{"id":1066,"date":"2012-01-16T17:30:09","date_gmt":"2012-01-16T17:30:09","guid":{"rendered":"http:\/\/couleurs-creatives.fr.bofl1482.odns.fr\/2012\/01\/16\/letre-en-instance-ou-laccomplissement-de-lhomme\/"},"modified":"2020-12-03T10:32:18","modified_gmt":"2020-12-03T09:32:18","slug":"letre-en-instance-ou-laccomplissement-de-lhomme","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/2012\/01\/16\/letre-en-instance-ou-laccomplissement-de-lhomme\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Etre en Instance ou l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Pour avoir un aper\u00e7u des fondements de l&rsquo;Humanisme M\u00e9thodologique et de la th\u00e9orie de l&rsquo;Instance humaine, la lecture ce texte (1987) donnera un tableau synth\u00e9tique d&rsquo;une vision de l&rsquo;homme et du monde originale. Elle permettra de mieux comprendre en quoi consiste l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme et ses enjeux. Une lecture m\u00e9ditative est n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Le devenir de l\u2019homme ou son accomplissement, sont l\u2019objet des religions, traditions, spiritualit\u00e9s ou de philosophies nombreuses. Chacune nous propose ses voies, parall\u00e8les ou contradictoires. Il est cependant important de noter qu\u2019elles ne sont pas toujours tr\u00e8s explicites sur le but ultime de l\u2019accomplissement de la personne, sur la nature de l\u2019homme face \u00e0 cet accomplissement qui le concerne, sur le rapport au monde auquel les uns proposent de se soumettre, de participer ou de prendre la fuite avec pour cela force propositions pratiques pour notre existence.<br \/>\n&#8211; La lumi\u00e8re ou la vacuit\u00e9 que peuvent viser les m\u00e9ditations dans des traditions diff\u00e9rentes sont-elles une ou contradictoires ?<br \/>\n&#8211; Le monde est-il \u00e0 rejeter ou \u00e0 construire ?<br \/>\n&#8211; Y a-t-il une seule ou plusieurs voies ?<\/p>\n<p>Les efforts de convergence s\u2019ils ne veulent pas tomber dans le syncr\u00e9tisme n\u00e9cessitent un grand discernement. Pour cela une anthropologie qui articule la nature humaine, le monde, le sens de l\u2019existence et aussi la fin et les modalit\u00e9s de l\u2019accomplissement est bien n\u00e9cessaire. C\u2019est en l\u2019homme que cela se joue et non sur une sc\u00e8ne dont les r\u00e8gles, ind\u00e9pendantes de l\u2019homme, s\u2019offriraient \u00e0 lui pour l\u2019inscrire dans une ext\u00e9riorit\u00e9. \u00abLe royaume de Dieu est le dedans et aussi le dehors\u00bb. Le dedans et le dehors de quoi, de qui ?<\/p>\n<p>La th\u00e9orie de l\u2019Instance et des Coh\u00e9rences propose une conception de l\u2019homme qui int\u00e8gre celle des fins et des moyens de son accomplissement. L\u2019homme y est Existence mais aussi Instance en devenir pour acc\u00e9der \u00e0 la pl\u00e9nitude d\u2019Etre humain, d\u2019un Etre personnel singulier que nous sommes chacun appel\u00e9 \u00e0 devenir, si nous empruntons les voies humaines de notre accomplissement.<\/p>\n<p>Traditions religieuses, spirituelles ou id\u00e9ologiques s\u2019accordent en g\u00e9n\u00e9ral sur un point : La recherche du bien de l\u2019homme et de l\u2019issue heureuse de son existence.<br \/>\nLorsqu\u2019il faut donner un sens ou un contenu effectif \u00e0 de telles propositions naissent alors divergences et incompr\u00e9hensions.<\/p>\n<p>En fait toute recherche de ce que nous appellerons ici l\u2019accomplissement de l\u2019homme pr\u00e9suppose obligatoirement :<br \/>\n&#8211; une m\u00e9taphysique : qu\u2019est-ce que le monde?<br \/>\n&#8211; une anthropologie : qu\u2019est-ce que l\u2019homme ?<br \/>\n&#8211; une pragmatique : comment s\u2019accomplit l\u2019homme ?<\/p>\n<p>Ces trois questions cependant ne sont pas ind\u00e9pendantes et peuvent se structurer diff\u00e9remment.<\/p>\n<p>Si on consid\u00e8re que la question du monde est fondamentalement une question humaine, question d\u2019homme, monde de l\u2019homme, l\u2019anthropologie se trouve alors englobante. Par ailleurs, la question de l\u2019accomplissement peut se subdiviser en celle de la transformation de la personne humaine vers un plein accomplissement et en celle des pratiques humaines qui y concourent. S\u2019agissant alors de pratiques humaines comme de transformations humaines, l\u2019anthropologie se trouve \u00e0 nouveau sollicit\u00e9e.<\/p>\n<p>Notre propos sera donc avant tout anthropologique mais d\u2019une anthropologie orient\u00e9e, finalis\u00e9e dans l\u2019accomplissement de la personne humaine.<\/p>\n<p><strong>Les bases d\u2019une anthropologie du devenir humain<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Etre en Instance c\u2019est l\u2019homme essentiel en devenir donc inaccompli, mais libre de s\u2019engager dans cette voie. Nous appellerons Instance humaine ce qui de notre personne est susceptible de devenir un Etre (en instance donc) et qui se trouve au lieu d\u2019o\u00f9 s\u2019exercent notamment libert\u00e9 personnelle et pratique responsable d\u2019accomplissement (une instance donc).<\/p>\n<p>La question de la nature humaine et celle de son accomplissement se trouvent intimement m\u00eal\u00e9es. On ne peut r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019une sans l\u2019autre. Il nous faudra ainsi les envisager successivement, mais sans les dissocier.<\/p>\n<p>Auparavant nous nous attacherons \u00e0 mieux comprendre la probl\u00e9matique, esquiss\u00e9e ici, de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une anthropologie pour traiter de quelque question que ce soit en tant que question humaine et par la suite \u00e0 en tirer quelques cons\u00e9quences sur l\u2019engagement de l\u2019homme dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui en vue du devenir qui lui est permis (et promis).<\/p>\n<p>Toutes les conceptions du monde, toutes les pratiques humaines correspondent \u00e0 une vision de l\u2019homme et de son devenir. Si, en effet, le monde est un syst\u00e8me physique pos\u00e9 l\u00e0, comme un th\u00e9\u00e2tre dans lequel l\u2019homme serait un acteur, alors l\u2019homme n\u2019est qu\u2019un sous-syst\u00e8me physique et la conscience un \u00e9tat du syst\u00e8me; Le devenir de l\u2019homme n\u2019est plus dissociable de celui du syst\u00e8me qui est de fonctionner et s\u2019user. Mais peut-\u00eatre a-t-il aussi une \u00e2me.<\/p>\n<p>Si tel est le cas : ou bien celle-ci est hors du monde et rien du monde n\u2019y intervient, inutile d\u2019en parler, ou bien elle est dans un autre monde intervenant dans celui-ci.