9 de l&rsquo;homme va jusqu&rsquo;\u00e0 pouvoir envisager l&rsquo;homme dansun sens ou cette libert\u00e9 ne devient plus qu&rsquo;un concept fascinatoire,le mythe naturaliste d&rsquo;un paradis perdu, trace ultimed&rsquo;une nature humaine exer\u00e7ant la libert\u00e9 de se perdre et s&rsquo;yperdant.141 L&rsquo;ETRE EN INSTANCELA NATURE HUMAINE ET L&rsquo;ORIGINE DE L&rsquo;HOMMEEnfin, la question de la nature humaine doit s&rsquo;envisageren regard de l&rsquo;Instant. La nature instancielle de l&rsquo;homme neproc\u00e8de pas d&rsquo;elle-m\u00eame, ni d&rsquo;une surnature qui serait uneesp\u00e8ce d&rsquo;Instance g\u00e9n\u00e9rale. Elle proc\u00e8de de l&rsquo;Instant-D\u00eeeu quiest son principe transcendant. On pourrait alors parler d&rsquo;unenature divine de l&rsquo;homme. Cependant cette expression peuts&rsquo;entendre de deux fa\u00e7ons:- La premi\u00e8re consisterait \u00e0 dire que la vraie nature humaineest l&rsquo;Instant; l&rsquo;Instance n&rsquo;en \u00e9tant qu&rsquo;un produit de m\u00eame quel&rsquo;existence. De ce fait la nature de l&rsquo;homme ne lui appartiendraitpas et il n&rsquo;y aurait plus de libert\u00e9 que conditionnelle,conditionn\u00e9e par l&rsquo;arbitraire suppos\u00e9 de l&rsquo;Instant et par leconditionnement existentiel. Ne voit-on pas que cette divini-sation de l&rsquo;homme est en fait tr\u00e8s proche de la version natu-raliste, par le biais d&rsquo;un dualisme dieu-existence, au milieuduquel l&rsquo;homme serait pris. La libert\u00e9 de l&rsquo;homme serait alorspromesse fallacieuse toujours en butte aux conditions mat\u00e9-rielles. Une nature humaine -toute puissance toujours prisedans l&rsquo;impuissance et la d\u00e9pendance existentielle- n&rsquo;en peutvenir qu&rsquo;a se ha\u00efr, en soi ou en l&rsquo;autre.- L&rsquo;autre fa\u00e7on de parier de nature divine, pour l&rsquo;homme,est de consid\u00e9rer que n&rsquo;\u00e9tant pas Dieu-Instant, il peut jouir depropri\u00e9t\u00e9s divines et en particulier de l&rsquo;unit\u00e9, de la singularit\u00e9d&rsquo;Etre personnel, de la conscience d&rsquo;Etre qui est conscience desens, et d&rsquo;une libert\u00e9, toute humaine, soit d&rsquo;accepter et decultiver cette jouissance, voie et terme de son accomplisse-ment, soit de s&rsquo;engager dans d&rsquo;autres voies, selon d&rsquo;autres sensde sa nature propre, ceux notamment o\u00f9 il en perd (ou neretrouve pas) le sens et l&rsquo;Etre transcendant en lui. C&rsquo;est le caslorsqu&rsquo;il laisse \u00e0 son fruit, le monde existant, le soin d&rsquo;\u00eatre sonprincipe et o\u00f9 il r\u00e9duit sa nature transcendante \u00e0 celle, imma-nente. du monde existentiel.La nature humaine Instancielle trouve sa gloire dans sadivinisation qui n&rsquo;est pas changement de nature mais sonaccomplissement. Elle trouve sa d\u00e9ch\u00e9ance dans sa r\u00e9ductionexistentielle, qui n&rsquo;est pas un \u00e9tat des choses absolument etarbitrairement ind\u00e9pendant de lui, mais une fa\u00e7on de se dis-poser selon certains sens de sa nature qui la lui font perdre devue au profit de ce qui n&rsquo;en est que le fruit: l&rsquo;existence. Neserait-ce pas l\u00e0 un \u00ab p\u00e9ch\u00e9 \u00bb originel, erreur sur l&rsquo;origine prin-cipielle et sur la nature v\u00e9ritable de l&rsquo;homme? Ce p\u00e9ch\u00e9 originel,penchant \u00e0 se perdre, ne consiste-t-il pas \u00e0 prendre lesavoir objectif pour la v\u00e9rit\u00e9, le fruit objective qui est le savoirpour la connaissance qui est consensus (et donc amour), lanature des choses pour la nature humaine? Il faudrait alors142L&rsquo;ETRE EN INSTANCELA NATURE HUMAINE ET L&rsquo;ORIGINE DE L&rsquo;HOMMEqu&rsquo;un homme vienne signifier aux hommes la v\u00e9ritable naturehumaine, qui n&rsquo;est pas de ce monde, et qui peut s&rsquo;accomplirdans sa divinisation; qu&rsquo;un J\u00e9sus-Christ vienne ainsi r\u00e9v\u00e9ler,rappeler \u00e0 nouveau, que la nature humaine n&rsquo;est pas fatale-ment conditionn\u00e9e par l&rsquo;existence et sa fin la mort, maisqu&rsquo;elle ne l&rsquo;est que de son libre choix qui peut aussi \u00eatrediff\u00e9rent, celui d&rsquo;un accomplissement, non obligatoire maispossible. C&rsquo;est en lui-m\u00eame, en reconnaissant sa propre natu-re, que l&rsquo;homme peut reconna\u00eetre cette libert\u00e9, libert\u00e9 de sens,et cette reconnaissance s&rsquo;accompagne de celle de son rapport \u00e0l&rsquo;existence et au monde. Cette reconnaissance est v\u00e9ritable-ment conversion, libre conversion de disposition propre, par-mi toutes celles possibles dans sa nature, celles qui \u00e9garent etcelles qui r\u00e9v\u00e8lent. Mais, pour cela, encore faut-il revenir aucoeur du sujet et ne pas distraire l&rsquo;homme de lui-m\u00eame, soitdans une Nature souveraine, soit dans un Dieu diabolique.C&rsquo;est aussi la condition du respect de l&rsquo;existence et de l&rsquo;Instant,chacun \u00e0 sa place dans la hi\u00e9rarchie des transcendances, dontla nature humaine, l&rsquo;Instance, est l&rsquo;interm\u00e9diaire.143L&rsquo;ETRE EN INSTANCELA PERSONNALITE DE L&rsquo;HOMME ET SON EVOLUTIONLa personne, en chaque homme, doit \u00eatre envisag\u00e9e comme\u00e9tant la constitution sp\u00e9cifique de son Instance. Sa personnalit\u00e9s&rsquo;exprime dans l&rsquo;existence par des comportements,des choix, des modes de vie, des traits de caract\u00e8re et selon desmodalit\u00e9s, corporelles ou, affectives et mentales, autrement ditpsychologiques.Il ne faut pas confondre les manifestations de la personnalit\u00e9avec la personne elle-m\u00eame. En effet, les manifestationsexistentielles sont toujours le fait de consensus entre lespersonnes et sont toujours ainsi sociales et culturelles. On peutalors parler d&rsquo;identit\u00e9s pour les expressions de la personnalit\u00e9,qui, dans l&rsquo;existence, sont toujours comparables \u00e0 d&rsquo;autresidentit\u00e9s dans un m\u00eame univers culturel ou relationnel. Lapersonnalit\u00e9, elle, est \u00e0 la fois universelle et particuli\u00e8re etconstitue la personne en l&rsquo;Instance qui lui est propre.La personnalit\u00e9 est donc compos\u00e9e des sens et coh\u00e9rencesde cette Instance. Elle est universelle dans la mesure o\u00f9 elle estdirectement issue de l&rsquo;Instant et porte ainsi toute l&rsquo;humanit\u00e9de l&rsquo;homme. Elle est particuli\u00e8re dans un double mesure. Celled&rsquo;abord o\u00f9 chaque Instance se constitue \u00e0 partir d&rsquo;un consensusparental, familial, historique et socio-culturel particulier.Celle ensuite, o\u00f9 cette Instance se constitue et se conforte desconsensus particuliers qu&rsquo;elle partage, au cours des exp\u00e9rienceset de toutes les situations de son existence.La personnalit\u00e9 int\u00e8gre donc l&rsquo;inn\u00e9 et l&rsquo;acquis, l&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 etl&rsquo;\u00e9ducation. Toutes ces notions d\u00e9signent habituellement desdonn\u00e9es existentielles, mais elles doivent \u00eatre ramen\u00e9es \u00e0 lasource et au principe qu&rsquo;est l&rsquo;Instance. Ainsi la personnalit\u00e9 dechacun est totalement d\u00e9termin\u00e9e, d&rsquo;une part h\u00e9r\u00e9ditairement,d&rsquo;autre part \u00e9ducativement. Elle porte en effet le double h\u00e9ritageint\u00e9gre des consensus originels, transmettant ainsi desparticularit\u00e9s h\u00e9r\u00e9ditaires, avec les consensus des situationsv\u00e9cues qui, ainsi, \u00e9difient l&rsquo;Instance selon leurs sens.L&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9, pour l&rsquo;Instance, donne un profil de sens particulier\u00e0 une configuration universelle. L&rsquo;\u00e9ducation et touteexp\u00e9rience de vie modifient et font \u00e9voluer ce profil particulierde la personnalit\u00e9.Tout semblerait conditionnement et d\u00e9terminisme si,d&rsquo;une part, la rencontre des autres dans les pratiques de l&rsquo;existence(\u00e9ducation, mode de vie, exigences, voies de recherche&#8230;)n&rsquo;intervenait dans l&rsquo;\u00e9volution de la personnalit\u00e9 par les consensusofferts et que, d&rsquo;autre part, la conscience de sens neprocurait cette libert\u00e9 de partager, ou non, des consensus oud&rsquo;en choisir le sens.144L&rsquo;ETRE EN INSTANCELA PERSONNALITE DE L&rsquo;HOMME ET SON EVOLUTIONC&rsquo;est pour cela que la connaissance de soi, qui est sp\u00e9cifiquementconscience de sens et donc de sa propre personnalit\u00e9,est la voie de la ma\u00eetrise et de la libert\u00e9 personnelleCependant la libert\u00e9 personnelle ne consiste pas \u00e0 \u00eatre unautre. Elle consiste \u00e0 privil\u00e9gier certains sens qui constituentnotre personnalit\u00e9 particuli\u00e8re et ainsi \u00e0 \u00e9voluer plut\u00f4t selonces sens l\u00e0.La personnalit\u00e9 de chacun est ce qui peut \u00eatre cultiv\u00e9,\u00e9duqu\u00e9, \u00e9difi\u00e9, accompli selon des voies qui sont celles m\u00eamesde cette personnalit\u00e9.Chacun a sa fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9voluer, dont la source et l&rsquo;enjeu sontsa propre personnalit\u00e9, sa propre Instance, \u00e0 la fois, toujours lam\u00eame de part ses ant\u00e9c\u00e9dents et ses origines et toujourschangeante au fil de ses \u00e9volutions.L&rsquo;accomplissement de la personnalit\u00e9 se produira dans lesens de celle-ci qui lui permette le meilleur d\u00e9veloppement dece sens en son Instance. C&rsquo;est en cultivant une sorte de qualit\u00e9propre que chaque personnalit\u00e9 s&rsquo;accomplit, exaltant cettem\u00eame qualit\u00e9, plut\u00f4t qu&rsquo;en imitant un mod\u00e8le ou une normeext\u00e9rieure. Paradoxalement c&rsquo;est en cultivant ce qui est le pluspersonnel en l&rsquo;homme que celui-ci peut reconna\u00eetre sonuniversalit\u00e9, l&rsquo;universalit\u00e9 de son humanit\u00e9, constituant dunefa\u00e7on toute personnelle son Instance.La recherche du personnel et de l&rsquo;universel en l&rsquo;hommeest une seule et m\u00eame voie. Seulement cette voie est toujoursparticuli\u00e8re pour chacun en fonction de ce qu&rsquo;il a re\u00e7u et de cequ&rsquo;il fait de sa personnalit\u00e9. La vocation de chacun consistedonc \u00e0 exister selon les dimensions de sa personnalit\u00e9 proprequi l&rsquo;accomplissent elle-m\u00eame en la personnalisant et l&rsquo;universalisantet ainsi, en faire partager les sens dans les consensusavec les autres et au service de leur propre accomplissement.145IILES DYNAMIQUES ACTUELLES DE L&rsquo;INSTANCEL&rsquo; Instance, qui se trouve en consensus, s&rsquo;actualise dans