<br \/>\nOn est cette fois dans une forme de dualisme entre deux mondes en interaction, qu\u2019apr\u00e8s tout rien n\u2019emp\u00eache de consid\u00e9rer alors comme deux parties d\u2019un m\u00eame monde qui les engloberait retombant dans un sch\u00e9ma o\u00f9 cette \u00e2me est un sous syst\u00e8me de ce monde l\u00e0. A moins que cette \u00e2me soit telle qu\u2019elle anime le monde et l\u2019homme dans le monde ! Alors l\u2019homme essentiel est cette \u00e2me dont l\u2019existence dans son monde n\u2019est qu\u2019une expression contingente.<\/p>\n<p>Cette \u00e2me est l\u2019Instance de l\u2019homme en tant qu\u2019animatrice de son existence dont le monde fait partie.<\/p>\n<p>il est certain que si l\u2019homme est un corps mat\u00e9riel son devenir est celui d\u2019un corps mat\u00e9riel, la corruption ou au mieux la stabilit\u00e9 min\u00e9rale inanim\u00e9e, comme une momie m\u00eal\u00e9e \u00e0 une masse min\u00e9rale.<\/p>\n<p>Si l\u2019homme est une conscience psychique, son devenir est de s\u2019\u00e9teindre dans la folie ou le sommeil.<\/p>\n<p>Si l\u2019homme est une affectivit\u00e9, son devenir est de s\u2019\u00e9puiser par dess\u00e8chement ou consummation.<\/p>\n<p>Mais si l\u2019homme est Etre, son devenir est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, il n\u2019a pas d\u2019accomplissement.<\/p>\n<p>Enfin si l\u2019homme est Instance d\u2019Etre, son devenir c\u2019est l\u2019accomplissement de son Instance en Etre.<\/p>\n<p>Cette derni\u00e8re perspective ne nie pas le monde, ni le corps, ni le mental, ni l\u2019affectivit\u00e9, elle les relativise \u00e0 l\u2019Etre en devenir, tant par leur nature que par leur finalit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019anthropologie est alors aussi ontologie et m\u00e9ta physique. Cela il est vrai, r\u00e9clame que cette Instance qu\u2019est l\u2019homme, soit transcendante a son existence mondaine, non d\u2019une transcendance abstraite, sorte d\u2019absence au monde, mais au contraire celle qui fait toute pr\u00e9sence existentielle.<\/p>\n<p>Si l\u2019homme doit s\u2019accomplir, sa nature m\u00eame est inaccomplie mais porte en elle la possibilit\u00e9 de s\u2019accomplir. Portant aussi en elle d\u2019autres possibilit\u00e9s, elle est ainsi confront\u00e9e au choix et donc \u00e0 la libert\u00e9 et la responsabilit\u00e9 de son accomplissement.<\/p>\n<p>En outre, si sa nature lui rend possible l\u2019accomplissement d\u2019elle-m\u00eame, sa responsabilit\u00e9 et son choix implique qu\u2019elle jouisse aussi de la possibilit\u00e9 d\u2019agir sur elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>C\u2019est pour cela qu\u2019une m\u00e9diation lui est n\u00e9cessaire et cette m\u00e9diation c\u2019est l\u2019existence, son existence dans le monde.<\/p>\n<p>Ce moyen, interm\u00e9diaire, m\u00e9diateur, ne peut \u00eatre un double de chaque Instance qui ne trouverait alors aucun appui pour agir sur elle-m\u00eame \u00e9tant pour elle-m\u00eame son seul appui.<\/p>\n<p>L\u2019existence humaine est le moyen d\u2019accomplissement de l\u2019Instance parce qu\u2019elle est commune aux Instances. L\u2019existence de l\u2019homme est substantiellement co-existence. C\u2019est ce qui en fait le moyen d\u2019un accomplissement personnel de l\u2019Instance unique de chacun.<\/p>\n<p>L\u2019anthropologie est non seulement relative \u00e0 l\u2019homme en tant qu\u2019Instance personnelle, mais \u00e0 l\u2019homme en tant qu\u2019existant collectif d\u2019un monde commun.<\/p>\n<p>Le devenir de l\u2019Instance personnelle se joue et s\u2019accomplit hors du monde, mais l\u2019accomplissement de l\u2019Instance se fait par le monde commun. L\u2019instrument collectif qu\u2019est le monde existant est lui-m\u00eame transform\u00e9 dans son r\u00f4le, si bien que l\u2019on peut parler d\u2019une fin du monde corr\u00e9lative de l\u2019accomplissement des Etres humains.<\/p>\n<p>Chacun y reconna\u00eetra une perspective eschatologique traditionnelle. Cependant remarquons bien comment la fin du monde qui est ach\u00e8vement de son existence est d\u2019une autre nature que l\u2019accomplissement des Instances qui ne sont pas de ce monde l\u00e0.<\/p>\n<p>Nous avons donc esquiss\u00e9 une perspective, un renversement de perspective m\u00eame, telle que l\u2019homme n\u2019est plus cet animal qui s\u2019\u00e9bat dans un monde qui l\u2019enferme, r\u00eavant \u00e0 d\u2019autres cieux, mais cette Instance qui, avec les autres, \u00abexiste\u00bb comme membre anim\u00e9 du monde afin d\u2019y accomplir son Etre personnel \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Si le monde est devenu ainsi relatif \u00e0 l\u2019homme-instance, le devenir de celui-ci est relatif au monde dans son cheminement. Cependant, ce tableau de l\u2019homme s\u2019accomplissant en existant ne serait pas complet si on ne d\u00e9couvrait pas ce qui fait que l\u2019homme est ainsi. Non pas Etre \u00e9tabli d\u00e9finitivement dans sa nature, mais Etre en devenir, qui peut aussi ne pas s\u2019accomplir. L\u2019Instant Dieu est ce d\u2019o\u00f9 l\u2019homme advient \u00e0 Etre. Autrement dit, sa source originelle est aussi le rep\u00e8re de sa fin, de son accomplissement.<\/p>\n<p>Le terme d\u2019homme en d\u00e9finitive est celui qui convient \u00e0 cette Instance en instance d\u2019accomplissement sur terre. Si son nom vient de terre (humus), c\u2019est tant qu\u2019il est encore \u00e0 accomplir, c\u2019est cela la nature humaine, objet et sujet de l\u2019anthropologie.<\/p>\n<p>Cette esquisse de la probl\u00e9matique anthropologique va pouvoir maintenant \u00eatre \u00e9clair\u00e9e et approfondie par un examen plus attentif de cette vision de l\u2019homme et de son accomplissement, th\u00e9orie de l\u2019Instance et pratique de son accomplissement.<\/p>\n<p><strong>LA NATURE HUMAINE ET SON ACCOMPLISSEMENT<\/strong><\/p>\n<p>La version de cette question selon laquelle nous travaillons ici se caract\u00e9rise, on l\u2019a vu, par une double lecture. Soit on d\u00e9signe par homme l\u2019Instance de la personne humaine, soit son existence dans le monde. Si on restait sur cette alternative on pourrait croire que l\u2019homme a une double nature :<\/p>\n<p>Une nature transcendante, l\u2019Instance,<br \/>\nUne nature existentielle dans le monde.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit l\u00e0 que d\u2019une lecture, d\u2019une perspective o\u00f9 on place le rep\u00e8re principal l\u00e0 o\u00f9 on le veut.<\/p>\n<p>Pour nous, il faudra consid\u00e9rer que la nature humaine est l\u2019Instance, le lieu donc de l\u2019humanit\u00e9 de l\u2019homme, alors que l\u2019existence humaine et le monde constituent le mode de pr\u00e9sence des unes aux autres des Instances.