un momentd&rsquo;existence. Cette actualisation est un mouvement de pr\u00e9sence et d&rsquo;unepr\u00e9sence qui peut \u00eatre statique, mais aussi bien mobile, d&rsquo;une mobilit\u00e9par exemple affective, mentale ou corporelle. Ce double mouvementr\u00e9sulte d&rsquo;une animation. L&rsquo;existence est anim\u00e9e par l&rsquo;Instance qui s&rsquo;yactualise (le consensus de chaque moment). Cette actualisation del&rsquo;Instance, \u00e0 partir de sens en consensus, est l&rsquo;une de ses deuxdynamiques. Seulement, seuls s&rsquo;actualisent les sens en consensus et non pastoute l&rsquo;Instance simultan\u00e9ment. Si tel \u00e9tait le cas, l&rsquo;existence seraittotale, sans mouvement propre, simplement pr\u00e9sente immuablement.Or elle est vari\u00e9e, \u00e9volutive, faite de toutes sortes de moments diff\u00e9rents.Chaque moment particulier de cette existence est actualisation d&rsquo;unconsensus particulier, dans lequel certains sens seulement de l&rsquo;Instancesont impliqu\u00e9s.C&rsquo;est alors qu&rsquo;il faudra aussi consid\u00e9rer cette autre dynamique del&rsquo;Instance qui est sollicitation de certains sens \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un consensus.On l&rsquo;appellera activation. Cette activation des sens de l&rsquo;Instance,peut \u00eatre d&rsquo;intensit\u00e9 variable. Nulle, il n&rsquo;y a pas de consensus ni d&rsquo;existence.Faible,l&rsquo;actualisation donnera un moment d&rsquo;existence peu intense.Forte,l&rsquo;activation am\u00e8nera une actualisation importante dans unmoment d&rsquo;existence particuli\u00e8rement fort. C&rsquo;est alors, notamment,qu&rsquo;en retour, une r\u00e9activation entra\u00eenera une alternance rythm\u00e9eassurant une certaine continuit\u00e9 r\u00e9p\u00e9titive, d&rsquo;une part, et l&rsquo;entretien duconsensus avec d&rsquo;autres, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la coexistence ou vie commune,d&rsquo;autre part. L&rsquo;ennui va avec une faible activation de m\u00eame que lesommeil. La mort est cessation d&rsquo;existence donc d&rsquo;actualisation etd&rsquo;activation. L&rsquo;implication, dans l&rsquo;existence, est caract\u00e9ristique d&rsquo;uneforte activation et c&rsquo;est la source du probl\u00e8me de la mesure ou de lad\u00e9mesure.146L&rsquo;ETRE EN INSTANCE1) L&rsquo;activationLorsqu&rsquo;un sens est investi dans un consensus avec d&rsquo;autresInstances, il est mobilis\u00e9 et c&rsquo;est cette mobilisation d&rsquo;un sens que l&rsquo;onappellera activation. Le consensus d&rsquo;un groupe d&rsquo;hommes s&rsquo;actualisedans un existant et lorsqu&rsquo;un tiers partage ce consensus d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, c&rsquo;estcomme s&rsquo;il rencontrait cet existant d\u00e9j\u00e0 la, et qu&rsquo;il se mettait \u00e0 existerpour lui. Tout se passe alors comme si c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 partir de cet existantd\u00e9j\u00e0 l\u00e0 qu&rsquo;il se trouvait activ\u00e9, selon les sens de sa coh\u00e9rence, et qu&rsquo;ilpartageait ainsi le consensus. Il semble alors que ce soit l&rsquo;existant quisoit activant. Cela n&rsquo;est qu&rsquo;une fa\u00e7on d&rsquo;appr\u00e9hender le processus telle,que ce seraient les existants qui, par une sorte de r\u00e9sonance, provo-queraient l&rsquo;activation des sens de l&rsquo;Instance. En fait cette simplificationnous sera tr\u00e8s utile si l&rsquo;on n&rsquo;omet pas que c&rsquo;est ce qui sous-tend cetexistant, c&rsquo;est-\u00e0-dire le consensus des autres Instances, qui est v\u00e9rita-blement activant pour soi.En outre cette activation, en soi, n&rsquo;est pas sans d\u00e9pendre de sapropre Instance qui peut m\u00eame \u00eatre a l&rsquo;origine du consensus avec lesautres. C&rsquo;est ainsi que nos propres existences nous activent en activantaussi les autres, qui nous activent \u00e0 leur tour. Notre existence estanim\u00e9e par notre Instance, mais celle-ci est activ\u00e9e par les autresInstances et c&rsquo;est notamment pour cela que nous avons besoin les unsdes autres.L&rsquo;activation des sens et coh\u00e9rences (ensemble de sens) correspond\u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e en participation \u00e0 un consensus, comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;uner\u00e9sonance \u00e0 partir de l&rsquo;existant de ce consensus.Cette description p\u00e8che par le fait que l&rsquo;existant n&rsquo;appara\u00eet tel,pour l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9, que lors de sa participation au consensus. De cettemani\u00e8re on pourrait aussi dire que c&rsquo;est le consensus d&rsquo;autrui quiactive en soi une m\u00eame coh\u00e9rence et nous y fait participer, paractivation, dans un moment d&rsquo;existence d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 commun.Sans qu&rsquo;il y ait consensus pr\u00e9alable d&rsquo;autres Instances, l&rsquo;activationd&rsquo;autrui en son Instance, provoque cette r\u00e9sonance en soi d&rsquo;uneactivation qui instaure ainsi consensus et donc existence commune.Toutes sortes de facteurs font que l&rsquo;activation mutuelle n&rsquo;est pasparfaite. Bien que tout se passe comme si elle \u00e9tait souhait\u00e9e, il estheureux qu&rsquo;elle \u00e9choue dans cette perfection sinon tous les humainsseraient immobilis\u00e9s dans une sorte de communion, consensusuniversel immobile dans une existence commune \u00e9ternellementfig\u00e9e et dans l&rsquo;indiff\u00e9renciation g\u00e9n\u00e9rale.L&rsquo;activation des sens appara\u00eet ici comme le fondement de toutecommunication. Comme la th\u00e9orie de l&rsquo;existence dans son planrelatif (communication, conjugaison) le laissait supposer, lacommunication humaine, dans l&rsquo;existence, est affaire de consensus dansl&rsquo;Instance et donc d&rsquo;activation de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre pour, justement,\u00e9tablir ces consensus.Dans l&rsquo;ordre existentiel, la communication comporte troisplans:147L&rsquo;ETRE EN INSTANCE- le plan relatif: la relation, les affects, les significations du lienentre les partenaires,- le plan repr\u00e9sentatif: les signes, les figures, le sc\u00e9nario,- le plan factuel: la situation, les faits et gestes, les comportements,les effets.L&rsquo;existence d&rsquo;une communication, est le fait d&rsquo;un consensusentre les Instances.C&rsquo;est ainsi que toute la question de la communication se ram\u00e8ne\u00e0 celle de l&rsquo;\u00e9tablissement de ce consensus et, d&rsquo;une fa\u00e7on encoreplus g\u00e9n\u00e9rale, tout \u00e9tablissement d&rsquo;un consensus est une recherchede communication. Imm\u00e9diatement on s&rsquo;apercevra que tous lesprobl\u00e8mes, possibilit\u00e9s et difficult\u00e9s de la communication entre leshommes, se ram\u00e8nent \u00e0 la question de l&rsquo;activation et que celle-ci ser\u00e9percute sur le plan existentiel dans toutes les circonstances de cettecommunication. L&rsquo;existence des communications peut ainsi r\u00e9v\u00e9lerce qui se passe pour les Instances et les probl\u00e8mes d&rsquo;activation.Normalement, les dynamiques actuelles de l&rsquo;Instance, et parsuite l&rsquo;activation et toute communication sont purement automatiques.On verra un peu plus loin que c&rsquo;est justement la conscience desens qui permet \u00e0 l&rsquo;homme de se lib\u00e9rer (en conscience) de cetter\u00e9activit\u00e9 automatique.La communication entre deux personnes peut se d\u00e9rouler dansune langue particuli\u00e8re \u00e0 propos du monde environnant. Celaindique que le consensus entre les deux Instances n&rsquo;est pas isol\u00e9 d unconsensus plus large, celui de la langue commune ou celui d unmonde commun dans lequel il s&rsquo;int\u00e8gre.Il n&rsquo;y a pas qu&rsquo;un sens ou qu&rsquo;une Coh\u00e9rence \u00e0 la fois qui soientactiv\u00e9s dans l&rsquo;Instance, mais tout un ensemble de Coh\u00e9rences. Uneactivation vient toujours dans une Instance d\u00e9j\u00e0 activ\u00e9e par ailleurs.De cette fa\u00e7on, un moment particulier de communication vient seplacer dans un moment d&rsquo;existence plus large, une circonstance devie, par exemple. Un moment d&rsquo;existence s&rsquo;int\u00e8gre toujours dans unmoment plus vaste.Se posent alors des probl\u00e8mes de conflits d&rsquo;activation entre descoh\u00e9rences diff\u00e9rentes simultan\u00e9ment activ\u00e9es.Par exemple, une personne est activ\u00e9e dans le champ de sespr\u00e9occupations lorsqu&rsquo;une autre vient lui faire part des siennes. Lapremi\u00e8re peut tr\u00e8s bien l&rsquo;\u00e9couter \u00ab d&rsquo;une oreille distraite \u00bb ou m\u00eamene pas s&rsquo;apercevoir de sa pr\u00e9sence.Il aurait pu aussi se faire que, t\u00e9moin des pr\u00e9occupations de lapremi\u00e8re, la seconde, ainsi activ\u00e9e, vienne renforcer l&rsquo;activation dupremier et engager cette fois-ci une communication dont l&rsquo;existencesera plus importante.La pr\u00e9activation d&rsquo;une coh\u00e9rence, dans l&rsquo;Instance, favorise uner\u00e9activation suppl\u00e9mentaire, et fait concurrence \u00e0 d&rsquo;autres activations.Ceci se r\u00e9sout alors par plusieurs voies possibles: r\u00e9duction \u00e0une coh\u00e9rence tierce, englobement dans une coh\u00e9rence plus large oudominance de la coh\u00e9rence la plus activ\u00e9e. Emerge alors ici lanotion de degr\u00e9 ou d&rsquo;intensit\u00e9 d&rsquo;activation.148L&rsquo;ETRE EN INSTANCENous pouvons imaginer la complexit\u00e9 du jeu des activationsdans l&rsquo;Instance, les concurrences entre elles, les dispersions de l&rsquo;une\u00e0 l&rsquo;autre et ainsi, la difficult\u00e9 et la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une centration qui, surle plan existentiel, correspond \u00e0 une centration sur un sujet, sur unobjet et une actualit\u00e9.Il y a aussi le cas d&rsquo;une communication entre deux personnes,telle qu&rsquo;ils en arrivent \u00e0 se sentir \u00ab seuls au monde \u00bb, \u00ab tout l&rsquo;unpour l&rsquo;autre \u00bb. On sait qu&rsquo;une passion (amoureuse ou meurtri\u00e8re)peut donner cet effet. Sur le plan de l&rsquo;activation, on peut dire que lesdeux partenaires sont dans un consensus tr\u00e8s fort, \u00e0 tel point queleurs Instances se diff\u00e9rencient mal. En outre, les autres coh\u00e9rences,peu activ\u00e9es, ne font gu\u00e8re existence devant la pr\u00e9gnance et lapr\u00e9sence consid\u00e9rable de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre dans ce moment l\u00e0. Une tellecommunication, qui