<\/p>\n<p>Cependant rien n\u2019emp\u00eache d\u2019examiner distinctement ces deux visages de la personne humaine \u00e0 condition de ne pas perdre de vue leur rapport dissym\u00e9trique, la relation de transcendance.<\/p>\n<p><strong>L\u2019existence humaine<\/strong><\/p>\n<p>Elle est quelque fois r\u00e9duite \u00e0 celle d\u2019un corps individuel, isol\u00e9, \u00e9quip\u00e9, \u00e9ventuellement de facult\u00e9s psycho-affectives.<\/p>\n<p>Si on int\u00e8gre le temps de vie sans lequel rien n\u2019existe, il faut int\u00e9grer l\u2019\u00e9paisseur historique de l\u2019individu. Il est aussi son histoire, ses transformations, ses \u00e9volutions.<\/p>\n<p>De m\u00eame dans l\u2019espace il est indissociable absolument de son environnement physique et m\u00eame humain ne serait-ce que par naissance.<\/p>\n<p>En fait, l\u2019existence d\u2019un homme est son individualit\u00e9 consciente, son moi certes mais aussi son monde lequel, on le verra, n\u2019est peut \u00eatre pas strictement le m\u00eame pour tous bien que toujours partag\u00e9.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie de l\u2019existence montre que l\u2019on peut distinguer trois dimensions existentielles de l\u2019homme:<\/p>\n<p>&#8211; celle de sujet-intentionnel<br \/>\n&#8211; celle d\u2019objet dans son contexte<br \/>\n&#8211; celle de vivant dans la dur\u00e9e.<\/p>\n<p>Il est en outre constitu\u00e9 :<\/p>\n<p>&#8211; d\u2019une affectivit\u00e9, sensibilit\u00e9 au monde<br \/>\n&#8211; d\u2019un mental des repr\u00e9sentations formelles<br \/>\n&#8211; d\u2019un corps en mouvement parmi d\u2019autres.<\/p>\n<p>Tout cela peut \u00eatre \u00e9tudi\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment et globalement dans son origine, ses particularit\u00e9s, son \u00e9volution, sa mort. On pourrait r\u00e9duire la nature humaine \u00e0 cela et expliquer ainsi l\u2019homme par le monde, par une g\u00e9n\u00e9ration purement biologique ou purement langagi\u00e8re ou de type animiste ou magique selon que l\u2019on s\u2019int\u00e9resse au corps, au mental ou \u00e0 l\u2019affectivit\u00e9. Il ne manque pas de sciences et d\u2019interpr\u00e9tations de la nature humaine r\u00e9duite \u00e0 un de ses modes existentiels ou m\u00eame \u00e0 leur globalit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans ces conceptions le devenir de l\u2019homme s\u2019ach\u00e8ve forc\u00e9ment avec la mort de l\u2019existence et la vie est une longue chute agr\u00e9ment\u00e9e d\u2019une illusion de maturit\u00e9 comme le v\u00e9g\u00e9tal qui fleurit et fructifie. On cherchera \u00e9ventuellement dans cette fructification qui prolonge l\u2019esp\u00e8ce humaine une fin qui prolonge la vie de l\u2019homme. Cela ne m\u00e8ne \u00e0 rien pour celui qui meurt et pour l\u2019autre qui est n\u00e9 par reproduction, cela le m\u00e8ne \u00e0 la mort.<\/p>\n<p>Mais l\u2019Instance qui s\u2019ignore en r\u00e9duisant l\u2019homme et sa propre personne \u00e0 l\u2019existence seule, persiste \u00e0 interpeller et se signifie par tous les fantasmes et toutes les id\u00e9alisations imaginables, port\u00e9es par une \u00e9motivit\u00e9 invisible et investie de pouvoirs \u00e9tranges sinon \u00e9trangers. L\u2019on aura alors toutes les versions illusoires d\u2019autres mondes, d\u2019autant plus reflets de celui-ci qu\u2019ils en sont l\u2019\u00e9manation imaginaire.<\/p>\n<p>Et pourtant l\u2019Instance qui interpelle arrive \u00e0 se reconna\u00eetre telle par une conscience qui n\u2019est plus conscience de quelque chose comme la conscience existentielle, mais conscience de quelqu\u2019un, c\u2019est-\u00e0-dire celle de l\u2019Instance se connaissant.<\/p>\n<p>L\u2019existence est le plus grand pi\u00e8ge pour cette connaissance tant l\u2019homme s\u2019y r\u00e9duit volontiers, de jouir d\u2019une co\u00efncidence de soi au monde environnant comme avec la m\u00e8re matricielle. P\u00e9ch\u00e9 originel, qui le met en souffrance de lui-m\u00eame, douloureux de contradiction lorsque l\u2019Instance persiste dans son appel.<\/p>\n<p><strong>L\u2019Instance de l\u2019homme<\/strong><\/p>\n<p>Mais qu\u2019est cette Instance, v\u00e9ritable nature humaine. L\u2019Instance est SENS. Ce terme singuli\u00e8rement pluriel est cette disposition de l\u2019homme orient\u00e9 vers&#8230; l\u2019autre, l\u2019Instance n\u2019est rien d\u2019autre que la collection de ces \u00abdispositions\u00bb que sont les SENS.<\/p>\n<p>Il y a pour l\u2019homme possibilit\u00e9 d\u2019agir, de penser, de sentir en plusieurs SENS. Cette possibilit\u00e9 n\u2019est pas purement ext\u00e9rieure \u00e0 l\u2019Instance, elle lui est intrins\u00e8que. Sans cette multiplicit\u00e9 de possibilit\u00e9s, d\u2019\u00eatre selon plusieurs SENS, il n\u2019y aurait pas de libert\u00e9 humaine, pas de choix, pas de SENS m\u00eame. L\u2019univocit\u00e9 \u00e9ventuelle du SENS en nierait la nature de SENS et immobiliserait l\u2019Etre en une stabilit\u00e9 sans diff\u00e9rence donc sans distance ni devenir.<\/p>\n<p>La multiplicit\u00e9 des SENS ouvre donc \u00e0 l\u2019Instance, la diversit\u00e9 de ses orientations et aussi la diversit\u00e9 de ses devenirs. Les SENS en l\u2019Instance s\u2019actualisent selon tous les modes du sens, sensible, intelligible, dynamique, etc. Le sens de la vie comme le sens de l\u2019\u00e9thique, le bon sens comme l\u2019insens\u00e9 sont t\u00e9moins du SENS. Ils en sont des expressions, des manifestations.<\/p>\n<p>En fait, dispos\u00e9e selon l\u2019un de ses SENS, l\u2019Instance de l\u2019homme lui offre simultan\u00e9ment une vision du monde et de l\u2019homme, une id\u00e9e de lui-m\u00eame, une position prise vis-\u00e0-vis de l\u2019existence, la vie, la mort, mais aussi un type de comportement, de strat\u00e9gie de vie, de projet, d\u2019histoire et enfin de destin. Autant de SENS, autant de vies possibles pour l\u2019Instance. C\u2019est donc parmi tous ces SENS que se posera la question d\u2019un SENS de l\u2019accomplissement et de l\u2019existence pratique qui en t\u00e9moigne.<\/p>\n<p>Comment s\u2019articulent tous les SENS entre eux en l\u2019Instance ? Il faut remarquer qu\u2019\u00e0 propos de chaque question, chaque chose, chaque situation ou \u00e9v\u00e8nement de l\u2019existence, une consid\u00e9ration peut \u00eatre port\u00e9e selon une infinit\u00e9 de SENS diff\u00e9rents, o\u00f9 on peut rep\u00e9rer des oppositions dialectiques. Seulement, chaque chose, l\u2019exp\u00e9rience le montre, rassemble ainsi comme possibilit\u00e9 de dispositions humaines, des infinit\u00e9s de SENS diff\u00e9rentes. Tout se passe comme si on \u00e9tait en pr\u00e9sence de complexes de SENS que l\u2019on peut s\u2019imaginer comme une infinit\u00e9 de vecteurs rayonnant \u00e0 partir d\u2019un centre qui les relie et d\u2019o\u00f9 ils divergent. On appelle cela une \u00abCoh\u00e9rence\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019Instance humaine serait donc form\u00e9e de multiples Coh\u00e9rences faites chacune d\u2019une infinit\u00e9 de SENS rayonnants parmi lesquels \u00e0 chaque fois l\u2019homme peut se trouver dispos\u00e9 selon un SENS privil\u00e9gi\u00e9.<\/p>\n<p>Ainsi, en simplifiant un peu, l\u2019Instance humaine peut se trouver positionn\u00e9e au lieu m\u00eame d\u2019une de ses Coh\u00e9rences et l\u00e0, selon l\u2019un de ses SENS.<\/p>\n<p>Cette Coh\u00e9rence, ce SENS sont comme l\u2019instance partielle en jeu dans un moment d\u2019existence particulier o\u00f9 justement l\u2019homme existe selon des modalit\u00e9s elles aussi particuli\u00e8res.<\/p>\n<p>Ce serait cela la nature humaine. Non seulement de donner SENS au monde, \u00e0 la vie, mais d\u2019\u00eatre SENS d\u2019o\u00f9 d\u2019ailleurs le monde s\u2019ordonne.<\/p>\n<p>Ce \u00abportrait\u00bb de l\u2019Instance humaine r\u00e9clame encore quelques compl\u00e9ments qui nous permettent de r\u00e9pondre aux questions suivantes :<\/p>\n<p>&#8211; Comment l\u2019Instance vient \u00e0 l\u2019existence ?<br \/>\n&#8211; Comment s\u2019\u00e9tablit la relation de transcendance Instance-Existence ?<br \/>\n&#8211; D\u2019o\u00f9 vient l\u2019Instance ?<br \/>\n&#8211; Comment l\u2019Instance se connait-elle ?<\/p>\n<p><strong>L\u2019actualisation des consensus humains<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Instance vient \u00e0 l\u2019existence par \u00abconsensus\u00bb. Cela veut dire intersection, recouvrement ou partage de SENS entre Instances. Les hommes se conjuguent entre eux, se retrouvent de SENS communs par r\u00e9sonance mutuelle et alors, pour l\u2019un et les autres s\u2019actualise leur consensus en un \u00abmoment d\u2019existence\u00bb. Ce moment d\u2019existence, tranche de vie, est tout un monde, une situation, un espace temps o\u00f9 figurent aussi les personnes comme individus, parts de ce monde.<\/p>\n<p>Autant de consensus, autant de moments plus ou moins vastes, plus ou moins riches, plus ou moins partag\u00e9s.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie de l\u2019existence explicite comment les SENS du consensus se d\u00e9ploient en actualisation, pr\u00e9sentation au monde, venue au monde, selon une structure, le Coh\u00e9renciel, o\u00f9 on retrouve les dimensions que l\u2019on a aper\u00e7ues \u00e0 propos de l\u2019existence de ce moment qu\u2019est une vie humaine.<\/p>\n<p>Ainsi c\u2019est pour cela que pour chaque existant-moment d\u2019actualisation, l\u2019homme se trouve dispos\u00e9 selon tels ou tels Sens d\u2019une Coh\u00e9rence. Chaque existant du monde est actualisation d\u2019une Coh\u00e9rence humaine dont il t\u00e9moigne.<\/p>\n<p>La multiplicit\u00e9 des Sens et leurs modes existentiels sont unifi\u00e9s par la \u00a0\u00bb Coh\u00e9rence \u00bb. Chaque Sens m\u00eame constitue le principe, l\u2019unit\u00e9 transcendante de toute une part de cet existant, celle o\u00f9 il est pris dans une consid\u00e9ration en ce Sens.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi donc que les r\u00e9alit\u00e9s du monde sont l\u2019incarnation du Sens des Coh\u00e9rences lorsqu\u2019ils sont investis en consensus entre des Instances.<\/p>\n<p>Il y a alors des existants, des mondes, des consid\u00e9rations de l\u2019homme, de la vie, des cultures humaines, des pratiques, des id\u00e9ologies, des \u00abhabitants\u00bb de ces mondes et toutes les diff\u00e9rences, s\u00e9parations ou au contraire communaut\u00e9s, convergences possibles entre les mondes des uns et des autres.<\/p>\n<p>Le monde n\u2019est pas UN mais il peut trouver son unit\u00e9 dans l\u2019Instance. L\u2019Instance n\u2019est pas UNE, mais on le verra, elle peut trouver son Unit\u00e9 par l\u2019Instant.<\/p>\n<p><strong>La transcendance de l\u2019homme et du monde<\/strong><\/p>\n<p>Entre Instance et Existence, il s\u2019est \u00e9tabli un rapport tel que la seconde est une r\u00e9duction de l\u2019Instance. En m\u00eame temps, elles sont irr\u00e9ductibles l\u2019une \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p>Rien du monde de l\u2019existence n\u2019est dans l\u2019Instance, ni corps, ni langage, ni image, ni v\u00e9cu, ni ressenti, ni temps, ni espace. Les lois du monde ne valent pas pour l\u2019Instance.<\/p>\n<p>Inversement rien de l\u2019Instance n\u2019est \u00abdans\u00bb le monde. Sens, Coh\u00e9rences et consensus sont hors du monde mais en m\u00eame temps font le monde et ce qu\u2019il y a de plus pr\u00e8s de lui, de plus r\u00e9el pour lui qui est la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est cela le rapport de transcendance, rapport que l\u2019on retrouvera entre l\u2019INSTANT (Dieu, Allah&#8230;) et l\u2019INSTANCE. Rien donc de notre conscience commune avec toutes ses possibilit\u00e9s mentales, sensibles, intuitives, tactiles, etc&#8230; ne peut ainsi nous dire ce qu\u2019est l\u2019Instance. Inversement tous nos modes de conscience, notre langage notamment, en t\u00e9moignent symboliquement.<\/p>\n<p>Le SENS en nos Instances est l\u2019esprit de la lettre de nos existences, y compris la lettre de nos discours verbaux, nos textes sacr\u00e9s, nos bibles. Il y a l\u00e0 une fa\u00e7on d\u2019apercevoir la nature m\u00eame de l\u2019\u00e9sot\u00e9risme qui de la lettre cherche acc\u00e8s \u00e0 ce qui n\u2019est pas du monde m\u00eame de son existence, son SENS qui est \u00ab\u00eatre-SENS\u00bb des Instances humaines.<\/p>\n<p>Du rapport de transcendance, il faut garder \u00e0 l\u2019esprit l\u2019irr\u00e9ductibilit\u00e9 absolue des termes et la dissym\u00e9trie qui, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 trouve le principe unit\u00e9 vecteur SENS, et de l\u2019autre son actualisation sous des modes existentiels spatio temporels.<\/p>\n<p>On a vu que cette actualisation \u00e9tait celle du consensus. Or tous les SENS d\u2019une Instance ne sont pas actualis\u00e9s simultan\u00e9ment, seuls ceux partag\u00e9s en consensus sont ainsi \u00abactiv\u00e9s\u00bb.