peut sembler parfaite, pose aussi le grave probl\u00e8mede la possibilit\u00e9 de cesser avec plusieurs cons\u00e9quences:- indisponibilit\u00e9 au reste du monde et \u00e0 sa propre survie,- s\u00e9paration meurtri\u00e8re (le meurtre peut en \u00eatre l&rsquo;acte symptomatique),- impossibilit\u00e9 de se diff\u00e9rencier et de toute conscience individualisante.Autant la communication (circonstance existentielle de l&rsquo;\u00e9ta-blissement de consensus) est essentielle en tant qu&rsquo;exp\u00e9rience cons-titutive de la vie, autant elle est, dans une certaine perfection,l&rsquo;ali\u00e9nation la plus grande. La conscience de sens permet cependant,comme on le verra, une communication plus parfaite dont la\u00ab lib\u00e9ration \u00bb reste toujours possible, gr\u00e2ce au discernement diff\u00e9renciantqu&rsquo;elle donne. Une autre question, directement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;activation,est celle de l&rsquo;enfermement dans une m\u00eame coh\u00e9rence ou, \u00e0l&rsquo;inverse, l&rsquo;exclusion d&rsquo;une coh\u00e9rence. Si les circonstances fontqu&rsquo;un consensus peut \u00eatre tel qu&rsquo;il fasse fusion et confusion, il sepeut aussi que des personnes soient pr\u00e9dispos\u00e9es \u00e0 cela.Nous n&rsquo;envisagerons ici que le cas o\u00f9 une certaine coh\u00e9rence esttellement renforc\u00e9e en l&rsquo;Instance (par r\u00e9p\u00e9tition d&rsquo;une m\u00eame exp\u00e9riencede vie ou \u00ab traumatisme \u00bb), qu&rsquo;elle se trouve toujours suractiv\u00e9equelles que soient les sollicitations ext\u00e9rieures. On a, end&rsquo;autres termes, une coh\u00e9rence qui \u00e0 peine sollicit\u00e9e, domine toutesles autres. C&rsquo;est toujours un peu la m\u00eame existence qui se pr\u00e9sente \u00e0la personne, ou alors des homologues. Selon le type de coh\u00e9rence enquestion, des sympt\u00f4mes existentiels caract\u00e9ristiques se manifesterontselon des types caract\u00e9riels ou pathologiques.Nous sommes l\u00e0 dans un cas de pr\u00e9activation permanente,favoris\u00e9 par l&rsquo;importance d&rsquo;une certaine coh\u00e9rence dans l&rsquo;Instancedu sujet, cons\u00e9quence de son histoire personnelle dans l&rsquo;environ-nement (consensus qu&rsquo;il a travers\u00e9). C&rsquo;est comme cela que se trans-met une culture (la coh\u00e9rence culturelle), un caract\u00e8re familial, ouque se r\u00e9percute un \u00e9v\u00e9nement ou une pathologie sur plusieursg\u00e9n\u00e9rations.A l&rsquo;oppos\u00e9 de la sur-r\u00e9activit\u00e9 (sur-activation) la sous r\u00e9activit\u00e9viendra d&rsquo;une sorte d&rsquo;absence de coh\u00e9rence ou, du moins, du faitque des sens peu renforc\u00e9s en l&rsquo;Instance, sont peu activables et, en149L&rsquo;ETRE EN INSTANCEtout cas, toujours domin\u00e9s par des activations voisines. Tout sepasse comme si l\u00e0, il y avait un manque dans l&rsquo;Instance et donc pasde consensus, de communication, ni d&rsquo;existence possible. Qu unecoh\u00e9rence ne soit pas suffisamment activable, faute d&rsquo;exp\u00e9rience sp\u00e9-cifique, ou qu&rsquo;elle soit domin\u00e9e par la sur-activation d&rsquo;une autre,cela revient au m\u00eame: un manque \u00e0 Etre qui fait manque \u00e0 exister.Venons en \u00e0 la notion de degr\u00e9 d&rsquo;activation. Si nous envisageonsles choses d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s \u00e9l\u00e9mentaire; un sens se trouve,dans l&rsquo;Instance, plus ou moins renforc\u00e9 selon l&rsquo;histoire personnellede chacun, sachant que chaque consensus nouveau le renforce unpeu plus.<\/p>\r\n<p><br \/><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" class=\"thumbnail aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_File0112AB.png?w=800\" alt=\"\" \/>Un sens peut \u00eatre ainsi pr\u00e9activ\u00e9, \u00eatre alors sollicit\u00e9 \u00e0 nouveaud&rsquo;autant plus facilement, et se trouver de plus en plus active commede plus en plus tendu ou charg\u00e9 de tension. L&rsquo;image vient alors noussugg\u00e9rer l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une d\u00e9tente, d&rsquo;une d\u00e9charge relative de cette sur-tension que constitue l&rsquo;activation.Cette d\u00e9charge, c&rsquo;est l&rsquo;actualisation, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;existencem\u00eame, dans son moment.Ainsi tout se passe comme si c&rsquo;\u00e9tait par l&rsquo;existence que s&rsquo;\u00e9cha-faudait l&rsquo;Instance, que ses coh\u00e9rences se trouvaient activ\u00e9es en faisantconsensus en s&rsquo;actualisant, en retour, dans 1&rsquo;existence elle-m\u00eame.Le degr\u00e9 d&rsquo;activation du sens y devient intensit\u00e9 des vecteursintention et attention et donne l&rsquo;amplitude du vecteur moment,ampleur de l&rsquo;extension et importance de l&rsquo;existence.150L&rsquo;ETRE EN INSTANCE2) L&rsquo;actualisationL&rsquo;actualisation est le pendant de l&rsquo;activation, autre volet desdynamiques actuelles de l&rsquo;Instance. On a l\u00e0 les deux seuls processuspropres \u00e0 l&rsquo;Instance. Activation = charge d&rsquo;une tension, actualisation= d\u00e9charge de celle-ci. Le reste est circonstances, obstacles, limites,cons\u00e9quences de ces deux processus \u00e9l\u00e9mentaires de l&rsquo;Instance.On pourrait y ajouter la conscience de sens mais, comme on leverra, ce n&rsquo;est pas un processus de l&rsquo;Instance elle-m\u00eame, bien qu&rsquo;elles&rsquo;y produise.L&rsquo;actualisation est donc d\u00e9charge de l&rsquo;activation. Elle tend aannuler l&rsquo;activation et le sens activ\u00e9 lui-m\u00eame. Le sch\u00e9ma simplifi\u00e9ci-dessous montre le sens activ\u00e9 et l&rsquo;orientation inverse de l&rsquo;actualisation.<\/p>\r\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" class=\"thumbnail aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_File0113_AB.png?w=800\" alt=\"\" \/><br \/>FIGURE 21Tout se passe comme si l&rsquo;actualisation \u00e9tait une tentative d&rsquo;annulationdu sens (activ\u00e9). Nous prendrons deux images pour illustrer cela,en commen\u00e7ant par celle d&rsquo;un pendule, soumis \u00e0 une force d&rsquo;attractionde la pesanteur.<\/p>\r\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" class=\"thumbnail aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_File0113AB.png?w=800\" alt=\"\" \/><\/p>\r\n<p>FIGURE 22Si on le d\u00e9place, c&rsquo;est comme s&rsquo;il subissait une activation. L&rsquo;actua-lisation est alors figur\u00e9e par le mouvement de retour \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre, quitend \u00e0 annuler la tension, en ramenant le pendule au point le plus bas.Le fil le retient et le ramen\u00e9 simplement \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat initial. L&rsquo;actualisationr\u00e9ussit \u00e0 annuler la surtension amen\u00e9e par le d\u00e9placement (activation),mais \u00e9choue \u00e0 annuler la tension initiale (le sens non activ\u00e9).L&rsquo;ETRE EN INSTANCEImaginons de m\u00eame une corde tendue, dont un diapason harmo-nique provoque la vibration (activation). Celle-ci continuera jusqu&rsquo;\u00e0annulation de la surtension mais cessera lorsque la corde aura atteintson \u00e9tat de tension initial. C&rsquo;est toujours une r\u00e9action \u00e0 la tension de lacorde qui ram\u00e8ne le syst\u00e8me \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre, mais qui \u00e9choue a 1&rsquo;annulercompl\u00e8tement. Toute actualisation est une sorte de \u00abtentative der\u00e9solution \u00bb.L&rsquo;expression est emprunt\u00e9e \u00e0 Freud et g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e au principed&rsquo;une tentative d&rsquo;annulation du sens, en m\u00eame temps que de sonactivation.Elle est, en effet, d\u00e9charge d&rsquo;activation et semble tentative de fairedispara\u00eetre le sens.Or l&rsquo;actualisation est aussi ce qui fait l&rsquo;existence par le moment.Ainsi tout moment d&rsquo;existence est \u00abtentative de r\u00e9solution\u00bb, soitd\u00e9sactivation ou annulation des sens du consensus.Ainsi, chaque activation suscite une \u00abtentative de r\u00e9solution\u00bbdans un moment d&rsquo;existence. Tout se passe comme si le momentd&rsquo;existence visait \u00e0 l&rsquo;annulation de ce qui en est l&rsquo;origine, c&rsquo;est-\u00e0-direl&rsquo;Instance activ\u00e9e. En d\u00e9finitive, l&rsquo;existence se produit par unmouvement d&rsquo;annulation de l&rsquo;activation de l&rsquo;Instance et c&rsquo;est pour cela quepr\u00e9f\u00e9rer l&rsquo;existence \u00e0 l&rsquo;Instance c&rsquo;est substituer le moyen a la fin,d\u00e9finition m\u00eame du p\u00e9ch\u00e9.Soit un objet suscitant un d\u00e9sir \u00e0 son propos: voil\u00e0 une repr\u00e9sentationde l&rsquo;activation. Ce d\u00e9sir s&rsquo;actualise, par exemple dans laconsommation de l&rsquo;objet, sa disparition donc et du coup 1&rsquo;annulationdu d\u00e9sir de l&rsquo;objet. Tout se passe alors comme si le comportementvisait \u00e0 annuler la source du d\u00e9sir: l&rsquo;objet, le d\u00e9sir lui-m\u00eame et, enfin,le sens dont l&rsquo;objet n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une pr\u00e9sence existentielle par le fait duconsensus d&rsquo;autrui.Cela nous entra\u00eene \u00e0 des consid\u00e9rations nouvelles \u00e0 propos del&rsquo;existence. L&rsquo;actualisation est ce qui d\u00e9ploie l&rsquo;existence, c&rsquo;est ce quifait le moment comme produit vectoriel, extension dans l&rsquo;amplitude,de l&rsquo;intensit\u00e9 du vecteur intention en rapport \u00e0 l&rsquo;attention.Dans le tir \u00e0 l&rsquo;arc, le tir de la fl\u00e8che vise \u00e0 r\u00e9soudre en l&rsquo;\u00e9puisant, latension de l&rsquo;arc vers la cible, et l&rsquo;intention du tireur vers son objet.Dans le sch\u00e9ma de l&rsquo;existence le degr\u00e9 d&rsquo;activation est repr\u00e9sent\u00e9par l&rsquo;importance du vecteur intention qui se retrouve dans celle duvecteur extension. C&rsquo;est un peu comme la pression de l&rsquo;air qui ser\u00e9percute dans le volume du ballon qui en est gonfl\u00e9.On voit ainsi comment, par l&rsquo;actualisation, la pr\u00e9sence et l&rsquo;importanced&rsquo;un existant d\u00e9pendent de l&rsquo;activation des sens en l&rsquo;Instance,intensit\u00e9 du consensus. Ceci nous rappelle notamment la question dela \u00ab tangibilit\u00e9 \u00bb de la r\u00e9alit\u00e9 existante, dont l&rsquo;un des param\u00e8tres est ledegr\u00e9 d&rsquo;implication que nous pouvons traduire par le degr\u00e9 d&rsquo;activation.Ce qui nous active fortement