<\/p>\n<p>Ainsi dans un moment d\u2019existence particulier, des SENS de sa Coh\u00e9rence sont activ\u00e9s dans un consensus entre les Instances, communion des SENS, qui s\u2019actualise en ce moment d\u2019existence m\u00eame. Tout se passe comme s\u2019il y avait corr\u00e9lation entre l\u2019activation des SENS, l\u2019occurrence du consensus et le moment d\u2019existence qui l\u2019actualise. L\u2019on peut tout \u00e0 fait, partant d\u2019un point de vue mondain, dire que l\u2019existence \u00abactive\u00bb l\u2019Instance pendant que l\u2019Instance s\u2019actualise en existence. Cela donne un rapport de r\u00e9ciprocit\u00e9, asym\u00e9trique cependant qui facilitera notre compr\u00e9hension de l\u2019accomplissement de l\u2019homme et de ses pratiques envisag\u00e9es sous les deux ordres de l\u2019Instance et de l\u2019existence.<\/p>\n<p>L\u2019existence en fait n\u2019est pas la cause de quoi que ce soit mais le signe des rapprochements entre Instances qu\u2019elle symbolise, la marque des consensus qui sont activation des SENS et qui en font actualisation.<\/p>\n<p>Ainsi l\u2019existence est anim\u00e9e de l\u2019activation des consensus, de ce qui est activ\u00e9 en l\u2019Instance.<\/p>\n<p>Il faudra donc en l\u2019Instance distinguer les SENS non activ\u00e9s mais toujours disponibles, pures potentialit\u00e9s, et les SENS activ\u00e9s par consensus qui forment l\u2019actualit\u00e9 de l\u2019homme au monde.<\/p>\n<p>L\u2019homme aura \u00e0 choisir parmi les consensus possibles ce qui revient \u00e0 dire que l\u2019homme aura \u00e0 choisir de quels Sens il veut faire consensus et donc quel monde vivre.<\/p>\n<p>Seulement l\u2019homme n\u2019est pas ma\u00eetre de ses consensus, il ne peut qu\u2019acc\u00e9der peu \u00e0 peu \u00e0 cette ma\u00eetrise, jouir alors de cette libert\u00e9 qui le m\u00e8nera \u00e0 Etre, pleinement accompli, ma\u00eetre de se Sens et donc de son humanit\u00e9 qu\u2019ils constituent.<br \/>\nL\u2019homme peut ainsi cultiver une existence selon tel ou tel Sens et dans certains cas, acqu\u00e9rir quelque ma\u00eetrise de Sens dont il peut alors choisir&#8230; de cultiver l\u2019existence pour plus de ma\u00eetrise, pour s\u2019accomplir.<\/p>\n<p>Nous progressons ainsi dans la connaissance de l\u2019Instance qui va nous amener \u00e0 comprendre son devenir et son accomplissement.<\/p>\n<p>Mais auparavant il faut nous attarder sur l\u2019origine de notre Instance notre vrai nature.<\/p>\n<p><strong>Origine de l\u2019Instance de l\u2019homme<\/strong><\/p>\n<p>il y a deux sources simultan\u00e9es \u00e0 notre Instance qui n\u2019en font qu\u2019une.<\/p>\n<p>Nous venons au monde, \u00e0 l\u2019existence par le consensus singulier de nos parents qui sont parties prenantes, simultan\u00e9ment, de notre milieu, de notre monde, de l\u2019humanit\u00e9. Nous existons pour eux dans l\u2019actualisation de leur consensus et ainsi se noue l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 de notre existence. Eux-m\u00eames sont n\u00e9s du consensus de leurs parents et toute une phylog\u00e9n\u00e8se se construit ainsi.<\/p>\n<p>De cette origine nous h\u00e9ritons des Sens et Coh\u00e9rences de l\u2019humanit\u00e9 selon les dominantes, Coh\u00e9rences et Sens, des diff\u00e9rents cercles de consensus qui pr\u00e9sident \u00e0 notre naissance et comme cela nous sommes d\u00e9j\u00e0 particuliers, diff\u00e9rents. Ce consensus, parental principalement, est notre Instance m\u00eame si elle advient \u00e0 s\u2019autonomiser, \u00e0 \u00eatre sa propre autorit\u00e9. Elle y arrive pleinement comme Etre accompli, qu\u2019elle n\u2019est pas initialement. Cependant, elle participe d\u00e9j\u00e0 aux consensus de l\u2019existence, de son existence. Cette participation d\u2019embl\u00e9e t\u00e9moigne qu\u2019une alt\u00e9rit\u00e9 est n\u00e9e, consensus des ant\u00e9c\u00e9dents mais d\u00e9j\u00e0 autre. C\u2019est la marque de l\u2019Instant, l\u2019autre origine de l\u2019Instance.<\/p>\n<p>Seulement c\u2019est aussi de l\u2019Instant que sont n\u00e9es les autres Instances, sources d\u2019une nouvelle Instance. Les deux sources se rejoignent ainsi.<\/p>\n<p>De l\u2019Instant adviennent donc les Instances, Instances d\u2019humanit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 mais d\u2019humanit\u00e9 encore \u00e0 Etre, \u00e0 accomplir en Etres.<\/p>\n<p>Comment adviennent les Instances ? Par transcendance, mais si on ne peut rien formuler de l\u2019Instance qui ne soit du Sens, il n\u2019y a pas de Sens en l\u2019instance qui soit l\u2019Instant, Dieu est inconnaissable et donc, ne l\u2019est pas plus, la fa\u00e7on dont l\u2019homme advient de Dieu, ce que l\u2019on appelle la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>Cependant on peut postuler que dans l\u2019acte de cr\u00e9ation, l\u2019Instance se d\u00e9ploie en tous Sens, dialectiquement oppos\u00e9s inaugurant un espace infinitif.<\/p>\n<p>De l\u2019\u00e9ternit\u00e9 nait l\u2019infinitif d\u2019o\u00f9 naissent l\u2019espace et le temps (de Dieu nait l\u2019Instance de l\u2019homme d\u2019o\u00f9 nait le monde). L\u2019espace, le temps, le monde et tout ce qui existe sont cr\u00e9atures de Dieu mais par la m\u00e9diation de l\u2019homme au lieu o\u00f9 une libert\u00e9 se d\u00e9ploie en tous Sens pour que tel ou tel monde s\u2019\u00e9difie, moyen, on l\u2019a vu, de l\u2019accomplissement en retour de l\u2019homme Instance.<\/p>\n<p>On peut penser \u00e0 Adam, au Christ, aux proph\u00e8tes, aux saints, au Boudha, etc&#8230; pour qu\u2019il nous soit t\u00e9moign\u00e9 plus ou moins de ce qu\u2019est l\u2019homme accompli, cr\u00e9\u00e9 par Dieu, enjeu m\u00eame de la r\u00e9v\u00e9lation n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019homme qui n\u2019en a pas connaissance si des \u00abpenchants originels\u00bb l\u2019\u00e9cartent de son regard, condamn\u00e9 alors \u00e0 s\u2019ignorer lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Il reste \u00e0 consid\u00e9rer une troisi\u00e8me source de l\u2019Instance, celle qui de sa double origine l\u2019am\u00e8ne, ou non, \u00e0 s\u2019accomplir par l\u2019existence.<\/p>\n<p>Celle-ci est actualisation de multiples consensus consensus des rencontres, situations, subies ou cherch\u00e9es dans la vie. Ces consensus viennent d\u2019une propension d\u00e9j\u00e0 inscrite dans l\u2019origine humaine de l\u2019homme mais conduisent \u00e0 privil\u00e9gier aussi tels ou tels Sens de telles ou telles Coh\u00e9rences.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 conduire cette existence selon des consensus dont elle est actualisation que consiste l\u2019accomplissement qui reste \u00e0 faire pour toute Instance qui l\u2019esp\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>La conscience de sens, connaissance de l\u2019Instance<\/strong><\/p>\n<p>Quelle ma\u00eetrise avons nous donc de cette Instance pour exister de fa\u00e7on \u00e0 ce qu\u2019elle s\u2019accomplisse ?<\/p>\n<p>Cette ma\u00eetrise nous l\u2019avons par \u00abconscience de Sens\u00bb.<\/p>\n<p>Lorsque le Sens en nous s\u2019actualise, cela veut dire que dans le moment d\u2019existence actualis\u00e9 que nous vivons, nous nous trouvons dispos\u00e9s dans ce Sens de notre consensus. Cependant notre conscience commune est celle de l\u2019existence et pas du Sens. Mais le \u00abnous\u00bb n\u2019est rien d\u2019autre que le Sens en consensus. Comment alors le Sens peut-il \u00eatre conscient de lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Une premi\u00e8re fa\u00e7on qui n\u2019est pas v\u00e9ritable conscience, peut n\u00e9anmoins en \u00eatre rep\u00e8re un indicateur. C\u2019est la reconnaissance sensible, intellectuelle ou factuelle d\u2019un mode d\u2019exister, orient\u00e9, que d\u2019autres nous pr\u00e9sentent comme d\u2019un \u00abbon\u00bb Sens. En effet lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une disposition famili\u00e8re nous nous y retrouvons au propre et au figur\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019activation diff\u00e9renci\u00e9e d\u2019un Sens, provenant des consensus offerts par d\u2019autres, nous en permet un certain discernement intuitif. Il permet d\u2019en reconna\u00eetre les indices dans notre propre existence et dans celle de tout ce qui habite le monde de cette existence. C\u2019est l\u2019enjeu de l\u2019\u00e9ducation, des guidages et conduites, si possible par ceux qui en sont quelques peu ma\u00eetres, nous offrant ainsi quelque discipline pour cheminer en r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019appel en nous de l\u2019Instance qui s\u2019y cherche. \u2028La conscience de Sens, qui n\u2019est pas conscience de quelque chose est \u00ab\u00e9clairement\u00bb du Sens en l\u2019Instance qui se reconna\u00eet alors source de son actualisation en l\u2019existence, instance de cette existence dont les sens, modes existentiels du Sens, deviennent comme \u00e9vidents, vides d\u2019eux-m\u00eames, pleins de leur Sens.<\/p>\n<p>La conscience de Sens advient, en l\u2019Instance, lorsque celle-ci se trouve dispos\u00e9e, tourn\u00e9e vers sa source, l\u2019Instant donc, lorsque l\u2019Instance est activ\u00e9e dans un Sens d\u2019accomplissement.<\/p>\n<p>Comment peut-il en \u00eatre ainsi ?<\/p>\n<p>Soit l\u2019environnement des autres ou un Autre privil\u00e9gi\u00e9 nous active ainsi et alors la lumi\u00e8re peut venir si nous sommes effectivement en consensus: paroles, actes, t\u00e9moignages, etc.<\/p>\n<p>Soit encore nous nous y exer\u00e7ons par une pratique ad\u00e9quate. L\u2019une au moins consiste \u00e0 se disposer de telle fa\u00e7on que plusieurs \u00abmoments d\u2019existence\u00bb homologues (de m\u00eames Sens) sont envisag\u00e9s dans ce qu\u2019ils ont de commun en soi-m\u00eame. C\u2019est un travail d\u2019ajustement gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 dans un exercice existentiel, par le moyen de l\u2019existence donc, et un travail de \u00abl\u00e2cher prise\u00bb o\u00f9 scrutant la r\u00e9alit\u00e9, soit l\u2019Instance abandonne ce qu\u2019elle scrute pour se trouver dispos\u00e9e vers ce qui en est la source, le Sens et au-del\u00e0, ce qui en est la lumi\u00e8re, l\u2019Instant (ce que l\u2019on appelle quelque fois analyse n\u00e9gative, approche apophatique sont de cet ordre si on les pratiques comme disciplines). La conscience de Sens, illumination de l\u2019Instance qui est dispos\u00e9e (c\u2019est la seule condition mais toute la difficult\u00e9) est aussi \u00e9clairement des autres Sens, dispositions autres qui en elles-m\u00eames ne pr\u00eatent pas \u00e0 cette conscience et au contraire pour certains l\u2019en \u00e9loignent et la nient.<\/p>\n<p><strong>L\u2019accomplissement de l\u2019Instant<\/strong><\/p>\n<p>De quels b\u00e9n\u00e9fices cette conscience de Sens est elle pour l\u2019Instance?<\/p>\n<p>Se reconna\u00eetre Sens et conna\u00eetre son lieu, c\u2019est s\u2019y reconna\u00eetre dans l\u2019existence (discernement), c\u2019est surtout acqu\u00e9rir la libert\u00e9 de se laisser engager dans tel ou tel sens.<\/p>\n<p>La conscience de Sens porte, en effet, sur toute la Coh\u00e9rence du moment d\u2019existence par la m\u00e9diation duquel elle advient, mais rien que l\u00e0.<\/p>\n<p>C\u2019et donc dans le rapport \u00e0 ce qui est homologue, sur toutes les actualisations de cette Coh\u00e9rence que le b\u00e9n\u00e9fice de cette libert\u00e9 s\u2019exerce. Il permet une certaine ma\u00eetrise selon l\u2019acu\u00eft\u00e9 de cette conscience de SENS, car celle-ci ne proc\u00e8de pas par un simple tout ou rien. Cette \u00abcertaine maitrise\u00bb n\u2019est pas une automanipulation, ni une machination de l\u2019existence. Elle est possibilit\u00e9 de ne pas se laisser entra\u00eener dans n\u2019importe lequel des SENS activ\u00e9s en consensus et donc de tenir une position personnelle, selon le SENS choisi, se laisser aller dans ce seul SENS et donc r\u00e9pondre en soi m\u00eame du SENS choisi (et aussi de ses cons\u00e9quences pour l\u2019existence) pour les consensus propos\u00e9s ou accept\u00e9s et pour son propre devenir.<\/p>\n<p>C\u2019est la responsabilit\u00e9 v\u00e9ritable rendue possible par la libert\u00e9 qui est ma\u00eetrise de soi.<\/p>\n<p>Comme les SENS d\u2019accomplissement m\u00e8nent \u00e0 cela on peut penser que la libert\u00e9 s\u2019exerce dans la recherche d\u2019une libert\u00e9 plus grande encore et que ses Sens l\u00e0 justement seront choisis mais en toute libert\u00e9 alors que d\u2019autres sens \u00e0 peine sollicit\u00e9s entra\u00eenent ailleurs pour d\u2019autres b\u00e9n\u00e9fices et parmi eux la jouissance de se confondre \u00e0 l\u2019existence et toutes les souffrances de celle-ci.<\/p>\n<p>La conscience de Sens dont on est dot\u00e9 pour une Coh\u00e9rence ne vaut pas pour une autre, ce qui fait que l\u00e0 lorsque nous y seront activ\u00e9s par tous les consensus qui nous sollicitent nous n\u2019avons aucune ma\u00eetrise ni conscience (de SENS) d\u2019y \u00eatre, ni conscience de pouvoir \u00eatre ailleurs, au lieu o\u00f9 on dispose de ma\u00eetrise. Il faudra des m\u00e9diations existentielles pour y aider, donc la gr\u00e2ce des consensus d\u2019autrui l\u00e0 o\u00f9 nous nous trouvons \u00e0 \u00eatre activ\u00e9s.