est important pour nous et sa r\u00e9alit\u00e9152L&rsquo;ETRE EN INSTANCEnous para\u00eet d&rsquo;autant plus certaine. La certitude de la r\u00e9alit\u00e9 des chosesest, elle aussi, fond\u00e9e dans l&rsquo;Instance et, plus particuli\u00e8rement dans lesens activ\u00e9. C&rsquo;est pour cela que la mise en question des r\u00e9alit\u00e9s peut\u00eatre v\u00e9cue comme mise en question de l&rsquo;Etre en soi lorsqu&rsquo;il y aconfusion de l&rsquo;Etre avec l&rsquo;existence. C&rsquo;est la source des postulats et descrit\u00e8res de v\u00e9rit\u00e9 que nous nous donnons.L&rsquo;animation de l&rsquo;existant est son actualisation, cons\u00e9quence automatiquede l&rsquo;activation. C&rsquo;est la d\u00e9sactivation qui provoque et animel&rsquo;existence dans ce mouvement d&rsquo;actualisation.Cette actualisation peut aussi provoquer une r\u00e9activation et ainsir\u00e9p\u00e9tition du processus, un peu comme le pendule, oscillant plusieursfois avant de s&rsquo;arr\u00eater, ou la corde de piano qui vibre longtemps avantde s&rsquo;amortir.De ce fait, non seulement le moment d&rsquo;existence \u00e9puise l&rsquo;activation,mais il le fait selon un rythme dont la scansion d\u00e9pend despartenaires ou, dans l&rsquo;existence, des objets d&rsquo;attention. Cetteoscillation, ou cette vibration, vers un \u00e9puisement total est le fait d&rsquo;unealtemativit\u00e9 entre les Instances en consensus. Pour chacun cela donneune existence r\u00e9p\u00e9titive et rythm\u00e9e vers l&rsquo;\u00e9puisement final.Elle se r\u00e9p\u00e8te doublement, d&rsquo;une part dans ce rythme qui tend \u00e0\u00e9puiser l&rsquo;activation initiale par une actualisation r\u00e9p\u00e9titive, et d&rsquo;autrepart dans la possibilit\u00e9 d&rsquo;une relance du m\u00eame sc\u00e9nario \u00e0 une autreoccasion. Nous en avons g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 le principe au fonctionnementnormal de l&rsquo;Instance avec ses cons\u00e9quences pour l&rsquo;existence. C&rsquo;estainsi que la base du fait d&rsquo;existence est le renouvellement de momentshomologues, chacun allant de fa\u00e7on rythm\u00e9e vers son ach\u00e8vement.C&rsquo;est la diversit\u00e9 des coh\u00e9rences dans 1&rsquo;Instance et la multiplicit\u00e9 desautres Instances qui permettent la grande diversit\u00e9 des existences etdes existants. Il arrive n\u00e9anmoins que domin\u00e9s par une m\u00eame coh\u00e9-rence, des Etres soient enferm\u00e9s dans une existence sans grande vari\u00e9-t\u00e9. Cela pose le probl\u00e8me du changement ou de l&rsquo;immobilisme dansl&rsquo;existence et celui des interventions qui permettent de la transformerou la faire \u00e9voluer malgr\u00e9 la r\u00e9p\u00e9titivit\u00e9 des actualisations.C&rsquo;est l&rsquo;enjeu m\u00eame d&rsquo;un grand nombre d&rsquo;activit\u00e9s et de pratiqueset, bien s\u00fbr, principalement de celles qui, par \u00e9lucidation des sens -quiest conscience d&rsquo;Etre- permettent d&rsquo;acqu\u00e9rir une libert\u00e9 de ma\u00eetrise.Celle-ci permet, \u00e0 son tour, d&rsquo;\u00e9chapper quelque peu aux m\u00e9canismesde r\u00e9activit\u00e9, pour assumer une autonomie de l&rsquo;Instance suffisante,condition de son accomplissement.Une autre consid\u00e9ration \u00e0 propos de l&rsquo;existence m\u00e9rite que l&rsquo;on s&rsquo;yattarde. Par l&rsquo;actualisation, l&rsquo;existence est, d&rsquo;une part, ce qui tend aannuler l&rsquo;activation de l&rsquo;Instance, et, d&rsquo;autre part, elle court vers sonach\u00e8vement par \u00e9puisement de ce qui en est l&rsquo;origine: l &lsquo;activation.Ainsi on peut dire que le cours de la vie est un mouvement vers lamort. Voil\u00e0 qui peut para\u00eetre \u00e9tonnant ou \u00e9vident au premier abord.La vie: c&rsquo;est le moment qui m\u00e8ne \u00e0 la mort, mort de l&rsquo;existence etm\u00eame \u00ab tentative \u00bb d&rsquo;annulation du sens donc de l&rsquo;Etre, de l&rsquo;Instance;On pourrait dire alors que la vie est un suicide. Or, il se trouve aussi153L&rsquo;ETRE EN INSTANCEque c&rsquo;est ce faisant, dans le m\u00eame cours, que s&rsquo;instaure l&rsquo;Instance quifait cette existence. L&rsquo;existence, la vie dans son cours, est un momentvers la mort qui, nous le savons, r\u00e9ussit bel et bien pour l&rsquo;existencetout en \u00e9chouant (peut-\u00eatre) pour l&rsquo;Instance. La mort change alors de sens.Chaque moment d&rsquo;existence court vers son ach\u00e8vement avecl&rsquo;\u00e9puisement de l&rsquo;activation dans cette actualisation mais, sans cesse,l&rsquo;Instance est r\u00e9activ\u00e9e, par les autres essentiellement. La fin de chaquemoment, mort d&rsquo;une \u00abtranche de vie\u00bb, arrive alors qu&rsquo;un autremoment est relanc\u00e9 et que d&rsquo;autres suivront encore jusqu&rsquo;\u00e0 ce que celacesse et qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus d&rsquo;activation du tout et ainsi mort de l&rsquo;existence.La mort n&rsquo;est pas ainsi un accident mais l&rsquo;ach\u00e8vement de la vie.La vie, elle-m\u00eame, comme extension de toute l&rsquo;existence, n&rsquo;a d&rsquo;autrefin que cet ach\u00e8vement d&rsquo;elle-m\u00eame, dans l&rsquo;existence. Mais la vie,parcours d&rsquo;une existence humaine n&rsquo;est pas le tout de l&rsquo;homme, ni safin, et c&rsquo;est dans ce cheminement vers la mort, sans cesse r\u00e9p\u00e9t\u00e9 danschaque moment et repouss\u00e9 jusqu&rsquo;au dernier soupir, que se b\u00e2titl&rsquo;Instance qui ne meurt pas de cette mort de l&rsquo;existence.Il ne peut y avoir existence sans Instance, l&rsquo;inverse est possible. Lafin de la vie existentielle n&rsquo;est pas la fin de l&rsquo;Instance. Elle est celle deses dynamiques actuelles, au moins provisoirement. Leur r\u00e9animationse traduirait par de nouveaux consensus et une \u00abr\u00e9surrection de lachair\u00bb en d&rsquo;autres mondes.154 L&rsquo;ETRE EN INSTANCEL&rsquo;INSTANCE, L&rsquo;INCONSCIENT,LES PROCESSUS PSYCHIQUESET LES COMPORTEMENTS HUMAINSLes comportements sont une modalit\u00e9 de l&rsquo;existence,modalit\u00e9 factuelle plus pr\u00e9cis\u00e9ment. Un comportement estl&rsquo;un des plans d&rsquo;actualisation d&rsquo;un groupe de sens de l&rsquo;Instancede la personne, qu&rsquo;on appelle une coh\u00e9rence. Telle coh\u00e9rences&rsquo;actualise selon tel comportement, ou un homologue, enfonction des partenaires du consensus (ou des circonstances). Lecomportement est donc suscit\u00e9 par une activation qui estrencontre ou partage d&rsquo;un consensus, si bien qu&rsquo;il peutappara\u00eetre comme r\u00e9action \u00e0 ce qui suscite le consensus. Comme ils&rsquo;agit du comportement d&rsquo;une personne, on chercherahabituellement ce qui provoque en lui ce comportement l\u00e0 etcomment il se produit.Une version classique est de chercher la r\u00e9ponse dans lepsychisme. Le comportement serait alors produit par desm\u00e9canismes psychiques dont il serait l&rsquo;expression. D&rsquo;autreschercheront une explication dans une cause physiologique ousinon, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, affective ou mentale. En particulier,certains voudraient que la cause des comportements humainssoit la conscience mentale ou la raison. Nous nous opposons atoutes ces hypoth\u00e8ses. Elles reviennent, en effet, \u00e0 r\u00e9tablir lacausalit\u00e9 immanente entre des plans d&rsquo;existence. Or, nousavons vu que seule l&rsquo;Instance anime l&rsquo;existence et donc lescomportements.Il y a cependant une corr\u00e9lation \u00e9troite entre comportementset processus psychiques (affectifs et sensibles, mentauxet imaginaires). Cette corr\u00e9lation vient du fait qu&rsquo;ils ont,comme tous les plans d&rsquo;existence, une origine commune dont ilssont les actualisations simultan\u00e9es.La d\u00e9couverte de Freud est, au fond, que la consciencementale n&rsquo;est (en g\u00e9n\u00e9ral) pas la cause des comportements, enparticulier dans les sympt\u00f4mes pathologiques, sinon pour l&rsquo;en-semble des comportements. Pris dans un psychocentrisme, ild\u00e9finit un lieu ou se situeraient les causes des comportementsmanifestes (certains ou tous?) par le n\u00e9gatif de la conscience:l&rsquo;inconscient.L&rsquo;inconscient devient alors quelque chose dont les con-tenus seraient du m\u00eame ordre que ceux de la conscience(affectifs, repr\u00e9sentatifs) et m\u00eame en plus, factuels (il s&rsquo;y pro-duit des choses, des \u00e9v\u00e9nements, des faits, etc&#8230;).Freud, avec l&rsquo;insconscient auquel il donne une substancecausale (quelque chose de substantiel qui est la cause decomportements notamment), propose un substitut \u00e0 l&rsquo;Etre ouInstance. Bien des propri\u00e9t\u00e9s qu&rsquo;il attribue \u00e0 l&rsquo;inconscient sont155L&rsquo;ETRE EN INSTANCE L&rsquo;INSTANCE, L&rsquo;INCONSCIENT,LES PROCESSUS PSYCHIQUES ET LES COMPORTEMENTS HUMAINScelles de l&rsquo;Instance. L&rsquo;inconscient n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;unerepr\u00e9sentation existentielle (mentale ou imaginaire) del&rsquo;Instance. De ce fait il passe \u00e0 cot\u00e9 de la transcendance de l&rsquo;hommeet du sens dont le statut est toujours fuyant dans la psychanalyse.R\u00e9duisant l&rsquo;Instance \u00e0 un n\u00e9gatif de la conscience,Freud reste dans un id\u00e9alisme mat\u00e9rialiste dont Lacanconfirmera le nihilisme en filigrane dans son oeuvre.Le psychisme est bien une porte ouverte \u00e0 la compr\u00e9hensiondes comportements humains. Les psychologismes ontconfondu la porte avec ce qui est au-del\u00e0, le moyen d&rsquo;acc\u00e8savec ce \u00e0 quoi il s&rsquo;agit d&rsquo;acc\u00e9der. La psychanalyse a confonduun verso invisible de la porte avec ce qui, au-del\u00e0, estl&rsquo;essentiel. De ce fait, les uns et les autres, s&rsquo;ils ont point\u00e9 qu&rsquo;il y aune source des comportements du c\u00f4t\u00e9 du psychisme n&rsquo;ont pasaper\u00e7u que c&rsquo;est au del\u00e0 qu&rsquo;il fallait chercher. Mais pour cela ilfallait envisager un type de conscience de sens qui permetted&rsquo;acc\u00e9der aux sens et a leurs dynamiques actuelles, activation \/actualisation, au lieu d&rsquo;en rester \u00e0 des descriptions mentales dem\u00e9canismes psychiques conscients ou \u00e0 leur n\u00e9gatif baptis\u00e9\u00ab inconscient \u00bb.Il est vrai que l&rsquo;Instance n&rsquo;est pas normalement conscienteet qu&rsquo;elle peut \u00eatre dite inconscient. Seulement ni son contenu,ni la conscience qui pourrait s&rsquo;en acqu\u00e9rir ne sont d&rsquo;ordreaffectif