<\/p>\n<p>Cependant poursuivant cette conscience de SENS ce sont progressivement les multiples lieux de l\u2019Instance qui s\u2019\u00e9clairent dotant celle-ci d\u2019une unit\u00e9 plus grande, unit\u00e9 de conscience, de libert\u00e9, de ma\u00eetrise mais bien plus, unit\u00e9 de ce qui n\u2019\u00e9tait principalement que multiplicit\u00e9 non unifi\u00e9e par soi-m\u00eame mais par son origine humaine, consensus du milieu de vie et de naissance. La conscience de sens unifie donc l\u2019Instance et c\u2019est ainsi qu\u2019elle peut s\u2019accomplir c\u2019est-\u00e0-dire accomplir son unit\u00e9 d\u2019Etre, Verbe de Dieu infinitif, enti\u00e8rement libre et responsable, jouissant d\u2019une ma\u00eetrise sur soi, comme on l\u2019a d\u00e9finie et donc sur les consensus et leurs actualisations. C\u2019est cela qui est divinisation de l\u2019homme, non pour \u00eatre l\u2019\u00e9gal de Dieu, l\u2019Instant mais pour jou\u00efr pleinement de son don d\u2019Etre.<\/p>\n<p>Mais pour l\u2019\u00eatre il faut le devenir et le devenir par accomplissement.<\/p>\n<p>L\u2019homme est donc en gestation, alors qu\u2019il existe en ce monde que nous partageons. La fin du monde pour lui est le \u00abjugement dernier\u00bb, la mort est naissance \u00e0 la pleinitude d\u2019Etre ou bien avortement de l\u2019Instance.<\/p>\n<p>Ce tableau de l\u2019homme et des principaux aspects d\u2019une anthropologie de l\u2019Instance et de l\u2019existence donne quelques rep\u00e8res \u00e0 partir desquels l\u2019accomplissement de l\u2019homme devient concevable et aussi pratiquable selon sa nature propre.<\/p>\n<p>Deviennent compr\u00e9hensibles nombres de traductions qui s\u2019expriment dans d\u2019autres langages, privil\u00e9giant tel ou tel moment particulier du proc\u00e8s d\u2019accomplissement.<\/p>\n<p>Les anthropologies sont malheureusement souvent quelque peu d\u00e9faillantes, ce qui fait que l\u2019homme ne connait ni les enjeux humains, ni les moyens humains dont il dispose, sauf par la propsotion des pratiques souvent empiriques qui ont convenu \u00e0 tel ou tel.<\/p>\n<p><strong>LES VOIES DE L\u2019ACCOMPLISSEMENT DE LA PERSONNE<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sens de l\u2019accomplissement<\/strong><\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Instance, les SENS de l\u2019accomplissement parmi tous ses SENS se diff\u00e9rencient intrins\u00e8quement et par les b\u00e9n\u00e9fices que l\u2019on a pu \u00e9voquer. Cependant, selon les traditions, quelques rep\u00e8res remarquables balisent ces dispositions. A titre d&rsquo;exemple ce sont les SENS de la foi, de l\u2019esp\u00e9rance, de la charit\u00e9 pour le christianisme.<\/p>\n<p>Le premier est disposition de reconnaissance de l\u2019Etre en soi de la personne transcendante, source vivante de l\u2019existence. C\u2019est aussi dans ce SENS que se reconnait l\u2019INSTANT si bien que foi en l\u2019homme et foi en Dieu sont dans le m\u00eame SENS, SENS de l\u2019UN des monoth\u00e9\u00efsmes.<\/p>\n<p>Le SENS de l\u2019esp\u00e9rance est celui du devenir homme, de l\u2019esp\u00e9rance donc d\u2019une r\u00e9alisation de l\u2019homme et d\u2019une diff\u00e9renciation des voies et valeurs de la libert\u00e9. Le SENS de l\u2019esp\u00e9rance est celui qui situe l\u2019humanit\u00e9 comme mesure du monde et qui situe la dignit\u00e9 humaine dans le devenir pleinement homme et la divinisation. C\u2019est dans ce SENS que l\u2019homme se cherche et engage son accomplissement.<\/p>\n<p>Le SENS de la charit\u00e9 est celui de la communion des hommes et plus pr\u00e9cis\u00e9ment des Instances. C\u2019est celui de la recherche des consensus, SENS de l\u2019Amour qui r\u00e9alise le monde par la conjonction des Instances.<\/p>\n<p>Dans le christianisme, la trinit\u00e9 P\u00e8re-Fils-Esprit est le rep\u00e8re ces trois SENS : foi, esp\u00e9rance, charit\u00e9 qui renvoient au m\u00eame : l\u2019Instant et l\u2019Etre singulier, accomplissement de la personne. D\u2019une certaine fa\u00e7on, Dieu est \u00ab\u00a0pour l\u2019homme\u00a0\u00bb selon ces trois SENS et toutes leurs combinaisons.<\/p>\n<p>A ces Sens s\u2019opposent en l\u2019homme d\u2019autres Sens, d\u2019autres penchants, d\u2019autres dispositions.<\/p>\n<p>Au Sens de la foi s\u2019oppose celui de la cr\u00e9dulit\u00e9, il m\u00e8ne \u00e0 attribuer \u00e0 une forme, un mod\u00e8le, une id\u00e9e, une structure, le statut de r\u00e9f\u00e9rence originelle. La normalisation, le conformisme en sont les cons\u00e9quences. Les id\u00e9ologies modernistes, rationalistes notamment, mais aussi de nombreuses croyances traditionnelles s\u2019y appuient, caract\u00e9ris\u00e9es par l\u2019injonction de conformit\u00e9 morale ou pratique.<\/p>\n<p>Au Sens de l\u2019esp\u00e9rance s\u2019oppose celui du fatalisme, celui de tous les mat\u00e9rialismes pour lesquels l\u2019absolu est dans le monde. Dans ce Sens l\u2019homme est pris dans la contradiction d\u2019un d\u00e9sir d\u2019individualit\u00e9 et d\u2019appartenance qui se traduit par une division et la logique totalitaire d\u2019inclusion exclusion.<\/p>\n<p>Au Sens de la charit\u00e9 s\u2019oppose celui de la captation \u00e9go\u00efste, celui qui fait du moi existentiel la r\u00e9f\u00e9rence supr\u00eame d\u00e9niant l\u2019\u00eatre en soi et donc l\u2019\u00eatre en l\u2019autre. C\u2019est le Sens d\u2019une sp\u00e9culation qui vise \u00e0 prendre, \u00e0 gagner pour soi au lieu du don de soi (sans perte) qu\u2019est le partage de consensus.<\/p>\n<p>Ces trois derniers Sens et toutes leurs variantes sont ceux qui s\u2019opposent \u00e0 l\u2019accomplissement de l\u2019Instance et depuis lesquels il y a une conversion \u00e0 op\u00e9rer, un renversement de Sens. Cela va avec un renoncement \u00e0 l\u2019actualisation de ces Sens qui sont pourtant Sens de l\u2019Instance, Sens de l\u2019homme.<\/p>\n<p>Ces trois Sens balisent ainsi le \u00abpenchant originel\u00bb, penchant de l\u2019homme \u00e0 se confondre avec son existence individuelle dans le monde et \u00e0 s\u2019y complaire quitte \u00e0 y rester en souffrance.<\/p>\n<p>C\u2019est tout le travail de conversion, d\u2019accomplissement qui, on le sait, aura \u00e0 vaincre peu \u00e0 peu et souvent douloureusement ces dispositions essentielles de l\u2019homme.<\/p>\n<p>L\u2019accomplissement est donc une voie de l\u2019Instance qui la m\u00e8ne \u00e0 renoncer \u00e0 cette n\u00e9gation d\u2019elle-m\u00eame, \u00e0 cette ignorance de toute transcendance et du Sens qui est rupture entre le moi existant et son Instance et par l\u00e0 m\u00eame avec l\u2019Instant. Mort de l\u2019homme, mort de Dieu, pour l\u2019individu vont de pair. Cependant l\u2019Instance par l\u2019Instant ne cessent d\u2019interpeller, d\u2019appeler \u00e0 la conversion qui est donc r\u00e9conciliation. L\u2019accomplissement n\u2019est pas fuite du monde, r\u00e9activit\u00e9 qui ne serait que l\u2019expression d\u2019une forme de dualisme, il est relativisation du monde, moyen du devenir humain.