ou repr\u00e9sentatif et encore moins corporel.La cause des comportements humains est, en l&rsquo;Instance, lam\u00eame que celle des consciences et processus affectifs et mentaux,mais elle n&rsquo;est pas de m\u00eame nature qu&rsquo;eux, elle les transcende.156IIIL&rsquo;ETRE: DEVENIR DE L&rsquo;INSTANCEL&rsquo; Instance de l&rsquo;homme est faite de toutes les coh\u00e9rences (groupes desens) qui la constituent, \u00e0 partir de ses consensus d&rsquo;origine et de tousceux de son existence. Or cette Instance n&rsquo;est pas, par elle-m\u00eame,ma\u00eetresse de ses actualisations et de ses activations, chaque fois localis\u00e9essur l&rsquo;une ou l&rsquo;autre coh\u00e9rence dans l&rsquo;un ou l&rsquo;autre sens. De ce faitelle est entra\u00een\u00e9e par tout ce qui l&rsquo;active dans son univers d&rsquo;existence, lesautres principalement. Le sens dominant de son devenir est al\u00e9atoire.A cela viennent se surajouter deux choses: une finalit\u00e9 et unepossibilit\u00e9 de l&rsquo;atteindre. La finalit\u00e9 c&rsquo;est l&rsquo;unification de l&rsquo;Instance danssa personnalit\u00e9 et son universalit\u00e9 d&rsquo;Etre humain. Jouir de cette unit\u00e9,c&rsquo;est acc\u00e9der \u00e0 la ma\u00eetrise d&rsquo;un Etre qui n&rsquo;est plus soumis aux al\u00e9as del&rsquo;existence sans y en avoir ma\u00eetrise. Cette unification revient, pourl&rsquo;Instance, \u00e0 retrouver son principe, principe d&rsquo;Etre et d&rsquo;unit\u00e9 ultime:l&rsquo;Instant.L&rsquo;accomplissement de l&rsquo;Instance consiste \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 cette unit\u00e9d&rsquo;Etre pour en jouir. Pour cela elle doit acqu\u00e9rir ce qui lui donneral&rsquo;unit\u00e9: c&rsquo;est la conscience de sens. La conscience de sens n&rsquo;est pas unefonction, ni un organe de l&rsquo;Instance, c&rsquo;est une \u00ab lumi\u00e8re \u00bb en provenancede l&rsquo;Instant; lumi\u00e8re divine ou lumi\u00e8re de l&rsquo;Esprit. Elle affecte l&rsquo;Instance,esprit de l&rsquo;homme, l\u00e0 o\u00f9 elle est activ\u00e9e et lorsque l&rsquo;Instance y estdispos\u00e9e favorablement. Une des dispositions de l&rsquo;Instance consiste,pour elle, \u00e0 se trouver activ\u00e9e dans un sens donn\u00e9 ou sens dominant. Ladisposition qui permet qu&rsquo;advienne cette lumi\u00e8re est celle d&rsquo;un sensd&rsquo;accomplissement. La question est alors: comment l&rsquo;Instance peut ellese disposer ainsi pour b\u00e9n\u00e9ficier de cette conscience? C&rsquo;est l\u00e0 quel&rsquo;existence lui servira pour trouver des rep\u00e8res.C&rsquo;est par une discipline int\u00e9rieure en rapport avec des existantsext\u00e9rieurs que peut s&rsquo;acqu\u00e9rir la disposition favorable \u00e0 la conscience desens. Cette discipline consiste \u00e0 consid\u00e9rer simultan\u00e9ment plusieursr\u00e9alit\u00e9s homologues dans un \u00ab regard par transcendance \u00bb. C&rsquo;est alorsque peuvent \u00eatre conscients d&rsquo;Etre, les sens qui sont \u00e0 la fois ceux de cesr\u00e9alit\u00e9s homologues et ceux des Instances qui en partagent le consensuset, principalement, de celles qui s&rsquo;exercent \u00e0 cette discipline.157L&rsquo;ETRE EN INSTANCEOr, s&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0, au bout du compte, d&rsquo;une discipline d&rsquo;accomplissement,elle est aussi \u00e9lucidation des sens des r\u00e9alit\u00e9s de ce monde, doncconnaissance et aussi activit\u00e9 pratique dans l&rsquo;existence. La disciplined&rsquo;accomplissement de l&rsquo;Instance est pratique de vie et de connaissance.C&rsquo;est ainsi que cette th\u00e9orie de l&rsquo;Instance permet de r\u00e9unir dans unem\u00eame logique (sens) tous les probl\u00e8mes qui se posent \u00e0 l&rsquo;homme dans savie quotidienne, dans son existence, et de quelque nature qu&rsquo;ils soient,avec la question de son devenir, du devenir de son Instance. C&rsquo;est lad\u00e9finition m\u00eame de la question \u00e9thique. L&rsquo;homme s&rsquo;accomplit dans etpar le monde, en son Instance qui se situe au del\u00e0 de cette existence,dans un \u00abroyaume\u00bb qui n&rsquo;est pas de ce monde, celui des Instances.C&rsquo;est pour cela aussi qu&rsquo;une th\u00e9orie-m\u00e9taphysique peut traiter, dans lem\u00eame mouvement, aussi bien la question de l&rsquo;accomplissement de lapersonne, que celle des pratiques de toutes sortes qui font l&rsquo;activit\u00e9 deshommes dans leur existence.158L&rsquo;ETRE EN INSTANCELa conscience de sensTout d&rsquo;abord, rappelons ce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas. La temarit\u00e9 del&rsquo;existence nous a fait d\u00e9couvrir deux types de consciences, que1&rsquo;onpeut appeler globalement la conscience des r\u00e9alit\u00e9s et qui sont aconscience mentale formelle ou faite d&rsquo;id\u00e9es de repr\u00e9sentations, et laconscience sensible faite d&rsquo;intuition, de sensibilit\u00e9, de v\u00e9cu. Ces consciences sont immanentes \u00e0 l&rsquo;existence des choses et de l&rsquo;homme dontelles sont des aspects non s\u00e9par\u00e9s. En tant que telles, on peut parleraussi de \u00ab l&rsquo;existence\u00bb de ces consciences et envisager une consciencede conscience, etc&#8230;C&rsquo;est l&rsquo;un des principes de la m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique quin&rsquo;atteint pas \u00e0 la conscience de sens, sauf par accident.Un moment d&rsquo;existence peut en effet contenir des existants, eux-m\u00eames faits d&rsquo;existants. Les consciences d&rsquo;existence sont aussi vari\u00e9esque les sens des consensus dont elles sont le fait. Ainsi, elles r\u00e9v\u00e8lent aleur fa\u00e7on les sens selon le mode relatif ou le mode repr\u00e9sentatif, maiselles n&rsquo;acc\u00e8dent pas au sens lui-m\u00eame.La conscience de sens \u00ab n&rsquo;existe pas \u00bb. Il y a une certaine difficult\u00e9\u00e0 vouloir parler de ce qui n&rsquo;existe pas, lorsque ce n&rsquo;est pas rien .pourautant.Il ne peut y avoir de conscience de la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une consciencede sens, on le verra, de conscience de la conscience de sens. Il n y aainsi pas d&rsquo;autre voie pour la reconna\u00eetre que de se conna\u00eetre conscientd&rsquo;Etre-sens. C&rsquo;est parfaitement incommunicable. Il n&rsquo;y a pas de con-sensus de conscience de sens m\u00eame lorsqu&rsquo;il y a consensus des m\u00eamessens. La conscience de sens est toujours personnelle et, en elle-m\u00eame,incommunicable.Malgr\u00e9 tout, rien n&#8217;emp\u00eache d&rsquo;\u00e9voquer, dans une communicationexistentielle, des sens dont la conscience d&rsquo;Etre est ainsi sollicit\u00e9e.\u00ab\u00a0Que ceux qui ont des oreilles entendent \u00bb. Il n &lsquo;y a pas d&rsquo;autre solution.Rien n&#8217;emp\u00eache cependant de placer des jalons pour y aider.La conscience de sens est le fait que l&rsquo;Instance se sait de tels sensdans tels moments d&rsquo;existence. Or, l&rsquo;Instance n&rsquo;est autre, alors, que cesm\u00eames sens en consensus. Il n&rsquo;y a pas deux: Une Instance qui sache etun sens qu&rsquo;elle connaisse. L&rsquo; Instance est sens. Or, puisque l&rsquo;Instancepeut \u00eatre sens avec ou sans conscience de sens, il est n\u00e9cessaire qu&rsquo;unautre lieu intervienne: l&rsquo;Instant. Ainsi l&rsquo; Instance se conna\u00eet \u00eatre sensgr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo; Instant.La conscience de sens est connaissance de la lumi\u00e8re divine,l\u00e0m\u00eame o\u00f9 la \u00ab parole d&rsquo;amour \u00bb fait l&rsquo;homme en son Instance, Etre-Esprit. La conscience d&rsquo;existence ou l&rsquo;existence consciente, est obscurit\u00e9en regard de la lumi\u00e8re de la conscience de sens.159L&rsquo;ETRE EN INSTANCEII ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une action de l&rsquo;Instant, mais plut\u00f4t d&rsquo;une dis-position de l&rsquo; Instance telle que l&rsquo;Instant l&rsquo;\u00e9clair\u00e9. Il s&rsquo;agit, bien s\u00fbr,d&rsquo;une lumi\u00e8re o\u00f9 il ne faut chercher aucun photon. Cependant on peutdire de cette conscience de sens qu&rsquo;elle est \u00ab lumi\u00e8re \u00bb ou \u00ab illumination\u00bb.Connaissance d&rsquo;\u00eatre sens de l&rsquo;existence en l&rsquo;Instance, elle estaussi contemplation.Ainsi la conscience de sens peut-elle se dire: discernement des sens(ou des esprits), conscience d&rsquo;\u00eatre sujet de son existence, illumination,contemplation, du plus banal au plus extraordinaire. La conscience desens est, aussi bien, affaire de lucidit\u00e9 quotidienne que de vision del&rsquo;Instant.La conscience de sens, localis\u00e9e sur telle ou telle coh\u00e9rence, peut\u00eatre d\u00e9velopp\u00e9e peu \u00e0 peu jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle englobe toute l&rsquo;Instance.Retenons d&rsquo;abord qu&rsquo;elle n&rsquo;est le plus souvent que tr\u00e8s partielle.Comment peut-on savoir que l&rsquo;on a conscience de sens? Par quelsympt\u00f4me cela se traduit-il et quelles cons\u00e9quences cela a-t-il? Quel&rsquo;on parle de joie, d&rsquo;\u00e9clairement soudain, de compr\u00e9hension instantan\u00e9e,et chacun pourra reconna\u00eetre, peut-\u00eatre, quelques exp\u00e9riencesprivil\u00e9gi\u00e9es. Mais aucune preuve, aucun signe automatique, aucuneconscience de r\u00e9alit\u00e9 ne le certifie.Des sages, des religieux, des mystiques et toutes sortes de t\u00e9moignagesessaient d&rsquo;exprimer l&rsquo;exp\u00e9rience indicible qui implique l&rsquo;Etre enson fondement (l&rsquo;Instance). Il faut aussi insister sur la banalit\u00e9 du faitpour ne pas en faire seulement l&rsquo;affaire de quelques saints ou quelques\u00ab illumin\u00e9s \u00bb. Elle concerne tout un chacun dans sa vie quotidienne.C&rsquo;est bien dans la vie quotidienne, dans l&rsquo;action comme le repos, quela conscience de sens peut advenir et y jouer un r\u00f4le.Ce sera notre propos, au travers de pratiques professionnellesnotamment, d&rsquo;y fonder des m\u00e9thodes avec, par exemple, l&rsquo;analyse decoh\u00e9rence. L&rsquo;exp\u00e9rience a largement montr\u00e9 qu&rsquo;une telle analyse, dequestions m\u00eame triviales, renvoyait toujours l&rsquo;homme \u00e0 lui-m\u00eamedans sa vie personnelle, dans son \u00catre profond et dans l&rsquo;universalit\u00e9 del&rsquo;humain. De ce fait, il y aura \u00e0 d\u00e9velopper toutes sortes de cons\u00e9quencesde la conscience du sens du fait qu&rsquo;elle est \u00ab ma\u00eetrise \u00bb de sens,\u00abdiscernement\u00bb et donc ouverture \u00e0 la connaissance et au choix.Connaissance et choix sont tout ce qui permet d&rsquo;engager des momentsd&rsquo;existence, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;agir ou simplement d&rsquo;exister. Connaissanceet choix de sens, renvoient, bien s\u00fbr, \u00e0 toutes les modalit\u00e9s existen-tielles du sens: logique, orientation, direction, ressenti, repr\u00e9sentation,mouvements, etc&#8230; dont la conscience de sens ouvre l&rsquo;acc\u00e8s.Comme il s&rsquo;agit toujours du sens, en soi, de l&rsquo;existence, cetteconscience relativise l&rsquo;existence du sujet \u00e0 son Etre, elle ram\u00e8ne aucoeur du sujet. Elle replace toujours l&rsquo;homme en ce lieu d&rsquo;\u00eatre sujet del&rsquo;existence, tout en ne le confondant plus en totalit\u00e9 avec cette existence.La conscience de sens est ce qui permet de d\u00e9couvrir son implicationdans l&rsquo;existence comme co-auteur par les consensus et en m\u00eametemps de ne pas se confondre avec son existence, en tant qu&rsquo;Instancetranscendante.160L&rsquo;ETRE EN INSTANCEComment advient la conscience des sens d&rsquo;un existant?La consid\u00e9ration simultan\u00e9e de plusieurs r\u00e9alit\u00e9s homologuesr\u00e9v\u00e8le leurs sens communs, leur coh\u00e9rence. C&rsquo;est l\u00e0 le processusd &lsquo;\u00e9lucidation. Cependant il faut distinguer le processus dans le planexistentiel et sa cons\u00e9quence possible: la conscience de sens dans 1&rsquo; Instance. Nous prendrons la question par ces deux versants.La consid\u00e9ration de r\u00e9alit\u00e9s homologues est une pratique dansl&rsquo;existence. Elle r\u00e9clame deux conditions:- que soient activ\u00e9s les sens d&rsquo;un consensus tel qu&rsquo;il se produise unetelle situation d&rsquo;\u00e9lucidation,- que soient activ\u00e9s en outre les sens que l&rsquo;on cherche \u00e0 \u00e9lucider.Autrement dit:- d&rsquo;une part, le sens de la d\u00e9marche d&rsquo;\u00e9lucidation doit \u00eatre l&rsquo;un dessens \u00e0 \u00e9lucider,- d&rsquo;autre part, il doit s&rsquo;agir d&rsquo;un sens tel qu&rsquo;il permette cette d\u00e9marche.Supposons qu&rsquo;il y ait un sens de l&rsquo;aveuglement. Celui-ci nepermettrait pas l&rsquo;existence d&rsquo;une telle d\u00e9marche et en cons\u00e9quence sapropre \u00e9lucidation. Il y a en effet, comme on le verra, des sens enl&rsquo;Instance dont l&rsquo;actualisation est l&rsquo;existence d&rsquo;une pratique d&rsquo;\u00e9lucidation,permettant donc la conscience des sens. Il y a en l&rsquo;homme dessens qui lui permettent de se reconna\u00eetre sens. On appellera notammentces sens: sens de l&rsquo;accomplissement.Pour qu&rsquo;il y ait conscience de sens, encore faut-il \u00eatre activ\u00e9 selonla coh\u00e9rence de l&rsquo;existant que l&rsquo;on souhaite \u00e9lucider. Il ne suffit passimplement de consid\u00e9rer des r\u00e9alit\u00e9s homologues, il faut aussi quecette consid\u00e9ration elle-m\u00eame leur soit homologue. L&rsquo;homologie, commeon l&rsquo;a vu, correspond \u00e0 la variation du second vecteur de l&rsquo;existence,c&rsquo;est-\u00e0-dire des facteurs ou acteurs. On comprend que ce quireste de commun entre des r\u00e9alit\u00e9s homologues, est du c\u00f4t\u00e9 du vecteurintention et du sujet actuel de la consid\u00e9ration, celui qui cherche cette\u00e9lucidation.Dans la pratique il s&rsquo;agira pour une telle analyse:- de d\u00e9terminer l&rsquo;existant \u00e0 analyser (centration),- d&rsquo;\u00eatre activ\u00e9 en ses sens pour y faire consensus (activation),- de faire varier le vecteur attention pour rassembler des r\u00e9alit\u00e9shomologues,- de les \u00ab regarder \u00bb ensemble dans leurs \u00ab sens communs \u00bb jusqu&rsquo;\u00e0ce que la conscience arrive&#8230;Cette proc\u00e9dure, r\u00e9duite ici \u00e0 ses principes de base, recouvre unchamp de pratiques immense et on pourrait reconna\u00eetre l\u00e0 des processusde connaissance par analogie (ex. Einstein, Kekul\u00e9), des m\u00e9thodesd&rsquo;introspection (ex. psychanalyse, gestalt&#8230;), des pratiques socio-religieuses (ex. rituels et sacrements) etc&#8230;161L&rsquo;ETRE EN INSTANCEQu&rsquo;arrive-t-il alors, dans cette consid\u00e9ration de r\u00e9alit\u00e9s homologues,dans cette recherche de leurs sens communs? Il arrive soudainementque cela s&rsquo;\u00e9claire. Des r\u00e9alit\u00e9s que l&rsquo;on sait homologues indirectement,apparaissent clairement expliqu\u00e9es dans leur sp\u00e9cificit\u00e9 etdans leur homologie. Mieux, toute autre r\u00e9alit\u00e9 homologue estexpliqu\u00e9e du m\u00eame coup et, notamment, l&rsquo;existant de d\u00e9part \u00e0 \u00e9lucider.Il reste \u00e0 envisager l&rsquo;autre versant du processus: ce qui se passe duc\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Instance, de la conscience de sens proprement dite.Tout d&rsquo;abord, la soudainet\u00e9 de \u00ab l&rsquo;\u00e9clairement \u00bb ne doit pas fairepenser que la conscience de sens est une affaire de tout ou rien. En fait,c&rsquo;est petit \u00e0 petit qu&rsquo;elle s&rsquo;approfondit et qu&rsquo;elle s&rsquo;affine, m\u00eame si celaadvient par pas soudains. En outre, cette conscience n&rsquo;est pas auto-matique. On peut dire que le processus d\u00e9crit aide \u00e0 se placer dans lesdispositions favorables mais qu&rsquo;il ne produit pas la conscience commel&rsquo;effet d&rsquo;une cause. Ce n&rsquo;est pas non plus une \u00ab op\u00e9ration \u00bb del&rsquo;Instance mais un \u00e9clairement par l&rsquo;Instant. Au fond, tout se passe commesi, par une manoeuvre dans l&rsquo;existence (le processus), l&rsquo;Instance sepla\u00e7ait dans une disposition telle que l&rsquo;\u00e9clairage puisse advenir.\u00ab Instance \u00e9clair\u00e9e \u00bb \u00e9quivaut \u00e0 \u00ab conscience d&rsquo;\u00eatre sens \u00bb et aussi \u00e0\u00ab discernement\u00bb des sens de l&rsquo;existant.L&rsquo;\u00e9lucidation d\u00e9pend donc de cette possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9clairement, dis-position dans l&rsquo;existence et disposition de l&rsquo;Instance. D&rsquo;une fa\u00e7onr\u00e9ductrice, on pourrait parler de conditions ext\u00e9rieures et de disposi-tions int\u00e9rieures de l&rsquo;\u00e2me, comme dans la m\u00e9ditation ou la pri\u00e8re.Des obstacles peuvent s&rsquo;opposer \u00e0 cet ajustement, li\u00e9s auxconditions existentielles et instancielles. Peu \u00e0 peu ils peuvent se lever,laissant venir ce \u00ab regard par transcendance \u00bb comme le soleil perce lesnuages et la lumi\u00e8re l&rsquo;obscurit\u00e9.Quelles traces restent-elles en l&rsquo;Instance, de l&rsquo;av\u00e8nement de cetteconscience? La conscience de sens procure trois b\u00e9n\u00e9fices pour l&rsquo;Instance:- la conservation de cette conscience,- l&rsquo;unification de l&rsquo;Instance,- la lib\u00e9ration responsable.La conservation, d&rsquo;abord, est telle que lorsque les m\u00eames sensseront \u00e0 nouveau activ\u00e9s, la m\u00eame conscience pourra advenir. Onretrouve ainsi cette conscience de sens chaque fois que l&rsquo;Instance seretrouve activ\u00e9e au m\u00eame lieu. Cependant, la conscience en un lieu Clde l&rsquo;Instance ne veut pas dire forc\u00e9ment qu&rsquo;il y ait conscience en unautre lieu C2.162<\/p>\r\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" class=\"thumbnail aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_File0126AB.png?w=800\" alt=\"\" \/><\/p>\r\n<p>Activ\u00e9 en un autre lieu C2, l&rsquo;Instance s&rsquo;ignore consciente de sensen Cl, qu&rsquo;elle ait ou non conscience d&rsquo;\u00eatre en C2. Mais lorsque Cl seraactiv\u00e9e la conscience d&rsquo;\u00eatre en Cl adviendra facilement, sans pourautant qu&rsquo;il y ait conscience simultan\u00e9ment de C2.Ainsi, si la conscience de sens advient en un lieu de l&rsquo;Instance, elles&rsquo;y retrouve chaque fois que la m\u00eame coh\u00e9rence est activ\u00e9e mais yreste localis\u00e9e. L&rsquo;Etre de chacun est multiple, autant que les consensusauxquels il participe. Tout en se croyant \u00e0 chaque fois UN il ne sait pasque ce n&rsquo;est pas le m\u00eame UN.Cependant cela peut changer, justement par la conscience de sens.Supposons qu&rsquo;elle soit \u00e9largie \u00e0 une coh\u00e9rence plus profonde et pluslarge que les pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\r\n<p>&nbsp;<\/p>\r\n<p><img data-recalc-dims=\"1\" decoding=\"async\" class=\"thumbnail aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/files\/1612\/62\/png_File0126AB2.png?w=800\" alt=\"\" \/><\/p>\r\n<p>De ce lieu l\u00e0, C, la conscience d&rsquo;Etre est aussi d&rsquo;\u00eatre de Cl et deC2. La conscience de sens est unifiante puisque, de quelque lieu que cesoit dans le champ de la conscience C, Cl ou C2, l&rsquo;Instance retrouvecette conscience d&rsquo;\u00eatre aussi de ces autres lieux. La conscience d&rsquo;\u00eatre enCl r\u00e9entra\u00eene la conscience d&rsquo;\u00eatre en C et donc aussi en C2. L&rsquo;hommese sait alors multiple tout en se croyant UN en C. Il y a toujoursn\u00e9anmoins d&rsquo;autres coh\u00e9rences C&rsquo; qui ne sont pas dans le champ de Cet par rapport auxquelles le probl\u00e8me pr\u00e9c\u00e9dent se pose toujours.163L&rsquo;ETRE EN INSTANCECependant, pour autant que l&rsquo;Instance soit activ\u00e9e en son champ,la conscience de sens a unifie l&rsquo;Instance en C. C&rsquo;est le chemin de lasingularisation, unification de la totalit\u00e9 de l&rsquo;Instance qui, seulementalors, peut \u00eatre dite UNE ou plut\u00f4t UN-ETRE-SINGULIER. Sur leplan d&rsquo;une unification partielle de l&rsquo;Instance, d&rsquo;un tel lieu unifi\u00e9, lalumi\u00e8re de la conscience porte sur un plus vaste champ d&rsquo;existence etde grands pans de l&rsquo;existence se trouveront ainsi unifi\u00e9s, dans unm\u00eame regard par transcendance qui les lie. Des existants \u00e9trangersappara\u00eetront reli\u00e9s; des existants nouveaux (cr\u00e9ations) peuvent sed\u00e9velopper, une plus grande ma\u00eetrise en est permise.Cette \u00ab ma\u00eetrise \u00bb, justement, reste \u00e0 \u00e9tudier. Elle correspond \u00e0cette autre cons\u00e9quence, enjeu de la conscience de sens: la lib\u00e9rationresponsable.Voil\u00e0 un fameux probl\u00e8me que celui de la libert\u00e9 humaine, auqueljoindre celui du r\u00f4le de la conscience et celui de la responsabilit\u00e9v\u00e9ritable.Tout ce que l&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 vu de la th\u00e9orie de l&rsquo;Instance ne supposeaucune ma\u00eetrise. Les