<\/p>\n<p><strong>Pratique de l\u2019accomplissement<\/strong><\/p>\n<p>Dans l\u2019existence les voies d\u2019accomplissement sont multiples. Elles consistent toujours \u00e0 favoriser l\u2019activation des Sens d\u2019accomplissement, acc\u00e8s par la conscience de Sens, \u00e0 la transcendance de l\u2019Instance.<\/p>\n<p>Cette activation nous est propos\u00e9e par r\u00e9v\u00e9lation et la part qui en subsiste dans nombre de traditions ou de religions.<\/p>\n<p>La r\u00e9v\u00e9lation n\u2019est telle que si elle est prise dans certains Sens, \u00abla lettre tue et l\u2019esprit vivifie\u00bb dit le Sens dans lequel elle doit \u00eatre prise \u00abla loi condamne et la foi justifie\u00bb en indique un autre. Lorsque l\u2019apparence, la norme, l\u2019obligation absolue r\u00e8gnent, la r\u00e9v\u00e9lation se tait et fleurissent sp\u00e9culations superstitieuses, conformismes et condamnations. La qu\u00eate du Sens et du consensus, la responsabilit\u00e9 personnelle et la libert\u00e9 de discernement sont indispensables pour que la r\u00e9v\u00e9lation redevienne un moyen d\u2019accomplissement. Mais c\u2019est aussi ce qu\u2019elle propose auquel il faut \u00eatre dispos\u00e9 pour le recevoir et en \u00eatre confort\u00e9 dans la conversion et l\u2019accomplissement.<\/p>\n<p>Par ailleurs, tous les aspects de l\u2019existence peuvent \u00eatre modalit\u00e9s d\u2019une voie d\u2019accomplissement, d\u2019une discipline, m\u00e9ditation, contemplation, sagesse, mystique, engagement responsable, action oblative en sont des vecteurs sugg\u00e9r\u00e9s ici ou l\u00e0.<\/p>\n<p>Cependant il est important de consid\u00e9rer que c\u2019est toute notre existence qui peut \u00eatre engag\u00e9e dans l\u2019accomplissement, le n\u00f4tre et celui des autres. Ainsi il n\u2019y a aucun aspect de notre existence quotidienne, sociale, pratique, affective, mentale, \u00e9conomique qui ne soit \u00e0 mettre au service de l\u2019accomplissement de l\u2019homme.<\/p>\n<p>L\u2019accomplissement n\u2019est pas une affaire d\u2019hygi\u00e8ne auquel on consacre quelques heures par des pratiques marginales ou exotiques. C\u2019est l\u2019affaire de toute la vie dans ce qu\u2019elle a de banal, de quotidien mais aussi dans tous les probl\u00e8mes collectifs qui nous pr\u00e9occupent. C\u2019est sur le terrain du monde que se pratique l\u2019accomplissement, m\u00eame si le monde n\u2019est qu\u2019un moyen interm\u00e9diaire pour l\u2019Instance.<\/p>\n<p>Aimer le monde est indispensable s\u2019il ne s\u2019agit pas bien s\u00fbr d\u2019un amour exclusif mais subordonn\u00e9 \u00e0 l\u2019amour de l\u2019Homme en son Instance en devenir.<\/p>\n<p>Retrouver un Sens \u00e0 la vie au monde est bien le probl\u00e8me majeur de notre \u00e9poque. Il annonce la r\u00e9conciliation de l\u2019homme avec lui-m\u00eame, la conversion d\u2019avec les tendances lourdes de l\u2019\u00e9crasant mat\u00e9rialisme qui nous habite, du s\u00e9duisant individualisme qui nous sollicite, de la confortable cr\u00e9dulit\u00e9 irresponsable que nous exaltons en sciences et id\u00e9ologies \u00e9rig\u00e9es en v\u00e9rit\u00e9s premi\u00e8res et ultimes. Il annonce un r\u00e9veil de l\u2019homme, d\u2019une \u00e9thique o\u00f9 l\u2019unification ne soit pas confusion et o\u00f9 la diff\u00e9renciation ne soit pas exclusion.<\/p>\n<p>Politique, \u00e9conomie, sociologie, psychologie, sciences, religions notamment sont les espaces o\u00f9 doit se jouer ce retour du Sens et o\u00f9 le travail qui s\u2019y accomplit doit \u00eatre pris comme travail d\u2019accomplissement de l\u2019homme. N\u2019est-ce pas le v\u00e9ritable Sens humain du travail, de tout travail, comme toute profession peut \u00eatre profession de soi, de son Instance en devenir pour l\u2019accomplissement de tous.<\/p>\n<p><em>Note : Dans les d\u00e9veloppements de l&rsquo;Humanisme M\u00e9thodologique plus r\u00e9cents la convention est d&rsquo;utiliser Sens avec une majuscule pour ce qui constitue l&rsquo;Instance humaine et sens avec une minuscule pour ce qui en est l&rsquo;actualisation existentielle dans toutes ses acceptions. De m\u00eame le terme de Coh\u00e9rence avec une majuscule d\u00e9signe les ensembles de Sens ou probl\u00e9matiques humaines de l&rsquo;Instance et coh\u00e9rence avec une minuscule d\u00e9signe l&rsquo;unit\u00e9 de ce qui existentiellement va dans un m\u00eame Sens. Le consensus s&rsquo;\u00e9crit lui conSensus lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit du partage des Sens des Instances humaines.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour avoir un aper\u00e7u des fondements de l&rsquo;Humanisme M\u00e9thodologique et de la th\u00e9orie de l&rsquo;Instance humaine, la lecture ce texte (1987) donnera un tableau synth\u00e9tique d&rsquo;une vision de l&rsquo;homme et du monde originale. Elle permettra de mieux comprendre en quoi consiste l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;homme et ses enjeux. Une lecture m\u00e9ditative est n\u00e9cessaire.<\/p>\n","protected":false},"author":682,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[489,553,69,54],"tags":[82,124,146,85,86,132,88,147,148,149,142,135,93,150,151],"class_list":["post-1066","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-a11-linstance-le-lieu-detre-propre-a-chaque-personne","category-b24-laccomplissement-en-conscience-et-en-maitrise","category-f24-linstance-de-la-personne","category-f26-les-fondements","tag-anthropologie","tag-axiologie","tag-coherences","tag-conscience","tag-consensus","tag-evolution-humaine","tag-existence","tag-instance","tag-le-reel","tag-liberte","tag-mondes","tag-personne","tag-realite","tag-spiritualite","tag-verite"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1066","targetHints":{"allow":["GET","POST","PUT","PATCH"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/users\/682"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1066"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1066\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1801,"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1066\/revisions\/1801"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1066"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1066"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/nouvelles.coherences.com\/BLOG-HM\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1066"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}