dynamiques actuelles de l&rsquo;Instance se passent deconscience. Ce que peut faire la conscience, c&rsquo;est de suspendre cesdynamiques ou de les laisser faire. Les consciences sensible et formellene sont pour cela d&rsquo;aucun secours. La conscience de r\u00e9alit\u00e9 (commu-n\u00e9ment appel\u00e9e conscience des r\u00e9alit\u00e9s) n&rsquo;a aucun effet direct sur leschoix personnels d&rsquo;\u00eatre ou non de tels sens et donc de tels existants.Elles peuvent en donner l&rsquo;illusion, mais il s&rsquo;agit plus de justifications(interpr\u00e9tations, repr\u00e9sentations), que de libert\u00e9 r\u00e9elle. Il ne suffit doncpas de constater ce qu&rsquo;il en est de l&rsquo;existence pour en \u00eatre lib\u00e9r\u00e9.Cependant, ces consciences de r\u00e9alit\u00e9s peuvent participer au processusde conscience de sens (r\u00e9alit\u00e9s homologues) et \u00eatre prises, \u00e0 tort,comme elles-m\u00eames lib\u00e9ratrices. Savoir la cause d&rsquo;un probl\u00e8me nesuffit pas \u00e0 le r\u00e9soudre, notamment lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de la cause historiquesuppos\u00e9e d&rsquo;une difficult\u00e9 personnelle. L&rsquo;exp\u00e9rience de chacun estl\u00e0 pour le v\u00e9rifier. Il n&rsquo;y a donc que la conscience de sens qui puisseapporter quelque libert\u00e9, l\u00e0 o\u00f9 se jouent les consensus et les dynamiquesde l&rsquo;Instance. L&rsquo;existence, est fait d&rsquo;un consensus, o\u00f9 d&rsquo;autresparticipent. La conscience de l&rsquo;un ne peut donc intervenir.Ainsi la conscience de sens ne donne libert\u00e9 que sur sa propreparticipation au consensus avec les autres et pour proposer, de soi-m\u00eame, des consensus \u00e0 partir de choix responsables. Un tel choix desens et ainsi de consensus (participation ou non, sollicitation ou non)suppose conscience de ces sens. C&rsquo;est ainsi que libert\u00e9 et responsabilit\u00e9de l&rsquo;homme se trouvent enti\u00e8rement li\u00e9es dans cette question de choixde sens, pour soi et en consensus avec d&rsquo;autres et donc \u00e0 la conscienced&rsquo;\u00eatre-sens. Par exemple, l&rsquo;\u00e9lucidation d&rsquo;une coh\u00e9rence (ensemble desens) permet de choisir d&rsquo;\u00eatre plut\u00f4t de tel ou tel de ses sens et d&rsquo;enproposer consensus \u00e0 d&rsquo;autres (conscients ou non).Il n&rsquo;y a ainsi de responsabilit\u00e9 pour l&rsquo;existence que dans l&rsquo;Instance,par la conscience de sens. Ce sera de ces lieux de l&rsquo;Instance o\u00f9 laconscience d&rsquo;Etre est advenue, que pourront se faire des choix d&rsquo;existenceresponsable.164L&rsquo;ETRE EN INSTANCE2) L&rsquo;accomplissement de l&rsquo;Instance dans l&rsquo;existenceLe parcours de l&rsquo;Instance est maintenant dessin\u00e9: origine, \u00e9difi-cation, singularisation. Ses dynamiques actuelles: activation, actuali-sation font existence par les consensus auxquels elle participe. Cetteexistence enfin, peut \u00eatre telle que la conscience d&rsquo;Etre advienne et, deproche en proche, la singularisation de l&rsquo;Instance. L&rsquo;existence peut \u00eatretelle aussi, que cette conscience n&rsquo;advienne pas.Or, on sait que l&rsquo;existence est comme ceci ou cela, selon la coh\u00e9-rence ou les sens dominants de l&rsquo;Instance elle-m\u00eame. C&rsquo;est en envi-sageant chaque coh\u00e9rence que l&rsquo;on peut y rep\u00e9rer les sens qui, pour unexistant donn\u00e9 et s&rsquo;ils pr\u00e9dominent, lui donnent sens d&rsquo;accomplisse-ment. Seuls, ceux qui permettent la singularisation de l&rsquo;Instance, sontsens d&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme. Ce sont les sens de la position\u00e9thique dans chaque cas.Parmi tout ce qui peut constituer notre existence, certaines fa\u00e7onsd&rsquo;exister permettent l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme. C&rsquo;est un probl\u00e8-me, dans la mesure ou ce n&rsquo;est pas en tant qu&rsquo;existence ou r\u00e9alit\u00e9 quecela se joue mais par le sens que l&rsquo;Instance y donne. Un fait peut avoirplusieurs sens et c&rsquo;est l&rsquo;implication particuli\u00e8re des Instances qui don-ne au fait son sens et son utilit\u00e9 \u00e9ventuelle pour l&rsquo;accomplissement despersonnes.Le choix d&rsquo;existence se pose ainsi \u00e0 tout homme. Il ne peut gu\u00e8rese r\u00e9soudre par une conformit\u00e9 dogmatique \u00e0 la norme de ce queserait, par exemple, une existence d&rsquo;accomplissement. C&rsquo;est une affairede sens. Or, nous reconnaissons l\u00e0 le paradoxe de la libert\u00e9 du choixresponsable. Pour pouvoir le faire, encore faut-il qu&rsquo;il ait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fait,par soi en conscience ou par activation \u00e0 partir des consensus qui noussollicitent. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en \u00e9lucidant autant que possible, peu \u00e0 peu, lessens des moments d&rsquo;existence travers\u00e9s, que nous pouvons apprendre\u00e0 nous ajuster sur les sens d&rsquo;accomplissement. Cela permet, au passage,de d\u00e9couvrir les sens de toutes sortes de modalit\u00e9s d&rsquo;existence et des&rsquo;en \u00e9loigner ou s&rsquo;en rapprocher selon le cas.Cette facult\u00e9 de discernement, appliqu\u00e9e aux modalit\u00e9s d&rsquo;existen-ce, permet de mieux apercevoir en toute chose, en quoi elle peutfavoriser ou non l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme. C&rsquo;est comme celaque l&rsquo;homme grandit ou devient adulte, d\u00e8s que cette facult\u00e9 de dis-cernement commence \u00e0 s&rsquo;exercer, d\u00e8s qu&rsquo;une libert\u00e9 de choix respon-sable commence \u00e0 \u00eatre possible, d\u00e8s qu&rsquo;une conscience de sens com-mence \u00e0 \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9e. Le passage \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte n&rsquo;est cependantqu&rsquo;un d\u00e9but, toujours a d\u00e9velopper en cultivant certains modes d&rsquo;exis-tence et en \u00e9vitant ou en renon\u00e7ant \u00e0 d&rsquo;autres.Tr\u00e8s globalement, le parcours d&rsquo;une existence humaine peut sefaire en plusieurs phases. Nous en indiquerons deux qui, bien entendu,se recouvrent toujours quelque peu:- une phase d&rsquo;\u00e9ducation,- une phase d&rsquo;accomplissement.165L&rsquo;ETRE EN INSTANCEElles peuvent \u00eatre, bien s\u00fbr, de m\u00eame sens.La premi\u00e8re phase d&rsquo;\u00e9ducation correspond \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification de l&rsquo;Ins-tance. Elle consiste cependant aussi \u00e0 pr\u00e9parer l&rsquo;\u00e2ge adulte. Or, neserait-il pas favorable pour cela que l&rsquo;Instance s&rsquo;\u00e9difie plut\u00f4t dans lessens de l&rsquo;accomplissement que dans d&rsquo;autres? Cela ne peut \u00eatre que lefait d&rsquo;un environnement, parental notamment, et des consensus qu&rsquo;iloffre.Edifier l&rsquo;Instance plut\u00f4t dans les sens de l&rsquo;accomplissement pr\u00e9-pare l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 se trouver en position d&rsquo;\u00e9lucidation lorsqu&rsquo;il dispo-sera de suffisamment de \u00ab r\u00e9alit\u00e9s homologues \u00bb (d&rsquo;exp\u00e9rience). Il n&rsquo;y apas, on s&rsquo;en doute, d&rsquo;action directe des parents sur l&rsquo;Instance de leurenfant sinon par les consensus de leur existence m\u00eame o\u00f9 se trouveactiv\u00e9 l&rsquo;enfant. Cela n&rsquo;est possible que si la soci\u00e9t\u00e9 active les parentseux-m\u00eames selon de tels consensus, ou que leur propre conscience leurpermette le discernement n\u00e9cessaire \u00e0 cette libert\u00e9-responsable.Proposer, en y participant, des consensus d&rsquo;accomplissement; c&rsquo;estce en quoi consiste une \u00e9ducation \u00e9dificatrice de l&rsquo;Instance, selon lessens les plus favorables \u00e0 l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte, tel que nous l&rsquo;avonsd\u00e9fini. Cela ne peut \u00eatre que le fait d&rsquo;adultes. Une mauvaise \u00e9ducationn&rsquo;interdit cependant pas qu&rsquo;une personne d\u00e9couvre ses sens d&rsquo;accom-plissement et en cultive la conscience, c&rsquo;est-\u00e0-dire contribue \u00e0 sa pro-pre \u00e9dification initialement d\u00e9faillante.Il y a une autre fa\u00e7on de voir l&rsquo;\u00e9ducation, c&rsquo;est de freiner ou barrerle renforcement des sens contraires \u00e0 l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme,qui sont de toute fa\u00e7on pr\u00e9sents en l&rsquo;Instance. Cela suppose, pourl&rsquo;int\u00e9ress\u00e9, l&rsquo;abandon de modes d&rsquo;existence envisag\u00e9s comme possibleset donc du jeu d&rsquo;une partie de l&rsquo;Instance. Si cela est fait dans une phase\u00e9ducative, \u00cf&rsquo;Instance, moins renforc\u00e9e selon ces sens, facilitera l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0l&rsquo;\u00e2ge adulte et l&rsquo;itin\u00e9raire de celui-ci. Ainsi, toute \u00e9ducation est, d&rsquo;unc\u00f4t\u00e9, \u00e9dification et, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, rupture, l&rsquo;une facilitant l&rsquo;autre.Apr\u00e8s le versant \u00e9dification de l&rsquo;Instance vient celui de la singu-larisation. Comme on l&rsquo;a vu, pour l&rsquo;Instance, la singularisation est uneunification alors que l&rsquo;\u00e9dification \u00e9tait diversification. Tout se passecomme si la premi\u00e8re phase constituait la personnalit\u00e9 et que laseconde l&rsquo;accomplissait, en faisant une unit\u00e9 autonome et personnelle:l&rsquo;Etre-Singulier.Si la conscience de sens est unification, elle est aussi lib\u00e9ration. Lavoie de la singularisation utilise l&rsquo;existence pour s&rsquo;en lib\u00e9rer, c&rsquo;est-\u00e0-dire b\u00e2tir l&rsquo;autonomie de l&rsquo;Etre-Instance.Diversification \/ singularisation, pour l&rsquo;Instance, font multiplica-tion \/ simplification dans l&rsquo;existence. La simplicit\u00e9 (d&rsquo;esprit!) est eneffet l&rsquo;aboutissement de la singularisation, simplicit\u00e9 progressive au filde l&rsquo;accomplissement, par le d\u00e9veloppement de la conscience. Il s&rsquo;agitd&rsquo;un d\u00e9pouillement dans l&rsquo;existence qui correspond \u00e0 l&rsquo;accroissementde la richesse dans l&rsquo;Instance. C&rsquo;est l\u00e0 une repr\u00e9sentation traditionnellede la sagesse.166L&rsquo;ETRE EN INSTANCEAu cours de la vie adulte, les circonstances de sexualit\u00e9, deparent\u00e9, de travail, de cr\u00e9ation, de vie sociale et communautaire, der\u00e9flexion, sont autant de circonstances d&rsquo;accomplissement. Il s&rsquo;agit nonseulement de les vivre mais de s&rsquo;y enrichir, c&rsquo;est-\u00e0-dire s&rsquo;y unifier,lib\u00e9rer, y exercer l&rsquo;autorit\u00e9 de ses choix responsables, son discerne-ment. C&rsquo;est ainsi que rien d&rsquo;important ou de banal dans la vie,exceptionnelle ou quotidienne, n&rsquo;est inutile pour l&rsquo;accomplissement del&rsquo;homme.Ce parcours tend vers la singularit\u00e9 personnelle, au travers d&rsquo;uneaventure irr\u00e9ductiblement particuli\u00e8re. Il entra\u00eene aussi vers l&rsquo;univer-sel et n\u00e9cessite la participation \u00e0 la communaut\u00e9 des hommes.Au cours du trajet de l&rsquo;Instance en voie de singularisation, serencontrent peu \u00e0 peu les coh\u00e9rences de tous les consensus de l&rsquo;hu-manit\u00e9 en l&rsquo;homme. C&rsquo;est ainsi que s&rsquo;\u00e9clairent et se discernent peu \u00e0peu les sens du monde et de ses existants ainsi que ceux de l&rsquo;humain,qui sont les m\u00eames. L&rsquo;univers existant se retrouve au bout du comptedans le consensus le plus universel des sens de l&rsquo;Instance mais cettefois en conscience d&rsquo;Etre un. L&rsquo;extr\u00eame singularit\u00e9 de la personnel&rsquo;entra\u00eene en elle-m\u00eame \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame universalit\u00e9. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;onpeut y voir le parcours d&rsquo;\u00e9ducation, \u00e9dificateur de l&rsquo;Instance, commeconstructeur d&rsquo;une individualit\u00e9 existentielle, d&rsquo;un moi individualis\u00e9riche d&rsquo;existants, et le parcours de singularisation, comme universa-lisant, au-del\u00e0 du moi propre, comme une dissolution de l&rsquo;individua-lit\u00e9 existentielle au profit d&rsquo;une singularit\u00e9 personnelle, riche de l&rsquo;uni-versalit\u00e9 des sens de l&rsquo;univers et de l&rsquo;Humanit\u00e9, r\u00e9appropri\u00e9s en cons-cience, r\u00e9unis en un Etre singulier, personnellement universel.Il est frappant d&rsquo;ailleurs, comme on l&rsquo;a vu au d\u00e9but de ce chapitre,de constater l&rsquo;homologie des mythes des origines de l&rsquo;individu, del&rsquo;humanit\u00e9, du cosmos, de l&rsquo;univers ainsi que de leurs histoires et cedans de tr\u00e8s nombreuses traditions, y compris dans la mythologiescientifique moderne. Elles sont toutes, de ce fait, un apport d&rsquo;unegrande utilit\u00e9 en tant, justement, que cette homologie est de nature \u00e0permettre cette conscience.On peut dire que l&rsquo;accomplissement des hommes en l&rsquo;Instancepersonnelle est accomplissement de l&rsquo;Humanit\u00e9 universelle.L&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme en chacun, concerne chacun desautres avec qui il participe au consensus d&rsquo;Humanit\u00e9. Tout ce quiarrive \u00e0 l&rsquo;un arrive \u00e0 l&rsquo;Humanit\u00e9 en tous.167L&rsquo;ETRE EN INSTANCEL&rsquo;ACCOMPLISSEMENT DE L&rsquo;HOMME ENGENDREMENT DE L&rsquo;ETRE HUMAINDANS L&rsquo;EXISTENCELa personne humaine est une Instance, mais cetteInstance, tout au long de son existence est plac\u00e9e devant un choix,une libert\u00e9. Ce choix c&rsquo;est d&rsquo;arriver \u00e0 Etre et \u00e0 jouir de sonhumanit\u00e9 ou alors de profiter de son existence et s&rsquo;y ab\u00eemer.L&rsquo;existence est comme une p\u00e9riode de gestation ou d&rsquo;accom-plissement qui aboutit \u00e0 cette naissance \u00e0 une humanit\u00e9 pl\u00e9-ni\u00e8re: la ma\u00eetrise et l&rsquo;unit\u00e9 de son Instance singuli\u00e8re.En elle-m\u00eame, l&rsquo;existence est une chute progressive vers len\u00e9ant, son propre an\u00e9antissement. Si l&rsquo;Instance, en existant,s&rsquo;investit principalement dans ce qui n&rsquo;est pas la reconnais-sance et l&rsquo;\u00e9dification de son essentiel; si elle s&rsquo;investit dans lepropre fruit de ses consensus, son existence m\u00eame, dont elle seFait alors d\u00e9pendre, elle avorte et ne s&rsquo;accomplit pas. Si lefoetus n&rsquo;\u00e9volue pas en se diff\u00e9renciant de sa m\u00e8re jusqu&rsquo;\u00e0 s&rsquo;ens\u00e9parer, il meurt. Si l&rsquo;Instance n&rsquo;\u00e9volue pas en se diff\u00e9renciantdes lois du monde de son existence, elle reste vaine et l&rsquo;hommequ&rsquo;elle potentialise n&rsquo;advient pas \u00e0 la pl\u00e9nitude de son Etre. Leterme d&rsquo;Instance, s&rsquo;il \u00e9voque le lieu o\u00f9 se joue et se tramel&rsquo;existence de chaque homme, \u00e9voque aussi cette attente, cepassage interm\u00e9diaire, ce potentiel de devenir, qui la fait \u00ab eninstance\u00bb d&rsquo; ETRE UN, en gestation en quelque sorte.L&rsquo;existence de chaque Instance, qui constitue sa partici-pation au concert des hommes, des autres Instances, est le lieude sa perdition s&rsquo;il s&rsquo;y ali\u00e8ne, ou la sc\u00e8ne de son accomplis-sement. Lorsque l&rsquo;humanit\u00e9 a privil\u00e9gi\u00e9 les consensus des sensqui l&rsquo;ali\u00e8nent au monde, ceux qui l&rsquo;am\u00e8nent \u00e0 ignorer sonInstance et son devenir en y substituant l&rsquo;\u00e9cho que constituel&rsquo;existence et le monde, alors chaque homme qui \u00abvient aumonde \u00bb est pris dans ces sens l\u00e0. Son accomplissement r\u00e9cla-mera une conversion personnelle, un renversement de sens enson Instance. A cela s&rsquo;offrent deux solutions compl\u00e9mentaires,soit b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;un consensus et d&rsquo;une activation favorable,soit acqu\u00e9rir quelque ma\u00eetrise de son Instance, par la cons-cience de sens, pour cultiver sa libert\u00e9 et cette conversion. LeChrist vient pour proposer ce consensus au plus grand nombre.Ce consensus d&rsquo;accomplissement, d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la pl\u00e9nituded&rsquo;humanit\u00e9 \u00e0 partir de la mort au monde, au monde del&rsquo;ali\u00e9nation sp\u00e9cifiquement, s&rsquo;actualise \u00e0 la fois dans une his-toire de l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;Homme qui est l&rsquo;histoire com-mune de sa ma\u00eetrise du monde, de son monde, et une histoirede l&rsquo;accomplissement de chacun, port\u00e9 par le consensus col-lectif, ou aid\u00e9 par sa propre libert\u00e9, acquise par la consciencede sens.168L&rsquo;ETRE EN INSTANCEL&rsquo;ACCOMPLISSEMENT DE L&rsquo;HOMME -ENGENDREMENT DE L&rsquo;ETRE HUMAINDANS L&rsquo;EXISTENCEL&rsquo;homme ne peut pas seul maintenir le sens de sonaccomplissement. Il faudrait qu&rsquo;il l&rsquo;ait d\u00e9j\u00e0 achev\u00e9 pour enavoir toute libert\u00e9. Il doit b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une gr\u00e2ce, que l&rsquo;on peutdire gr\u00e2ce de Dieu (l&rsquo;Instant) pour en situer l&rsquo;auteur ultime,mais qui est gr\u00e2ce aux autres humains sans qu&rsquo;ils en soienteux-m\u00eames totalement responsables. L&rsquo;accomplissement del&rsquo;homme dans l&rsquo;existence, se traduit par la consistance etl&rsquo;orientation de cette existence. Elle est un travail, un travailpersonnel et un travail collectif d&rsquo;\u00e9dification du monde et del&rsquo;homme, d&rsquo;\u00e9dification de la ma\u00eetrise de l&rsquo;homme sur le mon-de et sur lui-m\u00eame.C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme peut se lirede trois fa\u00e7ons diff\u00e9rentes \u00e9quivalentes:- comme un cheminement de l&rsquo;Instant \u00e0 l&rsquo;Instant, de sonprincipe \u00e0 sa fin, o\u00f9 sa divinisation est jouissance de sapl\u00e9nitude d&rsquo;Etre humain dans l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;instant.- comme une gestation et un ach\u00e8vement de l&rsquo;Instance, encultivant en elle-m\u00eame sa disposition \u00e0 la conscience de sensqui \u00e9difie en elle unit\u00e9 et ma\u00eetrise,- comme un travail dans l&rsquo;existence, qui consiste \u00e0 \u00e9difier unmonde commun \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9, \u00e0 harmoniser le monde en led\u00e9couvrant humain. Ce travail c&rsquo;est l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;homme quivise \u00e0 cette fin du monde, activit\u00e9 qui est de reconnaissancemutuelle d&rsquo;Etre humain, traduite dans tous les actes de la viequotidienne: personnels, familiaux, professionnels, collectifs,sociaux, politiques, techniques, \u00e9conomiques, etc&#8230; Dansl&rsquo;existence, l&rsquo;accomplissement est une pratique de vie, unepratique de la vie. Il est en question dans toutes les affaireshumaines.C&rsquo;est ainsi que chaque probl\u00e8me, chaque pr\u00e9occupationhumaine est l&rsquo;enjeu de l&rsquo;accomplissement pour les autres etpour soi. De l\u00e0 d\u00e9coulent toutes les questions d&rsquo;\u00e9thique, lesquestions politiques, de conduite des hommes, les questionsde conduite personnelle, les questions d&rsquo;\u00e9ducation, les ques-tions religieuses et les questions du Bien de l&rsquo;homme, notam-ment en face de la maladie ou de la souffrance.Aucune de ces questions, aucune de ces affaires ne peutconcr\u00e8tement \u00eatre trait\u00e9e sans que le sens de la pratique soit enjeu, sans que l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme se joue. Rien dece qui constitue, pratiquement, la mani\u00e8re de faire, la mani\u00e8rede traiter les probl\u00e8mes dans l&rsquo;existence, n&rsquo;est ind\u00e9pendant dutravail d&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme.169L&rsquo;ETRE EN INSTANCEL&rsquo;ACCOMPLISSEMENT DE L&rsquo;HOMME, ENGENDREMENT DE L&rsquo;ETRE HUMAINDANS L&rsquo;EXISTENCEA chaque situation, devant chaque difficult\u00e9, pour chaqueprobl\u00e8me ou chaque projet, l&rsquo;homme est confront\u00e9 au sens etau choix qu&rsquo;il peut effectuer pour en faire l&rsquo;occasion de sonaccomplissement. Libre \u00e0 lui de se soumettre \u00e0 l&rsquo;ali\u00e9nationdans d autres sens. Libre \u00e0 lui de ne pas perdre son temps devie en vaines pr\u00e9occupations. Tout d\u00e9pend, dans l&rsquo;existencede la fa\u00e7on de prendre les choses et de s&rsquo;y prendre. C&rsquo;est l&rsquo;enjeudes pratiques, m\u00e9thodes et techniques que la th\u00e9orie de l&rsquo;Ins-tance et des Coh\u00e9rences propose pour perfectionner les acti-vit\u00e9s qui sont les n\u00f4tres en vue de l&rsquo;accomplissement de1&rsquo;homme.170<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une m\u00e9ditation en forme d&rsquo;exploration d&rsquo;un espace infinitif. Il faut en retenir des cl\u00e9s pour la compr\u00e9hension des ph\u00e9nom\u00e8nes humains. Des compl\u00e9ments figurent dans les textes fondamentaux en ligne \u00e9crits depuis. 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